Grève du 18 septembre, premier bilan | Elsa Marcel, Gabrielle Cathala & Fabien Malet
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 18:58OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une réussite selon vous ?
- 19:49OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que c'est une réussite plus d'un million selon les syndicats ?
- 21:25OuverteRéponse directe
Comme t'es co-débatteur, toi aussi, tu penses que ça a été une réussite cette journée ?
- 28:44OuverteRéponse directe
Expliquez-nous pourquoi Sophie Binet était ce matin devant Sanofi de Maison Alfort
- 30:14OuverteRéponse directe
Vous espérez qu'elle ait accès d'un jour au pouvoir, quelle est la solution que vous proposez pour empêcher que des boîtes qui font des millions de profits et qui bénéficient de 1,5 milliard de subventions publiques en 10 ans qu'est-ce que vous proposez pour empêcher que ces boîtes-là licencient ?
- 31:42OuverteRéponse directe
Quel regard portes-tu sur les aides publiques et les profits colossaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:58PrésentateurChiffre
« ils étaient aujourd'hui plus d'un million dans la rue selon la CGT et à peu près 500 000 selon les préfectures »
- 2:09PrésentateurChiffre
« La police était présente en masse. 80 000 à être déployés »
- 8:02InvitéChiffre
« L'Union syndicale des lycéens a compté 170 blocages, complets ou partiels, de lycées en France »
- 9:07InvitéFait
« On a la retraite à 64 ans, ça va être quoi après ? 66, 70 ? »
- 14:13InvitéChiffre
« selon le comptage des syndicats d'enseignants, plus d'un tiers des 850 000 profs ont fait grève aujourd'hui »
- 14:18InvitéChiffre
« Plus précisément 45 % dans les collèges et lycées selon la SNES-FSU »
- 14:26InvitéChiffre
« C'est un prof sur cinq qui a fait grève »
- 15:48InvitéChiffre
« 20 000 manifestants annoncés par la CGT contre 8 000 le 10 septembre »
- 20:12InvitéChiffre
« aujourd'hui, on avait plus de 80 000 policiers mobilisés »
- 20:18InvitéChiffre
« 24 blindés sans torse, ce qui est plus que lors de la plus grande manif des Gilets jaunes »
- 20:47InvitéChiffre
« Un centaure, ça coûte 600 000 euros »
- 21:09InvitéFait
« notre pays n'avait pas de Canadair à peine 10 pour éteindre des feux »
- 29:17InvitéChiffre
« 41 milliards de chiffre d'affaires »
- 29:19InvitéChiffre
« 9 milliards à peu près de bénéfices »
- 31:17InvitéChiffre
« 211 milliards d'aides avaient été données aux entreprises sans aucune trace de ce qu'elles ont fait »
- 32:36InvitéPromesse
« une des revendications qu'on porte à Révolution Permanente c'est l'interdiction des licenciements »
- 36:28InvitéChiffre
« les 5 milliards d'économies sur l'hôpital, les 5 milliards sur les collectivités, les économies sur l'école »
- 37:22InvitéChiffre
« aujourd'hui on est à près de 70% des Français qui attendent que M. Macron démissionne »
- 37:35InvitéFait
« nous avons engagé une procédure de destitution »
- 40:10InvitéChiffre
« on nous parle de 40 milliards d'économies »
- 40:15InvitéChiffre
« l'homme qui vient d'être nommé premier ministre était le ministre des armées qui a annoncé qu'il allait mettre 150 milliards dans les armées »
- 50:00InvitéChiffre
« aujourd'hui c'est la moitié des écoles qui sont fermées »
- 50:04InvitéChiffre
« la moitié des enseignants qui sont en grève »
- 52:10InvitéFait
« la plus grosse grève de l'histoire à la SNCF »
- 52:59InvitéChiffre
« on avait récolté un million d'euros pendant les retraites »
- 56:00PrésentateurFait
« des raffineries de la fédération de la FNIC qui sont partis en grève reconductible »
- 56:47PrésentateurChiffre
« il y a un million de personnes »
- 1:00:02InvitéChiffre
« 11 policiers ont été blessés et 11 civils »
- 1:01:47InvitéChiffre
« un million un peu plus d'un million de manifestants selon les syndicats, un peu plus de 500 000 selon les autorités »
- 1:01:58InvitéChiffre
« 585 interpellations »
- 1:02:02InvitéChiffre
« 700 actions ont été menées un peu partout en France »
- 1:05:52InvitéFait
« il ne va pas revenir sur la retraite à 64 ans »
- 1:05:59InvitéPromesse
« le rétablissement de l'ISF »
- 1:06:01InvitéPromesse
« taxer les super profits »
- 1:06:02InvitéPromesse
« taxer les dividendes »
- 1:09:06InvitéFait
« le danger historique que constituerait le fait qu'une énième mobilisation sociale massive ne trouve pas de débouchés politiques »
- 1:14:34InvitéFait
« On est toujours optimistes sinon on ne serait pas syndicalistes »
Temps de parole
- Présentateur46 %
- Invité17 %
- Invité 29 %
- Invité 39 %
- Invité 47 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
- Invité 72 %
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Bienvenue dans ce journal des luttes spéciales, spécial car consacré à cette grande journée de mobilisation et permis grâce au fonds de dotation pour une société solidaire qui, on le rappelle, finance ce programme. Alors merci à eux et un grand merci à vous de nous soutenir chaque jour et de nous permettre d'exister. Je le disais, journée spéciale car tous les syndicats se sont mis d'accord pour acter ce 18 septembre comme journée de manifestation, de grève d'action. Tout pour montrer à Emmanuel Macron et à son gouvernement que la rue ne veut pas du budget annoncé cet été par Bayrou et ne veut pas non plus de la copie conforme que va certainement remettre son remplaçant Sébastien Lecornu.
Bref, c'est un constat. Les Français en ont marre de l'injustice sociale. Preuve, ils étaient aujourd'hui plus d'un million dans la rue selon la CGT et à peu près 500 000 selon les préfectures. Il y a eu des tensions dans certains cortèges. La police était présente en masse. 80 000 à être déployés. Retour sur cette journée avec les images de nos correspondants partout en France. Tout de suite, c'est le journal des luttes spéciales. Alors, il est 19h. La manifestation commence à se terminer. Il reste encore des gens à Nation. C'est donc l'heure du bilan avec de nombreuses questions. Cette journée peut-elle être qualifiée de réussite ? Va-t-elle faire reculer Macron et ses partenaires ?
Les syndicats sont-ils à la hauteur ? Nos politiques aussi ? Ce mouvement de mobilisation va-t-il continuer ? On va tenter d'y répondre avec nos invités. Ils sont nombreux. Ce soir, on a tout d'abord Gabriel Catala. Vous êtes députée LFI. Merci d'être avec nous ce soir. Merci. Elsa Marcel, tu es avocate et membre de Révolution Permanente. Merci d'être là. Pas de problème. Et Fabien Mallet de la CGT Sanofi à Maison Alfort. Merci d'être avec nous ce soir. Alors, tout d'abord, avant de faire un tour de table, on va accueillir mon collègue Cyril Lemba. Cyril, bonjour. Est-ce que tu vas bien ?
Très bien. Et toi, Amira ?
Oui, très bien. Alors, tu as suivi cette journée de très près depuis très tôt ce matin. Tu es connectée sur les réseaux sociaux pour nous tenir au courant de tout ce qui s'est passé aujourd'hui à travers la France. Et tu as aussi scruté et recoupé les chiffres de cette mobilisation. Et puis, comme d'habitude, je le disais, on a ceux annoncés par les syndicats. Puis de l'autre côté, on a ceux annoncés par les préfectures.
Oui, effectivement. Les chiffres, on le sait, dans ce genre de moments, sont toujours différents. Une fois de plus, ça se confirme. Plus d'un million de manifestants dans toute la France pour les syndicats. Le ministère de l'Intérieur, lui, recense à peu près 500 000 manifestants. Les chiffres vont certainement évoluer. Ça a fini au cours de la soirée. Je reviendrai donc tout à l'heure pour vous les donner. Sur le terrain, nos équipes sont allées sur certains points de blocage un peu partout en France. Lisa Lap et Lydia Menez étaient à Paris très tôt ce matin, au dépôt de bus de la RATP Lannis, dans le 20e arrondissement, où s'étaient rassemblées une cinquantaine de personnes.
Et les forces de l'ordre ont tout fait pour empêcher le blocage. C'est la continuité de la journée du 10. Déjà le 10, on était là. On a suivi le mouvement de Bloquons-Tout. C'est un mouvement qu'il fallait faire cette journée. Et aujourd'hui, c'est la continuité. Et on essaye d'envoyer un message fort au gouvernement pour qu'ils comprennent la détresse des travailleurs, des plus précaires, des étudiants. En fait, on ne peut plus le mépris. C'est à un moment donné le mépris. On ne peut pas mépriser le service public comme ça. On ne peut pas mépriser les agents hospitaliers, les profs, les étudiants, les agents RATP, les agents CNCF. L'ensemble des travailleurs, on ne peut plus.
On est méprisé avec des plans de financement dégueulasses. Là, on est là pour manifester pour tout ce qui est conditions de travail, salaire et que le gouvernement veut qu'il change. Au lieu qu'on travaille 6h40 de conduite, maintenant, on est passé à 7h22, plus précisément, avec la suppression de 6 jours de repos sur l'année. Ça veut dire qu'on travaille plus pour gagner la même chose. Une grève qui est, je crois, très suivie au niveau de la RATP. Il y avait beaucoup de monde aussi en soutien. Et là, sans aucune sommation, la police est venue nous dégager, mais avec vraiment des tirs de gaz lacrymo et de jets de grenades directs sur la foule. Mais vraiment, c'était extrêmement violent.
Et tout de suite, des coups de matraque. On a plusieurs blessés. Je ne sais pas combien il y en a au total, mais moi, j'ai vu quelqu'un attaquer coup de matraque à la tête, qui saigne énormément de la tête. Un autre qui a le nez cassé. Donc, des violences qui ont été vraiment immédiates. Et je vous dis, on n'a eu aucune sommation. Donc, je pense qu'ils sont en ce nombre et qu'ils savent que ce mouvement est extrêmement suivi et soutenu. Parce que la semaine dernière, c'est avec leur bouclier. Ils ont dit, reculez, reculez. Et ils nous ont fait reculer. Ils ont dégagé l'entrée. Il n'y a pas eu de lacrymo. Il n'y a pas eu, à ma connaissance, ni lacrymo, ni coup de matraque.
Là, il y a eu direct usage de la lacrymo. Des grenades. C'était des grenades qui éclataient au sol, au milieu de nous. Qui s'envoyaient vraiment en cloche. Et des coups de matraque directs. Donc, on est vraiment sur une autre démarche. Pas de sommation et on tape. D'abord, je leur ai demandé, puisqu'il y avait une femme qui était allongée, si elle avait besoin de soins, de secours. Il en était. Et je leur ai dit que leur façon de procéder était, selon moi, totalement illégale. Parce qu'on n'intervient pas sans sommation. Les images que vous venez de voir, Amira, à la fin de ce reportage, on avait quasiment les mêmes à Saint-Denis, où il y avait près de 60% de grévistes, ou à Créteil.
