Cancel culture, restitutions d’œuvres d’art, Vatican… : Best of club Inter | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] [musique] Bonsoir et bienvenue à tous pour une séance de rattrapage des meilleurs moments du club international de 21 minutes samedi. Au programme ce soir avec nos correspondants étrangers et dessinateurs de presse, des invités, du débat, vos chroniques habituelles dans la joie et la bonne humeur de 28 minutes évidemment. Comme tous les samedis en fin d'émission, nous retrouvons notre poète préféré Benoît Forgeard et sa dérive des continents.
Commençons sans plus tarder par un célèbre réalisateur qui accepte de s'autocensurer 50 ans plus tard. Valérie Brochard, on vous écoute. [musique] C'est Vim Venders qui accepte de retirer provisoirement son film Faux mouvement réalisé en 1975 parce que depuis 15 ans maintenant, l'actrice Natasia Kinski demande le retrait d'une scène dans laquelle elle apparaît en culotte et sain nu alors qu'elle n'avait que 13 ans au moment du tournage.
Aujourd'hui, le film n'est plus disponible mais son réalisateur se pose encore beaucoup de questions. Schauspiel, die sehr verehrt habe undre weh tutf man das kann man ein Film im Nachhinein kürzen ich bin mit der Frage ziemlich allein muss ich sagen und ich bin auch ratlos. moralge moral aufs Filmam est cette demande de l'actrice allemande elle est légitime ou une fois que c'est tourné l'œuvre artistique elle devient intouchable ?
Natasha Kinski a parfaitement le droit euh de dire que ça la dérange, qu'elle avait 13 ans, qu'elle était une enfant ou presque, que elle avait pas les facultés de consentement ou de discernement pour faire cette scène-là et que euh ça peut heurter le deuxième principe. Mais là, on est quand même avec une personne vivante, excusez-moi du terme, une artiste vivante qui réclame quelque chose qui relève de son image et de son intimité et de sa personnalité. Donc je comprends très bien que Venders parle de l'œuvre parce que c'est un vrai sujet et que ça interpelle toute la société et que il faut se poser la question est-ce qu'une œuvre complète, est-ce qu'on peut la changer ?
Mais je pense que dans ce cas précis, c'est très clair en fait le le droit de l'actrice prime sur l'œuvre même si là il y a pas de décision juridique he com dites le droit ça demande façon oui et mais le le réalisateur a mis un certain temps à l'accepter bien sûr et il a fini par le faire. Bon, Frédéric Arnou, est-ce que vous pensez que le retrait provisoire de de ce film de Villandes peut et bien susciter pourrait ressusciter d'autres demandes d'autres actrices qui pourraient être mal à l'aise par des scènes qu'elles ont tourné des années auparavant, des scènes de nudité ou des viols aussi ? Est-ce que ça peut être un cas d'école ?
Bah, ça peut créer une sorte de jusprudence même si on a on n pas été devant les tribunaux justement pour régler ce problème là, c'est sûr que c'est légitime. Est-ce qu'il y aura d'autres demandes ? probablement en même temps après il faut se dire bon est-ce qu'on touche vraiment à l'intégrité de l'œuvre si on enlève tel morceau est-ce que ce morceau là qu'on veut enlever est-ce qu'il était vraiment nécessaire aussi c'est la question qu'on peut se poser par exemple si on regarde le film taxi driver de Martin Scors il y avait Jod Foster là-dedans qui jouait le rôle d'une prostituée elle avait 13 ans à l'époque il y avait pas de scène de nudité ou de scène qui allait choquer parce que Scor s c s c'était dit ben finalement ça était probablement pas nécessaire donc là il faut voir un pe qui peut juger justement de l'inté de c'est l'auteur de l'œuvre.
Non, ben c'est l'auteur ou ceux qui vont diffuser aussi les les œuvres. Mais c'est évidment une question super compliquée et et je pense que autant pour pour l'affaire de cette jeune fille de 13 ans à l'époque, je suis tout à fait d'accord avec ce que vous disiez, autant sur d'autres cas c'est plus compliqué. Comment est-ce que l'actrice, la comédienne a été informée, consentante ?
Et je prends le cas de dernier tango à Paris où la mariage Schneeder a considéré que elle avait finalement quelque part subi un viol. Oui, c'était pas là effectivement il y avait un viol, il y a eu une agression dont elle ne s'est jamais remise mais mais dans une situation où on l'en a parfois même une scène de viol peut être filmé si je peux dire mais moyennant que les acteurs ou les soient dans la soi consentant. Or ici manifestement le réalisateur avait choisi l'effet de surprise pour qu'elle puisse traduire mieux l'humiliation que ça représentait.
Et donc là, on est dans quelque chose qui est de l'ordre de la de de d'une atteinte à l'intégrité. Peut être judicié, tu peux même être judiciarisé. Donc entre-temps, je pense que censurer les œuvres, c'est quand même quelque chose de très compliqué.
Je suis d'accord que parfois certaines scènes sont pas utiles. Est-ce que c'est pas des œuvres aussi qui peuvent se démoder d'elles-même si je veux dire ? Soit parce qu'effectivement il y a un regard sur la femme qui n'est évidemment plus acceptable aujourd'hui ou sur des questions politiques aussi d'ailleurs plutôt que censurer.
Encore une fois sur l'affaire Kinski, elle avait 13 ans et elle est vivante et elle demande aujourd'hui. Donc c'est c'est un cas très précis. C'est ça demande.
Après le film, il est tourné dans les années 70 qui est un moment très complexe entre mai 68, on est un peu dans un moment de décrispation sexuelle de la société. On fait un peu n'importe quoi. D'ailleurs, tous ces films sont un peu de dans cette tonalité là.
Venders, Bertouci et cetera. On peut pas dire que les années 70 ont pas existé. On peut pas dire que ces films là on va mettre des des panneaux partout.
Et pour toutes ces raisons liées au changement d'époque aujourd'hui, ces films peut-être effectivement n'ont plus de succès. Pour autant, ils existent toujours mais ils sont le témoin de leur époque. C'est la question du patrimoine cinématographique.
Oui. Alors, il doit être conservé. Ceci dit, sur toutes ces questions et ces films des années 70, moi je suis pas sûr que toutes les femmes de l'époque, j'en suis, était pour autant, comment je vais dire ?
