Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter (sur YouTube)· 16 octobre 2023 22 min

Jordan Bardella : "Les enseignants ont une cible sur la tête"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10.

0:04
Jordan Bardella

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10, le président du Rassemblement National, également tête de liste RN pour les prochaines élections européennes. Question, réaction au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour, merci de votre invitation. Et bienvenue à ce micro. Trois jours après l'attentat terroriste d'Arras qui a coûté la vie au professeur de lettres Dominique Bernard, trois ans jour pour jour après l'assassinat de Samuel Paty, lui aussi tué par un terroriste islamiste, une minute de silence sera respectée aujourd'hui à 14h dans les collèges et les lycées de France.

Quel mot avez-vous ce matin pour les millions d'enseignants et d'élèves qui retournent en classe alors que l'un des sanctuaires de la République, l'école, a de nouveau été frappé ?

1:00
Présentateur

D'abord, j'aimerais exprimer toute ma solidarité à l'égard de la famille de Dominique Bernard qui a été lâchement assassinée à Arras dans le Pas-de-Calais il y a quelques jours. Ma solidarité la plus totale avec le corps enseignant, la communauté éducative et évidemment avec ses élèves. Cette énième attaque islamique sur le sol français, elle intervient dans un contexte extrêmement singulier puisque nous sommes, vous l'avez rappelé, trois ans jour pour jour après l'assassinat, dans les mêmes conditions, avec le même mode opératoire de Samuel Paty et au moment où, de par le monde, des leaders de groupes terroristes comme le Hamas appellent au djihad international.

L'école est devenue une cible. Elle est devenue une cible parce qu'elle est le symbole de tout ce que combattent et de tout ce que détestent les frères musulmans et les fondamentalistes islamistes. Elle est le creuset de notre civilisation et le lieu où s'émancipe l'individu et où rayonne le savoir. Les enseignants ont une cible sur la tête, aujourd'hui dans notre société, comme d'innombrables professions. les journalistes, comme tous les français, qui, depuis maintenant plusieurs années, doivent affronter une menace terroriste.

Et permettez-moi de mettre d'emblée les deux pieds dans le plat parce que je suis un petit peu lassé de venir attentat après attentat sur tous les plateaux de télévision, venir dire la même chose, déplorer les mêmes morts, déplorer les mêmes failles, déplorer les mêmes modes opératoires. Et ensuite, il ne se passe rien. Rien, madame. C'est ça le vrai sujet. Après le Bataclan, il ne s'est rien passé. Après Charlie Hebdo, il ne s'est rien passé. Après Nice, il ne s'est rien passé. Après Saint-Étienne-du-Rouvray, il ne s'est rien passé. Après Samuel Paty, il ne s'est rien passé. À chaque fois, les mêmes défaillances. À chaque fois, le temps de recueillement. Et puis ensuite, rien.

2:45
Invité

On est encore sur le temps de recueillement et on est encore sur le choc. Jordan Bardella, pardon d'y revenir. Gabriel Attal a appelé à renforcer la sécurité dans les établissements scolaires. Elisabeth Borne a annoncé que le pays avait été placé en urgence attentat, le niveau le plus élevé du dispositif Vigipirate. En même temps, on ne va pas mettre un policier devant chaque salle de classe. Ce serait philosophiquement impensable et sur le plan des moyens, impossible. À moins que vous nous disiez ce matin qu'il faut changer les choses, qu'il faut protéger militairement les écoles. Qu'est-ce que vous dites concrètement sur ce qui se passe ?

Quand vous dites aujourd'hui les enseignants sont devenus des cibles ?

3:24
Présentateur

Oui, discutez avec beaucoup de maires, madame. Il y a beaucoup de maires, pas seulement les maires du Rassemblement national, qui sont extrêmement inquiets aujourd'hui de la sécurité aux abords des écoles. Et la réalité, c'est qu'étant donné qu'on refuse des frontières au niveau national, on est en train de démultiplier les frontières partout dans notre société. Ce sont les vigiques, ce sont les caméras de surveillance, ce sont les portiques de sécurité à l'entrée des écoles. On peut traiter la conséquence. Moi, j'aimerais traiter la cause.

