Nicolas Dupont-Aignan est "L'invité politique" sur Sud Radio
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:58OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas un peu la fin du salariat ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Mais quand vous voyez que les licences de taxis s'achètent sous le manteau...
- 6:22OuverteRéponse directe
On va accueillir 60 000 migrants en Europe, qu'en dites-vous ?
- 9:42OuverteRéponse directe
François veut savoir si un accord avec le FN est réalisable.
- 14:59OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, votre vision économique sur la sortie de l'euro.
- 21:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes favorable à la sortie de la Grèce de l'euro ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 15:40AuditeurChiffre
« Il y avait le même nombre de chômeurs en 2009 dans la zone euro et aux États-Unis. Près de 15 millions. »
- 15:51AuditeurChiffre
« Il y a deux fois moins de chômeurs aux États-Unis qui ont dévalué leur monnaie de 25% le dollar, M. Obama. »
- 16:10AuditeurFait
« C'est curieux, ce sont ceux qui ont le plus de croissance. »
- 22:46AuditeurChiffre
« On a versé 310 milliards d'euros à la Grèce pour payer 270 milliards aux banques privées européennes. »
- 23:52AuditeurFait
« Est-ce qu'un judoka, est-ce que David Douillet a la même veste qu'un poids plume ? »
- 25:15AuditeurFait
« Si Tsipras se plante en Grèce, vous aurez obdoré un parti néo-nazi. »
Temps de parole
- Auditeur79 %
- Présentateur11 %
- ?4 %
- Auditeur 22 %
- Nicolas Dupont-Aignan2 %
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Le
5-9. Le 5-9. Info. Info. Sud Radio.
L
'invité politique sur Sud Radio. Bonjour Anita Hausser. Bonjour Philippe. Anita, vous recevez Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député de l'Essonne. Tout à fait, il est en face de moi. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Anita Hausser. Vous avez vécu peut-être les incidents hier entre chauffeur de taxi et chauffeur Uber. Cette nuit, François Hollande a demandé la dissolution de Uber. Ça vous paraît
possible
? De quoi parle-t-on ? Si c'est la dissolution d'Uberpop
dans
les conditions
actuelles,
il a raison.
Il demande la dissolution de la société.
Il a raison sur un point fondamental. C'est que les nouvelles technologies peuvent être positives. Et le numérique, on ne
l
'interdira pas. En revanche, cela
ne
doit pas être le prétexte au retour de l'esclavagisme. Et il est inacceptable que le gouvernement ait été aussi laxiste depuis des mois face à une société qui viole toutes les lois. D'ailleurs, je remarque que même le tribunal en Californie demande l'interdiction d'Uberpop. C'est-à-dire dans ses conditions actuelles. Ensuite, si Uber change de comportement et respecte les lois françaises, c'est-à-dire par exemple qu'il
y ait
une déclaration des chauffeurs qui adhèrent au système, qu'ils aient une assurance...
À quel
système ? Il
y a plusieurs problèmes.
Il faut bien dissocier les choses. Il y a les VTC. Les VTC, il y
a
une loi qui a été votée, qui signe un armistice, qui je crois est un bon armistice. Cette loi, il faut la faire respecter. Et puis après,
il
y a le système d'application mobile qui permet à tout un chacun de
prendre
des passagers, de se faire payer en échange et d'envoyer 20% du prix à la multinationale.
Et
là... 24, précisément. 24, pardonnez-moi. Et là, il y
a
un problème de concurrence déloyale.
Mais
quand vous dites les lois, les chauffeurs particuliers se disent auto-entrepreneurs. Donc est-ce que ce n
'est
pas un peu la fin du salariat ?
C'est tout à fait juste. Il y a une distorsion de concurrence. C
'est
pourquoi moi j'ai toujours demandé qu'il y ait un contrôle beaucoup plus approfondi sur cette société. Et si vous voulez, ce qui est terrible dans notre pays, ce que nous payons aujourd'hui, c'est quoi ?
C
'est qu'il faut attendre que les gens soient à bout et casse pour que les gouvernements réagissent. C'est
que
c'est toujours la prime à ceux qui violent la loi dans un premier temps et après la prime à ceux qui cassent. C'est quand même dommage que dans notre pays, on ait des gouvernements, et c'est d'ailleurs pas seulement celui-là, les précédents étaient pareils, qui ne réagissent jamais en amont. Moi j'ai saisi à de nombreuses reprises le gouvernement sur ces sujets. On n'a jamais eu de réponse claire.
Alors on vous répond que la justice est saisie et on attend qu'elle sévisse.