Peut-être que si elle s'était exprimée à ce moment-là, on les aurait traité de gourde ou de voilà un peu coincé. Et donc je pense qu'il y a quand même un regard aujourd'hui. Il y avait déjà sans doute un regard des femmes sur ce genre de situation à l'époque mais c'était pas disible ou pas audible à ce moment-là.
Un dessin de Dortand Schuls certains crient à la censure peut-être un peu trop vite. Censure monsieur vous n'êtes pas au cinéma on est à la plage ici. Vous nous emmenez comme chaque semaine en balade chez l'un de nos chers voisins européens.
Ce soir direction l'Italie, on va franchir les ales non pas d'eau d'éléphant comme Hannibal mais en Ferrari électrique. Exactement. Renault Ferrari voulait faire jaillir la lumière.
Résultat, son dernier modèle baptisé Louché a surtout allumé les critiques. La toute nouvelle Ferrarire électrique, elle fait depuis sa sortie un vaccarme de tous les diables, surtout chez les puristes. À commencé par l'ancien président de la marque.
Ferrari si rischia la distruzione di un mito. Mi dispiace moltissimo. Ma ma lo possiamo lo possiamo dare?
Écoutez, c'est simple, rien ne va ni le design signé Johnny Eve, l'homme qui a dessiné l'iPhone, ni la prouesse technologique qui permet au véhicule de passer de 0 à 100 km/h en 2 secondes et demi sans une seule goutte d'essence. Renault l'italical au feu vert de l'histoire. Les gardiens du temple thermique voient l'électrique comme une hérésie à quatre roues et les critiques filtent aussi vite qu'une Ferrari sur un circuit automobile pour l'ancien ministre de l'économie.
La Ferrari LCH est une insulte esthétique et technologique pour ceux qui aiment la Ferrari. Et la presse spécialisée s'étrangle un style complètement différent qui n'a rien à voir avec les mythiques Ferrari du passé pour le Corrieré Motori ou encore une Ferrari. qu'on ne reconnaît pas tout simplement pour Alvolanté.
Elle est moche, le moteur ne rugit plus et elle coûte beaucoup trop cher pour Matthéo Salvini qui rappelle son coût exorbitant de 550000 € et précise que l'action Ferrari a chuté de 8 % à la bourse de Milan le lendemain de la présentation du véhicule. Mais chez Ferrari, on négocie sereinement ce premier virage difficile. Et pour le premier test grandeur nature, Ferrari n'a pas choisi le périphérique un lundi matin.
Non, mais l'allée centrale de Castel Gondolfo avec le pape Léon XIV comme pilote. Miracle électrique salué par le pontif. Exactement.
Une une bénédiction pour la planète qui plaira aux jeunes génération. Le président de la République italienne en est convaincu. Enthousiaste et sans doute impressionné par ces quatre roues électriques, quatre moteurs sur chaque roue pouvant rouler jusqu'à 310 km/h.
La Ferrari Luch promet une autonomie de 530 km grâce à une batterie dernier cri qui se recharge en moins de 25 minutes. 60 brevets ont été déposés sous le capot du bolide qui ne sont plus l'essence mais le progrès. Le mois dernier, plus de 13000 véhicules électriques ont été immatriculés en Italie presque le double du mois d'avril 2025 et en France.
On accélère aussi avec plus de 40000 véhicules 100 % électriques immatriculés en avril 2026. Alors les premières livraisons de Ferrari LCH sont prévues pour octobre. Évidemment, Eva, j'imagine que vous avez déjà passé commande.
H bien sûr, [rires] pourquoi pas ? Vous avez 550. Surtout que voilà les les design c'est de la part du créateur de l'iPhone et ça rassemble un peu une cabine téléphonique.
Pas du tout. Non, mais plus sérieusement, est-ce que vous voyez là un véritable réveil écologique ou plutôt une question d'opportunité avec le ? Mais il faut expliquer pourquoi.
Alors déjà ces deux marchés différents, le marché de la voiture entre guillemets ordinaire et la le marché de la voiture de luxe. Ça ça répond à des dynamiques et à des logiques différentes. Quand on achète une Ferrari l'acheteur, il veut quoi ? veut un récit, le fameux storytelling.
Et donc le storytelling de Ferrari, c'est la course des millilia, c'est les victoires en formule 1, c'est pas encore un imaginaire lié à la voiture électrique, d'où la perplexité des investisseurs et d'où aussi euh ce que j'ai dis c'est confirmé aussi par la situation d'autres géants euh des bolides de luxe. Par exemple, Lamborghini, Lamborghini a des grosses difficultés dans ce virage à l'électrique. Porsche a fait des grands investissements dans l'électrique et là aussi ils ont même mutualisé des plateformes avec Audi pour optimiser les coûts dans la création des composants.
Donc finalement dans cet univers là, le tournage à l'électrique pose quelques problèmes. Une dernière chose juste, vous parliez d'écologie mais quand on fait une batterie avec voilà qui pèse cette voiture pèse quand même 2,26 tonnes voilà et qui va avec une telle accélération finalement les avantages d'être dans l'élect en terme d'émission de gaz effet de ser il y a des avantages évid parce que une Ferrari thermique une Ferrari thermique vous pouvez dans 20 ans vous l'amenez dans un mécanicien euh il va vous l'ajuster et il continue sa vie une voiture électrique il est possible de cette Voilà de de cette gabarit, il est possible que dans après un certain temps et ça c'est la voix des techniciens qui disent ça, vous devez changer la batterie. Un dessin de Nicolado.
En effet, elle est conçue par Johnny Ives, le designer de l'iPhone. Et j'ai un deuxième dessin en supplément. Voilà.
Tout full cor en Italie. Mauna Ferrari électrique encore rêvé. Mais pourquoi pas la squadrazura qualifié pour ou [rires] nous sommes tous des employés, certains font de la politique, d'autres du cinéma.
Lui fait les deux avec le même public. C'est qui Joseph Vidj ? Chandra Shecard dit VJ, 51 ans, acteur, chanteur, danseur et immense star du cinéma Tamoule.