Donc, les policiers ont fait usage de la force un peu partout dans les points de blocage de la RATP.
Et Cyril, tu vas nous le raconter. Il n'y a pas eu que dans les transports, où il y a eu des blocages. Il y a également eu des blocages dans les lycées. Et tu vas nous le dire, la jeunesse était très, très mobilisée aujourd'hui.
Oui, oui, Amira. L'Union syndicale des lycéens a compté 170 blocages, complets ou partiels, de lycées en France. Bruno Rotaillot a tenté de minimiser cela en disant qu'il y a près de 3700 lycées en France. Mais certains établissements ont connu leur premier blocage, comme ici, si on le voit sur les images, de notre correspondant citoyen à Vincennes, le lycée Alice Millat. C'était la première fois qu'il y avait un blocage dans ce lycée. Donc, ça montre bien que la jeunesse est mobilisée. Et nos journalistes, Lisa Lapp et Lydia Menez, qu'on a vu, ou en tout cas, on a vu leurs images au point de l'ANI de la RATP, elles étaient aussi, ce matin, près du lycée Ravel, dans le 20e arrondissement.
Je vous propose de regarder le reportage. Parce que la France de Mâcon, les tracts qui nous persécutent, l'État policier, tout ça, on en a mort. À un moment, tu ne respectes pas le peuple, contrat social, désobéissance civile, c'est fini. Tu ne respectes pas les droits humains à Gaza, on a mis longtemps à se réveiller. Aujourd'hui, il y a des travailleurs qui sont là avec nous, qui se révoltent d'une certaine manière contre leurs conditions de travail. On a la retraite à 64 ans, ça va être quoi après ? 66, 70 ? On sait qu'on fait un discours pré-mâché, mais c'est la vérité, c'est ce qu'on pense, c'est nos opinions profondes.
Là, on a vraiment réussi à se mobiliser, ça fait plaisir, on voit que les jeunes sont encore là. Mais on n'est pas très nombreux, parce que là, dès qu'ils vont charger, il y a tout ça qui va partir, et on va être 10 à tenir nos poubelles, ça va être compliqué. J'espère que ça va tenir comme la semaine dernière, mais j'ai moins d'espoir, pour être honnête, parce qu'il y avait beaucoup plus de monde, il y avait vraiment une ferveur populaire, il y a des chants, il y a la fanfare, il y a une foule, il y a des journalistes, il y a un blocus qui marche, pour l'instant ça va, il y a du monde derrière.
Nous étions en train de déclamer des slogans antifascistes pour Gaza, et j'ai pu observer une matraque qui tombait sur la foule, et donc après on a couru, et suite à cela, j'ai vu une femme être traînée par des policiers derrière, ses jambes râpées sur le sol, et elle semblait pâle, blafarde, altérée par ce qui venait de se dérouler. Et donc je suppose qu'elle s'est fait taper, et je pense que c'était elle. On sentait aussi une haine, et la police a envoyé pas mal de bombes lacrymogènes sur les manifestants, alors qu'il y a des asthmatiques, etc. Et on a senti que, comme le 10, on a humilié les policiers, il y avait une forme de rage, au sein des forces de l'ordre.
On est là pour soutenir les travailleurs, contre l'austérité du gouvernement Bayrou, et aujourd'hui le cornu, qui n'est qu'une ressuscitation de la Macronie, et on est aussi pour qu'il y ait plus de moyens dans nos lycées, et on proteste contre la destruction de notre méritocratie. C'est-à-dire que maintenant, dans toutes les grandes écoles, il faut se faire coacher 5000 euros pour pouvoir y aller, et tout ça c'est fait par des riches, que même s'ils ont des enfants totalement bêtes, veulent qu'ils accèdent à de grandes écoles, et donc ça prend la place de personnes méritantes qui viennent de quartiers populaires et de milieux défavorisés.
On est là aujourd'hui rassemblés pour cette politique d'austérité qu'ils veulent nous mettre sur le dos. Elle est tout le temps du même côté, c'est-à-dire chez les travailleurs, les retraités, et jamais du côté des ultra-riches et des riches, c'est ce qu'il faudrait, parce qu'eux on peut leur prendre, ils en ont toujours autant. Nous le problème, c'est qu'on en a toujours moins, et on le voit très bien en tant que machiniste-receveur. On est souvent dans les rues, en train de tourner la journée, et puis on voit très bien les retraités ou d'autres personnes faire les poubelles. On a la misère sociale devant nous, et on ne peut pas fermer les yeux. On n'a pas la même vision qu'eux, en fait.
Tous les jours, dans tous les corps de métier de la RATP, on côtoie le public, et il y a beaucoup de misère sociale. Et on ne peut pas dire le contraire, en fait. Et quand j'entends dire le contraire, justement, sur des médias, je vois des politiques parler sur des médias, on n'a pas la même vision des choses. Ce n'est pas possible. C'est pour ça, comme je l'ai dit, ils sont là avec des politiques d'austérité, et ça vise toujours les mêmes personnes. Et ça ne peut pas continuer. Et on nous dit, ouais, mais ils ont retiré les deux jours, il faut arrêter, on entend ça partout, mais on s'en fout des deux jours, en fait, des deux jours fériés, enfin, on s'en fout.
Bien sûr qu'on voulait garder, mais il n'y avait pas que ça. C'est général. Il faut, la liste, elle est longue, et puis, elle est trop longue pour la cité, mais non, en fait, tout ce qu'on veut, c'est changer les choses, donc pour ça, il faut changer, il faut que M. Macron parte et puis qu'on puisse recommencer tout ça. Moi, ce qui m'énerve surtout, c'est que c'est jamais légitime. Le 10, on a entendu partout que c'était, du complotisme ou les gens de la rue, je ne sais pas. Aujourd'hui, on dit que ce n'est pas légitime parce que c'est les syndicalistes, mais en gros, ce n'est jamais légitime. Ils sont là vraiment en train de casser à chaque fois les manifestations et ça aussi, c'est lourd.
Donc, j'espère vraiment que beaucoup de gens vont prendre conscience aujourd'hui et puis que ça va se réveiller tout simplement, qu'il y aura un réveil général. Là, ils sont là, regardez, ça va charger d'ailleurs, là. Mais bon, on est là pour les soutenir. On est là pour les soutenir. Faites attention. Comme certains nous ont soutenus ce matin sur notre piqué à nous, on est là pour se donner de la force tous ensemble et même quand ce n'est pas vidant comme ça. Et on peut aussi ajouter à cela des cortèges étudiants nombreux dans plusieurs manifestations. 110 000 pour ce 18 septembre contre 80 000 le 10 septembre. 14 facs bloqués, 60 % des universités mobilisées avec des actions diverses.
La jeunesse, je le disais tout à l'heure, est finalement bien décidée à se faire entendre.
Et Cyril, il y a les enseignants aussi qui ont fait grève. Est-ce que le mouvement a été suivi justement par ces enseignants ?
Amira, selon le comptage des syndicats d'enseignants, plus d'un tiers des 850 000 profs ont fait grève aujourd'hui. Plus précisément 45 % dans les collèges et lycées selon la SNES-FSU. Mais pour l'éducation nationale, les chiffres sont aussi différents. C'est un prof sur cinq qui a fait grève. 17 % dans les écoles primaires et maternelles. 20 % dans les collèges et 13 % dans les lycées. Et des enseignants qui étaient comme d'autres dans les différentes manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays. Nos correspondants citoyens permettent donc de prendre le pouls de la France qui lutte.
Alors on va aller tout de suite, on va faire un petit tour des différentes manifestations qui ont eu lieu en France à Tarbes. Plus de 5000 personnes dans les rues, beaucoup plus que lors des manifestations bloquant tout. Tout corps de métier était représenté. Je vous parlais des enseignants mais il y avait aussi des pharmaciens, des kinés qui eux ont même fermé leurs officines et cabinets pour protester contre les baisses de rémunération ou reports de revalorisation annoncés par l'ancien gouvernement. Tarbes, notre correspondant Benjamin Florian Cyr nous indique que tout s'est déroulé dans le calme.
À Saint-Denis, en région parisienne, dans le cadre de cette journée du 18 septembre, il a eu cet accent du mouvement BDS devant le magasin Carrefour que le mouvement juge complice de la colonisation israélienne en Palestine. Et dans le même département, à Pantin, on a marché également pour montrer son opposition à la politique et au choix budgétaire du gouvernement. Et c'est les images de notre correspondant Serge Victor qui nous fournit régulièrement des images de ce qui se passe à Pantin. À Lyon, la manifestation a battu son plein. 20 000 manifestants annoncés par la CGT contre 8 000 le 10 septembre.
Encore une fois, on voit bien que les manifestations du 18 septembre ont vraiment attiré beaucoup plus de monde que celles du 10. Mais il y a eu à Lyon des heures entre manifestants et forces de l'ordre. On peut compter des blessés dont un journaliste et un policier. Et notre reporter Julie Débio pour le Média. Donc elle était à Lyon et elle a pu s'entretenir avec la députée écologiste Marie-Charlotte Garin. Et elle a expliqué au micro de notre collègue que ce qui la pousse elle à venir manifester. Et en ligne de mire, il y avait le budget 2026.
Nous déjà, c'est un budget qui ne soit pas dans une logique d'austérité mais dans une logique d'investissement dans les services publics. La taxe Gickman à l'Assemblée, c'est les écolos qui l'avaient fait passer dans leur niche. Donc évidemment, la taxe Gickman la plus juste distribution des richesses, la question de l'investissement dans les services publics, un vrai budget face à la menace climatique aussi. Enfin, on n'est pas du tout prêt. On le voit été après été avec les canicules. À Lyon, on a la question du sans-abrisme des enfants. On veut avoir plus de moyens pour l'hébergement d'urgence, pour le logement. On veut une vraie politique de régularisation des travailleurs.
En fait, il faut renverser la table. Ce budget, il ne fonctionne pas à la politique macroniste. Elle ne fonctionne pas à la précarité. Elle a doublé en 8 ans de mandat. Les gens crèvent en fait. Et nous, notre job, c'est de changer la vie des gens. Et c'est pour ça que nous, on est mobilisés à l'Assemblée dans l'opposition, qu'on a les élus locaux aussi dans les collectivités et qu'on a tous les travailleurs et les travailleuses en manif aujourd'hui.
À Marseille, deuxième ville de France, une usine d'armes a aussi été bloquée très tôt ce matin en soutien à Gaza pour dénoncer la vente d'armes à Israël. Et plus tard dans la journée, dans le cœur de la cité phocéenne, on a pu dénombrer, on doit compter plus de 15 000 manifestants. Et l'ex-leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, était présent là-bas de créer le chaos. Écoutez sa réponse. Alors, déjà, ce n'est pas parce que quelqu'un m'accuse du chaos qu'il faut que je l'accepte. Parce que pour l'instant, le chaos, mesdames et messieurs, ça ne peut pas être moi.