La justice est tellement longue dans notre pays que les situations pourrissent. Il y
a
un moment où il faut expliquer aux Français qu'il
y
a des règles qui doivent être partagées par ailleurs. Il faudrait aussi baisser les charges sur les taxis. Il faut voir ce que vivent les taxis avec le RSI. Ça fait des années que je bataille contre le RSI, que supportent les artisans, les commerçants, qui est une honte. Qui est une honte. Donc si on ne remet pas de l'ordre dans les affaires publiques,
si
on n'a pas un État qui est juste, on aura des phénomènes de violence qui se multiplieront. C'est comme ça qu'est née la Révolution française.
Mais
quand vous voyez que les licences de taxis s'achètent sous le manteau en fait, avec des sommes folles, qu'est-ce que vous dites
?
Ça c'est le résultat aussi d'un manque de taxis, de monopole.
Il faut tout
revoir. Mais il faut comprendre les chauffeurs de taxis. Je sais qu
'ils
n'ont pas bonne presse. Je sais que beaucoup d'hommes politiques n'aiment pas dire les chauffeurs de taxis ont peut-être raison dans cette affaire.
C'est-à-dire que les
chauffeurs de taxis sont accablés de charge, s'endettent, vivent un enfer, et donc à un moment donné explosent. Je ne légitime pas les actes de violence. Je dis simplement que s'il y avait un État juste qui remette à plat les choses, on n'en serait pas là. Il y a des nouvelles technologies. Le covoiturage est un progrès. Beaucoup de gens utilisent des sociétés et des applications de covoiturage. Mais là c'est simplement un partage et ce n'est pas mauvais. Ça ne prend pas des courses au taxi ou au VTC. De
la
voiture ? Non. Je peux vous assurer, j'étais il n
'y a
pas longtemps entre Tarbes et Pau. Le matin au bord de l'autoroute, les gens laissent leur voiture parce que ça coûte trop cher l'essence et font du partage. Ils ne prendraient jamais un taxi pour aller de Tarbes à Pau. Personne ne le ferait. Donc il y a des applications, il y
a
des progrès technologiques qui sont positifs. Le tout c'est comme tout. La science, le progrès, ça s'encadre.
Le
problème c'est qu'on est dans une société crispée où les gouvernements sont faibles. Eh bien la lâcheté, ça finit toujours en révolution.
Vous
êtes sûr ?
Ah ben c'est l'histoire de France. Vous savez, moi je vois des artisans, des commerçants qui aujourd'hui se font raqueter par le RSI. C'est-à-dire qu'on leur demande de payer des sommes astronomiques et quand ils tombent malades... L
'assurance n
'est
pas là.
Il n'y
a
personne. Où va l'argent
?
Vous savez, on ne peut pas continuer à tondre les Français, à les raqueter. Il y
a
un moment où l'État doit exister. Alors les grandes déclarations du président Hollande, il faut interdire Uber, personne ne le croira. Parce que la réalité
c'est qu'il faut
interdire une application d'Uber qui ne respecte pas la loyauté de la concurrence. Mais moi je ne dirais pas au taxi, d'un coup on va interdire Uber, ce serait malhonnête. En revanche, il faut montrer au taxi que la loi française est respectée et qu'on ne peut pas prendre des clients sans payer des charges, sans avoir une assurance, sans avoir un casier judiciaire vierge. Parce qu'un jour on aura des choses encore plus graves. Quand un jour il y
aura
un assassinat ou des choses graves parce que Uber n'aura pas contrôlé la qualité des chauffeurs, qu
'est
-ce qu'on dira ? Donc le devoir de l'État c'est de contrôler, on peut saisir les voitures. Pourquoi il ne le fait pas
?
Il a
fallu casser,
il a fallu ces scènes de violence qui font un tort considérable à notre pays. Il faut attendre quoi ? Mais c'est dans tous les domaines pareil. Moi je suis maire d'une ville de banlieue en Ile-de-France, le RER ne marche pas, on ne
peut
pas monter dedans. Il faut qu'on arrive à quoi ? A casser tout pour se faire entendre d'un gouvernement
?
Quel est ce pays, notre pays, que j'aime, où les gouvernants sont sourds, aveugles, tant qu'il n
'y a
pas de violence ? Parce qu'en vérité ils n'écoutent que les médias. Alors s'il y
a
une image mauvaise, alors là tout le monde se précipite. Mais que les gens souffrent en silence, tout le monde s'en fout. Donc j'aimerais qu'on parle des travailleurs détachés, c'est la même chose. 500 000 travailleurs détachés dans notre pays, qui ne payent pas les charges sociales françaises.