Et la réalité, encore une fois, je suis désolé de le rappeler, c'est que cette famille dont est issue le terroriste qui a assassiné Dominique Bernard n'aurait pas dû être sur le territoire français. Et moi, je suis un peu fatigué, si vous voulez, de voir qu'à chaque fois qu'on a ce type d'événement, de drame dans notre société, c'est de la faute de personne. Ce gouvernement a érigé l'irresponsabilité en méthode de gouvernement. Ce n'est pas de la faute de M. Darmanin, il nous explique qu'il a tout bien fait, ce n'est pas de sa faute.

Le président de la République nous explique que ce n'est pas de sa faute, ce n'est pas de sa faute, et il va même jusqu'à nous dire que maintenant, il va falloir expulser les étrangers radicalisés. C'est la même déclaration, la même déclaration, madame, qu'a fait le ministre de l'Intérieur le 18 octobre 2020, après l'attentat contre Samuel Paty.

4:34
Invité

Vous avez demandé quelques heures à peine après l'assassinat de Dominique Bernard, vous avez demandé la démission de Gérald Darmanin. La majorité vous a reproché votre indécence à vous précipiter de cette manière dans le règlement de compte politique. C'est le porte-parole de Renaissance qui dit ça. Vous avez enfreint l'unité nationale en déclarant deux heures après l'assassinat, il faut la démission tout de suite de Gérald Darmanin.

4:57
Présentateur

L'unité nationale, madame, face au terrorisme, il l'a faux. Moi, l'unité nationale, je la fais avec le peuple français, je la fais avec les victimes du terrorisme, je la fais avec la communauté éducative, avec le personnel de l'éducation nationale, mais je ne la fais pas avec des gens qui refusent d'assumer leurs responsabilités.

5:13
Invité

Vous demandez toujours ce matin la démission de Gérald Darmanin, pour être très clair ?

5:16
Présentateur

Quand on a multiplié les failles sécuritaires, morales, politiques, je peux vous refaire le bilan de M. Darmanin, l'imam Ikwissen il y a quelques mois, dont on disait qu'il était l'ennemi public numéro un au regard de la doctrine qu'il portait, qui devait être expulsée, on l'a perdu dans la nature. Les migrants accueillis de l'Ocean Viking il y a quelques mois, qu'on a perdu dans la nature. L'affaire du Stade de France, l'affaire Lola, l'affaire Samuel Paty...

5:40
Invité

Tout ça, c'est la faute de Gérald Darmanin ?

5:41
Présentateur

Quand on est responsable de la sécurité des Français, madame, et qu'on refuse d'expulser des gens qui sont étrangers sur notre sol, qui sont radicalisés, qui ont un lien objectif avec l'idéologie des frères musulmans, on porte une responsabilité dans le climat de violence. Je pense qu'en politique, il faut assumer ses responsabilités.

5:59
Invité

Donc vous lui redemandez ce matin ?

6:01
Présentateur

Quand on a failli, on s'en va. Le 15 avril 2017, madame, vous avez interrogé, le 20 avril, pardonnez-moi, sur France 2, vous avez interrogé Marine Le Pen sur les multiples attentats que nous avions connus. Marine Le Pen vous a répondu la chose suivante. Tous les fichiers S, tous les étrangers qui ont un lien avec l'islamisme, doivent être expulsés. Pourquoi on ne le fait pas, madame ? Donnez-moi une seule bonne raison de conserver sur le territoire de la République française des gens qui sont de véritables bombes humaines.

6:30
Invité

Pour respecter l'état de droit, Jordan Barrella, ou la loi, tout simplement. Là, c'est ce que vous répondrez, Gérald Darmanin, s'il était là, c'est qu'il est en train de préparer une loi pour changer les choses et pour expulser de manière plus facile. Et il vous appelle d'ailleurs à la voter, cette loi.

6:43
Présentateur

Oui, ben voyons, madame. Il y a eu 273 Français qui sont morts sous les balles ou les lames du terrorisme islamisme. Ça fait des années, pardon de le rappeler, que nous réclamons l'expulsion des fichiers S étrangers. Vous êtes sur le sol français. Vous êtes accueilli par la générosité, la bienveillance du peuple français. Vous avez un lien avec l'idéologie islamiste. Vous devez être renvoyé dans votre pays d'origine. Il y a 4000 individus qui sont fichiers S, qui sont de nationalité étrangère. Ils doivent être sans délai expulsés. Nous devons fermer toutes les mosquées radicales qui pullulent sur l'intégralité du territoire français.

Et nous devons, à l'égard d'organisations d'officines islamistes, comme les frères musulmans, les dissoudre ou les considérer comme organisations terroristes comme le font certains pays.

