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interviewLe Média (sur YouTube)· 15 mars 2022 66 min

FACE À LA GUERRE SUR TF1 : RETOUR SUR UN DÉBAT TRUQUÉ | CONTRE-MATINALE #109

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] [Musique] Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Méia TV. Nous sommes le mardi 15 mars 2022 et hier nous avons assisté au premier vrai faux débat présidentiel de l'histoire de France. OK, ce n'est pas du même ordre que le premier homme à avoir marché sur la Lune, mais on a les premières que l'on peut.

En tout cas, la soirée d'hier vous a, on imagine, convaincu de la nécessité de regarder la télé en dehors de la télé de la télé et de soutenir les initiatives indépendantes qui permettent de sortir d'une certaine forme de courtisanerie médiatique. Tout ça pour vous dire de soutenir le média, d'appeler vos proches à soutenir le média, de nous donner les moyens de survivre en allant sur lemediatv.fr/soutien.

Nous sommes le m le mardi 15 mars 2022, il est 7h34. La contre matchinale du média épisode 109 c'est parti. [Musique] En première partie de matinal, on débriefera avec notre ami Paulc la fameuse émission La France face à la guerre diffusée hier sur TF1.

Une sorte de faux débat de premier tour étonnant sur la forme et assez instructif sur le fond. Et en deuxème partie, mon confrère Gémil, mon confrère et camarade et copain Gmil recevra Océan Marach coordinatrice d'Utopia 56 à Paris pour évoquer la terrible question des réfugiés ukrainiens et aussi le deux poids de mesure dans la perception et le traitement des réfugiés en général. Mais commençons par la titrologie.

La guerre en Ukraine et ses conséquences à l'internationale sont à la une de nombreux quotidiens nationaux avec les Ukrainiens accueillis en France. C'est le titre du quotidien d'inspiration catholique la croix qui ont rencontré trois familles ukrainiennes tout juste arrivé en France lesquelles raconte leur vie qui a basculé et l'avenir qui se dessine. Les réfugiés sont une conséquence directe de cette guerre, mais elle porte également en elle des crises des risques de famine en raison de la hausse des prix des céréales, notamment la fin, l'autre front de la guerre, titre le quotidien d'inspiration communiste l'humanité.

L'UMA qui explique que la flambée des prix menace la sécurité alimentaire mondiale et que le président en exercice de l'Union africaine sonne l'alarme. Ukraine, la Russie étend ses frappes et lance un avertissement à l'OTAN, titre le monde. C'est quoi cet avertissement ? 35 personnes nous expliquent le monde ont été tué dimanche dans le bombardement d'une base proche de la Pologne, une base associée à l'OTAN et qui servait de plateforme de livraison d'armes pour l'Ukraine.

Bien sûr, le bras de fer entre l'Occident d'un côté et la Russie de l'autre débouchera-t-il sur des tensions accrues entre Washington et Pékin dont les relations étaient déjà assez compliquées ? Guerre en Ukraine, le trouble jeu de Pékin, c'est le grand titre du quotidien de centre gauche libération. Libération qui écrit soutien économique, équipement militaire l'aide que Poutine pourrait recevoir de son puissant voisin chinois inquiète l'Occident.

Et le Figaro quotidien de la droite traditionnelle rang chéri et titre Ukraine l'Amérique somme la Chine de lâcher Poutine. Pendant la guerre le Covid continue. Ce n'est pas un titre de journal mais ça pourrait l'être.

En effet, la ville de Shenzen en Chine où l'entreprise de sous-traitance Foxcon fabrique des iPhones se confine pour au moins une semaine face à la résurgence du Covid. Justement, il y a pas que Foxconc à Shenzen alerte sur le cœur industriel de la Chine, panique un peu les échos, donc le quotidien économique, les échos en grande une. Les échos qui entrevoient une nouvelle menace pour le commerce mondial, menace qui s'ajoute aux difficultés d'exportation russe et ukrainienne.

Et du côté de la presse indépendante en ligne, je vous recommande vivement de lire la dernière enquête de disclose, du média et de l'ONG d'investigation disclose. Elle tombe à point nommé pour imposer la froide réalité face aux éléments de langage et à la communication tous azibut. Les éléments de langage, ce sont les tonnes de paroles de mépris déversé sur les soi-disants amis de les soi-disant amis de Vladimir Poutine au sein de la classe politique française et notamment à gauche des paroles prononcées notamment par François Hollande, un François Hollande qui dès 2014 après l'annexion de la Crimée après l'annexion de la Crimée autorisait la vente de matériel militaire à la Russie de Vladimir Poutine.

Une politique que poursuivra Emmanuel Macron. Les journalistes de discuse de disclos révèlent et je lis un extrait de leur article d'après des documents confidentiels défense obtenus par disclos et des informations en source ouvertes, la France a délivré au moins 76 licences d'exportation de matériel de guerre à la Russie depuis 2015. Montant total de ces contrats 152 millions d'euros comme l'indique le dernier rapport au Parlement sur les exportations d'armement sans toutefois précisé le matériel le type de matériel livré.

En parlant de matériel livrés, il s'agit essentiellement, explique disclose, de caméras thermiques destinées à équiper plus de 1000 tanks russes ainsi que de systèmes de navigation et de détecteurs infrarouge pour les avions de chasse et les hélicoptères de combat de la force aérienne russe. Bref, ce matériel pourrait déjà avoir, en tout cas de toute évidence, il a été utilisé dans la guerre d'Ukraine et de manière assez déterminante. Et pourtant, il y avait déjà embargo en fait en 2015.

Mais mais explique disclose, les gouvernements de François Hollande puis d'Emmanuel Macron ont profité d'une brèche dans le cet embargo européen. Il n'était pas rétroactif. En clair, les livraisons liées à des contrats signés avant l'embargo pouvait être maintenu maintenu contacté par disclose.

Une source au sein de la Commission européenne rappelle ce qu'elle appelle la position commune de 2008. Celle-ci stipule et je cite que les États-membres doivent refuser les exportations d'armement dès lors qu'elles peuvent provoquer ou prolonger un conflit armé. C'est exactement dans cette configuration que nous nous trouvons.

On attend de voir comment les médias audiovisuel mainstream traiteront ce sujet dans les jours à venir. En parlant d'enquête, on vous rappelle si vous le saviez ne le saviez pas déjà ou bien si vous le saviez, on vous le dit si vous ne le saviez pas et on vous le rappelle si vous le saviez que ce soir à 18h un documentaire qui s'annonce plein de révélations sortira sur le site internet et sur la chaîne YouTube de nos confrères du tout nouveau média off investigation. Un documentaire au titre explicite : Macron l'algérien en marche vers le cash pour l'interrogation.

Regardez le documentaire donc je rappelle dès ce soir à 18h et soutenez off investigation. Mais en attendant, regardons la bande annonce du film. [Musique] On dit souvent que les routes de l'Élysée passent par Alger et manifestement durant sa course à la présidentielle, le candidat Emmanuel Macron l'avait bien compris.

Compte tenu du rôle que joue l'Algérie dans notre histoire, dans notre pays, dans l'avenir aussi qui est le nôtre et qui est celui du Maghreb et de l'Afrique, il est indispensable. durant une campagne présidentielle de venir faire une telle visite. En février 2017, il passe 2 jours en Algérie.

Une visite qui va façonner ses futures relations avec le pouvoir algérien entre complaisance à l'égard d'un président fantôme, [Musique] rencontrre avec des hommes d'affaires aujourd'hui derrière les barreaux [Musique] et ignorance des aspirations démocratiques de millions d'Algériens. Enquête sur les compromissions d'Emmanuel Macron avec le régime algérien. [Applaudissements] Fallait me dire que vous vouliez poser toutes ces questions parce que j'aurais pas accepté votre votre invitation. [Musique] Je suis désormais sur le plateau avec mon camarade Paulc.

Paulc est doctorant en sociologie, ancien assistant parlementaire et il a bien voulu se taper l'intégralité d'une émission d'hier sur TF1, le faux débat présidentiel intitulé "La France face à la guerre." Pour ceux qui n'ont pas eu la force de regarder cette émission, nous en diffuserons quelques extraits. En réalité, les professions de fois du début.

On commence donc par Emmanuel Macron et on revient sur le plateau. [Musique] Alors Paul, commencé par Emmanuel Macron permet d'évoquer le dispositif qui a été mis en place et qui a été manifestement imposé par le président de la République. Peux-tu évoquer ce dispositif lors de cette émission et et nous dire ce que tu en as en pensé ?

