Hondelatte raconte : Onze histoires de femmes criminelles
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Europe Europe on de la componente [musique] ce 26 juin 1963, Paris respire l'été [musique] qui débute. À midi pile. Une femme gare son Alpha Roméo dans l'étroite rue de la Huchette. [musique] Quand elle en descend, quelle belle femme, quelle élégance, [musique] quelle prestance et ses cheveux et ce foulard de soi.
La voilà qui se dirige vers le restaurant, le petit chevre. À ce moment-là, est-ce que quelqu'un l'a vu ? Est-ce que quelqu'un aurait pu l'arrêter ?
Elle a un fusil de chasse ouvert sur l'avant-bras, cassé comme le portent les chasseurs quand il pose pour la photo le [musique] gibier à leurs pied. Elle a un fusil de chasse et envoie briller deux cartouches sur les canons justaposés. Elle entre, elle avance jusqu'au fond de la salle.
Il n'y a qu'un seul client. Il est en train de lire le journal devant son café. Elle referme le fusil calmement.
Elle le relève sans trembler. À ce moment-là, l'homme l'aperçoit. Il crie "Non, non !" Elle tire deux fois.
Et l'homme s'écroule entre deux tables. Elle pose le fusil. C'est là que la patron et son mari [musique] déboule de la cuisine.
Madame Gérard, madame Gérard, mais qu'est-ce que vous avez fait ? Un docteur, vite, un docteur. Et elle ne trouve rien à dire de mieux que Il l'avait cherché.
Il l'avait cherché. Appelé donc la police. Il y a maintenant des dizaines de badeau dans l'enchographe de l'identité judiciaire.
C'est au moment où ils ont retourné le corps qu'elle a craqué. Emmenez-moi, s'il vous plaît, je vous en supplie, emmenez-moi. Alors, on l'a fait monter dans le fourgon et elle aperçoit tout de suite le brancard à ses pieds.
Ils ne vont quand même pas transporter le cadavre à mes pieds. Ils ne vont pas faire ça, je vous en supplie. Pas ça, pas le corps.
Nicole Gérard s'attendait sans doute à être tutoyé, rudoyé. Le ton restera courtois. Elle a de la chance Nicole Gérard.
Comment ça ? Vous n'êtes pas au courant ? Il y a 3 jours, Belmondau, Jean-Paul Belmondau, le jeune comédien, il a passé un sale quart d'heure au commissariat et après il a fait tout un scandale.
Alors le préfet de police a demandé qu'on soit plus courtois. Alors on est courtois. Tellement courtois que l'inspecteur demande à Nicole Gérard un autographe daté du jour du crime pour sa collection.
On est en 1963 et il y a donc des policiers qui collectionnent les autographes d'assassins. Et au fait, pourquoi elle a tué son mari, la dame ? [musique] Elle ne dira pas grand-chose au commissaire qui l'interroge l'après-midi du meurtre au commissariat de la rue Souflot.
Elle se contentera de reconnaître les faits après quoi, elle est conduite à la prison pour femmes de la petite roquette, cellule 215. dans l'heure, fille de commerçant, papa qu'un cahier, [musique] maman à la caisse, petite bourgeoisie de province d'avant-guerre avec un château, [musique] s'il vous plaît. Enfin, c'est comme ça que l'appellent les gens du coin parce que c'était une belle maison [musique] mais un château, il ne faut rien exagérer.
Nicole petite, [musique] c'est une jolie blonde aux cheveux bouclés, mais c'est surtout une gamine qui ne supporte pas les ordres. Elle respecte assez peu l'autorité. C'est une frondeuse.
Les parents sont convoqués toutes les semaines à l'école et à la maison les disputes avec sa mère sont quotidienne. [musique] Sa mère, elle la trouve si froide, si peu aimante, au point qu'un jour, elle lui dit "Mais comment tu peux aimer un tiroir caisse ?" avec son père, c'est tout l'inverse.
Il lui passe tout et il l'emmène chasser avec lui. Mais je lui ai dit tout de suite, "Monsieur le juge, je ne me donne pas sans mariage." Le papa qui lui passait tout avait accepté.
Et en avril 40, Nicole épouse son bel aviateur. La loi [musique] interdit le divorce avant un minimum de 3 ans de mariage, sauf en cas de faute grave de la femme, pas du mari. Et bien tant pis, s'il faut en passer par là, elle accepte de prendre tous les torts, peu importe le regard des autres, la morale aux orties.
Le divorce est prononcé le 29 septembre 1941. Elle est libre. Les commerces cancan à son passage, mais elle est libre.
J'étais libre, vous comprenez, monsieur le juge ? Libre. Et d'ailleurs, j'étais déjà amoureuse. [musique] Celui-là s'appelle aussi Jacques.
Jacques Duverneœil. Il a 22 ans. [musique] C'est le fils d'un quincaher comme elle et elle se jette à son coup avec la même exaltation [musique] que la première fois.
Et lui aussi, c'est un exalté. Oh, ils sont fait pour s'entendre au moins un temps. La belle famille [musique] tousse un peu.
Cette jeune fille est bien pressée et puis elle a mauvaise réputation. Peu importe. Le 17 avril 1942, [musique] Nicole devient madame Jacques du Verneuil.
Seulement voilà Jacques [musique] exalté comme il est, il se voit en sauveur de la patrie. Il parle maquille, la résistance. Nicole, il faut agir.
Il faut agir avant que [musique] le STO ne l'expédie en Allemagne pour travailler en usine. Il prévient Nicole, il va rejoindre le Maki. [musique] Mais vous connaissez un peu Nicole maintenant.
D'après vous, fait-elle ? Elle y va, bien sûr. Elle y va.
Elle le suit. Elle devient infirmière dans la résistance et elle participe à la libération de Ryon en avril 1945. Mais dans la résistance, elle change d'amoureux.
Le nouveau s'appelle Louis. Il est médecin militaire et capitaine. Je t'aime.
Tu peux pas savoir comme je t'aime. Tu es le premier homme que j'aime vraiment. Mais [musique] à Étrapani dans l'heure en 1945.
Ça fait jaser. Bratsu bratsou avec le capitaine. Une femme mariée.
Quelle honte ! Mais finalement c'est lui qui flanche le capitaine. Sa famille ne veut pas qu'il épouse une traînée.
Nicole, je suis catholique, je ne peux pas épouser une divorcée. Elle n'en revient [musique] pas. Elle ne s'y attendait pas.
Son amour, son amour ne veut plus d'elle. Alors, elle saisit le pistolet de son capitaine et elle se tire une balle dans la poitrine. Elle veut mourir.
La balle passe à quelques centimètre du cœur. Il est médecin, il pratique les gestes d'urgence, il la sauve. Vous voyez, monsieur le juge, ce jour-là, j'ai raté ma mort.
J'ai vraiment tout raté. Elle divorce pour la deuxième fois. Elle a 22 ans à peine.
Vous voyez, monsieur le juge, je ne faisais que commencer ma vie, mais je me sentais si vieille, si vieille dans cette petite ville de province qui la juge. Elle étouffe. Il faut de l'espace.
Il lui faut de l'air. De l'air. Ce sera Paris.
Elle monit son savoir-faire d'infirmière dans la résistance pour devenir représentante dans un laboratoire pharmaceutique à Paris. Paris c'est une ville pour elle. À la fin des années 40 [musique] ville en ébullition.
Et très vite Nicole, elle est de toutes les fêtes de Saint-Germain d'prè au tabou, à la rose rouge, au [musique] caveau de la Huchette. Et comme son métier l'amène à rencontrer des médecins, elle est surtout [musique] de toutes les soirées de l'école de médecine où les places sont chères, c'est là [musique] qu'on peut trouver un bon mari. Et Nicole a 23 ans, malgré tous ses échecs, elle cherche toujours l'amour.
Elle est toujours fleur bleue. Et monsieur le juge, c'est là que je l'ai rencontré. Il avait 25 ans.
Il était très beau, brun, la mâchoire carrée et un regard d'une douceur. C'est donc comme ça qu'elle rencontre Guyérard, étudiant en radiologie, l'homme qu'elle va assassiner quelques années plus tard. Tous les hommes jusqu'ici l'ont déçu.
Aucun ne s'est montré à la hauteur de son amour. Et celui-là non plus, puisqu'elle va l'assassiner. C'est là qu'il faut qu'elle explique au juge ce qui s'est passé, pourquoi à la fin elle le tue ce garçon dont aujourd'hui elle est follement amoureuse.
Alors [musique] pourquoi elle le tue ? Il y a peut-être une scène fondatrice en novembre 1950 quand elle lui dit [musique] "Guy, je suis enceinte. Pour elle, c'est un bonheur.
Pour lui, c'est une erreur. Il ne trouve rien à dire que tu sais, j'ai des confrères, [musique] on pourrait peut-être régler le problème. Ils vont donc tous la décevoir tout le temps.
Guy lui écrit [musique] une lettre cinglante. Cette paternité, je n'en suis pas convaincu. Il ront, il ront le salot.
Le petit Franck né le 26 avril 1951. Le jour de sa naissance, sa maman écrit dans un accès de désespoir. Suis-je donc si maudite [musique] pour que tous les hommes me repoussent ?
Mais c'est une battante. C'est le faux, elle va l'élever seule. C'est pas ce qui va se passer.
Guy, le père Guy Gérard rentre au Berkail car le gamin lui ressemble figurez-vous. Et ça le touche et finalement il se marie à la fin de l'année 1952. Troisème mariage tout de même pour Nicole qui n'a que 27 ans.
Le docteur Gérard ouvre son propre cabinet de radiologue. Il hérite d'un appartement sur le Champ de Mars, ça tombe bien. Et elle s'occupe de la décoration, une bourgeoise.
Elle est une bourgeoise parisienne. L'hiver à Mugève, l'été à Doville et à l'automne la chasse en Sologne. "Ma femme est un très bon fusil", dit Guy Gérard avec fierté.
Remarque délicieuse quand on connaît la fin de l'histoire. Alors, pourquoi l'a-t-elle tué ? Pourquoi a-t-elle tué Guy ?
Parce qu'il est comme les autres au fond. Parce qu'il n'est pas à la hauteur de l'amour qu'elle lui porte. Guys, c'est un riche médecin parisien, donc infidèle [musique] comme tant d'autres.
Au début, il loue une garçonnière pour quelques moments volés et puis surgit Martine, une rousse magnifique mais tout [musique] de même la femme d'un de ses confrères, mère de deux enfants. Il en fait [musique] sa maîtresse à titré et le mari cocu n'est pas content et il va voir Nicole. Ton mari te trompe [musique] et avec ma femme par-dessus le marché.
Elle s'en doutait. Mais de le savoir, c'est autre chose. Si vous saviez, monsieur le juge, ce que je me suis battu pour le garder.
En 20, en novembre 59, Guy abandonne le domicile conjugal. Grand seigneur, il laisse à Nicole 1300 francs de pension et l'appartement du champ de Mars. À l'époque, c'est une belle somme et pour cadeau de départ, il lui jette à la figure.
J'en voulais pas de cet enfant, ni de toi. Le salot est de retour, mais cette fois-là, elle refuse le divorce. Il est coincé.
Pour divorcer, il doit la prendre en faute, sinon ils sont mariés pour la vie. C'était comme ça dans les années 50. Entre-temps, la rousse s'est envolée et elle est retournée vers son mari.
Guy est vraiment coincé et il passe ses journées à ruminer une vengeance. Pour commencer, il lui coupe les vivres. Les 1300 francs par mois, c'est fini.
Et puis [musique] il l'a fait suivre par un détective. Il cherche la faute, bien sûr, il cherche l'amant, mais il y en a pas d'amant. Elle est plus forte que ça, Nicole.
Elle ne lui fera pas le cadeau d'une faute. Ce harcèlement dure 3 ans. [musique] Un jour, il tente même de mettre le feu à son appartement.
Mais elle, elle ne lâche pas. Elle est toute seule avec son fils. L'Éternelle amoureuse est en berne.
Elle ne [musique] lâchera pas. Et elle rend coup pour coup. Comme ce octobre 1960, place Vagram à Paris.
Elle a suivi son mari. Il est avec sa nouvelle maîtresse Jausienne. Nicole lui saute au cou et lui balance des gifles.
Un pugila. La réponse du mari sera terrible. Monsieur le juge, j'ai l'honneur [musique] de vous signifier mon intention d'assurer désormais la garde de mon enfant.
Ma femme [musique] ayant déjà divorcé deux fois, elle pourrait se trouver à abandonner notre fils. Je saurais mieux le [musique] protéger. Quelques jours plus tard, Nicole est retrouvé un [musique] soir sur le tapis du salon.
Barbie turique. Tentative de [musique] suicide. Le gamin aussi aurait pris des bonbons.
Bien que les analyses ne le confirme [musique] pas. Elle est à l'hôpital. [musique] Il récupère Franck et il demande l'internement de Nicole dans un hôpital psychiatrique.
On le lui refuse. Mais désormais, elle n'a plus le droit de voir son fils que toutes les quatre semaines et jamais seule. Et le plus terrible, c'est que le père s'en est débarrassé du gamin en pension.
Mais quand il fugue, Franck retourne chez sa mère. Il ressemble à sa mère celui-là. Il n'a que 9 ans.
Et maintenant, un juge doit statuer. Il doit décider si Nicole aura le droit de revoir son fils. C'est à ce moment-là, monsieur le juge, que je me suis dit que je le reverrai jamais mon fils, que c'était perdu d'avance.
Alors, j'ai pris [musique] son fusil, celui qui l'emportait à la chasse en Sologne, je suis allé au restaurant où il avait ses habitudes. Je l'ai tué. Reconnaissez, monsieur le juge, qu'il l'avait bien cherché.
L'instruction a duré plus de 2 ans. 2 ans que Nicole, la grande bourgeoise est à la prison de la petite roquette sous le matricule 28 13 à 5. Le procès enfin se profile.
L'enjeu est lourd. Si c'est jugé comme un crime passionnel, elle prendra 5 ans maximum. C'est comme ça dans les années 60.
On compatite au crimes d'amour. En revanche, si le juge retient la préméditation, ça peut être la prison à vie. La guillotine, n'y pensons pas.
Ça fait 20 ans qu'on n'a pas exécuté une femme. [musique] [musique] Dans ces années-là, les procès pour crimes passionnels attiraient les foules. La salle est pleine d'élégantes qui sont venus voir la tueuse, celle qui a abattu son mari comme une vulgaire femme du peuple.
Nicole Gérard refuse de plaider la folie. Elle ne veut pas finir en hôpital psychiatrique. Elle sait qu'elle risque de ne jamais en ressortir.
Quand on tire au sort les juré, son avocate Germaine Sénéchal fait la grimace. Pas de chance Nicole. Oh, c'est mauvais.
C'est très mauvais même. Les jurés sont presque tous des hommes qui s'identifieront forcément plus au mari assassiné qu'à la femme bafouée. La clé de ce procès, c'est la préméditation.
Pour un crime passionnel à l'époque, elle peut prendre une peine légère, 5 ans, elle peut même être acquittée. Mais s'il y a préméditation, il y a pas de crime passionnel. Le crime passionnel, c'est le coup de sang, le portrait d'une femme dotée de sang froid qui a commis un acte délibéré.
Il n'y a rien de pathologique dans son cas. Ses réactions restent dans les dimensions d'une psychologie qui a les outrances du personnage. Ensuite, on met tout sur la table.
Ses divorces, son refus des conventions, sa sale réputation. C'est un jeune avocat très prometteur qui défend les intérêts de la famille Gérard. Maître George Kiegman. qui deviendra plus tard ministre de la justice de Mitteran.
Il plaide pendant 3h pour tenter de convaincre le juré que Nicole est froide et manipulatrice. Nicole Gérard est une femme qui ne veut pas perdre. Son avocate, maître Sénéchal raconte une fois de plus les tromperies, les humiliations, la peur de perdre son fils.
Elle a tué libérant son fils, se libérant elle-même en sacrifiant sa liberté. Les jurés se retirent 35 petites minutes. L'accusé est-elle coupable de meurtre ?
Oui. L'accusé a-t-elle [musique] prémédité son geste ? Oui.
L'accusé bénéficie-t-elle des circonstances [musique] atténuantes ? Oui. Nicole Gérard, la cour vous condamne [musique] à 10 ans de réclusion criminelle.
N'importe qui se serait effondré à l'énoncé de ce [musique] verdict. Pas Nicole Gérard. Elle ne sile pas.
Elle ne veut pas craquer. Elle reste Nicole Gérard, la femme qui se bat. Et c'est le soir même sur son baffel de la prison de la Petite Roquette qu'elle décide de tout raconter.
Elle fera un livre. Elle racontera la prison, ce monde de femmes emprisonnées auxquels personne ne s'intéresse. Ces femmes qui ne lui ressemblent pas mais qui finalement lui ressemble plus qu'on ne le dit, elle va leur donner la parole.
Elle qui était pourtant une amoureuse née. [musique] Nicole Gérard a été condamné en 1966 à 10 ans de réclusion criminelle. [musique] Elle aura passé 3 années, elle la bourgeoise dans l'infame prison de la Petite [musique] Roquette à Paris avant d'être transférée à la maison centrale pour femmes de Rennes.
Et tout ça, elle a décidé de leur raconter [musique] dans un livre. Elle va faire un livre, pas un livre sur elle, pas seulement, un livre sur ces femmes dont désormais elle partage le destin. [musique] Ces voleuses, ses prostituées, ces avorteuses, ces meurtrières qui sont devenues ses compagnes et ses amis. [musique] Elle va raconter l'humiliation de sa première fouille à nue.
Allez-y, penchez-vous, toussez, écartez les fesses. Elle va raconter les règlements débiles qui s'évistent en prison quand par exemple sa cellule est envahie de punaise et qu'elle s'en plaint auprès de la sœur étiénette, moitié religieuse, moitié matonne. Mais madame, il me faut une preuve.
Apportez-moi une punaise vivante ou la peau. Il me faut la peau de la punaise. Elle se bat contre cette administration qui n'accepte pas qu'en prison elle veuille rester intelligente, apprendre, s'instruire, faire des études.
Elle se bat encore et toujours. Le directeur de la prison de Renn lui dit un jour, "Je sais Gérard que vous n'êtes pas du genre de femme à dire merde mais vous le pensez si paraît 2 ans plus tard et il lui vaut d'être invité au dossier de l'écran sur antenne 2 dans le rôle de la toarde qui assène ses convictions. Et la même année, elle donne une interview à Europain. [musique] Le cachot, c'est une cave, espèce de cave avec un baffelan et puis un bloc de ciment scellé au mur et puis dans un angle des water à la turque sans chasse d'eau à l'intérieur.
Si bien qu'il faut appeler la surveillante pour qu'elle tire la chasse d'eau l'extérieur. C'est c'est assez froid parce que c'est justement à demi en sous-sol. Et bien vous vous êtes là enfermé. vraiment dépouiller toutes vos affaires revêtu de la évidemment de la l'indispensable robe de bur et puis vous restez là bien sûr 24h sur 24 sauf une demi-heure de promenade dans une petite cour où vous tournez individuellement et vous n'avez pas le droit de vous allonger dans la journée.
L'eau et le psaac toujours ? Ah oui, ça existe toujours. On on punit les des gens de 20 30 40 50 ans et plus d'eau et de pincècle.
Alors, on vous enferme dans une cellule pendant 3 jours avec uniquement ça c'est vraiment le vous savez le cliché type du condamné avec la cruche et le et la le pain sec et puis vous triez des lentilles. Et la victoire [musique] de Nicole Gérard, c'est qu'après l'apparution de son livre, le ministère de la justice se penche sur la condition des femmes détenues. Une commission est nommée, [musique] des améliorations se mettent en place et finalement en 1974, on ferme l'infame prison de la Petite Roquette.
Depuis cette date, Nicole Gérard n'a jamais plus fait parler d'elle. Sachez qu'il y a eu un film inspiré de cette histoire, un film de François Truffau, La peau douce, c'est Françoise D'Orléac qui joue le rôle de Nicole et Jean de Sailli celui de Guyérard. Vous trouverez chez les bouquinistes le livre de Nicole Gérard 7 ans de pénitence paru à l'époque chez Robert Lafond.
Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur europein.fr. Europolat raconte Christophe onat.
Je vais donc vous raconter [musique] l'affaire Simone Weber, le plus célèbre des fé d'hiver du 20e siècle. Une femme aux allures de Maminova avec des yeux bleus perçants qui est accusé d'avoir découpé son amant à la meleuse à béton et d'avoir empoisonné son mari lequel ne savait même pas qu'il était marié avec elle. [musique] Europe Christophe Onelat. [musique] [musique] Monsieur et madame Hag habitent au 158 boulevards de Strasbourg à Nancy.
Et une nuit de juin 1985, la nuit du 23 au 24, ils entendent dans l'appartement du dessus un bruit sourd, le bruit d'une chute. Et quelques minutes plus tard, un autre bruit. On dirait le bruit d'un aspirateur.
Leur voisine du dessus, madame Webbert, passe l'aspirateur en pleine nuit. Quelle idée ! Et en plus, toujours dans la même pièce.
On dirait qu'elle fait du sur place. Quand le bruit s'arrête, intrigué en bon voisin, les hagues regardent par l'œilon de leur porte et ils aperçoivent leur voisine, madame Webbert, qui maintenant fait des allers-retours entre son appartement et sa voiture. Elle transporte des sacs poubelles.
Madame Hag est formelle, elle en a compté 17. 17 sacs poubelles, 17 aller-retours. Mais que fabrique la voisine du dessus au beau milieu de la nuit ?
Il a disparu, il est introuvable et il se met en arrêt maladie. Elle demande à voir le document et elle voit tout de suite que c'est un faux. C'est pas l'écriture de son père.
Alors, elle retourne voir la police parce que là, ça devient sérieux. Il a fallu un peu de temps pour que la police s'intéresse à cette disparition, mais quand elle s'y met, elle s'y met. Mais il choisit de ne pas se précipiter.
Il ne l'arrête pas. Il ne la convoque pas. Il se contente de la faire filocher par la police et de la placer sur écoute, ainsi que sa sœur Madeleine qui vit à Cann.
Et cette Simone, elle est assez déconcertante. D'abord, elle remarque tout de suite qu'elle est filée. Elle n'est pas idiote la Simone.
Elle est joueuse. Alors, elle fait demi-tour au milieu de la rue ou elle s'arrête au bord de la route ou en tout cas, c'est ce qu'elles essayent de faire croire. Le problème, c'est qu'elles évoquent des chiffres qui sont au-dessus de 49 et que dans une grille de loto, il y a pas de chiffre au-dessus de 49.
Ces chiffres sont donc des codes. Mais qu'est-ce que ça cache ? Et puis les deux sœurs parlent aussi tout le temps d'une certaine Bernadette.
On ne sait pas qui c'est. Une petite enquête a permis de déterminer qu'il n'y a pas de Bernadette dans leur entourage. Cette Simone est vraiment bizarre et pour tout dire louche.
Mais pour l'instant pas de cadavre, pas de voiture, pas de trace de Bernardier et donc pas d'ennui pour Simone. À pointci, Marcel Raba qui a l'habitude de venir pêcher dans la marne remarque un truc qui flotte sur la rivière. De loin, on dirait une boîte ou un carton.
Et bien non, à voir de plus près. C'est une valise. C'est même une grande valise sanglé par une ceinture et lesté par deux parpins.
Cette valise, il la tire sur la berge. Ça pue. Mais ça pue la mort.
Et maintenant, un liquide rougeâtre coule sur le sol. La police est prévenue, elle arrive rapidement. C'est elle qui ouvre la vanille.
À l'intérieur, il y a le tron d'un homme, un corps sans tête, ni bras, ni jambes. Seulement, voilà, cette affaire se déroule bien avant les experts. On est en 1985 et la technique de l'ADN n'est pas encore disponible pour identifier un corps.
Souvenez-vous de ça avant 1995, pas d'ADN pour résoudre les affaires criminelles. [musique] [musique] [musique] En 85, il va donc falloir se contenter des bonnes vieilles méthodes traditionnelles et se contenter du médecin légiste et de ce qu'il pourra tirer du tron. Le résultat n'est pas terrible.
Il ne peut rien dire de plus que c'est un homme qui a entre 40 et 50 ans. Et ça en revanche c'est plus intéressant. Ce corps a été découpé avec une tronchonneuse ou une meuleuse car la découpe des eaux n'est pas nette.
Uneci, ça aurait fait des traces nettes, mais là il y a comme des barbes, des éclats, des ébréchures. Et ça, c'est caractéristique d'une découpe à la tronçonneuse ou à la meuleuse car Étier a disparu à Nancy et le tron a été retrouvé en Sain et Marne. Et en 85, s'il y a pas d'ADN, il y a pas non plus d'informatique et donc pas de fichier centralisé.
Un policier de Nancy n'a aucune chance d'être informé de la découverte d'un tron inconnu en Sainémarne. En tout cas, pas tout de suite et sachez déjà qu'il faudra 2 ans pour faire le lien. Le tron est donc enterré sous une pierre tombale anonyme et en décembre 85 l'affaire du tron est classé et Simone et bien Simone elle continue son manège ses déplacements en pleine nuit ses voyages à canne où elle va voir sa sœur ses coups de fil avec des listes de chiffres qui ne correspondent à rien et surtout pas à une grille de l'auto.
Il faut percer le code de ces chiffres parce que manifestement c'est un code ou alors elles sont toutes les deux complètement cinglées. Il faut un peu de temps pour comprendre qu'en fait de code les deux sœurs s'échangent des numéros de téléphone et au moins l'un des numéros cités par Madeleine lors d'une conversation récente correspond au numéro de la cabine en bas de chez elle. Les coquines.
Depuis des mois, les deux sœurs ont échappé aux écoutes téléphoniques en se parlant depuis des cabines publiques. Deux sœurs font sans cesse allusion à une Bernadette et récemment, elles ont dit qu'il était temps de changer Bernadette [musique] d'école. Bernadette Bernadette.
Et s'il y avait un rapport avec Bernard, Bernard Étier et si c'était un code pour évoquer sa voiture car la voiture a disparu en même temps que le bonhomme. Et quand elles disent qu'elles vont la changer d'école et si c'était plutôt de [musique] parking ? Le jugetil ordonne alors une perquisition [musique] domicile de Madeleine Weber à Cann.
Et là, bingo, les policiers retrouvent [musique] la carte grise et les papiers d'assurance de la voiture de Bernard Étier, ainsi que le contrat de location d'un box dans un garage du centre-ville de C. Le contrat n'est pas au nom de Weber mais au nom de madame Chevalier. Il se rendent sur place, il soulèvent la porte du box et il découvre la Renault neuf blanche de Bernard Étier.
Les plaques d'immatriculation ont été changées mais c'est elle. Maintenant le juge-il a assez de biscuits pour interpeller les deux sœurs Simone à Nancy et Madeleine à Cann. Ces choses faites le 8 novembre, c'est-à-dire 4 mois après la disparition [musique] de Bernard Haitier.
Et en garde à vue, les deux sœur s'enlisent dans les mensonges. [musique] À Cann, Madeleine prétend que Bernard lui a demandé de [musique] garder sa voiture avant son départ. Son départ ?
OK, mais pour où ? Ah ben je sais pas. Ce dont elle est sûre en revanche, c'est que Simone n'a rien à voir avec tout ça.
À Nancy non plus, Simone n'est pas bavarde. Au début, la première journée de garde à vue, elle ne sait pas que sa sœur a été arrêtée en même temps qu'elle et elle ne sait surtout pas que la police a mis la main sur la Bernadette. Ça n'est qu'au bout de 30 heures que les policiers abattent leur carte maîtresse.
Ils ont la voiture. Vous auriez vu la tête de Simone couroussée quand elle apprend la chose. Elle a pris un de ses regards autin dont elle a le secret.
Elle a foudroyé les policiers de ses grands yeux bleus. Pas facile à interroger la Simone et d'une mauvaise foi désarmante. La voiture et ben l'a prise pour la mettre à l'abri des sauvageons mais qui pourrait croire pareil sornet ?
Et bien elle. Et n'allez pas en douter devant elle. Car Simone croit dur comme faire au mensonge qu'elle invente.
Tété pour faire des trucs. Quand elle ne sait pas répondre, Simone utilise souvent le mot truc. Ça lui permet de gagner du temps, le temps de mitonner un nouveau mensonge.
La meuleuse a été louée en juin justement pour une période de 10 jours et Simon Weber ne l'a pas rapporté au loueur. Elle l'a déclaré perdue. Vous savez quoi Simone ?
Dans tout ce que vous nous racontez, il y a deux ou trois trucs qui ne collent pas avant que le pauvre homme ne passe l'arme à gauche. Les policiers prennent contact avec les descendants du défunt fixar. Au surprise !
Ils apprennent d'un coup l'existence de Simone et surtout celle du mariage. Ils savaient que leur aï était veuf mais ils ignoraient qu'il s'étaient remariés. On leur présente une photo de Simone et là stupeur.
Ah mais oui oui oui, ils la connaissent. Elle s'était présentée quand Marcel cherchait une dame de compagnie, mais de mémoire, elle ne s'appelait pas Simone, elle s'appelait Monique. Et ce mariage ?
Ah, ce mariage, une embrouille de haute voltige, car Simon s'est présenté un jour à la mairie pour épouser Marcel Fixard, son amoureux. Mais quand on montre la photo de Marcel au maire qui les a marié, il ne le reconnaît pas. Lui, il a bien vu à Marcel Fixard ce jour-là, mais il louchait.
Il ne ressemble pas du tout à celui de la photo qu'on lui montre. Et au bas de l'acte de mariage, la signature ne ressemble pas du tout à celle du vrai Marcel. Et quand on le fait remarquer à Simone, elle dit "Bah c'est normal, il était fatigué, il était malade.
Ses proches racontent qu'il se faisait faire régulièrement des injections de vitamines pour être en forme et que c'est son ami Monique, en réalité Simone qui lui faisait gentiment ses piqûes." Et c'est là que le juge se souvient des fausses ordonnances retrouvées chez Simone, du Valium, du Mogadon, du Néocodion, du théral, du Roh Hypnol et de la digitaline, autrement dit des tranquillisants, des somnifères et un stimulant cardiaque. De quoi abattre un cheval ?
Le juge-il fait exhumer le cadavre de Fixard à la recherche de produits qui prouverait l'empoisonnement, mais le corps est trop abîmé. Et on ne trouve que des bribes des molécules suspectes, des bribes rien de certain. Mais le juge-il pense maintenant que Simone Weber a non seulement tué et démembré à la meleuse à béton Bernard Étier, mais qu'avant ça, elle avait empoisonné Marcel Fixard et elle est mise en examen pour un second meurtre.
Retour à l'enquête sur la disparition de Bernard Étier. Le juge n'est toujours pas au courant de la découverte de la valise et du tron humain qu'elle contenait. Il cherche donc toujours un corps et il ordonne qu'on fouille l'au suer du cimetière de Nancy, c'est-à-dire l'endroit où on stock les ossements des concessions abandonnées.
La fouille est suivie de loin par de nombreux journalistes et Patricia, la fille de Bernard est là. La porte de l'au ne ferme pas et à l'entrée, on tombe sur des sacs poubelles. Instant d'espoir, mais finalement ça ne donne rien. [musique] Et ça n'est qu'en 1987 que le jugetil finit par faire le rapprochement avec le tron retrouvé dans la valise en Sain et Marne.
Il ordonne qu'on fasse une radio du tron, que l'on compare ensuite cette radio à une radio de Bernard Étier et ça colle. Les cervicales [musique] présentent les mêmes défauts. On a un os de la cage thoracique qui porte la même [musique] anomalie.
Il n'y a qu'une chose qui ne colle pas. Le tron porte une cicatrice à laine. Or, d'après ce qu'on sait, Bernard Étier n'a [musique] jamais été opéré de la paindicite.
Il faut donc chercher autre chose pour être sûr que c'est le tron de Bernard Haittier. [musique] Si le juge [musique] T-il veut renvoyer Simone devant la cour d'assise, il lui faut prouver que le tron dans la valise est celui de Bernard Étier. Il ne faut pas que les avocats de Simone puissent dire "Ah mais il y avait une cicatrice sur le tron".
Et Bernard Étier n'avait pas été opéré de lapin d'icite. Il lui faut une preuve en béton. [musique] Donc lester le corps de son amant assassiné avec un parpin dans le jardin de son mari assassiné.
Allez vous étonner qu'on l'it appelé la diabolique de Nancy. Au bout de 5 ans d'enquête, le dossier d'instruction de Simone Weber fait 18000 pages et le juge-t-il pense avoir assez d'éléments pour la renvoyer devant la cour d'assise. Il serait peut-être temps que Simon se trouve un avocat et un bon.
Ah Simon et les avocats, elle les prend et elle les jette comme des Kleinex. En 5 ans d'enquête, elle en a embauché et récuser 25 dont la star du barreau, Jacques Vergess. Son intervention dans ce dossier mérite un petit chapitre.
