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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 25 août 2025 10 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsTravail & emploiSantéRetraites

Mobilisation du 10 septembre, François Bayrou, budget 2026... L'interview intégrale de Sophie Binet

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteÉludée

    Merci d'être avec nous. François Bayrou a donc surpris tout le monde cet après-midi en réclamant un vote de confiance à l'Assemblée le 8 septembre prochain. Ses chances de survie politique semblent, à l'heure où l'on se parle, assez faibles. Est-ce que vous diriez qu'il y a tout de même une forme de panache de sa part à faire ça ?

  • 1:04FerméeRéponse directe

    Vous avez compté le fait que les fonctionnaires ne seront pas augmentés et le doublement des franchises médicales, c'est ça ?

  • 1:36RelanceÉludée

    Est-ce que vous faites partie des responsables qui, ce soir, disent que François Bayrou s'en aille maintenant ? Et tant pis si c'est un saut dans le vide ensuite, parce qu'on ne connaît pas la couleur du prochain Premier ministre.

  • 2:19FerméeRéponse directe

    Le croix qu'il en coûte, ce n'était pas que pour les plus riches ?

  • 3:04OuverteRéponse partielle

    Un collectif qui est né sur les réseaux sociaux, Sophie Binet, appelle, vous le savez, à bloquer le pays à partir du 10 septembre prochain. Est-ce que vous appelez, vous aussi, à la CGT, à des actions, à des blocages et à des manifestations ?

  • 3:17OuverteÉludée

    Ça veut dire quoi la mobilisation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « Non, c'est un hors-sujet total. »
  • 0:24Invité politiqueFait
    « Ce que nous attendions, c'est qu'il annonce qu'il renonce aux mesures qui vont nous appauvrir toutes et tous. »
  • 0:31Invité politiqueFait
    « Le problème avec ce budget, c'est quoi ? C'est qu'encore une fois, il nous fait payer toutes et tous le monde du travail pour continuer à épargner les rentiers et les plus riches. »
  • 0:51Invité politiqueChiffre
    « Pour un fonctionnaire qui gagne 2300 euros par mois et qui va deux fois chez le médecin par an, ce budget, ça voudrait dire perdre 740 euros par an. »
  • 1:01Invité politiqueChiffre
    « Pour un salarié du privé, la facture, ça serait 356 euros. »
  • 2:08Invité politiqueFait
    « La première, c'est mettre enfin à l'ordre du jour la justice fiscale. »
  • 2:22Invité politiqueChiffre
    « Il faut, par exemple, s'attaquer aux aides publiques, aux entreprises, c'est 211 milliards chaque année, c'est un énorme levier. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « La deuxième priorité, c'est de l'argent pour nos services publics, pour nos hôpitaux, pour nos écoles, pour notre sécurité sociale. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « La troisième priorité, c'est d'augmenter les salaires parce que les salaires n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « Le quatrième point, c'est évidemment l'abrogation de la réforme des retraites. »
  • 2:56Invité politiqueFait
    « Il faut prendre des mesures, mettre en place un moratoire sur les licenciements, organiser des assises de l'industrie et cesser de subir. »
  • 7:18Invité politiqueFait
    « Parce qu'à cause de la politique des gouvernements Macron, le déficit commercial n'a jamais été aussi élevé, le déficit public n'a jamais été aussi élevé non plus. »
  • 8:51Invité politiqueFait
    « Il les a publiées en plein mois d'août, alors que nous lui avions dit que nous souhaitions attendre la rentrée pour pouvoir échanger sur ces lettres de cadrage. »
  • 9:21Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle que sur l'assurance chômage, le gouvernement a déjà fait quatre réformes de l'assurance chômage, enfin Emmanuel Macron a déjà fait quatre réformes de l'assurance chômage en six ans. »
  • 9:39Invité politiqueChiffre
    « Et le gouvernement, alors qu'il avait validé cet accord, nous explique maintenant qu'il faut une nouvelle négociation pour encore prendre quatre milliards aux chômeurs. »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Présentateur31 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

– Bonsoir Sophie Binet. – Bonsoir. – Merci d'être avec nous. François Bayrou a donc surpris tout le monde cet après-midi en réclamant un vote de confiance à l'Assemblée le 8 septembre prochain. Ses chances de survie politique semblent, à l'heure où l'on se parle, assez faibles. Est-ce que vous diriez qu'il y a tout de même une forme de panache de sa part à faire ça ?

