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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 avril 2022 26 min

Réforme des retraites, programme sécurité de Macron et le danger Marine Le Pen… Le 8h30 franceinfo de Gérald Darmanin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Emmanuel Macron est prêt à modifier finalement son projet de réforme de retraite. Ça devait être 65 ans. L'âge légal de départ s'il est réélu, finalement il dit que ça pourrait être 64. Comment ça s'appelle ? C'est une reculade ?

0:12
Gérald Darmanin

Non, ça s'appelle... Écoutez, est-ce qu'il faut faire une réforme des retraites ? Oui, il faut en faire une. Pourquoi ? Parce qu'on vit plus longtemps, parce qu'il faut payer notamment ce qu'on appelle l'autonomie, c'est-à-dire la dépendance, les gens qui vieillissent et qu'il faut accompagner, et que tout ça coûte très cher, c'est le cinquième risque, la cinquième branche de la sécurité sociale. Et en même temps, si vous me permettez cette expression, il faut écouter la question sociale, qui est très importante, dont le premier tour de l'élection a montré qu'elle était prégnante chez les électeurs.

Hier, à Donin, le président de la République a pu entendre ce qu'il savait déjà, mais des gens qui avaient des vies très difficiles, et qui s'inquiétaient de pouvoir eux-mêmes aller jusqu'à 65 ans. Donc le président a dit, ce sera soumis à concertation, il y aura des métiers punibles où les gens partiront plus tôt, il y aura peut-être un calendrier moins serré que ce qu'on avait prévu. Le premier tour et le deuxième tour d'une élection sont là pour écouter les gens.

1:00
Présentateur

Du coup, ce sera écrit dans le projet, dans les professions de foi d'Emmanuel Macron. Il y aura quel chiffre ? La profession de foi qu'on a reçue avant le premier tour, c'était 65, c'était écrit noir sur blanc.

1:10
Gérald Darmanin

Ce qui est important, c'est d'écouter les Français, et ensuite, le projet de loi n'est pas écrit, d'expliquer que nous allons faire énormément de concertations. Le président de la République a été jusqu'à dire qu'il pourrait, je mets du conditionnel, le proposer au référendum. Je crois que c'est aussi une ouverture pour tous ceux qui ne veulent pas voter pour lui pour son projet, il l'a entendu, mais qui veulent voter pour lui contre Marine Le Pen. Moi, quand M. Roussel ou quand M. Mélenchon disent « je vote pour le président de la République », ou en tout cas M. Roussel explicitement, M.

Mélenchon quasiment explicitement, on sait tous qu'ils ne sont pas pour la retraite à 65 ans, c'est aussi une façon de les respecter. Et je pense que de la part d'Emmanuel Macron, dont on a souvent dit qu'il était vertical, c'est une belle écoute, et il y aura une discussion sociale, une discussion parlementaire, les élections législatives sont au mois de juin, et une discussion politique. Et je pense que vous allez souvent la commenter si le président de la République est réélu.

2:01
Locuteur non identifié

Pourquoi on a l'impression que c'est un peu quand même une sorte d'improvisation, ce qui s'est passé hier ? Le président est interpellé par la foule, il dit « bah oui, pourquoi pas, on peut bouger, on va voir, on va discuter, on peut même soumettre la réforme à référendum ». Ça, ça s'anticipe, Gérald Darmanin ? Il n'a pas découvert la situation sociale de la France deux jours avant le second tour ?

2:23
Gérald Darmanin

On ne peut pas faire comme si on n'avait pas vu les résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Ces élections, elles sont à la fois graves et étonnantes. Étonnantes parce que le président de la République, malgré tout, malgré tout ce qui lui arrive, malgré toutes les difficultés qu'il a eues pendant son mandat, est arrivé premier au premier tour en faisant plus de voix qu'en 2017. C'est quand même plutôt un encouragement à faire sa politique. Mais en même temps, Mme Le Pen et M. Mélenchon, tous les deux capitalisent quasiment 50% des voix.

Et on ne peut pas faire comme si c'était des partis simples de gouvernement qu'on aurait pu appeler modérés, je mets des guillemets évidemment, le PS ou l'LR, qui sont les opposants, les alternatives au président de la République. Il y a un message donné par les Français. Quand on est démocrate, moi je suis démocrate, et quand on est républicain, nous sommes républicains, on écoute ce que dit le peuple quand il va voter. C'est aussi un bon élément pour dire que ça ne sert pas à rien de voter.