Adepte des démonstrations spectaculaires, Vergess veut aller découper un poulet avec une meleuse à béton dans l'appartement de Simone pour prouver qu'avec un tel engin, il est impossible de ne pas laisser de traces de sang. [musique] [musique] Il se présente donc à l'appartement accompagné d'une horde de journalistes. Évidemment, avec les scellers sur la porte, il ne peut pas rentrer.
Qu'importe, il fait devant [musique] les caméras une déclaration fracassante qui va sceller en une minute et son entrée et sa sortie du dossier Weber. On a voulu faire de Simon Weber un croisement entre les verts de Marie Bénard [musique] et les couilles de l'Andru. Quand Simon entend ça, elle est trée parce que elle a de l'éducation tout de même.
Et parler d'elle en ses termes, quelle vulgarité ! Et voilà pourquoi elle congédie maître Vergè. Tout ça pour vous dire qu'au procès, il va falloir lui parler sur un autre ton.
Non mais le procès s'ouvre le 17 janvier 1991 devant la cour d'assise de Nancy. Étonnante Simon Zeber aux allures de bien paisible grand-mère à qui l'on donnerait le bon dieu sans confession. De mémoire de chronique or judiciaire et au premier rang d'entre Frédéric Potcher.
Jamais un accusé n'a agi de la sorte jamais une femme n'a autant fasciné. jouant tour à tour la petite fille timide puis la diabolique au regard bleu perçant. Simon Weber qui comparait à Nancy depuis jeudi charme interpelle rabrou et entend décider de tout au grand âmes du président de la cour d'assise.
Lunette sur le nez comme si elle faisait son marché, c'est elle et non ses avocats qui récusent les jurés qui ne lui conviennent pas, préférant les hommes. Cinq femmes sont ainsi écarté. Après avoir écouté non sans agacement la lecture des charges qui lui sont reprochées, Simon Weber de sa petite voix mais avec fermeté n'hésite pas à dénoncer des accusations auquel juge malhonnête et ahurissante.
Sa famille l'a dit possessive, jalouse, capricieuse, autoritaire. Il y a des gens qui s'écrasent, pas moi, répond-elle aussitôt. Pendant les de mois de procès, elle va faire le spectacle.
Elle ne demande d'abord jamais l'autorisation de prendre la parole et elle infective les témoins. Mais c'est qui ce pochard qui vient m'insulter ? Un bon à rien, une nullité.
Et celle-là, qu'est-ce qu'elle a cette traînée ? Et quand son premier mari vient le témoigner, il a droit à des noms d'oiseaux : voyou, monstre, menteur, hordure. Même les témoignages qui pourraient la tirer d'affaires ne lui conviennent pas.
Un dénommé Michel vient à la barre parler de sa vieille camarade et il décrit son profil sentimental et romanesque. Et elle le regarde avec mépris et déclare : "Ce monsieur nage en plein délire. Il parle, il parle ce sans cervelle.
Croyez-vous que je me serai confié à ce gros pâte à pouf ?" Finalement, elle parle plus que ses avocats quand elle ne leur demande pas de se rasseoir et de se taire. Les journalistes l'adorent.
Au terme de 2 mois d'audience, les jurés se retirent. L'avocat général vient de réclamer perpétuité. Ça y est, les jurés sont de retour dans la salle d'audience.
On va connaître le verdict. Alors, on la ramène dans le box et là, elle joue son plus beau numéro. Elle s'effondre, elle perd connaissance, elle fait un malaise.
Un peu comme dans les films où on crie vite vite vite des selles, des sell la comédie jusqu'au bout. Du coup, elle est évacuée vers l'hôpital et elle n'est pas là pour entendre le verdict. [musique] En prononçant une peine de 20 ans de réclusion criminelle, les jurés de Nancier ont condamné Simone Weber à ne sortir de prison qu'au crépuscule de sa vie.
Pourtant, ils n'ont pas suivi l'avocat général qui demandait la réclusion à perpétuité plus une peine de sûreté de 18 ans. En effet, en leur âme et conscience, les jurés n'ont pas pu se convaincre que Simone Weber avait empoisonné son mari Marcel Fixard. Et s'ils l'ont déclaré coupable d'avoir tué son amant Bernard Étier, ils n'ont pas cru à la préméditation.
Simon s'en sort bien, même si dans sa tête, elle devait être acquittée puisqu'elle est innocente. Condamnée à 20 ans, Simon a en fait passé 14 ans en prison et elle a été libérée pour conduite. Car de fait, quand on n'est pas son mari, elle est absolument charmante.
Il faut quand même que je vous dise deux ou trois mots de ma rencontre avec Simone parce que ce fut un moment inoubliable. Nous avions rendez-vous dans un palace de Canne. Voilà donc Ma Simone installée dans une suite du Carlton en train de se faire maquiller en vue de l'interview que nous devions faire pour l'émission Fait entré l'accusée.
Elle est toute pimpante et elle ne se souvient plus très bien pour qui nous travaillons. Pour elle, ça sera Télé2. Alors va pour Télé2.
On bavarde et tandis que le réalisateur règle les axes de caméra, à un moment donné, je lui dis "J'aimerais bien faire une photo avec vous, une photo souvenir." Elle sourit, elle minode. Oh, je ne sais pas.
Oh, c'est ennuyeux. Bon, d'accord, mais promettez-moi que vous ne la publierez pas parce que je ne voudrais pas qu'on me reconnaisse. Je préfère l'anonymat.
Mais bien entendu, Sibon, promis. Europelat raconte Christophe ondelat. [musique] Il y a des histoires criminelles, je crois qui pèsent plus que les autres.
Celle-ci en fait partie. C'est l'histoire de Pauline du Buisson. En 1950, juste après la guerre à Paris, elle tue son amant de trois coups de pistolet.
Et là, on découvre qui est cette fille, ce qui l'a amené au crime. Et vous verrez, c'est passionnant. Pour le débrief, tout à l'heure, je ferai appel à l'écrivain Philippe Génadin qui s'est passionné pour cette histoire au point d'en faire un livre sorti en 2015 chez Juliard, La petite femelle, disponible aujourd'hui en livre de poche et point.
Interview à écouter dans un deuxème podcast. J'ai écrit cette histoire avec Nicolas Loupien. Réalisation Matthieo Frette Europe Christophe on Delâ. [musique] Imaginez la scène.
On est en [musique] 1946 à la faculté de médecine de lit. C'est la rentrée, la première rentrée de l'après-gerre, la rentrée de tous les espoirs, espoir d'une vie nouvelle pour tous ces jeunes gens qui se pressent dans les couloirs. Et au milieu de tous ces garçons cravatés, une jeune fille super grande, élégante, mystérieuse.
Elle s'appelle Pauline. Pauline du Puisson. Toutes les têtes se retournent [musique] sur son passage, d'autant qu'il y a pas beaucoup de filles à la faculté de médecine de l'île cette année-là.
Et c'est là qu'elle a lu. Tu as vu cette fille ? Elle est incroyable.
Félix B [musique] est en 3e année de médecine. 1 m84 sportif. Attention hein, ça n'est pas le tombeur de la facoutère est médecin à Saint-Thomer.
Il est prévu qu'il reprenne le cabinet. Félix c'est le bon parti. le gendre idéal.
Alors cette fille, cette Pauline, oui bien sûr, il [musique] l'a vu, mais pour l'instant il n'ose pas l'approcher. Trop timide, trop coincé, alors longtemps, il tourne autour du pot et puis le temps passant, il commence [musique] à lui parler et maintenant il flirte. À 23 ans, Félix est encore puceau, bien sûr, trop couvé par sa maman, trop câteau pour franchir le pas.
Alors qu'elle elle n'est plus pucelle depuis un bouton. Mais ça il ne le sait pas encore. La logeuse de Pauline en revanche a bien vu leur petit [musique] manège.
Mais il me fait plutôt bonne impression ce garçon. Mais comment dire il manque de vérilité vous voyez ce que je veux dire ? Elle le mène par le beau ne puis finalement un jour il couche ensemble. craque craque et le lendemain en garçon bien élevé, il lui fait sa demande : "Est-ce que tu veux bien m'épouser Pauline ?" L'épouser elle refuse se marier à l'époque, ça veut dire arrêter ses études, faire des enfants, s'occuper de la maison et éventuellement faire le secrétariat de son médecin de Marie.
Le tout à Saintom. Je suis désolé, Félix, mais c'est non. Je ne peux pas m'engacher. [musique] Elle ne veut pas se marier mais elle veut bien continuer à fricoter.
Leur relation qu' un cas dure 5 ans de plus. 5 ans d'aller-retour de crise de je t'aime moi non plus de je te quitte mais non c'est moi qui te quitte de tromperie aussi de part et d'autre. En tout cas elle l'a dénaisé elle a gagné son bras de fer avec monsieur le curé. [musique] [musique] Maintenant, Félix est étudiant à la faculté de médecine de Paris et elle est toujours à Lille.
Alors, il se voit plus, ils ne font plus l'amour. De toute façon, à Paris, Félix a rencontré Monique, une étudiante en lettrre, douce, gentille. bien éduqué, exactement ce qu'il lui faut.
Mais un jour, Pauline débarque à Paris. Elle a réussi à dégoter son [musique] adresse. S'il vous plaît, vous pouvez m'indiquer où se trouve la rue de la Croani ?
Le le numéro 25. Et elle débarque chez lui. Je t'ai dit que je ne voulais pas me marier, Félix, mais je ne veux pas cesser de te voir pour autant.
Dis-moi qu'on va rester ensemble comme avant. Dis-le-moi, je t'en supplie. Je suis désolé Pauline, mais je crois que pour moi, il est temps de tourner la page.
Il veut tourner la page et poser une autre fille sans doute. Il n'en est pas question. Félix lui résiste et bien il va le payer très cher.
Pauline achète une arme, un 635 et un samedi matin d'octobre 1950 à 10h, elle grimpe les 7 étages du 25 rue de la Croix Niiviver. Elle frappe à la porte et lui ouvre. Paline, mais qu'est-ce que tu fais là ?
Et elle tire trois coups de feu. Le premier au milieu du front, le second juste derrière l'oreille et le troisième dans le dos. Et voilà, elle l'a tué et maintenant elle veut mourir.
Alors, elle s'enferme dans la cuisine. Elle taillade le tuyau du gaz. Ce sont les pompiers qui vont la sauver.
Elle l'a tué et maintenant tout le monde va savoir qui elle est vraiment. Tout le monde va connaître son histoire. Forcément, ils ne vont pas être déçus. [musique] [musique] [musique] Ce que je vais vous raconter maintenant, Félix sans doute le savait.
Ce parents en tout cas était au courant. Ils avaient fait leur petite enquête quand il était question de mariage. Mais enfin chérie, cette fille est infréquentable.
Il est absolument hors de question qu'elle épouse notre fils. Vous voulez savoir à votre tour pourquoi Pauline est infréquentable ? Alors, il faut commencer par le début. [musique] Pauline du Buisson n'est à Ducker qu'en 1927.
Ses parents habitent juste à côté à Malapins, une petite station balnére rupée bâtie par l'un de leurs ancêtres, figurez-vous, Gaspar Malot. Le père André Dubisson a repris l'entreprise familiale de travaux publics. Il a fait la guerre de 14 bien sûr et désormais il est colonel de réserve.
Il est rigide austère et à la maison c'est lui qui décide de tout. J'ai dit c'est comme ça et ça ne sera pas autrement. La mère Hélène n'est pas invitée à donner son avis.
C'est une femme discrète, soumise, vaporeuse, dépressive. En vérité, Hélène, elle a l'esprit artiste et dans la bouche du père, ça n'est pas une qualité. Ils ont quatre enfants, trois garçons et Pauline.
Les garçons font le désespoir du père. Gilbert est un feignant. François manque de caractère et Vincent est un rêveur.
C'est bien ma veine. Bref, aucun ne lui arrive à la cheville. Aucun est taillé pour prendre la suite.
Des faibles, il les méprise. Alors que Pauline, la petite dernière, elle a du [musique] potentiel. Pour elle, il nourrit de grands espoirs.
Alors, il prend son éducation en main et pour elle, il prend une première décision. Tu n'iras pas à l'école primaire, Pauline, c'est absolument sans intérêt. Je vais engager une préceptrice qui viendra te faire travailler à la maison et tous les soirs, je te ferai réviser moi-même. [musique] Il élève Pauline comme on élève les garçons à l'époque.
Travail, réussite, ambition. Ne pas se plaindre, ne pas montrer ses sentiments. Les sentiments, c'est pour les faibles.
Pauline ! Pauline ! D'après ce qu'on m'a dit, les Allemands arrivent.
Pauline a maintenant 13 ans et elle assiste à tout ça et au bombardement aussi de l'aviation allemande qui ravage d'un kerk et ses environs. 11000 morts. C'est à ce moment-là qu'elle décide de devenir médecin.
Les Allemands entrent dans quel kerkquimal les bain le 3 juin 1940. Ils sont grands, beaux, triomphants, bien habillés. Et quand il croise Pauline, je peux vous dire qu'il se retourne et elle aussi les regard.
Elle a 13 ans mais elle fait beaucoup plus. C'est à ce moment-là que le colonel épuisé et vaincu rentre à la maison. Son entreprise de travaux publics a été complètement rasée par les ponts.
Qu'importe, il repart de zéro. Il y a tout à reconstruire et c'est une sacrée opportunité. Bien oui, je vais travailler pour les Allemands et alors je ne vois pas où est le problème.
C'est bien ce que préconise le maréchal Pétin. Et le maréchal depuis Verdin, moi je le respecte. Et c'est ainsi qu'un Malo des bains.
Le colonel André Dubisson est le premier à inviter des officiers allemands chez lui. Et à chaque fois Pauline est à la table, elle parle allemand, elle traduit et elle est là aussi quand il faut négocier des marchés. Papa, je vais à la commandanture porter les dossiers que tu as préparé.
À tout à l'heure. Les affaires de son père marche de mieux en mieux. C'est un collabo le père.
Un collabo. [musique] Et ce qui devait arriver arrive un jour de juin 1941, un policier la trouve avec un allemand dans un jardin public. Ce jour à 16h15 passant Rambou à Dunker, j'ai remarqué que la nommée du buisson Pauline, né le 11 mars 1927 à Malolbain domicilié chez ses parents se trouvait dans un basfond du disquoir en compagnie d'un marin allemand.
Autant vous dire que quand à la rentrée 1941, Pauline retourne au lycée. Ça ja, tu es au courant ? Il paraît que cette fille là-bas fricote avec un soldat allemand.
Tu te rends en compte ? Tout le monde est au courant. Mais elle elle s'en fiche.
Elle traite tout ça par le mépris. Mais son père lui veille au grain. Tu vas quitter le lycée.
Tu prépareras ton bâchaotud avec moi. [musique] Mais ça ne change rien. Très vite, Pauline devient la maîtresse d'un officier allemand, le commandant Hubert.
Un grand prussien beau, très élégant. [musique] Le temps passe et nous voilà en 1944. Les alliés commencent à bombarder d'un cœur.
L'entreprise du buisson est complètement détruite. Pour la deuxième fois, le ravitaillement devient une préoccupation. quotidienne et Pauline et bien Pauline fait du cheval avec le commandant Hubert sur la plage.
Attention Pauline, les alliés ne vont pas tarder à débarquer. On finira par te demander des comptes. [musique] En 1944, dans les [musique] semaines qui suivent le déparquement, les Canadiens encerclent d'un kerkque.
Les bombardements sont incessant. Mais le commandant Hubert a juré à Hitler de mourir sur place. Alors, plutôt que de se rendre, il reste.
Et alors qu'on évacue la population, [musique] le colonel du buisson lui aussi reste avec Pauline. Papa, puisque je veux devenir médecin, j'ai décidé de m'engager comme un des infirmières à l'hôpital. Et à l'hôpital, [musique] le médecin chef allemand, le colonel Domnique, la prend sous son ail.
Il lui apprend le métier. Généreuse attention. Tu parles à l'hôpital Pauline à sa chambre juste à côté de ses appartements.
Et bien sûr, il devient amant sous les bombardements. Il a 53 ans, elle tout juste 17 ans. [musique] Un kerk est libéré le lendemain de l'armistice, le 9 mai 1945.
Et maintenant, les du buissons vont devoir rendre des compte. Pour le père, ça ne se passe pas si mal. C'est une personnalité.
Il est ancien combattant et il a donné deux de ses fils à la France dans cette guerre qui s'achète. On ne va pas lui chercher des pots. Pour Pauline, en revanche, ça s'annonce beaucoup plus compliqué.
Alors son père l'envoie rejoindre sa mère à la campagne pas loin. Mais on la retrouve. Un matin, des hommes armés enfoncent le portail et débarquent dans le jardin.
Et des hommes et des femmes en furie s'engouffrent derrière eux. Regardez-moi ça. Elle est là la [ __ ] des moches.
Il la bouscule, elle tombe, il l'insulte, il lui crache au visage. Il y en a même un qui lui pisse dessus et puis il la tire par les cheveux jusqu'à l'estrade. Il la déshabille.
Il lui dessine des croix gamées sur les seins et puis il la tente. D'abord les cheveux et ensuite les poils du pubis. Tu t'es bien amusé avec les chelux ma chérie.
Et ben maintenant tu dois payer. Alors il la prennent et il la transporte jusqu'à un abattoir transformé en tribunal. Ces hommes m'ont plaqué sur la table et ils m'ont écarté les jambes.
Je n'avais pas l'impression qu'il s'enfonçaiit en moi, mais qu'il me poignardait le ventre. Je n'étais plus qu'un morceau de viande dans lequel les mouches tout à l'heure pendraient leur je vomissais mais rien ne les arrêtait. Une fois leur plaisir pris, je croyais en avoir fini quand une nouvelle horde de faux résistants est entré.
Je me souviens, j'ai cessé de compter à partir de 10. Nous sommes en mai sera-t-elle considérée comme une circonstance atténuante ? 3 semaines avant son procès, Pauline fait une tentative de suicide.
Elle s'ouvre les veines dans sa cellule. Quand on la découvre, elle a perdu beaucoup de sang. Son poubat à six pulsations minues.
Mais on la transfuse et on la sauve. Le procès peut commencer. Il y a fou.
Et dans cette foule d'ailleurs, un jeune homme qui deviendra bientôt l'un des plus grands avocats de sa génération. Il s'appelle Jacques Verges et il dira que c'est cette affaire qui lui a donné la vocation. [musique] [musique] [musique] Quand le procès s'ouvre enfin, on parle bien sûr de sa tentative de suicide en prison.
Maître Florio qui défend la famille de Félix le mort est sans pitié. C'est la 3è ou 4è fois que vous ratez vos suicides. Décidément, vous ne réussissez que vos assassinat et l'avocat général ne l'épargne pas non plus.
Vous êtes une hienne, mademoiselle de buisson. Votre tentative de suicide est un simulacre. Et à la fin du procès, il y va pas avec des pincettes.
Vous êtes un monstre de perversité. Vous vous êtes servi de vos charmes pour abuser d'un garçon parfait. Vous l'avez humilié et torturé pendant des mois tout en le trempant allègrement.
Et quand il a enfin ouvert les yeux et décidé d'épouser une jeune fille convenable par orgueil, vous ne l'avez pas supporté. Et donc froidement, de manière préméditée, vous avez décidé de le tuer. Ce que vous avez fait, mademoiselle du buisson, c'est en quelque sorte un carnage du bonheur.
Vous avez une infinité précoce avec le mal. Madame et messieurs les jurets, contre ce monstre et pour le bonheur des humains, je réclame le châtiment. suprême, le châtiment suprême, c'est-à-dire la peine de mort.
L'avocat de Pauline, maître Baudé, se lève. Sa tâche est difficile. Madame et messieurs les jurets, je me lève seul seul au milieu des excès.
Car dans ce procès tout a été excès. Et voilà que votre excès, monsieur l'avocat général, met sur mes épaules comme une comme une chappe de plomb. Vous m'accablz.
Moi qui n'est à vous opposer que ma bonne volonté et ma sincérité. Alors, j'ai peur. J'ai peur et je me tourne vers vous, madames et messieurs les jurés, et je vous demande d'essayer de comprendre par référence à vous-même, à vos propres chagrins, à vos propres faiblesses.
Et si d'aventure vous n'en avez pas eu, alors faites-le par référence à la faiblesse et au chakra. des autres ici pour elle, par elle, je demande pardon pour celle qui fut orgueilleuse. Je pense que je peux demander pardon pour tous ces parents qui croient éduqués et qui font de leurs enfants des êtres à leur mesure.
Il passe près de sans les voir. Si ma cliente a pu écrire après sa tentative de suicide du mois dernier, je crois bien que ma famille est maudite et moi aussi. Si elle a pu dire que monsieur et madame Bi me pardonnent.
N'est-ce pas qu'elle a compris que le temps était venu pour elle de la rédemption ? Les jurés ne s'enferment qu'une demi-heure. Une demi-heure pour décider de la vie d'une femme.
Ça n'est pas beaucoup. À la question sur la culpabilité, les sepurés répondent oui. À celle sur la préméditation, les sept jurés répondent oui.
Et puis arrive la troisième question. Lui, reconnaissez-vous des circonstances atténuantes ? Si les sep jurés répondent non, elle sera guillotinée.
Et si un seul juré dit oui, alors elle échappe à la mort. [musique] À cette question, si jurés ont répondu non et un juré à répondu oui. En conséquence, la cour condamne mademoiselle Dubis en Pauline aux travaux forcés en perpétuité. [musique] [musique] Pauline du buisson purge sa peine à la prison centrale d'Aguenau en Alsace et vous la connaissez un peu maintenant en prison.
Elle est soumise et disciplinée. Elle prend des cours de sténodactilo. Elle passe même un CAP de couture.
Alors, comme elle se comporte bien, et bien elle bénéficie à plusieurs reprises de remise de peine et finalement elle est libérée en mars 1960. Elle avait pris perpétuité. Elle sort au bout [musique] de 9 ans et elle reprend sa vie ma fois là où elle l'avait laissé, ses études de médecine [musique] à Paris.
Évidemment, elle change de prénom. Elle s'appelle maintenant André Dubisson. Elle a maigri, elle a vieilli, personne ne la reconnaît.
Alors, imaginez sa tête quand le 2 novembre 1960 sort le film La vérité de George Cluso. C'est son histoire adaptée au cinéma. Brigitte Bardau joue son rôle et Sami Fray est Félix.
Un film qui entre nous est une trahison de la vérité. On n'y parle pas de son enfance, ni de son adolescence ni de ce qui s'est passé à la libération. Pas un mot de tout ça.
On les montre juste orgueilleuse, égoïste et très trop libéré. À chaque fois que Pauline met le nez dehors, elle tombe sur les affiches du film et ça cartonne en plus 5 millions d'entrées. Et tous les jours, Pauline se dit "Pourvu qu'on ne m'identifie pas, pourvu que je reste en dehors de tout ça, [musique] Malheureusement, [musique] ça n'est pas ce qui va se passer.
En 1962, une journaliste de détective publie un livre avec une photo d'elle. Elle doit partir et vite. Elle choisit le Maroc, Mogador, juste en dessous de Casablanca.
Aujourd'hui, la ville s'appelle Essaira. [musique] Et à Mogador, elle devient le docteur du Puisson. Point.
Elle travaille à l'hôpital où elle est très appréciée. Elle habite un petit de pièces près de la Medina. et elle se détend un peu.
De temps en temps, elle va au café de France juste à côté de l'hôpital. Et c'est là qu'en 1964, elle rencontre Bernard, un ingénieur. Elle a 36 ans et elle renoue avec [musique] l'amour.
La dernière fois qu'elle a été amoureuse, elle avait 23 ans. Leur liaison est maintenant quasi officielle et on s'attend [musique] à un mariage. [musique] [musique] Et c'est là qu'elle est rattrapée par son passé.
Dans la salle d'attente du dentiste de Mogador, sur la table basse traîne un vieux numéro de détective. Et voilà la rumeur qui reprend son travail de sap. Elle ne [musique] peut plus garder son secret.
Il faut qu'elle en parle à Bernard. Ça ne va pas être simple. Il faut trouver la bonne occasion.
Ça se passe lors d'un weekend à Rabat à la mi-juillet 1963. La scène se passe dans un restaurant pile au moment où Bernard la demande en mariage. Acceptes-tu d'être ma femme ?
Il faudrait peut-être d'abord que je te dise quelque chose. Et elle raconte tout sont au colonel de père, les Allemands, les purations, les cheveux qui tombent sur le sol, les viols, Félix, les trois coups de feu. Elle parle longtemps, elle vide son sac.
À la fin, Bernard et Livide. Je ne sais pas, André, je ne sais pas. Il se lève et il s'en va sans un mot.
Décidément, Pauline n'aura pas droit à l'amour. [musique] [musique] Dans les semaines qui suivent, Pauline s'enfonce lentement dans la dépression. Elle est de plus en plus absente à l'hôpital.
Elle passe ses journées [musique] au lit et un matin de septembre, elle met un disque de mozard sur son électrophone. Elle aligne les barbituriques sur la table et elle les avale. Quand le directeur de l'hôpital [musique] passe la voir à 20h, le disque tourne toujours sur l'électrophone automatique.
Pauline est morte. [musique] [musique] Oh. [musique] [musique] [musique] Vous avez aimé cette histoire ?
Christophe [musique] Onolat vous propose de la débriefer avec un invité dans un podcast d'ors et déjà disponible sur [musique] votre application. Ondelat [musique] raconte Christophe ondelat. Le 2 février 1933 en fin d'après-midi, deux hommes bien mis, dénotables, ça se voit, pénètre dans le commissariat du M dans la Sart.
Ils ont l'air tout retourné. Ah messieurs, je suis confus de vous importuner. Je suis monsieur Lancelin.
J'habite non loin d'ici au 6 bruyet. Ça fait un moment qu'avec mon gendre ici présent que nous essayons de rentrer chez nous. Je ne comprends pas.
Enfin, en principe, ma femme est là avec ma fille. Si elles étaient sorties, ce que j'ai du mal à croire avec ce froid. À cette heure-ci, elle serait rentrée.
Et quoi qu'il en soit, il devrait y avoir au moins nos deux domestiques. Et mais nous frappons, nous nous frappons, personne ne répond. Et la porte est verrouillée de l'intérieur.
Je je suis, je dois vous le dire, un peu inquiet. Bien bien. Vous dites que vous résidez rue Bruyère.
Oui. Au numéro 6. Ce n'est pas si loin.
La journée a été calme. Voulez-vous que nous nous rendions sur place avec vous maintenant ? Oh, si vous pouviez, je je vous en serai très reconnaissant.
Un brigadier et deux gardiens de la paix se mettent en route à pied, suivi de M. Lancelin et de son gendre monsieur Renard. Arrivé sur place, il commence par frapper.
Madame Lancelin, Madame Lancelin, police, ouvrez, je vous prie. Bien, vous deux, escaladez le mur. Les deux gardiens de la paix escaladent le mur de la cour et ils vont à l'arrière de la maison.
Chef, la porte-fenêtre du vestibule est fermée. Enfoncez, enfoncez. Un petit coup d'épaule et la porte saine.
Les deux policiers pénètrent à l'intérieur. Dedans, la nuit est déjà tombée. On ne voit rien.
Ils tendent l'oreille, pas un bruit. Ils allument leurs torches, ils font le tour du rez-de-chaussée. Personne.
Viens, montons à l'étage. Les deux policiers s'engagent dans l'escalier et à peu près au milieu de l'escalier, dans le faisceau de leur lampe, il voit un petit objet sur les marches. Bron.
Qu'est-ce que c'est ça ? On dirait une bille. [musique] Il se penche ciel.
Ça n'est pas une bille, c'est un œil. C'est un œil humain. Alors, il monte les dernières marches d'Ardard et sur le palier du premier étage, [musique] il tombe sur deux cadavres, deux femmes, gisant sur le sol.
Oh mon dieu ! Oh quel carnage ! qu'elle porte.
Il semble bien qu'il s'agisse de madame [musique] Lancelin et de sa fille. Elles ont été lacérées de coup de couteau et leur visage, mon dieu, leur visage, [musique] leur visage est complètement écrasé de la bouilli. Les deux policiers redescendent les escaliers 4 à qu ils vont chercher leur brigadiers rester dans la rue avec monsieur Lancelin et son gendre.
Ah monsieur, il vaudrait mieux que vous restiez ici pour l'instant. Chef, venez. Et le brigadier découvre à son tour la scène de crime.
Bien, il nous faut maintenant chercher les deux domestiques. Il a dû leur arriver malheur elle aussi. Les policiers font le tour du premier étage.
Ils fouillent les trois chambres une par une. Personne. Il monte au grenier, rien non plus.
Dans la blanchisserie, il remarque le fer a repassé sur la table près d'une chemise froissée. Tu as vu ? On dirait que le travail a été interrompu.
Il ne leur reste plus qu'une pièce à fouiller. La chambre des bonnes. Il tourne la poignée.
Fermé, verrouillé de l'intérieur. Police, ouvrez ! Le serrurier déverrouille la porte et il voit les deux bonnes bien vivantes en peignoir, couché côte à côte dans le même lit et sur un tabouret près du lit.
Il y a une bougie et un marteau dégoulinant de sang. On vous attendait. Mais qu'avez-vous fait à vos maîtresses ?
Nos maîtresses ? Elles ont voulu me frapper. Je me suis vengé.
C'était nous ou elle ? Et j'aime mieux avoir la peau des patrones que leur laisser la nôtre. Non.
Comment vous appelez-vous mademoiselle ? Moi c'est Christine. Christine Papin et elle c'est ma sœur Léa.
Hablez-vous. Pendant qu'elle s'habille, le commissaire tente d'établir le contact avec la plus jeune Léa qui semble la plus fragile. Il sent qu'elle est sur le point de parler mais un regard de sa grande-sœur et elle se mure dans le silence.
Et donc les deux sœurs sont emmenées pour être interrogées. [musique] Le lendemain, l'affaire fait les gros titres du journal de la Sart et de West [musique] éclair. Il faut dire qu'il y a de quoi.
La scène de crime est une boucherie. [musique] Alors, retournons sur place et observons les cadavres. Commençons par la fille, jeune Viève.
Son corps repose sur le ventre. Sa culotte est baissée, elle a le bras droit tendu et ses mains sont couvertes de sang. Note présence de chevaux collés dans ses mains.
Note aussi profonde blessure sur le fessier. Mais ça n'est rien à côté du corps de madame Lancelin. Mire, il repose sur le dos.
Jambes écartées, culottes baissées. Là encore, il lui manque une chaussure au pied gauche. Mais ce qui frappe, c'est le visage, c'est la tête.
Tout le côté droit est complètement écrabouillé et surtout il manque les yeux. Elle a été nuuclée. L'un des yeux est dans l'escalier sur une marche et le second où est-il ?
Il nous faut trouver l'autre. [musique] et il le retrouve sous le corps. Mais c'est pas tout.
Quand on ouvre la bouche du cadavre de Madame Lancelin, elle n'a plus une seule dent. On les lui a toutes arraché, toutes. Il y en a partout autour sur le plancher.
Et l'arme [musique] du crime alors ? Et bien d'abord, il y a ce marteau dégoulinant qu'on a retrouvé dans la chambre des bonnes et puis ce couteau de cuisine posé contre le corps de madame Lancelin Mire et puis peut-être [musique] ce pot desint massif très lourd qui est là posé par terre et qui est couvert de sang. [musique] Les deux sœurs papins ont été emmenées au poste.
L'aîné Christine est interrogée le soir même. Elle ne fait aucune difficulté à raconter. Je vais tout vous dire.
Nos maîtresses sont sortis cet après-midi. On était censé faire le repassage. On n pas pu le faire.
Le courant s'est coupé un cour jus. Alors quand madame est rentrée vers 5h30, on lui a dit qu'on avait pas pu repasser. Comment qu'elle voulait qu'on fasse hein ?
Ça les a mise toutes les deux dans une de ses colères. Vous étiez où à ce moment-là ? Oh ben là, vous les avez trouvé sur le palier du premier.
Et après donc bah après mademoiselle a voulu me coller une gifle. Quand j'ai vu qu'elle allait se jeter sur moi, bah j'ai pas attendu hein. Je lui ai sauté à la figure et je lui ai arraché les yeux avec mes mains.
Notez qu'elle dit ça sans aucune émotion. Elle dit qu'elle lui a arraché les yeux comme elle dirait. Je suis allé me promener.
Et madame Lancelin Mire. Alors commentavez-vous fait ? à la mer, c'est ma sœur.
Elle lui a arraché les yeux. Ensuite et ben je suis descendu à la cuisine, je suis allé chercher un marteau et un couteau et puis on l'a rrappé sur la tête avec le marteau et avec le pot en état. Christine raconte qu'après elle est redescendue pousser le verrou et fermé la porte du vestibule, qu'elles se sont lavées les mains et qu'elles sont allées se coucher dans le lit où on les a trouvé. et elle ajoute glacial.
J'ai aucun regret hein. J'avais pas prévu de la tuer. J'avais pas de haine en ver mais j'ai pas supporté son geste.
Voilà tout. Le geste de quoi parlez-vous ? Pas de la gifle.
La gif qu'elle a voulu me donner. [musique] [musique] Et ben dis donc, quelle histoire ! Elle leur arrache les yeux et les dents.
