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Discours / meetingConseil d'État· 10 janvier 2025 3 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesNumérique

Temps long et État stratège, avec Philippe Baptiste (CNES)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21Invité politiqueFait
    « Le spatial joue un rôle déterminant aujourd'hui dans notre société. C'est avec le spatial, avec les satellites qui tournent autour de la terre que vous pouvez communiquer. Vous recevez votre radio, vous utilisez votre téléphone, vous obtenez des prévisions météo pour demain. »
  • 0:21Invité politiqueFait
    « C'est aussi grâce au spatial qu'on est capable de comprendre les grandes évolutions du climat. Et de suivre aussi, par exemple, la biodiversité sur la terre aujourd'hui. »
  • 0:57Invité politiqueFait
    « Le secteur spatial, c'est un secteur vraiment qui s'inscrit dans le temps, qui est un temps long. »
  • 0:57Invité politiqueFait
    « Nous avons lancé il y a quelques mois une mission franco-chinoise qui s'appelle SVOM. C'est une grande mission scientifique d'astrophysique pour observer les sursauts gamma dans l'univers. »
  • 0:57Invité politiqueFait
    « Et donc on voit bien les temps dont on est en train de parler. Si je prends une grande mission internationale comme le James Webb Space Télescope dont tout le monde a vu les images, eh bien c'est une mission qui a été pensée dans les années 90 et qui a seulement été lancée en 2021 par une fusée Ariane depuis Kourou. »
  • 1:41Invité politiqueChiffre
    « Construire un lanceur, penser un nouveau lanceur, c'est au moins huit ans ou dix ans de travail et donc vraiment on s'inscrit dans le temps long. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « Le spatial, c'est aussi le temps du risque et en particulier le temps du risque technologique. Vous voyez un lanceur qui à un moment donné, se casse la figure parce que ça n'a pas fonctionné. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « Et puis le spatial, c'est aussi les aléas des risques géostratégiques : l'autonomie spatiale européenne, l'accès à l'espace en particulier, reposait en partie sur Soyouz qui était un lanceur russe que nous lancions à partir de Kourou. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « la guerre en Ukraine a complètement bouleversé les équilibres et évidemment on ne coopère plus aujourd'hui avec les Russes, ça a été aussi une difficulté dans notre autonomie d'accès à l'espace. »

Temps de parole

  • Philippe Baptiste100 %

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0:13
Philippe Baptiste

Philippe Baptiste, je suis président du CNES, le Centre national d'études spatiales. Le spatial joue un rôle déterminant aujourd'hui dans notre société. C'est avec le spatial, avec les satellites qui tournent autour de la terre que vous pouvez communiquer. Vous recevez votre radio, vous utilisez votre téléphone, vous obtenez des prévisions météo pour demain. C'est aussi grâce au spatial qu'on est capable de comprendre les grandes évolutions du climat. Et de suivre aussi, par exemple, la biodiversité sur la terre aujourd'hui. Donc le spatial a un nombre d'applications absolument considérable pour nous tous et nous touche directement aujourd'hui.

Le secteur spatial, c'est un secteur vraiment qui s'inscrit dans le temps, qui est un temps long. Nous avons lancé il y a quelques mois une mission franco-chinoise qui s'appelle SVOM. C'est une grande mission scientifique d'astrophysique pour observer les sursauts gamma dans l'univers. C’est une mission qui a été lancée, politiquement lancée, par le président Chirac. Et donc on voit bien les temps dont on est en train de parler. Si je prends une grande mission internationale comme le James Webb Space Télescope dont tout le monde a vu les images, eh bien c'est une mission qui a été pensée dans les années 90 et qui a seulement été lancée en 2021 par une fusée Ariane depuis Kourou.

Une grande mission internationale de la NASA avec évidemment des Européens et aussi des Français à bord. Construire un lanceur, penser un nouveau lanceur, c'est au moins huit ans ou dix ans de travail et donc vraiment on s'inscrit dans le temps long. Le spatial, c'est aussi le temps du risque et en particulier le temps du risque technologique. Vous voyez un lanceur qui à un moment donné, se casse la figure parce que ça n'a pas fonctionné. Vous voyez un satellite qui, pour une raison X, Y ou Z, ne va pas réussir justement pleinement sa mission. Et donc on est vraiment aussi dans un temps, un risque technologique qui est toujours extrêmement fort.

Et puis le spatial, c'est aussi les aléas des risques géostratégiques : l'autonomie spatiale européenne, l'accès à l'espace en particulier, reposait en partie sur Soyouz qui était un lanceur russe que nous lancions à partir de Kourou. Et évidemment, on voit bien que la guerre en Ukraine a complètement bouleversé les équilibres et évidemment on ne coopère plus aujourd'hui avec les Russes, ça a été aussi une difficulté dans notre autonomie d'accès à l'espace. Eh bien, pour être capable d'inscrire, de construire ces objets dans un temps long, il faut évidemment avoir des objectifs, des objectifs qui sont clairement affichés.

Il faut avoir une industrie qui soit une industrie qui soit forte et qui soit présente. Il faut bénéficier de financements, il faut avoir aussi au sein de l'Etat, et je crois que c'est fondamental, des ingénieurs qui sont capables de comprendre et de porter une politique spatiale sur un temps qui est un temps nécessairement très long.