Je ne gouverne pas, je ne suis pas le président de la République, je ne suis pas le Premier ministre, je ne suis pas le dirigeant des syndicats et ni non plus celui du 10 septembre. Ce que vous observez, ce sont des faits pour lesquels nous proposons un dénouement. Alors, je sais que c'est devenu étrange pour une bonne partie de notre pays qu'on parle d'élections, de démissions, de responsables, mais pourtant, c'est la vie. Le président, c'est lui le chaos. Et tout ce qui a lieu en ce moment est le résultat de son action à lui, pas la mienne. Après, si on doit appeler le chaos toute mobilisation sociale ou politique dans ce pays, mes amis, on ferme, ce n'est plus une démocratie.
C'est comme ça. Il faut se faire à l'idée. Jean-Luc Mélenchon entouré des députés de Marseille, Emmanuel Bompard et Sébastien Delogou n'attend qu'une chose, on l'aura compris, c'est qu'Emmanuel Macron s'en aille.
Merci Cyril pour ce premier pas. On se retrouve de toute façon dans une demi-heure parce que d'ici là, je pense que Bruno Retailleau aura de nouveaux chiffres à nous communiquer. Alors on va faire un premier tour de table et j'ai commencé par vous, M. Mallet. Vous êtes de la CGT. Votre mouvement a donc appelé à cette grande journée de mobilisation. Est-ce que c'est une réussite selon vous ? J'ai juste rappelé les chiffres. Un million, plus d'un million selon votre mouvement. C'est plus que les 900 000 que la CGT avait annoncées lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.
Oui, tout à fait. Donc oui, c'est une réussite et surtout c'est la continuité du 10. Donc on voit bien qu'il y avait une vraie volonté, une vraie envie d'aller crier son exaspération mais surtout réclamer l'abrogation de ce budget immonde. Et voilà, donc on avait raison de porter cet appel vu qu'il s'amplifie et d'ailleurs on espère qu'il va continuer à s'amplifier.
Et on verra avec vous tout à l'heure, M. Mallet, il y a une situation en particulier sur le site dans lequel vous travaillez, mouvement de grève.
Je vais corriger, moi je suis coordonnateur franc, je ne travaille pas à Maison Alfort.
Au site de Maison Alfort, mais en tout cas il s'en grève reconduit depuis le mois de juillet. On va revenir dessus juste après. Gabrielle Catala, je vais vous poser la même question. Est-ce que vous estimez que c'est une réussite plus d'un million selon les syndicats ?
Oui, je pense que c'est une grande réussite. C'était une mobilisation joyeuse, combative, avec beaucoup de jeunes, beaucoup de femmes. On voit que toute la stratégie de M. Retailleau qui a été d'essayer de minimiser l'ampleur de la mobilisation, de prévoir une répression sans précédent comme le disent. Aujourd'hui, on avait plus de 80 000 policiers mobilisés, 24 blindés sans torse, ce qui est plus que lors de la plus grande manif des Gilets jaunes. On avait une dizaine de camions avec des canons à eau qui sont eux aussi très dangereux. Et donc on voit finalement qu'aujourd'hui il y avait un policier pour 12 manifestants, alors que dans notre pays il n'y a pas une infirmière pour 12 patients.
Et on voit que le pouvoir qui a mis en place tous ces blindés sans torse, je rappelle qu'en France on en a 90, ce qui est effrayant. Il y en avait 24 mobilisés aujourd'hui. Un centaure, ça coûte 600 000 euros. Ça veut dire qu'on a, dans notre ministère de l'Intérieur, 54 millions d'euros à consacrer à des blindés pour réprimer des révoltes urbaines dans les quartiers populaires parce que les centaures avaient été utilisés dans le cadre des révoltes urbaines après l'assassinat du jeune Naël. On a des centaures pour réprimer les gilets jaunes, pour réprimer la manifestation d'aujourd'hui. Mais cet été, notre pays n'avait pas de Canadair à peine 10 pour éteindre des feux.
Donc on voit qu'aujourd'hui, le pouvoir ne tient que par la répression. Et nous, on appelle à ce que la mobilisation prenne de l'ampleur. Et dès ce dimanche, à 15h, place de la République.
Elsa, comme t'es co-débatteur, toi aussi, tu penses que ça a été une réussite cette journée ? Oui, bien sûr. Je pense que ça a été une réussite et peut-être quelque chose qu'il faut commencer par dire. Je pense qu'un des points forts, c'est effectivement que c'est la continuité du 10. Donc c'est le caractère politique du 10 et qui exprime aussi une vraie volonté de la base, en fait.
Et moi, ce que je trouvais déjà spectaculaire avec le mouvement du 10, et j'étais venue ici pour en parler, c'était comment un mouvement qui était appelé par des réseaux sociaux auxquels les centrales syndicales n'appelaient pas et, enfin, les confédérations en tout cas n'appelaient pas et où il y avait Rotaillot qui avait annoncé 80 000 personnes, comment est-ce que ça avait déjà été une vraie réussite et malgré la répression, parce que moi, j'avais fait beaucoup, beaucoup de garde à vue le 10, et là, je salue mes consoeurs qui sont en ce moment dans les commissariats.
Malgré ça, la totalité des personnes que moi, j'avais assistées me disaient mais en fait, moi, je vais revenir le 18 et j'ai d'autant plus de raisons de mobiliser. Donc en fait, il y a ce côté politique, c'est-à-dire le fait de... Bon, évidemment, il y a le problème du budget, mais je pense qu'on est très, très au-delà du budget.
Enfin, quand on voit les revendications qui s'expriment dans le mouvement sur les blocus lycéens, même sur les piquets RATP, c'est aussi le rejet du génocide à Gaza, c'est la fin du régime de Macron dans son ensemble et la deuxième chose que je veux dire, c'est que ce n'est pas juste une manifestation, c'est aussi qu'il y a des taux de grève très importants dans certains secteurs et notamment à la RATP.
Enfin, je veux dire, c'est les stars de la journée, je pense, si on regarde les taux de grève qui existent au ferré, notamment au métro, au RER et même dans certains dépôts de bus où c'est très important et il y a aussi une question pas seulement de quantité mais aussi une question de qualité et ça, je veux vraiment le souligner, c'est-à-dire que ce qu'ils répriment, ils répriment pas tout de la même manière, je pense que c'est important de le dire, c'est-à-dire qu'eux, ils avaient beaucoup en tête de voir si c'était possible que le 18, ce soit le rétablissement de la bonne manif syndicale, Bastille Nation, tout le monde qui défile en rang serré, etc., et si c'était possible de liquider un peu l'ambiance politique qui était autour du 10 et c'est pour ça qui répriment en particulier les blocus lycéens, enfin je veux dire, ils ont interpellé très tôt ce matin des lycéens, notamment au lycée de Tugère à Saint-Denis, qui répriment les piquets de grève, on l'a vu dans votre reportage parce que ce qui les inquiète beaucoup, c'est dans quelle mesure est-ce qu'il va y avoir une jonction entre des lycéens et des travailleurs de la RATP, des cheminots, etc., et je voudrais dire une chose de ce point de vue, j'insiste, aujourd'hui, nous, on a porté une politique notamment à partir des cheminots de Gare du Nord mais de tout un tas d'autres secteurs où en fait il y avait appelé à une assemblée générale qui s'est tenue sur le parc de Gare du Nord et ça c'est un élément de qualité que je souligne où il y a eu beaucoup beaucoup de secteurs donc en fait il y avait les hospitaliers, les cheminots, la RATP, oui j'y étais bien sûr, moi j'y suis intervenue comme avocate, etc., mais je pense qu'il y avait vraiment une vraie volonté à la base de discuter d'ores et déjà des suites parce qu'en fait j'entends que il y a ce que tu proposes le dimanche mais déjà le problème du dimanche c'est que c'est pas d'appel à la grève et que les organisations syndicales à ce jour sont en train de dire qu'elles n'ont pas trouvé de date donc je veux dire la réalité c'est que le 18 existe aussi parce que le 10 les dérangeait un peu et maintenant il faut voir comment cette colère-là elle continue à monter en pression à s'exprimer et deuxième chose j'insiste donc tout ce cortège de toute cette assemblée générale de Gare du Nord s'est retrouvé en tête de manifestation et porté le mot d'ordre grève générale pour tout bloquer Macron démission et c'était un cortège de milliers de personnes avec des lignes de travailleurs devant etc.
et qui s'est fait réprimer moi j'étais dedans de manière délirante mais délirante en fait les CRS ont décidé de harceler ce cortège donc il a été saucissonné en trois il y a eu des charges à répétition j'ai été gazé bon voilà mais je suis pas la seule du tout c'est ni la première ni la dernière fois mais je veux dire on a été vraiment matraqués matraqués ils ont pourchassé les camarades qui tenaient la grande banderole sur piqué qui disaient grève générale pour tout bloquer ils l'ont déchiré et donc je pense que ça montre une chose que la répression elle a aussi un contenu politique et qui vise les secteurs qui cherchent à s'auto-organiser à proposer en fait un plan de bataille clair pour aller au-delà en fait des journées de grève isolée parce que c'est aussi des gens qui disent on a testé pendant la réforme des retraites ça n'a pas marché et c'est aussi des gens qui disent on a voté et ça n'a pas marché non plus donc en fait c'est ça qui est en train de s'exprimer de manière nébuleuse et que c'est ça en tout cas qui prend forme à certains endroits que ce soit sur les piquets de grève dans l'Assemblée générale de Gare du Nord dans ce cortège là et c'est ça qui réprime pour le moment que c'est en train de s'organiser que ça va aller plus loin oui bien sûr c'est ce à quoi il faut travailler moi je dis nébuleux dans le sens où ça se sent que justement il y a une interrogation sur quelles peuvent être les suites sur comment articuler l'ensemble des revendications mais ce qui est sûr et moi ce mouvement me touche parce que j'en ai fait un certain nombre enfin je veux dire moi depuis un certain nombre je ne suis pas non plus une ancienne mais je veux dire depuis 2007 j'ai fait à peu près toutes les luttes qui ont existé ce que je trouve intéressant dans celui-ci c'est qu'on sent ce phénomène de sédimentation des différentes revendications qui se sont exprimées avec une vraie radicalité politique qui à mon avis ne doit ni être canalisée par les urnes ni détournée dans des journées de grève isolées etc et qu'il faut un vrai plan de bataille d'ensemble pour être à la hauteur en fait des aspirations de tout ce qui s'exprime et c'est pour ça qu'il tape à ce point dans le cortège qu'on a formé il faut voir les images moi ils étaient fous fous on va parler tout à l'heure Cyril il va revenir on va parler il va nous donner des chiffres justement sur cette répression des malades policiers on va le dire 80 000 policiers c'est énorme vous le disiez Gabrielle ça fait un policier pour 12
un policier pour 12 manifestants et demi
voilà c'est énorme un mot mais pour dire la particularité moi ce que je pense qui devrait aussi être une tâche des confédérations j'ai pas encore eu le temps d'écouter toutes les déclarations mais en fait c'est cette pratique des policiers de s'insérer derrière le cortège de tête pour le séparer en fait du reste de la manifestation de matraquer ceux qui sont devant et je pense que les grandes organisations syndicales devraient prendre position dire on refuse ça on refuse que la répression s'abatte de cette manière quand le moindre lycéen étudiant-travailleur est en garde à vue on va tous devant le commissariat et surtout on refuse qu'ils tapent ceux de devant comme ça et on défile tranquillement derrière derrière les ballons alors justement on va écouter on va écouter Sophie Binet un secrétaire général de la CGTL et t'es justement monsieur Mallet devant Sanofi de Maison Alfort écoutez-la tout de suite
on n'a jamais été autant en position de force la preuve patronat comme gouvernement sont totalement fébriles actuellement Emmanuel Macron a été obligé de sacrifier 5 premiers ministres en 2 ans à cause de son passage en force sur la réforme des retraites et là monsieur Lecornu le nouveau premier ministre a conscience de sa fragilité et sait que dans 2 ou 3 semaines il peut ne plus être premier ministre s'il ne répond pas aux exigences sociales donc nous le message que nous lui passons aujourd'hui c'est qu'il n'y aura pas de stabilité sans justice sociale s'il veut pouvoir être premier ministre il faut qu'il commence en affichant des actes de rupture très forts et qu'il commence par abroger la réforme des retraites est-ce que vous craignez que des débordements viennent ternir le mouvement et la mobilisation sociale et populaire ?