0:19
Invité politique

– Non, c'est un hors-sujet total. Ce que nous attendions, c'est qu'il annonce qu'il renonce aux mesures qui vont nous appauvrir toutes et tous. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas son avenir à lui. Ce qui nous intéresse, c'est notre avenir à nous. Le problème avec ce budget, c'est quoi ? C'est qu'encore une fois, il nous fait payer toutes et tous le monde du travail pour continuer à épargner les rentiers et les plus riches. Ce budget, pour nous, il est très concret. C'est la raison pour laquelle la CGT met à disposition sur son site cgt.fr un simulateur pour permettre à chaque salarié de faire ses comptes.

Pour un fonctionnaire qui gagne 2300 euros par mois et qui va deux fois chez le médecin par an, ce budget, ça voudrait dire perdre 740 euros par an. Pour un salarié du privé, la facture, ça serait 356 euros.

1:04
Présentateur

– Vous avez compté le fait que les fonctionnaires ne seront pas augmentés et le doublement des franchises médicales, c'est ça ?

1:09
Invité politique

– Exactement. Et donc j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à aller faire le calcul sur notre site. Ça permet de mesurer que pour nous, le sujet, ce n'est pas des petits calculs politiciens. Pour nous, le sujet, c'est nos fins de mois, c'est notre vie, notre vie de famille. Le problème, quand on perd 500 euros, ça veut dire derrière qu'on a de l'argent en moins pour payer une nourriture équilibrée à ses enfants, pour partir en vacances, pour acheter les fournitures scolaires et on en est là aujourd'hui.

1:34
Présentateur

– On va parler de la plupart de ces sujets dans un instant, Sophie Binet. Est-ce que vous faites partie des responsables qui, ce soir, disent que François Bayrou s'en aille maintenant ? Et tant pis si c'est un saut dans le vide ensuite, parce qu'on ne connaît pas la couleur du prochain Premier ministre.

1:46
Invité politique

– Mais encore une fois, ça n'est pas notre sujet, notre question, ça n'est pas…

1:49
Présentateur

– Ça pourrait être votre sujet, si le remplaçant de François Bayrou n'est pas membre du Modem comme il l'est, mais plutôt du Rassemblement national, ça pourrait être votre sujet.

1:57
Invité politique

– Notre question, ce n'est pas une question de casting. Notre question, c'est une question d'orientation politique. Ce que nous voulons, c'est enfin avoir un gouvernement qui répondent aux urgences sociales autour de cinq exigences. La première, c'est mettre enfin à l'ordre du jour la justice fiscale. C'est ça le problème de ce projet de budget, c'est que la dette a été créée par les cadeaux faits aux plus riches et qu'encore une fois, on nous demande de payer la facture.

2:19
Présentateur

– Le croix qu'il en coûte, ce n'était pas que pour les plus riches ?

2:21
Invité politique

– Essentiellement. Il faut, par exemple, s'attaquer aux aides publiques, aux entreprises, c'est 211 milliards chaque année, c'est un énorme levier. La deuxième priorité, c'est de l'argent pour nos services publics, pour nos hôpitaux, pour nos écoles, pour notre sécurité sociale. La troisième priorité, c'est d'augmenter les salaires parce que les salaires n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020. Il faut augmenter les salaires et les pensions. Le quatrième point, c'est évidemment l'abrogation de la réforme des retraites. Et puis le cinquième point, ça fait plus d'un an que la CGT tire la sonnette d'alarme sur la situation économique, sur les fermetures d'usines qui se multiplient.

Il faut prendre des mesures, mettre en place un moratoire sur les licenciements, organiser des assises de l'industrie et cesser de subir.

3:04
Présentateur

– Un collectif qui est né sur les réseaux sociaux, Sophie Binet, appelle, vous le savez, à bloquer le pays à partir du 10 septembre prochain. Est-ce que vous appelez, vous aussi, à la CGT, à des actions, à des blocages et à des manifestations ?

3:15
Invité politique

– La CGT appelle à la mobilisation, c'est très clair.

3:17
Présentateur

– Ça veut dire quoi la mobilisation ?

3:18
Invité politique

– Eh bien, nous allons en débattre demain avec toutes les organisations de la CGT qui seront réunies. Et puis nous en débattrons dans les jours qui viennent.

3:26
Présentateur

– Il y a déjà des branches de votre syndicat qui ont appelé à se mobiliser pour des actions très fortes le 10 septembre. Ce ne sera pas forcément votre position au final ?

