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Podcast / conversationLe Figaro (sur YouTube)· 9 juillet 2015 7 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprises

Grèce, à quoi joue François Hollande ?

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Fait
    « François Hollande est dans une situation compliquée mais importante et même décisive dans la crise actuelle que traverse l'Europe. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Grèce, à quoi joue François Hollande ? C'est la question dont débat Guillaume Rocket du Figaro Magazine et Renault Dell de l'OPS. Je crois que François Hollande est dans une situation compliquée mais importante et même décisive dans la crise actuelle que traverse l'Europe.

À quoi joue-il ? Je pense pas qu'il joue, d'ailleurs, c'est pas exactement le bon terme, mais je crois qu'il joue à essayer de sauver l'Europe et qu'il est exactement euh dans son rôle, c'est-à-dire dans celui dans la logique de la construction européenne, c'est-à-dire euh qu'il s'efforce euh et c'est extrêmement difficile de demeurer un pont, une passerelle entre deux positions qui semblent aujourd'hui irréconciliables. D'un côté, l'Allemagne et encore d'ailleurs pas forcément Gala Merkel mais Volgong Chy Choy bleu et puis toute une série de pays qui veulent d'ors et déjà sortir la Grèce de l'euro.

Et puis de l'autre côté, quelques pays minoritaires certes, mais quelques pays qui s'inquiètent à juste titre, me semble-t-il, d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'Euro, je pense à l'Italie, au Portugal, à l'Espagne qui savent qu'immédiatement la spéculation basculerait euh sur eux et que c'est eux ensuite qui seraient euh menacés. Donc Hollande, qu'est-ce qu'il essaie de faire aujourd'hui ? Il essaie de maintenir jusqu'à dimanche simplement les voies du dialogue et la construction de l'Union européenne, elle s'est toujours faite comme ça.

Quand vous avez deux positions qui se font face, qui se font front et qui s'affrontent sans aucune possibilité d'aboutir un compromis, on va au clash. Donc il est exactement dans son rôle. France Hollande qui sauve l'Europe, c'est dommage, j'ai pas de mouchoir, sinon ça me tirerait des larmes.

Euh tellement c'est beau, je pense que vous lui donnez un rôle bien un costume bien grand pour lui. Euh il fait il fait le médiateur. Oui, sauf que François Hollande, il est pas casque bleu.

François Hollande, il est là pour il est là il est là pour porter une voix qui est la voix de la France dans l'avenir de l'Europe. La vérité, c'est qu'il sait pas très bien quoi faire. Donc euh d'un côté, il faut pas qu'il s'éloigne trop d'angela Merkel parce que le couple franco-allemand c'est important.

Et de l'autre côté, il sait et ça je suis d'accord avec vous que si la Grèce sort de la zone euro, il y a d'autres pays qui vont avoir des comptes à rendre notamment sur leur gestion publique, sur la le creusement des déficits et la France pourrait en faire partie. Mais je pense qu'au-delà de ça, il est profondément gêné parce que c'est la fin d'une certaine conception de l'Europe qu'on est en train de voir arriver avec cette crise grecque. C'est-à-dire cette Europe qui a été construite par des technocrates de centre gauche, on va faire court, en se moquant et perdument de de la de la vie des peuples et cette espèce de de robe machine dont les dont les les différents habitants de l'Union européenne ne veulent plus.

Je veux dire, on va pas revenir sur tous les épisodes, on on les connaît. Et donc euh cette Europe-là euh euh l'Europe de l'Europe de Bruxelles, elle est en train de d'échapper à François Hollande et c'est un peu le coup de panique. C'est le coup de panique.

Pourquoi ? Parce que le peuple reprend la parole et ça le gêne. Ça le gêne profondément.

Deuxièmement, parce que cette espèce de de d'irréversibilité, le sens de l'histoire, l'Europe va toujours dans le même sens. Et ben non, cette Europe là aujourd'hui elle elle se fissure et ça ça gène pas. Non mais il y a pas d'irréversibilité.

L'Europe elle peut tout à fait se détricoter, elle peut tout à fait exposer, elle peut tout à fait disparaître. Il y a aucun sens de l'histoire justement. C'est c'est en ce sens que c cette peur de négociation me semble extrêmement importante.

On voit bien que si de part et d'autre les seuls intérêts nationaux domine, prédomine, l'Union européenne n'a plus de raison d'être. On voit qu'effectivement Gela Merkel et c'est naturel a des comptes à rendre à sa majorité et qu'une bonne partie de la majorité CDU CSU aujourd'hui ne veut plus pour résumer pour faire cours puisque vous aimez faire court que l'Allemagne paye pour la Grèce. De l'autre côté on voit qu' Typras a mis en avant des intérêts politiques nationaux aussi avec son référendum.

Si c'est seuls intérêts nationaux près de n'y a plus d'Europe, on est d'accord. C'est bien pour ça que l'Europe, elle ne peut pas se construire contre les nations, mais elle ne peut elle ne peut pas se construire que sur la base des intérêts nationaux, car ceux-là sont irréconciliables assez vite. À quoi sert François Hollande ?

