Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis Annecy.
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Chapitres
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- 0:30Emmanuel MacronFait
« Nous sommes évidemment tous et toutes derrière les victimes et leurs familles. »
- 1:00Emmanuel MacronFait
« Je sais que notre ambassade a aussi pu être au contact de la famille néerlandaise qui est à Genève. »
- 2:30Emmanuel MacronFait
« s'attaquer à des enfants est l'acte le plus barbare qui soit. »
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Merci au Président du Conseil départemental. Merci de nous accueillir, Monsieur le Préfet. Je le dis devant tous les parlementaires et les élus du territoire ô combien touché, Monsieur le Maire, Madame la Présidente Hidalgo, Mesdames et Messieurs les Parlementaires et les élus, d'abord vous dire la solidarité de la nation.
Nous sommes évidemment tous et toutes derrière les victimes et leurs familles. J'ai eu l'occasion avec mon épouse, à Grenoble puis à Annecy, d'être aux côtés de plusieurs de ces familles, des familles françaises, mais aussi des familles britanniques. Je sais que notre ambassade a aussi pu être au contact de la famille néerlandaise qui est à Genève.
Nous sommes évidemment en pensée, en émotion et en solidarité derrière ces enfants et ces adultes qui ont été touchés et une des victimes est parmi nous, celle qui va le mieux. Je salue notre compatriote qui a pu sortir de l'hôpital et qui est à nos côtés aujourd'hui. Je disais que vous étiez sur pied et qu'on était heureux de cela.
Le sens de ma présence aujourd'hui, c'était évidemment d'apporter le soutien de la nation tout entière à ces enfants et ces familles, au premier chef, à Annecy, à ses habitants, au département et à la région qui ont été touchés aussi dans leur chair. Je sais combien ces traumatismes restent et durent, donc nous sommes là, à leurs côtés et à vos côtés. Mais, le sens de ma présence, c'est aussi de vous remercier tous et toutes, parce que, dès les premières minutes de ce drame et de ce qui reste une barbarie, je ne veux pas qualifier les choses et je veux que la justice puisse faire son travail avec sérénité et professionnalisme.
Je remercie nos magistrats et nos forces de police qui sont mobilisés, et l'ensemble des sections à Annecy, Lyon et Paris, qui se sont mobilisées immédiatement pour pouvoir faire advenir la vérité. Mais s'attaquer à des enfants est l'acte le plus barbare qui soit. Je crois que c'est ça qui nous a tous bouleversés et qui vous a bouleversés, vous qui êtes intervenus dès les premières minutes.
Au moment où je vous parle avec la plus grande prudence, il ne m'appartient pas de faire des bilans médicaux mais, d'après ce que m'ont dit vos confrères d'Annecy et de Grenoble, et ce que nous avons compris de vos confrères de Genève, si nous pouvons vraiment nourrir le plus grand des espoirs pour les enfants et les adultes qui ont été touchés et que, normalement, les choses vont continuer d'aller en s'améliorant, c'est parce que vous avez été, chacune et chacun, à votre poste et dans votre rôle, remarquables de professionnalisme et d'efficacité. D'abord des citoyens, et je rends hommage à ceux qui sont ici présents, qui sont intervenus avec beaucoup de courage pour s'interposer sans se poser de questions, et qui, dans une actualité qui parfois nous fait voir le pire des visages de l'humanité, nous disent ô combien avoir reçu une éducation, porter des valeurs et savoir trouver en soi les ressorts de ce qui nous tient debout et les plus belles valeurs permet de faire des grands gestes. Donc Mon Colonel, Messieurs et Madame, merci infiniment d'avoir su intervenir avec beaucoup de courage et avec la force d'une évidence quand vous le décrivez, mais ça n'a rien d'une évidence.