3:13
Locuteur non identifié

Le président de la République, vous-même, nous, on écoute ce que disent les Français. Si il peut bouger sur la réforme des retraites, ça veut dire qu'il peut bouger sur autre chose. Je donne l'exemple de la fiscalité. Jusqu'à présent, il disait on ne bouge pas sur l'ISF, c'est-à-dire qu'on ne va pas remettre l'ISF. Vous entendez ce que disait Jean-Luc Mélenchon, il a fait plus de 7 millions de voix. Là, vous réfléchissez à remettre l'ISF ?

3:30
Gérald Darmanin

Non mais on ne peut pas dire tout et c'est au contraire. On ne peut pas dire le président de la République n'écoute pas, il est enfermé à l'Elysée, il est technocrate, il est loin de son peuple. Et puis quand il écoute et qu'il dit bon ben on va discuter, qu'est-ce qu'il a dit ? Je maintiens ma réforme des retraites, il faut travailler plus longtemps. Hier à Donin, une ville que je connais bien, il y a un monsieur qui tout en lui disant la réforme des retraites 65 ans c'est dur, a dit en même temps on n'a rien sans rien. On n'a pas rien sans rien, pardon. Donc il faut travailler.

Les gens qui bossent, les travailleurs comme ce courageux qu'on a vu à Donin, ils savent qu'il faut travailler simplement, ils ont dit au président de la République attention, attention, moi j'ai voté Mélenchon au premier tour, beaucoup de gens lui ont dit à Donin, votre réforme des retraites à 65 ans, j'ai voté Mélenchon parce que je la trouve trop dure, trop abrupte. Voilà, le président de la République qui n'a eu pas beaucoup de temps de campagne, si vous me permettez de le dire pendant cette campagne du premier tour, on leur a dit, il y a eu la guerre en Ukraine. Oui, mais c'est lui qui a choisi de se déclarer aussi tard au moment où les règles électorales changeaient.

Attendez, bon, très bien, il y a deux mois il y avait le Covid, et puis je rappelle qu'il était encore très présent en Chine, et il y a six semaines il y avait la guerre en Ukraine. Bon, il n'y a pas les mêmes contraintes tout à fait des autres candidats, mais aujourd'hui il est en campagne pour le second tour, et il explique son projet. On va faire la réforme des retraites, il y aura une grande dimension sociale de la réforme des retraites, tout le monde ne peut pas travailler autant, les cadres sans doute peuvent travailler beaucoup plus, les ouvriers sans doute peuvent travailler un peu moins, voilà, et on va en discuter avec les partenaires sociaux. Et ceux qui m'écoutent, qu'ont voté M.

Mélenchon, M. Roussel, ou toute personne qui combatte fortement le projet du président de la République, ne se font pas avoir, ils auront un rendez-vous social, indépendamment du fait qu'on ne veut pas que les représentants d'un parti dont on sait tous qui est un parti extrémiste et dangereux pour la démocratie ne gagnent l'élection présidentielle.

5:07
Présentateur

Pour reposer la question de Salia, il y a d'autres points qui peuvent encore bouger dans l'entre-deux-tours dans le programme ?

5:12
Gérald Darmanin

Mais un projet, il est une vision, et puis ensuite, je vous rappelle, une Assemblée nationale qui va être élue au mois de juin. La réforme des retraites, elle est possible si le président de la République a une majorité à l'Assemblée nationale. Et puis, quand bien même il y aurait une majorité à l'Assemblée nationale, ce que je souhaite évidemment, il n'est pas interdit de penser que la CFDT ici, l'opposition là, des experts là, les manifestations qui immanquablement vont naître devant des réformes extrêmement difficiles à faire... Ce sera un programme à la carte, en fait.

5:40
Présentateur

On ne sait pas exactement pourquoi on votera ou on ne votera pas dans 13 jours. Mais c'est tout à fait faux.

5:43
Gérald Darmanin

Lorsque vous êtes élu, vous ne savez pas ce qui va se passer forcément pendant les 5 ans. Quand le président de la République a été élu, il n'était pas prévu qu'il fasse quoi qu'il en coûte. Il y a eu des Gilets jaunes. Non, le virus, effectivement, il n'était pas dans le programme. Mais le reste l'était. Quand j'ai porté la défiscalisation des heures supplémentaires quand j'étais ministre des comptes publics, ce n'était pas dans le programme du président de la République. Il l'a fait lorsqu'il a vu les difficultés autour de la vie chère des Gilets jaunes. Nous avons défiscalisé les heures supplémentaires. Ça s'appelle le pragmatisme. C'est quoi la vision ?