les manifestations syndicales vont très bien se passer comme d'habitude après nous avons bien remarqué la stratégie de la peur qui est déployée par le ministre de l'intérieur démissionnaire qui passe son temps à jeter de l'huile sur le feu et qui déploie un dispositif policier sans précédent pendant les mobilisations contre la réforme des retraites il y avait 10 à 15 000 policiers qui étaient déployés aujourd'hui monsieur Retailleau nous en annonce 80 000 je suis très choquée parce que je pense que les policiers ont plein d'autres choses à faire que ça s'occuper des femmes victimes de violences conjugales par exemple protéger les populations les accueillir dans l'e-commissariat quel scandale de les forcer à être présents en cette journée et de leur donner des directives qui organisent les provocations
monsieur Mallet expliquez-nous pourquoi Sophie Binet était ce matin devant Sanofi de Maison Alfort
parce qu'on sait recevoir non plus sérieusement le site de Maison Alfort va être cédé par Sanofi à un sous-traitant en fait qui est un fonds de pension un fonds d'investissement mais c'est leur nouveau nom en fait et donc on est depuis le 1er juillet en lutte sur le site de Maison Alfort donc il y a un piqué de grève permanent depuis le 1er juillet la problématique qui se pose à travers ça c'est deux choses la première c'est que Sanofi est une entreprise extrêmement riche on ne va pas voilà 41 milliards de chiffre d'affaires 9 milliards à peu près de bénéfices qui a été arrosé de subventions publiques pendant des années 1,5 milliard sur 10 ans à peu près et qui depuis 2008 maintenant ferment quasiment un site par an et on est donc passé de 38 sites fermés ou cédés enfin on était 38 sites on est aujourd'hui 14 sites et entre temps les 24 autres ont été fermés ou cédés donc on voit bien la problématique c'est à dire qu'on finance le fait de fermer l'industrie en France parce que c'est très clairement ça avec de l'argent public donc on en est là et les travailleurs et travailleuses de Maison Alfort n'ont pas l'envie d'être cédés à un sous-traitant et encore moins l'envie d'être cédés pour potentiellement être fermés demain parce que c'est un peu l'idée qui est derrière donc on mène une lutte et la FNIC Fédération Nationale des Industries Chimiques avait décidé de faire de Maison Alfort un point fort ce matin à 10h donc il y avait une interpro devant le site de Maison Alfort et Sophie Binet
Gabrielle Catale vous êtes députée vous espérez qu'elle ait accès d'un jour au pouvoir quelle est la solution que vous proposez pour empêcher que des boîtes qui font des millions de profits et qui bénéficient de 1,5 milliard de subventions publiques en 10 ans qu'est-ce que vous proposez pour empêcher que ces boîtes-là licencient ?
Alors nous premièrement nous proposons de nationaliser Sanofi comme nous avons proposé récemment de nationaliser Vincorex de nationaliser ArcelorMittal et avant d'autres entreprises que le pouvoir macroniste allait s'écouler comme Luxfer et Famar pendant le Covid notamment ensuite nous proposons de mettre fin au CICE c'est-à-dire tous les cadeaux qu'a reçu Sanofi depuis l'ère de François Hollande depuis que M.
Macron était finalement ministre de l'économie et d'interdire tout licenciement lorsqu'une entreprise réalise des profits et lorsqu'elle verse des dividendes à ses actionnaires puisque Sanofi comme d'autres grandes entreprises ont totalement les moyens de verser des dividendes ils reçoivent des aides sans aucune contrepartie sociale ou écologique et cela nous proposons d'y mettre fin de contrôler toutes les aides aux entreprises le Sénat a montré que 211 milliards d'aides avaient été données aux entreprises sans aucune trace de ce qu'elles ont fait de combien de personnes elles ont licencié ensuite donc ce que nous proposons en somme c'est de à la fois diminuer ces aides complètement inutiles et ensuite lorsqu'elles existent les soumettre à des contreparties
Elsa des profits colossaux on l'a vu des aides publiques colossales également quel regard tu portes là-dessus ?
Je suis contre sans surprise oui non mais évidemment moi déjà j'apporte évidemment tout mon soutien aux camarades de Sanofi en lutte et je pense que moi pareil pour lier cette question à la question du mouvement ce que je trouve très riche en fait aussi dans cette mobilisation c'est qu'il y a aussi une forme d'articulation entre le national et le local alors que très souvent on peut entendre dans certaines bouches que c'est opposé notamment des secteurs du patronat qui vont dire mais pourquoi tu fais grève contre la réforme des retraites c'est pas moi qui peux choisir et inversement en fait c'est à dire c'est quelque chose de local qu'est-ce que t'as à voir avec le cornu et je trouve que le fait qu'il y ait cette articulation entre tout un tas d'enjeux locaux et la situation politique est fondamentale parce qu'effectivement c'est un moment où le régime est fragilisé et c'est un moment où il faut aller le plus loin possible avec la force des travailleurs et de ce point de vue moi je pense effectivement qu'une des revendications qu'on porte à Révolution Permanente c'est l'interdiction des licenciements mais l'interdiction des licenciements tout court parce que la réalité c'est que le problème des profits et des entreprises qui font des profits il peut être un peu abstrait parce que quand on regarde par exemple des scénarios comme celui de Goodyear qui est l'exemple un peu symptomatique ils arrivent à délocaliser suffisamment leur production pour faire la démonstration qu'en France ils font plus de profits de leur propre point de vue et que la réalité c'est pour ça que l'interdiction des licenciements elle ne dépend pas de ce que le patron appelle lui ou pas du profit parce que ça il a la capacité de le réorganiser et qu'ensuite l'autre question qu'il faut se poser c'est avec quel rapport de force et de quelle façon parce que précisément quand on est à ce niveau d'affrontement le patronat ne va pas se laisser faire et on voit la crise de nerfs sur la taxe Zuckman enfin la taxe Zuckman c'est rien du tout c'est une petite poussière
et puis c'est même pas sur les profits d'entreprise c'est sur le patrimoine personnel des milliardaires
c'est prendre 20 centimes d'argent de poche et on voit le niveau d'hystérie donc imaginez le rapport de force qu'il faut et moi je suis tout à fait favorable à ça mais ce que je dis par là c'est que c'est pas une dynamique législative qui suffira à obtenir ce type de revendication et la deuxième chose c'est que je pense qu'il faut aussi discuter de ce qu'on entend par nationalisation parce qu'en fait il y a plein de moments dans l'histoire où il y a des grandes entreprises qui ont été nationalisées et on sait je veux dire les conséquences que ça peut avoir l'état n'est pas toujours le meilleur employeur et notamment il peut et on connait la dynamique de nationalisation privatisation où en fait c'est nationalisation des pertes privatisation des profits et c'est pour ça que nous on revendique certes la nationalisation de toutes les grandes industries mais sous contrôle des travailleurs et pas sous contrôle de l'état pas sous contrôle du gouvernement Macron ou même d'un gouvernement de gauche qui a en fait de mon point de vue pas le moyen de ses ambitions et en plus des ambitions trop limitées au vu de du niveau de polarisation qui s'exprime de fait dans la réalité donc pour en finir là évidemment soutenir la grève de Sanofi soutenir toutes les grèves qui s'expriment en ce moment et je voudrais de ce point de vue saluer aussi mes camarades de la CGT Noether que j'ai l'habitude de défendre parce que voilà ils ont un rapport très conflictuel avec leur employeur à juste titre parce qu'ils ont de très justes revendications et qui eux sont exactement dans la même dynamique puisqu'ils combinent les NAO des revendications pour les embauches des intérimaires et la participation au mouvement du 18 septembre et donc un mot pour terminer de dire que je force bientôt l'interdiction bien sûr l'interdiction des licenciements la nationalisation des industries mais sous contrôle des travailleurs parce que c'est eux qui connaissent leur outil de travail qui doivent décider de la production au service des intérêts de la population et pas d'une minorité mais ça pour l'obtenir il faut évidemment un rapport de force considérable qui implique de évidemment faire grève et même faire une grève politique parce qu'avec ce niveau il faut organiser tous les secteurs de la population et c'est un affrontement avec le pouvoir et le patronat en fait c'est pas une solution qui ne se sent pas par la négociation ce type de problème alors malgré ce qui a pu être dit parce que j'ai lu les journaux j'ai regardé la télé malheureusement j'ai regardé la concurrence ils disaient qu'ils ne comprenaient pas vraiment le mot d'ordre de cette mobilisation pourquoi les gens étaient dans la rue on a très bien compris ils en ont marre de ce gouvernement et voilà ce que propose Jean-Luc Mélenchon on l'a passé tout à l'heure Cyril nous le disait il était à Marseille ce matin je vous propose de l'écouter je suis sûre que c'était
une excellente proposition alors attendez
petit problème technique on va passer Jean-Luc Mélenchon tout à l'heure Gabrielle Catala du coup je me retourne vers vous Jean-Luc Mélenchon LFI qu'est-ce que vous avez pensé de son discours de tout à l'heure est-ce que pour vous cette mobilisation sera on pourra dire on pourra la qualifier de réussie si Emmanuel Macron démissionne
le but de cette mobilisation il est de montrer une colère sociale un désaccord total avec les politiques macronistes à l'oeuvre depuis 8 ans avec les gouvernements successifs de M. Macron avec le budget que prépare M. Lecornu qui fait semblant de reculer parce qu'il a renoncé aux deux jours fériés qui était le sort de totem pour que les gens se concentrent sur la suppression de deux jours fériés mais tout le reste est toujours dedans les 5 milliards d'économies sur l'hôpital les 5 milliards sur les collectivités les économies sur l'école sur les opérateurs etc.
et donc c'était une manifestation plus globale contre l'injustice sociale l'injustice fiscale contre l'absence de pouvoir d'achat l'absence d'augmentation des salaires aussi tu le disais tout à l'heure contre la complicité de M. Macron avec le génocide à Gaza parce qu'il y avait beaucoup de mots d'ordre dans la manifestation qui concernait la Palestine et cette manifestation je le répète il y avait énormément de jeunes qui sont mobilisés sur le sujet et M.