7:23
Invité

Je vous entends. Donc soyez cohérent. Le projet de loi Immigration lève la protection et permet d'expulser des étrangers délinquants ou suspectés de radicalisation. Et ce matin, Emmanuel Macron précise, il demande de passer au peigne fin le fichier des radicalisés expulsables.

7:38
Présentateur

Excusez-moi, madame, sauf votre respect. À partir du moment où vous êtes arrivé sur le sol français, même si vous êtes arrivé avant l'âge de 13 ans, c'est l'article 631 alinéa 3 du code d'entrée des étrangers sur le sol français. Si vous portez atteinte à la sûreté de l'État, que vous avez un casier judiciaire long comme le bras et que vous menacez la cohésion nationale, vous pouvez être expulsé. On parle d'une famille qui, d'abord, si notre programme avait été appliqué, n'aurait pas pu demander l'asile en France. La famille a demandé l'asile en 2008. L'asile a été débouté en 2014.

Cette famille est restée sur le territoire français, alors même que le père a été condamné pour violences conjugales, le grand frère est lui en prison incarcéré pour avoir attenté à la sûreté de l'État pour un projet d'attentat déjoué contre l'Élysée, et le petit frère, manifestement, rodait le même jour que ce terroriste dans un lycée voisin. Donc, il faut arrêter avec cette générosité, sans aucune mesure et sans aucune limite, et remettre de l'ordre dans notre politique d'immigration. Si on ne remet pas de l'ordre dans notre politique d'immigration, en décrétant notamment un moratoire, nous allons connaître d'autres drames.

8:43
Jordan Bardella

Gérald Darmanin récuse l'idée de faille des services de renseignement. Il salue, je le cite, les courageux agents de la DGSI qui déjouent un attentat tous les deux mois. Éric Dupond-Moretti disait hier sur France Inter, il y a 43 attentats qui ont été déjoués, et je n'ai pas entendu M. Bardella dire, M. le ministre de l'Intérieur, vous nous avez protégés. Que répondez-vous à ce point-là ?

9:10
Présentateur

M. Dupond-Moretti devrait plutôt nous éclairer, plutôt que de commenter l'intégralité de mes déclarations sur la manière dont ce terroriste a pu communiquer avec des islamistes radicalisés dans les prisons françaises. Premièrement. Deuxièmement, Madame, Monsieur, on ne remet pas en cause le travail des services de renseignement. Si vous dites qu'il y a eu des défaillances sur toute la ligne... Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Si. Non, il y a eu des failles politiques. D'accord ?

Parce que quand le 18 octobre 2020, le ministre de l'Intérieur, après l'attentat de Samuel Paty, demande l'expulsion des étrangers radicalisés, et que trois ans après, il y a encore sur le sol français 4 500 étrangers qui sont radicalisés, il y a une faille dans la gestion politique de cette affaire. Je ne remets pas en cause, et il faut saluer toujours le travail des fonctionnaires de police, le travail de nos services de renseignement, qui, vous avez raison, et merci de me permettre de le rappeler, évite un certain nombre d'attentats, et fort heureusement.

10:01
Invité

Vous savez que certains sont difficilement expulsables, vous connaissez la réalité, vous êtes député européen, vous connaissez parfaitement la réalité, et la réalité qui était que, pour un certain nombre d'entre eux, puisque là on parle d'un Ingouch ou d'un Tchétchène, ils sont difficilement expulsables vers la Russie, vu les liens qu'on avait avec la Russie, ce qui vient d'être cassé ce week-end, mais jusque-là c'était le cas. Vous savez que c'est facile de dire, il faut les expulser immédiatement, mais dans quel pays, vers quel pays ? Vous connaissez la réalité géopolitique ?

10:31
Présentateur

En l'occurrence, madame, en l'occurrence, dans le cas d'espèce, vers la Russie. Mais si nous organisons le traitement de l'asile, dans les ambassades et consulats des pays de départ, c'est-à-dire qu'on ne prend aucune demande d'asile sur le territoire français, je vous rappelle qu'il y a 130 000 demandes d'asile qui ont été faites, on a passé tous les records d'immigration avec M. Macron, et que précisément, deux tiers de ces personnes-là sont déboutées du droit d'asile parce qu'ils ne viennent pas de pays en guerre, et la France a le record européen en matière d'exécution d'OQTF, c'est-à-dire concrètement que tout le monde rentre en France, mais personne ne sort.