La vision, c'était on baisse les impôts. On a supprimé la taxabilisation et puis on a rajouté la suppression de la fiscalisation des heures supplémentaires. Ce n'était pas écrit dans le programme du président. Il écoute lorsque l'on lui dit des choses. Je trouve que c'est plutôt une bonne chose. Je n'ai pas l'impression que Mme Le Pen, elle ait, un, financé son programme, deux, expliqué exactement comment elle allait récupérer des recettes, et trois, je n'ai pas l'impression vraiment qu'elle écoute la dimension sociale de son peuple. Mme Le Pen, elle ne dit pas comment elle va récupérer de l'argent. Elle ne dit pas le sel, Mme Le Pen.

Elle dit, je vais économiser sur les immigrés, sur l'immigration. Fraude au... Un, c'est insupportable. C'est social. Un, c'est insupportable. Et deux, on sait tous que c'est totalement délirant. Le programme de Mme Le Pen, c'est un mensonge éhonté qui va mener le pays, et notamment les petits épargnants, à la ruine. Pourquoi ? Regardez, quand Mme Le Pen, d'aventure, arrive à un score très important à une élection, et notamment la veille du premier tour, les marchés financiers, les taux d'intérêt augmentent. Notre dette s'aggrave.

Pour payer des augmentations de taux d'intérêt, lorsque, malheureusement, on constate que Mme Le Pen peut gagner l'élection présidentielle, on doit augmenter des impôts. Vous ne pensez pas qu'en disant ça, vous lui faites gagner des voix ? Non, je ne crois pas.

7:15
Présentateur

C'est-à-dire, vous ramenez Emmanuel Macron à l'image qu'il fait tout pour effacer depuis cinq ans, c'est-à-dire candidat de la finance.

7:20
Gérald Darmanin

Mais ça n'a rien à voir, c'est la réalité. L'argument, Mme Le Pen,

7:22
Présentateur

quand elle arrive, les marchés vont s'effondrer,

7:24
Gérald Darmanin

vous pensez qu'il est audible ? Oui, bien sûr. Ce sera la ruine des classes populaires, bien évidemment. Oui, je vous le dis. Quand vous allez dans votre banque, même si vous êtes communiste, vous allez quand même faire un emprunt pour votre maison.

7:34
Présentateur

Même les communistes font des emprunts pour leur maison.

7:36
Gérald Darmanin

C'est normal. Voilà, très bien. Moi, j'ai fait un emprunt pour ma maison. Vous négociez, je l'espère, le meilleur taux d'intérêt. Ça ne fait pas de vous un capitaliste en puissance. Ça fait quelqu'un qui va être propriétaire pour sa famille et ses enfants. Si vous insultez votre banquier, alors c'est compliqué, s'il n'est russe, comme Mme Le Pen. Et si par ailleurs, ce banquier pense que vous êtes absolument insolvable, est-ce que vous pensez qu'il va vous prêter à 20 ? Non, il va vous prêter à 4, à 5 %, parce qu'il pense que vous êtes quelqu'un qui n'avait pas beaucoup de chance d'avoir des recettes et un bon salaire. Voilà. Eh bien, c'est exactement la même chose avec Mme Le Pen et M.

Macron. Je veux dire que Mme Le Pen, si elle est élue, nous allons connaître l'appauvrissement des classes populaires. Vous savez, les riches, ils seront peut-être un tout petit peu moins riches ou ils partiront à l'étranger, malheureusement, parce qu'ils ne sont pas toujours extrêmement patriotes. C'est vrai, pas tous, mais pas toujours. Les classes populaires, les classes poignées qui bossent, elles vont rester en France. Elles vont subir les augmentations d'impôts pour payer les promesses inconsidérées de Mme Le Pen. Elles vont payer, ces classes populaires, l'appauvrissement du fait de la politique incompréhensible budgétairement de Mme Le Pen.

8:32
Présentateur

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, soutien d'Emmanuel Macron et l'invité de France Info. Jusqu'à 9h, le fil info 8h41 de Maureen Suignard.

8:39
Locuteur non identifié

On ne peut pas faire comme si on n'avait pas vu les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, indique ce matin sur France Info, le ministre de l'Intérieur. Au lendemain de l'annonce du président sortant, Emmanuel Macron prêt à modifier sa réforme des retraites avec un report de l'âge à 64 ans et non plus 65 ans comme prévu initialement. À quoi peut ressembler un quinquennat avec Marine Le Pen en tant que présidente ? Conférence de presse aujourd'hui de la candidate du Rassemblement National sur la démocratie et l'exercice du pouvoir quand son adversaire Emmanuel Macron se rend à Mulhouse et Strasbourg aujourd'hui.