Lecornu et le ministre qui a orchestré la complicité avec la vente d'armes à Israël raison pour laquelle il est particulièrement écœurant qu'il soit nommé Premier ministre et donc la manifestation finalement elle a agrégé toutes les colères toutes les injustices et c'est une manifestation pour le départ de M. Macron aujourd'hui on est à près de 70% des Français qui attendent que M. Macron démissionne il y avait énormément de slogans comme toutes les manifestations comme celle du 10 septembre sur Macron démission
et bien s'il ne veut pas
à partir de lui-même nous avons engagé une procédure de destitution puisque la destitution est prévue par la constitution de la Vème République comme tous les articles de la Vème République elle est rédigée de manière à ce que ce soit quasiment impossible que la procédure aboutisse mais là où nous engrangeons des points c'est que la première fois que nous avons déposé cette motion l'année dernière après le non-respect des élections législatives nous étions les seuls à la France insoumise à le faire là quand M. Lecornu a été nommé c'est une telle provocation de nommer le dernier des macronistes qui est un des seuls un des seuls ministres à être là depuis 2017
et puis la passation de pouvoir c'était le 10 c'est vraiment un sacré pied de nez
une plus grossière provocation encore M. Lecornu a été nommé et le lendemain des écologistes qui à la base étaient plutôt frileux une vingtaine nous ont rejoint pour signer la motion des institutions comme une dizaine de communistes et d'ultra-marins donc aujourd'hui nous sommes 104 députés à demander la distribution de M. Macron et dans le cas où Mme Broun-Pivet userait encore d'artifice du règlement de l'Assemblée pour la juger et recevra pour nous empêcher de discuter pour empêcher qu'il y ait un vote et bien cela engrangera d'autant plus de détestation vis-à-vis de tous les macronistes qu'ils soient au gouvernement ou à l'Assemblée nationale et ça amplifiera la mobilisation
Alors on va vraiment l'écouter Jean-Luc Mélenchon ça y est on a le sonore écoutez-le
Il y a un gouvernement parce que M. Lecornu a dit qu'il retirait les deux jours de férié et ce n'est pas qu'il comptait supprimer donc nous avons déjà obtenu une victoire mais une victoire par rapport à quoi au plan de M. Bayrou si donc il retire ça veut dire qu'il maintient le reste donc il y a un premier ministre et un plan gouvernemental et bien pour être contre le reste du plan Bayrou il faut être contre le gouvernement de M.
Lecornu c'est donc une simplification très formaliste de dire il n'y a pas de gouvernement mais si il y a un gouvernement il y a une ligne politique il y a une volonté vous le savez tous comme moi tout ça tient à un personnage qui a décidé d'avancer sur la scène sa marionnette parce que comment comprendre qu'après avoir nié le résultat du vote en 2024 après avoir proposé successivement deux personnes qui n'avaient aucune légitimité pour gouverner le pays puisque représentant des formations politiques ultra minoritaires il persiste et signe en nous en mettant un nouveau en plus en nous le présentant comme très proche de lui voilà bon on a tous compris et puis tout ça est une mystification on nous parle de 40 milliards d'économies mais l'homme qui vient d'être nommé premier ministre était le ministre des armées qui a annoncé qu'il allait mettre 150 milliards dans les armées alors ils sont où ces 150 milliards voilà non nous avons bien affaire à quelque chose de cohérent et le peuple français avec beaucoup d'intelligence se déploie comme il faut quand il faut et sous les formes qu'il faut
Elsa alors Emmanuel Macron démission oui moi je suis d'accord avec les camarades de la France Insoumise et avec ce que disait Gabriel sur le fait que pour moi c'est une victoire du mouvement si Emmanuel Macron démissionne et par ailleurs je pense que c'est possible enfin je veux dire il lui reste vraiment pas grand chose et que je pense que c'est une revendication à porter après il faut discuter comment et pourquoi et c'est là où je pense que j'ai plus un désaccord parce que à mon avis ce serait limité au vu de ce que le mouvement exprime de penser que c'est par le biais institutionnel ou électoral et ça j'y reviendrai qu'on est en mesure de faire démissionner Macron déjà parce que tu l'as dit toi-même la 5ème république et de manière générale les dispositions institutionnelles en fait des démocraties libérales sont faites pour se préserver elles-mêmes et que il n'y a pas de bug dans la matrice si tu utilises la motion de destitution évidemment que Macron ne va pas démissionner par ce biais parce que ce qui s'exprime c'est un enjeu de rapport de force c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a 80 000 policiers et d'ailleurs on l'a vu je veux dire même le bilan de la dissolution c'est pour ça qu'il y a beaucoup de gens qui ont dit mais attendez moi on m'a dit de voter on m'a même dit de voter François Hollande j'ai voté François Hollande et aujourd'hui je me retrouve avec Retailleau au gouvernement donc ce qui se prouve que ce qui se joue quand il y a un affrontement entre deux ordres c'est que les mécanismes institutionnels ils ne sont pas faits pour exprimer la volonté de la majorité donc le problème c'est que pour moi c'est un peu mentir le mot est trop fort parce que c'est pas mentir que je veux dire mais c'est un peu faire croire aux gens quelque chose qui ne va pas arriver c'est de la poudre aux yeux c'est de la poudre aux yeux et de penser pour toi selon seulement grâce à la rue évidemment je veux dire l'émotion de destitution c'est pas ça qui va le déranger et une fois qu'on a dit ça je voudrais dire deux choses moi je réagissais j'ai écouté aussi une interview de Jean-Luc Mélenchon c'est le même moment mais pas le même bout où il explique oui la France a besoin d'un moment refondateur et ce qu'il appelle un moment refondateur c'est en fait une élection présidentielle et il dit la culture populaire française dans la 5ème République c'est la culture du président mais le problème c'est que je trouve qu'il y a deux difficultés que en fait la canalisation électorale du mouvement ce serait une perte de sa force et en fait ce serait remettre sans mal dans la machine d'un système à genoux qui en réalité vit ses derniers instants et on le voit déjà parce qu'en fait il n'y a pas d'autre moyen pour les classes dominantes de diriger qu'en maintenant le rapport de force et la répression et le deuxième c'est que c'est 13 ans de ça de ce à quoi aspirent les gens démocratiquement je veux dire il n'y a aucune raison qui fait que des travailleurs en lutte des lycéens des gens dans les assemblées générales qui sont en train de discuter non seulement de l'austérité non seulement de leurs conditions de vie non seulement de la réforme des retraites mais aussi de Gaza aussi de leur avenir aussi des questions écologiques ils soient contraints à juste retourner voter pour un nouveau monarque de la 5ème République dans trois mois enfin je finis pour dire il y a des revendications démocratiques qui ont existé dans l'histoire et y compris dans l'histoire des mouvements révolutionnaires sans même parler de renversement du capitalisme mais je veux dire il serait possible même avant ça par exemple si on regarde la tradition de la convention de 1793 on discutait d'une assemblée nationale ou en fait d'une assemblée unique donc pas de Sénat pas de conseil constitutionnel pour casser les décisions de l'assemblée nationale pas de président des députés révocables élus payés un salaire d'ouvrier qualifié 2500 euros et avec un vrai contrôle du peuple c'est à dire que si les députés ils violent leur mandat t'avais le peuple en armes qui débarquait dans le Parlement et qui disait maintenant tu sors donc ce que je dis pour finir mon propos c'est que parler de destitution comme issue au mouvement c'est faux et sur l'objectif parce qu'on peut espérer bien plus que ça mais c'est aussi faux sur la méthode parce qu'on a besoin de construire une grève générale politique et que c'est ça qu'il faut travailler dans les assemblées générales pour Elza et passer par les canaux législatifs institutionnels pour pousser Emmanuel Macron à la démission ça ne marchera pas qu'est-ce que vous dites Gabriel Catala ?
nous sommes députés donc il y a une colère populaire nous appelons nous espérons une grève massive une grève générale de grande mobilisation mais ensuite il faut une traduction à l'Assemblée nationale et dans les institutions et donc quand nous parlons quand nous parlons de la destitution de la démission de M.