Oui. Alors effectivement, c'était l'opinion, le journal euh qui on peut pas soupçonner, de sympathie communisante ou euh euh qui disait que probablement c'était Macron qui avait imposé le dispositif, à savoir ne pas croiser les adversaires, ne pas avoir de débat avec les adversaires et donc euh avoir une succession euh de candidats tirés au sort qui viendrai au fur et à mesure sur le plateau. Et donc la configuration était la suivante : une minute au début pour faire une présentation, une pr une propression de foi.

Ensuite, un passage de entre 10 et 20 minutes finalement est assez différent selon les comment dire en terme de temps selon les candidature et puis à la fin un droit de réponse où les personnes interpellées étaient censées se répondre mais en l'absence de débat ils ont surtout utilisé ce temps-là pour faire leur propre conclusion. Euh je signe que il n'y avait pas de débat puisque personne ne s'est véritablement interpellé et que chacun est plutôt resté sur son créneau. Et puis euh sur les questionnements, sur le on va dire le développement du milieu euh bien sûr l'émission s'appelait face à la guerre.

Donc les questions euh étaient principalement axées d'abord sur la question de la guerre et du conflit. Qu'est-ce qu'il fallait faire ? Et tout le monde a dû se prêter plus ou moins en jeu de qu'est-ce que vous feriez si vous étiez le président maintenant ? ou alors en refaisant la rétrospective de ce qui s'était passé enant qu'est-ce que vous auriez fait ?

Ce qui est une question beaucoup moins utile que la question qu'est-ce que vous feriez si vous étiez demain élu ? Et ensuite des questions, la question du choc énergétique qui est une question à mon avis très importante pour les aven à venir autant sur la scène internationale que sur la question en fait d'impact sur le pouvoir d'achat et sur le modèle de développement que l'on met en place dans nos pays mais qui a été traité vraiment comme une liste de qu'est-ce qu'on fait face à la crise qui est qui provient de la guerre finalement. Et puis ensuite des questions un peu de politique on va dire sociale, les retraites, un peu de politique fiscale, les impôts mais souvent à la fin de façon très courte avec euh un temps de parole qui était trop court pour pouvoir rentrer dans les débats et sur laquelle on a dû assister à la succession des propositions en fait des candidats au même temps que les candidats se proposaient.

Et puis il faut noter aussi l'absence d'invitation pour certains candidats. Il y a mais pas Philippeou par exemple alors queon peut enfin s'étonner légitimement. Je il est dans le même niveau des sondages que à Hidalgo, mais àgo privilège peut-être du parti socialiste, ancien parti dominant ou peut-être personnage qui fait moins peur.

On se rappelle que Philippe Poutou avait fait de la punchline en tout cas avait frappé par ses mots le débat la dernière fois et puis d'autres candidats aussi Natour enfin finalement c'est sur le principe quoi. Soit on invite tout le monde soit on devrait pas inviter les gens. Donc euh oui, le faux débat, faux débat et je pense que la le premier perdant, ça a été le débat politique et médiatique français.

He en plus, il y a eu des temps de paroles différenciés, c'est-à-dire euh que euh euh les règles du CSA, c'est-à-dire l'équité euh euh ont été disons imposées lors de ce débat, ce qui est une mauvaise manière parce qu'en réalité, vous êtes sur le même plateau mais une personne a plus de temps de paroles qu'une autre. Ça semble assez curieux. Ben c'était effectivement très étonnant parce que j'ai le souvenir d'autres émissions sur d'autres chaînes ou peut-être même sur celle-ci où on avait au moins le temps de parole affiché.

Là, on avait rien. Le fairplay d'ailleurs, c'est de partir à Armégale de toute façon sur n'importe quelle plateforme de débat euh euh débattre avec enfin débattre être face aux Français et donner un avantage comparatif au chefs de l'État surtout et à a et à d'autres euh candidats. C'est c'est très curieux ça.

Ça ça crée une sorte d'inégalité des armes qui est contestable à tout point de vue. Oui, effectivement, je pense que le chef de l'État, Emmanuel Macron, a fait part de son mépris pour le débat. Il a dit qu'il voulait pas venir.

Ensuite, il a imposé ses conditions plus ou moins pour venir. Il il montre bien que il ne se sent pas euh nécessairement euh euh obligé de se confronter au débat démocratiques, aux critiques de ses adversaires. Et donc du coup, euh il a voulu imposer ce type ce type de débat.

En tout cas sur le temps de parole effectivement moi j'ai j'ai pas fait le le compteur parce que je regardais attentivement mais ce qui est impressionnant c'est que dans d'autres chaînes on a le compte le décompte on aurait pu voir là on sait que c'est plus ou moins différent parce que les gens ont été plus observateur ont regardé mais enfin les journalistes ont systématiquement dit nous allons faire comment dire attention au temps de parole nous allons faire en sorte qu'il soit égal pour tout le monde. Et en fait ils étaient eux en fait de façon très discrétionnaire c'est les soi-disants garant et le résultat on l'a vu, c'est que c'est pas le cas. Donc effectivement euh encore une fois euh pas de débat euh des conditions qui à mon avis euh euh ne permettent pas de d'honorer en fait l'événement politique qui est la présidentielle et qui un événement politique extrêmement important dans le champ politique d'autant que les Françaises et les Français sont l'investissent de façon massive en général.

Donc euh oui euh c'était c'était un simulacre. En plus, ce thème principal face à la guerre n'est-il pas un moyen finalement de donner encore un autre avantage comparatif au chef de l'État puisque c'est lui qui actif face à la guerre et les autres ne peuvent que commenter notamment sur des sujets sur lesquels ils n'ont pas toute l'ampleur de vue qu'un président de la République peut avoir. C'est sûr puisque il est plus informé qu'il est à la manœuvre aujourd'hui tout simplement.

Après, je pense qu'en plus euh avec un temps si court, avec des questions qui étaient pas si intéressantes de la part des intervenants, euh ils n'ont même pas pu véritablement me mettre en place ceci parce que au final, c'était plus des questions sur Poutine, pas Poutine. Vous savez le le débat qu'on a eu là pendant pendant deux semaines où on disait il y a des gens qui sont pro Poutine, il y a des gens qui sont pas pro Poutine, démocratie, dictature, c'est comme ça que ça a tourné d'un côté des candidats. effectivement Macron qui s'est posé lui sur je continue de parler avec Poutine tout en disant qu'il faut l'exclure de la communauté internationale.

Enfin, il a il a mené la politique qu'il mène officiellement au nom de la France, au nom de l'Union européenne et je ne suis pas sûr que je dire débat il y avait pas parce qu'il y avait pas de débat entre candidat mais débat il y avait pas aussi sur le fond sur le le fond politique c'estàd sur les enjeux d'une discussion sur les enjeux des désaccords. C'était plutôt chacun dans son créneau, chacun dans sa position pour représenter, pour se positionner, voilà, sur la scène et montrer qu'est-ce qu'on soutient, qu'est-ce qu'on soutient pas. Ben, en tout cas, TF1 a réussi euh son coup et et et d'une certaine manière pour y parvenir, TF1 a répondu à toutes les exigences du chef de l'État.

Alors, toujours pour ouvrir la discussion, j'aurais voulu qu'on fasse un petit mix j'ai voulu qu'on fasse un petit mix des interventions des candidats de gauche en regarde. Alors Paul, avant qu'on parle de des candidats de gauche, tu voulais redire quelque chose sur Emmanuel Macron. Bah en fait euh pour insister comme la dernière fois que je suis passé sur ce plateau euh sur le discours d'Emmanuel Macron, il a dit euh "Nous avons résisté, nous avons innové, nous sommes sortis euh plus fort de la crise." Il y avait encore ce discours où il a revendiqué la direction intellectuelle et morale de la société et c'était son rôle de classe dirigeante, hein.

C'était intéressant de voir que toutes les crises de NO, crise écologique, crise sociale, crise des inégalités sont des phénomènes extérieurs qu'il a voulu naturalisé. Il dit "Il y a même d'autres crises qui viendront, je vous dis même pas lesquelles." On sait pas parce que ça marche à tous les coups, il les met en extériorité et je trouvais que c'était très intéressant de de voir cette posture de nouveau avec ce rapport où il dit je dire finalement moi je suis là, c'est naturel, je suis déjà en superhéros qui fait face.

C'est ça. D'ailleurs, il a dit à un moment sur la question du nucléaire, vous savez, moi j'ai fait un rapport, ça n'est regardé avec la science, j'ai demandé à des expert et ça n'est pas idéologique et ça n'est pas politique. C'est que l'ensemble des décisions qu'il prend, on a l'impression que ça n'est pas c'est ce qu'il dit.