Je veux aussi saluer les agents municipaux qui étaient à vos côtés et qui ont eu le même réflexe, des agents de propreté qui ont voulu s'interposer avec le même sens du devoir. Et je veux remercier toutes les forces qui sont arrivées sur le site, Police municipale et Police nationale, pour tout de suite intervenir, stopper et éviter que d'autres agressions et peut-être d'autres crimes ne soient commis. C'est, là aussi, votre courage et votre rapidité d'intervention qui ont évité cela.
Je veux aussi remercier nos soignants et nos sapeurs pompiers. Vous avez su intervenir avec une parfaite organisation et une unité de mission. Je le disais à l'équipe du SAMU qui est ici présente comme à vos collègues et aussi à nos sapeurs pompiers, vous avez été remarquables de professionnalisme et d'humanité.
Ce que toutes les familles nous ont dit depuis ce matin, c'est à quel point elles avaient été touchées par le soin immédiat que vous avez pris d'elles. La première chose que m'ont dit vos confrères que je félicitais à Grenoble c'était que, s'ils étaient sauvés, c'était parce que nos confrères étaient intervenus et avaient fait les bons gestes dans les premières minutes. Donc on vous doit beaucoup.
Je veux aussi dire que c'est ce qui donne du sens au travail qui est le vôtre tout au long de l'année, de tous vos collègues, qu'ils agissent dans le cadre d'urgences ou de soins programmés. Nos soignants et nos sapeurs pompiers aux côtés desquels j'étais il y a quelques jours, vous faites un travail remarquable et je veux redire ici le soutien de la nation, pas simplement aujourd'hui mais dans la durée. Et je veux remercier nos forces de sécurité civile qui ont ensuite permis le transfert vers Grenoble et vers Genève, remercier nos gendarmes qui sont immédiatement venus en appui de leurs collègues policiers, et remercier nos militaires du 27 qui ont été là tout de suite pour sécuriser la zone et venir en appui avec une complémentarité parfaite.
Je veux remercier avec beaucoup de force l'ensemble des personnels de la préfecture, leurs collègues du conseil départemental, leurs collègues évidemment de la ville et de toutes les collectivités qui se sont mobilisés. Tout cela nous dit une chose, c'est que, ce qui tient la puissance publique quand il y a une crise et que le pire advient, se tient comme un tout organique, et que, ce qui est parfois critiqué quand on lit des choses qu'on voudrait nous décrire comme étant trop lentes ou mal organisées, est une force qui, dans ce moment-là, s'organise avec une réactivité absolument extraordinaire pour protéger, venir en aide et accompagner. Donc je voulais aujourd'hui, avec beaucoup de gratitude devant tous vos élus, vous dire les remerciements de la nation pour ce que vous avez fait.
Ces remerciements ne sont pas les remerciements d'un jour, mais aussi d'un moment très particulier. Je veux aussi que maintenant vous pensiez un peu à vous, parce que, surtout pour celles et ceux qui ont été exposés dans les premières minutes, vous avez vécu des moments très durs et traumatisants, et il faut que vous acceptiez également d'être accompagnés dans la durée parce que ce sont d'autres blessures. Il faut savoir les regarder pour pouvoir les traiter et les accompagner et qu'elles ne se rouvrent pas ensuite.
À ces mots de gratitude, je voudrais conclure en ajoutant des mots de fierté. En tant que président de la République, je suis très fier de vous et de ce qui a été fait par des compatriotes qui étaient simplement là et très fiers de la place et du rôle que chacun a pris, le vôtre et donc le nôtre. Vous avez fait votre devoir mais, en faisant chacune et chacun votre devoir, vous avez fait beaucoup plus.
Je suis sincèrement extrêmement fier et je pense que ce visage de la France que vous avez offert, une France qui sauve, qui intervient, qui interpelle, qui va à la recherche de la vérité, qui soigne et qui accompagne avec efficacité et humanité, c'est celui dans lequel nous croyons et qui, dans cette salle aujourd'hui, justifie notre engagement. Donc vous avez ma gratitude et ma fierté pour cela. Vive la République et vive la France !
Emmanuel Macron