Macron ce n'est qu'une première étape vers une nouvelle ou une nouvelle candidature présidentielle qui propose une sixième république nous ce que nous proposons c'est d'arriver au pouvoir dans le cadre de la cinquième république dans le cadre des institutions et ensuite de changer les institutions via une assemblée constituante qui écrirait une sixième république où il y aurait le référendum révocatoire le référendum ministère citoyenne tout ce qu'on propose en termes de droits fondamentaux de rénovation des institutions et d'ailleurs nous avons déjà proposé tout ça dans le cadre de la cinquième pour la modifier le RIC ça fait le RIC révocatoire on l'a proposé il y a trois ans à l'Assemblée Nationale personne ne l'avait voté à part les communistes et nous le référendum d'initiative citoyenne on l'a proposé pendant les gilets jaunes nous sommes les seuls à l'avoir voté le changement l'inscription de la constitution de la règle verte etc nous l'avons proposé pareil nous étions les seuls ce qui montre qu'il faut remporter une élection présidentielle et ensuite être soutenu par un immense mouvement populaire pour rénover les institutions et pour lancer une sixième république j'entends votre désaccord
avant de te repasser la parole parce que je vois que tu meurs d'envie de répondre à Gabriel Catala juste un instant je vais demander à monsieur Malé j'espère que vous êtes la neutralité dans ce débat
c'est donc un mot d'être neutre ça va être compliqué alors moi je suis syndicaliste et il y a une chose que j'ai appris dans l'histoire sociale c'est qu'il n'y a que par le rapport de force qu'on obtient quelque chose donc moi je ne rêve pas d'un nouveau président ou quoi que ce soit je vais vous dire très sincèrement moi je rêve de 1936 par exemple je rêve du moment où les ouvriers, ouvrières les travailleurs et travailleuses du pays ont imposé à une assemblée nationale de donner des droits nouveaux et de faire avancer des choses au niveau du pays je rêve aussi du contrôle ouvrier sur les plutôt salarié maintenant on dirait sur les entreprises et pas uniquement d'un contrôle d'état et voilà et c'est pour ça d'ailleurs que la FNIC porte l'idée d'un pôle public du médicament qui serait géré comme l'était la sécurité sociale avant que l'état vienne y mettre ses gros sabots donc voilà on est assez clair là dessus donc honnêtement Macron démission oui ou non c'est pas notre sujet aujourd'hui pour nous le sujet il est comment on amplifie les manifestations en cours comment on amplifie le mouvement et comment ce mouvement peut être porteur justement de nouvelles avancées sociales
Elsa je te laisse répondre
je n'ai pas été nœud
Elsa et après Gabriel Catala et après on va parler du mode d'action justement proposé par Sophie Binet oui non mais je pense que c'est une vraie discussion et qu'on ne va pas forcément la résoudre là ni l'amener jusqu'au bout mais c'est une vraie discussion de savoir si la vocation d'un mouvement social c'est en fait d'exercer une pression comme être une masse de manœuvres électorales pour ensuite transformer par le biais des institutions moi ça c'est quelque chose avec lequel je ne suis pas d'accord parce que je pense que les travailleurs et les travailleuses ils ont un pouvoir politique en propre qu'ils peuvent être exprimé directement par le biais des assemblées générales sans intermédiaires qui en réalité jouent le rôle de canaliser et de dévier leur force centrale qui est celle de bloquer l'économie et de penser une autre société et surtout pour l'exemple concret c'est faux de penser qu'il y a une étape qu'il y aura un mouvement social qu'ensuite il faut une étape institutionnelle et qu'après on va voter avec les règles de la 5ème république pour changer la 6ème même avec une constituante parce que le meilleur exemple de ça et j'invite vraiment tous les téléspectateurs ou les spectateurs ou les auditeurs je ne sais pas comment on dit les followers à s'intéresser à l'exemple du Chili non seulement évidemment ce que c'est que l'histoire d'Allende et tout ça mais avant ça du drame de ce que c'est qu'Allende il faut regarder la bataille du Chili et tout ça mais même plus récemment que ça si on regarde le mouvement de 2019 mouvement de 2019 explosion de colère monumentale par rapport à l'augmentation du ticket de métro ça devient une généralisation de la colère contestation d'ensemble y compris du régime semelle revendication sociale politique démocratique il y a je ne sais pas il faut regarder les grèves à Antofagasta énorme mouvement etc des assemblées générales qui s'organisent qui décident en fait mais qu'est-ce qu'on pourrait vouloir comme alternatif que disent à ce moment-là les organisations politiques et institutionnelles disent non non non on signe un accord de paix on attend que ça redescende on met en place un processus électoral déconnecté en fait du rapport de force et par le biais des institutions on va voir comment transformer le régime et qu'est-ce qui se passe ils rédigent la constitution la plus progressiste du monde rien à voir avec celle de la Vème République mais qui ne sera jamais appliquée parce que pour transformer profondément la société telle qu'elle existe il faut le rapport de force de l'ensemble de la population insurgé et nous notre proposition c'est que chaque mobilisation elle serve à travailler cette conscience politique là sociale internationaliste d'ensemble pour faire comprendre qu'en fait c'est pas juste que les travailleurs ils sont bons à faire grève bloquer l'économie et après les députés ils vont négocier c'est pas comme ça ni les directions syndicales d'ailleurs parce que je veux dire ça c'est vrai dans les deux sens c'est que les travailleurs les travailleuses les jeunes tous ceux qui s'expriment ils ont la capacité de faire exister politiquement leurs propres revendications directement ce n'est pas la canalisation qui s'est produite après je vais m'aller rapidement très rapidement
il y a aujourd'hui un mouvement qui vient d'arriver au Népal et qui est quand même je trouve une très très belle démonstration de ce que peut faire une génération quand on en a vraiment marre et quand elle va imposer ses points de vue voilà
alors Chili, Népal on revient en France là tout à l'heure il y avait encore Sophie Bini elle n'était plus à Sonafi cette fois-ci elle a parlé des modes d'action justement de la mobilisation et répondait à la question d'une de nos journalistes journaliste Lisa Lab je vous propose de l'écouter
il y a une diversité de modes d'action qui se nourrissent et qui s'alimentent pour la CGT les choses sont claires le secret de la réussite d'une mobilisation c'est un le nombre il faut être nombreux et nombreuses et deux la grève il faut être le plus nombreux et nombreuses à être en grève et à exercer une action économique sur le pays aujourd'hui c'est la moitié des écoles qui sont fermées la moitié des enseignants qui sont en grève l'impact économique est énorme c'est des centaines de milliers de travailleurs et de travailleuses qui ne peuvent pas aller travailler parce qu'ils et elles sont obligés de garder leurs enfants aujourd'hui c'est des milliers de crèches qui sont fermées avec un impact énorme c'est des centaines d'usines dont le fonctionnement est perturbé ça, ça a un impact et c'est pour ça que le patronat est si fébrile et qu'il nous parle d'organiser des manifs de patrons ça montre bien qu'ils sentent que le vent a tourné et que la force est de notre côté
Donc on a bien entendu Sophie Minet ce qu'a proposé en mode d'action c'est piquer des rêves des mobilisations des grandes manifestations Gabriel Catala est-ce que vous pensez que ce genre d'action justement n'a peut-être pas ses limites ?
Alors effectivement la grève générale est continue et l'outil numéro 1 mais il faut que ce soit associé à d'autres d'autres manières de manifester qui ont été d'ailleurs proposées lors du mouvement du 10 septembre c'est ça qui était assez intéressant le blocage de la consommation ne pas consommer ne pas payer avec sa carte bancaire puisque ça enrichit les banques ne pas faire de transactions etc ne rien consommer du tout parce que ça paralyse l'économie l'état vivant de manière en grande majorité grâce à la TVA qui est l'impôt qui rapporte le plus à l'état qui est aussi le plus injuste mais là où après j'attends les suites de ce que va proposer madame Binet de ce qu'ont proposé les autres syndicats parce que là face à une mobilisation comme celle qu'on a vue aujourd'hui il n'est pas question pour moi de proposer une date en octobre dans trois semaines ou pire fin octobre début novembre là il faut que les manifestations s'amplifient et que les centrales syndicales prennent leurs responsabilités en proposant rapidement des dates et en prenant aussi en compte puisque ce qui s'est passé quand même c'est qu'après les retraites on a observé dans le pays une forme de résignation en se disant voilà il y a eu des millions de gens dans la rue la plus grosse grève de l'histoire à la SNCF ou dans certaines entreprises et finalement monsieur Macron nous a écrasé nous a piétiné il est passé par 49-3 et ensuite le conseil constitutionnel qui est un groupe de personnes qui ne sont ni juristes ni experts mais qui sont un ensemble de macronistes qui ont décidé que cette loi était conforme à la constitution ont décidé qu'il était ok de passer par une loi rectificative pour les retraites etc et donc là on voit aujourd'hui déjà qu'il n'y a pas de résignation mais qu'il faut soutenir de toute notre force aussi les grévistes financièrement beaucoup de gens aujourd'hui vont dire moi j'adorerais faire grève par exemple des enseignants dans les circonscription j'adorerais faire grève mais en fait les fois présentes ça n'a pas marché j'en ai marre de perdre 100 euros et donc j'aimerais être soutenu et c'est pour ça qu'il faut que tout le monde soutienne les grévistes par des caisses de grève nous on a une caisse solidaire on avait récolté un million d'euros pendant les retraites et ça nous a permis de financer un certain nombre de piquets de grève à travers le pays et là on l'a relancé hier
justement je me tourne vers vous monsieur Mallet comment ça se passe pour les grévistes qui sont grèves depuis le mois de juillet la caisse de grève fonctionne bien
la caisse de grève oui elle fonctionne mais après il faut quand même être conscient de quelque chose c'est que les grévistes les gens qui font grève ils savent qu'ils vont perdre quelque chose ils le savent ils attendent pas qu'on compense tout l'effort fourni ils attendent au contraire un soutien mais pas qu'un soutien financier un vrai soutien c'est à dire venir sur les piquets de grève venir les voir leur parler porter leurs grandications
qui sont venus sur le piquet de grève
j'ai des élus qui vont de la France insoumise en passant par le parti communiste les verts voilà donc on a des élus qui viennent mais encore une fois je vais le dire sans méchanceté c'est très bien que des élus viennent mais il faut que des citoyens viennent c'est à dire il faut que les voisins viennent voir ce qui se passe il faut qu'on se parle il faut qu'on construise ensemble et j'ai deux petits trucs à dire parce que ça me paraît important la première c'est que c'est pas Sophie Binet qui va dire voilà la CGT ça marche pas comme ça je suis désolé c'est le CCN c'est à dire notre parlement qui va décider du mode d'action à venir c'est pas Sophie Binet toute seule dans un bureau qui va décider et la deuxième chose c'est que c'est la base qui va décider surtout c'est après le mouvement d'aujourd'hui il va falloir qu'on réfléchisse et qu'on fasse des AG avec les salariés savoir vers quoi ils veulent aller et surtout ce qu'ils veulent porter et là c'est là qu'il y a un point d'achoppement et je voudrais juste quand même le dire et sans aucune méchanceté la grève de la consommation en fait ça vient très vite si l'économie est bloquée et si on est en grève générale il n'y aura pas de consommation donc je suis assez rassuré si le mouvement monte il n'y aura pas besoin de se poser de savoir si on va consommer ou pas on ne pourra pas consommer donc voilà l'idée elle est là et qu'à un moment donné le blocage d'un pays il faut l'envisager et le souci qu'on a aujourd'hui c'est que dans nos imaginaires j'ai un peu l'impression qu'on se fiche toujours sur l'idée que les gens ne peuvent pas faire grève que les gens n'ont pas envie ou que les gens en réalité c'est surtout que quand on ne sait pas ce qu'on porte on ne sort pas dehors quand on a un espoir et qu'on sait ce qu'on porte on sort dehors quoi que ça nous coûte en réalité
Elsa j'en viens à cette question j'ai envie de te demander je ne sais pas si tu auras la réponse est-ce que tu trouves que les syndicats je ne parle pas seulement de la CGT peut-être de FO de CFDT Solidaires est-ce que tu les trouves à la hauteur au vu de l'enjeu aujourd'hui ?
