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🔴Direct - Après sont retour en France : Juan Branco face à la presse

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 70 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 14:49OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez revenir plus précisément sur les circonstances de votre investition américaine ?

  • 21:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que, dans les conditions présentes, vous allez continuer à défendre son cours ?

  • 22:04FerméeRéponse partielle

    Avec la dissolution du parti de Bismarck-Forko, est-ce que vous êtes sûrs qu'il sera candidat au présidentiel 2024 ?

  • 22:26RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce qui prouve que quand vous dites avoir saisi la CPI, quelles sont les chances pour qu'une telle demande aboutisse ?

  • 26:09OuverteÉludée

    Par rapport à votre contrôle judiciaire, est-ce que c'est faisable ? Quelles sont les conditions ?

  • 31:23OuverteRéponse partielle

    Maître Bambodoplin Dakar, de sources très proches, vous avez versé des chocs de normes en prison. Est-ce pour implorer une situation quelconque en prison, ou bien pour implorer votre liberté au gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05Invité politiqueFait
    « à chaque homme. S'ils l'ont fait alors que j'étais en tant qu'avocat venu à Dakar défendre un homme, c'est parce qu'un sentiment d'impunité s'est développé au sein d'une région que nous avons militarisé, que nous avons transformé en une série d'états policiers par notre peur fanique de la différence et par notre angoisse d'une perte de stabilité. »
  • 2:36Invité politiqueFait
    « Nous sommes à six mois d'une échéance cardinale pour le devenir du Sénégal, mais également de l'ensemble de la sous-région et peut-être du continent, qui déterminera des bascules fondamentales. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Il en va de nos intérêts à tous. Nous avons demandé à Ousmane Sonko de mettre fin à sa grève de la faim, pour une raison très simple. Cet homme fait communauté. »
  • 10:25InvitéFait
    « Lorsque vous envoyez des milices accompagnées par des forces soi-disant de sécurité et des forces de désordre pour tuer frappement au vieux et au sud de tous des manifestants, c'est que ce régime n'a rien de démocratique. »
  • 11:50InvitéFait
    « On est quand même à six mois d'une élection capitale pour le Sénégal, puisqu'il est question pour le Sénégal de choisir un de ses enfants, librement un de ses enfants, pour justement dégager une vision qui n'est pas celle de ceux qui conduisent ce pays au jour d'aujourd'hui. »
  • 16:01Invité politiqueFait
    « Les circonstances dans lesquelles j'ai été enlevé, puisqu'il ne s'agissait pas d'une arrestation, puisqu'aucun mandat ne m'a été donné, puisqu'aucun procureur ni juge n'est intervenu, puisqu'aucun de mes droits n'a été respecté, puisque mon intégrité physique a été atteinte, ne sont qu'un symptôme, un exemple, de ce à quoi sont exposées les populations. »
  • 26:55Invité politiqueFait
    « La justice a été instrumentalisée dans cette affaire, et continue et continuera de l'être. »
  • 47:58Invité politiqueFait
    « J'ai dormi aux côtés de corps torturés. De corps qui portaient la trace de lourdes tortures. Il est très important que cela soit su. Des cicatrices, liées à des violences policières, qui n'étaient pas exceptionnelles. »
  • 49:25Invité politiqueChiffre
    « Cette situation, elle est le fruit direct des choix politiques qui ont été faits par le régime actuel. Parce que cette surpopulation carcérale massive, on parle encore une fois, je le répète, d'une prison construite pour 600 détenus qui en accueille 3 000. »
  • 50:06Invité politiqueChiffre
    « Ces hommes, ces pères de famille, cet homme en particulier, Mohamed Bilal Diop, est placé en détention provisoire, donc sans jugement, depuis plus de 4 mois. »
  • 53:34Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'il est normal, acceptable, est-ce que nous souhaitons qu'il soit possible de faire arrêter un opposant politique parce qu'il est un opposant politique ? »
  • 53:40Invité politiqueFait
    « C'est aussi simple que ça, aujourd'hui, la question qui se pose. »
  • 53:56Invité politiqueFait
    « M. Sonko a souhaité que je vous rappelle, c'est un point important, que tout cela commence par sa radiation, quand même. »
  • 54:05Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire que M. Sonko devient un acteur politique de son pays parce qu'il dénonce que c'est cette corruption et qu'il est radié de la fonction publique. »
  • 54:36Invité politiqueFait
    « on cherche à lui faire payer par des peines qui peuvent aller jusqu'à la perpétuité, cet engagement-là. »
  • 54:42Invité politiqueFait
    « plus vous accroissez le coût de l'engagement politique dans une société, moins sa vitalité démocratique est possible »
  • 55:10Invité politiqueFait
    « le pouvoir utilise des instruments qui sont faits pour défendre l'intérêt général, les intérêts d'une population, pour se maintenir au pouvoir et procéder à la défense de ses intérêts. »
  • 56:54Invité politiqueFait
    « J'ai pleuré l'émotion à de nombreuses reprises, et c'est la seule fois d'ailleurs que j'ai pleuré, quand ils m'ont témoigné de leur estime et de leur soutien. »
  • 57:19Invité politiqueFait
    « J'ai vu en sortant de la prison de Dakar, lors d'une de mes extractions, la prison rugir de soutien. »
  • 58:03Invité politiqueFait
    « aujourd'hui c'est moi. Si ma détention s'était poursuivie, cela aurait été quelqu'un d'autre. »
  • 58:58Invité politiqueFait
    « Le peuple sénégalais nous a donné un exemple et continue de le faire en se levant massivement pour défendre l'honneur dans un premier temps, puis la liberté d'un homme »
  • 59:29Invité politiqueFait
    « Ousmane Sonko a tenu droit. Il n'a rien d'échelle, il n'a rien concédé. »
  • 1:01:01Invité politiqueFait
    « le Sénégal n'était plus le pays que l'on avait longtemps respecté du fait de son engagement pour les droits de l'homme, la démocratie et pour sa stabilité. »
  • 1:03:39Invité politiqueFait
    « aujourd'hui la possibilité de sauver un régime démocratique existe. »

Temps de parole

  • Juan Branco67 %
  • Invité23 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:57
Juan Branco

à chaque homme. S'ils l'ont fait alors que j'étais en tant qu'avocat venu à Dakar défendre un homme, c'est parce qu'un sentiment d'impunité s'est développé au sein d'une région que nous avons militarisé, que nous avons transformé en une série d'états policiers par notre peur fanique de la différence et par notre angoisse d'une perte de stabilité. Ce sont les populations africaines qui souffrent aujourd'hui de cette transformation de ces états en prisons à ciel ouvert et c'est ce qui explique leur révolte contre ceux dont ils savent qu'ils sont responsables de cette situation.

Je veux rendre hommage à tous ceux qui ont eu la dignité, la décence, le courage de dénoncer cette situation qui nous menaçait tous, celle qui consiste à mettre en détention et menacer de perpétuité un homme pour avoir voulu en défendre un autre. Je les appelle désormais à continuer cette lutte pour tous ceux qui aujourd'hui encore demeurent privés de leur liberté et de leur dignité. Nous sommes à six mois d'une échéance cardinale pour le devenir du Sénégal, mais également de l'ensemble de la sous-région et peut-être du continent, qui déterminera des bascules fondamentales.

Ousmane Sonko reste hospitalisé, souffrant notamment d'insuffisance rénale suite à une grève de la faim, mise en œuvre pour attirer l'attention non seulement sur son sort, mais sur celui de l'ensemble de ses frères et sœurs de lutte qui sont persécutés sur son pays, sur son territoire. Et il me semble essentiel de prolonger ce mouvement de solidarité qui a commencé à leur égard et de s'engager pour trouver au plus vite une solution qui permette d'assurer une transition démocratique au Sénégal, comme le prévoit sa constitution, et de s'assurer que la volonté souveraine de ce peuple soit respectée. Il en va de nos intérêts à tous.