En tout cas, elles ne sont pas politiques, elles sont pas idéologiques. C'est le bon sens et c'est ça, c'est vraiment la là où on voit que le centre de la classe dominante, je veux dire, c'est aujourd'hui Emmanuel Macron et que la recomposition qui a été forcée en 2017 de la classe dirigeante autour de Emmanuel Macron, elle est installée pour de bon. Et je voulais préciser ça parce qu'ensuite sur la suite pour parler des positionnements de chacun et de chacune, c'est à mon avis important.

Alors justement, on a vu Mélenchon, Jado, Hidalgo, Rousell. Euh quels ont été disons les points forts des différents candidats ? Leur approche si on pouvait comparer, faire une approche comparative des des candidats de gauche ?

Bon, je pense que Jean-Luc Mélenchon, il est resté sur son créneau d'abord. C'est que Jean-Luc Mélenchon, on le sait, il veut imposer des contre-récis. C'est un des rares hommes politiques à gauche qui arrive à imposer ses idées.

Il avait fait sur créolisation, à imposer ses éléments de langage. Et c'est sa manière de participer au champ politique, c'est-à-dire d'amener sur son terrain euh la discussion pour pouvoir montrer qu'il est force de proposition. C'est ce qu'il veut faire en faisant la démonstration chiffrée de son programme.

Et là dans ce dans ce créneau, il est resté là-dessus. On le voit dans le Magnito qui est sa profession de foi. Sa conclusion est dans un sens similaire où il dit un autre monde est possible.

C'est sa formule. Ça sera certainement son slogan sur la fiche de campagne. Euh c'est sur quoi il veut marquer le champ en disant la rupture c'est moi.

Mais pas seulement la rupture avec Emmanuel Macron, la rupture en terme de monde. C'estàdire qu'il veut montrer qu'il est un projet en tant que tel qu'il peut porter des aspirations qui se sont exprimées sur le champ politique dans les mouvements sociaux, dans le mouvement pour le climat et cetera. Yannique Jado à mon avis a été d'une part dans sa sa prise de parole la première, il a essayé de se positionner comme opposant à Macron mais je pense que là où il a été assez intelligent, c'est qu'il a essayé vraiment de parler à son élect en premier lieu.

Pourquoi ? parce que dans son intervention, il va systématiquement mettre en avant des positionnements sur lesquels il peut essayer de en fait de reprendre, si tu me permets l'expression, l'aile droite du vote de Jean-Luc Mélenchon. C'estàd les électorats qui peuvent être en hésitation, qui peuvent ne pas naturellement vouloir voter pour Jean-Luc Mélenchon, mais être tenté par Mélenchon plutôt que Jade, effectivement par vote utile.

Et donc du coup pour leur parler, il a joué sur les clivages avec le clivage, je suis plus pro européen, je suis pour des propositions. Il avait régulièrement des propositions de surenchère. Ils lui ont dit "Mais vous êtes le plus vat en guerre des candidats." Il a proposé de faire un embargo sur le pétrole et le gaz russe.

C'estàd au mépris du fait que ça aurait des conséquence catastrophique sur les classes populaires du pays et qu'en plus il le dit au niveau européen, ce qui est irréalisable puisque ses partenaires partout en Europe diront non. tout simplement parce que sinon ça veut dire qu'il y a plus d'industrie allemande, on éteint l'Autriche et on se tape une récession immense. À moins que euh on demande euh comment dire aux États ou euh aux grandes entreprises de compenser mais personne ne le voit venir, enfin bref, un château en Espagne.

Mais c'était une manière de trouver un point de chute sur sa surenchère et de mettre en avant l'Europe, de tacler Mélenchon sur cette question de la démocratie et c'est vraiment le point de clivage où il y a un électorat aussi qui qui peut reprocher à Mélenchon ces choses-là. Et donc du coup, j'ai trouvé que il était habile dans la capacité à parler à son électorat, à essayer de venir le récupérer et avec sa à essayer d'avoir ses 5 % quoi pour être remboursé. Oui, peut-être que c'est pour ça si tu es peut-être plus cynique que moi, mais en tout cas, je pense que effectivement il il s'est concentré là-dessus.

Donc avec une introduction sur euh m'opposer à Macron, c'est ce qu'on a vu dans le Magneto, une euh une grande prise de parole sur le cœur de son éctora et une conclusion euh assez moralisante euh euh qui à la fois était là pour parler aux jeunes et que j'ai trouvé euh euh pas très bonne puisqueil était euh il faisait des grands slogans, il nous a dit l'injustice c'est mal, le racisme c'est mal. Enfin en fait beaucoup de banalités où on est d'accord sur le fond mais avec toujours cette posture moralisante. Il parle une jeunesse quand même assez dépolitisée qui aime le bien et qui n'aime pas le mal quoi.

Bah en tout cas c'est comme ça qu'il leur parle et je pense que c'est pas beau de prendre les jeunes comme ça pour des gens qui auraient pas des avis extrêmement tranchés ou ou ou remplis des du fond rempli sur Dalgo. Qu'est-ce qu'on peut dire ? Nidalgo en fait, je pense qu'elle a essayé de donner une ligne plus à gauche que ce qu'on a habitué du parc socialiste, comme si elle voulait revenir dans le centre du jeu à gauche et qu'en fait elle avait les mots du parti socialiste, elle avait les symboles, les les mots clés, elle envoyait le signal de ce qu'a représenté le parc socialiste, mais elle n'avait plus le souffle.

Et elle avait plus le souffle parce que on est encore une fois dans une recomposition du champ électoral et qu'on a vu que le parc socialiste s'est effondré. Il n'a plus l'âme de ce qu'il était. Il a trahi. il a déçu et que aujourd'hui elle essaye dans la bataille.

D'ailleurs pendant 2 semaines, elle a fait que parler de Jean-Luc Mélenchon, dictature contre la démocratie. Elle a encore essayé avec des mots, vous sa mais sans les remplir. Je suis la gauche républicaine, je suis la gauche laïque, je suis la gauche européenne mais jamais en remplissant le fond.

Et donc du coup, elle a un peu essayé de faire concurrence sur des propositions de gauche un peu sur la retraite mais pas vraiment. Elle nous a dit "J'ai connu des gens qui sont morts à 61, donc je veux garder la réport la répête à 62". Elle s'est emmêlé les pinceaux justement là c'était en fait elle s'est embrouillé làdus elle s'est embrouillé mais en même temps à côté elle a essayé de dire qu'elle était pour plus de services public.

Elle a essayé donner des signaux à gauche mais en fait sans le souffle et la dynamique et le symbole de ce qu'avait représenté le parc socialiste et ben on a l'impression qu'elle a juste voilà qu'elle a essayé de rester dans la course dignement alors que dans ses attaques, elle avait fait preuve d'une indignité assez assez remarquable. Et Fabien Rousell. Et ben Fabien Roussell, moi je l'ai trouvé très fort dans sa présentation d'introduction.

Il a été lui, il a été très comment dire, il a été moins formel que les autres dans la façon dont il a parlé aux gens. Je pense qu'il a été sincère. Je pense que pour une fois, alors qu'il s'était caractérisé par un opportunisme assez droitier en reprenant les armes de l'adversaire pour taper ses concurrents à gauche, cette fois-ci, il est resté sur ses fondamentaux. il est resté sur le programme social, sur les retraites, sur les salaires et euh quand il fait ça euh il il a parlé des familles nombreuses aussi, mais je il a il à mon avis il est resté sur les fondamentaux et il a été assez fort, mais par contre il a manqué de faire la démonstration de quelle était la plus-value de son programme par rapport par exemple à Juc Mélenchon, par rapport à cette candidature qui risque finalement de permettre au Parti communiste français de revenir dans l'arène ou en tout cas de s'installer à court terme dedans, mais de ne pas gagner.

Et donc du coup, pourquoi pourquoi tant de divisions et pourquoi tant d'attaques par le passé alors que aujourd'hui il a fait la démonstration que il tenait, il s'inscrivait dans la ligne aussi qui avait été tracée aux deux élections précédentes par l'alliance entre les communistes et la France insoumise. Donc bon, il était vraiment pas mauvais sur le fond mais je pense que là il a il a il a divisé pour une option qui risque de ne pas gagner et qui risque de faire mal qui risque de faire perdre enfin perdre le second tour à la gauche. Alors, on passe désormais euh aux droites lors de ce débat.