3:33
Invité politique

– On va le décider demain, donc je ne vais pas vous en parler ce soir. Ce qui est sûr, c'est qu'on va le décider avec les organisations de la CGT et puis surtout et aussi avec l'intersyndicale qui va se réunir dans les jours à venir. Vous avez remarqué que l'ensemble des organisations syndicales dénoncent ce projet de budget, demandent un autre budget, une autre copie. Et donc nous allons travailler une riposte commune. Et évidemment, ce qui est à l'ordre du jour de façon très claire, c'est la mobilisation. J'appelle toutes celles et ceux qui sont scandalisés par cette politique à se syndiquer pour pouvoir organiser des actions dans leurs entreprises.

4:06
Présentateur

– Ça veut dire quoi se mobiliser ? Je prends un exemple, on en parlait il y a quelques minutes ici même. L'Union syndicale des lycéens, qui est le principal syndicat de lycéens, appelle à bloquer tous les établissements à partir du 10 septembre. Est-ce que la CGT suit ce mouvement-là ou pas ?

4:21
Invité politique

– La CGT n'organise pas les lycéens, donc ce n'est pas la CGT qui va dire aux lycéens et aux lycéennes ce qu'elles ont à faire.

4:27
Présentateur

– Vous pourriez dire, on soutient ce mouvement, et plus on est nombreux, plus on sera entendus.

4:30
Invité politique

– La CGT respecte l'autonomie des organisations lycéennes et étudiantes, ce n'est pas à nous de leur dire ce qu'ils et elles ont à faire. Et je pense que c'est important de respecter aussi leur droit à se mobiliser, à donner leur point de vue sur les affaires civiques.

4:40
Présentateur

– Alors je retente ma chance avec les enseignants, ce sont les parents a priori des lycéens. Est-ce que vous appelez les enseignants à faire grève ce jour-là ?

4:48
Invité politique

– Eh bien c'est le débat que nous aurons à partir de demain, puis en intersyndicale, parce qu'effectivement…

4:53
Présentateur

– N'avez pas de conviction sur cette question-là ? Vous ne dites pas « il faut que ce soit le plus fort possible » ou au contraire « ne grillons pas toutes nos cartouches ce jour-là » ?

5:01
Invité politique

– Notre objectif, très clairement, c'est d'organiser une mobilisation très forte et dans la durée, et ce qui est clair, c'est qu'une journée ne suffira pas. Et ce qui est aussi très clair, c'est que nous n'attendons pas le 10 pour commencer la mobilisation. Aujourd'hui déjà, c'est tous les salariés de Radio France qui sont en grève, je pense que toutes celles et ceux qui nous regardent ont commencé à le remarquer, et il y a des grèves qui vont continuer.

Lundi prochain, c'est les hôpitaux de Paris qui vont embrayer, mardi prochain, le 2 septembre, ça va être les salariés de l'énergie qui vont être en grève, et donc nous appelons à la mobilisation tous azimuts, et effectivement, comme organisation syndicale, nos modes d'action, c'est la grève et les manifestations notamment. Et la grève, c'est ce qui pèse, parce que ça permet d'agir sur l'économie.

5:42
Présentateur

Cette journée du 10 septembre, elle a reçu le soutien d'un leader politique, de plusieurs partis, mais d'un leader en particulier, vous le savez, c'est Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est une bonne nouvelle, ou est-ce que c'est de la récupération ? Vous avez dit tout à l'heure, nous on est syndicats, on ne s'occupe pas par exemple de ce qui se passe dans les lycées. Est-ce qu'un responsable politique doit avoir son mot à dire sur une journée d'action ?

6:01
Invité politique

Il peut donner son opinion personnelle, mais ça ne reste que l'opinion d'un citoyen, une opinion personnelle.

6:07
Présentateur

Ce n'est pas plus que ça.

6:08
Invité politique

Ce qui est très clair, et tout le monde le sait, c'est que ce n'est pas les partis politiques qui appellent à la grève, ce sont les syndicats. Ce qui est très clair aussi, c'est que sans organisation syndicale, il ne peut pas y avoir de grève. Et puis enfin, ce qui est évident pour tout le monde, c'est que toutes les organisations syndicales sont indépendantes et que nous n'attendons pas de consignes d'un quelconque parti politique. Ce sont les syndiqués et les salariés qui décident. Et je veux insister...