Elle leur fracasse la tête à coup de marteau parce que leur maîtresse a failli leur donner une gifle. Quelle histoire ! [musique] La petite sœur Léa est interrogée à son tour dans une autre pièce.
Au début, elle reste de marbre. Le juge lui lit les déclarations de sa sœur Christine. Elle se contente de confirmer.
Je vous lis le procès verbal. Tout ce que vous a dit ma sœur est exacte. Les crimes se sont passés exactement comme elle vous les a narré.
Mon rôle dans cette affaire est absolument celui qu'elle vous a indiqué. J'ai frappé autant qu'elle comme elle. J'affirme que nous n'avions pas prémédité de tuer nos patronnes.
L'idée nous est venue instantanément quand nous avons entendu madame Lancelin nous faire des reproches. Pas plus que ma sœur, je n'ai le moindre regret de l'acte criminel que nous avons commis. Comme ma sœur, j'aime mieux avoir eu la peau des patrones plutôt que ce soit elle qui a eu la nôtre.
Voilà, cette histoire est complètement folle. En attendant une explication, les corps sont d'abord transportés à l'amphithéâtre des hospices en vue des autopsies. Les cercueils sont ensuite exposés à la cathédrale dans une chapelle ardente.
Et l'enterrement de madame Lancelin et de sa fille Jeuneviève a lieu 3 jours après le crime. Les deux cercueils traversent le M posés sur deux corbillard. Le cercueil de madame Lancelin Mire est recouvert d'une toile noire et il est tiré par [musique] des chevaux noirs.
Celui de Jeun Viè qui avait 23 ans est blanc et il est tiré par deux chevaux blancs. La foule des grands jours assiste à la cérémonie. Et sur le parvis après la messe que disent les gens ?
C'est pas peur là sont foles. Des folles, je vous dis des foles. [musique] Le juge justement a demandé une expertise psychiatrique et quand les [musique] psychiatres rendent leur rapport, ils sont formells.
Les sœurs papins ne sont pas folles. Elles sont, [musique] dis-yles, saines d'esprit. Il note que Christine a une intelligence supérieure à celle de sa petite sœur et que Léa a un caractère plus renfermé, moins expansif que son aîné.
Mais surtout, et c'est bien intéressant, les psychiatres écrivent [musique] qu'ils sont surpris, je cite, par leur caractère quasi identique. Elles ont, dis-y une relation très particulière, mais particulièr comment ? Au cas où on aurait mal compris, il précise dans cette affection, on ne saurait déceller aucune explication équivoque ni aucun attachement d'ordre sexuel.
Ouf ! Il semble certain que l'affection de Léa pour Christine est un ordre filial. Christine représente pour Léa la sœur aînée, la grande sœur, la remplaçante de la maman.
Alors question : est-ce qu'au titre de cette relation particulière, Christine a pu entraîner Léa dans ce crime monstrueux ? Est-ce que Christine au fond a un rôle supérieur à celui de sa jeune sœur ? Et bien selon les psy non.
Aucune des deux ne semble avoir agi sur la suggestion de l'autre. Il faut simplement admettre que les deux sœurs ont agi ensemble avec le même acharnement, avec la même brutalité, uniquement en raison de la communion des sentiments et des idées qui sont les leurs. Conclusion des psychiatres 1.
Les deux sœurs sont responsables de leurs actes. 2. Leur responsabilité est totalement partagée entre les deux.
Tout ça bien sûr a resitué dans le contexte des connaissances psychiatriques de l'époque. [musique] [musique] Si les deux sœurs ne sont pas folles, alors qu'est-ce qu'il peut expliquer ? J'ai pas dit excuser, j'ai dit expliquer ce déferlement soudain de violence et ce détachement aussi, cette manière d'assumé sans s'excuser, cette façon de raconter les choses, cette froideur.
Leurs parents peut-être les liens qu'elles avaient avec leurs parents. Les parents, on le sait, peuvent être le meilleur et le pire pour les enfants. [musique] On apprend que le père Gustave était porté sur la boisson.
En matière de bibine, il avait [musique] la consommation d'un petit tracteur. Quant à leur mère, Clémence, comme on dit, elle tenait mieux sur le dos qu'une chef sur les cornes. Vous voyez, elle n'était pas farouche.
Quand elle épouse Gustave, tout le monde est au courant. Elle est déjà enceinte. De qui ?
Ça, on ne l'a jamais. Est-ce qu'elle le savait elle-même ? n'est même pas sûr.
Et lui, il fait avec et inciné en 1902, Émilia, leur premier enfant. Et d'après ce qu'on dit, la mère continue de bâtifoler. Alors, Gustave [musique] décide de s'éloigner du village.
Il trouve un nouveau travail à la série de Mariners à 8 km et il déménage. Et on raconte que sa femme Clémence apprend la nouvelle et entre dans une colère noire. Elle fait un chantage au suicide. se tuer plutôt que de partir du village.
C'est un coup à divorcer mais pas de chance, elle est enceinte de son deuxième enfant. Et avec de gosse, qui voudrait d'elle ? [musique] Résigné, elle finit par accepter de s'installer à Marigier et c'est là que née sa deuxième fille, Christine, celle qui nous intéresse, l'aînée des deux sœurs meurtrières.
Mes deux enfants, elle dit que ça la fatigue et donc elle décide de confier Christine à sa belle-sœur Isabelle, la sœur de Gustave qui habite aussi à Marig et qui dit "On tient les hommes en horreur mais qui n'a pas d'enfant. C'est elle qui élève Christine jusqu'à ses 5 ans comme si c'était sa fille." Et puis à l'automne 1910, les parents la récupèrent et ils vont s'installer en ville au M.
Et un an plus tard, naissance de leur troisième enfant, Léa. C'est le moment que choisit la mère pour divorcer, laissant Gustave noyer son chagrin dans l'alcool. Mais une fois divorcé, bah les trois enfants lui pèsent.
Alors, elle confiléa qui est tout bébé à son frère et elle place Émilia et Christine à l'orphelina du bon pasteur dont le but premier n'est que de fabriquer des nonnes et du coup d'ailleurs Émilia l'aîné rentre dans les ordres. Là-dessus, le frère meurt et Léa échoue elle aussi chez des religieuses à Saint-Charles au M. À un moment donné, Christine envisage de suivre l'exemple de sa grande-sœur et d'entrer elle aussi dans les ordres.
Et là d'un coup, la mère se réintéresse à ses filles. Ah bah ça non, les non m'ont déjà pris ma grande. Vous pas me prendre la deuxième.
Ah salon. Et donc la mère retire Christine de l'orphelina et la place comme bonne. Au début, d'après ce que disent ses patronnes de l'époque, ça se passe très bien.
Oh mais Christine, à l'époque, c'était une gentille fille, sérieuse, travailleuse, très obéissante. Cette année durant lesquelles [musique] les sœurs papins sont des employés exemplaires d'après ce que dit monsieur Lancelin lui-même. Alors, que se passe-t-il le 3 février 1933 pour qu'elles se ruent sur leur maîtresse et sa fille et finissent par leur arracher les yeux.
Les lancelin mè et filles étaient-elles des monstres qui finalement n'aurait eu que ce qu'elle méritait. À quoi ressemblait avant le massacre l' vie de sœur Papo chez les Lancelins ? C'est vrai que madame Lancelin était très exigeante, mais est-ce qu'elle était pour autant maltraitante ?
Et bien non, l'enquête démontre que ça serait plutôt l'inverse. L'après-midi, les deux sœurs avaient droit à 2 heures de temps libre. C'était très rare à l'époque, c'était moderne.
Par ailleurs, elle percevait chacune des gâes fixes [musique] de 150 francs par mois. C'est correct. Là encore, on est au-dessus de la moyenne.
Sachant qu'elles étaient par ailleurs nourries, logées et blanchis. Et de temps en temps, madame leur donnait la pièce. Et la preuve qu'elle ne manquait pas d'argent, c'est que au moment des faits, elles ont des économies [musique] et même de sacrées économies. 220002 francs à L2 à la banque.
C'est intéressant d'ailleurs parce que avec cet argent, elles auraient pu s'acheter un petit commerce, elles auraient pu devenir boutiquières. Si rester chez madame Lancelin leur devenait insupportable, il pouvait très bien s'en aller. [musique] Ajouter à cela qu'au moment où on invente les premières assurances sociales, l'ancêtre de la SQ, monsieur Lancelin, fait le nécessaire.
Il adhère en leur nom. L'enquête ne trouve rien dans le comportement des Nancelins qui puissent justifier une quelconque vengeance. Et d'ailleurs, elle passent 7 ans à leur service sans un nuage. [musique] Au final, pour expliquer ce geste, il ne reste que la piste de leur enfance sans amour.
Comme souvent, vous trouverez ça chez la plupart des grands criminels ne pas avoir été aimés, ne pas s'être construit sur un amour maternel solide, [musique] puissant, indispensable. Je vous rappelle que toute petite bébé, la mère Papin confie sa fille Christine [musique] à sa belle-sœur et ensuite elle l'arrache à ce semblant d'amour maternel pour la jeter dans les bras des bonnes sœurs qui à l'époque [musique] n'étaient pas toujours empreinte de charité chrétienne. Et d'ailleurs au moment du crime, elle ne voyait plus leur mère, une sur l'autre. de l'aînée Christine sur sa sœur Léa.
C'est à ça qu'on pense bien sûr. D'abord en prison, Christine Léné fait plusieurs crises de démence et en juillet 1933, elle écrite au juges d'instruction pour être réentendue et voilà ce qu'elle lui déclare. Je vous ai pas dit la vérité, madame Lancelin, elle m'a pas provoqué.
J'ai été prise d'une crise nerveuse. Je me suis précipité sur elle sans qu'elle s'y attende. Je l'ai d'abord frappé d'un coup de picher sur la tête.
Puis quand mademoiselle est arrivée, je je l'ai frappé aussi avec le picher en là. Elle m'a saisi au cheveux, je l'ai faite tomber et puis je lui ai arraché un œil. Ma sœur Léa est arrivée à ce moment.
Quand elle a vu que madame Lancelin était sur le point de se relever, et ben elle s'est jeté sur elle. Je lui ai dit de lui arracher les yeux et puis je lui ai passé le le picier pour qu'il lui fracasse la tête. Ensuite, je suis descendu chercher le couteau et le marteau pour les massacrer.
Ça n'est plus du tout la même histoire. Alors du coup, le juge réinterroge la petite sœur Léa. Ma grande sœur, elle était très énervée par le détractement du fer à repassé. est entré dans une fureur.
Je l'avais jamais vu comme ça. Ça change tout. Elles ne sont pas à égalité.
Et à la veille du procès, le juge fait le distingot. Christine Papin est renvoyée pour deux meurtre et Léa pour le seul meurtre de madame Lancelin. Mire, [musique] le procès est annoncé pour le 29 septembre 1933 [musique] devant la cour d'assise du M.
Il est question de mobiliser 200 policiers pour contenir la foule. On s'attend à des centaines de personnes qui depuis des mois suivent toute l'histoire dans le journal car la presse depuis [musique] le crime fait ses chras de cette histoire. Paris soir, le petit parisien [musique] le matin, le quotidien, ils auront des envoyés spéciaux au procès.
Bien entendu. À noter à la veille du procès, [musique] la place un peu particulière comprise deux journaux, l'humanité et détective. Eux, contrairement à tous les autres, ils ont pris fit et cause pour les sœurs papins de la part de l'humanité, c'est une demi-surprise.
Les journalistes de l'UMA pensent que les sœurs papins sont des victimes du monde bourgeois. Je vous lis un extrait d'un article publié à la veille du procès dans l'humain. Les sœurs papins sont des esclaves d'une société de nouveau riche qui les exploita.
De pauvres malheureuses qui à force de courber des Chines ont fini par se révolter. Elles ne savaient pas comment faire. Elles sont directement passées au crime.
Bon, on est dans les années 30. Les communistes lissent tout à la lumière de la lutte des classes. C'est comme ça. [musique] En revanche, la position de détective [musique] est beaucoup plus surprenante.
C'est un journal tout jeune, pas spécialement de gauche, mais depuis le début, il soutient que c'est un crime de [musique] la révolte, un crime de la misère, un crime de l'exploitation. C'est peut-être de la démagogie, hein, une manière de draguer le lecteur des classes populaires. Et détective dans cette démarche très iconoclastte, a reçu un sacré soutien, celui de Simone de Beauvoir et de Jean-Paul Sartre, tous les deux fascinés par cette histoire et ralliés à une lecture politique. [musique] [musique] Dans son livre La force de l'âge, Simone de Bovoir écrit "Dès que l'ordre social est évoqué, il faut flairer la mystification, car le mystère troublant de ce crime d'une indissible cruauté reste jusqu'à aujourd'hui insondable." Autrement dit, puisqu'on ne peut pas expliquer ce crime, alors c'est une affaire de prolot contre les bourgeois.
Quelle époque ! Quelle époque ! Allons donc assister au procès maintenant.
Les deux sœurs papins seront jugées en une seule journée, figurez-vous. L'audience commence à 1h et demi de l'après-midi et ce soir, ce sera plié. Soyons clair, elle risque toutes les deux la peine de mort. [musique] Quand les deux sœurs entrent dans la salle d'assise, oh !
Tous les regards se tournent vers elle, Christine et les gens sont un peu déçus. Il s'attendait à avoir débarqué de [musique] Harpis et ça n'est pas du tout le cas. Christine porte un manteau clair beige.
Elle a un petit chignon [musique] bas. Elle a les très tirées. Elaéa est vêtu d'un manteau sombre.
Elle a l'air d'un petit animalé. Elle ne ressemble pas du tout à l'idée qu'on se fait par avance de deux monstres [musique] qui ont arraché les yeux de leur patronne. Et elle reste comme ça pendant tout le procès.
Humble, timide. Elle ne répondent aux questions que par des phrases courtes, murmurées, parfois inaudible. Christine reconnaît d'entrée l'ensemble des faits, mais elle est incapable de fournir la moindre explication rationnelle.
Les experts psychiatres viennent déposer, ils confirment ce qu'ils ont déjà dit. Nous les considérons et l'une et l'autre comme responsable de leur hâte. Nous n'avons constaté ni chez l'une ni chez l'autre aucun des règlements psychiques.
Aucun. Et nous leur disons ni chez l'une ni chez l'autre. Pour tenter de contrer leur avis, la défense a fait venir à la barre le docteur Logre qui est médecin de la préfecture de police.
Son regard sur l'affaire est très différent de celui de ses confrères. Je ne peux pas affirmer qu'elles sont folles, bien entendu, mais personne ne peut dire qu'elles sont normales, n'est-ce pas ? Il note d'abord le contraste entre le mobile du crime, extrêmement faible, même inexistant, et la férocité des deux sœurs.
Il pense que la personnalité de la plus jeune, Léa, est totalement anilée par celle de l'aîné. Christine, pour moi, Christine Papin serait possiblement atteinte de ce qu'on appelle une hystéroépilepsie. Il pense que le coupable n'est ni Christine ni Léen.
Il pense que le coupable est le duo qu'elle forme. Évidemment, maître Chan, l'avocat de Léa, saute sur l'opportunité. Je demande subséquemment au témoignage du docteur Logre un complément d'enquête sur l'état mental des accusés et renvoi de l'affaire à une date ultérieure.
Il le demande mais sa demande est rejetée par la cour. L'avocat de monsieur Lancelin, partie civile, se lève pour plaider. Je vous demande de vous montrer inexorable de pitié.
Elle n'en mérite aucune. Et puisque la haine qu'elles avaient au cœur de leur patronne leur a inspiré dans les crimes qu'elles ont commis, des raffinement de torture et de cruauté qu'on ne rencontre que chez les peuples sauvages, puisqu'elles se sont conduites comme des bêtes fauves. Il faut les traiter en sauvage.
Il faut les traiter en bête faume. Il faut supprimer l'une puisque la loi vous permet de la supprimer et il faut mettre l'autre hors d'état de nuire à tout jamais. L'avocat de monsieur Lancelin vient de réclamer la guillotine pour Christine et la prison à vie pour Léa.
La parole est à l'avocat général. Ce ne sont que de monstrueuses arracheuses dieux, n'est-ce pas ? Je vous adjure d'être impitoyable.
Je requier le maximum de la peine. L'échafaud pour Christine, le bagne pour Léa. Reste à entendre les avocats de la défense.
Maître Brière pour Christine et maître Ch pour Léa qui n'ont tous les deux qu'un seul argument, une seule carte à jouer. L'irresponsabilité pour raison psychiatrique. Elles sont malades. malade leur place est à l'asile.
Il n'est pas en prison et encore moins comme vous le suggère l'avocat général sous la lame d'une guillotine elles sont malades. Le président du tribunal se tourne alors vers Christine et Léa. Mademoiselle, levez-vous.
Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ? Silence. Elles n'ont rien à ajouter. [musique] La cour se retire pas longtemps, 40 minutes, mais c'était comme ça à l'époque.
Et le président énonce le verdict. Mademoiselle Papa Christine la cour après en avoir délibéré vous condamne à la peine capitale et ordonne que vous soyez conduite en place publique du M pour avoir la tête tranchée. Christine tombe à genou.
Mademoiselle Papa Léa, la cour après en avoir délibéré vous condamne à 10 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour. [musique] La cour vient de valider l'idée que Léa était sous l'influence de sa sœur Christine. [musique] La séance est levée à 1h15 du matin.
Le lendemain, le journaliste Maurice Coriè écrit dans Police Magazine : "Le jury a condamné, il n'a pas jugé et maintenant il faut se préparer à l'exécution de Christine." Christine qui dans sa cellule se laisse mourir de faim. Elle est très affaiblie, trèsigrie.
Son avocat fait un recours en grâce et pour vous dire dans quel état elle est, elle refuse de le signer. Et pourtant ça marche. Il faut dire que le terrain est favorable.
Le président de la République, Albert Lebran, est abolitionniste. Il est opposé à la peine de mort. Et le 22 janvier 1934, il écrit au procureur de la République du M.
Il commut la peine de mort prononcée contre Christine Papin en travaux forcés à perpé. Deux jours plus tard, Christine [musique] est donc transférée pour purger sa peine à vie à la prison centrale de Rennes. Mais son état mental continue de se dégrader.
Le 12 mai, le docteur de [musique] la prison demande un examen psychiatrique d'urgence. Il est très inquiet. Deux semaines [musique] plus tard, Christine est admise dans le service du docteur Guillerme à l'asile de Rennes.
Il constate un état mélancolique. Son refus de s'alimenter. Christine [musique] est en train de se laisser mourir.
Elle refuse de manger. Le docteur de la prison est très pessimiste. Si vous voulez mon avis, elle s'est engagée dans une évolution schizophrénique.
C'est c'est indubitable. Ah tiens, elle serait donc schizophrène. Finalement, on fait venir sa sœur Léa pour susciter une réaction.
Christine ne la reconnaît même pas. Et finalement, en mai plus de 4 ans après le carnage, Christine Papin meurt d'une attaque pulmonaire consécutive à son refus de manger. [musique] Sa petite sœur, en revanche, Léa, s'adapte à la vie carcérale.
En prison, elle travaille dans un atelier de confection d'imperméable. Elle est considérée comme une très bonne ouvrière et elle est toujours en contact avec sa mère qui travaille au M comme cuisinière et comme femme de ménage. Elle a été arrêtée en 1933.
Vous vous souvenez qu'elle a pris 10 ans et donc en 1943 et bien elle sort de prison. Encore jeune, elle a 31 ans et elle ne peut pas rester au M puisqu'elle est interdite de [musique] séjour pour 20 ans. Alors elle va s'installer à Nant avec sa maman où elle va rester toute sa vie.
Elle est morte [musique] à Nant il n'y a pas si longtemps que cela, en 2001, à l'âge de 89 ans. Et si vous avez vécu à Nant, vous l'avez [musique] peut-être croisé sans savoir. Voilà, vous savez à peu près tout de cette histoire qui depuis 1933 passionne les foules à commencé par les psy.
L'année du massacre, par exemple. Le célèbre psychanalyste Jacques Lacan a publié dans la revue du Minotor une étude sur le sujet. Il pense lui que le double meurtre de madame Lancelin et de sa fille est la conséquence d'une folie à deux dont Christine et Léa n'étaient pas consciente.
D'autres psychanalystes des années 30 ont envisagé une homosexualité incestueuse entre les deux sœurs. Voilà leur scénario. [musique] Christine et Léa sont surprises en plein et bas par leur patron. [musique] Alors, elle les tue pour que leur amour reste secret et elle leur arrache les yeux pour effacer les images en quelque sorte.
Pourquoi pas ? Mais ça n'est qu'une [musique] suputation. Personne n'a jamais pu prouver que Christine et Léa étaient desbiennes [musique] incestueuses.
Mais peu importe, puisque cette histoire finalement n'appartient plus au sœur Papin, elle est devenue une propriété publique, un sujet à fantasme et à [musique] interprétation. En plus de 80 ans, cette affaire a inspiré des romans, des pièces de théâtre. Vous connaissez peut-être les bonnes de Jean Genet et au moins trois films de cinéma.
Les abisses de Niikos Papatakis en 1963, la cérémonie de Claude [musique] Chabrol en 1995 avec Isabelle Huper et Sandrine Bonner dans le rôle des deux sœurs et plus récemment [musique] les blessures assassines de Jean-Pierre Denis avec Sylvie Testu et Julie Marie Parmentier. Et puis encore récemment, la psychothérapeute Isabelle Bédouet qui est originaire du M a travaillé 10 ans sur le sujet et elle a publié un nouvel ouvrage et elle a trouvé une nouvelle piste concernant le mobile. Elle a découvert que 7 mois avant le crime, une affaire assez similaire a eu lieu dans la même région.
En juillet 1932, à Rouin, pas très loin du M, un couple de personnes âgées, Léon et batteux, sont retrouvés assassinés. Ils ont été tués par un autre couple, Louis et Juliette en Juba qui ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Isabelle Bedoué pense que ce crime a inspiré les sœurs papins.
Lisez son livre si vous voulez compléter ce récit. Le crime des sœurs papins les dessous de l'affaire aux éditions imago. [musique] Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur europein.fr.
Europin Ondolatre raconte Christophe Ondelat. [musique] Je vous ai raconté ici toutes sortes d'histoires criminelles de toutes les époques et de toutes les régions de France et même de l'étranger. Mais des comme celle-là, je ne vous en ai jamais raconté.
Jamais. C'est une histoire récente. Les faits remontent à mars 2013.
Le procès d'assise a eu lieu en 2016. Deux meurtres commis dans le département de Line dans la région des Haut de France. Je ne vous en dis pas plus parce que il y a au milieu du récit un incroyable rebondissement.
J'ai écrit cette histoire avec Thomas Audouard. Réalisation Céline Lebra. Europe Christophe Delat. [musique] Voilà comment commence cette histoire absolument unique, le crime presque parfait.
Dans un petit village de la région de Compigne, comment 550 habitants. Le vendredi 15 mars 2013, aux alentours de 6h10, Myiam rentre chez elle retrouver son amoureux Dominique avec lequel elle vit depuis 2 ans. Tiens, le portail est ouvert.
Elle se gare. Elle arrive à la porte, elle n'a pas les clés, il n'y a pas de sonnette. Elle frappe fort, pas de réponse.
Et là, elle s'aperçoit que la porte est ouverte. En réalité, elle entre et dans l'entrée, elle voit son Dominique étendu dans une marre de sang, face contre terre, les pieds nus et elle crie "Dominique ! Dominique, réponds-moi Dominique.
C'est qu'elle n'est pas sûre qu'il est mort alors elle appelle les secours. Mon ami, il est allongé par terre, il baigne dans le sang. Vous avez vérifié s'il respirait encore ? [musique] Non, elle ne l'a pas fait mais elle ne peut pas le [musique] faire.
Tout se sent. Elle ne s'en sent pas capable. Les pompiers arrivent et il est mort.
Dominique la place [musique] avait 45 ans. Et Myiam prévient tout [musique] de suite les deux sœurs aînées de Dominique. Il a été assassiné.
Oui. Mort dans l'entrée. Il y a du sang partout.
C'est c'est une horreur. Et les gendarmes arrivent et ils se penchent sur le corps. Ouais.
Ça ressemble à un coup de couteau hein au niveau du cœur. Tu as vu là sur les mains ? Sur les mains du cadavre, il y a des coupures.
Il s'est protégé, il s'est défendu avant de mourir. Il a lutté avec son assassin. [musique] Les titles les techniciens en identification [musique] criminelle débarquent et ils ne trouvent strictement rien, pas une trace ADN. pas une empreinte digitale, [musique] pas un cheveux, pas un poil, rien.
C'est rare ça. Dans [musique] les crimes d'aujourd'hui, la police scientifique trouve presque toujours quelque chose. Mais là, étrangement rien.
Donc, on attend beaucoup de l'autopsie. D'après le médecin légiste, Dominique Laplace a reçu un coup de couteau en plein cœur, un seul, qu'il l'a tué d'un coup en moins d'une minute. La plée fait 4 cm de large sur 10 cm de profondeur et il pense que le meurtre a eu lieu entre 22h et 23h la veille, le jeudi soir, donc le 14 mars.
Lui aussi relève les entailles sur les mains. Mais il a trouvé autre chose. Après sa mort, on s'est déchaîné sur ce cadavre.
On l'a roué de coup sur la tête. [musique] La police scientifique n'a donc rien trouvé. Donc c'est parti pour de la police à papa à l'ancienne façon Colombo.
Et donc il faut d'abord répondre à la première question. Qui est le mort ? Qui est Dominique la place ?
Est-ce qu'il avait des ennemis ? Est-ce qu'il avait des embrouilles ? Et si oui, avec qui ?
Dominique [musique] Laplace avait 45 ans. Il était éducateur spécialisé depuis 18 ans. On interroge son entourage, ses collègues, un brave type sans problème [musique] qui avait deux passions, la nature, la forêt et l'archéologie.
Il avait d'ailleurs un détecteur de métau, vous savez, une poêle à frire avec lequel il cherchait des pièces anciennes. On en trouve dans la région. [musique] Voilà, un brave type.
Il était avec Myiam depuis 2 ans. C'est une ancienne copine de lycée. Rien qui dépasse apparemment.
Sauf que la sœur Françoise vient assez vite voir les gendarmes. Oh ben moi je sais qui l'a tué. [musique] Françoise.
Sa sœur s'appelle Françoise et elle va tout droit à la gendarmerie proposer un suspect ou plutôt une suspecte. Vous savez, il y avait une femme très nuisible dans l'entourage de mon frère, une femme redoutable. C'est Véronique, son ex.
Moi, dès que j'ai su ce qui lui était arrivé, j'ai j'ai pensé tout de suite à elle. Son nom. Quel est son nom ?
Véronique Pieré. P 2 Ret. [musique] Et là, la sœur se met à raconter cette Véronique Pierré a vécu 13 ans avec Dominique.
C'est une belle femme rousse, plutôt séductrice, assez délurée, très chérie chérie. Elle est infirmière et c'est d'ailleurs à l'hôpital qu'elle a rencontré Dominique qui venait d'avoir [musique] un accident de voiture. Il s'était cassé le fémur il s'est retrouvé dans son service.
Et voilà, ça a duré 13 ans avec des haut [musique] et des bas d'après ce que dit la sœur, des disputes, des réconciliations et encore des dispute. Et finalement, au bout de 13 ans, la rupture. Savez-vous qui est à l'origine de cette rupture, madame ?
Ah ben lui, lui il n'en pouvait plus et donc il l'a quitté. Oui. Et à partir de là, elle n'a eu qu'une idée.
C'est c'est de lui pourrir la vie. Elle lui a balancé un pot de fleurs à la figure. Elle lui a cassé toutes les dents, vous savez.
Et la sœur dit que ça s'est aggravé quand Dominique a refait sa vie avec Myiam. Elle ne supportait pas qu' a quelqu'un d'autre. Vous savez ce qu'elle lui a dit un jour ?
Elle lui a dit "Je te crèverai. Je te crèverai et tu sauras pas quand." Et depuis je vous dis la vérité.
Il avait peur. Il avait peur d'elle. La sœur n'est pas la seule à montrer cette Véronique du doigt.
D'autres proches viennent dire que c'est elle, que c'est forcément elle, que c'est Véronique Pierré. Et donc les gendarme vont la voir chez elle à Saint-Gobin. Bonjour madame, gendarmerie nationale, nous pouvons rentrer un instant.
Je vous en prie. [musique] L'accueil est impeccable. Elle est courtoise, aimable.
Elle n'a pas l'air d'une femme sur ses gardes. C'est important la première impression. [musique] Et puis elle marche avec des béquilles.
On voit mal une femme aller commettre un meurtre clopin clopant. [musique] Les gendarmes vont droit au but. Un certain nombre de personnes, madame, suggère que vous êtes mêlé à la mort de Dominique la place.
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus ? Rien. que je suis sous le choc, que je comprends pas, j'y suis pour rien.
Vous l'avez vu récemment ? Oh, récemment non. Là, la dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a 6 mois, 7 mois, je pense.
Vous savez, on a été lié avec Dominique. Mais j'avais tourné la page peut-être. Mais en attendant, les gendarmes veulent savoir ce qu'elle a fait dans la soirée du 14 mars, veille de la découverte du corps, puisque le légiste estime que Dominique Laplace a été tué entre 22h et 23h la veille.
Oh ben ça c'est pas compliqué. J'étais chez moi, je recevais mon neveu préféré, Malori et il m'a présenté sa nouvelle petite amie, Émilie. Et elle dit que ça s'est tellement bien passé après qu'ils se sont revus le lendemain soir toujours chez eux.
On vérifie. Le neveu Malori et sa petite amie Émilie confirme : "Ils ont bien mangé chez Tati Véronique et le 14 et le 15 au soir. Elle a un alibi solide et si vous ajoutez à ça qu'elle a des béquilles et qu'elle est plutôt coopérante, les gendarmes se disent "Ça n'est pas elle." Et à partir de là, l'enquête sans lise.
Aucune piste ne s'ouvre. C'est mal parti. [musique] Ce qui va sauver cette enquête, c'est un autre meurtre [musique] commis le lendemain dans le même département de Line, mais cette fois à l'an préfecture [musique] à 40 km de Comon.
Au début, les deux enquêtes sont séparées, elles sont parallèles. Mais je vous le dis tout [musique] de suite, quand les gendarmes vont s'apercevoir que ces deux meurtres ont un rapport, ils vont [musique] tomber sur une entreprise criminelle unique, hallucinante, d'une perversité redoutable. [musique] Mais n'allons pas trop vite.
Voilà ce qui se passe le lendemain à l'an chez José Bar, 47 ans, et sa petite amie Laura. Vers 1h du matin, on frappe au volet de leur porte d'entrée. José Barer ouvre la porte mais pas le volet.
Qui c'est ? De l'autre côté, une femme lui répond : "Bonsoir, j'ai rayé votre voiture en passant dans la rue. Je suis désolé.
Je pense qu'il faudrait qu'on fasse un constat." [musique] La petite amie raconte qu'à ce moment-là, [musique] José ouvre le volet, qu'il sort, elle est devant la télé, elle se lève, elle va à la fenêtre et elle voit une voiture démarrer en trombe. À l'intérieur, elle distingue deux silhouettes et là, elle sort et elle trouve son José couché en travers.
Il a pris une balle [musique] dans la tête, mais il respire encore. Elle appelle immédiatement les pompiers. [musique] José Barer est donc transporté à l'hôpital [musique] d'Amien et il est placé en soin intensif.
D'après les médecins, il est conscient, il comprend ce qu'on dit mais il peut pas parler. Et les gendarmes débarquent donc à l'hôpital avec une ardoise et un feutre. Monsieur, est-ce que vous savez qui peut vous en vouloir ?
José Barrer est très diminué. Il a un mal fou à écrire. En tremblant, il écrit sur l'ardoise trois lettres.
E M L. [musique] Il y a une très grosse différence entre les deux meurtres. Quand les gendarmes arrivent chez Dominique la place, il est mort.
Il ne peut pas dire "Je sais qui m'a assassiné, voici son nom." Alors que José barrè, il est vivant, mal en point mais vivant. Il ne peut pas parler mais d'après les médecins, il est conscient.
Alors les gendarmes lui tendent une ardoise et un feutre et il lui demande d'écrire qui a voulu le tuer. Et il écrit trois lettres : E M L. Et là, les gendarmes se tournent vers sa petite amie.
Vous avez une idée de ce que ça peut vouloir dire vous ? Oui oui bien sûr. À mon avis ça désigne son exilie viser son ex et la mère de leurs enfants.
Entre eux c'est d'ailleurs ça le problème du moment. La garde du petit dernier. Émilie la mère vient d'être condamnée pour non présentation d'enfant.
Ça fait un mobile un sacré mobile. Tuer le père règle la question de la garde d'enfant. [musique] Ça la règle d'autant plus que José Barer est mort.
Il meurt le 24 mars, 8 jours après son arrivée à l'hôpital. [musique] Et là, je m'arrête 2 secondes pour voir si vous suivez et vérifier que [musique] vous faites le même chemin que les gendarmes au même moment. C'est Émilie là qui est soupçonnée d'avoir tué [musique] son ex José à coup de carabine.