Ça va nous amener tout de suite à l'actualité européenne, puisque les chefs d'État sont réunis à Bruxelles. Alors cette nuit il a été question des migrants, je sais que c'est un sujet qui vous est cher.
Pas
d'accord formel, mais en réalité on va accueillir 60 000 migrants en Europe.
Qu
'est-ce que vous dites de cela ? Matteo Renzi a piqué une grosse colère, nous dit-on, parce qu'on n'a pas voulu adopter le système des quotas et que l'Italie est débordée, vous le savez.
Mais heureusement qu'on n
'a
pas accepté le système des quotas. D'ailleurs ce n
'est
pas 60 000. Nous sommes sur un rythme d'un million par an qui va traverser la Méditerranée si on continue comme ça. Le problème
de fonds,
ça ne peut qu'amplifier puisqu'on les accepte.
On
les loge, on les nourrit, on ne
les renvoie pas chez eux. Vous voulez les jeter la mer ?
Je veux les renvoyer dans leur pays,
parce
que ce n
'est
pas être adulte. Là pareil, c'est lâche de faire croire à tous les Africains qui vont pouvoir venir dans notre pays. C'est lâche d'offrir les aides sociales en France, comme c'est fait alors que nos concitoyens n'ont plus rien. Il y
a
un moment où il faut arrêter. Donc moi je demande le rétablissement des frontières nationales. J'ai toujours voté contre Schengen. Je me souviens en 1998 avoir quitté le RPR où j'avais des fonctions près de Philippe Séguin parce qu'il a signé le traité d'Amsterdam. Ça a ouvert les frontières. C'est une catastrophe. Maintenant il faut revenir sur cette liberté de circulation absolue. Il faut des contrôles aux frontières. Il faut développer l'Afrique. C'est-à-dire qu'il faut stabiliser les pays du nord de l'Afrique par un autre système de commerce international. Il faut
une autre politique étrangère. Laissez
-moi vous répondre. C'est ce qu'on dit chaque fois qu'il y a une crise. Il ne se passe rien.
C
'est même pire. Vous avez raison. Vous ne pouvez pas empêcher les gens qui meurent de
faim d'essayer de vouloir survivre.
Mais tout à
fait. Vous ne pouvez pas empêcher les gens
qui sont victimes
de la guerre en Syrie, de la guerre civile en Syrie, de vouloir fuir leur pays.
Excusez-moi, bien évidemment qu'il y
a
des problèmes. Mais alors on s'arrête ? On accepte des millions de migrants dans notre pays
?
Qu
'est-ce qu'on fait ? Il n'est pas question
de millions. Si, si on continue comme ça, nous sommes à un rythme aujourd'hui d'un million par an qui traverse la Méditerranée, il y en aura deux millions, trois millions, quatre millions. Ça ne peut pas durer. La France est le pays qui accueille tous les migrants et qui leur ouvre leur frigidaire. Ce n
'est
pas possible de donner des aides sociales. On augmente les impôts de nos concitoyens. Les charges sociales étouffent les entreprises. Les emplois s'en vont.
Et
les migrants arrivent. Est-ce que vous croyez que la société française peut accepter cela ? Je ne l'accepterai jamais.
Mais
elle a toujours accepté l'immigration.
Mais l'immigration contrôlée. Non,
elle n'a pas toujours été contrôlée l'immigration en
France. Écoutez, moi je dis qu'aujourd'hui, quand on voit la situation dans nos banlieues, quand on voit la pauvreté qu'il y
a
dans notre pays, accepter encore des centaines de milliers de migrants comme le fait ce gouvernement, et comme l'a fait le gouvernement d'avant, c'est inacceptable et dangereux pour la cohésion nationale. Ce sont des êtres humains qui méritent d'être aidés, mais qui doivent être aidés chez eux. Parce qu'on ne pourra pas accueillir tout le monde. Et d'ailleurs ces pauvres malheureux fuient leur pays parce qu'ils croient qu'ils vont tomber dans un paradis qui n'existe pas. Et donc, quand on voit les bordures d'autoroutes dans ma banlieue, partout en France, où des pauvres malheureux sont là, au nom des droits de l'homme,
qu
'on arrête avec ces blablas, il faut renvoyer chez eux les migrants, il faut développer le bassin méditerranéen, il faut avoir des accords de libre-échange favorisant
ces
pays plutôt que la Chine, et il faut un équilibre en Méditerranée. Tout le monde le voit bien, on ne peut pas continuer comme ça.
On va
prendre tout de suite la question d'un auditeur, il s'agit de François, qui est apiculteur dans l'Aveyron, et qui veut vous parler, qui veut vous poser une question. François, vous êtes là ?