Si on organise le traitement de l'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ, il n'y a plus lieu de se poser la question. Maintenant, vous avez raison, il faut faire un bras de fer diplomatique avec les États d'origine, et en l'occurrence, il y a un certain nombre de leviers, les transferts de fonds privés, l'aide au co-développement public est donnée à ces États, et évidemment les laissés-passés consulaires qui doivent permettre de faire pression pour permettre à ces pays-là de récupérer leurs indésirables.

11:20
Jordan Bardella

On va passer au standard d'Inter, on nous attend Lucas, bonjour, bienvenue.

11:24
Invité

Oui, bonjour.

11:25
Jordan Bardella

Vous êtes prof en lycée pro, hein ?

11:28
Invité

Oui, je suis prof en lycée pro, et bon, je voulais apporter mon témoignage. Alors je ne sais pas s'il y a des lacunes au niveau du ministère de l'Intérieur. Après, pour ma part, j'estime que la justice ne fait pas directement son travail. Je vous explique ma situation. Il y a à peu près deux ans, peu de temps avant l'anniversaire de Samuel Paty, en vue d'essai de Samuel Paty, j'ai été victime de plusieurs messages du même personnage, de menaces de mort concernant mes enfants, où il menaçait de venir chez moi, il disait qu'il connaissait mon adresse et qu'il allait venir me faire la peau et mes gosses. Et puis, ça fait deux ans, et depuis deux ans, je n'ai pas de nouvelles.

Voilà, j'ai été faire mon dépôt de plainte, alors moi j'habite en zone gendarmerie, donc la gendarmerie a transmis en zone police, et puis je ne sais même pas si la personne a été entendue. Donc voilà, c'est là-dessus que j'entends que je voulais témoigner, en disant que c'est bien, Madame la ministre, Madame Borne nous dit qu'elle va nous protéger, nous les profs. Et si les fesses mettent aussi longtemps à nous protéger, je ne sais pas comment on va faire.

12:34
Jordan Bardella

Et vous avez peur d'aller enseigner ?

12:37
Invité

Là, je suis devant mon établissement, on va se réunir avec les collègues pour discuter de la situation. Oui, clairement, je ne vais pas dire que j'ai peur, parce que j'aime mon métier, mais oui, il y a une certaine appréhension, et on voit bien que les visages des collègues sont tendus quand même.

12:54
Jordan Bardella

Merci Lucas, merci Lucas.

12:55
Invité

J'ai une dernière chose, parce que là, c'est bien, on va se réunir ce matin pour en discuter, pour voir comment on va faire avec nos lèvres, mais moi j'ai ma fille de 14 ans hier qui m'a posé la question, « Papa, est-ce que tu penses que tu peux mourir toi aussi au travail ? » Qu'est-ce que je lui réponds, moi, ma fille ?

13:12
Jordan Bardella

Merci Lucas, merci Lucas pour ce témoignage. La journée va être dure aujourd'hui pour vous et pour vos collègues et pour l'ensemble de la communauté éducative. Merci encore d'avoir témoigné au micro d'Inter. Jordan Bardella, un mot ?

13:32
Présentateur

D'abord, monsieur, je voudrais vous souhaiter bon courage, comme à l'ensemble de vos collègues. La France est ce pays où en 2023, on peut mourir d'enseigner, mourir d'être prof, parce qu'on a le malheur aux yeux de certains de faire son travail. Et pour une raison très simple, c'est que depuis plusieurs années dans notre société, on n'a pas voulu voir. On a caché le mal. On a étouffé un certain nombre d'affaires avec l'idéologie du pas de vague. Inutile de vous rappeler que Samuel Paty n'avait pas été entendu, qu'un certain nombre de voix se sont élevées.

Je pense à Didier Lemaire, ce professeur de lycée de Trappes, qui lui aussi avait sonné le toxin sur sa situation, sur les menaces qu'il recevait. Et donc je pense qu'il faut aujourd'hui mener une guerre et être implacable à l'égard de cette idéologie, protéger ceux qui enseignent dans notre société et renforcer les sanctions contre tous ceux qui menacent ou qui décideraient de toucher à un enseignant de la République française.