Est-ce que ça serait pas la même que l'Émilie qui apparaît dans le dossier du meurtre de Dominique la place ? Vous savez la petite amie [musique] du neveu préféré de Véronique. Elle s'appelle Émilie elle aussi.
Et bien c'est la [musique] même. C'est la même Émilie qui fournit avec son petit copain Malori un alibi à Véronique Pierré. Elle n'a pas pu tuer son ex [musique] Dominique puisqu'elle naît avec nous. et qui maintenant dans un deuxième meurtre qui a lieu le lendemain du précédent et désigné par la victime juste avant de mourir.
C'est la même. Est-ce que ça peut être une coïncidence à 24 heures d'intervalle ? Évidemment que non.
Alors accrochez-vous. Le stratagème que vous allez découvrir maintenant est absolument diabolique. [musique] 8 mois après les deux assassinats, les gendarmes vont donc chercher Émilie Viser et Véronique Pier, chacune chez elle. et il les place toutes les deux séparément en garde à vue.
Et il voit tout de suite que Véronique Pier est une coriasse alors qu'Emilie Viseur est plus fragile. C'est sur elle qu'il mettent la pression et au bout de 10 heures de garde à vue, la miss se déballonne. J'ai quelque chose à vous dire.
On vous écoute. Je sais qui a tué José Barrer et Dominique la place. Dites-le alors c'est Malori.
Il m'a avoué qu'il avait tué Dominique avec sa tante Véronique et il m'a dit aussi que c'était eux qui avaient tué José Barreer. Elle elle se donne le beau rôle. Elle est au courant mais elle n'y était pas.
Elle n'a rien dit parce qu'il l'a menacé. Malor et Véronique m'ont dit que si je parlais de quoi que ce soit, il s'en prendrait à moi, mon fils. Donc il y avait aussi Malori, le neveu préféré dans le coup.
Donc on va le chercher, on le place lui aussi en garde à vue et c'est lui qui révèle le cadre incroyable de ce double meurtre. [musique] D'abord, c'est lui qui les a tué tous les deux et Dominique Laplace et José Barer. [musique] Et voilà pourquoi il a été le bras armé d'un pacte noué entre les deux femmes.
Émilie Viser, sa petite [musique] amie. et Véronique Pierré sa tati. D'après ce qu'il dit, c'est Émilie qui lance le bal.
Un jour, elle dit "Je n'en peux plus de José. Fais quelque chose, débarrasse-moi de lui." Sa petite amie lui demande de la débarrasser de son ex.
Lui, il n'en est pas capable. Mais il va demander conseil à sa tative Véronique. Et elle, elle leur propose à tous les deux un donnant donnant.
OK Émilie, si tu veux, je te donne un coup de main pour te débarrasser de ton mec. Mais en échange, vous il faut que vous m'aidiez à faire disparaître mon ex Dominique. Ça vous va ?
Donnant Donnant, tu me règles mon problème. Je t'aide à régler le tien. Voilà le pacte que nous ces deux femmes, [musique] on a encore beaucoup de choses à apprendre sur ce pacte. [musique] Et en attendant, le 22 novembre 2013, après 8 mois d'enquête, Malorite [musique] Cubel est mise en examen pour assassinat et Véronique Pierré et Émilie Viser pour [musique] complicité d'assassinat et tout le monde file en prison.
S'il n'y avait pas eu de deuxième meurtre, il est probable que le premier n'aurait jamais été résolu. Il faut dire qu'ils avaient pris des précaution. Ils n'ont pas commis ces meurtres en amateur. [musique] Et maintenant, pour juger des responsabilités des uns et des autres, de chacun des membres de ce trio, il faut comprendre ce qui s'est passé.
Il faut reconstituer le scénario. Et voilà la conclusion à laquelle arrivent les gendarmes. Véronique et Malori prennent la direction de comment.
Ils arrivent chez Dominique la place. Il se gare en bas de sa rue. Véronique se planque près de la porte d'entrée et Malori frappe à la porte.
Dominique ouvre. Bonjour monsieur, je suis je suis en panne de voiture devant chez vous. Vous vous pouvez me donner un coup de main ?
Tout le monde le dit, Dominique est un brave type toujours prêt à rendre service. Ils le savent, il se méfient pas. Et Malori Cubel le poignarde en plein cœur et le tue sur le cou.
Et là, Véronique Pieré sort de sa cachette, elle a la carabine à la main et avec la crosse, elle frappe son ex une fois, deux fois, trois fois, quatre fois tout en disant "Bravo Malorie, bien joué ! Vlant prends ça une furie. Et puis ils s'en vont et sur le chemin du retour Malori et Véronique s'enfoncent dans la forêt de Saint-Gobin.
Ils s'arrêtent le long d'un chemin de terre et là ils enlèvent tous leurs vêtements et leurs chaussures et ils les brûlent. Comme ça, si on les soupçonne, on ne trouvera pas sur eux de trac de sang. La première partie du pacte est accomplie.
La deuxième partie tuer José Barer est programmée pour le lendemain. [musique] [musique] Le lendemain, le 15 mars au soir, Véronique Pierré passe chez Malori et ensemble ils se rendent talents. Il se gare près de chez José Barire et cette fois c'est Véronique qui va servir d'abas puisque José ne la connaît pas.
Elle frappe au volet de sa porte d'entrée. Qui c'est ? Bonsoir.
J'ai rayé votre voiture en passant dans la rue. Je suis désolé, je pense qu'il faudrait qu'on fasse un constat. José Barer sort de chez lui.
Véronique le conduit jusqu'à l'extérieur et Malori Cubel est en planque armé de la carabine et il tire et il lui colle une balle en pleine tête. Et là, même scénario que la veille, ils repartent la forêt, ils se déshabillent et ils brûlent tous leurs vêtements. [musique] Et Émilie dans tout ça, Émilie Viser, quel est son rôle ?
C'est son ex à elle qui vient d'être assassinée. Et bien les deux soirs, elle reste chez Véronique et pendant que son mec et sa tante tue deux fois, elle avec le téléphone portable de Malori, [musique] elle envoie des SMS, elle le géolocalise chez Véronique et elle lui fournit [musique] donc un alipi. C'est ingénieux, c'est bluffant.
José Barer n'aurait pas survécu et ne l'aurait pas balancé. C'était le crime parfait. [musique] Et le mobile alors de ces trois là, Véronique Pierré, c'est clair, elle ne supporte pas que Dominique ait refait sa vie.
Elle le liquide pour se venger. Émiliseur aussi, c'est clair. Elle est possessive.
Elle n'accepte pas que son ex José revendique la garde de son fils. Alors elle le liquide ? Enfin, c'est son petit ami Malori qui le liquide. [musique] Lui, on a un peu de mal à comprendre son mobile.
Il est le dindon de la farce. Il n'a aucun [musique] intérêt personnel à tuer ces deux hommes, sauf pour être agréable à sa petite [musique] amie et à sa tante. Et quand Malori s'aperçoit qu'il s'est fait manipuler par ses deux femmes et que c'est lui qui va payer le [musique] prix maximum, il ne le supporte pas.
Il est rongé par le remord. Et au mois d'août 2014, ça fait 10 mois qu'il [musique] est en prison. Il se bend dans sa cellule de la prison de l'an et il laisse une lettre.
Je ne peux plus vivre avec ce que j'ai commis. Au procès, il n'y aura donc que les deux femmes dans le box. [musique] [musique] Et donc pas de malorie au procès.
Véronique Pierré et Émilie Viser se retrouvent seul dans le box de la cour d'assise de l'an le 14 novembre 2016. Et d'entrée, ce qui frappe, c'est l'attitude de Véronique Pier. Depuis le box, elle fait des coucous à ses proches dans la salle et elle leur envoie des bisous, des clins d'œil.
Elle se croit au théâtre et c'est très mal perçu par la famille de Dominique Laplace et celle de José Barer. Et sans doute aussi que ça choque les jurés. Émilie Viser, elle se fait plus discrète. et les recroquvillé dans son coin.
On aperçoit à son coup les tatouages que José, son ex-assiné, qui était tatoueur, lui a dessiné lui-même. [musique] En cependant dans sa cellule, Malori Cubelle, le tueur, leur a rendu un fier service. Elles peuvent le charger et elle ne se gêne pas.
Elle lui colle tout sur le dos. Elles, elles n'ont rien fait, ni l'une [musique] ni l'autre. Tout est de la faute de Malori, tout.
Véronique Pier dit qu'elle voulait juste parler avec Dominique, pas le tuer. C'est Malori qui a voulu le tuer. Et le lendemain, Idem, elle dit qu'elle va chez José pour récupérer des affaires d'Émilie.
Rien de plus. Je savais pas que Malori avait une arme. Elle dit même quelque chose qui révolte la famille de Dominique la place. avant de mourir, il m'a regardé, il m'a dit "Pardon ma chérie, je t'aime." Et à la fin, comme dans tous les procès d'assise, on évoque la personnalité du défunt et en l'occurrence la personnalité de Dominique Laplace.
Et ses proches viennent expliquer qu'il était sensible, sergiable, généreux. Et elle, elle ose dire : "Pensez-vous, c'était un alcoolique, c'était un lâche, c'était un courageur de jupon." Pourtant, [musique] quand ses proches défilent à la barre, ils en font un portrait souriant.
Véronique, c'est quelqu'un de très chaleureux, de très humaine, de très souriante. Au point que la présidente de la cour d'assise doit remettre les pendules à l'heure. Elle a quand même été présente sur les lieux de deux meurtres en 24 heures. [musique] Et après [musique] de semaines d'audience, le verdict tombe.
Véronique Pierré [musique] est condamné à 20 ans de réclusion criminelle et Émilie Viser qui rappelons-le [musique] n'était pas présente au moment des meurtre à 10 ans. Aucune des deux femmes ne fera appel de ce verdict. Vous avez aimé cette histoire ?
Christophe Onolat vous propose de [musique] la débriefer avec un invité dans un podcast d'ors et déjà disponible sur votre application. Europe Europe [musique] 1 14h 15h ondelte bonjour à tous je vais vous raconter aujourd'hui le fait d'hiver le plus célèbre du 20e siècle l'affaire Violette nausière l'histoire [musique] d'une très jeune femme 18 ans qui en 1933 tue son père cette histoire passionne la France depuis presque un siècle pourquoi Pourquoi celle-là ? Parce que des filles qui tuent leur père, il y en a eu d'autres, beaucoup d'autres.
Et bien parce que c'était Violette, parce que c'était une jeune fille unique, indépendante, d'une modernité absolument incroyable. Et cette jeune fille, figurez-vous, malgré ce qu'elle a fait et pour des raisons que je vais vous raconter dans un instant, a d'abord été condamnée à mort et finalement réhabilité. C'est une histoire bouleversante.
Voici l'un des plus célèbres faits d'hivers de l'histoire de France. Je l'ai écrit avec réalisation Céline Lebrase [musique] 14h 15h on tracte sur Europain. [musique] Cette histoire soulève des passions depuis 1933.
Ça fait une paille. Cette affaire mythique a inspiré des films, des livres, des chansons même. Alors pourquoi elle ?
Violette Nosière tue son père parce que son père l'a violé. Il y a une [musique] quantité d'histoires similaires dans les annals du crime. Des tas d'histoires.
Alors, pourquoi se souvient-on de celle-là ? Mystère ? Je n'ai qu'une réponse à vous proposer.
Une [musique] seule. parce que c'était tel, parce que c'était violette, parce que les assassins ont parfois un truc, une sorte de charisme. C'est dérangeant mais dire le contraire serait mentir.
Et elle avait un truc, ça c'est sûr, une modernité, [musique] une indépendance, une petite folie, un truc qui a effacé tout le reste. [musique] L'affaire commence le 23 août 1933, un soir d'été, dans le quartier de Picpus du 12e arrondissement de Paris. Vers 1h du matin, les sapeurs pompiers débarquent aux neuf rues de Madagascar et la concierge les envoie directement au dernier étage sous les toits.
Montez vite, séchez les nausières. La fille, elle est rentrée d'une soirée tout à l'heure et ça sentait le gaz qu'elle a dit. Elle a dit que ses parents avaient perdu connaissance.
Montez vite. Quand les pompiers arrivent au 6e, ils enfilent leur masque. La porte de l'appartement n'est pas fermée à clé.
Il la pousse et effectivement ça sent le gaz. Oh mais c'est normal. Regarde le robinet, il est grand ouvert.
Et ben coupe-le. J'ouvre la fenêtre en grand. Notez qu'en 2 minutes, le gaz s'est envolé.
Ça ne sent plus rien. Et donc on trouve effectivement deux personnes inanimées dans l'appartement. D'abord le père Jean-Baptiste Nosière raide mort, couché sur un lit.
L'un des pompiers le touche. Il est froid. Oh mais il est pas mort depuis 5 minutes celui-là. vu comme il est floid, ça fait moins 10h.
Et dans la chambre d'à côté, Germaine nausière sa femme qui elle respire encore. Elle a du sang sur le visage mais elle est vivante. Les pompiers la mettent sous oxygène et ils l'emmènent à l'hôpital Saint-Antoine.
Et à ce moment-là débarque trois agents de police secours. Et oui, il y a un mort. Un mort par accident sans doute, mais un mort tout de même.
Et donc les trois policiers entrent à leur tour dans l'appartement. Il not qu'il y a des traces de vomi sur le tapis et sur le parquet et on dirait que quelqu'un a glissé dessus. Et puis il y a aussi du sang sur le sol de la cuisine.
Ils vont dans la chambre et ils prennent une photo du cadavre. la routine quoi. Parce que vous devez savoir que dans ces années-là, le gaz de ville était très toxique.
Il y avait beaucoup d'accidents sans compter les gens qui se suicident. Bref, la routine. Et quand les policiers ont fini, il demandent à voir la fille puisque c'est elle qui a découvert ses parents inanimés.
La fille s'appelle Violette. Elle a trouvé refuge chez les voisins, les maïs. Elle est en larme sur le sofa dans le salon en robe de balle un peu hollé hollé puisqu'elle rentre de soirée.
Son rimel a coulé. Toutes nos condoléances, mademoiselle. Je comprends les circonstances mais j'ai une ou deux questions à vous poser.
C'est pour mon rapport. Violette secoue la tête dans un sanglot. À quelle heure êtes-vous rentré ce soir ?
Ça fait 20 minutes. Vos parents avaient-il un souci particulier ? Violette sanglote à nouveau.
Bien, pardonnez-nous de vous avoir importuné, mademoiselle. Nous allons vous laisser. Et donc les policiers ouvrent une petite enquête dont l'enjeu est assez limité.
Est-ce que c'est un suicide ou est-ce que c'est un accident ? C'est de ça dont on parle pour l'instant. [musique] Le crime, je vous le dis tout de suite, à ce moment-là, personne n'y pense.
Personne. Et donc, il se renseigne sur le mort. Jean-Baptiste Naère.
Il avait 48 ans. Il était mécanicien conducteur de locomotive sur le PLM, le Paris Lyon-Mseille. S'yiqué à la sagété [musique] mais très bien noté.
C'est lui, figurez-vous, qui a conduit là il y a quelques semaines le [musique] train du président Albert Lebrand en voyage officiel dans le dou. Il a d'ailleurs une photo de lui avec le président [musique] sur la cheminée du salon. Ah, tout de même quelque chose d'intéressant.
Jean-Baptiste Nosière était en arrêt maladie depuis 3 semaines. Il avait fait un malaise sur sa loco et il avait bien failli passer sous les roues. Le médecin lui avait diagnostiqué une crise durémie.
Bon, autre chose. Figurez-vous que les pompiers sont déjà venus chez les nausières il y a 6 mois. Un début d'incendie.
La mère germaine avait été intoxiquée par les émanations. Elle était restée 10 jours à l'hôpital. Intéressant, non ?
Le père et la fille violette, eux, s'en étaient sortis. Ils avaient beaucoup toussé, beaucoup vomi mais sans aucune conséquence. Et comment s'était déclenché cet incendie ?
Violette avait expliqué un peu confuse qu'elle s'était endormie avec une cigarette au bec et qu'elle avait mis le feu par accident au rideau. Deux accidents en 6 mois plus ce malaise sur la loco il y a 3 semaines. Les nausières n'ont pas de chance hein, vous ne trouvez pas ? 14h 15h ondolatraconte sur Europain. [musique] Je vous raconte aujourd'hui l'une des plus grandes affaires criminelles du 20e siècle.
L'affaire Violette Nosière. Le 23 août 1933, Violette retrouve ses parents inanimés dans leur appartement du quartier PicPus à Paris. Le père [musique] Jean-Baptiste est mort.
La mère Germaine a juste perdu connaissance. Le robinet de gaz est grand ouvert et l'enquête au début hésite entre un suicide et un accident. Voilà où nous en étions.
Et donc le lendemain, le commissaire Gued commissariat du 12e poursuit sa petite enquête et en début d'après-midi, il passe voir Violette chez elle. Bonjour mademoiselle. J'avais l'intention d'aller interroger votre mère à Saint-Antoine.
J'ai besoin de son témoignage. Viendriez-vous avec moi ? Et bien, c'est que bon d'accord.
Et les voilà donc partis à pied vers l'hôpital qui est tout proche. Et en arrivant à Saint-Antoine, Violette a un petit mouvement de recul. Allez-y sans moi.
Mais enfin, mademoiselle, je ne comprends pas. Ressaisez-vous. Je conçois que c'est difficile pour vous tout ça.
Et ils entrent donc tous les deux dans l'hôpital. Bonjour docteur commissaire Gued commissariat du 12e arrondissement. Je souhaiterais interroger l'une de vos patientes, madame Nosière Germaine.
Ah mais c'est qu'elle est très fatiguée. Je ne pense pas que ce sera possible. Plus tard sans doute, mais aujourd'hui ça me paraît prématuré.
Je me permets d'insister, docteur, j'ai besoin de l'avoir pour mon enquête. Et là, les deux se mettent dans un bureau à part pour négocier et Violette en profite pour se carapater. Étonnant, non ?
Elle ne voulait pas entrer dans l'hôpital et maintenant elle s'est enfuie. Le commissaire Gued, comment on dit circonsp et pour tout dire un peu perdu, il ne va pas tarder à comprendre. Car le lendemain, il reçoit le résultat de l'autopsie du corps de Jean-Baptiste Nosière.
Et là, il y a comme un problème, comme un gros problème. Ça n'est pas un accident de gaz qui a tué le monsieur. Le légiste a trouvé des traces de somnifère dans son estomac, du diétyle barbiturique [musique] pour être précis et pas qu'un peu, hein, de grandes quantités, 6 g.
En revanche, dans son sang, on n' pas trouvé d'oxyde de carbone. Et ça, dans une intoxication au gaz, ça n'est pas normal. Et ça veut dire que Jean-Baptiste Nosière était déjà mort quand on a ouvert le robinet de gaz.
Il n'est pas mort à cause du [musique] gaz, il est mort à cause d'un poison. Mais ça reste possiblement un suicide, même si honnêtement le comportement de la fille violette est assez louche. Et donc le commissaire Guedourne à l'hôpital et là pas question de l'empêcher de voir Germaine, la survivante.
Elle est encore dans le coltard. Bonjour madame, nous enquêtons sur la mort de votre mari. Pardon de vous poser la question un peu brusquement.
Avez-vous tenté de mettre fin à vos jours, vous et votre mari ? Bien entendu que non, monsieur le commissaire. Nous n'avons pas du tout pensé à nous suicider.
Jamais. Mais alors que vous étiez l'arrivée ? Et bien, c'est-à-dire que c'est violette.
Elle nous a donné un verre à boire tous les deux avec de la poudre blanche. Et vous l'avez bu ? Et oui.
Elle nous a dit que c'était un médicament pour nous purifier qu'avait prescrit notre médecin et donc nous avons bu. Mais elle aussi en a bu. Et bien voilà, on y est.
La fifille a empoisonné ses parents. Gued commence à comprendre pourquoi la veille elle ne voulait pas voir sa mère et pourquoi elle s'est carapaté. Elle cachait bien son jeu la petite.
Alors où est-elle maintenant ? Le commissaire retourne à l'appartement au 6e étage et il tombe sur des journalistes qui auraient trouvé la porte ouverte. Veuillez sortir, monsieur, vous n'avez rien à faire ici.
Débarrassez-moi le plancher vite. Et après, il se met à pester. Mais qui a nettoyé le sol ?
C'est à Somit des traces de sang là et des traces de vomi. Qui a nettoyé ? C'est la voisine, madame Mayul, qui croyant bien faire a passé la serpillère.
En fouillant pas longtemps, le commissaire tombe sur deux enveloppes qui contiennent toutes les deux de la poudre blanche, l'arme du crime. Et donc, en rentrant à son bureau, il appelle immédiatement le juge d'instruction. Monsieur le juge, Gued à l'appareil.
Dites-moi, monsieur le juge, je crains que dans l'affaire de la rue de Madagascar, nous ayons affaire à un homicide. Un homicide ? Oui.
Doublé d'une tentative d'homicide sur sa mère, des Barbie Turiques. Et avez-vous un suspect ? Un peu que j'ai un suspect, monsieur le juge.
La fille Violette, 18 ans à peine. Que diable ? Il me faut donc la culper.
Oui, mais pour ça, il faut que je la retrouve. Elle a disparu, figurez-vous. Alors pour l'instant, si vous pouviez me faire parvenir à un mandat d'amener, ça m'irait bien.
À partir de là, le dossier devient un peu complexe pour le commissariat du 12e arrondissement. Le juge décide donc de saisir la brigade criminelle du 36 qu des Orfèvres. Et la presse, la presse s'empare de cette affaire.
Une fille qui empoisonne son père, c'est toujours une bonne histoire. Le journal Le Populaire en fait sa une. Une horreur que l'imagination peine à concevoir et Violette Nosière en caval se fait traiter de monstre en jupon.
Le 36 envisage aussi qu'elle ait pu mettre fin à ses jours rongé par ses états d'âmes et donc on fait draguer la scène. Et puis comme toujours à l'époque, les médiums s'autosaisent du dossier. Ils font parler les boules de cristal, le mar de café, les pendules et ils proposent des pistes.
Au passage, je vous signale que c'est toujours le cas aujourd'hui. On en parle rarement mais dans beaucoup d'enquêtes contemporaines, on voit débouler toutes les madames Irma de l'hexagone. Mais je sais où elle est Violette.
Elle n'est pas loin. Elle ne se cache même pas. Je vous y emmène. 14h 15h, on te raconte sur Europin.
Europe 1. Ondelat raconte. [musique] Je vous raconte aujourd'hui une affaire mythique, l'affaire Violette [musique] nausière.
Le 24 août 1933, dans un appartement de la rue de Madagascar à Paris, les pompiers interviennent pour une fuite de gaz chez les [musique] nausières au 6e étage. Le père Jean-Baptiste est retrouvé mort, mais Germaine la mer s'en sort. Elle est emmenée à l'hôpital [musique] où elle raconte que leur fille Violette 18 ans à peine les a empoisonné.
Entre-temps, Violette a [musique] pris la fuite. Elle est recherchée par toutes les polices de France. Venez, venez avec moi, je vous emmène la voir.
Elle n'est pas allée bien loin, elle est à la Samaritaine. Vous la voyez là, la grande gig avec le beret noir, celle qui est en train d'essayer un chapeau c'est elle. Elle est en train de faire quelques courses et tout à l'heure, elle est allée se faire faire une manucure.
Bref, elle est en train de claquer les 3000 francs qu'elle a volé à ses parents. C'est pas joli joli, hein ? Le monstre en jupant n'est pas accablé par le remord.
Alors où est-ce qu'elle dort ? Depuis 3 jours qu'elle s'est envolée à l'hôtel. Non, à l'hôtel, il [musique] faut montrer ses papiers.
Elle n'a pas pris le risque. Elle change de lit tous les soirs, figurez-vous. Elle est jeune, elle est jolie.
Et quand la nuit tombe, elle se met à chercher un amant pour la nuit. Elle n'est pas farouche, Violette, malgré ses 18 ans et [musique] sa bonne éducation. Et tous les soirs, elle trouve un bienfaiteur pour l'accueillir dans son lit.
Voilà comment elle fait. Et d'ailleurs, entre nous, elle n'a pas commencé à jouir de la bagatelle hier. L'enquête va révéler que la jeune violette nausière menait une vie de barreau de chaise depuis un [musique] bon bout de temps.
Le matin quand elle quittait l'appartement familial pour aller soi-disant au lycée en gloussant comme une bonne petite fille. Au revoir mon petit papa. Au revoir ma petite maman.
À ce soir. Dès qu'elle avait descendu l'escalier, elle n'allait pas tout droit au lycée Fenel pour préparer son bâchot. Elle allait à l'hôtel de la Sorbonne où elle avait disons ses habitudes et là dans l'une des chambres, elle se transformait en vampe.
Elle se maquillait, elle s'habillait en femme et après et ben elle allait au cinéma ou au Katzar un café du quartier latin où elle retrouvait d'autres lycéens qui comme elle préféraient les troquer aux amphithéâtres. qu'elle mentait comme une arracheuse dedans à tout le monde. Un jour, elle disait qu'elle était étudiante [musique] en sciences naturelles, le lendemain qu'elle étudiait l'ingl et une autre fois qu'elle était mannequin de haute couture ou la fille d'un général ou d'un homme politique dont elle ne [musique] voulait bien sûr jamais dire le nom.
Il lui est arrivé de raconter que son père abusait d'elle depuis [musique] ses 12 ans, mais elle était tout aussi capable de dire qu'elle était orpheline. Une menteuse. Une menteuse professionnelle. qui dans tous les cas disait qu'elle était riche et d'ailleurs au bistro, c'est elle qui payait avec l'argent [musique] qu'elle avait volé à sa petite maman.
Un jour au quartier latin, elle fait la connaissance d'un photographe. J'aimerais beaucoup mademoiselle prendre quelques clichés de vous. Voudriez-vous venir à mon studio ?
Oui, très bien. Très bien. Excellent.
Encore une. Voilà. Et maintenant, peut-être pourriez-vous laisser un peu de côté votre pudeur, [rires] mais je n'ai pas de pudeur.
Et elle s'était laissée photographier toute nu en échange de quelques billets. Sacré violette. Et bien entendu, elle couche au moment où elle commet son crime.
Elle couche depuis longtemps. On va découvrir que du haut de ses 18 ans, Violette Nosière avait deux sortes d'amants. Des amants d'intérêt, riches et souvent plus âgé.
Et à côté de ça, des amants de cœur de son âge, donc à la fois intéressé et fleur bleu. Jean d'abin par exemple, [musique] elle en a été folle amoureuse. Un étudiant en droit, un grand déjàandé avec un chapeau et une cibiche au coin des lèvres.
Elle était folle de lui au point qu'elle lui a donné de l'argent pour payer ses dettes. On la connaît pas beaucoup hein, des filles qui donnent de l'argent [musique] à leur amoureux. Ça serait plutôt l'inverse en général, surtout en 1933.
Et bien Violette le faisait et un jour, elle a même attrapé la syphilis et le docteur lui a dit "Vous êtes mineurs, faudrait informer vos parents." Les parents, figurez-vous, la croyaient vierge. Il a fallu leur expliquer pourquoi elle prenait un médicament.
Elle leur a dit qu'elle avait une forme de syphilis héréditaire et pour les mensonges, elle s'est fère. Ils y ont cru. Alors, où se cache-t-elle ?
Ça fait maintenant 6 jours qu'elle est en cavale. Je vous l'ai dit, elle ne se cache pas. Elle évite juste le quartier latin où elle est trop connue, [musique] rien de plus.
Et à force de faire la belle, et ben elle a fini par claquer les [musique] 3000 francs de ses chers parents. Et donc maintenant, elle n'a plus d'argent. Alors, elle joue les courtisanes.
Et ça, c'est imprudent. Sa photo est maintenant à la une de tous les journaux et donc le 36 commence à recevoir des signalements. [musique] On l'a vu par exemple au Mélodise, un cabaret de la rue Fontaine.
Les clients ont prévenu la police mais trop tard, elle avait déjà filé. [musique] Une autre fois, en se promenant aux invalides, elle tombe sur un fils de bonne famille, un compte, figurez-vous. lui la reconnaît tout de suite, tout de suite.
Il le lui dit d'ailleurs. Vous ne trouvez pas que vous ressemblez à cette violette dont on parle dans les journaux ? Ah bon ?
Vous croyez ? J'ai le regard moins dur. Et il lui donne rendez-vous le soir même à 8h30 dans un café.
Mais entre-temps, il va la balancer au 36 qu des enfères. Et Violette Nosière est arrêtée, furieuse d'avoir été trahie par un homme. Elle le lui dit d'ailleurs, espèce de salot.
Et là, c'est une autre histoire qui commence. Car pour avoir tué son père et tenté de tuer sa mère, Violette risque tout bonnement l'échafaud. 14h 15h on de la traconte sur Europin Europin on de la tronte je vous raconte aujourd'hui l'affaire Violette Noière en 1933 à Paris on vient d'arrêter Violette [musique] Noière une jeune fille de 18 ans accusée d'avoir empoisonné ses parents.
Sa mère s'en est sortie [musique] mais son père est mort. En la recherchant, les policiers découvrent que la jeune Violette menait une vie secrète, loin de l'image de jeune fille sage [musique] qu'elle donnait chez ses parents. Elle se maquillait, elle s'habillait comme une vampe, enchaînit les aventures amoureuses et posait nu pour des photographes, [musique] tout en séchant bien sûr les cours au lycée.
Elle vient d'être arrêtée. Quand elle arrive au quai [musique] des orfèvres, le monstre en jupon a droit à un petit comité d'accueil des dizaines de journalistes. On la descend de la voiture, les flashes crépitent et les photographes prennent cette photo qu'on retrouve le lendemain à la une de tous les journaux.
Violette en manteau noir et colle de fourrure encadré par deux policiers. et d'ailleurs taper son nom sur internet. Aujourd'hui encore, c'est la première photo qu'on vous propose.
On la regarde et on se dit "Est-ce que cette fille a une tête d'empoisonneuse ?" Eh bien non franchement pour autant qu'il y ait des têtes d'empoisonneuse. Disons qu'on les imagine rabou gris des sorcières et que là on a affaire à une grande gigue très élégante.
C'est carrément le patron de la criminelle qui l'accueille, le commissaire Guillaume. Noté pour l'anecdote qu'il est ami avec George Simenon et que c'est lui qui aurait inspiré le personnage du commissaire maigré. Mademoiselle, vous savez sans doute pour quelle raison vous êtes ici, hein ?
Nous pensons que vous avez tué votre père, que vous avez tenté de l'empoisonner et tenter d'empoisonner votre mère. Qu'est-ce que cela vous inspire, monsieur le commissaire ? Mon père mon père abuse de moi depuis que j'ai 12 ans.
Ah, ça c'est un élément nouveau. Est-ce qu'il faut la croire ? Le commissaire Guillaume en tout cas la croit.
Il dira plus tard, il y a des cris de sincérité qui ne peuvent pas tromper. C'est l'un de ces cris que j'ai entendu au cours de la soirée du 28 août. Si coupable que fut Violette nausière, elle méritait au moins d'obtenir des circonstances atténuantes.
Le commissaire Guillaume transmet ensuite le bébé au juge d'instruction [musique] Edmond Lanois. Et c'est à lui que Violette raconte tout. Elle a commencé par se procurer le somnifère qui, vous l'avez compris à haute dose [musique] devient un poison.
Le soménal qui se présente sous la forme de cachet qu'elle a réduit en poudre et répartie dans deux sachets. Elle a ensuite pris du bicarbonate [musique] de soude qui est absolument inoffensif et elle en a mis dans un troisième sachet qu'elle a marqué d'une petite croix pour le reconnaître. Et le soir du 22 [musique] août, après le repas, juste avant d'attaquer la partie de Belotte contrée quotidienne, elle a sortie de son sac les trois sachets.
Papa, maman, ce médicament là, c'est le docteur qui me l'a donné. Ça vient des États-Unis. C'est un purificateur révolutionnaire.
Alors, il faut le mélanger à de l'eau et l'avaler d'un trait. Tu es certaine ? Le docteur ne nous en a jamais parlé.
Si, je suis certaine. Ah ben oui, le docteur insiste pour que vous l'absorbiez d'un coup hein avant de vous coucher. Elle a rempli les trois verres d'eau, versé le contenu des trois sachets et bien repéré son verre qu'elle a avalé Cussec.
Mon père, monsieur le juge, a bu juste après. À la fin, il a fait une grimace et puis ma mère s'est lancée, elle a trouvé çauvable. Elle n'en a bu que la moitié et elle a vidé le reste dans l'évier.
Je pense que ça explique les survécu. Mon père s'est senti mal assez vite, alors il s'est levé et il est allé vers son lit et puis s'est écroulé. Et là, Violette se dit que puisque sa mère est vivante et encore consciente, il faut qu'elle fasse un peu de cinéma.
Alors, elle se plie en deux douleur, elle s'écroule et elle attend. Elle ne bouge pas. Sa mère finit par s'endormir tandis que son père agonise.