Oui, bonjour, bonjour monsieur, bonjour
Alain. M. Dupont-Aignan,
vous écoute.
Voilà,
je souhaitais demander à M. Dupont-Aignan, la cohésion qu'il y a actuellement au sein de l'UMP, enfin maintenant de Les Républicains, fait entrevoir certainement que le meilleur candidat de la gauche en 2017, ce sera Alain Juppé.
Face
à cette situation, est-ce que vous pensez insurmontable, impensable ou réalisable sur des valeurs communes, un éventuel accord avec le Front National, sachant qu'on n'est pas maître de ses électeurs
? Écoutez,
moi je suis gaulliste, je défends une certaine idée de la France, j'estime que le Parti Socialiste et l'UMP nous piègent avec le Front National,
c
'est-à-dire qu'il y
a
un jeu malsain entre les trois, qui fait que même si le Front National dit parfois des choses justes, il y a des différences, en tout cas avec moi, sur certains points. Je suis absolument convaincu que si
on
veut sortir de ce piège, il faut un patriotisme de rassemblement plus serein que celui du Front National, c'est ce que j'essaye de défendre. Je voudrais vous dire une chose, si on continue avec ce trio infernal, c'est François Hollande qui sera réélu.
C
'est ce
que vous
disiez François.
Exactement. Moi je défends avec debout la France un patriotisme différent de celui du Front National. Je pense qu'il y a aujourd'hui quatre partis
en
France qui défendent finalement les mêmes choix de la dictature européenne d'aujourd'hui, de Bruxelles. Ce sont les Républicains, anciens UMP, le Parti Socialiste, les Verts et les Centristes. Et il y a quatre partis qui défendent la même chose et qui existent, qui
ont une pluralité. Vous parlez de dictature ?
Dictature européenne, oui, nous sommes dans une dictature européenne. Soft, mais dictature européenne. Puisque les gouvernements ne sont plus maîtres de leurs décisions, ni de leurs frontières, ni de leurs lois, ni de leurs budgets, ni de leurs monnaies. Alors qu
'on
m'explique.
Et
puis de l'autre côté,
il
y a un seul représentant d'un patriotisme, avec ses excès je pense. Et moi je veux inventer, et justement je développe, et il
y
aura des listes debout la France au régional partout, pour qu'il y ait plusieurs formes de patriotisme. Et que les Français aient enfin le choix. Parce que je constate que si le Front National monte, il y a aussi l'abstention qui monte, parce que des millions de Français ne veulent ni du Front National, ni du système qui nous a menés dans le mur.
Nicolas Duboynon, comment est-ce que vous vous différenciez du Front National ?
Vous
le
savez ? En tant que gaulliste, nous n'avons pas la même
vision obligatoire. Oui mais je ne fais pas de dire, je suis
gaulliste.
Ah bah écoutez, ça veut dire certaines choses. Je vais vous donner des exemples. Sur le plan économique, nous ne voulons pas une collectivisation. Le programme de Marine Le Pen aujourd'hui, c'est Mitterrand 1981. Moi je crois qu'il faut un minimum de liberté pour les entreprises. Sans pour autant tomber, bien sûr, dans un ultra-libéralisme ravageur. Sur l'Europe, je ne suis pas pour sortir de tout. Je suis pour une Europe des nations et des projets, comme Airbus. Je ne suis pas pour revenir sur soi. Je suis pour qu'on rompe avec les règles d'aujourd'hui, mais qu'on construise une belle Europe des nations et des projets. Sur la société, je ne
suis
pas pour le retour de la peine de mort. Je ne suis pas contre l'avortement. J'ai une autre vision de la société. Sur la conception du pouvoir, chez nous, il n
'y a
pas une famille qui dirige notre parti. Je n'ai jamais diabolisé le Front National et je m'y refuse. Parce qu'il y a des millions d'électeurs qui n'ont eu que ça.
Alors,
aujourd'hui, avec mes amis, nous offrons aux Français une autre forme de patriotisme. Il y a des points communs avec le Front National, je ne les rejette pas. Notamment rompre avec cette Europe-là,
qui
est monstrueuse. Mais il y a une nuance, c'est que nous sommes des patriotes gaullistes différents de l'histoire du Front National. Il n'y
a
pas à avoir de... On veut toujours m'assimiler au Front National, soit avec excès, soit me séparer. On ne parle pas d'assimiler. Non, mais il y a une diversité politique. Je ne vois pas pourquoi les européistes auraient quatre parties avec leurs nuances et pourquoi les patriotes seraient condamnés, soit le Front National, soit rien. Il y
a
le Front National, et bien moi, j'offre une nouvelle forme de patriotisme qui, je pense, est beaucoup plus à même de gagner demain.