Aujourd'hui patron de son propre parti politique créé il y a moins de 2 ans, le TVK est arrivé en tête des élections régionales au Tamil Nadou avec plus de 16 millions de voix pour 80 millions d'habitants. Pour la première fois depuis près de 60 ans, les deux grands partis de centre gauche qui dominaient l'État ont été battus. Vidget défend une ligne régionaliste et sociale.
Protection de l'identité Tamou, lutte contre la corruption, il se veut laïque et s'oppose au BJP, le parti nationaliste hindou. Dans ce grand état du sud de l'Inde, les stars passent régulièrement de l'écran à la tribune. Le héros qui défend les pauvres pour de faux gagne leur voix pour de vrai.
Parfois, comme jaalita une actrice devient chef du gouvernement régional. Flashback années 80. À 10 ans, Vill apparaît déjà dans les films de son père réalisateur et de sa mère chanteuse.
Premier grand rôle à 18 ans. Trop maigre, pas assez charismatique, disent les critique. Il deviendra pourtant l'un des acteurs les plus puissants d'Inde, Cachet gigantesque, Un surnom TalTI le commandant et 69 films, romance, action et même scénariés.
Critique du gouvernement maudit, premier ministre indien. Son ultime film Jana Nayagan, héros du peuple, met scène un homme ordinaire devenu leader politique face à un système corrompu. Le message est passé.
Dès 2009, BJ [musique] transforme ses clubs de fans en réseau d'action sociale, officiellement charité, officieusement machine militante. Sa campagne a été marquée par un drame, une bousculade lors d'un meeting a fait 41 morts. L'enquête est en cours et ce n'est pas du cinéma.
Et finalement, pourquoi lui ? Parce que comme souvent politique et cinéma même combat. [musique] Merci Olivier Boucre.
Gill Gressani, est-ce que maudi a du souci à se faire ou ça reste un épiphénomène pour vous ? Ben, ça dit quelque chose de très profond. Vous savez, dans les département de sciences politique, on parle de la crise de la représentation depuis très longtemps.
Ben, en fait, nos systèmes sont représentatifs. Donc, il faut d'une manière d'une autre incarner quelque chose. Et aujourd'hui, on voit bien que cette crise de la représentation ben cherche des incarnations là où les gens vont voir des choses.
Donc, de plus en plus sur internet, mais aussi dans le cinéma. Et même si c'est pas nouveau, on avait eu Rean, on a eu choisiser Zelenski aujourd'hui. Zelens et je pense que c'est très important parce que ça montre en fait il y a quelque chose de tellorique qui est en train de se passer qui n'est pas épif phénoménal qui est vraiment aujourd'hui on a changé la manière dans laquelle on vit en bonne partie à cause de nos portables du fait que on vit dans l'espace digital et que dans cet espace digital les états ne sont pas faits pour tenir et il est pas codé par des juristes il est codé par d'autres personnes et donc on a Elon Musk on assiste avec un empoisonnement encore plus important qu'il y a 40 ans.
Ça mar vous aussi en 2000. Voilà la prochaine élection présidentielle vous êtes c'est ça. Ouis.
Merci. Merci pour la suggestion. [rires] Je vais rester ici.
Euh et vous alors Pierre ? Bah c'est un portrait assez sulfureux que vous nous avez fait là hein. Portrait officiel.
J'ai lu que votre indien il a joué dans 69 films. Pardu a joué dans 200 films. Alors qu'est-ce qu'il attend pour annoncer lui aussi qu'il se présente ? [musique] On continue notre séance de rattrapage des meilleurs moments de l'émission et on commence avec cette actualité. et une nouvelle loi pour faciliter la restitution d'œuvres d'art au pays jadis colonisé par la France.
Valérie Brochard nous éclaire. [musique] Après le Sénat, l'Assemblée nationale a donc entériné une promesse faite 9 ans plus tôt par le président de la République. C'était au Burkina Faso en novembre 2017.
Le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens. Ce sera une de mes priorités. Je veux que d'ici 5 ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique.
Alors Mariam Pierre Z Emmanuel Macron vient de l'entendre misait sur 5 ans, il aura fallu finalement 9 ans pour entériner ce texte. Vous dites quoi ? Bravo !
C'est un tournant historique ou c'est trop peu et trop tard ? Je pense que c'est plutôt euh symbolique. C'est un geste envers euh ces pays qui le demandent parce que ça fait aussi office de réparation comme on peut pas forcément réparer l'histoire et qu'il y a pas eu d'introspection sur cette histoire qui reste traumatisante pour euh beaucoup de populations euh durant cette période cette période coloniale, mais ça reste assez peu en fait quand on regarde, il faudrait une commission quasiment dans chaque musée du monde.
Aujourd'hui, on voit que à Paris par exemple, c'est juste au musée du Québranli, au musée Guime, il pourrait y avoir la même chose. Au musée du Louvre, c'est pareil. Regardez au musée du Louvre, ça va des antiquités pers aux antiquités égyptiennes.
Enfin, c'est pareil. Il y a pas d'introspection. On n'a pas le catalogue non plus complet.
Ça va prendre du temps, c'est au compte goûte. Chaque pays a sa propre législation donc il y a pas de de d'initiative commune qui va pouvoir Ça va quand même dans la bonne direction ou pas vos yeux ? Je pense ça va dans la bonne direction mais même à l'intérieur ils étaient pas totalement d'accord sur la direction que ça prend.
Je pense que c'est plutôt un geste symbolique. Je pense que c'est pas assez pour ces populations qui demandent plus. Alors, justement Maya Cadra, on parlait de ces ces restrictions contenues euh dans le texte.
Euh ce nouveau dispositif euh il prévoit donc une architecture et cette architecture est quoi ? Elle garantit une forme de rigueur pour le respect aussi de de ces œuvres d'art ou au contraire, elle va elle va réduire cette de fait cette restitution. Il y a la question de la rigueur qui se pose.
En effet, il faut qu'on s'assure que ces objets restitués, ils aillent dans un endroit où ils sont dument protégés. Il y a un allègement aussi du dispositif légal qui y a été prévu avant parce que par exemple le COD codex barbonicus il est considéré comme un trésor national qui vient du Mexique. Le Mexique le réclame à chaque fois.