Alors voilà, donc la droite, les droites ont parlé et moi à titre personnel, j'ai trouvé que dans lexique, ça se ressemblait beaucoup et finalement que Valérie PCR ne se distinguait pas euh de de Marine Le Pen et de d'Éric Zemmour. Bah oui, ça se ressemblait beaucoup et on a l'impression que la scène politique à droite est marquée par un continuum avec des nuances sur certains points et cetera. Mais en vérité effectivement PCres pour moi c'est le syndrome du vote fillonniste que en gros il reste plus que certains électorats vraiment traditionnel souvent âgé et à mon avis extrêmement aisé et que dans son positionnement elle n'arrive pas à se trouver une place entre bah le créneau néolibéral autoritaire qui est vraiment comment dire occupé par le président de la République par Emmanuel Macron et de l'autre côté une extrême droit qui fait de la surenchère avec laquelle elle essaie de temps en temps de mettre un pied dedans puis elle se retire elle avait 10 grands emplacements puis elle s'est arrê Puis dans son débat contre Zemour, c'était plus ou moins ça l'enjeu.

Il se disait "Non, c'est moi qui suis faud, non, c'est toi qui est fachot, non, c'est moi qui suis fachot." Et bref, du coup à mon avis, c'est ce que je disais tout à l'heure aussi, c'est que la crise des appareils, la classe dirigeante ne peut plus s'appuyer ni sur son aile gauche, le parc socialiste, ni sur son aile droite, comment dire la les républicains et que ces deux appareils, leur crise, la refonte de la scène politique est engagée et continue et elle va s'inscrire à mon avis dans le temps. Par contre, sur l'extrême droite entre Zemour et comment dire Marine Le Pen, je trouvais que c'était intéressant de voir une fracture quand même.

D'un côté, il y a Éric Zemour qui lorsque il ne mène pas la narration, c'est lorsqu'il a pas la maîtrise de la narration quand même, on sent que c'est un candidat facultatif quoi. En fait, je dirais, il s'est inscrit, il va avoir un créneau à droite. À mon avis, il jouera peut-être un rôle par la suite dans la recomposition de la droite, mais il apparaissait pièces rajoutées au débat, pièces rapportées un peu en décalage, en en difficulté, en piochant des idées assis par-ci par là pour répondre aux questions qui lui étaient posées.

Mais fondamentalement, il arrivait pas à venir imposer son clivage, celui du clash civilisationnel, de la guerre de civilisation. Il l'a fait à plusieurs reprises, mais ça ne marchait pas. Et d'ailleurs, on voit bien que le débat contrairement il y a encore quelques mois où on parlait que de lui et que de ça, il n'est pas là-dessus et je l'ai trouvé voilà pas en forme.

Alors que Marine Le Pen, moi elle m'a fait elle m'a fait peur honnêtement. Euh Marine Le Pen, je l'avais trouvé, j'avais l'impression qu'elle avait disparu euh un peu de la scène politique. On entendait peu euh que elle était en pleine crise dans son parti avec les départs, la crise de son appareil et surtout qu'elle hésitait entre plein de lignes.

Et là, elle a parlé à son électorat et qu'il faudra pas l'enterrer tout de suite à mon avis parce qu'elle a parlé à ses classes populaires avec un retour à un discours social chauvin, je dirais. Alors, une fausse liste le discours de 2017. Ouais, un petit peu une fausse ligne sociale, on le sait d'ailleurs.

Elle l'a dit sur la retraite, elle est revenue sur ce qu'elle disait. elle disait un peu de retraite. Euh, j'avais cru comprendre qu'elle voulait mettre en avant 60 ans puis en fait c'est pas ça.

Et puis en fait le nombre de d'animités de cotisation mais toujours elle a jouer sur je veux prendre et protéger le pouvoir d'achat des français et toujours en disant avec préférence nationale. Donc cette ligne toujours en fait je dirais et peut-être on me critiquera mais je dirais que Marine Le Pen joue de sa féminité pour imposer un programme d'extrême droite. C'est une sorte de de louvre compassionnelle.

Vraiment, j'ai l'impression que le caractère compassionnel est mise en avant. euh euh la protecteur et que ça parle forcément à des classes populaires qui ont peur de l'avenir, notamment avec euh la guerre et la crise Covid et tout tout toutes toutes ces crises-là. Vraiment cette manière de de dire je vais vous protéger, vous qui me ressemblez, vous mes enfants.

Et donc le caractère identitaire et le caractère disons état providence se mélange dans une dans une certaine forme d'efficacité. En tout cas, dans ses récents meeting, elle avait mis en scène en tout cas sa personnalité. Je pense qu'aujourd'hui tous les candidats et les candidates mettent en scène genre qui ils sont en tant que personne et donc genre leurs attributs ou ce qu'on considère comme leurs attributs masculins et féminin.

Effectivement le rôle de protection en tout cas que tu soulliges, il il est clair. Elle a essayé de se poser comme protectrice des intérêts des Français par rapport à l'étranger mais à l'intérieur de la France. Et c'était toujours en disant le pouvoir d'achat, je vais le protéger, je vais vous protéger des conséquences de la guerre, je vais vous protéger des conséquences comme d'habitude de l'immigration.

Mais au final effectivement elle se positionne comme un secours pour les classes populaires et c'est là où on voit le clash avec l'histoire Zemour dans c dans ces circonstances il la sert il a il l'humanise il la crédibilise et du coup justement ce ce programme d'extrême droite qui est très clair finalement pendant tout cette campagne là un peu avancé masqué on l' on l'a dit en déroute et il pourrait justement être dangereux c'est c'est c'est c'est c'est c'est pour Pour ça qu'il faut rappeler que l'extrême droite reste l'extrême droite avec un discours social qu'il faut décortiquer pour se rendre compte qu'il est qu'il est fallacieux qu' est effectivement ouais et puis en plus il y a ce côté à mon avis base sociale différente il faudra le prouver ensuite parce qu'on là on a quand même un peu de chiffres mais il y a vraiment moi j'ai l'impression qu'elle a voulu parler aux classes populaires avec ce discours faussement social et en en vérité raciste parce que derrière c'est toujours la préférence nationale mais et que de l'autre côté ÉC Zemour parle le identitaire aux classe pop mais par le néolibéral surtout aux élites et que c'est surtout la bourgeoisie radicalisée qui va voter Zemour. En fait, c'est extrêmement intéressant de voir que dans la séparation des discours et des stratégies, c'est peut-être aussi ça qui va les séparer. Et c'est peut-être aussi pour ça que Marine Le Pen, à mon avis, mais on peut pas prédire l'avenir, risque de finir devant Éric Zemour et que dans la bataille engagée, le socle populaire qu'elle a construit pendant 30 ans, enfin que le Front National puis le RA national a construit pendant 30 ans, il est plus solide qu'on le pense.

Et moi, c'est ça qui me fait peur, c'est que une implantation et le discours qu'elle a donné dans cette émission, c'est c'est elle elle est elle était en retour sur ses classiques et ses fondamentaux. Et c'est un discours qui fait très mal très mal dans une période en plus redoublé par la crise, l'anxiété par rapport à plein de questions qui vont se poser que ça soit le choc énergétique ou social en fait. Et moi je pense que il va falloir aller réfléchir et continuer d'avoir des gens et notamment des médias indépendants qui démontrent à quel point c'est un caractère falacieux. euh genre l'avancée de proposition soit-disant social et la façon dont elle propose de protéger les uns plutôt que les autres, les Français plutôt que les immigrés et cetera et cetera.

Alors merci Paul, on aurait euh plusieurs choses à rajouter mais il faut désormais passer le plateau à mon collègue et camarade Gémile qui va présenter la deuxième partie et évoquer notamment la question des réfugiés et du deux poids de mesure qui s'attachent à la perception de ces réfugiés. Mais avant ça, comme chaque semaine, les sociaux engagés nous offrent leur points de vue sur les programmes du média de la semaine passée au travers d'un zapping sur nos contenus de ces derniers jours. Ça dure 4 minutes.

Restez avec nous et on se retrouve juste après avec Gémile et son invité. [Musique] Vous êtes prêts ? C'est parti.

Sur le papier, la France et l'Europe ne sont pas en guerre contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine. Du moins, pas encore. Mais dans les faits, une guerre économique est déjà en cours et ce livre via des sanctions et des représailles interposées.

Je sais pas s'il faut vraiment s'en réjouir parce que en général quand il y a des sanctions économiques, ce sont toujours les populations qui payent. C'est très rarement euh les oligarques. Derrière les guerres, il y a euh des intérêts économiques.