La crainte d'attaques chimiques menées par la Russie en Ukraine à Mariupol, la ville du Sud a siégé. Le Royaume-Uni annonce enquêter à ce propos. Les Etats-Unis ordonnent aux employés non essentiels de leur consulat à Shanghai de quitter la ville. La capitale économique chinoise fait face à sa plus forte poussée de cas de Covid depuis le début de la pandémie. 23 000 nouveaux cas. La quasi-totalité des 25 millions d'habitants sont confinés. Un match nul leur suffira pour s'assurer une qualification pour le mondial de foot. En 2023, l'équipe féminine française face à la Slovénie. Cela se passe au Mans à partir de 21h10 ce soir.

9:50
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvelle

9:56
Locuteur non identifié

On est toujours avec Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et soutien d'Emmanuel Macron. Gérald Darmanin, comment vous pouvez expliquer aujourd'hui aux Français que Marine Le Pen est un danger alors qu'il y a quelques mois lors d'un débat vous avez jugé qu'elle était trop molle sur la question de sécurité et de laïcité notamment ?

10:10
Gérald Darmanin

Non, justement, j'ai voulu dénoncer chacun se rappelle un débat qui a duré deux heures contre Mme Le Pen qu'elle avait une stratégie qui était justement d'essayer d'apparaître molle. C'est exactement ce qui s'est passé avec M. Zemmour qui a joué pour le coup les idiots utiles c'est une expression évidemment pour elle en essayant quelque part d'aller plus loin encore qu'elle et donc elle est apparue un peu plus centrale je ne dirais pas centriste évidemment. Et elle essaye de gommer toutes ses aspérités pour faire croire qu'elle est comme un cheval de Troie devenue raisonnable. Et qu'elle s'est amolie.

10:40
Locuteur non identifié

Mais c'est quoi ça veut dire ? C'était de l'ironie en fait ? On a mal compris.

10:43
Gérald Darmanin

Vous savez moi ça fait longtemps que je me bats contre le Front National depuis que j'ai l'âge de voter je vote contre le Front National la première fois que j'ai voté c'était pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen je suis dans une terre qui vote Front National je l'ai battu à chacune des élections où je me suis présenté je le vois malheureusement assez fort pas toujours en augmentation c'est pas tout à fait vrai mais très fort voilà et je vois bien la désespérance des classes populaires et des classes moyennes vous savez la question essentielle qui se pose c'est la question de la répartition de la richesse sans aucun doute on dit pouvoir d'achat mais il y a une question que posent à la fois les électeurs de M.

Mélenchon et les électeurs de Mme Le Pen dont les sujets de sécurité n'ont pas été les premiers du débat présidentiel je le constate comme vous c'est les questions d'économie qui ont été les premiers du débat présidentiel la question de la répartition des richesses la façon dont le capitalisme aujourd'hui fonctionne est une question que posent profondément les électeurs de Mme Le Pen et de M. Mélenchon vous avez l'impression

11:33
Locuteur non identifié

que vous le découvrez

11:34
Gérald Darmanin

vous au gouvernement moi je ne le découvre pas je me suis beaucoup battu et le président de la république je constate qu'il l'a fait la répartition pour la participation et la meilleure façon dont le salarié peut être rémunéré dans l'entreprise la défiscalisation des heures subs c'était la prime Macron ça a été aussi l'amélioration de la grande idée gaulliste qui était la participation la loi Pacte notamment mais il faut aller beaucoup plus loin je pense qu'il y a dans le vote du premier taux de l'élection présidentielle un long cri qui existe depuis peut-être 15, 20 ou 25 ans qui consiste à dire nous on n'a pas notre part les français

12:10
Présentateur

ça veut dire que là aussi il va falloir peut-être amender, améliorer le projet

12:13
Gérald Darmanin

il va falloir peut-être parler du projet parce que le président de la république ça fait plus de deux mois qu'il a une proposition qui est le dividende salarié c'est quoi le dividende salarié ? obligatoire c'est à dire que le patron ne peut pas se verser des dividendes nous on n'est pas conçu s'il ne verse pas de la participation aux salariés aussi dans les grandes entreprises c'est à dire qu'on ne répartit pas mieux les fruits du capital bon voilà

12:30
Locuteur non identifié

ça c'est valable pour les grandes entreprises on fait quoi pour les TPE et PME ?