Il a acheté été acheté au 19e siècle aux enchères donc en 1826 et il bénéficie du statut de trésor national. D'où la complexité du dossier. On ne peut pas le restituer parce qu'il faut un dispositif légal.
Donc là, cette loi qui a été votée, elle allège certaines mesures. John, vu du Royaume-Uni, quelle est législation en vigueur aujourd'hui au Royaume-Uni ? Si a une puissance coloniale qui était en l'occurrence rivale de la France, c'est bien le Royaume-Uni.
Est-ce que ce type de législation existe déjà depuis longtemps ou est-ce qu'elle est plus est-ce qu'elle est plus ouverte, plus avancée ? exactement le même débat en Grande-Bretagne. Il y a une loi qui date des années 60 sur l'inaliénabilité des collection publiques.
Donc ça ça couvre en fait la collection du British Museum à Londres qui est énorme hein. 900 bronz de Bénin, 300 trésors du du royaume d'Assanti au Ghana et cetera. Donc ça ça et et et il y a une loi carrément qui interdit la session euh de ces biens.
Par contre, il y a pas mal euh de collections privées euh et surtout de collections universitaires ces dernières années euh qui ont réussi à restituer. Donc ça ça va dans le bon sens. Là en effet, c'est sur l'objet bah de la colonisation mais ce qui n'est pas pris en compte, ce sont les prises de guerre justement.
Est-ce qu'il faudra aller jusque là ? C'estàd que on cite souvent un exemple, c'est un canon pris lors de la guerre d'Algérie qui se trouve aujourd'hui à Brest. Bon bah là, c'est considéré comme une prise de guerre, c'est pas dans un musée.
Est-ce que ça il faudra aller jusque là ? Oui, ça pourrait aller jus enfin je pense qu'on est c'est un premier pas. Je pense qu'on a ouvert une brèche.
Ça va prendre beaucoup de temps regarder en France, il a fallu trois ministres de la culture pour porter cette loi. C'est au bout de la la voilà de de 10 ans, quasiment 10 ans après ce ce discours. Je pense que l'intention est là. reste à savoir aussi de est-ce que dans les faits ça va se concrétiser.
Encore une fois, c'est aussi important euh de rappeler que ces objets doivent retourner dans des musées, doivent avoir accè enfin que la les populations doivent avoir accès à à ces pièces également. Et encore une fois, on parle de millions d'objets. Il y a pas d'inventaire complet qui ont il y a des pièces emblématiques dont on vient de parler quelques-unes, mais on parle de millions de choses dont on n' pas connaissance forcément.
Et John Led dans le texte, le mot colonisation n'apparaît pas. Est-ce qu'il aurait fallu qu'il y soit ? C'est c'est vrai, c'est c'est une c'est vraiment c'est une bonne question.
Mais le problème c'est qu'on a on a tous ces problèmes qui sont qui qui sont mêlés en fait et très très compliqué pour les séparer à la question symbolique de de l'histoire, de l'identité, de la culture des pays qui réclament. Il y a la question évidemment de de la propriété juridique et ça c'est ça ça c'est différent pour chaque bien quasiment. Les circonstances c'est-ce que c'était un vol, est-ce que c'était un don ?
Il y avait pas mal qui étaient des des dons euh et évidemment aussi la la question la possession physique qui qui a ses bien qui possède ses biens concrètement physiquement maintenant et pour chaque bien il va falloir démeler tout ça. Merci John. Un dessin de Pierre Croll.
Oui. Alors pour ceux qui connaissent l'oreille cassée Tintin est allé rechercher ce fétiche qui avait été enlevé volé en Amérique latine l'a ramené finalement il est à qui finalement en fin de compte. C'est à vous Julia.
Cette semaine, vous avez regardé la télé autres et en l'occurrence des télés qui se passionnent pour le parcours d'une femme et pas n'importe laquelle. Tout à fait Renault, j'ai regardé la télé latino-américaine qui fait ses gros titres sur le fait qu'une femme non religieuse va accéder et bien pour la première fois à l'un des postes les plus prestigieux du Vatican. Noticias de última hora.
El Papa León XIV nombra la primera mujer laica para un cargo de alto nivel dentro de la administración de la Iglesia Católica Romana. Se trata de María Monserrat Alvarado, quien estará dirigiendo el influyente departamento de comunicaciones del Vaticano. C'est un tremblementaire, une véritable révolution.
Ça ne s'est jamais produit en près de 2000 ans d'histoire au Vatican. le fait que ce soit une femme qui plus est laïque qui accède à ce poste. Alors, qui est Maria Monserat Alvarado ?
Elle est âgée de 39 ans. Elle est née au Mexique et elle a fait ses études aux États-Unis. Elle a ensuite dirigé des opérations de communication, de levée de fond et de lobby à Washington.
Puis elle est devenue la patronne de EWTN News, une chaîne télé faisant partie d'un vaste empire médiatique catholique conservateur jusqu'à ce que le Vatican l'appelle. para este trabajo, no era algo que yo hubiera imaginado que haría, pero seorama cosas no sabemos. Alors celle que l'on surnomme Monst Alvarado va prendre ses fonctions le 1er novembre.
Elle va devenir précisément préfaster de la communication. En clair, c'est elle qui va gérer piloter l'image du pape et du Vatican. un poste hautement stratégique novoz del la secretaria digamos de comunicación y bajo ella estará por ejemplo el portavoz del Vaticano o el director de la sala de prensa.
Es sorpresivo, digamos, es la primera mujer la ocupa selon média espagnola, il s'agit d'un choix personnel du pape. Alors pourquoi une femme ? Alors qu'avant c'était un homme, Paolo Roufini qui occupait ce poste.
Selon le Vatican, Léon X souhaiterait poursuivre le processus de réforme initié par le pape François qui avait déjà nommé des femmes à des postes clés comme les religieuses Simona Brambila et Raphaella Petrini. une toute nouvelle ouverture vers les femmes qui fait grincer les dents à Rome. D'autant plus que Monst Alvarado ne vient ni microcosme romain, celle qui la nationalité américaine arrive tout droit de Washington pour Léon X.
C'est donc un véritable paris qui fait écho à l'audace de son prédécesseur. Le pape François, pour rappel, avait appelé à dépasser la mentalité machiste au sein de l'église. Il avait aussi insisté pour qu'on traite pas les femmes, je cite, comme des domestiques.