ça dépend ce qu'on appelle les syndicats parce qu'en fait moi je pense qu'il faut faire une différence entre la base entre des fédérations entre des secteurs et la direction des confédérations syndicales où en fait c'est très très différent ils ont même parfois des positions opposées en fait et je pense que oui aujourd'hui ils se posent une question et à mon avis ce qui fait vraiment frémir le gouvernement c'est ça c'est qu'ils se disent mais si on se retrouve avec le contenu politique des gilets jaunes même si ce n'est pas le contenu politique des gilets jaunes mais je veux dire le caractère politique d'un mouvement comme il y a eu pendant les gilets jaunes avec une grève en plus parce qu'il n'y a pas eu de grève pendant les gilets jaunes il y avait une radicalité énorme un courage très impressionnant mais il n'y avait pas de grève mais en fait comment on va s'en sortir parce que eux ce qu'ils aiment c'est les mouvements type retraite et encore les mouvements type retraite il y a eu des contradictions parce qu'il faut voir qu'à partir du 49-3 il y a eu des secteurs et notamment effectivement des raffineries de la fédération de la FNIC qui sont partis en grève reconductible en disant non mais nous c'est plus juste la retraite c'est aussi le gouvernement c'est aussi l'offensive antidémocratique etc et à ce moment là Laurent Berger disait une chose disait moi je ne suis pas là pour faire tomber un gouvernement donc est-ce que les syndicats sont à la hauteur moi je pense que les syndicalistes et les travailleurs le sont ensuite il y a une question qui va se poser qui est effectivement quel est le plan de bataille qu'ils vont proposer parce que les organisations syndicales la CFDT à minima et même la CGT à l'échelle de la conf la CFDT était contre le 10 elle disait non mais on ne peut pas sortir puisqu'en fait on n'a pas d'interlocuteur et ça revient à ce que je disais et ça revient à ce que je disais de dire de concevoir le mouvement soit du côté syndical comme une marge de manœuvre pour aller négocier c'est à dire qu'ils veulent mettre des gens dans la rue pas du tout pour que les travailleurs prennent le pouvoir sur leur propre vie mais pour pouvoir dire regarde moi quand j'appelle il y a un million de personnes donc maintenant tu me retires ton truc donc ça sert à ça ça sert à aller négocier en faisant la démonstration de ce que tu pèses et pour moi c'est de la même manière si on pense la chose aussi sur le terrain politique de se dire en fait il y a une division stricte entre le mouvement social et ensuite les biens institutionnels et parlementaires et c'est pour ça que pour moi la question qui se pose et qu'il va falloir réfléchir même si moi je sais comment ça se passe enfin je veux dire c'est pas incantatoire c'est difficile il y a plein de contradictions ça se construit c'est un travail permanent etc mais je pense que ce qu'il faut et ce pourquoi ce que la situation porte en potentiel tu parlais de la résignation mais en fait effectivement la réforme des retraites ça a été une défaite mais en même temps ce qui est riche c'est que les gens tirent le bilan ils sont tous en train de dire vous allez à l'âge de Gare du Nord là à midi ils sont tous en train de dire les journées de grève isolées on ne nous refait plus ça pendant la réforme des retraites les 3 millions de personnes tu les mettais dans la rue pas sur 15 jours je sais même plus combien il y a de journées 15 jours les uns à la suite des autres mais tu fais allez 5 jours de grève générale c'est plié ça veut dire que si demain il n'y a pas un autre mouvement de la même ampleur que celle d'aujourd'hui ça veut dire que ça va retomber comme un soufflé moi je pense qu'il faut voir et il va y avoir les deux moi je pense qu'il va y avoir des propositions je sais que par exemple j'étais à l'âge de Gare du Nord et il y a notamment le syndicat Sudrail qui disait il faut réfléchir à partir de quand on va déposer un préavis limité il faut discuter dans les âges de comment est-ce qu'on est en mesure de continuer à discuter de la situation à proposer des choses il faut que ça exerce une pression parce que le mouvement du 10 il a fait tomber un gouvernement sans avoir commencé et il a forcé des directions syndicales à appeler une date donc je veux dire les directions syndicales elles vont appeler si elles voient qu'elles vont être débordées et la réalité c'est que là s'ils annoncent un million de personnes dans la rue aujourd'hui notamment la CGT comment ils vont dire il n'y a plus rien moi je pense que ce qu'ils vont faire c'est appeler à une date je veux dire potentiellement effectivement en octobre il faudrait que ce soit le plus rapidement possible il pourrait y avoir une date la semaine prochaine que la semaine elle soit consacrée à discuter véritablement en fait dans toutes les boîtes dans tous les piquets dans tous les lycées etc quelles sont les revendications pourquoi ça vaut le coup pourquoi ça vaut le coup de continuer à se mobiliser de montrer que le gouvernement est fragile parce qu'il l'est en réalité et que la totalité de ces revendications elle s'exprime dans une grosse journée qui soit une journée de grève générale politique
puis grâce pardon très rapidement grâce à l'annonce grâce à l'annonce du mouvement du 10 monsieur Bayrou a annoncé qu'il allait se soumettre à un vote de confiance et finalement il est tombé avant la manifestation donc là l'idée d'une manifestation la semaine prochaine ce serait de faire tomber monsieur Lecornu avant même que la session commence début octobre et pour qu'on puisse rapidement soit lui accorder la non-confiance et voter contre son discours de politique générale soit le censurer le plus rapidement possible
Il est déjà 20 heures passées c'est l'heure de faire un nouveau point sur les chiffres également sur la répression policière Cyril c'est avec toi qu'on va faire le point là-dessus justement je le rappelais un 80 000 policiers Gabriel Catala nous le rappelait gentiment ça fait un policier pour 12 manifestants
Effectivement le 10 septembre on parlait de manifestations sous haute répression policière et bien Amira on peut dire qu'aujourd'hui on est dans la même lignée à 18h selon les chiffres du ministère de l'Intérieur 185 personnes dont 35 à Paris ont été interpellées par la police 11 policiers ont été blessés et 11 civils et ces chiffres risquent d'augmenter d'ici demain étant donné qu'il y a encore des manifestations qui se terminent et qui se terminent sous les gaz lacrymogènes lancés par les policiers on a pu le voir dans les images du matin qui ont été tournées par nos reporters Lisa Lap et Lydia Menez comment ça s'est passé pour les grévistes du dépôt de la rue de Lany à Paris ils ont été frappés et rappelons vous l'avez dit sur le plateau Amira et les invités du jour que Bruno Rotaillot avait décidé d'envoyer 80 000 policiers et gendarmes mais aussi des drones aussi des centaures blindés 10 engins lanceurs d'eau et des fouilles ont été également faites et dans la façon les policiers sont intervenus j'ai envie de dire ils ont été gonflés par le discours de Bruno Rotaillot car Bruno Rotaillot n'a pas hésité à discréditer cette mobilisation en disant je le cite que c'était le rendez-vous des casseurs il y aura des milliers d'individus qui viendront pour la bagarre pour la casse animer d'une haine anti-flic voilà les propos du ministre de l'intérieur des missionnaires et quel est le résultat suite à ça et notamment on peut parler de comment c'est passé pour les mineurs dans le lycée surgés de Saint-Denis 4 mineurs ont été placés en garde à vue dont ont été libérés 2 sont toujours gardés et une dizaine de grévistes venus de l'AG Interpro de Saint-Denis venus soutenir les lycéens ont également été arrêtés voilà comment fonctionne la police de Bruno Rotaillot et on peut rappeler que pour le 10 septembre il y avait un jeune lycéen du lycée Voltaire qui avait plusieurs heures de garde à vue comparution immédiate et finalement il a été jugé la sanction c'était un couvre-feu pendant 3 mois de 21h à 6h et interdiction d'aller place de la République pendant 6 mois et si Amira pour terminer sur les chiffres de cette manifestation aujourd'hui on compte à peu près un million un peu plus d'un million de manifestants selon les syndicats un peu plus de 500 000 selon les autorités 450 000 en région et 55 000 à Paris donc je l'avais dit 585 interpellations 700 actions ont été menées un peu partout en France comme elle a été dit sur votre plateau on peut considérer que c'est plutôt un succès en tout cas c'est ce que pensent les syndicats et les manifestants et donc on va voir ce qui se passera dans les prochaines heures et donc dans les prochains jours et pour avoir les chiffres précis de tout ça rendez-vous demain à 13h dans le journal des luttes ça sera à 13h et on aura encore plus de détails plus de chiffres sur comment s'est passée cette journée du 18 septembre
très bonne soirée Cyril merci pour les chiffres et puis je te dis à demain alors en tout cas c'est unanime sur ce plateau c'est une journée réussie un franc succès et là je viens d'avoir la déclaration du premier ministre qui est sorti un peu de son lit pour parler il a pris acte de cette manifestation bien évidemment et il tient à réaffirmer son engagement à poursuivre le dialogue social donc il dit il va recevoir les partenaires sociaux dans les prochains jours pour parler justement de ce budget de la réforme des retraites monsieur Mallet tous les partenaires sociaux doivent participer justement à ce dialogue avec Sébastien Lecornu ou selon vous la politique de la chasse vide ça peut fonctionner ?
ça va surtout dépendre encore une fois de la suite de la journée d'aujourd'hui à titre personnel je pense qu'on n'a strictement rien à faire dans le bureau du premier ministre pour aller tailler le boule gras
ça veut dire que là pour vous il faut continuer le mouvement et pas aller à Matignon
oui clairement je pense qu'il n'a pas besoin de nous recevoir pour savoir ce qui était porté aujourd'hui c'est marqué sur les pancartes ça a été crié dans les slogans je pense que s'il n'est pas sourd et qu'il sait lire il devrait y arriver donc voilà maintenant bon ben il y a une tradition républicaine qui est d'inviter les partenaires sociaux alors nous on n'est pas des partenaires sociaux on se considère comme un syndicat c'est pas tout à fait la même chose voilà mais disons que simplement pour moi là c'est moi qui parle au sein de la CGT je ferai partie des voix qui diront qu'on n'a pas à y aller voilà
Elsa ?
bah oui moi je suis pas syndicaliste donc moi je voilà je parle pas de cette position là par contre je considère qu'il y a quand même eu un délire qui s'est appelé le conclave qu'on a eu je veux dire à ce cirque qui durait deux mois où je veux dire on faisait partie et je veux dire à Révolution Parlement on a beaucoup de militants syndicaux qui disaient qui pensaient que ce conclave n'allait de toute évidence rien donner et pendant deux mois en fait on a assisté à cette absurdité où le MEDEF disait mais non mais ça ne va pas arriver et où en fait ils maintenaient l'illusion absurde qu'il y avait un cadre c'est vraiment la mascarade le jeu je veux dire c'est pour donner la forme de ce qu'ils appellent le dialogue social avec absolument aucun contenu et après pour pouvoir dire regardez on a essayé d'arracher deux trois minutes qu'on ne nous a même pas donné donc en fait ce qui est en train de se jouer ici c'est tout ça qui potentiellement vaut l'en éclat c'est-à-dire que si vous avez un mouvement du 10 septembre qui part des réseaux sociaux qui est repris par aussi plein de travailleurs parce que le 10 septembre il y avait aussi beaucoup de travailleurs qui étaient en grève dans différents secteurs et qui dit mais regardez en fait sans ton conclave de trois mois on obtient plus qu'après cette parlotte-là quel bilan les directions syndicales vont pouvoir revendiquer donc ça les met dans une position très contradictoire donc je sais pas moi à Matignon non enfin je veux dire moi je vois pas mais ni maintenant ni hier ni pendant la réforme des retraites mais c'est encore pire aujourd'hui quand on sort du conclave ce serait du gâchis après cette journée après celle du 10 septembre si les partenaires sociaux désolé du bon monsieur Vallée aller à Matignon c'est du gâchis ou pas
les syndicats et les partenaires sociaux font ce qu'ils veulent nous au nom de la France insoumise nous n'y sommes pas allés les autres parties de gauche l'ont fait nous considérons qu'il est inutile d'aller perdre une heure dans un bureau à Matignon pour sortir et déclarer à la presse que nous étions en désaccord total avec tout ce qu'a pu déclarer le Premier ministre il ne va pas revenir sur la retraite à 64 ans il ne va pas mettre en place des mesures de justice fiscale comme la taxe Zoukman qui est devenue très populaire le rétablissement de l'ISF taxer les super profits taxer les dividendes ils ne vont rien changer en termes de politique industrielle alors qu'on n'a jamais eu autant de faillites d'entreprises il n'y a aucun changement institutionnel qui est prévu là monsieur Lecornu s'est cantonné a annoncé une proposition de loi sur le statut de l'élu local avant les municipales un truc qui n'intéresse absolument personne il a annoncé revenir en se disant que c'était sûrement populaire sur les privilèges qu'ont à vie les anciens premiers ministres alors ce ne sera pas à vie mais ce ne sera peut-être pendant 20 ans et ils auront quand même peut-être un chauffeur donc tout ça est incompréhensible et ça représente dans tous les cas des cacahuètes par rapport à l'ampleur de l'injustice fiscale et de la fortune des milliardaires qui a explosé sous le quinquennat de monsieur Macron donc discuter avec monsieur Lecornu ne sert à rien d'un point de vue institutionnel il y a un rapport de force à l'Assemblée nationale monsieur Lecornu s'il respecte le B.A.B.