Nous avons demandé à Ousmane Sonko de mettre fin à sa grève de la faim, pour une raison très simple. Cet homme fait communauté. Cet homme permet à des milliers d'autres, comme je l'ai vu à Dakar, mais aussi au delà, de retrouver une forme d'espoir et d'espérance parce qu'il leur permet de retrouver un sens de la fraternité et de la lutte collective. Ce n'est pas l'individu en tant que tel qui compte, c'est ce qu'il a su enfanter et créer.

En conséquence de quoi nous avons besoin de lui, encore une fois, non pas du fait d'une lutte idéologique, mais simplement parce que, à travers lui, nous allons protéger cette idée du politique qui consiste à créer du lien, à, à travers la lutte, redonner de l'espoir et permettre aux individus de survivre dans des conditions qui, autrement, les amèneraient au désespoir et à la catastrophe. Je suis très heureux et très fier d'être aux côtés de mon confrère, Maître Larifou, qui décomore à rejoindre le pool d'avocats qui assistent, Guzman Sonko.

Je voudrais rendre hommage à mes confrères qui, au Sénégal, au quotidien, sont confrontés aux risques pour leur carrière, mais aussi pour leur liberté, comme le cas de Babacar Ndiaye l'a encore démontré, parce qu'ils ont décidé de se placer du côté des déshérités. Ces individus doivent être protégés, doivent savoir que nous sommes à leur côté, que nous ne les lâcherons pas et que chaque fois qu'il faudra prendre un risque, y compris s'il s'agit de traverser des milliers de kilomètres et de se confronter à des mandats d'arrêt internationaux iniques et injustifiés, qu'ils ne trouveront de leur côté.

Je laisse la parole à mon confrère et nous répondrons ensuite à toutes les questions que vous souhaiterez nous poser.

5:29
Invité

Oui, au nom de mes confrères constitués pour le président Ousmane Sonko, je tiens à exprimer tout notre soutien à notre haut confrère, pour son courage, sa détermination et sa conviction à assurer la défense de notre client commun Ousmane Sonko. Mais au-delà de notre client, confrère, toutes les personnes victimes, je le dis volontairement, je prononce volontairement le mot, de la barbarie et puis de la méchanceté humaine et puis du goût du pouvoir. On a tendance à parler moins de leur sort et notre confrère a le mérite d'avoir été le premier à saisir les instances internationales des crimes contre l'humanité commis au Sénégal.

Et c'est parce qu'il a eu ce courage de porter haut et partout la cause des centaines et des centaines de Sénégalais qui souffrent que le pouvoir remplace a cru justifié de le humilier, de l'empêcher d'exercer son métier d'avocat puisque c'est la question qui se pose, c'est le libre choix d'une personne, à savoir Ousmane Sonko, fait en la personne de Maître Branco pour assurer sa défense. Le cas de notre confrère illustre parfaitement les difficultés que nous rencontrons sur place à Dakar pour assurer la défense de notre client. Nous ne sommes pas libres alors que c'est le principe fondamental à toutes les sociétés démocratiques pour assurer la défense de notre client.

Je tiens quand même à le rappeler, la veille d'un procès sur une diffamation, un délit de diffamation auquel notre client était prévenu alors qu'il est arrivé à Dakar la veille pour assurer, au même titre que nous, la défense de M. Ousmane Sonko. Notre confrère a fait l'objet d'une interdiction de rentrer sur le territoire du Sénégal, a été recondue aux frontières, donc n'a pas assisté alors qu'il avait préparé sa défense et la défense de M. Ousmane Sonko reposait en partie au travail qui a été fait par notre confrère qui n'a pas su donc assurer la défense de notre client. Il a travaillé à distance mais ce n'était pas suffisant.

On lui reproche aujourd'hui d'avoir trouvé le moyen d'entrer sur le territoire du Sénégal pour assumer sa responsabilité puis assurer la défense de M. Ousmane Sonko. C'est dans ces circonstances qu'il a fait l'objet d'humiliation au-delà de sa personne. Ce sont tous les avocats qui ont été humiliés par les autorités sénégalaises et ça nous ne pouvons pas accepter cette humiliation. Je tiens aussi à rappeler que de nombreux confrères constitués pour M. Ousmane Sonko font l'objet des procédures disciplinaires et il y en a d'autres qui font l'objet des poursuites pénales également. Ce sont des mesures qui ont été opportunement ouvertes pour justement décimer la défense de M. Ousmane Sonko.

Donc pour ça, notre confrère a notre soutien et nous exprimons notre admiration et notre encouragement à notre confrère. Il a pris le risque et le risque qu'il a pris est l'illustration des difficultés que nous rencontrons pour justement assurer la défense de M. Sonko et puis de toutes les victimes de cette barbarie. Puisque lorsque vous envoyez des milices accompagnées par des forces soi-disant de sécurité et des forces de désordre pour tuer frappement au vieux et au sud de tous des manifestants, c'est que ce régime n'a rien de démocratique. L'état de droit au Sénégal a été volontairement liquidé par le régime actuel.

Nous avons l'habitude de parler du Sénégal comme étant l'exemple même de la démocratie, d'un régime apaisé. Mais là, ce n'est pas le cas. Il y a une liquidation de toutes les valeurs héritées et ça, nous ne pouvons pas accepter. Il est difficile effectivement de parler de la situation pénale de notre client sans glisser sur le volet politique et mon confrère a bien fait de le dire. On est quand même à six mois d'une élection capitale pour le Sénégal, puisqu'il est question pour le Sénégal de choisir un de ses enfants, librement un de ses enfants, pour justement dégager une vision qui n'est pas celle de ceux qui conduisent ce pays au jour d'aujourd'hui.

Et celui qui est le favori de tous les sondages fait l'objet depuis deux ans d'un harcèlement judiciaire, d'un harcèlement policier, d'un harcèlement je dirais même militaire pour les pousser à bout. Si aujourd'hui monsieur Ousmane Sonko est hospitalisé, ce n'est pas pour rien, puisque accumuler autant de pression, accumuler autant d'harcèlement judiciaire, policier, invité, ce n'est pas facile à supporter. Et je peux comprendre qu'aujourd'hui, arrivé à bout, il soit admis à l'hôpital. Et cette visibilité que vous offrez à la cause de tous les Sénégalais est une opportunité pour nous effectivement de dénoncer ce qui se passe sur place.

Ce n'est pas parce que notre confrère a été malmené, a été humilié, que la profession d'avocat a été humiliée par le régime en place au Sénégal, que nous allons baisser le bras. Nous y retournerons pour continuer notre travail. Et nous ne serons pas seuls, puisque cette profession, elle est portée par des millions, des millions de gens qui croient qu'il faut de la défense dans une société démocratique. Et ce qui n'est pas le cas. Donc, ce mépris affiché à la défense, ce mépris affiché à l'état de droit, ce mépris affiché à la justice aura une réponse.

C'est notre détermination et notre volonté infaillible pour rassurer la défense de monsieur Sonko et puis des autres Sénégalais qui souffrent en ce moment de ce déficit démocratique, de ce déficit de droit dont est victime ce pays. Il y a effectivement, et mon confrère a bien fait le dire, il y a une solidarité des peuples. Et puis, il y a aussi une convergence des luttes pour les libertés et la démocratie en Afrique. Notre client a le mérite d'être l'un de pilier de ce combat. Et ce combat, maintenant, est partagé par tous les 54 pays d'Afrique. Il y a de Ousmane Sonko qui se réveille dans tous les pays d'Afrique. Et ça, personne ne peut empêcher ce vent de liberté.