C'est-à-dire qu'en fait l'oligarchie russe, hein, qui est la responsable aujourd'ui la présidence de de la présidence de Poutine et qui pousse à des intérêts extrêmement nombreux partout au-delà de ces frontières. Les élucubrations de Vladimir Poutine pour justifier l'invasion du territoire ukrainien ne sont pas plus ridicules que celles qu'on a utilisé pour aller détruire la Libye. Ceux qui aujourd'hui mettent des drapeaux pour l'Ukraine ne l'ont pas fait pour la Libye.

Mais l'agression française et américaine en Libye a été un des déclencheurs aussi de la de l'entrée en confront en confrontation directe de de la Russie. L'Occident s'est embourbé dans un certain nombre de conflits en ne respectant pas le droit international euh ou en contournant euh les institutions internationales. L'Irak, la reconnaissance du Kosovo, la Libye, euh tout ça sont des conflits où l'Occident ne peut pas dire qu'il a été parfait.

Les pays occidentaux n'iront pas mourir à Kiev. Et c'est ça le la grille à comprendre. C'est-à-dire que le peuple ukrainien va être lâché ou est potentiellement en face de se faire lâcher parce que ils ne peuvent pas rentrer dans une guerre généralisée avec la Russie.

La messe est dite comme ce qui comme que comme ses lieutenants laissaient entendre depuis un petit moment. Emmanuel Macron ne participera à aucun débat d'entre deux tours. Oui hein, à peine entrer en campagne, Emmanuel Macron nous montre assez ostensiblement que la démocratie, bon bah c'est pas son truc hein pour ceux qui avaient un doute et que la contradiction c'est pas non plus trop la marque de fabrique du quinquina.

C'est d'abord quelqu'un qui maîtrise les clés de la 5e République. Je suis au-dessus des parties. Macron maintenant c'est le garant de la paix, de la tranquillité, de la modération.

Voilà. Donc c'est ça, il va sur ce terrainlà et il se sert des événements. Alors c'est pas lui qui les décide mais ce sont des opportunités.

Bah du coup c'est trop occupé, il ne fera pas campagne, il n'y aura pas de vraie campagne. Voilà. Voilà.

Pourtant, c'est bien avant le début de la guerre avant le début que la guerre en Ukraine a été commencé que son entourage avait été annoncé avait annoncé pardon le fait que son poulin ne participera pas à un débat télévisé de premier tour. L'argument de la guerre est donc fallacieux. Carl Marc disait l'idéologie c'est la capacité à justifier un ordre social. il a les cheveux un peu raisonnants, il est beaucoup plus calme, il a changé, il a un chien.

Toute cette mise en scène maintenant pour dire voilà que c'est plus le mec qui va tout casser, qui va ubériser ses l'économie, c'est fini tout ça. Celui qui se présentait en 2017 comme le champion de la modernisation de la vie publique, l'homme de la disruption des vieilles pratiques, entend aujourd'hui profiter à fond des traditions les plus conservatrices de la 5e République. Et dire qu'il y en a qui veulent ça encore pour 5 prochaines années.

Je vous laisse juger. La réponse, elle ne peut venir que de nous. Il n'y a rien à attendre de ce gouvernement, ni du prochain d'ailleurs, ni des structures étatique.

Partout nos luttes se développent. Partout nos voies grandent. Nous en avons assez de subir.

Il est temps de reprendre le pouvoir sur nos vies. Il est temps de proposer une alternative. L'idée c'est de créer un mouvement féministe de masse qui soit aussi radical, anticapitaliste, antiraciste, inclusif et démocratique.

Il y a que par la mobilisation collective, la mobilisation de masse qu'on peut arracher des victoires. Il y a jamais rien qui nous tombe tout cru dans le bec. Il y a jamais aucun acquis sociau qui est tombé voilà du ciel comme par enchantement.

Alors, qui va gagner l'Élysée ? Macron ? Macron ?

Macron ou Macron ? Bonjour, bonjour à toutes et à tous. C'est Jil.

Voilà, c'était le le zapping des sociaux. On les remercie. Très heureux pour ma part de vous retrouver comme chaque mardi sur ce plateau.

Cette semaine, j'ai choisi d'aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur et aussi à la rédaction. La cause des personnes exilées et à la rue en France. Et pour l'occasion, Océan Marage, coordinatrice du TP 56 Paris me rejoindra dans quelques minutes sur ce plateau.

Vous êtes toujours sur le média. Nous sommes en direct ce mardi 15 mars 2022, il est 8h19 et c'est l'heure de la dernière heure. Pour introduire l'échange que je vais avoir avec Océan Marage qui sera très bientôt à cette table, plantons le décor avec une petite histoire.

Jeudi dernier pour le compte de ma chaîne YouTube J'ai 1000 choses à te dire, je me rendais à Strasbourg afin de rencontrer et d'interviewer une femme Julia et ses deux enfants de 9 et 6 ans, tous les trois arrivés il y a quelques jours réfugiés de Kiev où est resté Yevgenny le père. Un échange difficile au-delà de la barrière de la langue, elle ne parle que le russe pour une interview émouvante pour nous et prouvante pour elle. Elle a quitté son pays aux premières explosions avec d'énormes avec énormes doutes, des craintes, des difficultés pour réussir à arriver chez sa sœur vivant en Alsace après plusieurs jours de voyage de l'insécurité.

Aujourd'hui, elle peut enfin souffler même si sa situation reste extrêmement précaire et l'horizon incertain. Néanmoins, Julia a cette chance, cette chance d'être une femme blanche et d'avoir eu sa sœur comme point de chute ici. Je précise cela car pour d'autres personnes, elles aussi exilées d'Ukraine, mais noire ou non blanche, le périple a été bien plus périlleux.

Les autorités ukrainiennes les refoulant à la frontière avec cette injonction, les blancs d'abord, ce qui a déclenché l'indignation sur les réseaux sociaux et dans certains médias comme le nôtre ici aux médias. Mais une fois sortie d'Ukraine, ce n'est pas fini. C'est le cauchemar de la rue, l'horreur des camps de fortune et le harcèlement policier qui les attend par exemple ici en France.

Dans une vidéo sur ma propre chaîne, je dénonçais aussi cette folle hypocrisie en revenant sur ces les déclarations médiatico-politiques d'alors qui venaient justifier ce racisme systémique. On regarde, c'est pas des parts en vacances hein, ce sont des gens qui fuient la guerre, qui fuient vers l'Ouest. L'Ukraine, c'est grand comme la France.

On parle pas là de syrien qui fuit qui fuit les bombardements euh du régime syrien souenu par Vladimir Poutine. On parle d'Européens qui partent à leur voiture, qui ressemblent à nos voitures, qui prennent la route et qui essayent juste de sauver leur vie quoi. Ah bah oui, contrairement aux Syriens, aux Africains, aux Kurdes étant bien d'autres bronzés qui eux quand ils fuient la guerre hein, c'est pour faire du tourisme, on le sait bien.

Jeudi, après le tournage de l'interview de Julia Strasbourg qui sera bientôt en ligne. Ma cadreuse et moi-même avons donc sauté dans le TGV retour pour Paris. À notre arrivée en garde de l'est vers 22h30, mon œil tique sur la présence d'agents SNCF et d'autres personnes notamment de la Croix-Rouge en nombre sur la à la sortie du quai.

Plus loin dans le hall de la gare, on comprend l'affaire en découvrant un grand espace d'accueil dédié au réfugiés ukrainiens protégés d'un cordon rouge. Aucune personne de couleur, des bancs, des boissons chauds et froids, de la nourriture. Une indication claire avec le drapeau ukrainien animé en écran sur un écran vidéo mobilisé à proximité et surtout de la considération humaine de la part d'agents et de bénévoles humanitaires.

De la considération et des solutions pour des êtres humains jetés par la guerre sur les routes de l'exil. Nous ne pouvons que nous en réjouir mais au sortir de la gare, une autre réalité nous rattrape. Sur le chemin jusqu'à chez moi, je compte comme chaque jour comme chaque jour, des dizaines et des dizaines de personnes abandonnées sur les trottoirs.

Au mieux dans des tentes, au pire sans rien d'autre que leurs vêtements usés. Ce sont pour beaucoup des exilés elles aussi, mais manifestement pas de la bonne couleur de peau, pas du bon pays qui aurait le bon ennemi aux yeux de nos bons dirigeant. Alors attention, il ne s'agit pas là de mettre en concurrence les souffrances, bien au contraire, il s'agit de dénoncer l'affreuse hypocrisie que la situation révèle.

Le drame humanitaire à géométrie variable. Constater que des solutions peuvent être organisées, existent et que les vies humaines qui meurent sur nos trottoirs, dans nos rues découlent d'une voleté bien politique. Et pourtant, depuis des décennies, des décennies pardon, les candidats au présidentiel font la même promesse.