Et après, qu'avez-vous fait, mademoiselle ? Écoutez, ma mère avait 1000 francs dans son corsage. Je les ai pris et puis j'ai pris 2000 francs dans l'armoire et puis je suis parti.
Quelle heure était-il ? Je dirais aux environs de minuit. Elle a marché une heure pour se changer les idées.
Remarquez, il y avait de quoi et après elle devait être consolé puisque elle est allée dans un bistro au quartier latin [musique] où elle raconte qu'elle a offert plusieurs tournées générales. Le lendemain, elle est allée à la poste pour envoyer un pneumatique à ses parents. J'ai rencontré une amie, je ne pourrais pas être de retour à la maison avant tard ce [musique] soir.
Son idée était que l'employé des pneumatiques découvre les corps et donne l'alerte, ce qui n'a pas été le cas, mais elle avait [musique] bien pensé son coup tout de même. Et ensuite, elle est allée chercher Mad elles sont allées faire la fête. Elles se sont mises en chasse comme elles disent.
Et la chasse a été fructueuse puisqu'elles ont fini la soirée chez un soi-disant diplomate suisse avec vue sur la scène et sur la tour Effel. [musique] Et après, elle est rentrée chez elle et son père était mort. et sa mère.
Non. C'est pour ça, monsieur le commissaire, que j'ai ouvert le gaz. C'est pour ma mère.
Je l'ai laissé ouvert 10 minutes. Pendant ce temps-là, je suis allé dehors et puis après, j'ai frappé chez mes voisins pour qu'il fasse appeler le pompiers. Voilà.
Voilà ce que Violette raconte d'un trait au juge d'instruction, sans chercher à se dissimuler avec tous les détails. Reste la question. Pourquoi ?
Pourquoi les avez-vous tué mademoiselle Noière ? Ah mais je n'ai pas voulu tuer ma mère. Je l'ai fait pour lui éviter du chagrin, c'est tout.
Si je voulais tuer mon père, je n'avais pas le choix. Et votre père justement, pourquoi voulez-vous le tuer ? Le juge évidemment cherche à lui faire répéter ce qu'elle a déjà dit au commissaire.
Ah mais je l'ai dit au commissaire. Je ne le répéterai pas. C'est difficile, vous comprenez ?
Non non, il ne comprend pas. Le commissaire n'avait pas le droit de l'interroger. Il y a une instruction en cours.
Il avait demander de l'arrêter, c'est tout. Et il l'a interrogé et maintenant elle ne veut même pas répéter que son père l'a violé. Il est furax, il est enrage.
Alors il décroche son téléphone pour souffler dans les branches du commissaire Guillaume. Oh mais je suis confus, monsieur juge. C'était un entretien informel, vous savez.
Et ce soir-là, le 31 août 1933, Violette Nosière est conduite à la prison de la petite roquette. C'est sa première nuit en prison. Le lendemain, le juge organise une confrontation avec la mère.
C'est un moment très éprouvant, très Violette implore le pardon de sa maman en vain. Je te pardonnerai, ma fille, mais seulement quand tu seras morte. Morte, tu entends ?
La mère qui 15 jours plus tard se constitue partie civile contre sa fille. L'enquête est bouclée, le procès approche. La jolie violette risque la guillotine. [musique] 14h 15h, on de la tracte sur Europin.
Europ [musique] la tracte. Je vous raconte aujourd'hui une très grande [musique] affaire criminelle de 1933, l'affaire Violette Nausière. Violette à 18 ans empoisonne son père et sa mère, mais sa mère survit et l'accuse.
Arrêtez, elle reconnaît les [musique] faits, mais elle révèle au commissaire Guillaume qu'elle a tué son père parce qu'il abusait d'elle depuis ses 12 ans. Si elle a voulu tuer sa mère, c'était uniquement pour lui éviter le chagrin. Devant la cour d'assise, [musique] elle risque la guillotine.
Le procès de Violette nausière devant la cour d'assise de la scène à Paris s'ouvre pour 3 jours le 10 octobre 1934. La salle est pleine à craquer. L'écrivaine Colette est là au premier rang et malheureusement pour les journalistes, Germaine Nosière la mère n'est pas là.
Elle s'est faite représenter par son avocat. Violette apparaît dans le box en chapeau blem boudeuse la tête baissée qui utilise son chapeau pour se cacher. Et ensuite on se met à raconter sa vie.
On fait défiler ses amis et ses amants. Jean d'abin par exemple. Monsieur Dabin, reconnaissez-vous que mademoiselle Noière vous donnait de l'argent ?
Oui, mais elle m'avait dit que ses parents étaient riches. Combien vous donnez-elle ? Oh, dans les 100 francs par jour.
Mais pour le grim, je n'ai rien à voir. Et là, l'avocat général bondit de sa chaise. Vous ne relevez pas de la justice et c'est regrettable, monsieur Dabin, mais soyez assurés que vous relevez du mépris général.
Et le jeune Dabin s'éclipse sous les hués. Mademoiselle, pouvez-vous nous dire dans quel état d'esprit vous étiez au moment où vos parents ont avalé le contenu de leur verre ? Et là, Violette s'évanouit.
Le premier jour, elle s'évanouit deux fois et il faut à chaque fois suspendre l'audience et puis elle revient et on reprend. Le deuxième jour, la mer débarque. Les journalistes sont ravis.
Ils rêvent d'une prise de bec entre la mère et la fille. Ils vont être déçu. Je veux dire ici quelque chose concernant Violette, je lui ai pardonné.
Je je n'ai plus de haine pour elle, ma malheureuse enfant. Et là-dessus, elle va pour quitter la salle, elle se retourne et elle hurle. Pitié, pitié pour mon enfant, je vous en supplie.
Et Violette lui répond de son box. Je te demande pardon, maman. Je te demande pardon.
Ensuite, on lui demande, maintenez-vous les accusations d'inceste contre votre père ? Oui, monsieur le président. Et puis arrive la fin, le dernier jour, l'avocat général Godel prend la parole face au juré.
Il est très dur, très dur. Le meurtre était prémédité. Il est calculé, exécuté de sang froid.
Le sang froid est queurant de l'accuser. Son insensibilité. Alors rien, rien ne me permet de vous demander d'atténuer votre verdict.
Rien. Et c'est la mort que d'un cœur ferme je vous demande. Et là, violette à nouveau s'évanouit et c'est ensuite son avocat qui parle.
Maître de Vine la rue. C'est un bleu. Il semble avoir le même âge qu'elle.
Il manque d'expérience. Il n'est pas très bon et elle aurait sans doute mérité mieux. Mais il dit ce qu'il y a à dire.
Violette, une criminelle, un monstre, n'est-elle pas d'abord une victime ? Les condamnateurs ont beaucoup parlé des noirceurs de son milieu d'adoption. Mais qu'en est-il du climat familial dans lequel elle a grandi, hein ?
Qu'en est-il ? Et à la fin des fins, le président demanda à Violette si elle a quelque chose à ajouter. "Je veux remercier ma mère de m'avoir accordé son pardon." Et elle ne dit rien d'autre et les jurés se retirent.
Et là, j'insiste sur le fait qu'en 1934, il n'y a que des hommes parmi les jurés. Les femmes n'ont pas encore le droit d'être jurées puisqu'elles n'ont pas le droit de vote et qu'on tire au sort les jurés sur les listes électorales. Violette Noière va donc être jugée par des hommes, donc des pères de bons pères de famille qui n'auront aucun mal [musique] à se projeter dans la peau de la victime qu'il leur ressemble finalement et qui ne seront pas forcément très perturbés par le fait que la gamine soit peut-être passée par le lit du défunt.
Le délibéré dure une heure et voici le président et les jurés qui reviennent. La cour prononce contre mademoiselle nausière violette, la peine de mort. Elle ordonne qu'elle soit conduite à l'échafaud en chemise nu pied.
La tête couverte d'un voile noir qu'elle soit exposée au pied de l'échafaud. Le greffier dira "La sentence du peuple et elle sera immédiatement exécutée à mort." qu'il soit fait selon notre volonté.
Violette à ce moment-là est prise d'une crise de nerf. Vous êtes tous des saliges tous des saligos. Je vous maudis.
Je vous maudis tous. Les gardes l'emmènent et jusqu'au bout, elle se débat. Mais je vous le dis tout de suite, Violette va sauver sa tête et elle va même sauver son honneur. 14h 15h, on de la tracton sur Europolatra.
Je vous raconte aujourd'hui l'affaire Violette Nosière [musique] condamnée à mort en octobre 1934 à Paris pour avoir à l'âge de 18 ans empoisonné son père et tenter d'empoisonner sa mère. Les jurés, tous des hommes, n'ont pas retenu comme circonstance atténuante le fait qu'elle dit que son père abusait d'elle depuis ses 12 ans. [musique] Le soir de sa condamnation à mort, Violette est ramené à la prison de la petite roquette.
Mais on la change de cellule. On la place dans le quartier des condamnés à mort. Lumière allumée 24 et deux gardiennes qui se succèdent pour la surveiller car on a peur qu'elle se suicide.
En vérité, chacun sait qu'elle ne sera pas exécutée. En 1934, on n'exécute pas les femmes en France. Les hommes oui, mais pas les femmes.
Et effectivement, donc elle est graciée par le président Lebrun la veille de Noël 1934 et sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Et quelques semaines plus tard, elle est donc conduite en train à la prison centrale d'Agenot en Alsace pour y purger sa peine. Et là, je vous dis que la prison d'Agno, c'est pas de la tarte.
C'est une prison très dure gérée par des bonnes sœurs, des sœurs de Bétanie. Violette est enfermée dans une grande salle très sombre dans laquelle sont posé des sortes de cages à poule de 2 m C. Une cage par des tenu interdiction de parler aux autres et de fumer et de se maquiller.
Violette contre toute attente fait le choix de se plier à la règle. Elle ne se révolte pas. Comment on aurait pu s'y attendre ?
Elle obéit. Elle va même à la messe le dimanche. C'est ça qui va la sauver de ces horribles conditions de détention.
La foi. En mai 1940, devant l'avancée allemande, Violette quitte l'Alsace pour la maison d'arrêt de Renn en Bretagne. Nette amélioration, la prison est moins sinistre et là va se produire quelque chose d'extraordinaire. compte tenu de son comportement en prison et avec le soutien [musique] de l'Église catholique, son avocat dépose une demande de réduction de peine et il l'obtient.
De qui ? Du maréchal pétin, figurez-vous. La peine de Violette nausière est réduite à 12 années de travaux forcés. sacrée remise de peine. [musique] Et à partir de là, elle compte les années et en août 1945, 12 ans jour pour jour après son arrestation, elle est libérée.
Et là, il faut que je vous raconte quelque chose qui pour le coup lui ressemble vraiment. Au cours des dernières années en prison, elle a travaillé pour le comptable de la prison et elle a fait connaissance avec son fils donc Pierre. Pierre Girot.
Et bien dès qu'elle sort de prison, elle s'installe avec Pierre et un an plus tard, il se marie. Violette avait un temps envisagé de prendre le voile en sortant de prison. Elle est revenue à la raison.
Elle s'appelle désormais madame Pierre Girot. Ils ont cinq enfants, une petite fille et quatre garçons. Malheureusement, Pierre meurt dans un accident de voiture et Violette va donc élever seul ses cinq enfants, tout en continuant de veiller sur sa mère Germaine.
Mais elle continue de recevoir de temps en temps la visite de son avocat. Vous vous souvenez mettre deuxin la rue qui l'avait si mal défendu au procès. Il ne l'a jamais lâché comme s'il cherchait à se rattraper.
C'est lui qui a obtenu la révision de sa peine et maintenant il veut encore mieux. Il veut sa réhabilitation. Il veut qu'on efface sa condamnation totalement.
Il dépose deux demandes, c'est la troisième qui est la bonne. Violette Nosière est entièrement réhabilité le 18 mai 1963. Décision, je dois vous le dire, absolument exceptionnelle dans l'histoire judiciaire française.
Sa condamnation est tout bonnement effacée. Malheureusement, elle n'aura pas le loisir d'en profiter longtemps. Violette Nosière est atteinte par un cancer du sein et elle s'éteintte en 1966.
Mais à partir de ce moment-là, son mythe prend le relais qui lui ne s'éteindra jamais. Comme l'a si bien écrit André Breton, tu ne ressembles plus à personne de vivant ni de mort, mythologique jusqu'au bout des ongles. C'était on tracte demain de 14h à 15h, on retrouvera Christophond bien sûr dans un nouveau récit, une histoire unique puisqu'il racontera le destin exceptionnel de Joseph Vachblat.
Jo Vacheblat euh qui a 15 ans a été sélectionné pour la chambre à gaz à Aushwitz Birkeno. Il y échappera de justesse et il attendra plus de 50 ans pour révéler son secret. Donc demain dès sur Europe. [musique] Europe 1.
Ondelat raconte Christophe ondelat. Voici l'histoire d'un crime passionnel commis pendant la Première Guerre mondiale en 1917 à Lourde dans les Hautes Pyrénées. L'histoire d'une bourgeoise Germaine Biétrix qui tue la maîtresse de son mari.
Je vous le dis tout de suite parce que vous le saurez très vite mais dans cette histoire ce qui compte c'est la fin. Je la tire d'un livre de Jean-François Fourcade dit coudache crime en pigor aux éditions Midi Pyrénéenne. Je l'ai écrite avec Nicolas Loupien.
Réalisation Céline Lebrass Europe [musique] Christophe ondelate. [musique] Cette histoire se passe donc dans la bonne ville de Lourde en janvier 1917. Lourde, ça vous parle ? les hautes pyrénées là, la bigor, les apparitions de la Vierge, la grotte, la basilique, tout ça, les Vierges en plastique.
Bon, ça c'est pour le décor parce que mon histoire est assez éloignée des jupons de la Vierge Marie. Dans l'après-midi du 29 janvier 1917, à l'hôtel Terminus, la patronne, madame Clavery est en train de faire le point avec deux de ses employés. Quand soudain, elles entendent un cri.
Ça vient du deuxème étage ça, non ? Chambre 10 hein, chez madame Plissonnier. Marie va donc voir.
La femme de chambre se précipite au deuxè étage. Elle arrive devant la porte de la chambre 10 et de l'autre côté de la porte, une voix lui répond : "C'est c'est rien. C'est c'est passé.
C'est passé." "S'est passé quoi ? Elle n'en sait rien mais ça la rassure.
Elle s'apprête à redescendre et là elle entend des pas dans la chambre, des pas de chaussures et pas des pas de chausson. Bon, elle redescend. Un petit conciliabul s'organise dans le hall de l'hôtel et si on remontait voir, elle remonte toutes les trois, elle frappe à nouveau.
A pas de réponse. Marie va prévenir la police. [musique] Au poste de police, la femme de chambre tombe sur l'agent Arasus de permanence.
Des cris dans l'une de vos chambres. Oh, faut que je prévienne le chef hein. Il va le chercher au cinéma le Palace où il est en service.
Le brigadier Auguste Borde fonce tout droit à l'hôtel Terminus. Alors madame Claverie, que se passe-t-il ? Et bien des cris bien inquiétant brigadiers et qui viennent de la chambre 10.
Je pense qu'il faudrait l'ouvrir pour voir quoi. Mais mais la clé est sur la porte à l'intérieur. Allons voir de suite.
Avec un ciseau à bois et une pince, le brigadier borde fait sauter la serrure. Et là, il des [ __ ] il trouve une femme blonde étendue sur le dos avec de grandes taches de sang sur le corsage. C'est la locataire de la chambre.
C'est la veuve plissonnier morte. morte [musique] et à côté assise dans un fauteuil une autre femme, les yeux agarres qui tremblent de tous ses membres mais vivante elle et à ses pieds un grand couteau de cuisine. Et cette femme, madame Claverie, la patronne, la reconnaît tout de suite.
Et les femmes de chambre aussi, c'est une cliente de l'hôtel. C'est la locataire de la chambre numéro 2 au premier étage, madame Biétrix. [musique] [musique] Cette femme, le policier lui demande de venir au poste.
Elle est tellement secouée qu'elle n'arrive même pas à se lever du fauteuil. Ils doivent la prendre par le bras. En chemin, elle demande à s'arrêter h ou 10 fois et à la fin, il faut même la porter.
Et plusieurs fois, elle demande, dit "Dites, monsieur, elle n'a pas trop mal ? Ça sera rien. Mais non madame, trois fois rien. [musique] Et donc Germaine Biétrix parce qu'elle se prénomme Germaine se retrouve au commissariat de Lourde face au patron, le commissaire Lacase.
Alors madame, est-ce que vous pouvez m'expliquer ce qui s'est passé dans cette chambre ? Et bien il y a quelques jours, j'ai j'ai intercepté une lettre qui était adressée à mon mari par une Gabrielle plissonnier. Elle me donnait rendez-vous à l'hôtel Terminus de lourd de ce dimanche.
J'ai compris que c'était sa maîtresse et donc j'ai décidé de venir à Lourde par le train pour demander des explications à cette femme avec un couteau de cuisine. Je savais qu'elle avait elle-même un un revolver. C'est pourquoi j'ai pris un couteau.
Et que s'est-il passé dans cette chambre, madame ? Oh, j'ai j'ai très mal à la tête, monsieur le commissaire. Je ou je je je souffre énormément.
Je je vous en prie. Cess de m'interroger. Le commissaire Lacase accepte de mettre un terme à ce premier interrogatoire.
Il écrit dans son procès verbal constatons que madame Buetrix porte de nombreuses égratignures sur les deux avant-bras. Ses vêtements sont tachés de sang. La vue de ce sang provoque chez elle une crise de larme.
Ses propos deviennent incohérents. Elle s'inquiète de l'état de sa victime que nous lui taisons et nous supplie de ne pas l'interroger davantage. Le commissaire fait aussi l'inventaire des pièces à conviction, un couteau de cuisine et trois linges hygiéniques dont deux sont tachés de sang. [musique] Réinterrogé le lendemain à [musique] 8h par le même commissaire Lacasse, Germaine Biétrix redit à peu près la même chose.
Son but était d'avoir une explication franche avec sa rivale. Et je regrette, oh mon dieu, ce que je regrette ce que j'ai fait du fond de mon âme. Pas un instant.
L'idée de m venue de vouloir le frapper par Jonas. Ce ce matin, madame, vous vous pourriez me raconter ce qui s'est vraiment passé dans la chambre ? Mais mais c'est que je ne m'en souviens pas du tout.
Du tout. et elle remet au commissaire la fameuse lettre qu'elle a interceptée. [musique] Évidemment, le corps de Gabriel Plissonnier [musique] est transporté chez le médecin légiste de Lourde, le docteur Verges, qui livre ses premières constatations.
Nous avons six cours de couteau, hein, et ici des traces strangulation, hein. Et oui, elle a aussi essayé de l'étrangler et le même docteur est missionné pour expertiser l'accusé. Et il faut que je vous lise deux ou trois passages de son rapport.
Au moment où elle a accompli son acte, l'inculpé avait ses règles. J'ai visité moi-même son linge hygiénique qui se compose de quatre serviettes de toilettes tachées de sang. Et il ajoute la menstruation peut donner lieu chez certains névropathiques à des troubles cérébraux.
On a même constater des accès de folie périodique. Un choc moral survenu pendant la menstruation peut déterminer des désordres psychiques se traduisant par l'amnésie. Il est donc possible qu'elle n'ait pas eu pendant un temps plus ou moins long l'intégrité de sa mémoire.
Ça alors c'est Ragnag pourrait expliquer son amnésie. [musique] Une information judiciaire est ouverte [musique] dans la foulée pour assassinat et Germaine Biedrix est déférée devant le juge d'instruction. Elle lui redit à peu près la même chose qu'au commissaire à un détail prêt.
Quand je lui ai dit qu'elle devait quitter mon mari, et bien elle m'a répondu qu'elle entendait demeurer sa maîtresse. À l'issue, le juge l'inculpe pour assassinat, c'est-à-dire meurtre avec préméditation, ce qui veut dire qu'elle est passible de la peine de mort. [musique] Alors maintenant, il faut que je vous explique qui sont ces gens.
La victime d'abord, Gabriel Plissonnier né Fourneau. Son mari était pharmacien, il est mort jeune d'un cancer en lui laissant une petite fortune. Et donc veuve, elle décide de s'installer à Besançon où elle commence à fréquenter les salons de la bourgeoisie locale.
Et c'est là qu'elle rencontre le docteur Berix car le mari Vitar Roulette est un docteur de Besançon. Un radiologue marié, c'est bien le problème à Germaine la meurtrière. Marié mais infidèle depuis le premier jour disent les gens.
En menant leur enquête, les gendarmes découvrent que tout le monde est au courant. Tout le monde sait depuis le début que Germaine a des [musique] cornes et forcément un jour elle finit par la prendre elle-même, une de ses bonnes amies qui lâche le morceau. Ma chérie, je dois à notre amitié de vous dire que Louis, on voit d'autres femmes.
Oh, c'est terrible, je sais, mais je ne pouvais pas vous le cacher plus longtemps. Il était temps qu'elle le sache parce que Germaine se met à recevoir des lettres, des lettres anonymes avec la liste des maîtresses de son mari dont cette fameuse veuve plissonnier. Et maintenant quand elle marche dans la rue, elle entend la rumeur sur son sillage.
Les cornes, les cornes. À un moment, elle songea divorcée et puis son docteur de Marie lui fait des promesses. Je vous promets ma chère de de renoncer à toutes ces femmes pour vous garder.
Vous vous connaissez les hommes, je suppose. En connaissez-vous qui est trompé et qui ne trompe plus ? Très peu, très peu.
L'homme en rut est incorrigible. Croyez-en mon expérience de la vie. Bref, le docteur Beatrix ne tient pas sa promesse. [musique] Et là-dessus arrive la guerre de 14 [musique] et le docteur est mobilisé et il part combattre dans l'oise où il est légèrement blessé par un éclat d'OBU.
Ensuite, il est faitonnier, envoyé en Allemagne, puis libéré en juillet 1915 et à peine rentré, décoré de la croix de guerre, la fine lame reprend du service. Il retrouve la veuve plissonnier incorrigible et sa femme lui pardonne encore. Et quand en juillet 1916, le docteur Beetrix est nommé médecin chef du service de radiographie de bannière de bigor dans [musique] les Pyrénées, elle se dit "C'est bon, nous voilà débarrasser de ma rivale." La suite nous prouva que non.
Le juge d'instruction Morion entend Germaine Biétrix à quatre reprises et quatre fois elle lui dit la même chose. Sur le meurtre lui-même, elle n'a aucun souvenir. Le juge entend ensuite sous serment tout le personnel de l'hôtel Terminus et ils insistent tous sur l'état dans lequel elle était quand ils ont ouvert la porte.
Elle était totalement prosée dans un état d'ébêtu absolu. Mais surtout le juge interroge comme témoin son mari, la fine lâ le docteur Biétrix. Il lui raconte que 4 jours avant le meurtre dans le train par hasard, il est tombé sur la veuve plissonnier.
J'avoue que j'étais bien loin de me douter de cette rencontre. Elle m'a dit "Tu fais une rôle de tête." Je lui ai dit, il y a de quoi ?
Que viens-tu faire ici ? Enfin, j'étais furieux, d'autant plus que il y avait là le capitaine de gendarmerie de bannière. J'étais gêné qu'il me voit avec elle.
Bon, finalement, elle m'a demandé que nous passions la soirée ensemble à la maison. J'ai accepté à condition que le lendemain, elle rentre chez elle. Mais le lendemain, elle m'a fait une scène.
Elle a réclamé que je vienne la voir à Lourde. Elle m'a dit, elle m'enverrait une lettre pour me dire où et quand. Et le lendemain, bah j'ai demandé au vagu maestre de l'hôpital s'il y avait une une correspondance pour moi et il m'a dit que oui, qu'il l'avait posé sur mon bureau.
Et et là, je me suis dit tout de suite, ma femme est tombée dessus. Et voilà quoi. Vous vous connaissez la suite.
Que pourriez-vous dire, docteur sur madame Plonnier, votre bon ami ? et bien que c'est une femme qui voyage beaucoup, tout seule, qu'elle porte un petit broning dans son manchon, qu'elle est assez violente, qu'elle s'emporte facilement mais mais qu'elle a bon cœur pour les malheureux. Oui.
Voilà. [musique] À ce stade, le juge est parvenu à reconstituer l'enchaînement des événements qui a conduit au meurtre. 2 jours avant, le 27 janvier, Germaine Biétrix va à l'hôpital de Bnière pour porter un costume à son mari car il doit assister à un enterrement un sergent qui a été tué au front.
Je vous rappelle que tout ça se passe pendant la guerre. La secrétaire l'a fait entrer dans le bureau mais son mari n'est pas là. Alors, elle décide de l'attendre et là entre le vague maestre de l'hôpital.
Ah, pardonnez-moi madame, je je dépose une juste une lettre pour le docteur. Germaine jette un œil sur la lettre ? Non, d'une pipe.
Elle reconnaît tout de suite l'écriture de la mère plissonnier. Et donc, elle ouvre l'enveloppe et la lettre est à l'entête de l'hôtel Terminus de Lourde. Elle la lit forcément.
Mon passionnant aimé. Je suis donc descendu au Terminus. Jolie petite chambre très propre et surtout chauffage central.
Je t'attends dimanche matin comme il est convenu. J'ai été si heureuse de te revoir. Je te croyais perdu.
Je revis. Je bénis le hasard providentiel qui nous a fait nous rencontrer hier. Quelle délicieuse journée j'ai passé.
C'était l'une des meilleures journées de ma vie. Et cette nuit, oh cette nuit, j'en suis encore si délicieusement courbaturé. Il me semble quand tu m'enlasses que tu fais couler du feu dans mes veines.
Je t'envoie, mon cher grand aimé, mes caresses les plus passionnés et mes baisés les plus ardents. Je te sers fort à te faire mal. Je t'aime infiniment plus que jamais.
Passionnément tout à toi. Postcriptum, tâche de venir le plus tôt possible. Dimanche, voilà donc la lettre qui a tout déclenché.
C'est une lettre terrible, pleine de passion amoureuse. C'est une lettre obsène en vérité. Et je vous laisse avec cette question. [musique] Si vous vous trouviez une telle lettre adressée à votre amour, que feriez-vous ?
Que feriez-vous ? Germaine, elle [musique] décide d'aller trouver sa rivale. Elle prend au passage un couteau de cuisine pour se défendre, dit-elle, et elle prend le train de 18h50 à bannière.
Elle arrive à lourde à 20h et décide de louer une chambre dans le même hôtel près de la gare. Bonjour madame. Auriez-vous, s'il vous plaît, une chambre disponible ?
Oui, bien entendu. Tenez, la chambre de au premier étage. Dites-moi, est-ce qu'il y aurait dans votre hôtel une cliente, une dame blonde d'une quarantaine d'années un peu boulotte qui serait là depuis hier ?
Parfaitement, madame. Ah, je suis une de ses amies. J'aimerais lui faire une surprise.
Pourriez-vous m'indiquer sa chambre ? la numéro 10 au 2è étage, c'est-à-dire la chambre juste au-dessus de la sienne. Depuis sa chambre, elle entend ses pas sur le plancher.
Elle l'entend qui prend un bain. Elle l'entend qui sort du bain et là, elle se dit, c'est maintenant. Elle monte, elle s'approche de la porte, elle s'aperçoit qu'elle est ouverte, elle entre.
Elles ont une discussion très vive. Elle sort son couteau de son manchon. et elle la tue.
Le procès s'ouvre pour de jours le 18 juin 1917 à Tarbe. Un jour de canicule et la salle bien sûr est pleine à craquer. Beaucoup de femmes qui tentent de se rafraîchir avec leur éventail.
La cour. On commence par procéder au tirage au sort des 12 jurés. Et ma fois, il y a que des hommes.
Parce que pour être juré, il faut être électeur. Et en 1917, en France, les femmes ne votent pas. Monsieur le greffier, je vous prie, veuillez procéder à la lecture de l'acte d'accusation. [musique] Et après, le président Truchi s'adresse à l'accusé avec beaucoup de tacte, beaucoup de courtoisies.
Elle raconte sa vie conjugale difficile, ses humiliations, ses pardons, les promesses non tenues de son mari, la découverte de la fameuse lettre et finalement la discussion très vive qu'elles ont eu dans la chambre. Je n'avais pas l'intention de la tuer. Je voulais juste avoir eu une explication.
À un moment, elle m'a dit que quoi qu'il arrive, elle resterait la maîtresse de mon mari. Et là, je sais pas ce qui s'est passé. À partir de là, je ne me souviens plus de rien.
Elle est touchante et dans la salle, on compatit à sa détresse de femmes trompées. Et quand les témoins viennent raconter à quel point elle a été humiliée par son mari, on entend des sanglots dans le public. L'une des domestiques du couplex vient à la barre.
Oh ben madame m'a dit plusieurs fois si j'avais pas d'enfant je voudrais mourir. [musique] Et là même les jurés se mettent à pleurnicher. Mais le moment le plus marquant c'est quand un ami du couple Beatrix, un avoué de Besançon maître Pin, vient témoigner à la barre.
C'est lui que Germaine Birix avait chargé des formalités de divorce auxquelles elle avait finalement renoncé. Je tiens à préciser ici en préalable que les époux Biétrix dont je suis l'ami et par ailleurs le conseil m'ont relevé de mon secret professionnel. Ceux qui bien sûr m'autoris à témoigner des confidences qui m'ont été faites.
Lorsqu'en 1912, madame Biétrix m'a demandé de provoquer le divorce, c'est moi qui suis intervenu pour rétablir l'union entre eux. en accord avec monsieur Brix, c'est moi qui suis allé voir madame Pognier pour lui demander de cesser sa relation et vous savez ce qu'il en était devenu et Gerben a vécu cela comme une provocation, comme une torture morale. Je vous remercie, maître.
Bien, je vais procéder maintenant à la lecture d'une lettre écrite par madame Virix à son mari en mai 1916 pour en quelque sorte le supplier de revenir à elle. Et euh en préalable, je dois dire ici que dans toute ma carrière de magistrat, je n'ai jamais lu de lettre plus belle, plus noble et et même je dirais plus sublime. Je lis.
Mon cher Louis, je ne fais que songer au nouveau chagrin que tu me causes. Je m'y attendait si peu. J'avais en toi une si grande confiance que j'en demeure anéanti.
Malgré tes serments, tu as donc revu ta maîtresse et j'en ai été plus cruellement atteinte que je ne saurais le croire. Comme d'habitude, mon pauvre grand, tu n'as pas beaucoup réfléchi à ce que pourrait te coûter les caresses de cette vieille femme. Malgré cela, je veux pourtant te parler de pardon, car je t'aime mieux qu'autrefois.
J'espère que toutes ces paroles que j'écris avec mon pauvre cœur malade te toucheront et que tu me reviendras avec des mots de regret et autre chose que de vagues promesses. En attendant, veux-tu me laisser t'embrasser longuement et tendrement comme tu sais que je t'aime ? Quand le président termine la lecture de cette lettre d'amour, il a lui-même les larmes aux yeux.
Et dans la salle, les gens pleurent comme des madeleines. L'audia s'est suspendu. Elle reprendra demain matin à 7h.
Le lendemain matin, la salle est à nouveau pleine à craquer et le président Truchi donne la parole à l'avocat général pour son réquisitoire. Tout le monde est impatient de l'entendre. Qu'est-ce qu'il va demander ?
Quelle peine va-t-il requérir ? Dira-t-il que Germaine est un assassin ou qu'elle a donné la mort sans intention de la donner ? Monsieur le président, messieurs le jugés, il me semble que le cœur d'une femme recelle des trésors insondables, des tempêtes terribles qui viennent comme un coup de foudre bouleverser les meilleures tendresses et les foyers les plus unis.
On commence par un flirt. Mais en amour, la pente est si glissante que les passions une fois déchaîné. Il est bien difficile de se ressaisir.
On comprend tout de suite que l'avocat général lui-même a été touché par la dame. Il est tout en modération, tout en réserve et à la fin, il ne demande pas expressément de peine. Vous la déclarerez. coupable.
Bien sûr, il ne faut tout de même pas oublier que dans cette affaire, une femme a été tuée. Incroyable mensuettude de l'avocat général. À ce rythme, ils vont tout de même pas la quitter. [musique] [musique] Puis vient la plédoirie de l'avocat de Germain, maître Paul d'Angos.
J'ai senti comme un souffle de réconfortante sympathie parcourir cette salle d'audience. Elle nous a fait chaud au cœur et elle a fait chaud au cœur à ma cliente. Je le sais.
Si bien que je vous adjure messieurs les jugés d'entendre cette compréhension qui est la notre et qui semble être la vôtre. Quitla à quitterla au nom des souffrances qu'elle a enduré. Acéla une femme qui a donné six coups de couteau à une autre femme à quitter là. [musique] Avant que les jurés ne se retirent, le président leur lit la liste des questions auxquelles ils devront répondre.
Première question. Germaine Biétrix est-elle coupable d'avoir volontairement donné la mort à madame Gabrielle Prissonnier ? Deuxè question.