Et nous nous devons, en tant qu'avocats, effectivement accompagner ceux qui en Afrique, partout en Afrique, aspirent à ce grand changement. Voilà. Est-ce que vous pouvez revenir plus précisément sur les circonstances de votre

14:50
Juan Branco

investition américaine ? Je pense... J'ai eu la... J'ai la chance d'être aujourd'hui devant vous. Alors que tout t'invitait à ce que des mois, voire des années, me maintiennent enfermé dans la prison de Robos. J'ai cette chance, grâce à vous, qui, grâce à une responsabilité écrasante, celle de décider ce qui doit être su, et ce qui, au contraire, peut être ignoré, avait décidé d'en parler, avait poussé la société civile, les gouvernants, mes confrères, à intervenir pour empêcher que ce soit le cas. Des milliers d'autres n'ont pas cette chance. Et c'est pour eux qu'aujourd'hui, il faut prendre la parole et utiliser cet espace que vous me donnez.

Les circonstances dans lesquelles j'ai été enlevé, puisqu'il ne s'agissait pas d'une arrestation, puisqu'aucun mandat ne m'a été donné, puisqu'aucun procureur ni juge n'est intervenu, puisqu'aucun de mes droits n'a été respecté, puisque mon intégrité physique a été atteinte, ne sont qu'un symptôme, un exemple, de ce à quoi sont exposées les populations, non seulement du Sénégal et de la Mauritanie, mais d'une grande partie de la sous-région.

Encore une fois, ce sont des régimes que nous soutenons, parce que nous avons peur du terrorisme, parce que nous avons peur des vagues migratoires, et parce que nous ne vivons qu'à travers cette peur, ce qui nécessairement suscite la révolte chez les millions de citoyens de ces pays qui se semblent déconsidérés par ce traitement souvent discriminatoire, insultant et rabaissant, qui consiste à n'en faire que des sasses de protection à l'égard notamment du continent européen.

J'ai pu m'en sortir grâce à la mobilisation d'un certain nombre de personnes qui se reconnaîtront et qui savent ce que je leur dois, dont le soutien public ou privé m'oblige et m'obligera, notamment dans l'exercice de mes fonctions en tant qu'avocat, je pense évidemment au Paro de Paris, qui a été exemplaire et qui a eu un rôle cardinal aux côtés d'autres comme le syndicat des avocats de France. Dans ma libération, les mots de ma bâtonnière qui résonnaient et étaient relayés jusque au sein de la prison de Redos et qui me sont parvenus dans ce cadre-là, et qui ont probablement été aux côtés des efforts d'un certain nombre de gouvernements, dont le gouvernement espagnol.

Donc je salue l'engagement, mais aussi du gouvernement portugais, et peut-être, peut-être même du gouvernement français, ont permis de régler cette situation. Mais d'autres personnes sont en prison encore et dont certaines, de mon fait, que ce soit un prétexte ou une vérité, je sais la responsabilité que j'ai dans la situation d'un certain nombre de Sénégal. Je sais la responsabilité que j'ai pris en prenant le risque de me rendre au Sénégal de façon légale, contrairement à ce qui était dit, pour défendre mon avocat, pardon, pour défendre mon client en tant qu'avocat.

Et je sais que les conséquences que ça pouvait avoir sur un certain nombre d'individus, mais je sais aussi le risque que je prenais en faisant ce geste. Nous avons ensemble décidé de le prendre, et les conséquences sont potentiellement lourdes. Donc c'est avant tout à eux que je pense aujourd'hui, vers eux que nous nous sommes engagés pour obtenir leur libération rapide, mais de façon plus générale, de façon structurelle et systémique, pour s'assurer qu'il n'y ait plus ce genre de violence qui se répète, et qu'on cesse ce régime d'utilisation de la violence, mais aussi de l'instrumentalisation de la justice, à des fins politiques.

J'invite Matissal à ce que ma libération soit la première, à ce qu'elle ouvre la porte, à la libération de l'ensemble des prisonniers politiques, pour permettre, encore une fois, cette transition démocratique que lui réclame le peuple sénégalais. Je l'invite à faire cesser les violences qu'il inflige Eurkman Souko, à le laisser se présenter librement aux élections qui viennent. Et j'invite la communauté internationale, qui s'est intéressée au sort du Sénégal à travers mon affaire.

Les nombreuses personnes qui se sont mobilisées pour la première fois au sujet de la situation au Sénégal, du fait de mon affaire, à prolonger leur effort et à inciter ce gouvernement souverain à faire ce geste qui permette de réduire les violences qui ont traversé et continueront de traverser autrement ce pays. Comme nous l'avons fait, je pense, avec un certain succès, en saisissant la Cour pénale internationale, ce qui a permis, à mon sens, déjà de réduire l'utilisation de la violence par le régime actuel pour réprimer les manifestations. Il faut que cet effort collectif continue. Il faut savoir passer la page.

Je pense qu'il y a la possibilité, peut-être la dernière, d'une main tendue pour sortir de cette situation. Autrement, je crains que les heures qui attendent ce pays soient sombres et que ce soit, encore une fois, le peuple sénégalais qui en paye des conséquences. Nous ne le souhaitons pas. Notre client ne le souhaite pas. Et il espère que la raison ne revient pas et qu'encore une fois, à travers cette première libération, d'autres suivent. Nous avoir pris celle d'un journaliste reconnu à Dakar ce jour, qui a été détenu de façon parfaitement injustifiée. Mon confrère, on va quand même dire, a été libéré. Il faut que son mouvement s'étende et que le Sénégal retrouve sa normalité démocratique.

21:12
Invité

Peut-être une deuxième question. Est-ce que, dans les conditions présentes, vous allez continuer à défendre

21:22
Juan Branco

son cours ? J'ai encore reçu des instructions de sa part aujourd'hui, quant à cette conférence de presse. Il m'a demandé d'utiliser ma situation, de vous l'exposer, afin qu'elle serve d'illustration de ce que traversent des milliers d'autres Sénégalais qui n'ont pas ma chance. Je répète, je le redirai encore et encore, c'est un privilège. Et cela m'oblige de vous avoir devant moi. Parce que des milliers d'autres, en même temps, pour trop de personnes, je l'ai vu à Rebus, son sort détermine le sort de milliers d'autres personnes. Ils attendent de lui qu'il soit à leur côté, y compris dans la difficulté et les épreuves que lui font traverser le régime actuel.

22:04
Invité

Alors, sérieusement, avec la dissolution du parti de Bismarck-Forko, est-ce que vous êtes sûrs qu'il sera candidat au prévenir 2024 ?

22:16
Juan Branco

Nous ne sommes pas des porte-parole politiques, mais...

22:19
Invité

Deuxième question, je loue votre courage, mais qu'est-ce qui prouve que quand vous-même vous dites que vous avez traité de bâtissage devant la CPI, quels sont les chances pour qu'une telle demande aboutisse ?

22:33
Juan Branco

Sur la première question, la dissolution du PASTEF, de la même façon que les tentatives de mettre fin à la candidature Douzmane Sonko en prétextant d'une contumace, d'un jugement par contumace, ne sont que des arguments juridiques sans effet. Douzmane Sonko, jusqu'au bout, portera la parole du grand peuple des déshérités et s'assurera qu'elle soit portée aux élections qui viennent. Que ce soit à travers le PASTEF, si les recours qui ont été engagés par mes confrères au Sénégal aboutissent, ou à travers un autre parti de la coalition d'opposition qui s'est mis en œuvre.

Que ce soit en son nom, si Macky Sall revient à la raison et cesse cette persécution judiciaire contre lui, ou à travers d'autres personnes qui pourront se présenter en son nom et porter sa parole, à qui il donnera mandat pour le faire et contre lequel Macky Sall ne pourra rien. Et ça c'est un message important que nous adressons respectueusement au Président du Sénégal. Il nous semble impossible d'éviter qu'en février 2024, les idées d'Ousmane Sonko soient représentées, et il est donc déraisonnable d'insister sur ces devoirs. Et en ce qui concerne la groupelle internationale, nous ne sommes pas juges et nous ne sommes pas procureurs.