Et comment est-ce que vous allez vous faire entendre
?
Mais par les élections, petit à petit, vous savez, on a commencé, quand j'ai quitté l'UMP, on nous a dit,
tu
ne survivras pas. Moi, j'ai la fierté de mes convictions. On a été à 2% aux EUR à la présidentielle, 4% aux Européennes. Aujourd'hui, on a des sondages en Ile-de-France à 6-7%.
On
n'en peut plus de ceux qui nous gouvernent. Il faut inventer une nouvelle forme politique. Il faut des gens sincères, intègres, libres de toutes ces magouilles qu'on a connues par le passé, sans tomber, à mon avis, dans les extrêmes. Ni système ni extrême, c'est notre marque de fabrique, à maintenant, aux Français de choisir. Mais ils ne pourront pas dire,
il n
'y a que l'abstention. Non, l'abstention, c'est le poison de notre démocratie.
Le
5-9.
Le 5-9. Info. Info.
Sud Radio.
La
suite de l'invité politique sur Sud Radio, Anita Auxerre.
On
vous retrouve aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan, président de Boulas-France et député de l'Essonne.
Oui,
et on va tout de suite prendre une question d'un auditeur de Sud Radio. On va écouter Victor, qui habite à Limoux. Est-ce que vous nous entendez
?
Oui, bonjour.
Bonjour. Posez votre question à Nicolas Dupont-Aignan.
Oui,
Nicolas Dupont-Aignan, ma question me porte sur votre vision économique. Vous dites, pour la sortie de l'euro, gaulliste, souverainiste, vous l'avez répété encore tout à l'heure, mais aujourd'hui, il est clair que la zone euro et l'Union européenne ont joué des effets de barrière sur les crises que nous avons eues, qu'elles soient économiques et sociales depuis deux ans. Est-ce que finalement, cet eurosceptifisme, ce
n
'est pas surtout pour se placer sur un étiquet politique qui est plus que bouché aujourd'hui
?
Écoutez, je ne crois pas. Vous savez, moi, j'ai toujours eu mes convictions. Je n'en change pas. Je vais vous donner un chiffre très parlant. Il y avait le même nombre de chômeurs
en
2009 dans la zone euro et aux États-Unis. Près de 15 millions. Il y a deux fois moins de chômeurs aux États-Unis qui ont dévalué leur monnaie de 25% le dollar, M. Obama. Et il y a 3 millions de plus de chômeurs, c'est-à-dire qu'il y
a
deux fois plus de chômeurs en zone euro qu'aux États-Unis aujourd'hui. Et je vais vous donner un autre exemple. Il y a 10 pays de l'Europe, de l'Union européenne, qui n'ont pas l'euro. Ces 10 pays, on n'en parle jamais, comme s
'ils
n'existaient pas. C'est curieux, ce sont ceux qui ont le plus de croissance. Pourquoi ? Parce qu'ils utilisent leur monnaie. M. Cameron a été réélu. Il y a 5% de chômage en Grande-Bretagne, deux fois moins qu'en France, 3% de croissance. Il a utilisé sa monnaie, comme le font les Chinois, les Japonais. Tous les pays du monde qui réussissent dans la mondialisation utilisent leur monnaie pour gagner des parts de marché. Et nous, nous avons, à cause de l'euro, subi un chômage monstrueux. Donc ce n
'est
pas vrai que l'euro protège les crises. En revanche, ne caricaturez pas ma position, je ne
suis
pas pour sortir de tout. Je suis pour que l'euro soit ajustable par pays. Vous avez bien le dollar canadien, le dollar australien, le dollar américain. Et ces pays vivent très bien. Donc arrêtons de caricaturer la position de ceux qui pensent qu'il
y a
une autre façon de créer de l'emploi dans notre pays.
Mais là, en l'occurrence, M. Dupont-Aignan, c'est surtout une question de politique. C'est parce que l'Europe conduit une politique non pas d'austérité mais de rigueur par rapport aux Etats-Unis. Et c'est pour ça qu'ils réussissent le chômage.
Bien évidemment, mais la rigueur d'ailleurs, il faut de la rigueur. Attention, moi je suis pour réduire la dépense publique, je suis pour qu'il y ait des baisses de charges sur les PME. Je ne suis pas du tout contre la rigueur. Il faut un minimum
de
sobriété. En revanche, ce que je constate, et ce que tout le monde constate, tous les prix Nobel, c'est que l'euro est aligné sur l'Allemagne, sur une monnaie qui est beaucoup trop chère, même s'il a baissé récemment, heureusement. Heureusement, donnant une bulle d'oxygène.