6:29
Présentateur

Quand vous avez entendu Jean-Luc Mélenchon dire, non seulement il faut une journée d'action, mais il faut même la grève générale. Ce jour-là, vous vous êtes dit quoi ?

6:36
Invité politique

Écoutez, je l'invite à ce syndiquet pour qu'il puisse faire part de son point de vue à son syndicat. C'est comme ça que ça se passe. Mais moi, le message très important que je veux dire, c'est que ce qui est très important, c'est que les choses partent d'en bas et partent de nous. Surtout si ça se transforme comme des manœuvres politiciennes. Au final, on ne répondra pas aux exigences sociales. C'est pour ça que, pour nous, les annonces de François Bayrou, elles peuvent viser à faire diversion de son budget scandaleux. On peut avoir un autre gouvernement qui fait le même budget, voire pire.

Notre sujet, c'est d'avoir enfin un changement de politique économique et sociale pour répondre aux exigences sociales, mais aussi réparer la situation économique qui est catastrophique. Parce qu'à cause de la politique des gouvernements Macron, le déficit commercial n'a jamais été aussi élevé, le déficit public n'a jamais été aussi élevé non plus. Donc c'est une politique qui est catastrophique et d'un point de vue social et d'un point de vue économique.

7:28
Présentateur

Un dernier mot, si vous le permettez, sur le 10 septembre. Vous avez dit que ce mouvement était nébuleux. Pourquoi ? Il y a des choses qui vous inquiètent. On sait qu'il est parti sur les réseaux sociaux il y a plusieurs mois, de comptes assez nombreux. Certains au relant complotiste, d'autres racistes. C'est ça ? Vous dites qu'on ne peut pas reprendre à notre compte, nous, la CGT, un mouvement qui vient de là ?

7:52
Invité politique

Non, moi j'ai fait une remarque très factuelle, puisque évidemment que ce mouvement reste encore flou. Et c'est bien normal au vu de la façon dont il a été lancé, parce qu'il s'est lancé sur les réseaux sociaux, et de la grande instabilité politique qu'il y a avec les changements, les annonces. Donc c'est tout à fait, c'est factuel, je pense que tout le monde le reconnaît. Et c'est normal, et les choses se clarifient progressivement.

8:16
Présentateur

Le gouvernement, la ministre du Travail en l'occurrence, a entamé aujourd'hui une série de consultations avec les partenaires sociaux. On ne sait pas ce que va devenir le budget de François Bayrou, mais en attendant, dans l'espace qui nous sépare aujourd'hui du 8 septembre, est-ce que la CGT continue à discuter avec le gouvernement de tous les sujets qui sont sur la table, que ce soit les jours fériés, la réforme de l'assurance chômage, ou tout le reste ? Ou est-ce que le dialogue aujourd'hui est rompu ?

8:42
Invité politique

Le problème, c'est que c'est le gouvernement qui a rompu le dialogue, puisqu'il a publié deux lettres de cadrage pour ouvrir de premières négociations sur les jours fériés et sur l'assurance chômage, sans même nous avoir reçus. Il les a publiées en plein mois d'août, alors que nous lui avions dit que nous souhaitions attendre la rentrée pour pouvoir échanger sur ces lettres de cadrage, et alors que nous lui avions dit notre ferme opposition à ces annonces.

9:07
Présentateur

Donc vous vous parlez encore ou c'est terminé, pour l'instant ?

9:09
Invité politique

Le souci, c'est que c'est le gouvernement qui a choisi de rompre le dialogue avec les organisations syndicales en publiant de façon unilatérale en plein été, ces deux lettres de cadrage, et ça sonne clairement comme une déclaration de guerre vis-à-vis des organisations syndicales. Je rappelle que sur l'assurance chômage, le gouvernement a déjà fait quatre réformes de l'assurance chômage, enfin Emmanuel Macron a déjà fait quatre réformes de l'assurance chômage en six ans, et que les acteurs sociaux venaient juste de signer un accord sur l'assurance chômage qui n'était même pas encore rentré en vigueur.

Et le gouvernement, alors qu'il avait validé cet accord, nous explique maintenant qu'il faut une nouvelle négociation pour encore prendre quatre milliards aux chômeurs. Mais il faut arrêter de se moquer du monde.

9:45
Présentateur

Merci beaucoup Sophie Binet d'avoir été sur le plateau de BFM TV.

Mobilisation du 10 septembre, François Bayrou, budget 2026... L'interview intégrale de Sophie Binet · Pourquijevote