Et je pense qu'en général, lorsque l'on fait le choix de la défense, de la robe, c'est justement parce que nous ne souhaitons pas devenir juges ou procureurs et de prendre en main le destin d'autres personnes et de faire face à des responsabilités qui peuvent amener à des destins tragiques. Nous n'avons donc jamais affirmé que nous allions traduire en justice son Macky Sall. Cependant, les procédures que nous avons emplanchées auprès du procureur de la Cour européenne nationale, auprès des procureurs français et des juges d'instruction du pôle crime contre l'humanité, du tribunal judiciaire de Paris, ont toutes les chances de prospérer.

Les victimes sont constituées au-delà, évidemment, des membres du PESTEF, des familles de victimes de meurtre, de torture. Les faits sont établis, sont étayés, et le travail que nous avons effectué, qui a été rendu public, est suffisamment solide pour lancer l'ouverture d'une instruction qui mettra fin à toutes formes d'impunité. Cependant, nous l'avons dit et nous le répétons, notre espoir, ce que c'est l'espoir d'Ousmane Sonko, c'est que cette résolution soit sénégalais, d'abord politiquement et ensuite judiciairement. Ousmane Sonko est un souverainiste et considère que c'est au peuple, et en particulier au peuple africain, de régler leur propre destin.

Et si jamais une transition démocratique intervenait au Sénégal, ce serait de façon privilégiée cette solution qui serait adoptée, que ce soit par la création de chambres mixtes et d'un tribunal ad hoc qui permette de juger ces crimes, ou à travers l'utilisation des juridictions naturelles, qui sont aujourd'hui en capacité de poursuivre des personnes pour ces faits. Encore une fois, notre seul tort dans la défense de cet homme, et il me semble, d'avoir permis une réduction de la violence au Sénégal. Et il est important que ce travail continue.

Il est important que l'on comprenne que ma venue au Sénégal, contrairement à ce qui a pu être affirmé, n'était pas une provocation, n'était encore moins une transgression ou la commission d'un quelconque délit. Il a été au contraire la réaffirmation de principes fondamentaux de tout régime démocratique et libéral, qui consiste à permettre à un homme d'être défendu par l'avocat qui se choisit, et de ne pas avoir cet avocat poursuivi du fait de cette défense.

26:09
Invité

Par rapport à votre contrôle judiciaire, est-ce que c'est faisable ? Quelles sont les conditions ? Est-ce que vous pensez que c'est une décision sérieuse, ou simplement un bluff de la part des autorités judiciaires ? Au Sénégal, pour tout le respect, on les accorde. Aussi, j'ai lu quelque part que par rapport à votre mandat international, l'arrière international, c'est un procureur de la République qui devait le faire, au contraire, c'est un procureur général qui devait le faire, au lieu d'un procureur de la République. Est-ce que ce mandat, est-ce qu'il est exécutable ou pas ?

26:40
Juan Branco

La justice a été instrumentalisée dans cette affaire, et continue et continuera de l'être. Il ne s'agit donc pas pour moi de rentrer dans un débat qui virera à l'argussie rapidement, qu'il soit procédural ou pas. Les seuls mots que j'ai prononcés devant la justice sénégalaise, comme cela a été rappelé publiquement, sont les mots qui ont été prononcés par l'une des figures les plus importantes du panafricanisme, Thomas Sankara, dans un discours à l'ONU. Ces mots étaient « seule la lutte libère ». Ces mots sont la seule réponse que j'ai adressée à la justice sénégalaise, non par défiance, mais justement par respect.

Et c'est ces mots auxquels je me tiendrai aujourd'hui en réponse aux procédures qui m'étaient enclenchées à mon encontre. J'appelle encore une fois le régime sénégalais à sortir de l'instrumentalisation des questions judiciaires, et à rentrer dans une discussion de fond, enfin, avec ses opposants, afin de permettre la transition démocratique à laquelle tous aspirent au sein de ce pays.

27:55
Présentateur

...

27:58
Invité

Excusez-moi, avant de prendre une autre question, je souhaiterais rebondir par rapport à une question qui a été posée par le doyen, pour dire que, s'agissant de la candidature de M. Ousmane Sonko, tout le monde est conscient que la volonté affichée par les autorités au pouvoir au Sénégal, c'est d'empêcher Ousmane Sonko d'être candidat et de devenir le cinquième président de ce pays. Ça, c'est une volonté qui est affichée depuis des années. Et à partir de là, il y a instrumentalisation à ciel ouvert de l'institution judiciaire. Si vous vous souvenez, c'est récent, hein, il y a d'abord une première procédure, soit disant pour des faits de viols qui ne tenaient pas debout.

Et puis, il y a une histoire de diffamation. Ousmane Sonko n'a pas été jugé par le tribunal correctionnel de Dakar. Il a demandé à ce que l'affaire soit renvoyée pour lui permettre d'être présent, puisque les conditions ne s'y prêtaient pas du tout. Il y a ses avocats, je le disais tout à l'heure, il y a un des avocats, notamment mon confrère, qui a été empêché de se rendre au Sénégal. Il y a un des confrères qui était constitué dans le dossier la veille de l'audience, a fait l'objet d'une mesure l'empêchant immédiatement d'exercer son métier d'avocat. Et le client n'a pas été autorisé, enfin, le client ne pouvant pas, pour des raisons de santé, prendre part à son procès.

Et puis qu'est-ce qu'ils ont décidé ? Ils ont décidé de le condamner malgré son absence, malgré l'absence des avocats. Et puis ce n'est pas fini. Lorsque la décision a été rendue, le ministre en question qui avait engagé la procédure, qui avait déposé plainte contre M. Ousmane Sonko, lorsque le verdict a été rendu, a exprimé sa satisfaction. Quelques instants après, a dit qu'il allait interjeter appel, parce que ce qui l'intéressait, ce n'était pas la condamnation pécuniaire de M. Ousmane Sonko, puisqu'il était le parti civique. Mais ce qui l'intéressait, c'était l'inégibilité de M. Ousmane Sonko.

Si vous constatez, dans les sorties médiatiques des ministres, je ne parle pas de procureurs, mais des ministres, chaque fois qu'ils interviennent, ce qui ressort de leurs préoccupations, c'est l'inégibilité de M. Ousmane Sonko. Tout le monde est d'accord. L'institution judiciaire sénégalaise est discréditée par le pouvoir en place. Elle est instrumentalisée, que ce soit contre les avocats de M. Ousmane Sonko, que contre M. Ousmane Sonko lui-même. Donc, à partir de là, effectivement, est-ce qu'il faut s'attendre à ce que la justice sénégalaise repose sa tâche au droit pour rendre ses décisions ?

Ou bien il faut une logique politique pour pousser les autorités à prendre conscience qu'il faut que ce pays soit libéré ? Donc, s'il faut attendre à ce que la justice sénégalaise donne à Ousmane Sonko l'autorisation de se présenter aux élections présidentielles, je pense que là, c'est vraiment faire preuve de naïveté. Donc, c'est pour cette raison qu'il s'agit d'un problème politique, et la réponse ne peut être judiciaire, mais politique. Voilà.

31:23
Présentateur

Maître Bambodoplin Dakar, de sources très proches, vous avez versé des chocs de normes en prison. Est-ce pour implorer une situation quelconque en prison, ou bien pour implorer votre liberté au gouvernement ?