Ce crime a-t-il été commis avec préméditation ? 3è question. Germaine Brix est-elle coupable d'avoir volontairement porté des coups et exercé des violences sur madame Gabrielle Plognier ?
Enfin 4e question. Ces coups ont-ils entraîné la mort sans intention de la donner. Le jury peut se retirer et l'audience est suspendue. [musique] [musique] [musique] La sonnerie retentit une heure plus tard et dans la salle pleine à craquer, les 12 jurés reprennent leur place dans un silence de mort.
Le premier juré se lève aux quatre questions posées, les jurés à la majorité de moins 8 voix ont répondu non. Non, non. Tous ceux qui connaissent la machine ont compris.
Mais c'est au président d'annoncer le verdict. Madame Bietrix, vous êtes acquité de la totalité des chefs d'inculpation. [applaudissements] Dans la salle, les gens se mettent à applaudir et à pleurer.
Germaine est acquité dans la foulée. On la reconduit à la prison pour qu'elle prenne ses affaires et elle rentre chez elle à bannière où son mari l'attend. Un peu gêné sans doute parce qu'en a quittant sa femme, on dit que le salot c'est lui pour parfaire sa carrière, il vote les pleins [musique] pouvoirs au maréchal Pétin.
Le déshonneur jusqu'au bout. [musique] Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes [musique] d'écoute et sur europein.fr.
Europa [musique] [musique] cette histoire commence en 1940 [musique] pendant la guerre donc dans un petit village de Bretagne à quoi 12 km de Renne. Le village de Mélè. C'est là que vit la famille Labé.
Et le père Labé, tout le monde le connaît, [musique] c'est le facteur. Et un facteur dans ces années-là, ça ne crache jamais sur un petit verre. Vous prendrez bien un petit gorgeon, monsieur Labé ?
Mais c'est pas de refus. Un verre par-ci, un verre par là et parfois deux ou trois. Un jour d'août 1940, le facteur labé ne rentre pas de sa tournée.
On le retrouve noyé dans le canal d'ilérance et sa petite femme se retrouve seule avec quatre enfants. Quatre enfants dont une fille, Denise, [musique] la cadette, c'est elle qui nous intéresse aujourd'hui. qu'en début de cette histoire, elle a 14 ans [musique] à 14 ans, orpheline de père, Denise doit donc travailler.
Pas question de traîncer sur les bancs de l'école, faut faire bouillir la marmite. Et donc, elle est placée comme bonne à tout faire chez le boucher de Messè à s'occuper entre autres des enfants. Elle aime bien les enfants Denise. 14 ans 15 ans, elle est jolie et les garçons commencent à lui tourner autour.
Et elle ma foi, faut bien dire qu'elle n'est pas farouche. Tellement peu farouche que la femme du boucher n'aime pas trop ses manières. La petite grue là, j'en veux plus chez moi.
Tu crois qu'elle donne l'exemple à nos enfants ? Alors, tu te débrouilles comme tu veux, mais tu m'en débarrasses le plancher. T'entends ? [musique] Denise [musique] ne reste pas bien longtemps au chômage, même si la guerre n'est pas finie.
Elle trouve du travail dans une usine à Renne. Elle est courageuse, Denise et méritante [musique] parce que vous savez ce qu'elle fait le soir après l'usine ? Elle a dû arrêter l'école et bien elle prend des cours du soir et elle passe tout son temps libre à la [musique] bibliothèque.
Ce qui lui permet à 18 ans à la fin de la guerre de passer le concours du service national des statistiques à Renn, l'ancêtre de l'INS. Et la voilà donc [musique] fonctionnaire à l'abri affecté à un poste de secrétaire. Et du coup et ça entre nous ça ne la gêne pas.
Elle doit quitter Mlesses et les jupons de maman pour s'installer en ville à Rennes libre. Libre, jeune, jolie et déluré dans une ville qui grouille d'étudiants. D'après vous, qu'est-ce que ça donne ?
Elle fréquente. Et à ce petit jeu, en 1951, Denise tombe enceinte d'un jeune interne de l'hôpital de l'Orient. À sa décharge en 1951, les jeunes françaises n'ont pas droit à la pilule.
En Angleterre, elles ont déjà la pilule. Mais en France, prendre la pilule en 1951, c'est comme avorter, c'est un crime. Bref, Denise est enceinte et ça tombe mal parce que son amoureux [musique] doit partir pour l'Indochine.
Or, quand elle accouche en 1952 d'une petite fille prénommée [musique] Catherine, elle se retrouve seule et quand un an plus tard le bel interne rentre d'Indochine, il a changé le malinchinois. Il est devenu alcoolique. [musique] Et la petite Catherine, ça ne l'intéresse pas.
Tu pourrais au moins la reconnaître ? M'intéresse pas mais tu pourrais m'épouser. Enfin, c'est ta fille.
Hors de question, fin de la belle histoire. Donis se retrouve donc fille mère, comme on dit à l'époque et dans les années 50, ça n'est pas très bien vu. [musique] Mais là où les choses se compliquent, c'est quand elle est mutée à Paris.
Aujourd'hui, elle prendrait [musique] Catherine avec elle. Elle se débrouillerait à Paris. Mais à l'époque Paris ça fait peur.
Alors Denise préfère la mettre en nourrice [musique] à la campagne pas loin de Renn chez une madame Laurent. Et comme beaucoup de Bretonn elle fait des allers-retours [musique] en train Montparnas Ren Ren Montparnas. Je vous dis ça parce que plus tard on dira que Denise n'aimait pas sa fille.
Ça n'est pas vrai. C'était une bonne mère qui se privait pour payer la nourrice et pour payer les billets de train et qui venait la voir tous les weekends. [musique] Quand on l'interrogera [musique] plus tard, la nourrice madame Laurent dira : "Donise !
Mais elle aimait vraiment son enfant." Ah, ça on peut pas dire. Le dimanche, elle sautait le déjeuner pour venir voir sa fille.
C'était une vraie maman jusqu'au jour où l'autre lui a tourné la tête. L'autre l'autre c'est celui dont elle rêve toutes les nuits. Un mari, un père pour Catherine.
On ne peut pas lui reprocher de chercher un homme. Simplement, il n'aurait pas fallu qu'elle tombe sur celui-là. Voilà tout.
Et c'est comme ça qu'elle se retrouve. Le 1er mai 1954, au bal du café du glacier, place de la mairie à Rennes. [musique] L'orchestre enchaîne les mambaux et Denise a rendez-vous avec un beau marin.
Elle s'est pomponné, elle entre dans le café et là, horreur malheur, le beau marin est au bras d'une autre fille, le coucha. Bah, ça sera pas lui. Alors là, elle tourne la tête et un jeune homme lui sourit.
Grand mince de [musique] beaux yeux verts emballés dans l'uniforme des officiers de Saint-Cire. Je vous invite à danser, mademoiselle. Oui, vos volontiers.
Comment vous appelez-vous ? Denise. Et vous ?
Je m'appelle Jacques. Jacques a 24 ans. Il vient de sortir de l'école de Saint-Cirquidan. [musique] Il est sous-officier et il n'est pas que dragueur, il est aussi cultivé.
Il lui parle de ses lectures de Gid Gabriel et Danunzio, Nietzsche et du Marquy de Sad. Et ça, ça aurait dû faire tilt le Marquy de Sad. Mais elle ne se méfie pas.
Il parle tellement bien. Il parle tellement bien. Et quand elle danse avec lui, [musique] elle voit bien qu'il plaît aux femmes.
Les regards autour d'eux sont envieux. Et donc il danse, il danse tout l'après-midi et d'entrée, elle [musique] lui dit pour Catherine, tu sais, j'ai une petite fille de 2 ans, elle s'appelle Catherine. Oh, c'est formidable.
Moi aussi, j'ai une petite fille et je l'élève seule. Incroyable. Elle avait peur que Catherine lui fasse peur.
Elle aurait compris. Au contraire, elle a trouvé l'homme de sa vie et elle en rêve toute la semaine car ils se sont donnés rendez-vous samedi prochain pour aller danser à nouveau. Elle est folle amoureuse. [musique] Et le weekend suivant, ils dansent et ils passent leur première nuit dans une chambre d'hôtel et il parle si bien de l'amour.
Tu sais, je crois que l'amour c'est le plus pur des liens. Moi, je crois que l'amour se fonde sur l'abnégation totale. Tu ne crois pas ?
Tu vois, moi je suis un disciple de Nietzsche, je veux vivre comme un surhomme et au-delà du bien et du mal, au-delà des convenances, au-delà de la morale étroite. Tu comprends ? À ce moment-là, elle aurait dû se méfier.
Elle aurait dû demander "Mais qu'est-ce que ça veut dire vivre au-delà de la morale étroite ? Elle n'a pas tilté. Elle n'a pas compris parce que voilà sur qui elle est tombée.
La pauvre [musique] Jacques Algaron. Son histoire est intéressante. Il faut que vous sachiez deux ou trois choses sur lui avant que le grand pervers n'entre en action.
Jacques n'a pas connu son père. Il a dû se contenter d'un père de substitution, [musique] un commandant d'infanterie de 70 ans que sa mère a fini par épouser. Le commandant Algaron, [musique] c'est lui qui lui a donné son nom, Jacques Algaron.
À sa mort, la mère de Jacques fait tout ce qu'elle peut pour lui offrir une bonne éducation. L'école Saint-François Xavier à Paris. Puis il entre au célèbre lycée Louis le Grand dont il est exclu à la libération.
D'ailleurs, son demi-frère André ayant fait ami ami avec les Allemands, il dirigeait radio patrie. Il a été fusillé en 46. Qu'importe, il obtient tout de même [musique] son baccalauréat et il entre à Sainsire, la plus prestigieuse des écoles militaires.
Et à Saincir, il a sa petite philosophie. Mes amis, les assauts d'Alkov préparent au futur combat, ce qui veut dire qu'il baise à couille rabattu. Et c'est comme ça que née la petite Régine sa fille.
Sauf qu'il a menti comme un arracheur de dents. Il l'a laissé à sa mère. Il va l'avoir de temps en temps, c'est vrai, mais il ne s'en occupe pas tout seul.
Voilà l'oiseau. Et donc ils sont amoureux et assez vite Algarant qui est un envoûeur, qui est un embrouilleur initie Denise à sa conception de l'amour. Tu vois Denise, ce qu'il y a de beau dans l'amour, c'est que par amour, on peut accepter des humiliations. [musique] C'est un sadic, on dirait aujourd'hui un adepte d'USM. [musique] Et elle elle obéit, elle est envoûtée, elle est aveuglée, elle est flattée du privilège qu'elle a de mériter ses attentions. [musique] Alors chaque jour, elle se plie un peu plus à ses désirs, à ses caprices, elle se dévoue et ça va créchend d'eau comme ça jusqu'à ce qu'il en arrive [musique] à des délires totalement pervers.
Ma chérie, je vais te demander d'aller séduire des hommes dans la rue. Sens-toi libre, hein, fais-toi plaisir. Tu les ramènes à la maison, vous faites l'amour et moi, je suis caché, je vous regarde.
Mais il est encore plus pervers quand juste après, il lui reproche son infidélité. Oh, je souffre, ma chérie, je souffre. Je souffre de tes écarts.
Je veux que tu t'excuses. Excuse-toi. Et comme il souffre, il l'a puni.
Tu sais, si je te punis, c'est pour être certain que tu m'aimes toujours. Il a aussi introduit de petits jeux dans leur partie de jambes en l'air. Il lui fait des petites tortures dans le dos avec un petit canif qu'elle lui a elle-même offert.
Je trouve que c'est un jeu délicieux et excitant. Pas toi ? Si si ça lui plaît.
Et bien oui, ça lui plaît. Oui, ça lui plaît. Elle aime ça.
À ce petit jeu, il ne faudrait pas faire croire qu'elle n'est pas d'accord. Mais d'accord. Jusqu'où ? [musique] C'est maintenant que ça dérape.
Un soir, d'oût 1954 à Paris dans un restaurant près de Notre Dame. Denise ! Denise, si je te demande de tuer ta fille par amour pour moi, tu le ferais ?
Denise est un peu décomptencée, mais depuis qu'elle est avec Jacques, elle ne sait plus dire non. Elle ne sait dire que oui. Alors elle dit oui. [musique] Quelques semaines plus tard, Denise est avec sa fille chez sa sœur Augustine à Rennes.
Pour lui coller la pression, il lui envoie une lettre de rupture genre [musique] "Voilà ce qui t'attend si tu ne tiens pas ta promesse. Il est monstrueux." Alors le soir, Denise va sur le balcon, elle prend Catherine par la taille et elle la met au-dessus du [musique] vide.
Au-dessus du vide, Catherine, sa fille chérie parce qu'il le lui a demandé, parce qu'il l'a exigé. L'appartement est [musique] au deuxème étage, elle va la lâcher. Et puis non, non, elle ne peut pas.
Alors, elle la repose et après elle appelle Jacques pour s'excuser. Jacques ! [rires] J'ai essayer, j'y suis pas arrivé.
Je t'en supplie, ne me quitte pas. Et lui, grand prince, il lui dit "D'accord, d'accord, je reste." Ma chérie, tu auras d'autres occasions de me prouver ton amour ?
D'autres occasions ? Oui, elle aura d'autres occasions. Un mois plus tard, Denise va voir Catherine chez sa nourrice et elle l'emmène se promener le long du canal d'ilérance.
Et elles arrivent sur une passerelle et elle attrape Catherine et elle la jette à l'eau. Heureusement, un jardinier pas loin entend la petite crier. Alors, il plonge tout habillé et il la repère.
Voilà votre fille madame. Vous je dois aller à Chalon Sursonne rejoindre mon régiment et il ajoute plus pervers que jamais. J'espère qu'en retour.
Tout sera en ordre. Une fois de plus, elle dit oui. Oui, tout sera en ordre.
Une fois Jacques parti, Denise va passer quelques jours chez sa sœur avant d'homme. J'espère que quand je rentrerai, tout sera en ordre. L'après-midi du 8 novembre, Denise est seule avec Catherine et elle lui dit "Viens, viens ma chérie, viens, viens laver ta poupée dans la lessiveuse" et elle la prend par la main et elle la conduit à la cuisine.
À cette époque, il y a pas de machine à laver. La lessiveuse, c'est un grand baquet plein d'eau que l'on fait chauffer sur un trépied à gaz. La lessiveuse est là, posée à même le sol.
Denise attrape Catherine par les chevilles, elle la renverse. Elle lui enfonce la tête dans l'eau. La petite se débat longtemps.
Denise ne lâche pas. Elle tient les deux petites chevilles d'une main ferme. J'espère que quand je rentrerai, tout sera en ordre.
Elle est en train de mettre les choses en ordre. Maintenant, Catherine ne bouge plus. Lentement, Denise remonte son petit corps dégoulinant.
Elle est figée, tétanisé. Elle vient de noyer, Catherine. Noyée comme son père.
Mais voilà qu'on sonne à la porte. C'est sa sœur. Maintenant, il va falloir expliquer.
C'est c'était un accident. C'était un accident. Elles la mettent tous les deux sur la table de la cuisine.
Elles appellent les pompiers et un médecin. Mais c'est trop tard. Le lendemain, Denise envoie un télégramme à Jacques Algaron.
Catherine décédée. À bientôt, j'espère. [musique] Et 3 jours après, les voilà qui se retrouve à Paris le 11 novembre 1954.
Et elle, elle a fait ce qu'il lui a demandé. Elle s'attend à ce qu'il soit content. Elle a fait tout ça pour qu'il soit content.
Et lui, il l'accueille froidement. et il lui dit "Je suis très déçu, Denise. Ça ne me fait rien.
Rien. Ça n'est pas suffisant pour que nous ayons une intimité totale." Et 3 jours plus tard, 3 jours, il lui dit : "Écoute Denise, c'est fini entre nous, je te quitte." Et le piège vient de se refermer sur Denise.
Parce qu'évidemment si le zigoto la lâche, [musique] c'est parce qu'il a senti qu'elle est devenue encombrante. Une mère meurtrière. Si ça sort, si quelqu'un porte plainte, si la gendarmerie enquête sur ce [musique] crime, c'est dangereux.
C'est dangereux pour lui pour sa réputation. Même s'il n'a tué personne, il a les mains propres et donc il se [musique] carapate face au crabe. Et cela dit, il n'a pas tort parce que ça commence à causer dans l'entourage de Denise.
Tous ces accidents successifs, ça fait jaser. Et le 23 novembre, Denise est convoquée à la gentie qui l'interroge sur les circonstances de la mort de Catherine. Elle répète que c'est un accident et il la laisse repartir.
Et qu'est-ce qu'elle fait en sortant ? Elle appelle Jacques. Ils m'ont interrogé Jacques ?
Oui. Oui. Ils ont des doutes.
Du coup, ils brûlent toutes leurs lettres, toutes sauf une. Une lettre dans laquelle Denise lui écrit : "Ça ne sera pas facile avec Catherine. Sa grand-mère est toujours avec elle." Et le 6 décembre, Denise se retrouve devant un juge d'instruction et elle craque assez vite.
Oui, [rires] c'est c'est moi qui l'ai tué. J'ai tué ma petite Catherine. Mais mais c'est lui, c'est Jacqu Algaro.
C'est lui qui m'a obligé à la tuer. Il m'a dit que ça serait une preuve d'amour suprême. C'est pour ça que je l'ai fait.
Au début, pour être [musique] honnête, le juge pense qu'elle est folle, mais il fait quand même perquisitionner la chambre d'Algaron et il tombe sur la fameuse lettre, la [musique] seule qui l' conservée, pensant que ça l'accusait elle et ne l'impliquait en rien. et le simple fait qu'elle lui est [musique] envoyée cette lettre l'implique dans le meurtre et le juge prend alors une décision assez gonflée dans cette société patriarcale de l'après-gerre où il est d'usage que l'homme soit [musique] tout-puissant. Il l'inculpe lui aussi pour complicité de meurtre par abus d'autorité. [musique] Et plusieurs fois, il les met face- à face dans son bureau.
Elle elle dit qu'elle a été manipulée. Si je suis un démon, il est le diable et il mérite d'être à mes côtés dans le châtiment. Ah oui, il mérite.
Et lui tout ce qu'il trouve à dire c'est c'est une folle, c'est une obsédée sexuelle. Oh que je regrette d'avoir une liaison avec elle. Peu importe les dénégations d'Algaron, le juge au moment où il boucle son dossier pense qu'il a sa responsabilité dans le crime, que sans lui Denise n'aurait pas tué Catherine, que bien sûr c'est elle qui a commis le geste irréparable.
C'est elle qui tient les deux petites chevilles de sa fille. C'est elle qui ne les lâche pas, mais c'est lui qui l'a remonté comme une pendule, lui qui l'a rendu folle au point qu'elle a tué sa fille. Alors, dans une décision extrêmement moderne pour l'époque, il les renvoie tous les deux devant la cour d'assise.
Tous les deux. Et ce sera au juré de départager les responsabilités de l'un et de l'autre. Seront-ils condamnés tous les deux ou sera-t-elle condamné seul ? [musique] [musique] Le procès des deux amants s'ouvre 2 ans après le crime en 1956 devant la cour d'assise [musique] du Loirécher à Blois.
Le premier jour, on tire au sort les jurés et on se retrouve avec sep hommes, tous cultivateurs. On imagine leur tête quand ils vont devoir entrer dans les [musique] méandres de la relation amoureuse sadomazochiste de Denise et de Jacques. Évidemment, pour ce procès, il y a un monde fou.
Beaucoup plus de public ne peut en contenir la salle. Ici, Gilbert Lausin qui vous parle de Blois. En même temps qu'un orage violent éclatit au-dessus de Blois, la cour faisait son entrée au tribunal.
Il était 14h20. Les accusés sont là. Denise Labé, la taille masse serré dans un tailleur noir, les cheveux blancs cendrés, relevés en blanc d'eau sur les tempes, les lèvres tremblantes.
Elle est à tel point oppressée qu'elle ne pourra répondre que par mon syllabe au premier interrogatoire d'identité. Des gendarmes l'entourent et lui cachent la vue vers l'autre extrémité du boxe des accusés où est assis Jacques Algaron. Les cheveux bruns taillés au rasoir, le front très large.
Celui-ci a une attitude fort différente. Si ses lèvres sont si fines qu'elles semblent à peine dessiner, elles esquisent cependant une espèce de sourire permanent. Jacques Algaron, le port de tête hauteint, semble sûr de lui-même.
Il écoute avec attention la lecture de l'acte d'accusation puis l'appel des 36 témoins qui viendront tour à tour déposer devant la barre. Il est 15h30 lorsque le président de la cour d'assise, monsieur Lecox, entame l'interrogatoire des accusés et retrace pour chacun d'eux les étapes de leur vie jusqu'au moment du crime. Denise Labé sert entre ses doigts un mouchoir, ses mains tremblent.
Elle ne peut s'empêcher de voir en face d'elle à terre la laissive siveuse qui est placée là, pièce à conviction. Ce procès mobilise les deux [musique] plus grands avocats de l'époque. Denise est défendue par Maurice Garçon qui est par ailleurs membre de l'Académie française et de notoriété publique un passionné des affaires de sorcellerie. [musique] Il a écrit tout un tas de livres sur le sujet et est-ce qu'au fond sa cliente n'a pas été ensorcelée par son amant ? [musique] Quant à Jacques Algaron, il sera défendu par maître Floriot, célèbre pour avoir défendu le [musique] docteur Petioto.
Tous les deux sont arrivés de Paris, tel des seigneurs dans des voitures avec chauffeurs accompagné de secrétaires. Ça promet du spectacle. Et d'ailleurs, certains sont venus au spectacle.
On a vu débarquer de Paris des vedettes venues pour assister au procès. La comédienne Nicole Courel et Elina Labordette et la chanteuse de musicole Picolette. Tandis que le président lit l'acte d'accusation éclate un orage terrible.
Fermez les fenêtres, dépêchez-vous. Et ensuite, c'est l'électricité qui lâche et la salle se retrouve plongée dans le noir. Et à chaque éclair, on voit apparaître pendant quelques secondes le visage des deux accusés.
Quand la lumière revient, le procès peut commencer. [musique] [musique] Et la phrase l'injonction de Jacqu Algaron se retrouve d'entrée au cœur du procès. Le président Leco rappelle une scène qui réunissait les deux amants dans un restaurant à Paris.
Denise a repris un peu de pouvoir sur elle-même. Il m'a dit "Vous avez une fille, tu es là." Algaron se dresse. "Ce n'est pas vrai le président.
Nous cherchons à interpréter ce qui a été compris par Denise Labé. Vous n'avez pas réfléchi aux différences de milieux de culture entre vous et elle. Jacques Algaron.
Beaucoup depuis 18 mois, monsieur le président. J'ai une responsabilité certaine. Mais là, il ne s'agit pas d'interpréter, il s'agit de fait.
Et mademoiselle Labéet est loin d'être bête. Proposer de tuer au restaurant entre la poire et le fromage. C'est un vrais semblable.
Denise Labé. Bien sûr, mais que ce soit un vraisemblable, ça n'empêche pas que c'est vrai. Et puis il n'y a pas que cela, précise encore Jacques Algaron.
Un jour chez moi, Denise m'a dit, j'ai pensé abandonner ma fille de façon à ce qu'on la retrouve jamais. Rappelez-vous Denise Labé termine-t la fixant et en se dressant dans son box. Le président Leco le rappelle à l'ordre et Jacques Algaron d'un air soumis m'était tu réplique c'est difficile d'être sans passion monsieur le président quand depuis 18 mois on a une accusation comme cela sur la tête.
L'ebdomadaire détective décrit Denise dans le box. Tout habillé de noir, elle triture nerveusement un mouchoir blanc dans ses mains. C'est une logue tremblante et résignée.
Madame Laurent la nourrice est appelée à la barre. Madame, jurez de dire, toute la vérité, rien que la vérité. Levez la main droite, je vous prie, et dites je le jure.
Je le jure. Nous vous écoutons, madame. Au début, pour dire la vérité, je haissais Denise pour ce qu'elle avait fait.
La petite était tellement mignonne. Mais maintenant, maintenant que je sais, je la comprends et et je la plains. Quand arrive la fin du procès, l'avocat général Gay est sans aucune pitié.
Un enfant est mort. Denise Labé était sa mère. Alors, j'exigerai contre elle la sanction la plus grave.
Je vous demande de condamner madame Labé à la peine capitale. Denise Labé baisse les yeux. Elle est blanche, ses lèvres sont crispées.
On dirait qu'elle s'englotte intérieurement. Jacques Algaron, lui est toujours aussi fier. Il est plus nerveux qu'il n'a jamais été depuis le début du procès.
Mais ses doigts seuls le trahissent. Ils sont crispés. Tous deux savent maintenant que leur sort est entre les mains des quatre avocats.
Tous deux songent aux dernières paroles du procureur général. Je demande la mort pour Denise Labé, les travaux forcés à perpétuité pour Jacques Algaron. L'avocat de Denise, [musique] Maurice Garçon, fait une brillante plaidoirie.
Il raconte sa vie laborieuse, les sacrifices [musique] qu'elle a fait pour sa fille. Il l'a fait passer pour une un culte intellectuellement limitée. Elle n'a pas compris. [musique] Elle ne l'a pas compris.
Et puis l'avocat de Jacques Algaron, maître Floriot, plaide à son tour. [musique] Avez-vous des témoins, monsieur le procureur, prouvant que les conversations téléphoniques entre Denise Labé et Algaron sont celles que rapporte Denise Labé ? Vous n'avez pas de témoins.
Maître Florio ajoute : "Jacques n'a tué personne ? Que peut-on lui reprocher ? D'aimer la philosophie ?
Il ne s'agit que d'un jeu qui a mal tourné. Jacques n'a jamais eu un geste, une parole laissant entendre qu'il voulait la mort de la petite fille. Ce qu'il lui disait, ce qu'il lui écrivait, c'était des idées, c'était des concepts.
Denise a tout compris de travers. Elle a pris tout ça au premier degré. Algaron n'a pas tué.
Le condamner, c'est criminaliser l'inspiration. Pourquoi ne pas poursuivre les écrivains qui ont inspiré Algaron, hein ? poursuivre par exemple Gabriel et Danunio qui a écrit l'innocente qui est l'histoire d'un couple qui a tué un enfant.
C'était l'un de ces livres de chevé. Ici Gilbert Lausin qui vous parle de Blois à 20h15 ce soir toutes les plédoiries et les contreplaédoiries puisque maître Florio reprit la parole après maître Maurice Garçon était terminé. À 20h15 le président Lecoq adressa aux deux accusés la traditionnelle question.
Avez-vous quelque chose à ajouter ? Denise Labéet se leva toute tremblante et chuchota. Monsieur le président, je vous demande pardon.
Après elle, Jacques Algaron, droit et ferme, de débit un peu précipité, déclara : "Je sais avoir fait du mal à mademoiselle Labé. J'en revendique la responsabilité morale, mais jamais je ne lui ai demandé de tuer son enfant." On s'approche du verdict. [musique] [musique] À 22h25, après plus de 2h10, les jurés d'abord puis la cour reprirent place dans la salle d'audience.
Tous les visages étaient graves. Le président se leva. Voici dit-il, les réponses données aux questions.
Affirmative à la majorité sur toutes les questions. Circonstances atténuantes pour les deux accusés. Denise Labé, travaux forcés à perpétuité.
Jacques Algaron, 20 ans de travaux forcés. Denise échappe donc à la peine de mort. [musique] Les jurés lui ont accordé les circonstances atténuantes.
Ils ont considéré qu'elle avait été manipulée. Elle est donc condamnée [musique] aux travaux forcés à perpétuité. Les jurés ont considéré que Jacques Algaron avait eu un rôle majeur dans ce [musique] crime.
Il prend 20 ans de travaux forcés. Le procès est terminé. Les deux condamnés sont emmenés.
Quelques instants plus tard, les deux condamnés quittaient le palais de justice. J'étais alors dans la cour où attendait la voiture cellulaire. Dehors, une foule d'au moins 2000 personnes grondait.
Voici maintenant Denise Lap qui s'en va dans le même fourgon cellulaire qui a fait demi-tour ce qui s'en va maintenant. La froule est toujours là, encore plus dente que tout à l'heure. Denise Labé et Jacques Algaron ont maintenant rejoint leur prison.
La foule se disperse après les avoir hué une dernière fois. Ici Gilbert Lain qui vous a parlé de Blois Europe numéro 1. Dans les jours qui suivent le verdict, l'affaire fait encore la une des journaux parce que ce verdict au fond a touché la société française au plus profond.
Elle a condamné un homme pour avoir perverti une femme. C'est un verdict extrêmement moderne qui vient heurter de plein fouet la France phalocratique de l'après-guerre. [musique] Louis Powels, journaliste déjà très réactionnaire, défenseur par [musique] conviction de l'homme face à la femme, écrit dans Paris Press.
C'est la justice humaine, elle repose sur une idée pure et des moyens [musique] douteux. L'affaire Algaron ne pouvait être jugé que sur des interprétations psychologiques. Dans le Figaro littéraire, l'écrivain André Breton commente le verdict avec des dins.
Étant donné la constitution du jury de Blois, on ne pouvait s'attendre à un verdict moins dur et plus nuancé. Il est dérisoire de demander à des êtres terre à terre comme ceux qui composaient le jury de sanctionner un crime [musique] dont les mobiles dépassent de toute évidence leur compréhension. Dans un livre publié quelques années plus tard, l'écrivain Marcel Jandau, qui n'aimait pas les femmes et leur préférait les hommes et qui avait flirté avec les Allemand écrit ceci : "Il n'a pas assisté au procéant, mais il a un avis.
Ces deux êtres venus de couche sociale très éloigné l'une de l'autre ne parlent pas des mêmes choses. Denise n'est certes pas inintelligente ni vulgaire, mais rien ne l'a préparé à soutenir certaines conversations, à entrer dans des subtilités intellectuelles qui faisaient les délices d'Algaron. Provinciale, étrangère à toute culture littéraire et philosophique, elle demeurait comme à bazourdi, a hurie, empêché de comprendre.
Elle interprétait [musique] selon ses petits moyens. Vous verrez dans toutes ces fadèses la preuve que ça fait longtemps que les journalistes et les écrivains disent des conneries sur des affaires qu'ils ne connaissent pas. Le 21e siècle n'a rien inventé en la matière.
Condamné aux travaux forcés à perpétuité, Denise Labé a fait finalement un peu moins de 25 ans de prison. Elle a été libérée dans les années 70. [musique] Europen Christophe ondelat europin ondelat raconte Christophe ondelat voici [musique] une affaire criminelle tout à fait particulière l'affaire jeunevièf l'ermite.
En 2007, cette mère de famille tue et égorge ses cinq enfants à Nivel en Belgique. Était-elle ou n'était-elle pas en état de démence ? Au moment des faits ?
Les psychiatres belges ont beaucoup tergiversé, vous le verrez, avant de décider qu'elle était responsable de ces actes et de la renvoyer devant la courte assise. Thomas Audir m'a aidé à écrire ce récit. La réalisation est deine Lebrin.
Christopheat. [musique] La scène inaugurale de cette histoire terrible se déroule le 28 février 2007 dans un quartier tranquille de Nivel en Belgique Wallon. Aux alentours de 14h, un habitant trouve deux enveloppes dans sa boîte aux lettres. [musique] La première contient des bijoux en vrac, la seconde une lettre adressée à sa petite amie Valérie. [musique] Il l'ouvre.
La lettre est signée d'une voisine qu'il connaît bien. Jeun Viève. Jeune Viève Mokadem, c'est la meilleure amie de Valérie.
Il commence à la [musique] lire et dans la seconde où il comprend, il se met à courir vers chez Jeun Viè. Il est paniqué. [musique] Ma chère Valérie, il n'y a pas de solution à mon problème.
J'ai pris ma décision de partir avec les enfants et pour toujours. Un jour, tu verras, on se reverra, mais je ne regrette pas cette solution finale. Je te demande pardon.
Ton ami Jeun Viève, j'ai pris la décision de partir avec les enfants pour toujours. Le voisin arrivé souffler devant la maison de Jeun Viève, il est à quoi ? 400 m.
Les secours sont déjà là. Des ambulances, des voitures de police. C'est trop tard.
Vous savez ce qui s'est passé ? Ah oui, c'est pas joli joli, hein ? cinq enfants égorgés et apparemment c'est la mère qui a fait ça.
Jeune viève Mokadem a égorgé ses cinq enfants et elle elle s'est elle même lardée de coup de couteau. Mais elle est vivante. Elle a raté son suicide.
C'est elle-même qui a appelé la police 20 minutes plus tôt. Allô ? J'ai fait quelque chose de très grave.
J'ai [rires] tué mes enfants. J'ai voulu me suicider mais j'y arrive pas. Je veux mourir.
Les policiers l'ont découverte baignant dans son sang à demi inconsciente. Madame Madame, vous nous entendez ? À cette heure-ci, elle est à l'hôpital dans un état critique.
Poumon perforé. On ne va pas pouvoir l'interroger tout de suite. Dans la maison, dans la maison, c'est un carnage.