Frédéric Arnold, ce cette nomination donc de cette femme mexicaine américaine, est-ce que ça traduit pas le fait que nous avons Dorénavant un pape progressiste ? Ben oui, en fait euh effectivement il ne fait que suivre un peu ce qui avait été déjà prévu par le le pape François. Mais ce qui est intéressant c'est qu'en plus bon elle est mexicaine mais elle est aussi américaine.
Elle faisait partie donc de EWTN qui est un c'est énorme là euh en Amérique là ce ce réseau là c'est c'est gigantesque. Il y a presque un demi milliard de de de catholiques et de chrétiens qui suivent cette chaîne-là. Et ce qui est intéressant c'est que cette chaîne-là en fait était anti-pape François.
Et donc le fait que le Vatican en quelque sorte s'approprie cette femme-là qui qui dirigeait avant ce réseau là, c'est intéressant, ça risque de mettre un peu de l'ordre dans EWTN qui sera peut-être moins critique en fait de la papauté et donc forcément moins critique du pape actuel qui est un américain assez progressiste. C'est aussi une illumination qui fait parler parce que c'est une femme laïque non religieuse et ça c'est vraiment très c'est historique en fait. Ça ne s'est jamais produit.
Qu'est-ce que ça traduit ? Oui oui, c'est c'est vrai cette historique. Ceci dit, voilà, moi je continue de penser quand même que donner des postes aux femmes dans les postes administratifs, c'est une chose.
Reste évidemment toute la question de la prêtrise pour les femmes qui elle est évidemment un sujet intouchable pour pour le Vatican et qui pourtant enfin c'est comme quand on un certain un moment donné on mettait les hommes ministres et les femmes secrétaires d'état. À un moment donné, je pense qu'il faut aussi promouvoir le rôle des femmes dans l'église en tant que acteur de l'église. Et à quand une papesse ?
Bien sûr, Isabelle, bien sûr. Un dessin des Ortons, une femme directrice de la com et vous voulez que je saute de joie, ça fait 2000 ans que j'attends d'être représenté par une femme. Il est temps maintenant de s'amuser avec notre invité du samedi parce que la science c'est rigolo.
Si si. Et que dire de la physique quantique ? Alors ça, on se gondole.
En tout cas, c'est ce que fait Celia Pelluet, scientifique et humoriste. Le jour, elle est ingénieur en optique physique et capteur quantique au Kness, hein, le centre national d'études spatiales. Et le soir, standup, elle monte sur les planches pour un seul enseigne qui raconte son métier.
Ça s'intitule "Les particules hésitent aussi". Bienvenue à vous. Merci de nous avoir rejoint.
Quelle drôle d'idée quand même d'avoir décidé d'écrire des sketchs à partir de votre métier, votre formation, la science. Comment ça vous est venu ? Est-ce que c'est parce que vos collègues du Centre national d'études spatiales sont vraiment désespérants ? [rires] Non, absolument pas.
En fait, j'ai aussi toujours aimé la scène par ailleurs, en parallèle, on va dire, de mes études et quand j'étais au milieu de ma thèse, j'ai un peu je veux pas dire pété un câble mais presque parce que être enfermé dans un laboratoire toute la journée, c'était beaucoup. Est-ce que vous construisez vos blagues un peu comme des hypothèses scientifiques ? Vous regardez vraiment ce que ça donne, le test, le résultat ?
Bah malgré moi, oui, à la base vraiment, j'avais pas fait le lien entre les deux. Quand j'ai commencé à faire du stand-up, c'était un hobby. Et euh à côté, bah enfin forcément la journée, je faisais mon travail de thèse et je me suis rendu compte qu'il y avait un peu la même démarche expérimentale de se dire tiens, si je change un petit peu ce paramètre, donc cette petite cette petits mot ou cette petite pause à cet endroit-là, est-ce que ça améliore le résultat ?
Et puis on s'enregistre quand on joue dans les comédies club, les humoristes et on se réécoute et comme ça on peut vraiment bah tester, voir le résultat de l'expérience et ajuster en fonction. On dit son que les Français sont nuls en science. Est-ce que vous pensez que votre spectacle va relever le niveau ou pas ?
Alors je n'ai pas cette prétention nul en humour aussi donc aussi. [rires] J'ai pas cette prétention mais j'espère que ça peut faire un peu moins peur. Je pense qu'en France, on a beaucoup de gens qui sont traumatisés par les mat et la physique pour des raison diverses et c'est dommage parce que c'est pas parce qu'on n'est pas très bon en math qu'on peut pas être curieux et avoir une culture générale scientifique.
Et je prétends pas du tout relever le niveau scolaire mais je prétends proposer un nouvel élément de culture g scientifique. C'est une forme de pédagogie quand même l'humour. Ça sert aussi à faire passer des des idées plus largement près d'un public plus large quoi.
Oui, ça sert à le rendre plus sympathique quoi. Votre spectacle donc Celia Pélué s'intitule les particules hésitent aussi. Ça veut dire quoi ?
Qu'est-ce qu'ell elles hésitent les particules ? En quoi elles hésitent ? Elles hésitent entre entre quoi et quoi ?
Et ben en fait en mécanique quantique on a on a un concept qu'on appelle l'indétermination de Heisenberg. C'est pas celui de Breaking Bad mais il y a une référence. Et c'est un concept qui nous dit que une particule, elle ne sait jamais vraiment où elle est.
En fait, on peut pas savoir précisément où elle va ou elle est en même temps. C'est un peu un concept qu'il faut qu'il faut accepter mais qui est pas forcément évident. Et ma façon de le voir, c'est très personnel, c'est de me dire que les particules, elles savent pas non plus où elles vont ou qui elles sont et et elles savent pas faire des choix.
Et c'est un peu mon interprétation personnelle de dire bah si tous les atomes qui nous composent, ils sont tout le temps un peu paumés en train d'hésiter, peut-être que nous on a le droit de pas savoir tout le temps tout et d'avoir le droit de douter quoi. Merci Cia Péuet d'être passé par le plateau du club international de 28 minutes. Nous allons recevoir dans un instant un grand musicien, un vrai, le pianiste français Alexandre Kantorov.