31:38
Juan Branco

Je pense qu'il y a une forme d'indécence à m'interroger sur les États d'âme que j'aurais pu avoir ou non dans des conditions qui, vous imaginez, étaient particulièrement dures. Je pense avoir maintenu une forme de dignité à tout instant, notamment face aux autorités sénégalaises, qu'elles soient policières ou judiciaires. Je pense avoir aux côtés de mes frères et sœurs de lutte tenus droit à tout instant, de façon toujours respectueuse mais exigeante, et sans concéder à quelconque moment, à une quelconque forme de peur et d'intimidation, malgré les forts dangers auxquels nous étions confrontés. Nous continuerons à le faire.

Encore une fois, que ce soit auprès d'Ousmane Sonko, ou des nombreuses personnes qui luttent à travers le monde, que nous avons eu l'honneur et le privilège de défendre. Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, dont je rappelle qu'il est encore enfermé dans une prison antiterroriste après des années de persécution par les États-Unis, qui a fait l'objet de cavale civinaire à celle qu'a subi Ousmane Sonko, et qui n'a eu pour seul tort que de rendre publiques des informations d'intérêt général concernant des crimes commis par les pouvoirs occidentaux.

J'ai eu son sort à l'esprit très souvent au cours de ces jours, où j'ai été arrêté, placé en garde à vue, d'abord en Mauritanie, puis enlevé, transféré à Dakar, et dans les jours précédents, parce que j'avais conscience du risque du piège qui me serait tendu. J'avais souvenir, de façon précise, que le mandat d'arrêt international, dont on n'est pas certain de son existence réelle qui avait été annoncée par le procureur de Dakar, avait été précédé 48 heures avant d'un signalement du cas d'Orsay aux autorités judiciaires françaises.

Et nous avions la conscience d'une potentielle instrumentalisation de cette situation, à des fins politiques, politiciennes, dans mon pays, en France, et de l'instrumentalisation de l'instance judiciaire non plus seulement à Dakar, au Sénégal, mais également en France. Et dans ces conditions-là, il m'apparaît important de rappeler l'universalité de la lutte à laquelle nous sommes aujourd'hui confrontés, et de l'importance partout de veiller au respect des principes communs que nous énonçons, parce qu'il en va de la souveraineté du peuple, de leur capacité à défendre leur bonheur et leur droit à la souveraineté et à l'intégrité, et parce qu'il en va potentiellement de notre destin à tous.

Les juges auxquels j'ai été confronté à Dakar, les magistrats, pourront demain faire l'objet de cabales similaires à celles que nous avons subies en tant qu'avocat. Il faut qu'ils en aient conscients. Si notre Europe ne protège pas, si la fonction de journaliste, si le mandat, parce qu'il y a de nombreux maires qui sont aujourd'hui détenus à Dakar, démocratiques, si ce mandat démocratique ne protège pas, eh bien c'est l'ensemble des corps intermédiaires, comme on les appelle, qui sont exposés.

Alors quelque part c'est bien, parce que ça leur permet de vivre avec la peur que connaissent les simples citoyens, entre guillemets, de se rendre compte de cette vulnérabilité, de ne pas se sentir protégés, mais de l'autre côté évidemment ça fragilise l'ensemble des institutions et donc la stabilité du pays. Il faut prendre garde, à force de vouloir préserver à toute fin notre influence, la sorte de cohésion artificielle que les régimes autoritaires permettent sur un territoire donné, de mettre en œuvre, de ne pas nourrir, de ne pas mettre en germe la violence, voire la guerre civile.

Parce que la décomposition des territoires et des États, pardon, de la sous-région, est encore envisageable, avec des conséquences catastrophiques qui pourraient émerger. Et il ne faut pas oublier que le phénomène djihadiste est nourri par des logiques de concurrence et tactique, est nourri par le système tel qu'il existe aujourd'hui et tel qu'il est maintenu artificiellement, sous respiration artificielle, pardon, par une origine politique. Il y a vraiment une réflexion à avoir de fond, là, sur ce qui est en train de se passer. Je pense que ce qui se passe au Sénégal, ce qui se passe au Niger de façon coagulée, et évidemment s'influençant mutuellement.

La position de la France, des États occidentaux au Sénégal, est influencée par ce qui se passe au Niger, est influencée de façon générale par les changements politiques qui sont intervenus au Burkina, au Burkina, au Mali, qui s'installent sans racines au Centrafrique, et la peur que cela suscite en nous gouvernant, sauf que cela peut amener à des mauvais choix, à des erreurs, qui auront, pardon, des conséquences potentiellement catastrophiques pour les peuples qui seront prises en otage de ces luttes d'influence. Il faut sortir justement de cette dynamique qui consiste à favoriser un tel régime ou un autre sur le fondement de luttes d'influence politique.

Il faut renouer avec une forme de coopération et d'engagement avec, et pour les peuples, la politique diplomatique de la France, si elle souhaite retrouver son influence, doit s'adresser directement aux populations, doit mettre en place des politiques d'investissement, d'éducation, de formation, d'échanges culturels, à égalité, dans les deux sens, qui touchent directement les populations. C'est la seule façon pour la France de recouvrir une forme de respect, une forme d'écoute au sein de populations qui n'en peuvent plus, de ces jeux de pillages, d'influence et de triche mutuelle.

Sauf que, et c'est la seule incise politique peut-être que je permette par rapport à la situation en France, on a l'impression que notre gouvernement ici est tout aussi aveugle aux aspirations de son peuple souverain qu'à Dakar. Et c'est ce qui explique probablement que la parole que je porte au nom de Ousmane Sonko ait cette influence à Dakar, et qu'à l'inverse, la lutte du peuple sénégalais ait cet écho en France, au sein d'un certain nombre de mouvements, notamment des Gilets jaunes. Il y a une identité mutuelle qui s'est créée. On a l'impression d'être confrontés à des problématiques similaires.

Ces problématiques semblent identiquement ignorées par nos gouvernements de nos territoires, avec des gestions et des formes de violences qui sont certes différentes à la fin de l'intensité d'organisation, mais qui trouvent aussi des échos communs. Et c'est encore une fois, du coup, à l'horizontale et de façon très humble et très admirative, que je me suis engagé pour porter cette parole d'Ousmane en son nom, avec un respect et une admiration qui ne sont pas fortes. Il nous apprend beaucoup, et le peuple sénégalais nous apprend beaucoup à travers lui. J'avais le privilège d'échanger quotidiennement avec M. Sonko jusqu'à son arrestation.

Et c'est là aussi, à mon avis, une conscience de la part du pouvoir sénégalais, c'est-à-dire l'importance du lien que nous avons formé, qui peut-être est plus puissant encore que celui qui naturellement se forme entre un avocat et son client, dans le cadre d'une affaire pénale particulière. Et c'est probablement ce à quoi le gouvernement sénégalais, mais probablement aussi mon gouvernement, ont souhaité s'attaquer pendant ces périodes.

J'appelle encore une fois un changement d'attitude, non de façon obélicueuse ou provoquante, non pour défier, que ce soit Matissal ou l'Elysée, mais leur demander de prendre conscience qu'ils sont rentrés dans une dérive, qu'ils sont allés trop loin, qu'ils sont allés trop loin, parce que le soutien que j'ai eu l'honneur de recevoir pendant cette période, provenant de toute famille politique, de personnes qui se sont opposées férocement à moi ces dernières années, qui m'ont déconsidéré pour de nombreuses raisons, et significatif, non pas de ma valeur, mais au contraire de la gravité de la transgression qui a été commise par les personnes qui nous font face.

Et c'est pour défendre un certain nombre de valeurs que ces personnes ont décidé de me défendre moi, j'en ai pleinement conscience, et je salue leur capacité à avoir dépassé les différents pour s'engager de cette façon.