Les cinq enfants sont couchés chacun dans leur lit. Yasmine 14 ans, Nora, 12 ans, Myiam 10 ans, Nina 8 ans et [musique] le petit dernier M 4 ans seulement. Elle les a égorgé un par un et pas forcément dans leur lit d'ailleurs parce qu'il y a du sang dans le bureau [musique] et dans la salle de bain du deuxème étage.
Les légistes examinent les corps. Les mains [musique] des gamins portent des traces de lutte. Les pauvres gosses se sont défendus.
Ils se sont protégés de leur mère. [musique] Et le père, il est où le père ? Le père, il s'appelle Bouhaib Mokadem.
Il était au Maroc à Agadir chez sa mère. Il revient justement aujourd'hui. Il va falloir lui annoncer la nouvelle à sa descente d'avion. sa femme a égorgé leurs cinq enfants.
Jeunève Mokadem qu'à partir de ce moment-là, tout le monde va appeler Jeuneviève l'hermite de son nom de jeune fille comme si effacer son nom de mère rendait le drame plus supportable. Jeune Viève l'ermite donc et mise en examen 6 jours plus tard pour assassinat. À partir de maintenant, il reste à comprendre comment une maman a pu égorger de sang frroid ses cinq enfants un par un, alors qu'il se défendaient, qu'il tendaient leur petits bras pour se protéger.
Maman, maman, qu'est-ce que tu me fais ? Pourquoi la suite va nous faire entrer dans l'intimité d'un drôle de couple ? père est complètement perdu.
Il est paumé et ce sont les policiers qui lui rappellent qu'il faut organiser les obsèques des enfants. Oui, vous avez raison. Je sais pas quelle disposition je dois prendre.
Je peux vous demander quelque chose ? Dites-moi, monsieur Mokadem. Vous vous pouvez demander à leur mère où elle veut qu'il soit enterrée.
Je ferai ce qu'elle voudra. Les policiers font passer le message. Elle veut qu'il soit enterré au Maroc dans la tradition musulmane dans le berceau de la famille Mokadem au cimetière de Benergao près d'Agadir.
Le père finit même par leur trouver une place dans le carré des martyres. Il le mérite au fond. Et après après il s'effondre, il s'enfonce dans la dépression au point qu'il faut l'hospitaliser en psychiatrie pendant 3 mois.
C'est terrible ce qui lui arrive. [musique] C'est une femme qui va diriger cette enquête, la juge Anne Françoise Destr. Pour l'instant, pour éclairer cette affaire, elle n'a sur son bureau que la lettre que Jeun Viève a écrite à sa voisine avant de passer à l'acte.
C'est tout. Je vous en ai lu un extrait ? La voici en entier.
Vous allez voir, c'est important. Car Jeun Viève, il livre une piste. Ma chère Valérie, j'ai pris ma décision de partir avec les enfants et pour toujours.
Un jour, tu verras. On se reverra, mais je ne regrette pas cette solution finale. Boujab se montre sourd et aveugle et malgré ça, il se complet dans cette situation.
Michel est un [ __ ] qui m'a pourri la vie, volé mon intimité avec mes enfants et mon mari. Je te demande pardon. Ton ami jeune Viève Bouchaï, vous l'avez compris, c'est le père.
Et Michel alors ? Qui est ce Michel dont elle parle ? Et bien, c'est son beau-père Michel Scar.
Il est médecin en Belgique et il a adopté Beau Shai quand il avait 14 ans. Il allait souvent en vacances au Maroc. Il a connu la famille Mokadem qui était en difficulté.
Il s'est pris d'affection pour leur fils Bouchaïb. Il l'a fait venir en Belgique et il l'a adopté. Mais alors que veut dire Jeuneviève quand elle écrit "Michel est un [ __ ] qui m'a pourri la vie et volé mon intimité avec mes enfants et mon mari ?" Dès le premier interrogatoire, la juge pose la question à Jeun Vième. "Madame, dans votre courrier adressé à votre ami Valérie, vous évoquez Michel Scar en disant qu'il a gâché votre vie.
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire à ce sujet ?" Ah ben je peux vous dire que c'est une personne malsine. Il a profité de ses facilités financières pour pour nous asservir mari, mes enfants et moi.
A-t-il exercé des pressions sur vous ? A-t-il été violent physiquement ? A-t-il cherché à vous manipuler ?
Quel a été son rôle exact ? Je vais vous dire ce que je pense. Michel Scarl, c'est un homosexuel refoulé.
Il est amoureux de mon mari. Il est amoureux de Bouchaib qui est son propre fils adoptif. C'est un être malsin.
Jeuneviève aurait donc égorgé ses cinq enfants parce que son beau-père était amoureux de son mari. Ça serait donc ça le mobile ? [musique] La juge commence donc à se rencarder sur cette histoire d'adoption [musique] et elle découvre qu'au tout début de l'histoire, le docteur Scar s'est d'abord occupé du grand frère de Bouchaib, [musique] Kibir.
Ils étaient amis. Mais amis, comment ? En gros, le grand frère a-t-il été l'amant du docteur Scar [musique] ?
Certains le suggèrent. Mais là, on bute sur un os. Kibir est mort.
Donc on ne saura jamais. Quoi qu'il en soit, l'intérêt du docteur pour Bouhaïb est venu plus tard. Le gamin marchait bien à l'école, il n'avait [musique] pas de père, il était un peu perdu.
C'est la mère Mokadem qui a demandé à Michel Scar de s'en occuper et donc il l'a ramené en Belgique et finalement il l'a adopté. [musique] Et ce que découvre la juge, c'est que le docteur Scar vivait avec les Mocadem maison de Nivel. Il leur avait laissé le rez-de-chaussée, le premier étage et lui vivait au deuxè et c'est lui qui payait tout.
Il tenait la famille à bout de bras. [musique] Et on comprend [musique] maintenant qu'on sait tout ça, le ressentiment de Jeuneviève vis-à-vis de son beau-père. On comprend qu'elle a été agacée de la voir 24 au deuxème étage et de vivre à ses crochets et sans doute était-elle peinée de voir son mari accepter cette situation de dépendance.
Mais pour autant, est-ce que cela suffit à expliquer qu'elle est égorgée ses cinq enfants ? Non. [musique] [musique] À part ça, si vous cherchez la vérité, je vous conseille d'éviter de lire le journal.
Ouh là là là là, il s'en écrit des bêtises. Il s'écrit par exemple que Jeun Viève aurait été contrainte par son mari de se convertir à l'islam. Ah l'islam responsable de tous les mots.
C'est faux. Jeun viève s'est effectivement converti à l'islam quand elle a épousé Bouchaib, mais elle l'a fait de son plein gré et même de sa propre initiative pour faire plaisir à sa belle-mère. Rien de plus.
On peut tordre cette affaire dans tous les sens. L'islam n'y estit pour rien. On lit aussi dans les journaux que Jeunev vivait isolée avec ses cinq enfants, qu'elle ne sortait jamais, qu'elle n'avait pas d'amis, qu'elle ne recevait jamais personne.
Et ça, ça semble vrai. Mais s'est-elle isolée elle-même ou y a-t-elle été forcée ? Pour l'instant, on n'en sait rien. [musique] Et donc vient le moment où il faut bien l'interroger, le docteur Scar qui est encore sous le choc.
Évidemment, docteur Scar, nous comprenons votre peine, mais nous avons besoin de comprendre quel cadre familial vous formiez avec le couple Mocadem et leurs enfants. Donc, il faudrait que vous nous écliez sur la nature exacte de votre relation avec Bouchaib Mokaden. On vous écoute.
Ben écoutez, c'est simple, même si je reconnais que ça peut paraître singulier. Bouchaib est mon fils adoptif. J'étais ami avec son frère au Maroc et comme Bahaib était un élève brillant à Agadir, sa mère et son frère m'ont demandé de l'aider.
Voilà. D'accord. Nous avons cru comprendre que vous viviez dans la même maison queeux.
Est-ce que c'est vrai ? Oui et non. Vous savez, je travaille beaucoup.
Je dormais trois nuits par semaine dans cette maison. Mais vous savez, je me considère être le père de Bouchaï et je considérais ses enfants comme mes propres petits-enfants. Est-il vrai que vous étiez l'employeur de Bouchai Mokadem ?
Oui, c'était mon secrétaire médical et et aussi mon chauffeur. Il confirme par ailleurs qu'effectivement il payait tout. Il a notamment payé tous les frais de leur mariage.
La famille l'ermite n'a pas déboursé un centime. Oui, je l'ai tenais à bout de bras. Mais vous noterez que Jeun Viève ne travaillait pas, hein.
Elle avait été prof dans un collège difficile. Un jour, elle s'est fait agresser par un élève. Ça a été fini.
Elle s'est mise en arrêt maladie. Elle les a enchaîné. Tout ça pour dire qu'il fallait que je les aide.
On apprendra plus tard que c'est lui qui a délivré la plupart des arrêts maladies. Nétait-ce pas une façon de l'enfermer chez elle ? Monsieur Scar, voilà ce que madame l'ermite a déclaré à votre sujet.
Nous formions un ménage à 3. Michel est un homosexuel refoulé et plus loin, il s'est acheté une famille et des enfants. Qu'est-ce que vous avez à répondre à ça ?
Mais tout ça est absolument faux. Ça fait partie des délires de madame l'hermite. Moi, j'ai une vie sexuelle qui me satisfait amplement.
Je pense que ça fait partie des élucubrations de madame Hermite. À ce stade, évidemment, la juge se demande si elle doit impliquer d'une manière ou d'une autre Michel Scar dans ce dossier, commettant en quelque sorte celui qui a remonté la pendule. Mais non, pour l'instant, en dehors des déclarations de l'accusé, il n'y a rien rien qui permette d'aller jusque-là.
Et d'ailleurs, on a posé la question au père, à Bouhaïb. Votre femme, monsieur Bokadem, fait porter la responsabilité de son geste sur votre père adoptif. Qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus ?
Ah bon ? Ah, ça m'étonne ça. J'ai jamais eu connaissance d'un quelconque ressentiment de ma femme à l'égard de Michel.
Non, c'est intéressant ça. Ça voudrait dire qu'elle aurait focalisé sur son beau-père, sur sa place, sur son rôle, toute seule dans son coin, jour après jour, mois après mois, jusqu'à en devenir folle au point de tuer ses enfants. À ce stade, c'est ça qui semble se dessiner.
Alors justement est-elle folle ? La juge bien sûr a demandé une expertise psychiatrique. Au total, dans cette affaire, sep psychiatres différents sont sollicités qui vont hésiter longtemps.
Au début, ils sont tentés de la déclarer folle et donc irresponsable pénalement. Par exemple, quand elle leur dit "Michel, c'était le parrain, il décidait tout. Financièrement, on dépendait totalement de lui." La situation était devenue insupportable.
Vous comprenez ? Je me sentais prise dans un étau. Je me sens plus libre en prison.
Vous voyez ça ça suggère qu'elle était hord d'elle au moment des faits, qu'elle était [musique] en état de démence. Mais voyez-vous comme la Belgique sera peine de la faire du trou, envoyer une tueuse d'enfants à l'hôpital psychiatrique [musique] plutôt qu'en prison passerait assez mal. Donc les psychiatres hésitent et ils hésitent d'autant plus que par ailleurs, à certains moments, Jeuneviève tient devant eux [musique] des propos extrêmement raisonnable.
Je veux être jugé pour ce que j'ai fait. Je veux être puni. Je veux répondre devant la justice.
Même si j'ai pas eu le choix, il faut que je sois puni. Et là, elle n'est pas démente. Là, elle est lucide.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Les psy n'ont pas encore tranché. Alors, il l'interroge, elleinterroge encore.
Madame, ce que je vous demande est très difficile, mais il faut en revenir au fait du 27 février. Comment avez-vous agi ? Dans quelle état étiez-vous ?
Moi, je suis allé chercher les enfants à l'école à midi. Je les ai ramené à la maison, je les ai fait manger. Je leur ai fait leur plat préféré, des tomates et du thon.
Et ensuite madame, comment les choses se sont-elles passées ? J'ai mis les enfants devant la télé, je leur ai fait regarder une cassette vidéo. J'ai préparé les deux enveloppes, celle avec les bijoux puis celle avec le mot que j'ai porté chez Valérie.
Sur le chemin du retour, je me suis arrêté au champion. J'étais comme un automate. J'ai pris des couteaux dans un rayon, deux couteaux. et je les ai volé.
J'ai préféré les voler plutôt que les acheter. Est-ce que vous pensez que vous étiez prise d'un coup de folie à ce moment-là ? Non, c'est ce que j'avais envie de faire.
C'était pas un coup de folie. C'était la seule solution. J'étais dans une impasse.
Une impasse. C'est très troublant le fait qu'elle ait écrit cette lettre, qu'elle ait mis ses bijoux dans une enveloppe pour les donner à sa copine Valérie. Qu'elle ait volé les couteaux chez Champion.
Tout ça suggère une préméditation et absolument pas un coup de folie. Jeun viève l'hermite n'est décidément pas une femme facile à décrypter, mais il va falloir trancher messieurs les psychiatres, responsable ou irresponsable. [musique] [musique] Il tergiverse parce qu'ils sont face à une personnalité extrêmement complexe qui souffle le chaud et le froid.
Un coup, elle est complètement exaltée et un coup, elle est parfaitement ancrée dans le réel, par exemple quand elle réclame d'être jugée et condamné. Jeun Viève l'ermite est un cas. Et voici un autre exemple.
On sait maintenant qu'au moins deux des enfants n'ont pas été égorgés dans leur lit, mais dans l'une des salles de bain. Or, dans cette salle de bain, on a retrouvé sur le miroir trois lettres écrites en lettre de sang. J U D.
Vous pouvez nous dire ce que signifient ces ces lettres madame J U D ? Oh ben, je me souviens pas avoir écrit ça. Je sais pas du tout ce que ça veut dire.
Amnésie et ça c'est très caractéristique des coups de folie. Mais à côté de ça, un autre jour Jeun Viève évoque un mobile tout à fait rationnel. Mon mari il avait une double vie au Maroc.
Il avait épousé une autre femme. On m'a même dit qu'il y avait un enfant avec cette femme. Je pensais qu'il allait me quitter.
Je pensais qu'il allait m'abandonner ici en Belgique et puis allait savoir s'il allait pas emmener les enfants. Ça, j'aurais pas pu le supporter. On interroge Bouchab.
A priori, c'est faux. Il y avait pas d'autres femmes. Il n'y avait pas d'autres enfants.
Je ne vive à psychoter. Elle a inventé quelque chose qui n'existait pas. Là-dessus, on découvre qu'avant le drame.
Jeun Viève l'ermite consultait un psychiatre. Elle était suivie. Et ce psychiatre, plus on s'approche des faits, plus elle le voit et plus elle lui écrit.
Elle lui a écrit des lettres qui sont versées au dossier d'enquête. Très intéressantes ces lettres. Docteur, j'ai peur de sortir de mon lit.
Docteur, je suis bloqué au bras gauche et à la poitrine. Docteur, je ne veux pas croire en un avenir meilleur. Je suis dans une impasse pour toujours.
Docteur, j'ai des idées noires suicidaires. Docteur, je vais prendre les enfants avec moi. Nos parents nous ont maltraité.
Toute notre enfance, ils nous ont dit à l'une comme à l'autre qu'on était moche, qu'on était conne, il nous rabaissait tout le temps. On va donc interroger le père. Il dément absolument.
C'est faux. Nous n'avons jamais rabaissé ni Catherine ni Jeuneviève. Nous leur donnions une éducation un peu stricte certes, mais rien de plus.
Et on apprend à cette occasion que Jeun Viève au lycée après une déception amoureuse a déjà fait une tentative de suicide. Et on découvre aussi qu'elle a eu un parcours scolaire très chaotique. Elle a redoublé sa 4e et quadruplé sa classe de 3e.
Donc elle n'allait pas bien avant qu'elle ne tombe dans les pattes de son beau-père. Elle dit que Michel Scar est à l'origine de tous ces problèmes. C'est faux. [musique] Alors maintenant, [musique] messieurs les psychiatres, maintenant c'est à vous de trancher folle ou pas folle, responsable ou irresponsable.
Au moment de prendre leur décision, les psy se concertent. On sait qu'au début cinq d'entre eux sont tentés de la déclarer irresponsable mais les deux autres font entendre des arguments qui se tiennent. Mais enfin cette femme a tué ses cinq enfants et elle demande à être jugée.
Alors cher confrère ne lui enlevez pas ce droit. Et donc après mille tergiversation, les psychiatres déclarent Jeuneviève l'ermite responsable de ces actes. Elle voulait être jugée, elle voulait payer, elle sera jugée et elle va payer pour un massacre dont on a maintenant une description très précise, une description glaçante.
Au cours d'une reconstitution, jeune Viève l'hermite a refait un par un tous les gestes. Elle commence par tuer Nina, 8 ans. Elle l'étrangle, puis elle l'égorge.
Elle lave le couteau, elle se lave les mains et elle se lave le visage. Puis elle va chercher 4 ans. Elle l'assoit sur le bord de son lit.
Elle l'étrangle d'une main et attrape de l'autre le couteau pour l'égorger. Et à nouveau, elle rince le couteau, elle se lave les mains et le visage. Puis elle appelle Myiam disant : "Viens, j'ai une surprise pour toi." Elle l'installe sur une chaise, elle lui bande les yeux comme pour un jeu et elle lui fracasse une plaque de marbre sur la tête.
Bim ! Et la petite, encore consciente, crie : "Arrête maman ! Arrête !" Elle attrape le couteau et elle l'égorge.
Et elle va laver son couteau, ses mains et son visage. Et ensuite, elle passe à Nora, 12 ans. Elle l'a fait venir dans la salle de bain du deuxième étage et elle lui dit : "Pardonne-moi, Nora !" La petite, en voyant le couteau se défend.
Elle se met sur elle à Califorchon et elle l'égorge. Et en trempant son doigt dans la plelée de sa fille, elle écrit les trois lettres énigmatiques sur le miroir : J U D. Rinçage de couteau, lavage de mains.
Elle appelle enfin sa fille aînée Yasmine 14 ans. Viens, tes frères et sœurs t'ont fait une surprise. Yasmine arrive.
Tes frères et sœurs t'en fait un cadeau. Il est sous le bureau, regarde. Yasmine se penche.
Sa mère attrape le couteau. Yasmine voit le couteau. Elles se débattent toutes les deux pendant 10 minutes. 10 minutes ?
Et à la fin, le jeune viège les gorge. Ensuite, elle traîne les corps un par un jusqu'à leur lit et elle pose un nounours à côté de leur tête dans chacun des lits. Elle s'assoit à une table.
Elle pose le manche du couteau sur la table. la lame en direction de son cœur et elle tombe sur le couteau. Le couteau perd fort le poumon mais pas le cœur.
Ça se joue à quelques centimètres. Voilà pour les faits pour lesquels Jeuneviève l'hermite sera donc jugé. Le procès s'ouvre un peu moins de 2 ans après le drame devant la cour d'assise du Wallon Brabant.
Il est marqué bien sûr par le récit des cinq meurtres par Jeun Viè l'hermite elle-même. Elle y raconte qu'elle a entendu une voix dans sa tête qui lui a dit "Ça y est, la machine est en route. Alors en larme, elle est incapable d'expliquer la suite.
Ce que j'ai fait, c'est l'opposé de ce que je pensais. Les enfants étaient le moteur de ma vie. Je me suis donné à 200 % pour eux.
Je peux pas vous expliquer pourquoi j'ai fait ça. Sommet de raconter les meurtres un par un, Jeun Viè décrit des scènes absolument insoutenables. Mais son visage est devenu tout mauve quand je l'ai tranglé.
Il me donnait des coups de pieds. Il criait maman maman. Myiam quand elle était par terre, c'était horrible.
Il y avait du sang partout. Il y en avait sur les murs, il y en avait sur le plafond. Ils ont dû avoir mal.
Ils ont dû se dire "Mais qu'est-ce qu'elle fait maman ?" Est-ce que vous avez pleuré madame au moment de commettre chacun de ses meurtres ? Non non, j'ai pas pleuré.
Elle parle aussi du docteur Scar. J'en avais assez de cette vie avec Scar. On pouvait pas faire de remarque.
Il respectait pas les règles d'hygiène, pas non plus les règles de pudeur. C'était un vrai boulet. Il avait pas de personnalité.
Combien de fois est-ce que j'ai dit à mon mari ? Il a rien voulu entendre. Il voulait pas se séparer de cet homme.
C'était son protecteur. [musique] On projette sur grand écran les images [musique] de la scène de crime. Les cinq petits corps dans leur lit.
Elle les regarde. Elle ne manifeste [musique] aucune émotion. Le docteur Scar est appelé à la barre.
Bien sûr, il raconte qu'il est stérile, qu'il ne pouvait pas avoir d'enfant, que grâce à Bou Shaïb, il a eu enfin un fils et ensuite des petits enfants. [musique] Il dit qu'il les considérait comme ses petits-enfants. [musique] [musique] Après 7 jours de procès, les psychiatres qui avaient tant tergiversé font une légère marche arrière.
L'accusé était au moment des faits dans un état grave de déséquilibre mental qui la rendait incapable du contrôle de ses actions. [musique] Trop tard, ils l'ont déclaré responsable. Les avocats de Jeuneviève plainent une dernière fois le coup de folie.
Il [musique] réclame l'acquitement et son internement en psychiatrie, mais les jurés, horrifiés par ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont entendu, sont implacables. Le vendredi 19 décembre 2008, il condamne Jeuneviève à la réclusion criminelle à perpétuité. Toute ma vie sera en murée dans mon chagrin.
J'aurais toujours du mal à me sentir vivante toujours. Vous avez aimé cette histoire. Christophe Ondolat propose de la débriefer avec un [musique] invité dans un podcast d'ors et déjà disponible sur votre application.
Europolat raconte Christophe onat. [musique] Voici une affaire criminelle qui se joue à la veille de la guerre de 14. La femme du ministre des finances, Henriette Caillot, tue de six balles de revolver le directeur du Figaro, Gaston Calmet.
Et à la fin, grâce à un tour de pass-p qui raconte une époque où la justice bricolait avec la vérité, et bien elle est acquité et le lendemain, la guerre éclate. C'est une histoire que j'ai écrite en grande partie en m'appuyant sur le livre de Jeanvelour aux éditions Larousse, meurtre au Figaro, le procès caillou. La réalisation est de Céline Lebras.
Europ [musique] le 16 mars 1914 à 5h de l'après-midi passé une limousine avec chauffeur s'arrête devant un immeuble rocococococo au numéro 26 de la rue de Roua dans le 9e arrondissement de Paris. C'est le siège du journal de Figaro. Une dame en tessent distinguée, blonde, pâle, vêtue d'une robe de satin noir avec une jaquette assortie en astraquan et une toc à plume et des aigrettes.
L'élégante a peut-être 40 ans, pas plus et elle garde ses petites mains bien au chaud dans un manchon de fourrure. Elle entre dans l'immeuble du Figaro. Bonjour monsieur, je souhaiterais m'entretenir avec monsieur Calmet, s'il vous plaît.
Gaston Calmette ? et le directeur du Figao. Ah, c'est que monsieur Calmet est absent.
Il devrait arriver sans tarder si madame veut bien patienter. Vous aviez rendez-vous ? Non, mais quand il saura qui je suis, il me recevra, n'ayez crainte.
Elle tend sa carte de visite et elle va s'installer dans un fauteuil à la réception où elle patiente calmement 45 minutes sans mouffet. À 6h, le directeur du Figaro arrive en trombe. Calm était un [musique] petit quincagénaire repelé avec des binocles ovales et une moustache tirée en pointe sur les joues.
Il a épousé la fille du directeur du Figaro et quand Bapa s'est retiré, [musique] c'est lui qui lui a succédé. Ce soir, il est pressé. Il est sur le point de repartir pour un autre rendez-vous vers les Champs-Élysées.
On lui remet la carte de la visiteuse. Il a l'air un peu surprès. Madame Joseph Caillot, la femme du ministre.
Mais que diable me veut-elle ? Écoutez, faites-la entrer. Quand elle arrive, il est à la porte de son bureau.
Bonjour madame. Bonjour monsieur. Et il la laisse passer également.
Vous vous doutez peut-être de l'objet de ma visite ? Ah mais non madame, non. Veuillez vous asseoir, je vous en prie.
Il referme la porte derrière elle et une poignée de seconde plus tard, six coups de feu claquant le bureau. Les huissiers se précipitent et il découvrent [musique] madame Caillot, la femme du ministre des finances, Livide, un revolver à la main que la diablesse avait caché dans son manchon. Et il l'entendent qui murmure puisqu'il n'y a plus de justice en France.
C'était le seul moyen d'en finir. Et à ses pieds, Gaston Calmette, grièvement blessé mais vivant, qui murmure dans un râ de douleur. Ce que j'ai fait, je l'ai fait sans reine.
N'ai fait que mon devoir. L'ambulance tarde, mais elle finit par conduire le blessé dans une clinique de Neili. est très grave car sur les six balles tirées par Enriet Caillot, quatre ont atteint Calmette et une a touché l'artédiaque au niveau de l'intestin. [musique] Quant à Henriette Caillot, elle est emmenée tout droit au commissariat de la rue Drouau, tout à côté.
Mais lâchez-moi enfin, ne me touchez pas, je suis une dame. Je suis la femme du ministre des finances tout de même. Et elle se retrouve face au commissaire.
Je ne voulais pas le tuer, monsieur le commissaire. Je voulais juste lui faire peur. Je regrette.
Mais vous êtes au courant, monsieur, n'est-ce pas, de la campagne que mène monsieur Calmet contre mon mari ? J'ai demandé à une personne que je ne nommerai pas de le moyen de faire cesser cette campagne. Elle m'a répondu : "Il n'y en a pas.
Que vouliez-vous que je fasse ?" Le journal s'apprêtait à publier des lettres, disant compromettantes. Je ne pouvais pas le laisser faire.
Et là, elle lâche cette phrase qui risque de lui coûter très cher. J'ai prémédité mon acte, hein, depuis 1 heure de l'après-midi. [musique] Et d'ailleurs, dans la foulée, elle est inculpée de tentatives d'homicide volontaire.
Mais comme Gaston Calmette décède sur la table d'opération à 1h du matin, alors ça n'est plus une tentative d'homicide volontaire, c'est un meurtre. La femme du ministre des finances est une meurtrière ou ça va faire du bruit ça. Pour comprendre le mobile du crime, le juge en charge de l'enquête n'aura pas beaucoup de travail, hein.
À supposer qu'il ne soit pas au courant, ce qui entre nous est assez peu probable. Tout le monde est au courant. Il suffit d'ouvrir le Figaro.
En 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, le ministre Joseph Caillot est la cible de toutes les attaques. Allez-y, lisez. Ne vous gênez pas, ces publics.
Caot, l'homme le plus haï de France. Cot le traître. Cayo l'ennemi de la prospérité nationale.
Cot le fauxoyeur de la France. [musique] Le Figaro lui a même trouvé un petit nom, le Canaillot. Et qu'a-t-il fait pour être à ce point détesté [musique] par le Figaro ?
Et bien d'abord, il a inventé l'impôt sur le revenu. Pour être impopulaire, il n'y a pas mieux. Mais pire que ça, c'est un pacifiste comme Joress.
Il ne veut pas de la guerre contre l'Allemagne et il dit que ça serait la ruine de l'Europe. Et donc pour tous ceux qui rêvent d'en découdre avec Berlin et bien c'est un traître et pour pas refaire le tableau, il s'est fait un ennemi personnel. C'est de notoriété publique.
À la chambre des députés il y a 1 an, Kaillot a fait tomber le gouvernement Bartou, un homme de droite. Bartou ne le [musique] lui pardonnera jamais. Jamais.
Et comme les élections approchent, Bartou veut à tout prix empêcher Caillot [musique] de les gagner. Il veut la battre et pour la battre, il a un allié. Enfin, il avait un allié, son ami Gaston [musique] Calmette, le directeur du Figaro.
Le Figaro qui s'est donc lancé dans une campagne de dénigrement en 3 mois et demi, le Figaro a publié pas moins de 138 articles sur Joseph Caillou. Henriette les a compté. [musique] Et si Joseph Caillou en vieux briscar de la politique tient bon dans la tempête, Henriette, c'est autre chose.
Henriette depuis 3 mois accuse le coup. Il faut imaginer cette grande bourgeoise dans la salle à manger de son appartement de la place Vagram dans le 17e qui tous les matins au petit-déjeuner se jette la boule au ventre sur le Figaro et qui tous les matins découvre de nouvelles calomnies sur son mari. Toujours signé Gaston Calmette.
Ces phrases, monsieur le juge, ces phrases me pénétrent dans le cœur comme autant de coups de poignard, vous voyez ? Et le soir, évidemment dans les dîners mondins et les galins, elle était obligée de faire profil bas. Tout le monde nous était hostile, monsieur J. tout le monde dans les salons où on nous tournait le taux. [musique] Le matin même du meurtre, le 16 mars, Calmette a annoncé dans le journal du lendemain la publication, [musique] je cite, d'imprudente correspondance.
C'est ça. C'est ça qui a mis en riette dans cet état. Ce qu'elle redoutait le plus était en train de se produire.
On allait [musique] étaler sa vie privée au grand jour. Et vous aviez une idée de ce qu'il pouvait y avoir dans ces lettres, madame ? Oui.
Enfin, je supposais qu'il s'agissait de lettre que nous nous sommes écrites avec Joseph quand nous étions enfin amant, marié chacun de notre côté. Enfin, vous voyez quoi ? Ah oui, on voit très bien.
Des lettres qui commençaient par "Ma chère petite rie" et qui se terminait par mille millions de paisés sur ton petit corps adoré. Et celle lettre madame à votre avis d'où monsieur Calmet les tenait-il ? De Bertem les avait découvertes à l'époque.
Ça avait fait toute une histoire. Alors madame, reprenons depuis le début. Racontez-moi votre journée du 16 mars, jour du meurtre.
Et bien quand j'ai lu l'article qui annonçait les lettres pour le lendemain, j'ai pensé à ma fille, ma fille de 19 ans que que j'ai de mon premier mariage. J'ai pensé à ce qu'elle allait subir si ces lettres étaient publiées. Et puis un peu plus tard, j'ai eu de la visite à un magistrat, un ami de Joseph.
Je je lui ai demandé par quel moyen empêcher la publication de ses lettres. Il m'a dit "Il n'y a rien à faire." Il m'a dit il faut se résigner et de là j'ai pensé à me défendre moi-même.
Elle dit qu'ensuite elle est allée au ministère des finances pour y retrouver son mari et un collaborateur dira qu'elle avait l'air d'une bête traquée. Et là elle a assisté à une réunion entre Kaillot, son chef de cabinet et le directeur d'un journal de gauche. Je lui ai demandé ce qu'il comptait faire.
Et là, il s'est emporté. Il m'a dit "Si quel publie une de ses lettres, je lui casserai la gueule." Ensuite, on est rentré déjeuner tous les deux chez nous dans le 17e pour vous dire dans quel état il était.
Les cotelettes étaient trop cuites et bien il a renvoyé la cuisinière pour des cotelettes et ensuite il est retourné à son ministère. Pas tout de suite, hein. Elle est d'abord passée au bureau de placement du personnel domestique pour trouver une nouvelle cuisinière.
Vous comprenez ? Je je l'avais promis à mon mari. [musique] Elle se rend d'abord chez Gastine Renette, l'armurier du tout Paris près des Champslysé.
C'est là que son mari se fournit pour la chasse. Bonjour monsieur. Voilà, je viens faire l'acquisition d'une arme, voyez-vous, mon Marie s'apprête à partir en campagne électorale dans la Sart.
Je devrais le rejoindre la nuit en voiture. Je je ne voudrais pas être imprudente, mais certainement. Madame, est-ce que ces deux revolvers par exemple pourraient convenir à madame ?
Le premier est trop lourd. Elle choisit un petit browning automatique. Oui, c'est bien ça.
Je je trouve la détente plus souple. C'est plus facile à me manier. Vous voyez ?
Vous voulez l'essayer ? Peut-être. Nous avons un stand de tir.
Ah oui oui, pourquoi pas ? Le garçon la conduite au sous-sol et elle fait un carton trois balles dans la tête de la silhouette qui lui sert de cible. Fine gâchette l' Henriette.
Pouvez-vous peut-être me charger mon arme ? Ah, je regrette madame, non. Le règlement ne le permet pas.
Elle règle la note, 55 francs. Elle passe par sa banque, le Crédit Lyonnais, et elle rentre chez elle dans le 17e arrondissement. Et là, elle va vers son armoire.
Elle choisit sa tenue avec soin, une robe en panne de velours frappée, noire, colant, serrée à la taille par un gros nœud. Et elle s'installe à son secrétaire et elle prend la plume. Elle écrit une lettre à son cher mari.
Mon mari bien-aimé, tu m'as dit que tu voulais casser la gueule à l'ignoble calmette. J'ai compris que ta décision était irrévocable. Mon parti à moi fut alors pris.
C'est moi qui ferai justice. La France et la République ont besoin de toi. C'est moi qui commettrai l'acte.