Brams, Bethov, List Chopin. Son répertoire est particulièrement divers. Il le déploie au fil d'une longue tournée en France et à l'international du 24 juin au 27 septembre de Montpolie à Salzburg, de Londres à Varsovie en solo ou pour des concerts avec orchestre.
Bref, vous jouez un petit peu partout Alexandre Kantorov et puis dans toutes les configurations. Et d'ailleurs, commençons par un un souvenir, un petit retour en arrière, 2 ans en arrière, le 26 juillet 2024, vous avez participé à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris en interprétant sur une passerelle au-dessus de la scène jeu d'eau de Maurice Ravel et en l'occurrence, c'était sous une pluie battante. Il aurait pas pu rêver mieux.
Quel souvenir en avez-vous gardé ? Comment fait-on pour se produire dans de dans de telles circonstances ? Ce qui me reste c'est d'avoir une organisation folle, d'avoir l'impression vraiment d'être un roi.
Je j'avais un nom de code, c'était Rubinstein. Je sentais très honoré et j'essayé de décoder qui était Gleng, [rires] qu' était Juliette Greco. Donc puis on voyait je sais c'est tellement rare d'avoir un moment où on est hors de nos conditions naturelles.
La musique classique, elle se fait elle se fait en intérieur en général. Elle se fait avec un public qui est là, taille humaine, on fait rarement des des événements comme ça. En 2019, vous décrochez donc le la victoire au au prix pardon au Towski.
Euh c'est l'équivalent du prix Nobel en gros du piano. Est-ce que c'est ça ? Est-ce que est-ce que ça a fait de vous une rockstar ?
Non non non. Justement euh ce qui est une de nos chances, c'est quand même la musique classique, elle a elle a toujours eu cette part un peu niche. C'est-à-dire que c'est une musique qui plaît vraiment et je pense qu'elle elle doit toucher le plus grand nombre mais en même temps euh c'est des formats longs, c'est euh des harmonies complexes, ça prend du temps à à se rendre compte en fait de ces œuvreslà.
Donc il y a il y a quelque chose d'assez beau. On aura pas d'effet visuel, on aura pas quelque chose qui va forcément attirer mais euh on est on est là prêt pour ceux qui ont envie et peu importe quand ils le choisissent. Des prix des récompenses, vous en avez déjà gagné énormément.
Vous croulez sous les récompenses, vous avez aussi décroché le prix Guilmor vous disiez il y a pas forcément de de performance d'images impressionnantes en musique classique. Si si, regardez, on va regarder un extrait tout de suite. Ce festival Guilmor, vous êtes retourné y jouer récemment.
On regarde un extrait. [musique] [musique] [musique] [musique] la performance Alexandre trophée spectaculaire. Je précise [musique] vous avez vous avez 10 doigts hein comme vous pas plus pas plus.
Voilà, on a on pas caché c'est c'est quoi ce morceau en un mot ? Il a une histoire bien particulur. C'est quoi ce morceau que vous interprétez ? un morceau de musique contemporaine en plus vous avez pris vraiment un contre exemple parce que justement c'est peut-être dans la musique contemporaine qu'on peut retrouver le plus de croisements aujourd'hui entre différents styles.
C'est la fin de d'un morceau écrit par un compositeur suédois s'appelle Anders Silborg et il à la base c'était une suite de petites pièces qu'il a combiné en une et à la fin il finit vraiment avec ce qu'il imagine être un solo de presque un solo de Jimmy Hendrick c'est sur vraiment le la même boucle qui tourne avec les juste une harmonie majeure sauf que vous n'avez pas cassé le piano à la fin quand même. Merci Alexandreov. Notre invité du samedi, Isabelle Miti est docteur en étude germanique et elle publie un livre d'histoire passionnant passionnant et assez stupéfiant aussi.
Une plongée dans les archives musicales du régime nazi en quelque sorte. Ça s'appelle les maîtres chanteurs du 3e rich musique et musicien sous le nazisme. C'est aux éditions Périn.
Et vous nous racontez comment Hitler, Gbls, les dignitaires du régime ont utilisé la musique alors comme outil de conquête, de propagande, de contrôle aussi au point d'ailleurs que vous reprenez au passage une expression qui consiste à dire, je cite que le national socialisme était une sorte de dictature chantante. C'est-à-dire alors effectivement, il y a eu énormément de musique sous le national socialisme. On a tendance à associer automatiquement le troisème rush à Wagner, mais il y a eu bien plus que Wagner, il y a eu de la musique classique, mais il y a eu aussi énormément de musique légère, de musique de divertissement parce que la musique a utilisée, comme vous le disiez pour différentes fonctions, pour éduquer, pour distraire, pour séduire, pour déshumaniser.
Et c'est ce sont toutes ces fonctions que j'ai voulu étudier pour montrer effectivement la richesse de la bande son du national socialiste. D'ailleurs, vous le disiez à l'instant Isabelle Miti au départ donc il y a donc ceci Richard Wagner dès qu'on pense au nazisme sur le plan musical, on pense à Richard. Pourquoi ça tient [musique] à quoi ?
Est-ce que son œuvre collait à l'idéologie nazie ? Est-ce que son antisémitisme forcenait à lui aussi ? C'est ça ?
Est-ce que c'est ça qui a séduit Hitler ? Oui. Alors, on associe Wagner au national socialisme parce qu'on a énormément entendu de Wagner parce que c'est une passion personnelle d'Hitler pour Wagner qui dès l'adolescence s'est identifié au héros wagner.
Euh, il disait par exemple à propos de Rienzi, un opéra de jeunesse de Wagner, Rienzi, c'est moi. Euh donc en fait, il a voulu configurer euh en quelque sorte arriver au pouvoir son régime à la manière d'un opéra wagneren. Donc, on a entendu du Wagner pendant les grands messes nationales socialistes, aux actualités cinématographiques, au cinéma, à la radio pour accompagner les conquêtes de la Vermarthe.
Et effectivement, l'antisémitisme de Wagner de d'Hitler prend aussi ses sources dans les écrits théoriques de Wagner qui a écrit en 1850 un penflet antisémite qui s'appelle le judaïsme dans la musique où il dénit aux juifs une quelconque capacité de création par exemple. Et cet antisémitisme là a effectivement déteint sur Hitler. Donc c'est à la fois la musique et euh et l'antisémitisme.