de la démocratie doit se soumettre à un vote de confiance et s'il ne le fait pas il sera soumis à une motion de censure on verra qui la vote et qui la vote pas et je suis d'accord on a eu le conclave des retraites qui a été encouragé par le parti socialiste et dans lequel se sont votées à un certain nombre de personnes n'a servi à monsieur le conclave n'a servi à monsieur Bayrou qu'à jouer la montre alors qu'il était évident dès le début qu'il n'allait ni revenir sur l'âge légal de départ ni sur la durée de cotisation ni sur la pénibilité et donc finalement ça a servi à mettre en débat des thèmes détestables comme la retraite par capitalisation le retour de la retraite par points la retraite à 65 ans qui était finalement le but du MEDEF en participant à cette opération et je rappelle que derrière le MEDEF n'est pas un syndicat et que lorsqu'il y a des discussions syndicales le MEDEF ne devrait pas y participer
donc là aussi vous partagez tous le même avis il y a une unanimité il faut continuer ce mouvement il ne faut pas le laisser retomber mais face à cette mobilisation on a Macron et un gouvernement jusqu'au bout de tis qui a l'air sourd à ce qui se passe dans la rue et notre journaliste Lisa Lapp a posé une question à une sénatrice madame vous avez une question très pertinente vous manifestez depuis un certain temps mais rien ne change écoutez sa réponse
vous dites que ça fait des mois voire des années que vous êtes en manifestation mais en fait on a l'impression que ça sert un peu à rien vous posez une question qui est une question fondamentale de la séquence politique aujourd'hui c'est que ça fait plusieurs années que les mobilisations qu'elles soient des mobilisations électorales lors des élections qu'elles soient des mobilisations sociales lors du mouvement des retraites n'aboutissent pas à des débouchés politiques et une démocratie ne peut pas tenir longtemps comme ça c'est la raison pour laquelle le 10 septembre a existé pourquoi les gens se mettent à essayer de trouver d'autres modes d'action qui peut-être peuvent répondre c'est parce que les modes d'action au fond traditionnel et normalement légitimes dans une démocratie qui sont le vote les mobilisations syndicales et sociales n'aboutissent pas et donc je crois qu'il faut que le premier ministre aujourd'hui réalise le danger historique que constituerait le fait qu'une énième mobilisation sociale massive ne trouve pas de débouchés politiques c'est pas une histoire de partisane c'est pas une histoire politicienne c'est vraiment une histoire profondément politique dans une démocratie fonctionnelle les mobilisations sociales font partie de l'exercice légitime de la démocratie et on peut pas avoir pendant des années une inter-syndicale unie sur des revendications communes des mobilisations populaires massives auxquelles on répond uniquement le mépris
Gabrielle Catala je vous sens impatiente de réagir
je suis ravie que les écologistes découvrent que notre démocratie est dysfonctionnelle et qu'il serait temps de changer une institution et d'ailleurs c'est un peu toujours la même chose qui se passe c'est à dire nous nous avons une position nous avons dit depuis des mois que le problème c'est monsieur Macron qu'il doit démissionner ou qu'il doit être destitué en tout cas que monsieur Macron ne respectant pas le résultat des législatives il est inutile d'avoir une nouvelle dissolution pour avoir soi-disant une nouvelle clarification puisqu'il ne respecterait pas le résultat et le problème venant de l'Elysée c'est à monsieur Macron de quitter le pouvoir pour nous offrir une respiration démocratique et donc là dans quelques semaines vous verrez que l'ensemble du parti Europe Écologie les verts et des écologistes diront que monsieur Macron doit partir qu'il doit être destitué ou je ne sais quoi mais qu'ils se rangeront derrière notre position parce qu'ils verront que finalement c'est la seule position logique et c'est le seul moyen de sortir le pays de l'impasse
Elsa ?
Oui sur ce que disait Madame Bogel la sénatrice Mélanie Bogel oui bah en fait je peux partager le constat mais je pense que j'en tire pas les mêmes conséquences c'est à dire que moi je suis d'accord que s'exprime dans ce mouvement à la fois un secteur de gens qui tirent le bilan de la stratégie des journées de grave isolée de la réforme des retraites mais aussi pour moi la stratégie du NFP parce qu'il y a beaucoup de gens qui exprimaient quelque chose qui étaient de dire on a fait grève ça marche pas en tout cas ça marche pas moi je pense que ça marche mais je veux dire pour les retraites on a pas gagné on a voté ça marche pas non plus du coup maintenant faut tout bloquer et ça moi je pense que cette aspiration elle est extrêmement progressiste et qu'elle a raison de s'exprimer j'en tire une conséquence différente puisque la sénatrice Europe Écologie Les Verts dit c'est ça le danger moi je pense que c'est ça la chance et je pense que c'est ça la chance parce qu'effectivement pour moi on arrive dans une situation où le niveau de contestation et le niveau de radicalité et de polarisation il s'exprime aussi beaucoup beaucoup de notre côté c'est à dire que d'ailleurs moi je trouve très intéressant de regarder par exemple la position du RN sur la question du mouvement du 10 septembre ou sur celle du 18 ils sont en énorme difficulté ils sont plutôt divisés mais du coup globalement silencieux et on voit d'ailleurs pour reprendre les débats qui existaient au moment du NFP que même une manière de faire recrute et c'est déjà si on regardait même pendant la réforme des retraites le moment où ils n'ont pas pu passer la loi immigration le moment où les députés RN se faisaient chasser des mobilisations etc c'était pendant la réforme des retraites et quand on regarde à mon avis la séquence telle qu'on la traverse elle est très très très riche non seulement parce qu'il y a une grève non seulement parce qu'il y a un ras-le-bol politique mais parce qu'il y a les deux en même temps et qui tire les bilans en fait de la possibilité de se dire on peut changer si on nous a fait le coup de la dissolution on a fait mais un matraquage électoral en disant si vous voulez éviter le RN etc il faut voter il faut voter il faut voter il faut voter le PS c'est pas grave le diable et sa grand-mère on fait revivre ces gens etc ok on a fait ça enfin pas moi mais je veux dire beaucoup de gens ont fait ça résultat on a ce qu'on a aujourd'hui ce qui est quand même une abomination et je le disais avant donc il y a tout un tas de personnes qui se disent mais attendez moi je n'en peux plus de ce gouvernement Macron je n'en peux plus de ce système d'ensemble parce que c'est pas que Macron je veux dire avant il y avait le parti socialiste crise du capitalisme mondial je veux dire on regarde ce qui se passe aux Etats-Unis on regarde ce qui se passe à Gaza on regarde ce qui se passe partout le Népal je suis d'accord enfin je veux dire ça on est dans une séquence en fait d'affrontements de classe qui se limite pas à la France et qui est une séquence historique de ce point de vue et c'est pour ça que oui moi je pense qu'il y a effectivement tous les débouchés en fait institutionnels que propose la 5ème République qui sont à bout de souffle et que les gens sont en train de chercher une alternative et pour ça moi c'est effectivement ce qu'il faut creuser le maximum pour que le mouvement aille le plus loin possible et bien sûr obtiennent la démission de Macron mais l'imposent et puis surtout aille beaucoup plus loin et je voudrais mais Elisa il faut creuser avec qui cette réflexion il faut l'avoir avec qui les syndicats les citoyens qui doit en parler mais tous les états mobilisés la jeunesse les travailleurs les jeunes des quartiers si on regarde depuis 10 ans il y a à peu près tous les secteurs de la population qui se sont exprimés dans la rue moi j'ai commencé à militer bon c'était en 2014 mais on va dire le premier grand mouvement c'est 2016 donc 2016 vous avez aussi le voilà la loi El Khomri des secteurs du privé etc vous avez ensuite la SNCF 2018 contre la réforme du rail ensuite vous avez les gilets jaunes vous avez la réforme des retraites 1 RATP SNCF on pouvait plus prendre un métro réforme des retraites 2 Naël comité Adama tout ce que vous voulez il y a vraiment tous les secteurs de la population les étudiants la loi Or tout ce que vous voulez je veux dire il y a plein de secteurs de la population qui se sont déjà mobilisés à différents moments et qui ont leur mot à dire la question c'est comment toute cette énergie politique là elle se coordonne elle s'organise et elle frappe sur le même clou au même moment et je pense que c'est ça vers lequel on doit aller et un dernier mot puisque je sais que c'est la fin on organise une grande assemblée générale de révolution permanente le 27 samedi 27 pour discuter de toutes ces questions à l'espace 40 ans donc venez et on va essayer d'en débattre pour voir en tout cas exprimer notre position sur cette question et contribuer au mouvement Monsieur Manet je vous donne le mot de la fin parce que vous accompagnez des grévistes depuis le mois de 2 juillet est-ce qu'on garde de l'optimisme aujourd'hui ?
On est toujours optimistes sinon on ne serait pas syndicalistes donc du coup clairement oui et moi je suis optimiste je pense que tout le monde l'est aujourd'hui enfin tous ceux qui ont participé à ce mouvement ce qui est clair c'est qu'il faut se rappeler de deux choses c'est que la première c'est qu'on n'a jamais rien sans rien donc sans rapport de force il n'y aura rien quel que soit d'ailleurs le gouvernement qui sera élu à un moment donné il faut que les travailleurs travailleuses salariés salariés les privés d'emploi enfin tous ceux et toutes celles qui ont des revendications puissent les exprimer et les expriment clairement et la deuxième chose je trouve qu'on a un peu oublié en France depuis très longtemps le fait que toutes les grandes avancées sociales se sont construites dans les assemblées générales toutes les grandes constructions sociales se sont construites par des gens qui se parlent et donc moi j'invite vraiment tout le monde à se parler à aller discuter à voir ce qu'on a envie à voir ce qu'on veut porter et à voir ce qu'on aimerait voir émerger et à le porter avec force et puis comme on en est à la fin et qu'il faut donner des rendez-vous moi je vous invite je vous invite vraiment à passer voir mes camarades qui sont sur un piquet de grève depuis des mois donc depuis le 1er juillet et donc de passer à Maison-Alfort je crois que c'est 180 rue Jules Verne voilà et ils sont là tous les jours donc passez les voir donnez-leur de la force ça les aidera
Merci monsieur Mallet en tout cas d'avoir été avec nous ce soir merci pour votre expertise Merci Merci à vous Elsa Merci d'avoir été avec nous et puis merci à vous Gabrielle Catala je rappelle que vous êtes députée LFI merci d'avoir été avec nous Merci
et puis moi je donne rendez-vous dimanche à 15h de la République
et puis je vous donne rendez-vous demain du coup moi c'est le plus rapide donc soyez là c'est demain à 13h il suffit d'allumer la télé ou de regarder Youtube merci en tout cas de nous avoir suivis pour cette édition spéciale excellente suite des programmes sur le Média et à demain Sous-titrage Société Radio-Canada