D
'ailleurs, c'est amusant. Pendant la présidentielle où je disais qu'il fallait faire baisser l'euro, tout le monde me disait ça va faire de
l
'inflation, c'est impossible, vous n'y arriverez jamais. Depuis six mois où l'euro a baissé, tout le monde dit c'est formidable, ça permet de créer de l'emploi. Donc ça montre bien que
je
n'avais pas tant tort il y a quelques années. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut faire deux choses en France. Il faut d'abord baisser les charges sur les PME pour que ceux qui créent de
l
'emploi dans notre pays soient favorisés. Un bonus fiscal. Et c'est pourquoi je propose à Debout la France, nous proposons de diviser par deux l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices qui sont réinvestis sur le sol français. C'est un
peu ce
que va proposer le gouvernement.
Non,
pas vraiment, c'est beaucoup plus compliqué et ce n
'est
pas lié aux relocalisations. Moi je veux un bonus
pour
ceux qui produisent en France. C
'est
ce qu'ont fait certains états américains.
Quand
vous produisez dans un état américain, je ne
sais
plus lequel,
je
crois que c'est, enfin je ne
veux
pas dire d'erreur, mais un état américain, vous avez un bonus fiscal quand vous relocalisez. Ça veut dire que celui qui pense à ses concitoyens, qui veut produire en France, il gagne. Et puis la deuxième mesure c'est d'avoir une monnaie beaucoup plus souple qui nous permet de résister à la concurrence que font la Chine. La Chine sous-évalue sa monnaie de 50% et conquiert le monde. Moi je veux bien qu'on reste avec un euro qui est trop cher, qu'on n'ait plus d'usines, qu'elles partent toutes à l'extérieur, mais ce n
'est
pas comme ça qu'on donnera du boulot aux français. On peut tout à fait avoir un peu plus de souplesse, à la fois des charges, à la fois de la monnaie, se protéger intelligemment. Quand il le faut, regardez par exemple les panneaux solaires, l'industrie chinoise c
'est
du dumping. Elle vend ses panneaux solaires en Europe
à
un coût inférieur au coût de production en Chine. Elle a éradiqué tous les producteurs en Europe.
On
ne s'est même plus fabriqué un panneau solaire ni en Allemagne ni en France. Il n
'y a
plus que deux entreprises, une en Allemagne, une en France. Est-ce que vous trouvez ça
normal ? Qu'est-ce qu'il faut faire
? Mais se protéger comme font tous les pays du monde. À un moment on met une barrière douanière. Les Etats-Unis, je reprends eux, Obama et le Congrès américain, quand les Chinois font du dumping sur les pneus,
ils
mettent une barrière douanière, une taxe, en disant les Chinois sont en train de nous conquérir. Nous qu'est-ce qu'on fait en Europe ? Rien.
Il
y
a
un moment où il faut se défendre. Vous savez, la politique économique c'est comme le foot. Il y a une bonne défense et une bonne attaque. Il faut investir dans l'avenir, il faut libéraliser parfois certains secteurs,
il
faut doper nos entreprises, mais il faut aussi à un moment se protéger. C'est ce que font tous les pays du monde. Donc qu'on arrête la naïveté des bisounours qui font croire qu'on ne peut rien faire en France. Notre pays a plein d'atouts, mais je voudrais qu'on les joue. On a des cartes à jouer pour qu'on ne se défend pas.
Mais
tout ça, ce n
'est
pas la dictature européenne, ça c'est la France.
Si, parce que ce sont les règles européennes qui interdisent, par exemple, la mesure que je propose sur la relocalisation des investissements. Une entreprise qui décide d'investir en France aurait un bonus fiscal. On n'a pas le droit, parce que c'est une mesure. On n'a pas le droit. On n'a même pas le droit, Anita Ozer, de mettre une étiquette avec la production en France. Made in France. On n'a pas le droit. C'est-à-dire que l'Union Européenne porterait plainte contre la France. On est arrivé dans un système de règles, excusez-moi, bureaucratiques, ahurissantes. Il faut l'Europe. Mais faisons l'Europe sur la lutte contre le cancer. Faisons l'Europe de la voiture propre.
Faisons l'Europe des nanotechnologies. Voilà. L'Europe, ça doit être l'Europe des projets, comme avec Airbus. Mais arrêtons ces règlements, tatillons dans tous les domaines.
Cesser de dire qu'on ne peut pas mettre Made in France sur un produit
? Vous savez que si la France, j'avais proposé avec François Bayrou d'ailleurs, et j'en ai parlé avec François Bayrou récemment, qui m'a reconnu, que les institutions européennes le refusaient.