Sortir de la rue les centaines de milliers de SDF que compte notre pays en vain. Je m'engage à approfondir la lutte contre les exclusions pour aller vers cet objectif zéro SDF. Que d'ici à 2 ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine.

La première bataille, c'est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d'ici la fin de l'année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C'est une question de dignité, c'est une question d'humanité et d'efficacité là aussi.

Mais je veux que partout où sont construits ces hébergements d'urgence qui permettent de les accueillir, il y ait les dispositions administratives qui qui permettent de traiter leur dossier. Voilà, pendant le magnéto vidéo, Océan Marach m'a rejoint sur ce plateau. Bonjour.

Bonjour. Euh vous êtes coordinatrice de l'association Utopia 56 Paris qui vient en aide aux personnes exilées et aux personnes en détresse en général dans la rue. C'est bien ça ?

Tout à fait. Et ben merci d'avoir accepté mon invitation ce matin. Merci de m'avoir invité.

Avec grand plaisir. Alors avant de revenir sur la différence de traitement entre exilés que j'ai abordé dans l'intro, abordons la situation. Donc pour commencer général si vous voulez bien, on vient de voir dans le Magnetto vidéo trois ex candidats à trois précédentes élections présidentielles notamment Nicolas Sarkozi qui a été élu président en 2007 et Emmanuel Macron qui l'est toujours et qui est candidat à sa réélection cette année.

Cela fait donc une éternité que le problème est soulevé euh expliqué qu'on aborde cette chose-là et qu'on surtout qu'on promet en fait qu'on nous promet des solutions de sortir ces personnes hommes, femmes et enfants de la rue qui bah le nombre qui qui croi sans arrêt on rappelle qu'il y a 2000 morts par an dans la rue. Alors Oéan, comment expliquer en général cette asymétrie entre les déclarations et l'absence quasi absence suffisante d'action de l'État ? Je pense que ça revient toujours à la même chose.

C'est pour déployer les grandes valeurs humanitaires françaises. Euh c'est ce qui rapproche tout le monde, un petit peu de solidarité. Et finalement, une fois qu'on est confronté à la réalité, euh on en veut pas, ça va coûter trop cher, ça va demander trop de matériel.

Non, il vaut mieux fermer les yeux. C'est bien mieux d'invisibiliser. C'est toujours ça.

C'est l'idée fait plaisir mais la réalité beaucoup moins. Et et et du coup là, il y a quand même quelque chose qui est intéressant parce que si ça fait plaisir, ça déclenche les votes des gens, l'adhésion finalement, pourquoi pourquoi la la l'État est absent en fait finalement sur le terrain des de l'action ? Là, on le voit, il y a pas suffisamment de choses mises en place.

Pourquoi une fois au pouvoir ces présidents font rien aussi peu selon vous ? Bah, il y a des choses plus importantes pour eux. Ça va être ça surtout et attention tout le monde ne parle pas d'accueillir tout le monde, d'héberger tout le monde hein.

Si on regarde le côté très droite, ce sera pas du tout le même discours. Mais je ne pense pas honnêtement que des personnes vont voter pour des politiques uniquement sur cette question-là. Ça fait partie de leur discours, mais personne ne va se dire "Je vote uniquement pour cette personne pour cette questionlà." Ça fait partie mais c'est syndical dans Exactement.

Alors régulièrement pouvoir public et association annonce des chiffres pour quantifier essayer de quantifier le nombre de sansabries mal le log en France. La fondation Abéierre elle dénombre 300000 SDF en 2021 dans le pays. Quant au Samu social, lui il dit que c'est compliqué en fait voir Mission Impossible de quantifier précisément ce nombre pour l'état de raisons.

Alors aux yeux d'Utopia 56 à l'échelle de Paris puisque c'est là où vous êtes mais aussi échec du pays. Quelle est la situation aujourd'hui ? C'est difficilement quantifiable en effet parce qu'il y a une politique euh à Paris du moins euh de d'invisibilisation des personnes à la rue.

Donc on va forcément en rencontrer parce qu'elles ont entendu parler de nous par bouche à oreille, par d'autres associations, mais il y en a beaucoup qui sont invisibilisés parce que elles veulent fuir le harcèlement policier, les violences policières mais également euh toutes personnes qui rechercheraient des personnes sans papier, par exemple. Euh donc elle se cache de tout contrôle policier quoi. OK, d'accord.

Donc voilà, ça va ça va ces personnes vont se cacher du harcèlement, des contrôles, des violences et nous-mêmes avons du mal à aller vers un certain nombre de personnes invisibilisées parce qu'elles sont repoussées hors de Paris. Oui, c'est ce qui expliquerait d'ailleurs peut-être la baisse parce qu'on de chiffre de d'emparé intramurose parce qu'effectivement c'est repoussé dans les c'est qu'aujourd'hui avec l'association Utopia 56 on ne peut plus mettre de personnes ententes dans le périmètre de Paris. On est repoussé, on est on est le matériel est volé et on nous pousse au-delà même de Paris des du périphérique du périphérique.

C'est que même dans le 93, on nous pousse encore plus loin. Et pourquoi selon vous ? Pour invisibiliser, pour dire il n'y a plus de personne à la rue.

Alors qu'est-ce que le conflit ? Parce que pour le coup là, il y a quand même une chose nouvelle dans sur dans le tableau hein, c'est le conflit russo-rainien qui pousse des millions de personnes sur les sur les routes. Alors pas vers la France hein, les pays limitrophes d'abord, on le précise.

Vous à Paris, précisément à Paris, quelles évolutions observez-vous avec l'arrivée des des personnes ukrainiennes ? Réfugiés ukrainien. au niveau de notre mission, nos actions, on ne voit aucune évolution simplement parce que nous travaillons avec les personnes exilées à la rue et qu'il n'y a aucune personne ukrainienne à la rue.

D'accord. Donc effectivement, il y a quelque chose qu'on va aborder dans quelques instants comme que je que j'ai abordé dans dans l'intro. Effectivement, il y a il y a une une différence de traitement.

Euh, il y a aussi alors pour le coup là, comme on est encore dans le général, la question du logement qui se pose hein finalement parce que là on on euh dans dans le discours politique, on l'a vu en première partie de l'émission, il y a des politiciens qui différencient hein ukrainien d'accord, les autres non, les SDF bien français, les SDF pas français, on on sépare, ce qui n'est pas du tout votre cas, nous c'est des personnes en détresse. Point. et en mais donc du coup il faut les il faut les loger.

On rappelle des chiffres qu'on connaît 119000 logements vacants ne serait-ce qu'à Paris dont 16 % durablement donc laissé volontairement euh vide ce qui a l'effet de booster la spéculation. En France on compte plus de 3 millions de logements vides et ça sans compter les millions de mètres carrés de bureaux ou de commerce qui sont pas qui sont aussi vides. Alors quel constat en fait on en fait chez Utopia en fait finalement en voyant ça on se dit quoi ?

Il y a de la place pour accueillir tout le monde même plus. Donc laisser des personnes à la rue, c'est volontaire. C'est volontaire de laisser ces personnes à la rue.

C'est pas qu'il n'y a pas de place, c'est pas que d'un point de vue financier ou matériel, ce n'est pas possible. C'est volontaire. C'est une question de volonté politique politique bien sûr.

Ben du coup là c'est la parfaite transition pour revenir à mon petit édit d'ouverture. Il y a ce gros dossier ces scandales du coup de bah ma fois raciste hein. Nous on le dit comme ça à répétition depuis fin février.

Le 10 mars dernier Info migrant publiait comme on le voit à l'écran, un article au titre sans détour à les associations outrées par la différence de traitement entre ukrainien et autres exilés. Rapidement, racontez-nous qu'est-ce qu'il s'est passé ce jour-là, le 24 février à Cal ? Alors, je vais pas seulement parler du 24 février parce que tout ce qui s'est passé les jours après sont quand même hallucinants, mais voilà, il y a une différence de traitement assez paradoxale entre des personnes ukrainiennes sans visa qui sont du coup hébergé le temps que leur situation soit régularisée et des exilés d'autres nationalités qui n'ont également pas de visa mais qui dorment sous tente et parfois n'ont même pas le droit de dormir sous tente. on va leur détruire, on va leur voler ou on va leur demander de partir.