12:33
Gérald Darmanin

pour toutes les entreprises et c'est justement ça ce qui est assez si j'ose dire révolutionnaire c'est qu'on voit bien que dans les petites PME il y a des difficultés et qu'il faut absolument résoudre et le président les a résolues en disant il n'y aura pas de charge ni fiscale ni sociale c'est une révolution sociale c'est finalement une grande idée d'égoliste de gauche il y a plus de 60 ans ça fait deux mois que le président de la république l'a dit simplement nous l'avons peu écouté parce qu'on ne l'a peut-être pas assez dit aussi je veux dire que cette question sociale n'est pas forcément une question de gauche ou de droite ou une question d'extrême gauche ou d'extrême droite c'est une question d'écouter les aspirations du monde populaire qui travaille ne pas leur raconter des garnusettes comme on dit dans le Nord c'est-à-dire des mensonges où il y aurait de l'argent magique on pourrait ne pas travailler plus où tout ça est facile on pourrait simplement se dire il n'y a qu'à vivre dans un monde absolument communarisé c'est pas tout à fait c'est pas tout à fait la vérité il faut travailler plus les entreprises c'est important nous on a créé un million d'emplois mais c'est vrai qu'il y a une meilleure répartition des richesses à avoir alors monsieur Mélenchon il a une vision très radicale des choses madame Le Pen elle a aussi une vision de l'autre côté très radicale des choses le président de la République je crois a une vision réaliste mais qui va dans cette répartition des richesses

13:40
Présentateur

alors vous parlez de Marine Le Pen Gérald Darman on a regardé son projet en matière de sécurité on voudrait avoir votre avis sur certaines de vos propositions que vous nous disiez si elles sont pour vous absolument hors sujet ou si elles auraient pu figurer ou elles pourraient figurer dans le projet d'Emmanuel Macron le rétablissement des peines planchées mises en place par Nicolas Sarkozy puis supprimées par la gauche est-ce que c'est une possibilité ?

14:01
Gérald Darmanin

non c'est pas une possibilité moi je ne suis pas idéologue si une peine planchée avait fonctionné on l'aurait largement fait simplement ce n'est pas constitutionnel et le juge il faut que chacun le sache c'est notre constitution le juge a une liberté individuelle pour juger on ne peut pas donner au juge une obligation de juger pour certains faits donc en plus madame Le Pen ment sauf à revenir sur l'indépendance des magistrats donc c'est pas une bonne proposition la présomption de légitime défense pour les policiers alors absolument absolument non je pense que d'ailleurs derrière cette proposition démagogique il y a une vision à l'américaine de madame Le Pen elle veut répondre à la violence qui existe par la violence et ça c'est la guerre de tous contre tous et je veux dire ici qu'elle met en danger gravement les policiers et les gendarmes parce que madame Le Pen elle ne sera pas là comme je suis là ou comme le président de la république est là pour soutenir le policier lorsqu'elle aura des enquêtes médiatiques ou des enquêtes judiciaires pour quelqu'un qui aura utilisé son arme vous savez qu'à chaque fois qu'un policier utilise son arme même dans de parfaites circonstances il y a une enquête de l'IGPN c'est-à-dire un service judiciaire qui enquête pour savoir s'il est ou pas un bon policier il a souvent une garde à vue et parfois vous le savez il est condamné parce que quand vous avez une arme vous devez faire extrêmement attention à la façon dont vous l'utilisez si vous partez du principe qu'il y a une légitime défense alors vous vous faites plaisir peut-être à des réflexes que l'on connaît bien parce que l'hyperviolence existe bien évidemment mais qui mènera un à la violence dans le pays et deux ne protégera pas les policiers et les gendarmes ça veut dire que vous freinez des abus elle fait sur le dos des policiers et des gendarmes une campagne démagogique elle ne sera pas là lorsque ce policier et ce gendarme ne verra pas grandir ses enfants parce qu'il sera en prison parce qu'il aura répondu de façon tout à fait contraire à la déontologie à de la violence

15:37
Locuteur non identifié

Gérald Darmanin un point est passé un peu inaperçu dans le programme d'Emmanuel Macron vous proposez par exemple un encadrement militaire pour les mineurs délinquants ça ressemblerait à quoi ?