Et alors sous le trè Reich, le jazz était interdit puisque c'était une musique de dégénéré et pourtant Joseph Gubbles a a monté un groupe de swing. C'est ça. Vous pouvez nous en parler ?
Oui, exactement. C'est un des grands paradoxes du national socialisme. Et justement parler de la musique permet aussi de montrer tous les trous qu'il y avait dans la raquette.
Effectivement, le jazz était au nid des nationaux parce qu'il l'associait aux Américains, aux Juifs, aux Noirs. Donc effectivement, on a essayé de l'interdire à la radio, sauf que la population, elle adorait le jazz. Donc Gumball, c'était quand même un grand pragmatique.
C'était un idéologue mais c'était aussi un grand pragmatique. Et il s'est rendu compte que pour acheter en fait le consentement de la population et ben il était aussi obligé de lui offrir ce qu'elle voulait. Une dictature, ça marche sur la terreur, le contrôle, la censure, mais aussi sur la séduction.
Et donc pour séduire les masses, il faut aussi, c'est du pain et des jeux, il faut il faut donner aux masques qu'elles volent. Merci beaucoup Isabelle Miti d'être venu nous présenter ces maîtres chanteurs du 3e rg. Vous êtes un drôle de gars si m'ont par vous êtes québécois, on va l'entendre.
écoute aux Suisses, vous avez été journaliste, candidat vert à des élections locales et j'en passe. Et puis surtout, vous êtes depuis 20 ans à raison de quelques jours par semaine éboueur et vous avez aussi fait des études de sociologie. Vidangeur, on dit comme on dit au Québec hein, parce que ici c'est c'estboueur.
Et vous en avez tiré un essai hors du commun, le voici. Ça s'intitule hordure avec un point d'exclamation et ça fait un tabac chez vous, 50000 exemplaires. Alors, d'abord une question sur vous.
Rien ne vous prédisposer à être derrière ces benes au Québec. Comment êtes-vous arrivé à à ce métier de vidangeur ? De vidangeur, en fait, moi j'aime dire que on est vidangeur, on le devient pas.
C'est-à-dire on est dans le sens que c'est d'une origine sociale. La plupart du temps, ceux qui restent en arrière d'un troc, un camion à vidange, mais c'est des gens qui étaient un peu prédestinés socialement. Un peu comme Luc Boltanska avait fait une étude ici disant que les médecins engendrent les médecins, nous les vidangeurs engendrent des des vidangeurs la plupart du temps.
Fait que j'avais un peu cette particularité là. J'ai eu une enfance plutôt difficile qui m'a emmené en arrière du camion. Et vous décrivez la dureté du métier, hein, il faut le dire.
Et là-bas, le métier est privatisé, il faut le dire aussi. Donc c'est des milliers de tonnes que chaque année et bien vous portez à la su front et et ça déclenche des maladies, des difficultés. C'est un métien éreintant. mais mais très plaisant par ailleurs, même un peu euphorique un peu comme lorsqu'on retrouve dans le sport extrême, les gens en fait passe une grande partie de leur temps libre à faire du sport et nous on a l'occasion de le faire en travaillant et surtout en en donnant bénéfice à la société parce qu'en fait c'est pas du sport individuel mais c'est du sport collectif.
Moi j'ai j'ai un petit garçon qui adore jouer avec le camion son camion poubelle et je crois qu'il est pas le seul. Il y a plein d'enfants qui adorent jouer avec les camions poubelles. Comment vous expliquez qu'en grandissant on développe du mépris pour ce métier ?
En fait, c'est quand même logique et cohérent au sens où le vidangeur est l'opposé de ce qu'on fait à l'école. À l'école, on est assis, on apprend, on apprend. Tandis que comme vidangeur, en fait, nous au Québec, aucun niveau d'éducation n'est requis, aucune critère d'embauche.
Et même au contraire, j'ai envie de dire des fois de réfléchir, ça peut nous nuire parce que lorsqu'on réfléchit, c'est qu'on s'arrête et on réfléchit à notre action. Il y a quelque chose d'absurde dans le métier de vie dangereur. Alors, j'ai envie de dire qu'à l'école, c'est ce qu'on va dire là.
On va dire ben écoutez, si vous étudiez pas, vous allez devenir dangereur. Ça a un sens. Mais malheureusement, c'est que ça véhicule aussi un mépris.
Un mépris en lien avec un métier pourtant duquel on dépend. Vous dites que tout euh va à la poubelle, vous ramassez des écran en plasma, vous dites que le vidanger c'est le cisif de la société de consommation. Je rappelle 2 tonnes de déchets solides produit chaque année dans le monde jusqu'à 3,4 milliards en 2050.
C'est énorme. Ça veut dire que pour vous, il y a une solution, c'est le friganisme. Alors moi j'ai découvert, je ne savais pas ce qu'était le fruganisme.
Expliquez-nous. C'est un peu vous êtes un frean freean mais en fait sur moi, j'ai beaucoup de choses trouvé dans les ordures. Mon déodorant mais il était neuf.
J'ai énormément de choses. C'est super facile parce qu'en fait on est une société de consommation où rapidement ce qu'on consomme, on a l'impression que ça devient rapidement un déchet. Mais une fois que le freegan, c'est vivre des rebuts de la société de consommation, c'est de les concevoir le déchet autrement.
Puis du moment qu'on le fait en fait ça devient les ressources et non des déchets. Alors les potentiels sont infinis. Moi je trouve de l'or à à toutes les années de l'or au à toutes les années dans les ordures.
Moi j'ai un brocanteur affilié qui me le rachète. fait si on peut dans les tiroirs vous trouvez ça c'est dans les commodes effectivement fait que c'est dire une fois qu'on trouve de l' ça veut dire l'univers des possibles est infini on peut trouver n'importe quoi merci encore si mon par et ça bien sûr vous allez repartir avec un très beau dessin très inspiré de Pierre Croll bah la référence assis évidemment m'a inspiré mais comme vous dites que vous trouvez ça plaisant j'ai repensé à la phrase d'Albert [rires] Camu il faut imaginer ces ifs heureux évidemment pas l'air malheureux bonsoir Natacha Triou bonsoir comme chaque samedi Natacha avec vous on va maintenant méditer un petit peu et c'est le dernier film de Stephen Spielberg qui vous fait méditer ce soir. Vous posez la question pourquoi sommes-nous fascinés par les extraterrestres ?