Si on voulait mettre... L
'initiative d'Yves Gégaud et de...
Ce n'est qu'un label
pas obligatoire.
C
'est-à
-dire
que des entreprises peuvent se mettre le label. Mais si on obligeait tous les produits dans notre pays, comme je le demande, à ce qu
'il
y
ait
une étiquette
qui
dise la part fabriquée en France, qu'au moins le consommateur, avant d'acheter un produit, sache s'il est fabriqué à 90% en Chine ou en France. Eh bien, je peux vous dire que rien que ça, on n
'a
pas le droit. C'est ahurissant. Je demande qu'on reprenne un peu de liberté. Ce n'est pas être anti-européen, c'est simplement être maître chez soi.
Moi,
je voudrais qu
'on
reparle un instant de la crise grecque.
Est
-ce que vous êtes favorable à la sortie de la Grèce, de la sortie de l'euro pour la Grèce
? Bien évidemment. Moi, je vais le dire très clairement. On ne peut pas continuer à payer éternellement. J'ai fait des vidéos, vous les retrouverez sur Internet. J'ai parlé à l'Assemblée nationale. Je les ai résumées dans une vidéo d'une minute trente en 2010, en 2011, en 2012. Quatre interventions à la tribune de l'Assemblée. J'ai dit ce qui s
'est
là de se passer. Ce n
'est
pas parce que je suis devin, c'est parce que j'ai écouté ce que disaient les économistes. Si vous aidez un pays en lui donnant des milliards,
mais
qu'il a une monnaie trop chère qui ne lui permet pas de produire chez lui, vous pouvez déverser des dizaines de milliards. Vous donnez du poisson, comme disait une parabole célèbre, mais vous n'apprenez pas à pêcher. Donc les Grecs ont raison de dire qu'on les épuise, mais ils ont tort de ne
pas
vouloir sortir de l'euro, qu'ils retrouvent leur monnaie. Ils
n'ont
pas tort de ne pas faire de réformes.
Mais
il
faut qu'ils fassent des réformes, bien évidemment. Mais vous ne dicterez pas des réformes d'en haut de l'étranger.
Vous
devez laisser les Grecs sortir de l'euro, restructurer la dette et espérer qu
'ils
nous remboursent la plus grande partie. Mais je vous rappelle
qu
'en 2011, quand le gouvernement Sarkozy
a
transféré les dettes des banques, ces dettes appartenaient aux banques privées.
On
les a mis sur le dos des contribuables français.
A
l'époque, j'étais un des rares à dire non, parce que je savais qu'ils ne pourraient pas rembourser. Les banques s'en sont tirées
et
on n
'a
pas aidé la Grèce en fait. On a versé 310 milliards d'euros à la Grèce pour payer 270 milliards aux banques privées européennes. Donc en fait, la Grèce a reçu de l'argent, mais très peu par rapport à ce qu'on a donné aux banques privées. Les banques privées se sont tirées de la dette grecque et elles ont contribué à nourrir par leur imprudence. Ça retombe aujourd'hui sur le contribuable et nos dirigeants européens disent on va continuer à aider. Je suis désolé,
il
faut que les Grecs s'assument, il faut qu'ils sortent de la zone euro, qu'ils retrouvent une monnaie moins chère, qu'ils produisent chez eux
et
puis il faut le faire à un aménagement de dette parce qu
'ils
ne pourront pas rembourser tout. C'est triste mais
c'est comme ça. Il faut
restructurer la dette grecque.
Il
faut restructurer la dette grecque, mais il faut arrêter de payer à fonds perdus. On restructure, mais ils reprennent un nouveau départ et ils sont responsabilisés. Ils ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre, pardonnez-moi.
Vous pensez que l'heure de vérité arrive ?
Mais bien évidemment. Mais je ne comprends pas ces chefs d'État qui se réunissent. A longueur d'année, il n'y
a
plus un Français qui les croit. Et les Grecs, ils se disent si on peut encore tirer de l'argent, on va en prendre. Mais ils souffrent. Les Grecs, ils sont surtout dans la mouise. Mais ils souffrent beaucoup. Je vais vous donner un exemple. La Turquie a dévalué sa monnaie de 40%. Pourquoi ?
Pour
pouvoir produire et exporter leurs produits dans le monde entier. Les Grecs ne l
'ont
pas fait.