Si la lettre t'est remise, c'est que j'aurais fait ou tenté de faire justice. Pardonne-moi, ma patience est finie. Je t'aime et je t'embrasse du plus profond de mon cœur, ton Henriette.
Et cette lettre, elle la remet à sa domestique. Vous la donnerez à mon mari quand il rentrera ce soir, n'est-ce pas ? Elle fait venir sa voiture.
Retirez du par-brise là, cocard de tricolore. Je vous prie. Nous allons rudrou au siège du Figaro et vous connaissez la suite. [musique] Mais que se passe-t-il après le crime ?
Ça, je ne voulais pas encore raconter. Quand il apprend la nouvelle, Joseph Caillot débarque Furibar au commissariat de la rue Droua et bien sûr, on le laisse voir en riette. Il est ministre.
Mais qu'est-ce qui t'a pris ? Enfin, ma carrière est fichue. Henriette fichu.
Tu m'as perdu. Perdu. La nouvelle a déjà fait le tour de Paris et dehors devant le commissariat, la foule grossit de minute en minute et très vite, elle devient houleuse, vaicative.
Des militants d'extrême droite sont là qui crient assassin. Assassin à morcaillot. Le commissaire craintant linchage.
Je ne vois qu'un seul moyen de la conduire à la prison. Il faut l'expiltrer par l'arrière boutique de l'épicerie qui donne sur la cour de commissariat, sinon ils vont la lâcher. Je vous rassure, le procureur est un ami du ministre Caillot et c'est lui [musique] qui l'accompagne personnellement jusqu'à la prison Saint-Lazar, feu du faubour Saint-Deni [musique] dans le 10e.
À son arrivée, le directeur de la prison est dans ses petits souliers. Madame la ministre, par ici, madame la ministre. On ne la fouille pas, bien sûr.
Et vous pouvez conserver vos vêtements, bien entendu, madame la ministre. La fameuse robe de velour noir. Pour elle, le directeur a déplacé deux prisonnières de la cellule 12.
Comme ça, voyez-vous, vous l'aurez tout entière pour vous. Il l'a fait nettoyer de fond en comble, fait mettre des rideaux à la fenêtre et ajouter une descente de lit. Et le ménage sera fait tous les jours et les repas portés depuis le restaurant d'à côté.
Le 20 mars, le Figaro qui n'empte son menu de la veille. Celle de présalé, macaron à l'anglaise, pomme bonne femme et les coupé d'eau de Vichi. Burk.
Pendant ce temps, son ministre de Marie s'attelle à la préparation du procès. C'est qu'à cause de la préméditation, Henriette risque tout de même sa tête. Et puis il s'agit aussi de tenter de sauver sa carrière.
C'est lui qui choisit l'avocat, maître Fernand Labor, qui a défendu Zola et Drefus. C'est le meilleur. L'avocat qui dès qu'il [musique] est mandaté organise un petit écart avec la procédure.
Oh trois fois rien, une broutille. [musique] Il réunit les deux époux discrètement dans une pièce de la prison [musique] avant leur première interrogatoire chez le juge. Juste pour caler leur témoignage quoi, pour qu'il raconte la même chose, pour qu'ils disent tous les deux.
Par exemple, Henriette était une femme bafouée qui a d'abord pensé à sa famille. Elle était dans un état second. Elle n'a rien prémédité du tout.
Ça tombe bien, les experts psychiatres nommés par le juge sont sur la même ligne. Je vous lis leur rapport, c'est absolument délicieux. Le cas de madame Cillot est en cas atypique d'impulsion subconsciente avec dédoublement de personnalité.
Elle n'avait plus la direction consciente de ces actes, ni la notion claire de leurs conséquences. En clair, elle n'est pas irresponsable, mais mais presque quoi. L'instruction est bouclée en 3 mois.
Le procès est fixé pour juillet. Le ministre Caillot a tout verrouillé. Un nouveau ministre de la justice vient d'être nommé et bien c'est l'un de ses fidèles.
Le ministre de l'intérieur est resté en place mais lui aussi est l'un de ses proches. Quant au président de la cour d'assise, ce sera Louis Albanel. Quand il y a de la gêne, il y a peu de plaisir.
C'est une relation du couple caillot et ce risu, quelques jours avant le procès, le procureur et fait commandeur de la Légion d'honneur. Félicitations, monsieur le procureur. Alors, bien sûr, il reste les jurés.
Les jourés sont impartiaux, hein. Les jourés, ça ne s'achète pas, hein. Bien sûr que non.
Sauf que le premier jour quand l'uissier apporte l'urne qui contient le nom des jurés attirés au sort, les scellés se sont brisés. Oh, c'est ballot. L'avocat de la famille de Gaston Calmet s'insurge.
Enfin, comment se fait-il que les scelles soient rompus ? Monsieur Luisier, expliquez-vous là-dessus. C'est-à-dire que je je suis tombé dans l'escalier.
Voilà. On ne va quand même pas ajourner le procès pour ça. Bah non, les jurés sont donc tirés au coquin de sort et le procès peut commencer.
On se croirait à une soirée de première d'opéra. [musique] Le tout Paris mondin est là. Une forêt de haut de forme et de bonnets à plume.
Le pouvoir, l'adultère, l'odeur [musique] du sang, la poudre, tout est on vient assister à un mélodrame bourgeois. Les militants royalistes [musique] de l'Action française auraient bien voulu s'inviter au spectacle aussi, mais Kaot a tout prévu. Il connaît l'importance du public dans les [musique] cours d'assise.
Par ses réactions, il peut influencer les jurés. Et donc, il s'est débrouillé pour que l'assistant soit trié sur le volet. hein, ses partisans dedans et puis les autres dehors.
C'est mieux comme ça, hein. Et au cas où, il a fait recruter par un ami Corse, le [musique] député Chefaldi, toute une troupe de gros bras, une garde corse toujours prête [musique] à faire le coup de point avec les gars de l'action française. [musique] dans son box.
Henriette Caillot et pâle, très pâle et tout en noir, coiffé d'un étonnant chapeau que les chroniqueurs judiciaire de l'époque décrivent ainsi : "Un cylindre de satin noir surmonté de deux ailes de corbeau qui lui donn air de valkyrie funèbre." "Voulez-vous vous lever, madame Caillot ?" Et très vite, on en vient aux lettres.
Dans le public, l'excitation est à son comble et d'emblé Henriette accuse l'ex-femme de son mari, Bert. C'est d'elle que vient tout ce mal. C'est elle qui est allé proposer ses lettres à plusieurs journaux.
Elle voulait détruire notre bonheur et elle y est parvenue. Mais enfin, madame, jamais aucun journal ne a publié ces lettres. Je savais que ça allait venir et j'ai compris que mon mari finirait par se livrer un acte violent envers le directeur du Figaro.
Et donc c'est moi qui devais tout tenter. C'est moi qui devais tenter la suprême démarche. C'est moi qui devais tout faire pour l'empêcher de publier ses lettres.
Vous avez acheté un revolver, vous avez tiré six balles. Aviez-vous l'intention, madame, de tuer monsieur Calmette ? Oh non !
Non, je n'ai pas voulu le tuer. Vous savez, c'est effrayant. Un revolver comme ça, ça part tout seul.
Le ministre Kaillot est ensuite invité à déposer à la barre. J'ai des regrets. Oui, oui, j'ai des regrets.
Je n'ai pas vu les ravages que faisait sur Henriette cette campagne de press. J'ai énormément de regrets. Et ensuite, il passe à l'attaque.
C'est son métier. Il sait se battre. Il a mené sa petite enquête sur la victime Gaston Calmette.
Savez, on veut faire de monsieur Calmet une innocente victime. Savez-vous qu'il lègue une fortune considérable à ses héritiers ? Hein ? ici son testament.
Il l plus de 3 millions de francs. Dans nos familles bourgeoises, il faut 50 ans pour acquérir une fortune par et bien cet homme l'avait acquise en 3 ans. Mais enfin, voyons, comment osez-vous ?
L'avocat de Calmette est outré. viennent ensuite à la barre les experts en balistique. Alors, je vous le dis tout de suite he la science est encore molle aujourd'hui, mais à l'époque je ne vous dis pas madame Caillot, voyez-vous, a tiré vers le bas et malheureusement monsieur Calmet qui a sans doute voulu se protéger a plongé au sol.
On peut dire qu'il s'est littéralement jeté sous les balles, voyez-vous. Celle-là, c'est la meilleure. Il fallait oser.
On fait ensuite témoigner un chirurgien qui se trouvait être tout à fait par hasard, un ami des caillots. Si les chirurgiens n'ont n'ont pas tué qu'être, on peut dire qu'ils l'ont laissé mourir, hein. Ce qui revient au même.
Ah là, on applaudit. Ce ne sont pas les coups de feu d'Henriette qui ont tué Calmet, ce sont les médecins du grand tard. En face, l'avocat de la famille Calmette doit se sentir bien seul.
Il met bout à bout tous les éléments de la préméditation. Et je veux vous lire ici la lettre dans laquelle Henriette annonce à son mari qu'elle va faire justice. C'est important que vous entendiez ces mots.
Mon mari bien-aimé, tu m'as dit que tu voulais casser la gueule à l'ignoble qu'almette. J'ai compris que ta décision était irrévocable. Mon parti à moi fut à leur prix.
À ce moment-là, dans le box en riette de cailloux blémy et elle tombe dans les pommes, la pauvre. L'audience est suspendue. [musique] À la reprise, l'avocat de Calmette a repris du poil de la bête et il dit ce qui se dit à droite depuis le début de cette affaire.
Le Figaro n'allait absolument pas publier les lettres des deux tourteraux caillot comme madame Caillot veut nous le faire croire. Chacun sait qu'ils allaient publier le rapport Fabre hein. Monsieur Fabre étant un magistrat qui démontrait que Kaillot était intervenu pour étouffer une affaire dans laquelle il était mouillé.
Et donc elle n'a pas écalm pour empêcher la publication de lettre d'amour. Non non, elle l'a tué pour empêcher qu'un journaliste publie le rapport Fabre. C'est ça la vérité.
Tout ça est vrai à 100 %. Mais c'est trop tard. On est venu pour juger un crime passionnel perpétré [musique] par une femme bafouée.
Restons-en là. Tenez, écoutez la fin de la plaido de l'avocat général. Il n'est pas possible dans ce procès de retenir la préméditation.
Impossible. Je requier donc contre madame Caillot une peine de 5 années de travaux forcés. Je vous remercie. 5 ans alors qu'elle encour la peine de mort.
La parole est à maître Labor, avocat de la défense. J'ai là une lettre de monsieur Calmette lui-même dans laquelle il exprime ses remords sur son action à la tête du Figaro. Il demande, je lis qu'on transmette ses excuses à qui de droit ?
Et bien je vous le dis, monsieur Calmet s'il était là demanderait l'acquitement de madame Caillot. La guerre est à nos portes, messieurs les jurés, à quitter Henriette Caillot. Et là-dessus, les jurés se retirent. [musique] Ils ont délibéré 50 minutes.
Ils viennent de reprendre leur place dans le prêtoir et c'est absolument incroyable. Enriet caillou n'a pas commis d'homicide volontaire, elle est acquitée. Le public explose de rage ou de joie, c'est selon les ennemis du ministre crient "À mort caillot", mais on entend aussi un peu moins fort à mort calme.
Comme s'il n'était pas déjà mort. Et dehors dans la cour, une méchante bagarre éclate entre les partisans et les ennemis de caillot. Les gendarmes doivent intervenir.
La garde rapprochée de caillot, sa garde corse l'amène à l'abri hors du palais [musique] de justice. [musique] Voilà, Henriette peut rentrer chez elle. Ce que je ne vous ai pas encore dit, mais vous devez vous en douter à cause de la date de ce procès, c'est que ce verdict intervient aux prémises de l'un [musique] des plus grands désastres du 20e siècle, la première guerre mondiale.
Les magouilles de Joseph Caillot, le pacifiste, pour sauver sa femme en riette, ont pour décor l'Europe qui s'embrase. [musique] Le jour du verdict, le 26 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. 5 jours plus tard, Jor est assassiné et 8 jours après, le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France.
La grande boucherie peut commencer. Henriette Caillot, elle a vécu jusqu'en [musique] 1943 et son mari Joseph jusqu'en 1944. Des centaines d'histoires disponibles sur vos [musique] plateformes d'écoute et sur europein.fr.
Ondelat raconte Christophe Onat. Voici une enquête criminelle de 2013, le meurtre d'Éloïse Bagnolini dans le Fauclus. Une affaire dans laquelle vous allez retrouver un trio que vous connaissez bien, un mari, sa femme et sa maîtresse.
J'ai écrit cette histoire avec Thomas Oudir. Réalisation Céline Lebras. [musique] Europolat. [musique] Le 11 octobre 2013 dans la matinée, Alain qui habite à Obignan dans le Vluse reçoit un étrange message de sa compagnie Eloïse.
Très étrange. Il va falloir que tu te libertes tôt car j'ai un empêchement pour aller chercher le petit à l'école. Vas-y, moi j'ai besoin de calme.
Il l'appelle tout de suite. Messagerie Orange. Bonjour.
Il la rappelle. Il la rappelle encore. Son téléphone a l'air d'être éteint.
Et 100 fois, il relit ce message. Vas-y, moi j'ai besoin de calme. De calme, de calme, qu'est-ce que ça veut dire ?
Et qu'est-ce qui lui est arrivé ? D'habitude, c'est elle qui va chercher le petit. Et puis, en général, quand elle envoie un message, elle l'accompagne d'un d'un chéri, d'un baiser à la fin.
Et là, c'est sec, c'est froid, ça ne lui ressemble pas. [musique] [musique] Alain rentre chez eux. La maison est normalement fermée à clé et l'alarme est enclenchée.
En revanche, la posée a son sac à main. Il fait le tour des placards. Tiens, il manque deux valises.
Et là, carrément très inquiet, il décide d'appeler sa belle-mère Sophie, la mère d'Éloïse, en se disant pourvu qu'elle soit chez elle. Sophie, c'est elle a l'appareil. Dites-moi, vous avez des nouvelles d'Éloise ?
Non. Non, parce que moi je suis très inquiet. Elle est pas à la maison, sa voiture est pas là et puis j'ai l'impression qu'elle a quitté le domicile.
Et oui, elle est partie avec deux valises et ce matin, elle m'a envoyaé un drôle de message. La mère à son tour essaie d'appeler Eloïse, la sœur s'y met aussi et elle lui laisse plusieurs messages en vain. Qu'elle se soit barrée [musique] comme ça du jour au lendemain sans criar, tout le monde est très surpris.
Elle avait l'air heureuse, épanouie avec Alain et leur petit garçon de 3 ans, d'autant que lui dit qu'ils ne se sont pas disputés. Et puis à [musique] côté de ça, il y a son sac à main qui est là. Et ça, ça n'est pas le signe de quelqu'un qui se barre.
Enfin, une femme qui plaque son compagnon prend son sac à main. Et puis il y a le gamin, elle ne serait pas partie sans son gamin. Tout ça est très inquiétant. [musique] Et donc le soir même, Alain va voir les gendarmes et dès le lendemain, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante et les gendarmes viennent tout de suite sur place chez Alain et Éloïse et il demandent à faire le tour de la maison et dans la salle de bain.
On dirait qu'il y a une bagarre. Non, ici non. Le promo de douche là, il était cassé ce matin, monsieur, quand quand vous avez pris votre douche.
Ah ben non. Et là, les tic entrent en action avec leur fameux Blue Stars liquide qu'on pulvérise et qui révèle les taches de sang. Oh, regarde-moi ça.
Il y a du sang là. On voit qu'on a tenté de le nettoyer mais il y a du sang. Il y a pas qu'un peu.
Dido, hein, regarde la traînée que ça fait jusqu'à la porte entrée. Et ce sang est immédiatement analysé. C'est celui d'Éloïse.
D'Éloïse Bagnolini, c'est son nom. Elle ne s'est pas barré. On l'a tué ici dans sa salle de bain.
Le lendemain matin, le téléphone sonne chez les gendarmes. Allô ? Bonjour.
Voilà, il s'est passé quelque chose de grave. Je viens de recevoir un appel de mon cousin. Sa fille est arrivée chez lui ce matin.
Elle a dit qu'elle avait fait une grosse bêtise. Elle a dit "J'ai tué une femme." Les gendarmes font tout de suite le lien avec la disparition d'Éloïse Pagnolini. "Dites-moi, monsieur, vous vous pouvez nous donner le nom de cette jeune fille qui aurait tué une femme, dites-vous ?" Oui, bien sûr.
Oui, elle s'appelle Jessie. Jessie Travaglini. Notez que la scène n'est pas banane.
Les gendarmes viennent à peine de découvrir que la disparition d'Eloï Bagnolini était en fait un meurtre et le lendemain, on leur livre un coupable. En l'occurrence une coupable. [musique] Et donc il se rend carte sur cette Gessi Travaglini.
Ils apprennent qu'elle a 27 ans, [musique] qu'elle travaille chez Libig, le fabricant de soupes industrielles, où elle est en charge des ressources humaines et surtout que c'est une très jolie fille. Elle s'est présentée à Miss Vluse, figurez-vous, il y a quelques années et elle a terminé première Dauphine. Dis-moi, d'après ce que tu as pu apprendre là, elle est mariée cette jeune femme ?
Oui. Oui. D'après ce que j'ai pu pu apprendre, elle est mariée avec un entraîneur de rugby.
Ça serait son premier amour. Elle l'aurait connu quand elle avait 15 ans et ils ont un fils un fils de 5 ans. Et alors cette Gessie Travaglini a-t-elle le moindre lien avec Eloïse Bagnolini en dehors du fait qu'elles ont toutes les deux des noms italiens ?
Et bien a priori, elle ne se connaissait pas ni de près ni de loin. Mais en grattant un peu pas longtemps, les gendarmes découvrent un lien, un sacré lien. Alain, le compagnon d'Éloïse, il travaille chez Liebig.
Il y est ingénieur, il est même le numéro 2 de l'usine. Et en grattant encore un peu, ils apprennent que [musique] cette Jessie est en fait la maîtresse d'Alain. Et bien Jessie a tué Eloïse pour ne plus partager Alain avec elle.
Ça paraît clair. Alors où est-elle ? Cette Jessie, le brave cousin qui a prévenu les gendarmes a dit qu'elle habitait chez son papa.
Facile à trouver. Bonjour monsieur. Est-ce que votre fille Jessie est là ?
Jessie, il y a des gendarmes pour toi. Il la trouve prostrée dans le canapé. Il la ramène à la gendarmerie et il la place en garde à vue. [musique] Pas facile d'interroger Jessie Travaglini.
Elle pleuriche tout le temps mais entre deux sanglots, elle finit par lâcher. Oui, c'est moi qui tuéis Bagnolini. Bien, maintenant il faut nous dire ce que vous avez fait du cours.
Madame, il est dans sa voiture, dans le coffre de sa voiture. Je gar pas très loin de chez eux dans leur lottissement. [musique] Les gendarmes retrouvent la voiture pas loin à deux rues.
Et effectivement le corps d'Éloïse est là recroquvillé dans le coffre. Vous n'étiez pas heureuse dans votre couple, mademoiselle. Mon mari, vous savez, je le connais depuis que j'ai 15 ans.
Il aime la bière, le rugby, le poker. J'ai eu besoin d'aller voir ailleurs, de de trouver du piment, quoi. Et maintenant, on veut savoir comment ça s'est passé.
Forcément, c'est Eloïse qui m'a fait venir chez elle. La nuit à 2h du matin, elle m'a envoyé SMS ce qui disait. Salut, c'est Eloïe.
Je suis au courant pour ta relation avec Alain. Si tu as du cœur comme moi de protéger ta famille, je te propose qu'on en discute à la maison ce vendredi à partir de 6h30. Quand on a commencé à discuter, elle m'a dit qu'elle savait qu'Aller la trompé avec moi.
Elle voulait savoir depuis combien de temps ça duré. Je je lui ai dit la vérité 3 ans et demi, je lui ai dit que ça avait commencé le lendemain de jour où il avait annoncé à Lin qu'elle était enceinte quoi. Et là Jessie dit qu'à ce moment précis, Eloïse a perdu son sang froid, qu'elle serait devenue violente.
J'ai voulu me réfugier dans la salle de bain, mais elle m'a rattrapé et puis on a commencé à se battre. À ce moment, elle m'a fait tomber, je me suis cogné à la tête contre la baignoire. J'étais à moitié assommé quoi.
J'ai juste voulu me défendre. Mais comment vous êtes défendu, madame ? Et je me suis mis à califourchon sur elle et je l'ai étranglé avec la serviette.
Je je voulais juste que ça s'arrête. J'ai pas voulu la tuer. Je regrette.
Elle dit qu'elle a réalisé qu'elle l'avait tué en voyant du sang sortir de ses narines. À ce moment-là, elle a pris son pou. Elle s'est aperçu qu'elle ne respirait plus.
C'est tout l'enjeu de l'enquête qui commence. Est-ce que c'est de la légitime défense ou pas ? Ou au contraire, est-ce que Jessy est venu chier Eloïse pour la tuer ?
Parce que selon le scénario retenu, ça n'est pas la même limonade. Si on retient la légitime défense, elle peut s'en sortir avec 8 ans, 10 ans. Mais si c'est un assassinat planifié, c'est possiblement perpète. [musique] [musique] Le corps d'Éloïse a été envoyé à l'Institut médico légal de Nî et on verra si le résultat des autopsies colle avec le récit de Jessie.
En attendant, il y a plusieurs choses à vérifier. Et d'abord, est-ce qu'Éloï savait que son compagnon Alain avait une liaison avec cette Jessie ? Et du coup, est-ce qu'elle a vraiment convoqué Jessie chez elle ?
Les gendarmes interrogent les mamans des enfants qui fréquentent la même école que le fils d'Éloïse et Alain. Ah mais moi, j'ai remarqué que ce matin-là, elle était comment dire plus apprêtée, je dirais que d'habitude. Elle était maquillée tout ça pomponné, vous voyez ? bien coiffé quoi, beaucoup plus que d'habitude.
Moi, je me suis dit qu'elle avait un rendez-vous. Donc, un point pour Jessie. Hello s'est mis sur son 31 pour affronter sa rivale.
Ça sent le tracnard. Et puis, il y a le SMS qu'Éloïse adresse à Alain le jour même. Je vous le relis.
Il va falloir que tu te libères tôt, car j'ai un empêchement pour aller chercher le petit à l'école. Vas-y. Moi, j'ai besoin de calme. [musique] Est-ce que derrière ce J'ai "J'ai besoin de calme", il ne faut pas lire "J'ai découvert ton petit jeu, tu me trompes, [musique] il faut que je me calme".
Peut-être, mais pas sûr parce que la sœur d'Éloise raconte qu'avec Alain, il parlait de se marier et d'avoir un deuxième enfant. Autrement dit, elle n'était pas au courant. Elle ne savait pas que son mec avait une maîtresse. [musique] Elle n'avait aucune raison de convoquer Jessie et de lui sauter sur le poil.
D'autant que la sœur ajoute, "De toute façon, vous savez, Eloï c'était plutôt la fille qui fuyait les conflits, hein. C'était pas du tout le genre aller à l'affrontement. C'était c'était pas son caractère du tout.
Et ça entre nous, tout son entourage le dit. Eloïse était douce, pas du tout le profil à se battre. Tout porte à croire que Jessie Travaglini dit n'importe quoi quand elle décrit Eloïse comme une furie qui a failli la tuer. [musique] Et Alain tiens le mari d'Éloïse et l'amant de Jessie.
Qu'est-ce qu'il en dit de tout ça ? Moi je suis certaine que Louise ne savait rien pour Jessie. Certain.
Et en revanche, j'aiessayé les malsines. C'est une vente religieuse. À partir du moment où elle a jeté son dévolu sur moi, elle vous voulez comment dire me posséder.
C'est c'est le genre de femme qui ne recule devant rien. Qu'est-ce qui vous a tiré chez Jessie Travaglini, monsieur ? Je dirais une attirance sexuelle.
Et là sur son téléphone, il montre au gendarme des photos d'elle en lingerie, des photos qu'elle n'arrêtait pas de lui envoyer. J'ai pas trouvé la force quoi. J'ai pas trouvé la force de lui résister.
Mais à chaque fois que je rentrais chez moi, c'est vrai que ça a duré 3 ans, mais à chaque fois que je la voyais, je me disais c'est la dernière fois, ça peut pas continuer comme ça. Dites-moi, monsieur, j'ai si travaglini accepter ses règles contraignantes ? Non, non, elle ne les supportait pas.
Elle devenait agressive, elle me harcelait. Pour vous dire à quel point récemment, on est parti une semaine au ski avec Éloïse et notre fils. Et bien, elle a réservé dans la même station de ski que nous.
J'en pouvais plus. Et très peu de temps avant la mort d'Éloïse, j'ai décidé d'arrêter avec elle. Je lui ai dit que je voulais me faire muter et déménager pour plus avoir à la croiser.
Et comment réagit madame Travaglini quand vous lui avez annoncé ça, monsieur ? Elle m'a dit "Maintenant, ça va vous paraître lumineux." Elle m'a dit "Maintenant, je sais ce qui me reste à faire.
Tu es Eloïse par exemple ?" [musique] Ah, ça y est, on a les résultats de l'autopsie. Ils sont très intéressants.
D'après le doc, Jessie a mis au moins 7 minutes pour étrangler Éloïe. 7 minutes. On n'est pas dans la légitime défense là. 7 minutes.
On a le temps de réfléchir. Si je desserre, elle s'en sort. Mais si je serre, elle meurt.
Or si sert et elle sert pendant 7 minutes. Vous savez ce genre [musique] de pistolet qui envoie des impulsions électriques qui paralysent l'adversaire. Elle est allée l'acheter à l'autre bout du département.
Elle a donc fait des préparatifs. Ça sent la préméditation. [musique] Ce qui renforce aussi l'idée d'une préméditation, c'est ce moment où on découvre que le jour du crime, Jessie était en congé.
Congé qu'elle avait posé une semaine avant. Congé dont elle n'a pas parlé à son mari. Et puis chez Liebig, les collègues racontent un autre potage au sujet de Jessica Travagini.
Elle a eu un autre amant à l'usine et donc les gendarmes vont interroger la femme de cet amant qui raconte qu'elle a découvert le potos quand elle a trouvé le numéro de Jessie dans le répertoire de son mari. En femme bafouée, elle l'a appelé pour lui demander d'arrêter de la voir. Benah elle a pas lâché l'affairein.
Au contraire, elle l'a relancé. Moi, j'ai clairement senti qu'elle voulait briser notre couple. Et vous avez cherché à la rencontrer ?
Oui. On s'est vu dans un café qui a proposé la rencontre ? Elle.
Elle Jessie. Elle m'a répété 100 fois qu'elle avait 26 ans, qu'elle était plus jeune que moi. Elle était d'une arrogance.
Elle m'a dit que j'avais aucune chance de le garder. La preuve qu'elle s'est trempée puisque mon mari a fini par la lâcher. Oui, je sais ce que vous vous dites. [musique] Toutes les maîtresses amoureuses ne sont pas des meurtrières.
Et à fouiller comme ça dans l'intimité [musique] de Jessie Travaglini, l'enquête se perd un peu. Mais enfin, reconnaissez que petit à petit [musique] se trace un portrait. Le portrait d'une femme manipulatrice, prédatrice avec les hommes.
Une femme que l'impossibilité [musique] de posséder ses amants rend folle. Et comme tout l' pensait qu'elle avait préparé son coup, et bien le chef de mise en examen de Jessie Travaglini est requalifié. Jusqu'ici c'était un homicide [musique] volontaire.
Désormais, c'est un assassinat. [musique] Voilà donc le scénario que retiennent les gendarmes et le juge d'instruction. Il est très éloigné des aveux initiaux de Jessie.
Très éloigné. Le 11 octobre à 9 heures du matin, Jessie est en congé. Elle va d'abord chez un fleuriste où elle achète un bouquet de fleurs.
On a trouvé la trace de cet achat. On suppose que c'est pour ne pas éveiller le soupçon, notamment le soupçon des voisins. Il faut que ça ressemble à une visite de courtoisie.
Elle sonne. Elloïse lui ouvre la porte et là, elle sort son tasur. Elle la menace.
Eloïse se réfugie dans la salle de bain, elle la poursuit. Une lutte s'engage. Éloïse reçoit un coup de sèche-cheveux sur la tête et sonnée.
Jessie se met à l'étrangler avec une serviette de toilette qu'elle a préalablement tordu. Et ensuite, avec un sang franc incroyable, elle évacue le corps en le traînant jusqu'à la voiture d'Éloïe. Et elle tente de faire croire qu'elle a quitté Alain.
Et après, on suppose qu'elle est allé jeter toutes les pièces à conviction qu'on n pas retrouvé, c'est-à-dire le taser, le téléphone d'Éloïse, la serviette de toilette et le sèche-cheveux dans le rôe. [musique] Et dans l'art de la dissimulation, la suite est assez amusante puisque dans la bagarre, Jessie a reçu des coups. [musique] Elle a un sur la figure et ça va se voir et donc on va la soupçonner.
Et là, elle a une idée. [musique] Elle a rendez-vous avec une amie. Elle arrive à ce rendez-vous avec le bouquet de fleurs qui lui cache le visage.
Et là, d'un coup, [musique] elle tombe. Enfin, elle fait semblant de tomber. Oh, c'est ballot.
Je me suis blessé le visage. Sa copine y croit [musique] tellement qu'elle l'emmène aux urgences. Maquiavell.
Cette femme est maquiavellélique. Mais le lendemain matin, elle va voir son père pour tout lui avouer. [musique] Elle veut qu'il l'aide à brûler le corps, qu'il devienne en quelque sorte son complice.
Papa, j'ai besoin d'aide. Le père refuse. Il appelle son cousin, il lui raconte tout.
Et le cousin prévient les gendarmes. Et le stratagème de Jessie est révélé. entre nous, je pense que même si le cousin n'avait pas appelé les gendarmes, les gendarmes seraient forcément tombés sur elle.
Voilà, l'enquête est bouclée. Jessie Travaglini est renvoyé devant la cour d'assise. [musique] Le procès s'ouvre le 1er février 2016, c'est-à-dire 3 ans après le meurtre, devant la cour d'assise du Vaclus en Avignon.
Pour assassinat, j'ai sig en cours perpétuité, mais raisonnablement dans le cadre d'une passion amoureuse, elle peut espérer moins. Mais pour ça, il faudrait au moins qu'elle se comporte bien devant la cour d'assise. Or, elle est terriblement arrogante, méprisante.
On voit qu'elle fixe les yeux dans les yeux la mère d'Éloïse. Celle-ci est tellement mal à l'aise qu'à un moment, elle doit changer de place pour ne plus être dans l'axe du regard de celle qui a tué sa fille. [musique] Malgré toutes les charges accumulées contre elle, Jessie Travaglini en reste à son scénario initial, celui de ses aveux.
C'est un accident, c'est un malencontre [musique] accident. Elle ne voulait pas la tuer. Elle n'a fait que se défendre.
Elle s'est sentie en danger [musique] et son avocat, maître Louis Alain Lemire, est tenu à cette ligne. N'a jamais voulu donner la mort à Eloïse Bagnolini. C'est une bagarre qui a mal tourné.
Sa tête a heurté la baignoire, elle a eu peur et donc elle a rendu les coups. Ce n'est pas parce qu'ensuite elle essaie de cacher la chose qu'elle a prémédité son geste. [musique] L'avocat qui développe par ailleurs un argument qui n'est pas inintéressant.
Ce pacte, ce pacte qu'ils avaient noué tous les [musique] deux. Ce refus d'Alain d'avoir des relations complètes avec elle. se refus de la pénétrer.
Il a généré de la frustration sexuelle [musique] et c'est cette frustration qui est l'étincelle du meurtre. Ça se tient. Mais à côté de ça, il y a tous les mensonges de Jessie.
Elle continue de dire qu'Éloïse est morte vite alors que le légiste maintient à la barre qu'elle l'a étranglé pendant 7 minutes au moins. L'avocat général résume la situation. La préméditation ne fait aucun doute, aucun.
C'était l'exécution d'un plan quasi militaire. En conséquence de quoi, je vous demande une peine qui ne saurait être inférieure à 30 ans de réclusion criminelle. [musique] Arrive le moment du verdict.
Les jurés, figurez-vous, ne retiennent pas la préméditation. Avec un argument d'ailleurs très intéressant. Le taser qu'elle a utilisé n'est pas une arme létale.
Ça n'est pas une arme faite pour tuer. En revanche, la peine qu'ils inflige à Jessie Travaglini est très lourde. 30 ans 30 ans de réclusion criminelle. [musique] À ce prix-là, évidemment, elle n'a rien à perdre à faire appel.
C'est ce qu'elle fait. Elle est rejugée en juillet 2017 à Nî où naturellement elle [musique] change de stratégie. Elle se montre plus humaine mais ça ne change rien car de nouveau [musique] la préméditation est écartée mais elle est à nouveau condamné à 30 ans de réclusion criminelle. [musique] Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur européen.fr.
Ter.
Serge Papin