15:46
Gérald Darmanin

non mais c'est les centres éducatifs fermés qu'il faut largement améliorer qui est proposé par le garde des Sceaux l'un des grandes difficultés de la sécurité d'aujourd'hui c'est qu'une partie de l'un des incans s'est commis par des mineurs et ces mineurs ne sont pas des majeurs pardon de cette tautologie et nous on a toujours dit oui mais on a toujours dit qu'on ne voulait pas baisser la majorité pénale il y a des candidats qui l'ont proposé nous on pense qu'un gamin de 14 ans c'est un gamin de 14 ans si vous avez des enfants de 14 ans ils font parfois des bêtises parfois graves la solution n'est pas la prison par contre la solution n'est pas non plus l'impunité et donc on a fait une grande réforme qui est celle de la réforme de l'ordonnance des mineurs avant ils étaient jugés grosso modo en 2 ans donc le gamin de 14 ans il était jugé quand il avait 16 ans il a eu le temps de s'enfermer dans la délinquance aujourd'hui grâce au garde des Sceaux et le projet déposé par lui à l'Assemblée ils sont jugés en 6 mois donc déjà un peu plus de rapidité en exécution de la peine c'est très important et puis deuxièmement c'est dans des centres éducatifs fermés un encadrement extrêmement fort qu'il faut permettre une rééducation mais encadrement fort et encadrement militaire c'est pas la même chose qu'est-ce qu'ils feront les militaires qu'est-ce qu'ils vont leur apprendre non mais par exemple on sait tous qu'il y a notamment en Outre-mer des choses qui fonctionnent extrêmement bien qui sont des classes encadrées par des militaires en Outre-mer je pense à Mayotte je pense au Nouvelle-Calédonie et qui permettent à des gamins qui se sont enfermés dans la délinquance de pouvoir être suivis et ça marche extrêmement bien il s'agit pas de mettre des gens dans des camps d'internement il s'agit de remettre du cadre à des gamins qui n'ont pas ce cadre ni dans la société ni chez leurs parents et plutôt que de les envoyer en prison plutôt de leur offrir une nouvelle éducation qui leur permet de sortir de la délinquance où ils se sont enfermés

17:17
Présentateur

Le Filinfo 8h50 Maureen Suenir on vous retrouve dans un instant Gérald Darmanin

17:20
Locuteur non identifié

18 gendarmes français en Ukraine ils ont pour première mission d'identifier les victimes de la guerre ils aident aussi leurs homologues ukrainiens qui enquêtent sur de possibles crimes de guerre et pourront aussi contribuer à l'enquête ouverte par la Cour pénale internationale la France expulse six diplomatrices du territoire ils étaient en fait des espions sous couverture diplomatique selon la direction générale de la sécurité intérieure Le programme de Marine Le Pen c'est le déclassement assuré de la France estime ce matin Jean Castex le Premier ministre monte au créneau dans cet entre deux tours ce matin la candidate du Rassemblement National à la présidentielle estime que Jean-Luc Mélenchon a davantage pensé à lui qu'aux Français en appelant à ne pas voter pour elle dimanche soir et le Président sortant tente d'élargir son électorat et annonce être prêt à bouger sur la réforme des retraites pour créer un consensus l'âge de départ serait repoussé à 64 ans en cas de réélection le retour du numéro 1 mondial du tennis le serbe Novak Djokovic au tournoi de Monte Carlo lui qui n'a pas voulu se faire vacciner contre le Covid n'a disputé que 3 matchs depuis le début de la saison hier élimination du français Joe Wilfried Songa

18:32
Présentateur

France Info le 8 30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel toujours avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dans le projet d'Emmanuel Macron il y a aussi la volonté d'augmenter le recours aux amendes forfaitaires pour les délits je cite qui empoisonnent le quotidien c'est déjà le cas ça a été mis en place pendant ce quinquennat pour les consommateurs de cannabis à qui d'autre ça pourrait s'appliquer ?

18:58
Gérald Darmanin

à toutes les peines de moins d'un an c'est quoi cette amende ? c'est une amende pénale à la fois vous payez mais en plus elle est sur votre casier judiciaire et le procureur de la république délègue aux policiers et aux gendarmes sous son contrôle bien évidemment ces amendes donc par exemple ?

c'est à dire que des tags quelqu'un qui ferait une tag sur un bâtiment public aujourd'hui nous serions obligés de le mettre si on veut le condamner en garde à vue présenter au procureur de la république puis passer devant un juge bon pour un tag évidemment qu'il faut une réponse c'est pas bien de taguer les bâtiments publics c'est quand même emboliser la justice pour pas grand chose je mets évidemment des guillemets c'était comme les consommateurs de cannabis quelqu'un qui fumait un joint dans le métro on sait tous que c'est pas bien et en même temps c'était un petit peu long et fastidieux et pas très efficace de le mettre en garde à vue ça méritait pas forcément ça de le présenter devant un procureur puis un juge à part les tags ça peut...

toutes les peines de moins d'un an il y en a beaucoup les fumigènes dans des stades par exemple

19:50
Présentateur

ça concerne pas tout le monde

19:51
Gérald Darmanin

non mais ça voilà on peut imaginer que notamment pour ceux qui aiment le football dont je suis c'est une question qui empoisonne à la fois la vie du match et puis en même temps on voit bien que ça mérite pas tout ce que l'on peut voir comme réponse ou en tout cas comme processus pénal l'idée c'est quoi ?