Le premier fan, le premier bah c'est lui Spielberg. Plus de 60 ans de carrière et cette figure ne le quitte pas dès son tout premier film Farlight tourné en super 8 à l'âge de 17 ans. Puis rencontre du 3è titre Eti et puis enfin la guerre des mondes.
Bah là dans disclosure D littéralement le jour de la révélation, le cinéaste revient à la science-fiction. Un lanceur d'alerte est pour chasser par les autorités parce qu'ils éteintent des preuves de l'existence des aliens et ils sont déjà parmi nous. Mais au-delà du cas du sol Spielberg, pourquoi nous sommes-nous euh collectivement fascinés ?
Ça c'est une fascination qui est nourrie par une question scientifique sans réponse. C'est le paradoxe de Fermi. En 1950, le physicien nobélisé Enrico Fermi le formule ainsi : "La vie extraterrestre est non seulement possible mais probable. des centaines de milliards d'exoplanètes, des extrémophiles, des organismes qui sont capables de survivre dans des conditions extrêmes.
Et pourtant, le silence. Mais où sont-ils ? Et c'est pas faute de les chercher.
On y injecte des milliards. Le programme CTI aux États-Unis, programme scientifique de grande envergure qui traque le ciel de technoignature. On a aussi le projet Brexison qui a mis sur écoute des milliers d'étoiles.
Et puis en France, le GPAN qui enquête sur les OVNIS, qui analyse des phénomènes aériens non identifiés. Alors certains restent inexpliqués mais on a toujours pas rencontré de petit homme vert et pourtant certains y croient dur comme faire. Oui, il a commencé par Spielberg en premier.
Voilà. Bah quand il dit ça, on peut penser à Emmanuel Kant. Oui, on peut on peut citer Quant et les Aliens samedi soir dans sa critique de la raison pure.
Le philosophe écrit qu'il a la ferme foi qu'il existe des habitant dans d'autres mondes. Pour quand les extraterrestres peuvent exister donc ils doivent exister. Alors comme le concept ancien à Platon, Aristote Descartes évoquaient déjà une âme cosmique ou une intelligence cosmique.
Et au cœur de cette fascination, il y a peut-être ceci. L'alien fonctionne comme un miroir déformant. que en imaginant l'autre, on se demande bah ce qui nous définit nous et puis si on est capable de penser l'altérité radicale sans la référence à l'humain.
Alors qu'il nous ressemble un peu avec une lampe torche au bout du doigt, qu'il nous ressemble un peu moins comme le xénomorphe dans Alien ou pas du tout dans les avec les eptapodes de premier contact. Toutes ces formes sont là pour répondre à une vieille question anthropologique majeure sommes-nous seuls ? Et en attendant d'avoir une réponse de l'espace, il reste le cinéma.
Merci Natacha et vous savez qu' paraît qu'ils sont déjà parmi nous. Voilà mais je vous laisse le retrouver deux dessins de Nicolas Vado. Oui, on parlait d'Emmanuel Kant.
Vous savez quand c'était le penseur asexuel Les humains ne m'excitent pas les aliens en revanche. [rires] Un deuxème dessin et puis j'ai un deuxième dessin avec dit l'extraterrestre. Le mien était plus sympa. [rires] Bonsoir Renault.
L'histoire que [musique] je vais vous raconter ce soir n'intéresse pas l'actualité. C'est pourquoi elle nous est précieuse. En vieillissant, je deviens sentimental comme Tom Han dans Solome.
Voilà que je me suis entiché d'un ballon. Il est devenu mon confident, mon ami, mon frère. Je vous explique.
Un jour, pendant l'hiver suivant notre déménagement, j'ai remarqué un ballon à peine plus gros qu'un pamplemousse coincé entre les branches d'un érable sous la fenêtre de la chambre de ma fille. C'était pratique pour lui apprendre les saisons. Printemps été, on ne le voyait plus.
À l'automne, il réapparaissait. Chaque année, je me demandais si j'allais le retrouver et dans quel état. Il ne manque pas de ballons coincés dans les arbres ou sur les toits.
Mais quelle est leur espérance de vie ? Certains passent-il des décennies piégés [musique] dans une gouttière sans qu'on le sache jamais ? Certains sont-ils en carafe depuis la guerre ?
Plusieurs tempêtes sont passées et longtemps j'ai cru que ça finirait comme ça, qu'un coup de vent éjecterait le petit ballon ou que la branche qui le retenait finirait par casser. Mais au matin, quand feuilles, rameau, plumes janchait la pelouse, il était là, accroché à son poste, niché dans son interstice. Il a tout bravé, des canicules aux nuit d'hiver abominable, bleu et rouge, à l'origine, il perdait de ses couleurs à chaque coup de tabac, livrant le blanc sale de ses facettes hexagonales.
Comme un œuf dur apparaît sous les fragments de sa coquille. Ah ! Quelle devait lui sembler loin la partie de foot et l'enfant probablement devenu papa depuis le temps qu'il avait shooté vers son exil.
Et puis cette semaine, le bruit des tronçonneuses, les élagueurs sont là. Lorsque je me penche à la fenêtre, plus de petits ballons. Je descends comme un fou.
Je parcours tout le parc pour le retrouver quand soudain, je finis par l'apercevoir sous une haie. Il vit désormais avec nous contre l'assentiment de Natacha qui peine à comprendre pourquoi j'attache autant d'importance à un petit ballon de hand crasseux. Mais comment me résoudre après toutes ces aventures à le mettre à la poubelle ?
Ce ballon et moi nous sommes fait du même bois. [musique] Merci Benoît, merci à tous de nous avoir suivi. Lundi, vous retrouverez Jean-Mthieu Pernin bien sûr à 20h05 et on se quitte en musique avec un clin d'œil à l'un de nos invités vidangeurs et boueurs poubelle Serg Diani.
Bon weekend sans les reliefs tous ces aveux sans avenir. M.
Marina Ferrari