39:46
Invité

Maître, merci beaucoup. Fanchec, sénégal.f Alors Maître, il y a certaines questions que beaucoup de Sénégalais se posent. Vous êtes arrivé au Sénégal en français par la Camille, selon des informations venant du secteur de l'intérieur sénégalais. Vous êtes arrivé à Dakar, vous avez assisté à la conférence de presse des avocats de Kousman Sanko, vous avez fait un discours, un texte de 10 minutes, vous êtes reparti, il y a beaucoup de choses vite et bien embarquées dans un véhicule. Vous avez tenté de tuer le Sénégal, passant par une pirogue, le fleuve sénégal, arrivé en Mauritanie, interpellé et venu aux autres les Sénégalais de la ville.

Maître, pourquoi vous n'avez pas voulu rester sur place après votre conférence presse et défier les autres Sénégalais ? Et puis, vous venez me parler, pourquoi vous n'avez pas fait ça ? Pourquoi vous avez préféré partir en fuite ? Et vous savez que ce n'est pas possible, ce n'est pas facile, et c'est juste la pirogue, la mer, l'océan. Qu'est-ce que vous avez répondu au Sénégal et au monde en quels ils ont suivi cet environnement ?

41:03
Juan Branco

Que si on regarde objectivement, avec un peu de distance, tous les éléments, qu'ils soient vrais ou faux, que vous avez énoncés, deviennent insignifiants si on regarde la situation dans son ensemble, encore une fois, du Sénégal et le caractère massif des violations des droits fondamentaux du peuple sénégalais et du nombre de personnes qui les subissent aujourd'hui, et des conséquences potentielles que cela peut avoir pour le destin de millions de personnes. C'est, à mon avis, de cela et de cela seul dont il faut parler, et non pas faire nourrir la chronique du spectacle, du scandale, qui m'apparaît très indécente dans ces circonstances, que j'ai vues à Rebus.

C'est de cela dont je souhaite que l'on parle. C'est de cela dont il faut parler. Et non pas le sort d'un petit occidental blanc qui, peut-être, parce qu'il est un petit occidental blanc, a eu le privilège de voir une attention particulière se lever sur lui. que ce qui m'est arrivé, comme elle demande Ousmane, serve simplement d'illustration, moi, être particulièrement protégé. Moi, être dont on sait les conséquences que cela aurait d'atteindre à son intégrité. Si l'on sait d'attaquer à moi de cette façon, imaginez-vous ce qui arrive au quotidien pour des millions de Sénégalais qui ne bénéficient pas des protections qui sont les miennes.

Voilà la seule chose qui compte aujourd'hui, exposer la situation actuelle dans ce pays, en sachant qu'à travers cette lutte, bien d'autres s'en mourront, et qu'elle permettra par répercussion, comme je l'ai dit quand j'ai dit à Dakar, de la Guadeloupe à la prison de Belmarche, en passant par bien d'autres peuples et bien d'autres personnes en lutte, de mettre en avant leur situation et ce que cela en coûte, y compris dans des régimes d'apparence démocratique, de tenir droit de ne pas plier et de se maintenir fier à ces principes, quel qu'en soit le coût, et quels que soient les risques que l'on prend pour le faire.

Si ce qui m'est arrivé peut servir d'exemple, et si l'on cherche à salir de différentes façons ce que j'ai fait, c'est justement pour éviter que cela servait. C'est justement pour décourager des personnes qui pourraient se sentir inspirées par ce geste, par cet engagement et par ce courage. Donc je refuse de rentrer dans à la fois cette mise en scène potentielle de ce qui s'est passé et dans le débat que l'on chercherait à créer sur les conditions. Ce qui a été fait a été fait, c'est très clair. Je suis venu au Sénégal défendre un homme parce que cet homme me l'avait demandé. Je l'ai fait dans le respect des principes fondamentaux de ma profession, des lois et des règlements.

On a voulu me le faire payer cher, et tout un monde s'est levé pour l'empêcher. Et cela, c'est cela et cela seul qui doit être rappelé.

44:25
Invité

Oui, je souhaiterais rebondir là-dessus pour dire qu'effectivement, de ce qui est arrivé à notre confrère, je me répète puisque c'est quand même important, de ce qui lui est arrivé, moi je pense qu'il faut retenir l'essentiel. L'essentiel c'est quoi ? C'est les difficultés que rencontrent les avocats pour exercer leur métier lorsqu'il s'agit de la défense de M. Ousmane Sonko et de toutes les victimes de la répression militaire au Sénégal ces derniers temps. Parce que mon confrère n'est pas allé au Sénégal pour faire du tourisme, il est allé là-bas en qualité d'avocat pour assurer la défense des intérêts de ses clients et de notre client Ousmane.

Je pense que c'est l'essentiel, c'est ce qu'il faudrait retenir. Et il y a une première, c'est même pas une tentative puisque moi je me suis rendu au Sénégal, j'étais présent à l'audience correctionnelle dans le cadre de l'affaire de la diffamation. Il devait être là aussi. Bon, j'ai eu la chance d'arriver l'avant-veille, mais si j'étais dans le même avion que lui, peut-être j'aurais été aussi reconduit aux frontières. Il a été reconduit aux frontières alors qu'il a su la défense d'un individu qui est resté, je pense qu'il faut le rappeler, 56 jours, ça on le dit rarement. Ousmane Sonko est resté séquestré chez lui 56 jours sans recevoir la visite de ses avocats.

Les avocats ont été empêchés de tout contact avec leurs clients. Ça c'est quand même inimaginable. Et puis là on reproche à l'avocat d'avoir trouvé des moyens légaux pour se rendre au Sénégal. Il n'est pas passé par l'aéroport international de Dakar, mais il est passé par d'autres voies légales pour entrer au Sénégal. On lui reproche de ça. Donc moi je pense qu'effectivement, dans d'autres circonstances, on aura peut-être, si cela s'avère utile, de parler des circonstances de son arrivée, pourquoi il est passé par la voie maritime, ou bien la voie terrestre, ou bien la voie aérienne.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'il est allé au Sénégal, non pas pour faire du tourisme, mais dans le cadre d'exercice de son métier, d'avocat pour assurer la défense. Nous savons qu'au Sénégal, lorsqu'il s'agit de la défense de M. Sonko, c'est risqué. La preuve, il y a des confrères qui sont sur place, qui font l'objet des poursuites judiciaires, qui font l'objet des mesures disciplinaires. Il y a certains qui ont été suspendus. Et il y a un harcèlement qui est exercé sur les avocats de M. Ousmane Sonko. La défense s'est décimée. Donc voilà, c'est dans ces circonstances que notre confrère s'est rendu sur place. Alors, j'ai une question. Vous avez fait quelques jours de la prison.

Aujourd'hui, vous êtes en droit de l'homiste. Aujourd'hui, dans les prisons Sénégalais, il y a beaucoup de citoyens qui sont ambassés. Est-ce que vous pouvez nous décrire les conditions d'un équipe ? Parce que le plus souvent, les prisonniers, quand ils bénéficient d'une liberté provisable ou d'une liberté totale, ils ont des séquelles. Est-ce que les quelques jours vous avez résidé en prison, vous pouvez nous décrire les conditions dans lesquelles les prisons Sénégalais, dans quel état elles se trouvent ?

47:58
Juan Branco

J'ai dormi aux côtés de corps torturés. De corps qui portaient la trace de lourdes tortures. Il est très important que cela soit su. Des cicatrices, liées à des violences policières, qui n'étaient pas exceptionnelles. J'ai vu des corps, j'ai vu des corps qui ont été traversés par des balles. J'ai vu ces blessures dont on m'avait fait transmettre les photographies, les preuves documentaires, qui ont été adressées à Corpérine Nationale et aux juridictions françaises.