Alors, il y a vraiment oui, effectivement, il y a et puis il y a clairement en plus les acteurs qu'on politiques comme Gérald Arrmanin, comme la la mère de Calais qui était très investi dans cette répression antiigrant, anti-exilé jusqu'alors et qui se sont retrouvés comme on comme on l'a vu hein, on a vu Gérald Darmanin dénoncer le manque d'humanité de Londres quand c'est quand même un sacré tour de force euh quand Londres a refusé une dizaine de personnes pour des visaces qui ont finalement été acceptés quelques jours plus tard, voir quelques heures plus tard. et cette mère de de Cala qui euh s'est démené pour pouvoir et on s'en réjouit hein, on est on est on est on aimerait que du coup ça soit la même chose pour les autres euh à trouver effectivement euh les euh des plages d'hébergement et cetera. Euh il y a il y a dans tout ça l'auberge des migrants, l'association Auberge des migrants qui a annoncé euh réfléchir à déposer plainte contre l'État et la mairie de Cala pour discrimination, hein.

Est-ce qu'UPIA 56 pourrait se rallier à cette plainte éventuelle ? Ça a pas été discuté pour l'instant. Euh, on attend de voir aussi, c'est très récent hein, il faut attendre voir euh mais on n'exclut pas forcément la possibilité.

On on n'est pas non plus euh dedans. L'auberge des migrants est à Calais. Pour l'instant, nous on est à Paris.

Donc euh même si la situation est la même dans toutes les villes, on est quand même sur des échelles un petit peu différentes. D'autant plus que la mairie de Paris est quand même bien plus large que la mairie de Calais. Donc on attend de voir, on reste en retrait bien sûr.

Alors ce fossé hein qu'on là qu'on qu'on voit ensemble, cette différence de traitement entre les exilés ukrainiens et non ukrainiens résulte en faut les dire en réalité de de façon pragmatique de l'activation d'une directive européenne de 2001 qui permet d'octroyer au réfugiés fuyant la guerre une protection immédiate et temporaire. Alors, c'est dans le détail, c'est une année renouvelable tous les 6 mois et ça cette directive, enfin cette loi européenne a été faite suite au aux guerres d'exygoslavie. Un premier accueil et donc pour la première fois organisé euh pour les réfugiés ukrainiens encore une fois, quit des autres.

En vérité, il n'y a pas de système de premier accueil en France pour les autres personnes exilées. Ça veut dire quoi ? Parce que là, vous vous êtes dans le terrain, on a discuté, moi je connais aussi, mais pour les gens qui connaissent pas, ça veut dire quoi un premier accueil et pas de premier accueil ?

Un première un système de premier accueil ce serait euh proposer une solution d'hébergement dès le premer jour d'arrivée en France aux personnes exilées afin que leur situation se stabilise, leur proposer un accompagnement euh juridique administratif, leur donner accès aux soins, leur donner accès à une formation, à une scolarisation, au marché du travail, au marché du travail, ce serait vraiment tout ce qu'une personne peut a besoin au quotidien, lui donner accès à tout Et ça là, on apprend aujourd'hui que ces dispositions pouvaient être activées dès 2001, elles sont activées en 2022 lors d'une bran cette guerre là. Comment vous vous l'expliquez en fait ? Parce qu'on voit que ça fait quand même 20 ans les les alors si je me fais l'avoquer du diable des personnes qui sont pas sensibles à cette question qui vont dire "Oui, mais c'est pas la même chose." Dans ces exilés qu'on a en France, il y a aussi des exilés qui fuient pas la guerre mais des exilés économiques.

Est-ce qu'on est-ce qu'on doit faire une différence en fait entre ces personnes-là ? Première question. Et seconde question, il y a quand même des personnes exilées euh qui fuyent la guerre en Afghanistan, en Syrie.

Donc là, c'est la même chose. Qu'est-ce qui c'est qu'est-ce qui explique cette différence de traitement ? Pourquoi on a rien fait pendant 20 ans ?

Ah ben ça c'est une très bonne question, on se la pose aujourd'hui. On aimerait que ce soit généralisé d'ailleurs. Euh je pense que naturellement ça peut s'expliquer par le fait qu'il y ait une frontière commune avec l'Europe en Ukraine.

Donc les politiques, les citoyens se sentent plus engagés, se sentent presque agressés directement et partagent donc le sentiment des Ukrainiens et des Ukrainiennes. Ça ça peut être une première chose. au niveau politique, il y a il n'y a pas de la seule différence qui est posée, c'est c'est encore une fois une question de volonté politique qui est d'ailleurs très hypocrite.

Hier, les populations provenant des pays de l'Est étaient discriminé. Il y avait une certaine méfiance envers eux. Aujourd'hui, ces mêmes populations sont accueillies à bras ouvert.

Demain, la différence, elle sera autre part. La discrimination sera autre part parce que nous sommes dans un racisme structurel. Donc on fera toujours une différence.

Donc là, vous qui êtes sur le terrain qui disait il y a quelques instants que vous n'avez pas croisé de de de de migrants ukrainiens. Pour le coup, dans mon intro, je je le dis, j'en ai croisé moi à la gare, prise en prise en charge et cetera. Euh vous venez de parler de racisme structurel, donc il y a bel et bien selon vous, vous le vérifiez sur le terrain, un racisme systémique.

Et comment, si oui, comment il s'illustre en France ? Comment ça prend ça prend forme pour pour les les exilés que vous croisez, que vous que vous que vous aidez ? au niveau de la prise en charge, au niveau de ce racisme systémique, comment ils le vivent, comment ils voi comment ils vivent ce ce cette différence de traitement.

En fait, je vais pas parler à leur place he je sans parler à leur place, comment vous le voyez-vous ? En fait, je le vois simplement par le fait qu'il ne soit au-delà de ne pas enfin de ne pas bien être accueillis, ils ne sont pas accueillis. Ils ne on leur montre qu'ils ne doivent pas être là au niveau du système.

C'est-à-dire que le système n'est pas fait pour une personne exilée. Il est fait uniquement pour une personne une personne française. Il n'y a pas ce cette proposition d'accueil généralisé de mise à la portée de tous et de toutes.

C'est vraiment fait pour avoir des difficultés tout au long du parcours. Ça va être difficile d'avoir un accès à l'information pour faire une demande d'asile. va être difficile d'avoir accès à un téléphone et à la langue pour demander un hébergement au téléphone.

Ça va être difficile d'accéder aux soins médicaux. Il y a une difficulté sur chaque étape du parcours, sur chaque système, il y a une difficulté. Alors, on le comprend et c'est bien de que vous nous fassiez cette liste de manière très concrète parce qu'on a du mal nous. alors les personnes qui vivent à Paris ou dans certains quartiers parisiens ou en banlieu parisienne le voi peut-être plus facilement que quelqu'un qui vit en en périphérie du coup de de de des grandes villes ou même en milieu rural, on a besoin de le savoir. que vous êtes du coup la une des voix qui qui pouvait nous faire comprendre comment ça se passe pour ces personnes-là parce que c'est c'est l'affaire de quelques jours voire de quelques mois quelques années parfois des personnes qui sont à la rue et sur Calais par exemple vous vous savez comment ça se passe aussi là-bas j'imagine il y a une action politique comme vous l'avez vu.

C'est c'est une volonté politique qui qui va jusqu'où en fait parce qu' on nous parle de mise à l'abri par exemple de d'évacuation des camps. Qu'est-ce que c'est une mise à l'abri ? Parce que pour vous dites qu'il y a pas de premier accueil.

Et là, on nous parle de mise à l'abri, on les met à l'abri, on les héberge. Du coup, non, comment comment ça se passe lorsqu'il y a des mises à l'abri ? parce que c'est rarement le cas, surtout dans le nord de la France, ça va être une ouverture de gymnase, ça va être des places dans des hôtels, mais ce sera pas forcément du long terme.

Ça ça vaut souvent sur du court terme pour quelques nuits, du moyen terme un mois, 2 mois, rarement on entre dans le long terme. et et une évacuation parce que et on a vu, on a suivi, on suit ici hein, les euh des euh des tentes euh qui sont lacérées par des CRS, par des aussi des compagnies privées engagées par l'État, enfin ce genre de choses là. Est-ce que c'est régulier ?

Est-ce que c'est euh juste de manière ponctuelle et ça fait le buzz sur les réseaux et sur les médias ? Comment ça se passe concrètement ? C'est très régulier.

Ça veut dire quoi ? En fait, quand on en parle sur les dans les médias, sur les réseaux, c'est une parmi tant d'autres, c'est la partie émergée de l'iceberg, pardon. Mais euh ça arrive très souvent, même à Paris, hein, pas seulement à Calais.

Ça va être euh des policiers qui vont passer, qui vont donner des coups de pieds dans les tentes pour réveiller les gens, leur demander de partir. Ça va être des policiers qui vont prendre les tentes avec les mains et sortir les gens très violemment des tentes. Ça va être des policiers qui vont ou des des personnes qui respectent les ordres qui vont passer avec des couteaux pour détruire les tentes pour qu'elles ne soient pas réutilisée.