Il sert déjà à une chose, il a déjà eu un résultat, je sais pas si vous avez remarqué en 3 jours, c'est qu'il a convaincu Nicolas Sarkozy parce que Nicolas Sarkozi il a changé d'avis. Il jouait les pousses la semaine dernière. Il fallait virer les Grecs, il fallait arrêter de payer pour eux.

Hier, il a même dit à la télévision primetime, je suis d'accord avec monsieur Hollande et monsieur Vals. Donc déjà, il a prononcé le nom de François Hollande et on sait que pour Nicolas Sarkozi qui l'appelle d'habitude moi je c'était déjà, j'imagine une douleur. Et lui-même euh a a convenu qu'il fallait pas à tout prix certes et tout le monde est sur une position et notamment pas au prix de remettre en cause le couple franco-allemand bien sûr qui reste déterminant mais il faut encore essayer d'arriver à une médiation.

Non mais qu'il faille arriver à une solution, on le souhaite tous. Je veux dire, on ne on nous ne sommes ni l'un ni l'autre des des des poussa au crime ou des pyomanes. Simplement, on voit bien ce qui est en train de se passer.

Peut-être qu'on va être démenti par les faits, je le souhaite. Mais euh Alexis Cipras arrivé en disant "Ne m'en demandez pas trop, il faut que je tienne compte des souffrances du peuple grec et allez, prêtez-moi encore un peu d'argent et ça ira mieux le mois prochain. Là encore, on va vite mais finalement ça revient à ça.

La France a déjà payé, je crois, 45 milliards d'euros pour la Grèce dont on n'est pas prêt de revoir le premier centime. Combien de temps est-ce qu'on va continuer comme ça ? C'est-à-dire que c'est encore une fois, je suis pas contre le compromis par principe.

Simplement, je pense qu'il y a un moment où c'est la réalité qui reprend le dessus. Et la vérité, c'est que cette réalité, elle est elle est douloureuse. Elle est douloureuse en particulier pour la France parce que il y a un certain nombre de pays en Europe, comme par hasard, ce sont pays, ce sont ces pays-là qui sont sévères avec la Grèce qui disent "Nous, nous avons fait les efforts nécessaires et donc nous en avons assez que ce soi toujours les mêmes qui payent." Et effectivement la France de de ce fait se retrouve au banc des accusés et ça elle ne le supporte pas.

Monsieur Holland préfère faire ce qu'il fait depuis 2012, c'est-à-dire tergiverser, perdre du temps. Un petit peu d'ailleurs comme Cipras parce que ce sont tous les deux des politiciens très habiles quand il va à Bruxelles en disant "Donnez-moi encore un peu de temps, ah oui les 3 % passent cette année mais dans 2 ans vous allez voir ça va bien." Bah il y a un moment où où le réel se venge et je pense qu'il est en train de se venger.

Non mais le le le réel est dur et tout peut échouer. Le réel est difficile mais et certes effectivement des pays ont payé entre guillemets pour la Grèce mais on sait aussi que si la Grèce sort de l'euro, on risquerait de payer davantage. C'estd que certes, il y a la France a payé 45 milliards d'euros, pour autant aujourd'hui l'Union européenne alors que même Christine Lagarde et le FMI ce matin disent que finalement il faudrait peut-être songer à rééchelonner la dette greque, à restructurer la dette grecque parce qu'on sait bien que la Grèce ne pourra pas tout rembourser.

C'est Christine Lagarde qui dit, c'est pas une dangereuse gauchiste. Euh on sait bien que si la Grèce sort de l'euro demain, pour le coup, la France tirera un trait définitif sur ces dettes que la Grèce lui doit. Euh donc on sait bien que l'éventuelle sortie de l'euro serait catastrophique pour la Grèce, mais elle serait aussi coûteuse sur le plan économique, probablement sur la croissance, sur la spéculation sur d'autres pays européens et puis sur le plan politique.

On sait bien que ça soit une catastrophe, y compris d'ailleurs pour l'équilibre géopolitique euh de l'Europe et notamment la question des migrants à laquelle vous êtes en général assez attaché. Absolument. Mais je ne vois pas pourquoi il va à tout prix maintenir une zone monétaire totalement artificielle.

Parce qu'on sait très bien depuis le début que la Grèce n'aurait jamais dû entrer dans l'euro sous prétexte que il faut se préoccuper des autres sujets. C'est vrai, il y a une inconnue, je vous le cache pas. Quelles seront les conséquences financières sur la spéculation d'une sortie de la Grèce ?

Personne ne le sait et pour cause, il y a pas eu de précédent. En revanche, moi je dis il faut laisser la Grèce dans l'Union européenne évidemment, continuer à avoir une politique aux frontières communes, mais arrêter de vouloir maintenir en vie artificiellement ce système qui est déjà mort, qui est celui d'une zone monétaire unifiée, qui est impossible, toute l'histoire nous le dit depuis le début, entre des économies aussi différentes que la Grèce et l'Allemagne.