Je les ai vues de mes propres yeux, entassées par centaines dans des conditions inhumaines, inimaginables, dans lesquelles des individus ne peuvent se déplacer faute d'espace pour aller uriner, sont obligés de faire leurs besoins sur place, souillent et en tâches, ceux qui sont à leur côté et restent pendant des heures dans cette position, sans pouvoir s'allonger, s'écarter ou tout simplement circuler. Cette situation, elle est le fruit direct des choix politiques qui ont été faits par le régime actuel. Parce que cette surpopulation carcérale massive, on parle encore une fois, je le répète, d'une prison construite pour 600 détenus qui en accueille 3 000. 3 000.

Cette situation, elle est le fruit du choix d'une répression féroce, massive, utilisant la justice pour éliminer les adversaires politiques. Des adversaires politiques à toutes les échelles. Il y avait à mes côtés des individus qui ont été placés en détention provisoire par des magistrats sur ordre direct du président de la République, parce qu'ils s'étaient sentis offensés d'une comparaison qu'ils avaient pu faire sur un poste sur Facebook. C'est important de l'entendre. Ces hommes, ces pères de famille, cet homme en particulier, Mohamed Bilal Diop, est placé en détention provisoire, donc sans jugement, depuis plus de 4 mois. Pas de quasi-judiciaire, maire d'une commune.

Il continue d'ailleurs à exercer depuis la prison son mandat, comme il le peut. Et donc je veux encore une fois que ces mots traversent les murs de ces prisons, et les fassent rugir. eux qui sont détenus dans une situation où ils pourraient se croire oubliés, sans espoir, ou abandonnés par des personnes qui l'ayant traversé éphémèrement, comme c'est le cas, en seraient sortis et préféraient tourner la page et ne plus jamais les regarder. C'est l'inverse qui va se produire.

C'est une erreur fondamentale de me faire voir ce qui ne saurait être vu, parce qu'encore une fois, même mes confrères n'ont pas accès aux chambres de détention, ils sont évidemment retenus au niveau des parloirs, donc ils entendent ce que leur dit leurs clients. Mais moi je me suis retrouvé au milieu de ces personnes, de leurs espoirs, de leurs craintes, et de leurs inquiétudes, et c'est ce qui m'a amené à demander à Ousmane Sonko d'arrêter sa gare d'avis, pardon, sa crève de la faim, parce qu'ils ont besoin de lui, ils ont besoin de cet espoir qu'ils représentent, parce que cet espoir c'est tout simplement celui de retrouver une vie normale, de sortir de cet enfer.

Il faut aussi que les personnes qui se rendent au Sénégal, pour faire du tourisme, pour retrouver les leurs, aient conscience qu'à quelques pas de là, sur la corniche de Dakar, au centre de la capitale, des milliers d'êtres humains sont entassés, comme de la volaille, parce qu'ils ont osé penser, lutter, lutter.

51:54
Invité

Est-ce que vous pouvez pas nous préciser, parce que c'est important pour l'avenir, les conditions auxquelles votre contrôle judiciaire sont assortis exactement ?

52:09
Juan Branco

Pour des raisons diverses, je préfère ne pas parler du fond de cette affaire, qui n'en est pas une. Qui n'en est pas une à mon sens, et qui n'est qu'une pièce dans le rapport de force politique qu'a tenté de mettre en œuvre le régime à l'égard de son principal opposant. Et donc, commenter le fond de cette affaire, ce serait rentrer dans le piège de cette dialectique. C'est de la même façon, et pour cette même raison, que je ne rende pas dans les arbusties juridiques qui touchent la situation judiciaire de ce moment-là, nous avons tous conscience aujourd'hui qu'une situation judiciaire est directement le fruit de son engagement politique.

et d'ailleurs, quelque part, heureusement, heureusement qu'il est enfin poursuivi, politiquement ou de façon assumée, après des années passées à le salir, à tenter de le dégrader, de pouvoir enfin assumer la nature politique des poursuites qu'il subissait. Aujourd'hui, M. Sonko n'a pas besoin de supputer à cet égard, c'est assumé par le pouvoir et poursuivi pour des raisons politiques. Les infractions pour lesquelles les placements d'attention provisoire sont politiques par nature. La tentation fait de l'État et ainsi de suite. Et donc, nous pouvons enfin discuter honnêtement de la situation de M.

Sonko, sans nous perdre dans les questions relatives, en effet, à la diffamation, aux conditions de... Enfin, le vrai débat se pose. Est-ce qu'il est normal, acceptable, est-ce que nous souhaitons qu'il soit possible de faire arrêter un opposant politique parce qu'il est un opposant politique ? C'est aussi simple que ça, aujourd'hui, la question qui se pose. Est-ce que le fait d'avoir des mots consistant à résister à les injustices et à proposer des réformes fondamentales de ce pays peuvent suffire à amener à se retrouver privé de ses droits et emprisonné ? M. Sonko a souhaité que je vous rappelle, c'est un point important, que tout cela commence par sa radiation, quand même.

C'est-à-dire que M. Sonko devient un acteur politique de son pays parce qu'il dénonce que c'est cette corruption et qu'il est radié de la fonction publique. C'est-à-dire que tout commence par une persécution. Tout commence par un engagement de sa part dans une forme de vérité et de défense des intérêts populaires qui, à l'époque, était désintéressée au sens politique du terme. Il ne cherchait pas à se faire allier. Il dénonce quelque chose. Il est ravi de la fonction publique. Et au lieu de se taire, de s'écraser, il prend à la volée le problème et il décide de s'ouvrir. C'est très bien.

Eh bien, maintenant, aujourd'hui, on en arrive à la situation qui fait qu'on cherche à lui faire payer par des peines qui peuvent aller jusqu'à la perpétuité, cet engagement-là. Ça, c'est important aussi qu'on le sache, pour plusieurs raisons. D'une part, parce que plus vous accroissez le coût de l'engagement politique dans une société, moins sa vitalité démocratique est possible, pas seulement à l'égard de la personne que vous sanctionnez, mais à l'égard de tous les autres qui se sentent intimidés. Ça, c'est important. Quoi que vous pensiez des positions du Sommetsonko, vous êtes en train de détruire l'édifice démocratique d'un pays en acceptant sa persécution.

Et le deuxième point, c'est tout simplement que c'est moralement peu acceptable, en fait, de se retrouver dans une situation comme celle-ci, où le pouvoir utilise des instruments qui sont faits pour défendre l'intérêt général, les intérêts d'une population, pour se maintenir au pouvoir et procéder à la défense de ses intérêts.

Donc, dans ces circonstances, le défendre, encore une fois, c'est bien au-delà de ce que l'on peut penser de l'individu ou pas, c'est tout simplement s'engager pour des principes qui me semblent assez fondamentaux et qui, encore une fois, ont une résonance directe avec des luttes qui sont menées, y compris dans ce pays, et qui affectent aussi, par ailleurs, d'un point de vue de la raison d'État, des intérêts profonds de ce pays.

55:37
Invité

Maître, nous savons tous qu'on s'est égale, qu'il leur ont fait le fil, même un nazi, qu'on a fait le droit et une défense. Aujourd'hui, même les avocats sénégalais n'ont pas accès à un part, Ousmane Sonko. Vous, vous pensez, personnellement, est-ce que c'est par rapport à la plainte de la CPI

55:52
Juan Branco

ou votre premier tweet que cette allumineuse idée est excessive ? Ousmane Sonko m'a appris à ne pas spéculer sur les intentions de l'adversaire. C'est quelque chose qu'il me dit à chaque fois qu'on échange. Il me dit pourquoi ils font ça ? Si on commence à se perdre dans les spéculations, ils ont déjà gagné. C'est-à-dire qu'on devient prisonnier d'hypothèses qui peuvent être vérifiées ou pas. Donc en fait, qu'importe le pourquoi, ils l'ont fait. Ils agissent de telle façon et nous nous réagissons, nous nous défendons et nous essayons de nous adapter afin de s'assurer que ces stratagèmes et ces tactiques ne soient pas appliquées.