14:27
Invité

Parlons maintenant, si vous le voulez bien, de la situation au Moyen-Orient. Israël semble sur le point de déclencher son opération d'ampleur dans la bande de Gaza et exhorte les Gazaouis à fuir vers le sud. Est-ce que vous appelez ce matin à une riposte proportionnée de la part de l'État d'Israël à respecter le droit international humanitaire comme le demande la France ou vous pensez que Benjamin Netanyahou, au fond, peut frapper aussi fort qu'il peut et qu'il veut ?

14:50
Présentateur

Je crois qu'Israël a vécu à la fois son 11 septembre et son Bataclan et qu'Israël ne peut pas ne pas riposter. La réponse d'Israël, elle est légitime, mais elle doit être le plus ciblée possible en respectant évidemment le droit international, en protégeant les populations civiles et à l'évidence, avec pour seul objectif d'éradiquer les terroristes du Hamas qui utilisent aujourd'hui la population civile qui est prise en otage par les terroristes du Hamas comme des boucliers humains. Les repères du Hamas sont sous les mosquées, sous les écoles, sous les hôpitaux.

Il y a des roquettes qui sont tirées depuis les bâtiments et je crois qu'aujourd'hui, cette organisation que la gauche se refuse à décrire comme terroriste est devenue probablement la pire ennemie de la cause palestinienne.

15:35
Invité

Beaucoup d'Israéliens, même de droite, estiment que la responsabilité de Benyamin Netanyahou est grande dans ce qui s'est passé. Vous le jugez responsable aussi ?

15:43
Présentateur

Je pense que cette réponse appartient et appartient seule au peuple israélien, aux responsables politiques israéliens. Moi, mon rôle, c'est de protéger le peuple français comme responsable politique français de l'importation sur notre sol d'une idéologie, celle du Hamas, qui est déjà présente dans nos banlieues.

16:00
Invité

On vous entend dénoncer le Hamas depuis le début, depuis une semaine, le Hamas soutenu par l'Iran et par la Syrie de Bachar el-Assad. Ça n'a pas toujours été le cas, Jordan Bardella. On se souvient en 2015 de Marine Le Pen qui appelait, je la cite, à faire une grande coalition avec Bachar el-Assad. La ligne du RN a changé ?

16:15
Présentateur

Non, madame, l'histoire est complexe. L'affaire syrienne comme l'affaire libyenne sont des affaires qui sont propres à la Syrie et à la Libye et qui, à cette époque, dans les dictatures qui étaient celles de Kadhafi et de Bachar el-Assad, faisaient face à un ennemi qui était l'idéologie islamiste qui avait déclaré une guerre à la France. Vous avez raison de rappeler que le Hamas est soutenu aujourd'hui par un certain nombre de pays, au premier desquels le Qatar et l'Iran. Et je crois que la responsabilité de ceux qui nous ont gouvernés d'avoir déroulé pendant de nombreuses années, de manière très concrète et de manière fiscale, le tapis rouge aux investissements qataris en France.

16:54
Jordan Bardella

Jordan Bardella, vous demandez le gel des aides européennes au territoire palestinien. Joseph Borrell, le chef de la diplomatie de l'UE, disait la semaine dernière que leur suspension punirait l'ensemble du peuple palestinien, porterait atteinte aux intérêts de l'UE dans la région et ne ferait qu'enhardir davantage les terroristes. Suspendre les aides, c'est jeter encore davantage les populations palestiniennes dans les bras du Hamas ?

17:22
Présentateur

La bande de Gaza est aujourd'hui sous la coupe du Hamas. Qui peut croire que pas un euro des 75 millions d'euros de subventions qui viennent d'être annoncés par l'UE n'ira dans la poche d'une organisation qui n'est pas seulement une organisation terroriste, qui est aussi une organisation mafieuse et qui depuis plusieurs années détourne l'aide européenne. Vous avez vu ces clips de propagande du Hamas où on voit les terroristes islamistes utiliser les canalisations qui ont été financées par l'argent du contribuable et de ceux qui nous écoutent ce matin pour les transformer en requêtes à lancer sur Israël.

Je pense que la solidarité doit se mettre en place au niveau régional et que dans le cas d'espèce, la France doit peser de tout son pot en matière diplomatique pour éviter l'embrasement dans la région, en appelant notamment ses alliés historiques comme le Liban à la retenue.

18:06
Invité

Puisqu'on parle d'union nationale, un mot sur ce qui s'est passé en Moselle vendredi en marge d'une visite d'Olivier Véran, on voit dans une vidéo votre porte-parole, le porte-parole du Rassemblement national, Laurent Jacobelli, s'en prendre à un député renaissance, un député de la majorité qui s'appelle Belkir Belhadade. Et il lui dit « Racaille, joue pas ta Racaille ». Monsieur Belhadade va déposer plainte, c'est à l'évidence, dit-il, une injure publique, enfin un élu. Mais il y a aussi une dimension de provocation et d'incitation à la haine. Et il voit dans le mot « Racaille » une référence voilée à ses origines. Laurent Jacobelli a-t-il failli ?

18:39
Présentateur

Non, mais ce propos est évidemment maladroit. Mais connaissant très bien Laurent Jacobelli, je peux vous assurer qu'il n'y a absolument aucun sous-entendu. C'est une bisbille picro-colline entre deux députés dont la tension a monté sur des sujets qui sont purement locaux. Parce que je crois que ce député en marche est assez proche d'une députée, d'une élue de la NUPES dans le département de la Moselle, qui elle aussi a refusé de qualifier le Hamas de mouvement terroriste. Ce qui n'était pas son cas à lui. Qui a eu une petite bisbille à ce sujet.

19:11
Invité

Une petite bisbille, c'est « Racaille » quoi. « Je ne veux pas ta Racaille ».

19:13
Présentateur

Oui, il y a eu une dispute, c'est un mot que je n'aurais pas utilisé, qui est maladroit. Laurent Jacobelli le regrette. Mais enfin, si la foudre s'abat sur un député du Rassemblement National parce qu'il a utilisé le mot « Racaille »…

19:23
Invité

À l'endroit d'un élue de la République, pas en général.

19:25
Présentateur

Oui, d'accord. Les deux se sont pris la tête. En revanche, j'ai vu la France Insoumise condamner très durement ce mot « Racaille ». Et j'ai un peu le sentiment que la France Insoumise est un peu plus dure avec le mot « Racaille » qu'avec les agissements terroristes du Hamas.

19:38
Invité

La Pologne, vous étiez déçue par les résultats. On a appris hier soir que l'opposition centriste pro-européenne a donc remporté la majorité parlementaire et mette fin à ces élections à 8 ans de gouvernement nationaliste et populiste de Kaczynski. Déclaration de Donald Tusk hier. La Pologne a gagné, la démocratie a gagné, nous les avons chassés du pouvoir. C'est la fin de cette mauvaise période. C'est des réactions.

20:01
Présentateur

Vous ne me regardez qu'un sourire comme si j'étais polonais ou comme si je devais pleurer toutes les larmes de mon corps. Pas du tout. Parce que les gens qui…

20:08
Invité

Monsieur l'eurodéputé, monsieur l'eurodéputé, il y a une vague populiste. On vous a interrogé, vous vous réjouissiez de la victoire de Mélanie en Italie. Est-ce que vous déplorez la victoire des pro-européens ?

20:22
Présentateur

Question cache, réponse cache. Je ne suis pas polonais. Je me réjouis que la Pologne et la Hongrie aient refusé pendant plusieurs années des vagues migratoires sur leur territoire, ce qui probablement leur a évité beaucoup de problèmes depuis 2015. Et si c'est le choix des Polonais, eh bien c'est le choix des Polonais. Je suis démocrate dans les victoires comme dans les défaites.

20:40
Jordan Bardella

Jeudi 5, dernière question. Plusieurs policiers ont décidé, alors qu'ils étaient en fonction et en uniforme, de prendre des photos avec vous, Jordan Bardella. La préfecture a décidé d'ouvrir une enquête administrative pour ce qui apparaît être une rupture du devoir de réserve des fonctionnaires. Gérald Darmanin a jugé que ce comportement était très choquant et a demandé à l'administration de prendre des sanctions. Est-ce que les policiers ont le droit de montrer une opinion politique dans le cadre de leur fonction ? Réponse non, a dit le ministre.

21:20
Présentateur

On ne va pas jeter au pilori des fonctionnaires de police qui, dans le cadre d'un déplacement, ont sollicité des photos. Encore une fois, j'essaie d'être extrêmement lucide. Est-ce que si ces fonctionnaires de police avaient pris une photo avec M. Attal, par exemple, une enquête administrative aurait été diligentée par le ministre de l'Intérieur ? J'en suis moins sûr. Merci.

21:40
Invité

Jordan Bardella a été notre invité.

21:41
Présentateur

Le président du Rassemblement National. Merci.