20:05
Présentateur

Les rodéos sauvages ?

20:06
Gérald Darmanin

Les rodéos si c'est une conduite dangereuse c'est plus d'un an de prison donc ça dépend de la nature évidemment du rodéo mais ce que nous voulons faire c'est une grande simplification pénale c'est-à-dire faire confiance aux policiers et gendarmes on pense tous que c'est par le porte-monnaie que l'on peut répondre à une certaine impunité l'impunité du quotidien si j'ose dire et pas emboliser la justice qui doit se concentrer sur des vrais sujets des agressions bien évidemment les atteintes fortes contre les personnes notamment contre les violences conjugales donc on essaye de simplifier en faisant confiance aux policiers et aux gendarmes

20:35
Locuteur non identifié

Gérald Darman il y en a un qui vous a bien aidé pendant cette campagne juste en restant silencieux c'est Nicolas Sarkozy vous souhaitez maintenant qu'il prenne la parole pour afficher son soutien à Emmanuel Macron ?

20:45
Gérald Darmanin

le président de la république Nicolas Sarkozy parlera quand il souhaitera parler et je ne suis plus son porte-parole voilà oui mais vous avez des contacts

20:51
Locuteur non identifié

avec lui en ce moment ?

20:52
Gérald Darmanin

oui j'ai des contacts avec lui il n'y a pas qu'en ce moment il vous dit quoi ? j'ai beaucoup de respect les propos de vestiaire restent dans le vestiaire voilà donc c'est pas moi qui vais commenter mes propos avec le président Sarkozy on vous pose la question

21:01
Présentateur

je ne pensais pas qu'un éventuel renfort de Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux-tours va vous faire perdre plus de voix à gauche qu'il ne va vous en faire gagner à droite

21:07
Gérald Darmanin

je crois que le président Sarkozy est un grand président il sait ce que c'est que gérer une nation il n'a pas tout fait bien bien évidemment mais je crois qu'il est apprécié d'une grande partie des français l'heure est grave comme Mme Le Pen peut être président de la république l'heure est grave donc je crois que les anciens présidents de la république les anciens premiers ministres des gens qui ont géré le pays quel que soit leur bord politique à mon avis devraient s'exprimer donc vous attendez le soutien

21:30
Locuteur non identifié

de Nicolas Sarkozy comme celui de François Hollande par exemple ?

21:35
Gérald Darmanin

personnellement moi je n'ai pas beaucoup de doutes que les personnes qui aiment la république et la démocratie même s'ils ne sont pas tout à fait d'accord avec ce que dit ou fait Emmanuel Macron voteront pour Emmanuel Macron et le diront bon maintenant je leur laisserai le soin de le dire mais j'ai constaté que notamment à gauche comme à droite il y a eu des gens très courageux qui l'ont fait tout en disant leur désaccord avec le président de la république vous savez que dans les années 2000 j'ai manifesté avec les autres jeunes contre le fonds national on disait la jeunesse emmerde le fonds national voilà on a l'impression qu'aujourd'hui c'est un débat normal on peut se poser des questions j'attends de voir le programme j'attends de voir le débat de quoi parle-t-on ?

on parle quand même de Marine Le Pen voilà d'une famille qui utilise la haine comme projet politique voilà et on a l'impression désormais que par complaisance peut-être par nos propres insuffisances je ne veux pas dire que tout est un commentaire médiatique on trouve ça normal je trouve ça profondément profondément choquant et je pense que ça choquera toutes les personnes qui aiment la démocratie qui aiment la république

22:32
Locuteur non identifié

Gérald Darmanin est-ce que vous allez participer au Pécreston la candidate des Républicains s'est endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros elle a recueilli moins de 5% des voix ce qui fait qu'elle ne sera pas remboursée par l'état est-ce que vous allez lui envoyer un don ?

22:47
Gérald Darmanin

ce serait très démagogique de vous dire ce que je vais faire voilà donc je n'ai pas la peine de vous dire mais vous y pensez ?

non mais moi je pense à Valérie Pécresse voilà je suis un peu triste quand même de ce qu'est devenu les Républicains malheureusement c'était attendu ça fait 5 ans qu'on est plusieurs Bruno Le Maire Sébastien Lecornu Edouard Philippe bien évidemment Thierry Solaire à dire ça à dire que les Républicains ne correspondent plus à leur électorat qu'ils ont largement parce qu'il est parti chez vous parce qu'Emmanuel Macron était un bon candidat parce qu'ils les ont déçus enfin Copé Fillon puis ensuite ce qui s'est passé avec François Fillon puis la façon dont ils se sont opposés qui était à la fois comme le journal de l'époque un peu bête et méchant voilà alors qu'il y a des gens très très capables Damien Abad Xavier Bertrand Valérie Pécresse elle-même qui d'ailleurs ont montré très rapidement qu'ils étaient républicains et qu'ils s'appelaient à voter pour Emmanuel Macron Mais vous leur dites quoi

23:33
Locuteur non identifié

à tous ces gens ? Alors vous leur dites rejoignez-nous ?

23:36
Gérald Darmanin

Oui je leur dis d'abord oui bien sûr je leur dis ne continuez pas à faire des bêtises aidez votre pays plutôt que votre parti et lorsque vous avez un bureau politique je vais pas faire du commentaire politique mais qui n'est pas capable de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et qui mettent 24 heures à le voir avec des gens qui ont envie de voter Le Pen et d'autres qui ont envie de s'abstenir et que le meilleur compromis possible c'est que d'anciens dit Chirakien un homme qui s'est toujours battu contre le front national Christian Jacob le patron du parti pas que Christian Jacob ne sont pas capables de dire clairement qu'ils votent Emmanuel Macron je suis désolé et le parti républicain signe sa propre disparition c'est très triste je trouve ce qui se passe malheureusement c'était attendu

24:16
Présentateur

quand vous voyez que les deux partis qui ont dirigé la France pendant 60 ans partis socialistes d'un côté et les républicains de l'autre font à eux deux 6% des voix est-ce que ça vous attriste de ne plus avoir à la droite et à la gauche d'Emmanuel Macron des partis modérés c'est-à-dire les trois blocs qu'on constate aujourd'hui gauche radicale droite nationale ou pour pas dire extrême droite et un socle autour d'Emmanuel Macron ça ne vous inquiète pas pour le fonctionnement des institutions et le fonctionnement de la démocratie en France si

24:42
Gérald Darmanin

d'abord c'est un choix des électeurs malgré tout ils ont eu le choix de voter parti socialiste ou LR ils ne l'ont pas fait c'est les électeurs qui ont raison en démocratie deux c'est pas nouveau dans l'histoire du pays le parti radical j'ai dit c'était un grand parti le parti communiste j'ai dit c'était un grand parti aujourd'hui ce ne sont plus des grands partis même respectables ce ne sont plus des grands partis et trois pour avoir des voix pour que des électeurs votent pour vous il faut que vous ayez un projet il ne faut pas que vous ayez dans l'opposition on a eu le droit de l'anti-Macron pendant 5 ans même lorsqu'il disait que le ciel était bleu ou nuageux il y avait quand même des gens pour expliquer que ce qu'il disait était faux et qu'il fallait absolument s'opposer à lui je crois que les électeurs les français c'est un peuple très politique ont vu que ces personnes n'étaient pas totalement sincères et qu'ils n'avaient pas totalement travaillé qu'ils n'avaient pas profité de l'opposition pour travailler François Mitterrand a profité de l'opposition pour travailler ce n'était pas le cas malheureusement des LR ou du Parti Socialiste

25:31
Locuteur non identifié

une petite question rapide est-ce que vous êtes prêts vous à travailler au gouvernement avec des insoumis ?

25:36
Gérald Darmanin

ce n'est pas moi qui choisis le gouvernement et le président de la République ne m'a pas proposé de continuer et le gouvernement est toujours le révélateur de ce qui se passe à l'Assemblée Nationale personnellement je ne pense pas que les insoumis ils pourraient d'ailleurs forcément travailler avec moi

25:48
Locuteur non identifié

vous imposez une cohabitation

25:49
Gérald Darmanin

c'est normal une élection législative qui arrive au mois de juin il faudra la gagner personne ne peut penser qu'elle ait gagné d'avance voilà après il faut que les choses soient claires on peut respecter des opposants qui votent pour vous c'est ce que fait le président de la République sur les retraites on n'est pas obligé de faire la confusion des genres y compris avec les insoumis mais une fois que j'ai dit ça je veux dire effectivement et c'est très important que le 24 avril prochain quel que soit ce qu'on pense d'Emmanuel Macron il faut battre Mme Le Pen

26:15
Présentateur

merci Gérald Darmanin bonne journée à vous

26:17
Gérald Darmanin

merci à vous

Réforme des retraites, programme sécurité de Macron et le danger Marine Le Pen… Le 8h30 franceinfo de Gérald Darmanin — Gérald Darmanin · Pourquijevote