C'est une extrême violence qu'elle soit physique ou morale. Les personnes qui font face à tout ce harcèlement policier tous les jours sont traumatisées en plus des traumas qu'il qu'ils ont qu'ils portent déjà de leur parcours. Les frontières aujourd'hui, les politiques aux frontières dans le nord et dans toute l'Europe tuent.

C'est ça la politique, c'est ça l'accueil aujourd'hui en Europe. Bien sûr, parce que là on parle exentiellement de Calais et de Paris, mais il y a toutes les frontières finalement de l'Europe et de la France. La la Méditerranée, on le répète, euh est un cimetière aujourd'hui euh et euh et c'est une chose abominable.

Alors euh beaucoup accusent Emmanuel Macron et le gouvernement euh euh et son gouvernement de récupérer hein de la récupération politique de la situation humanitaire euh alarmante hein, générée par la guerre en Ukraine à défunt électoraliste. Le bon euh le bon spectaculaire de du président candidat Emmanuel Macron dans les intentions de vote semble confirmer cela. Enfin, il est à plus de 30 % je crois.

L'effet stratégique est là. Alors, depuis le terrain, vous comment vous appréciez finalement cette cette chose-là, cette récupération ? Est-ce que déjà vous vous partagez ce ce point de vue-là ?

Comment vous l'appréciez-vous ? Oui, il y a forcément une récupération politique comme tout sujet qui fait grand débat, comme tout sujet sociétal. Il y a une récupération politique.

Je pourrais pas dire qu'elle est mauvaise dans le sens où ça permet de faire parler euh déjà ça permet de d'accueillir les personnes fuyant le conflit en Ukraine. Ça permet aussi de parler des autres personnes exilées. C'est très bien.

Maintenant nous souhaitons que ce soit harmonisé à toute personne cherchant refuge en France. Donc on nespère pas un recul. On ne veut absolument pas que l'accueil s'arrête pour les Ukrainiens.

On cherche au contraire à une progression pour qu'il soit généralisé, pour qu'il soit harmonisé. Parce que quand même très très délicat aujourd'hui d'entendre le discours qu'on nous répète depuis des années, qu'il n'y a pas l'argent, pas les moyens, que c'est impossible. On on voit que c'est d'ailleurs on on j'avais fait le parallèle un petit peu alors bon c'est un autre sujet hein avec la crise Covid qui nous avait à à cette époque-là euh démontrer que finalement l'action de l'État était possible pour enrayer le changement climatique pour pouvoir réduire le capitalisme freiné.

Là on voit qu'effectivement des solutions existent sont mises en place. Donc dans toutes ces péripérties médiatiques et politiques qu'on vient de soulever ensemble là qu'est-ce que tout ce qu'on je viens de dire à l'instant viennent vient changer dans votre discours et vos revications aujourd'hui en tant qu'association ? Alors, nos actions ne vont pas changer, nos revendications ne changent pas.

Maintenant, le fait qu'on voit que c'est possible change tout. C'està-dire que dans l'effervescence actuell, on constate que la mise en place d'un accueil digne, d'un accueil d'urgence qu'on demande depuis des années est tout à fait possible. Ça change tout comme vous voulez le dire.

Ça change tout. Donc, nous demandons et nous exigeons presque qu'il soit généralisé à toute personne sans distinction. On n'accepte plus l'excuse de l'impossibilité financière matérielle comme vous le dites.

En fait, on n'accepte plus d'excuses. Leur seule excuse si rien n'est fait sera d'être raciste. Effectivement he c'est moins ça m'a d'être clair.

Du coup, du coup là, comment nous, les gens qui nous regardent, comment on pourrait agir ? Comment enfin au-delà au-delà de devenir bénévole ou de faire des dons par exemple, comment les personnes peuvent vous soutenir Utopia 56 ou des associations général pour justement appuyer ces exigences que l'État doit agir alors parce que là on est dans en pleine hypocrisie. Comment les gens peuvent les citoyens lambda peuvent faire en fait simplement dans le discours déjà de ne pas favoriser dans un discours les personnes non ukrainiennes, les personnes non européennes.

Il faut déjà réégaliser tous les propos. Ensuite, il y a beaucoup de mairies qui proposent voilà des petites attentions pour les Ukrainiens et tout. Euh, il faut eux-mêmes que ces personnes puissent avoir un discours auprès de leurs mairies, auprès de leurs élus en en prenant en compte tout le monde.

Il y a des milliers de dons aujourd'hui qui sont envoyés en Ukraine. La frontière déborde avec la Pologne de dons alors qu'ici on en manque. Il y a des Parisiens qui sont allés envoyer des dons en Ukraine alors qu'à Paris on en a déjà pas assez.

Il y a aussi une question de regarder en bas de chez soi à un moment. C'est très bien qu'on aille à l'international, c'est très bien qu'on aille à l'Europe, mais il y a des personnes qui ont déjà voyagé des milliers de kilomètres, qui ont un parcours incroyable derrière eux et qui ici en arrivant n'ont rien parce que les personnes vivants ici vont tout envoyer ailleurs. Il y a une vraie asymétrie mais qu'on pourrait peut-être mettre sur le dos de la méditisation finalement parce que on parle enfin voilà, on le voit le curseur, on le voit dans lesquets d'opinion, dans les élections et cetera.

On voit que plus un sujet est médiatisé, plus celui-ci évidemment va attirer l'attention. Est-ce que c'est aussi une stratégie de la part d'Utopia cette de jouer sur la méditation méditation pardon pour pouvoir attirer le regard des personnes locales sur la situation des exilés locaux ? Est-ce que vous jouez là-dessus ?

Comment ça se passe aussi ? Parce que vous agissez sur le terrain mais aussi le terrain médiatique, est-ce que vous le vous l'investissez ? On va pas parler de stratégie de communication parce qu'on est vraiment dans l'instantané.

On se réveille le matin, on ne sait pas comment la journée va se passer. Mais c'est vrai que si les médias peuvent parler davantage de la situation des personnes exilées qui ne fuit pas le conflit en Ukraine, on sera on sera ravi. C'est une c'est un sujet qu'il faut démocratiser.

C'est c'est tabou finalement le sujet des personnes exilées aujourd'hui parce que personne ne sait trop quoi en dire, quoi en faire étant donné que les politiques ne bougent pas. Donc non, il faut en parler pour que ça bouge. Et nous, c'est sûr que dans les médias, on trouve un certain soutien.

Alors, pas tous, hein, mais dans certains oui. Évidemment, d'où votre présence ici ce matin. Alors, pour terminer hein, quels sont euh précisément vos attentes, précis vos exigences, vous l'avez utilisé le mot tout à l'heure là, si Emmanuel Macron là vous regarderait, vous écouterait, vous lui direz quoi précisément ?

C'est simple hein. On veut que l'accueil qui est digne et inconditionnel pour toute personne fillant le conflit ukrainien soit généralisé, soit harmonisé à toute personne dès son premier jour en France venant chercher refuge. C'est simple, clair, naître et précis.

Merci beaucoup. Alors merci Océan Marage d'avoir été mon invité ce matin. Merci.

Je rappelle que vous êtes coordinatrice d'Utopia 56, association parmi d'autres euh qui vient en aide aux exilés en personn en détresse. Association qu'on peut aussi et je le rappelle aider en faisant un don hein sur utopia56.org.

C'est ça. Voilà. Voilà, c'est fini.

C'est la fin de l'émission en direct. Dans quelques instants, vous pourrez visionner le replay et le partager sur vos réseaux. l'occasion de me faire la voix de toute l'équipe du média afin de vous remercier de votre soutien quotidien qui rend cette aventure médiatique engagée hors du commun possible sans votre soutien amical on l'apprécie et surtout financier.

Euh vous le savez le bateau cool aucun autre plateau quotidien et en direct donne autant la place à de la place à la parole de celles et ceux qui luttent pour un monde plus juste et meilleur que le média. Vous le savez et c'est pour ça que vous nous appréciez. pour ça que vous nous soutenez et c'est pour cela que je vous appelle à le faire encore plus fort.

Aujourd'hui, nous avons une cagnotte en cours actuellement et nous avons besoin de chacun et chacune d'entre vous pour parvenir à la remplir. Alors, rendez-vous sur lemediatv.fr FR pour participer.

Quant à moi, je vous remercie pour avoir pour votre confiance et votre bienveillance et vous donne rendez-vous très vite ici et ailleurs pour la suite. Bonne journée. [Musique]