Ousmane Sonko est dans une position où il peut surtout ne pas s'adresser au peuple sénégalais, il ne peut pas préparer lui-même sa peut-être probable élection, que ce soit par lui-même ou par un tiers, puisque ce sera finalement ce qui interviendra si jamais on l'empêche de se présenter directement. Le peuple sénégalais choisira quelqu'un qui agira en son nom jusqu'à ce que justement se règle cette situation. En toutes circonstances, je pense que c'est au détriment de l'ensemble du peuple sénégalais.

56:46
Invité

Maître Roséquier à Dakar, certainement vous avez l'encontré des consulaires. Quel est le mot qui devenait le plus quand ils vous l'encontré ?

56:54
Juan Branco

J'ai pleuré l'émotion à de nombreuses reprises, et c'est la seule fois d'ailleurs que j'ai pleuré, quand ils m'ont témoigné de leur estime et de leur soutien. Quand un des co-détenus m'a dit qu'il avait pleuré pendant la conférence de presse que nous avions donné à Dakar, et que de façon générale on m'a dit que cela leur avait redonné de l'espoir, du courage et de l'envie de se battre. J'ai, y compris dans les fourgons qui me trimballaient d'un lieu à l'autre, vu des visages qui se rapprochaient du mien, qui m'envoyaient des signes. Et j'ai vu en sortant de la prison de Dakar, lors d'une de mes extractions, la prison rugir de soutien.

Et c'est donc le point levé que je suis sorti accompagné de leurs cris, qui sont des cris d'espérance, parce que ce sont des personnes que l'on prive de leur droit à la parole. Et qui ont trouvé en moi un allié, une personne qui permette ponctuellement de pallier aux impossibilités qui sont faites à leurs représentants, de défendre leurs paroles. Aujourd'hui c'est moi. Si ma détention s'était poursuivie, cela aurait été quelqu'un d'autre. Et dans cette course de relais que nous maintiendrons, eh bien tout simplement la liberté et la souveraineté.

58:18
Invité

Maître, bonjour. J'aimerais poser des questions qui pourraient faire espérer le deuxième. J'aimerais de votre bouche une réponse sincère, concise et précise. J'aimerais savoir, Maître, comment vous allez laisser ce peuple debout ou s'accrocher ? Merci beaucoup.

58:53
Juan Branco

On va finir peut-être sur ce point. Je vais répéter en fait ce qui a déjà été dit. Le peuple sénégalais nous a donné un exemple et continue de le faire en se levant massivement pour défendre l'honneur dans un premier temps, puis la liberté d'un homme parce qu'ils avaient conscience que cette lutte était celle qui permettrait de garantir la défense de leurs intérêts et leur souveraineté.

Ils l'ont fait aux côtés et pour un homme qui lui-même refuse une quelconque compromission, que ce soit avec des régimes étrangers ou que ce soit avec d'autres forces politiques dans les cadres des accords corruptifs que met en place régulièrement le régime pour réintégrer un certain nombre d'opposants politiques tout en conditionnant leur opposition et en conséquence en leur restreignement. Ousmane Sonko a tenu droit. Il n'a rien d'échelle, il n'a rien concédé. Et c'est pour lui rendre hommage.

Et en réponse à cette force que le peuple sénégalais s'élever et le monde entier, le monde entier doit regarder avec admiration cette force qui aujourd'hui fait encore tenir debout des milliers de détenus politiques dans des conditions inhumaines, propres des pires dictatures, qui n'aient jamais été existé. C'est avec un grand respect et une grande émotion que nous devons regarder. Et c'est pour cela, c'est parce que j'ai vu ce peuple se lever, et c'est parce que du coup j'avais confiance en ce peuple, que j'ai pris le risque de me rendre à Dakar pour être à leur côté.

1:00:39
Invité

Est-ce que vous croyez que cette chronique n'a pas né la situation de votre client et n'a pas renforcé la situation pour lui et la donne dans le second plan de l'affaire ?

1:00:52
Juan Branco

Au contraire, elle a mis en lumière pour de nombreuses personnes qui n'avaient pas conscience de l'existence de cette problématique, en France et ailleurs, que le Sénégal n'était plus le pays que l'on avait longtemps respecté du fait de son engagement pour les droits de l'homme, la démocratie et pour sa stabilité.

Elle a permis de rendre visible, d'abord avec notre procédure auprès de la Courpé internationale, la multiplicité des exactions et des crimes qui ont été commis, et dans un second temps la situation de Ousmane Sanko, enfin la situation de ceux qui sont aux côtés de Ousmane Sanko, y compris encore une fois lorsqu'ils sont protégés, privilégiés, comme cela a pu être mon cas du fait de mon statut d'avocat et du fait de ma condition.

Ousmane a, je pense, été ému, c'est ce qui me revient, de ce qui s'est passé, et c'est évidemment aussi pourquoi nous sommes sortis immédiatement, nous avons refusé au cours de ces conférences de presse, de nous attarder sur ce qui me serait arrivé ou non, parce qu'il serait indécent de se centrer sur ce petit cas particulier qui n'en est qu'à celle de ceux que j'ai vus au quotidien à Robus, les personnes qui ont commencé à me confier leur dossier pour que je m'occupe de leur défense et que je tente de leur confisser à leur tour, ce à quoi je me suis occupé pendant les jours où j'étais présent sur place, et de façon plus générale aux victimes que nous continuons et continuerons de défendre, à travers les nombreuses procédures que nous avons enclenchées, pour essayer de leur permettre d'être protégés à l'avenir, c'est plus important, et plus justice au fait à leur égard, et je pense que...

1:02:31
Invité

Maître, qu'est-ce que vous pensez pour les Sénégalais de la diaspora qui sont là, et qui veulent rentrer ? Il y a un camarade il y a même pas deux semaines qui est parti en vacances, à sa vie, qui s'appelle Vaudoba, qui a été arrêté par l'État sénégalais, en lui collant des motifs qui n'existent pas, parce que c'est une personne qu'on le connaît très bien. Qu'est-ce que vous pensez des Sénégalais de la diaspora qui veulent rentrer, et qui sont devenus maintenant prisonniens ici en France, parce qu'ils ne peuvent plus se déplacer au Sénégal, dans la mesure où ils ont une liste adressée devant l'aéroport ?

1:03:05
Juan Branco

Il faut qu'on se sentille là, mais encore une fois, il faut regarder la situation générale du Sénégal, non pas encore une fois pour stigmatiser, mais au contraire parce qu'il y a encore un espoir au Sénégal. C'est ça aussi qui est très important. Il y a des pays où une nuit s'est étendue et sera très difficile à renverser. Au Sénégal, nous sommes encore sur ce moment où toutes les bascules sont possibles. Et c'est pour cela que nous nous accrochons, que nous assistons tant sur la situation actuelle. C'est-à-dire qu'il sera bien moins coûteux, en termes d'efforts, d'éviter l'effondrement, d'éviter de plonger dans un système autoritaire installé de façon définitive.

Cela sera beaucoup moins coûteux qu'à l'inverse, accepter cette lampe dérive, qui sera mortifère, et qui pendant deux décennies plongera non seulement les citoyens dont on parle, les détenus politiques dont on parle, mais l'ensemble du peuple dans une situation dans laquelle il sera très difficile de sortir. Aujourd'hui, la possibilité de sauver un régime démocratique existe. Il faut un effort important de la part des différents États étrangers pour tenter de médier et d'inciter le régime actuel à rouvrir la discussion et éviter une nouvelle phase de transgression qui sera coûteuse en vie humaine, qui sera coûteuse pour le peuple sénégalais, pour leurs citoyens. Merci à tous d'être venus.

1:04:31
Invité

Merci beaucoup.