Ils
ont la monnaie de l'Allemagne. Est-ce qu'un jour, on peut m'expliquer, le monsieur Victor qui m'a posé une question, est-ce qu
'il
peut m'expliquer comment l'économie grecque peut avoir la même monnaie que l'économie allemande ? Est-ce qu'un judoka, est
-ce
que David Douillet a la même veste qu'un poids plume ? Non. Donc il
y a
un moment, il faut revenir sur Terre,
il
faut arrêter de rêver la vie. On a fait l'Europe, on n'avait pas les mêmes monnaies et on s'est réconcilié avec l'Allemagne. Moi, je préfère qu'on fasse des projets en commun, qu'on travaille ensemble sur des projets concrets, plutôt que de vouloir avoir le même costume pour des personnes de taille différente et ça ne marche pas. Si ça marchait, qu'ils nous disent que ça marche, ça ne marche pas. Et c'est moi qu'on accuse de vouloir, c'est quand même le monde à l'envers. Ils gouvernent depuis 20 ans, ils se plantent régulièrement
et
ils ont toujours raison. Vous savez, Einstein avait une belle phrase, Anita Hauser,
il
disait « Ce ne sont pas ceux qui...
»
La phrase d'Einstein est amusante. « Vous ne devez pas faire confiance à ceux qui ont déjà échoué et qui ont créé les problèmes. » Ce ne sont pas ceux qui ont créé les problèmes qui vont les résoudre. Ce ne sont pas les dirigeants qui ont créé les problèmes de l'Europe qui vont les résoudre quand même. À un moment, il faut regarder en face.
À un moment donné, il vaut mieux être à l'intérieur qu'à l'extérieur.
À
l'intérieur de quoi ? De l'Europe. Mais bien sûr, mais moi, je n
'ai
jamais dit qu'il fallait quitter l'Europe. Je n
'ai
jamais dit ça. J'ai dit qu'il fallait revoir des règles qui étaient en train de tuer les peuples et d'alimenter des haines d'un autre âge. Parce que je vais vous dire,
je
ne suis pas de gauche et
je
ne
suis
pas pour Tsipras.
Mais
si Tsipras se plante en Grèce, vous aurez obdoré un parti néo-nazi. Et moi, je ne veux pas voir revenir ça. Et je voudrais qu'on m'édite ce qui s'est passé dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres.
Quand
la France, de l'après-guerre de 1914, a demandé des réparations inouïes à l'Allemagne, ça a fait naître Hitler. Si on continue à plonger les peuples d'Europe du Sud,
dans
la misère la plus totale, il y
aura
des réactions dramatiques. C'est exactement la même chose que vis-à-vis de l'Afrique. Si on continue la politique en Afrique, il y aura des migrations insoutenables. Donc, est-ce qu'à un moment, les hommes politiques ne peuvent pas se poser et se dire « Tiens, on s
'est
peut-être trompé là-dessus. Tiens, on peut peut-être corriger. » Je pense que les Français leur feraient davantage confiance, nous feraient davantage confiance,
si
de temps en temps on reconnaissait les erreurs.
Seul, vous n'y arriverez pas. Avec qui ? Non, attendez, laissez-moi vous poser
ma
question. Avec qui aimeriez-vous vous unir pour mener la politique que vous préconisez ? Jean-Pierre Chevènement vous a rendu hommage. En fait, il ne vous a pas fait un véritable appel du pied, mais il vous a rendu hommage. Est-ce qu'aujourd'hui, dans la vie politique française, il y a des rapprochements possibles avec des gens qui sont même chez les Républicains ?
Mais bien sûr. Je vais vous donner un exemple. Je vais vous donner des noms. Jean-Pierre Chevènement dit des choses justes depuis
des années. Vous l'avez rencontré ?
Oui, je le vois régulièrement depuis des années, parce qu
'on
s'aime bien. Arnaud Montebourg a dit des choses justes. À droite, Henri
Guéno. Pourquoi vous
ne nous mettez pas à table ensemble
? Mais moi,
j'en serais ravi. Combien de fois je les ai vus tous ? Henri Guéno. Je partage avec Henri Guéno beaucoup de choses. Nous en parlons souvent. Il y a beaucoup de députés qui sont encore à l'UMP, qui me disent
de
manière très courageuse... Mais
ils restent
? Eh bien oui, parce que je ne suis pas encore assez... Notre parti n'est pas encore assez haut. Mais on progresse. Et il y a un moment où il y aura un courage politique partagé. Je regrette qu
'il
ne vienne pas plus tôt, mais moi, je suis ravi de travailler avec tous ces gens-là, de droite et de gauche. Il y a des Républicains patriotes, même au Front National, il y en a qui pourraient venir, sur une ligne républicaine, une belle ligne de redressement du pays. Ça viendra. Il n'y a rien de foutu. Notre pays peut s'en sortir. On
y arrivera.
On termine sur cette note optimiste. Merci beaucoup.
Il faut
bien. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan