Trêve entre Israël et le Liban: la réaction de Jean-Yves Le Drian sur les négociations en cours
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
qui nous rejoint à présent. On va parler de tout cela avec Jean-Yves Le Drian qui a été pendant une décennie d'abord ministre de la Défense puis ministre des Affaires étrangères qui est aujourd'hui l'envoyé personnel d'Emmanuel Macron pour le Liban, qui passe sa vie au Moyen-Orient, qui connaît la plupart des personnages, des chefs d'État dont nous parlons quotidiennement sur ce plateau, je meubles. Je meubles le temps de vous laisser vous installer.
Bonsoir Jean-Yves Le Drian. On est extrêmement content de vous recevoir ce soir. D'autant qu'il se passe encore plus de choses aujourd'hui, même si on ne s'ennuie pas ces derniers jours, cette annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban.
Vous l'avez sans doute suivi comme nous en cette fin d'après-midi, annoncée par de mal Trump. Cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur à 23h heure française. Est-ce qu'il y a une place ce soir de votre part à l'optimisme ou est-ce que la prudence, votre prudence reste de mise ?
Il faut être optimiste et prudent à la fois. C'est une très bonne nouvelle. On ne s'y attendait pas parce qu'il avait été dit que le cessez-le-feu ne concerne pas le Liban.
Or, aujourd'hui il le concerne. C'est une très bonne nouvelle pour la population libanaise qui a souffert. Il y a eu depuis le 2 mars 2000 morts, un million de déplacés, Bref, c'est une nouvelle de soulagement par rapport à cette population qui vit sous les bombes depuis plus d'un mois.
Et puis, c'est aussi une bonne nouvelle, me semble-t-il, pour les autorités libanaise parce que lorsqu'on regarde comment tout ça s'est passé c'est au moment où il ya des cesser le feu tout le monde s'approprie la victoire entre guillemets en tout cas le résultat et c J'ai même vu tout à l'heure que les Iraniens estimaient que c'était grâce à eux que le cessez-le-feu était intervenu. Tout le monde veut une part de la responsabilité. Mais quand on regarde l'histoire, la chronologie, c'est le président Aoun, le président libanais, qui prend les initiatives qui aboutissent aujourd'hui à se cesser le feu.
Il prend une initiative courageuse, il prend une initiative audacieuse en disant « je veux discuter directement avec les Israéliens », ce qui était, pour un certain nombre de Libanais, absolument insupportable. Mais il a dépassé ces réserves-là pour engager un dialogue direct avec qu'Israël. Ce ne s'était pas fait depuis quasiment la fin de la dernière guerre mondiale.
Cet acte-là était essentiel. Et qu'a-t-il fait pour aboutir ? Il a demandé à la France de l'aider.
La France n'est pas hors-jeu. Mais non, c'est la France qui a permis...
Le ministre israélien des Affaires étrangères a dit veto la France ne participe pas aux négociations et nous ne voulons pas de la France. Ce n'est pas le ministre israélien, c'est l'ambassadeur. La France a joué un rôle.
Vous avez raison, c'est l'ambassadeur. Pardon. La France a joué un rôle.
Excusez-moi, je reviens en arrière pour vous dire, le président Aoun prend cette initiative spectaculaire et courageuse. Et il se tourne vers qui ? Vers le président Aoun.
Vers le président Macron. Il se tourne vers le président Macron pour lui dire « Est-ce que la France peut m'aider à faire en sorte qu'il y ait ce dialogue direct avec Israël qui n'a jamais eu lieu ? » Et c'est la France, le président Macron, le ministre d'Affaires étrangères français qui prennent les initiatives nécessaires pour aller parler avec les Israéliens pour essayer d'aboutir à ce qui est ce dialogue-là, parler avec tous ceux qui sont dans la médiation.
Je pense aux Pakistanais, je pense aussi aux Égyptiens, je pense aussi à l'Arabie Saoudite, je pense aussi aux Turcs. Tous ces acteurs-là ont misé pour qu'il y ait un dialogue direct, ce qui est une grande nouveauté. Et c'est une avancée considérable qui aboutit à se cesser le feu.
Mais rendons au président Aoun ce qui appartient au président Aoun et rendons au président Macron ce qui appartient au président Macron. J J'observe d'ailleurs que le premier ministre de l'Iban et Nawaf Salam, il y a un instant, il a dû remercier la France pour ses efforts diplomatiques qui n'ont pas mis au résultat. Et on va y aller dans ce pays que vous aimez.
Donc la France est au rendez-vous. On va retrouver un instant Clémence Dibou qui est l'envoyé spéciale de BFM TV Mais à Beyrouth, le sentiment Clémence qui domine ce soir à Beyrouth, 3h30 avant le début de se cesser le feu si tout se passe bien ce soir. Quel contraste calme plat Le trafic est très dense à Beyrouth C'est une bonne jauge de ce qui se passe Ce soir, il n'y a pas spécialement de trafic Il n'y a pas spécialement de scooters, de voitures dans le quartier où on se trouve Ça veut aussi dire qu'on peut imaginer que tous les réfugiés ne se sont pas jetés sur les routes à l'annonce de ce cessez-le-feu.
Et quel contraste, je vous disais, avec la rue ? La vie très calme ce soir à Beyrouth et les frappes incessantes dans le sud du Liban cet après-midi. On s'y est rendus avec Sonia Reynaud et tout le long de la route, cette route Beyrouth-Saïda puis quasiment jusqu'à Tire au pont de Casquier qui a été touché tout le long de cette route.
On a pu voir des dizaines de fumées de part et d'autre des frappes israéliennes intenses très certainement. Donc du coup avant l'annonce de cesser le feu quand on est arrivé sur le pont, le dernier pont avant tir qui avait été touché le matin même, on a vu une frappe en direct. On a dû repartir de la zone donc ce soir grosse prudence chez les habitants de Beyrouth avec qui on a parlé, on leur a demandé souvent, on leur a appris la nouvelle tout simplement, puis on leur a demandé si qu'ils allaient fêter ça en famille par exemple.
Je ne voyais pas vraiment l'intérêt de ma question en disant que non parce que de toute façon des cesser le feu ils en avaient déjà vu qui n'avait pas été appliqué donc il n'était pas question de se réjouir tout de suite, bien sûr évidemment que c'est une bonne nouvelle mais en fait ils demandent à voir et puis surtout pour ces déplacés, ces réfugiés eux aussi demandent à voir dans les prochains jours s'il y aura encore des frappes ou pas. C'est assez intéressant parce que c'est presque une non nouvelle ici à Beyrouth. Je ne vais pas vous dire que les gens sont tristes mais on n'arrive pas spécialement à avoir d'engouement de part et d'autre.
En fait c'est des gens qui sont fatigués de toutes ces frappes qu'il y a eu ces derniers temps et sur le long terme donc oui c'est une bonne nouvelle mais on verra demain comment on se réveille ici à Beyrouth. La fatigue, la prudence extrême des Libanais ce soir. Merci beaucoup Clémence Dibout avec Sonia Reynaud-Ulis Gosset.
Alors effectivement nouvelles très importantes ce Ce soir, avec ce cessez-le-feu annoncé, est prochainement une rencontre à la Maison-Blanche du président du Liban et du Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. Est-ce que ça veut dire que le Liban est prêt à reconnaître Israël et réciproquement est-ce qu'on va vers cela ? On est au début d'un processus.
À partir du moment où il y a le cessez-le-feu, des discussions, des négociations peuvent commencer. Elles ont déjà commencé un peu à Washington, mais maintenant il faut qu'elles se poursuivre. Et il y a un long chemin, parce que beaucoup de questions sont à poser, beaucoup de questions sont conflictuelles et il faudra progressivement avancer.
Mais s'il y a une volonté, on peut avancer. – Il y a des obstacles, Jean-Yves Le Drian ? – S'il y a des obstacles qui sont nombreux, le premier obstacle c'est la manière dont on peut désarmer ou on doit désarmer le Hezbollah, nous sommes tous d'accord sur ce point.
Je rappelle que les autorités libanaises, le président Raoune, en particulier lors de son discours d'installation, a déclaré publiquement « il y a le monopole des armes pour l'État, il faut le restaurer ». Mais le restaurer, ça veut dire mener des actions de désarmement du Hezbollah, récupérer des armes. Il faut encore avoir les moyens de le faire, ce qui veut dire qu'il faut renforcer les forces armées libanaises pour qu'elles soient en situation de pouvoir agir.
Ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent. Et c'était la raison pour laquelle le président de la République française avait organisé une conférence pour le renforcement de l'aide aux forces armées libanaises qui devaient se tenir à Paris, qui n'ont pas pu se tenir en raison du début de la guerre. Il y a ce désarmement qui ne pourra être que progressif.
Vous savez, il Les Israéliens ont occupé le Liban Sud de 1982 à 2000, et ils n'ont pas réussi à désarmer le Hezbollah. Donc il faut un travail de fond, de conviction, de conviction de la population et de fermeté à cet égard pour cela il faut les moyens mais ça suffit pas il faut ensuite que on puisse rentrer dans un processus qui se terminera je l'espère par non seulement une reconnaissance mutuelle un accord sur les frontières mais aussi peut-être un accord de paix et si on est dans cette logique là alors la nouvelle de ce soir est considérable pour cela le préalable c'est aussi le retour des réfugiés vous avez rappelé les chiffres et dans la négociation dans le cesser le feu il doit y avoir la question du retour des réfugiés quasiment un million dans cette partie sud du liban pour l'instant c'est il n'y a que le cesser le feu oui dans la négociation il y aura évidemment je pense de la part des libanais la question des réfugiés qui vont vouloir revenir sur leur territoire dans leur maison, si tant est qu'elles n'ont pas été détruites. Les armes vont peut-être se taire ce soir à partir de 23h.
Vous avez rappelé le bilan tout à l'heure, Jean-Yves Le Drian, des frappes israéliennes sur le Liban. On est quasiment à 2000 morts depuis le début de ce conflit. Israël dit nous ne frappons que des cibles du Hezbollah, que des cibles terroristes.
Est-ce que vous considérez que c'est fidèle à la réalité ? Ce n'est pas la réalité. L'exemple qui me vient à l'esprit, là, c'est ce qui s'est passé le 8 avril, avec ces 300 morts dont des enfants qui ne sont pas membres du Hezbollah à ma connaissance.
Donc ce discours-là est faux et il y a des frappes contre des civils aujourd aujourd'hui heureusement il y a un cessez-le-feu et j'espère qu'il durera, c'est la condition pour l'avenir Est-ce que vous allez jusqu'à dire je sais que le réto cessez-le-feu mais il s'est passé des choses depuis plusieurs semaines que ce qui s'est passé au Liban ces frappes, vous avez rappelé les enfants, s'apparentent à quelque chose qui pourrait s'appeler des crimes de guerre ? – Le moment n'est pas d'identifier à quel moment il y a eu crime de guerre, à quel moment il n'y en a pas eu. Il y a sûrement eu des crimes de guerre.
Mais le moment est au cessez le feu et à l'engagement de négociation. Alors, allons-y ! On sait qu'il y a une liste très importante, il y a des étapes très importantes.
On sait que ça doit se prendre du temps. Et le temps, c'est un peu contraire à la méthode Trump, qui veut que tout ça se fasse très rapidement. Ce n'est pas possible.
Il faut donc prendre le temps nécessaire et j'espère que le cessez-le-feu, c'est le début d'un processus, le début d'une démarche qui soit une démarche vertueuse et qui pourrait aboutir ensuite au fait qu'entre Israël et le Liban, il puisse y avoir une reconnaissance. C'est l'intérêt des deux parties. Vous connaissez bien le président Aoun et le Premier ministre.
Vous avez contribué à leur arrivée au pouvoir. Aujourd'hui, Israël dit pas question de quitter nos positions gagnées depuis le 2 mars dernier. Qu'est-ce que vous pensez de cette situation ?
Est-ce que l'État libanais est suffisamment fort, un, pour désarmer le Hezbollah, et deux, pour arriver au départ d'Israël à la libération du territoire, si j'ose dire, qui est occupé depuis le 2 mars. La mission que se sont données les responsables libanais, le président Aoun et le Premier ministre Nawaz Salam, c'est c'est bien de restaurer l'État libanais dans toute sa souveraineté. Dans la souveraineté, il y a l'intégrité territoriale.
Mais dans la souveraineté, il y a aussi une armée qui tient debout. Dans la souveraineté, il y a un dispositif bancaire, un dispositif financier, un dispositif juridique qui tient debout. Il faut rétablir l'état libanais, c'est la mission qu'ils se sont donnée, il faut les aider en ce sens.
Jamais on a vu, on a connu un gouvernement libanais, des autorités libanaises d'une telle qualité. Donc c'est avec cela qu'il faut agir, c'est avec cela qu'il faut négocier et ça sera un long chemin. Il faut se dire que ça va prendre du temps.
Après tout le passé, après tous les drames, après toutes les Les épreuves qu'a connues ce pays, prenons le temps. Alors, le cessez-le-feu, c'est une première étape. Une première étape qui, puisqu'il y a la volonté d'avancer, j'espère sera suivie d'autres étapes.
Et la France a toujours été là et sera toujours là pour accompagner cette démarche. Jean-Yves Le Drian, vous avez prononcé récemment une phrase qui a fait beaucoup de bruit parce que vous n'êtes pas un homme d'éclat de voix. Ça a même fait la une de libération.
Cette phrase nous voilà réduit à constater la folie d'un en parlant de Donald Trump, mais je voudrais reprendre non pas cet extrait que vous avez prononcé, mais l'ensemble de la phrase que vous avez dit à Libération. Tout est permis aujourd'hui, il n'y a plus de règles, sauf le rapport de force désinhibé, l'absurdité, l'outrance avec en toile de fond toujours les intérêts financiers, nous voilà donc réduits à constater la folie d'un homme. Ce terme de folie que vous avez utilisé pour Donald Trump, est-ce que vous le regrettez ou est-ce que vous l'assumez ?
Je décline. Il y Là, chacun constate les outrances. Je ne vais pas en faire un récapitulatif devant vous.
Chacun constate aussi les grossièretés à l'égard de tel ou tel chef d État. Le nôtre, mais pas que le nôtre. Chacun constate les provocations, y compris à l'égard du pape.
Je serais même tenté de dire, y compris à l'égard de Jésus-Christ. Oui, chacun constate les incohérences des choix. Chacun constate les irrationalités.
Chacun constate les allers-retours. Chacun constate la série des ultimatums. L'un contre-disant l'autre.
Bref, chacun constate le Trump tel qu'on le connaît. Et donc, le problème, c'est qu'il faut vivre avec. Est-ce que ça fait de lui un fou ?
Non, ce n'est pas de lui un fou. Ça fait de lui un personnage dont on a du mal à mesurer les inconséquences et les décisions. Ce qui est très frappant, c'est de constater qu'il y a à la fois des ultimatums péremptoires qui sont affichées.
Ensuite, des frappes qui sont déclenchées alors que ce n'était pas prévu du tout comme ça, qui sont lourdes, qui sont violentes. Et puis parallèlement, il y a des négociations. Donc il y a une méthode Trump qui est un peu compliquée à suivre.
Et le monde doit essayer de s'y adapter pour essayer de trouver des solutions et éviter les guerres. C'est ce qui se passe là sur la question libanaise. Mais vous, par exemple, qui avez croisé Vladimir Poutine, vous étiez au Kremlin en 2022, la dernière fois qu'un chef de l'État français a rencontré le président russe.
Dans la même pièce, Donald Trump et Vladimir Poutine, auquel vous faites le plus confiance ou le moins confiance aujourd'hui ? C'est difficile de répondre à ces questions-là. Poutine dit depuis le début ce qu'il va faire.
Et concernant la question ukrainienne, il annonce dès la fin de l'année 2021, c ses orientations, ses choix, ses décisions, sa stratégie. Et il l'applique. Sauf qu'il a des échecs, il n'arrive pas à le faire comme il le voulait, il n'arrive pas à régler la question en peu de temps.
Il va jusqu'au bout de sa logique. Et aujourd'hui, il est dans cette impasse ukrainienne qui malheureusement rend ce peuple ukrainien dans le drame et dans les souffrances. Le président Trump, il varie en fonction du moment, de ses impulsions, de son ressenti, du cours du pétrole.
Bref, c'est parfois totalement inattendu, mais il y a une logique permanente qui est la logique du rapport de force et de la puissance. Et là, sur le Liban, malgré les outrances, c'est Trump qui impose le cessez-le-feu. Oui.
C'est paradoxal, mais on va dire que c'est une réalité. C'est paradoxal. Non, ce n'est pas contradictoire avec tout ce que je viens de dire.
C'est qu'à un moment donné, je pense qu'il s'est rendu compte que l'ensemble des opérations qui ont été menées et déclenchées depuis le 28 février aboutissaient à un échec et qu'il était dans une impasse. Et pour sortir de l'impasse, il faut poser d'autres actes aussi imprévus et inattendus que les premiers. C'est ce qu'il fait.
On parlait de Vladimir Poutine il y a un instant, Jean-Yves Le Drian. Il a offert ses services de médiateurs aujourd'hui entre les Etats-Unis et l'Iran. Il dit notamment je suis prêt, si vous avez besoin de moi, à récupérer l'uranium enrichi.
Je crois percevoir un sourire sur votre visage quand je dis ça, récupérer l'uranium enrichi des Iraniens, le stocker chez moi. Je m'engage à ne pas y toucher. Est-ce que vous lui confieriez, je disais dans la même pièce, vous lui confieriez de l'uranium enrichi à Vladimir Putin ou pas ?
Mais il y a un organisme qui sait très bien faire ça. C'est la IA. C'est la IA.
Et c'est un organisme que le président Poutine a déjà utilisé, puisque lorsqu'il y a eu les premiers accords sur l'Iran en 2015, la Russie était partie prenante des accords et partie prenante du comité de suivi. Et ça, il le sait, Vladimir Poutine ? Oui, mais il fait un peu de provocation.
Ça fait partie de son personnage. Mais bien sûr que sur la question iranienne, s'il y a un outil pour gérer les stocks d'uranium enrichi à plus de 60 %, ce qui est le cas des 400 kilos dont on parle, c'est bien l'AIEA, qui est un organisme des Nations Unies, respectable, scientifiquement très performant, avec des gens très responsables qui peuvent assumer cette mission. Et donc pour vous, la question de l'uranium doit bien faire partie des conclusions, des pourparlers si elles reprennent entre les Etats-Unis et l'Iran ?
Il faut qu'il y ait toujours la question de l'uranium ou on peut de considérer qu'on va remettre ça à plus tard et que l'essentiel aujourd'hui est de mettre fin à cette guerre. Je vous la pose de manière un peu triviale, parce que l'enjeu est assez important. Vous la posez bien, parce que ça fait partie du sujet.
Mais quand on revient sur la crise entre l'Iran et la négociation, les discussions entre l'Iran et les États-Unis, il y avait Israël. Au départ, il y avait quatre sujets sur la table. Et maintenant, il y en a cinq dont un gros qui n'était pas prévu.
Les quatre sujets, c'était d'abord empêcher l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire. Vieille histoire, c'est indispensable, c'est tout à fait nécessaire pour éviter la prolifération. Donc cet enjeu-là était essentiel.
Et puis il y avait aussi l'enjeu des missiles balistiques qui étaient organisés pour frapper soit l'Iran, soit les pays voisins du Golfe, c'est ce à quoi ils ont d'ailleurs été utilisés pendant la guerre et faire en sorte que cet arsenal balistique soit maîtrisé. Puis il y avait, troisième sujet, les milices qui soutiennent l'Iran et qui agissent, soit au Liban avec le Hezbollah, soit avec les Houthis au Yémen, soit même avec certains groupes, certaines milices en Irak, et faire en sorte que ces milices-là soient déconnectées des enjeux menés par la politique du gouvernement iranien. Et puis il y avait aussi la répression, parce qu'une population qui ne demande qu'à vivre dans la liberté et qui ne le peut pas tant la répression est forte.
Il y avait ces quatre Et c'est au nom de ces quatre sujets-là que s'est engagée la guerre avec les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, il y en a un cinquième, c'est Hormuz, qui n'était pas prévu parce que manifestement au début de la guerre, les Etats-Unis et Israël pensaient que ça allait se régler dans les 4-5 jours. C'est ce qu'on dit des services secrets israéliens à Donald Trump à la Maison Blanche.
Oui, et donc du coup vous n'avez pas imaginé, mais c'est une bévue énorme que l'Iran aurait pu dire eh bien Hormuz on passe pas et malheureusement c'est arrivé. Et aujourd'hui la posture du président Trump est telle qu'il ne peut pas dire j'ai gagné si Hormuz reste fermé. Alors il bloque, il fait un blocus mais un blocus c'est un acte de guerre.
Donc la négociation aujourd'hui doit aussi désormais intégrer Hormuz quasiment de manière aussi importante que le nucléaire. C Est-ce que c'est aussi un peu votre position ? Pas du tout.
Moi je ne sais pas ce qu'a dit le président Pouganet mais la réalité c'est que la libre circulation fait partie du droit international de la mer mais même anciennement du droit coutumier des mers si on se repousse à 200 ou 300 ans dernier. On passe les détroits librement. C'est vrai pour le détroit d'Hormuz, c'est vrai pour le détroit de Gibraltar, c'est vrai pour le détroit de Malaga, il faut que les Européens mais pas uniquement qu'eux, que tous ceux qui ont affaire à la mer rappellent ce principe fondamental de la liberté de circulation dans les mers et en particulier la liberté de circulation dans les détroits.
Sinon, on est dans une logique extrêmement dangereuse pour l'avenir et pas uniquement au Proche-Orient. Alors justement, est-ce que la France doit envoyer une force maritime dans le détroit d'Hormuz pour sécuriser le passage des bateaux Il y a demain une réunion très importante avec le chancelier allemand, le premier ministre britannique, la première ministre italienne Vous êtes favorable à envoyer le Charles de Gaulle et puis quelques frégates et des chasseurs de mines pour sécuriser le Détroit, alors que la France a toujours voulu rester à l'écart de cette guerre ? Non mais c'est une attitude très défensive.
Cette initiative-là n'est pas du tout partie prenante des pays qui sont en conflit. Il s'agit pour les Européens et d'autres potentiellement de faire en sorte que lorsque il y aura un apaisement, donc du coup lorsque la conflictualité sera terminée, qu'il puisse y avoir des escortes d'accompagnement, des bateaux de commerce qui passent le détroit d'Hormuz pour les rassurer. Comme on fait dans la mer Rouge aujourd'hui, on le fait déjà d'une certaine manière, on a une mission dans la mer Rouge où il y a deux frégates qui accompagnent éventuellement les bateaux pour les rassurer.
Sinon, ça ne reprendra pas. Donc il faut rassurer après la guerre le commerce international et on peut en même temps rassurer nos propres alliés dans la région qui sont les pays du Golfe. C'est ça l'initiative du président Macron, c'est absolument indépendant du conflit.
Cette guerre-là n'est pas la nôtre. Je reviens à la principale information de cette soirée. Donc ce cessez le feu entre Israël et le Liban qui doit entrer en vigueur à 23h Alors, heure française, on va retourner à Beyrouth, si vous le permettez.
Avec plaisir. Je vais Le Drian retrouver Jérémy Trottin. Vous êtes à côté de Beyrouth précisément, c'est ça ?
Près d'un stade qui accueille des réfugiés qui ont quitté le sud-Liban ces dernières semaine. Jérémy ? Exactement, on est à quelques pas de la banlieue sud de Beyrouth, le bastion du Hezbollah et regardez, on est ici devant le plus grand stade de Beyrouth où sont accueillis depuis des semaines des dizaines et des dizaines de déplacés qui ont fuit les bombardements et regardez ce stade il est sous la protection de l'armée on aperçoit les chars à côté nous et regardez la situation n'a aucune effusion de joie à l'annonce de ce cessez le feu les familles qui sont ici depuis des semaines accueillent avec beaucoup de prudence pour ne pas dire de méfiance ce que cesser le feu parce qu'elles nous disent et bien ne pas faire confiance à l'armée israélienne pour les laisser en sécurité certaines nous ont dit avoir fait plus de 20 heures de route notamment celles qui venaient du sud du pays pour venir ici et donc évidemment elles ne sont pas prêtes à prendre la route du retour vers leur village du sud du pays avant d'être certaines qu'elles seront en sécurité surtout lorsqu'elles ont vu que l'armée israélienne pourrait rester garder ses positions dans ces villages du sud et donc et bien certains nous ont dit attendre plus d'informations notamment de la part des leaders du hezbollah parce qu'ici on n'écoute pas seulement le président du liban monsieur aoun mais on écoute aussi les leaders du hezbollah ces communautés qui sont ici et qui dorment dans cette tente que vous apercevez autour de moi par dizaines et bien elles sont plutôt sympathisante avec le hezbollah et c'est lui aujourd'hui qui ce mouvement cheat aujourd'hui qu'il leur dit quoi faire et regarder il ya 1500 personnes qui sont réparties on est dans les entrailles du plus le grand stade de Beyrouth qui évidemment n'accueille plus aucune compétition sportive et qui a été transformée en centre d'accueil de déplacés géants depuis plusieurs semaines.
Ces familles qui donc restent ici et qui vous voyez, personne ne fait sa valise, personne ne se prépare à repartir. Merci Jérémy. Normand, Clément, Granon donc du côté de Beyrouth au Liban, vous nous disiez tout à l'heure prudence et une petite dose d'optimisme quand même ce soir.
Une bonne dose d'optimisme je comprends très bien l interrogation des Libanais et leur grande prudence après tout ce qu'ils ont vécu. Un mot sur l'Europe, la défaite de Viktor Orban dimanche dernier lors des élections législatives en Hongrie il n'est plus premier ministre Vladimir Poutine, on l'a dit depuis sa défaite a sans doute perdu son meilleur allié sur la scène européenne. Est-ce que vous allez au-delà dans l'analyse ?
Est-ce que vous considérez que c'est une sorte de repli, du début de repli, de la vague, ce qu'on avait appelé la vague populiste en Europe ? Ou est-ce que vous dites, attention, la Hongrie peut être un contre-exemple, n'en tirons pas de leçon ? – D'abord, comme disait ma grand-mère, c'est une sévère déculottée. – Elle n'a pas dit ça au sujet de Victor Orban ? – Non, elle n'a pas dit ça au sujet de Victor Orban, c'est le mot des culottés.
Mais quand même cet échec là, après avoir eu le soutien physique de Vance qui s'est déplacé de Mme Le Pen qui s'est déplacée des représentants du parti néo nazis allemands qui se sont présentés, qui se sont allés. Le soutien de fait de Vladimir Poutine, ça faisait quand même un bon agglomérat de ce qu'on pourrait appeler l'international extrême droite, en réalité. qu'il constituait et qu'il avait organisée autour de lui.
Et ça, de ce côté-là, c'est quand même une très bonne nouvelle. Ce qui m'a le plus frappé, c'est que le nouveau Premier les ministres, a déclaré « La Hongrie revient dans l'Europe ». Ce qui veut dire que en fait, les Hongrois s'étaient sentis exclus de l'Europe.
Et le mouvement qui s'est produit, alors qu'il y a sûrement des causes différentes, ceux qui Ceux qui sont inquiets de la situation économique, ceux qui sont inquiets de la situation du droit, ceux qui sont inquiets de la manière dont la Hongrie était traitée par les Européens. Tout ça s'est congloméré pour faire cet échec là. Mais le fond de l'affaire, c'est que le Premier ministre hongrois dit « la Hongrie revient dans le monde ». – Mais vous pensez qu'on peut vraiment comparer Marine Le Pen, Jean-Nard Bardella et Victor Orban au-delà du soutien qu'il a apporté ? – Ils étaient tous ensemble quand même.
Donc ça veut dire qu ils ont sans doute des intérêts communs. Moi, je me souviens très bien lorsque Trump a été élu de M. Bardella qui avait fait une déclaration extrêmement positive sur l'arrivée de Trump, disons un souffle nouveau de de liberté et de fierté nationale va traverser toutes les démocraties occidentales.
Voilà le résultat, c'est pas ça. C'est pas ça qui est au rendez-vous. Il nous reste 10 secondes Jean-Yves Le Drian, est-ce que vous reconnaissez l'homme qui va apparaître sur le petit écran devant vous et qui dit qu'il se prépare à l'Elysée ?
Ah oui, je l'ai servi pendant cinq ans. J'étais son ministre de la Défense et puis c'était un ami de très longue date. C'est votre candidat ?
Je ne prononcerai pas pour l'instant. Pour l'instant ? Un jour, je me prononcerai.
Quel est le candidat ? Je ne le prononcerai pas pour l'instant, monsieur. Ulysse Gosset, je ne te dirai rien là-dessus.
Viens tenter Ulysse Gosset, mais ce n'est pas pour aujourd'hui. Merci beaucoup Jean-Yves Le Drian d'être venu ce soir sur ce plateau. Bonsoir Julie Ameth.
Bonsoir Marc, bonsoir à tous.
Emmanuel Macron