Nicolas Dupont-Aignan : "Une oligarchie a organisé ce débat sur TF1 et veut manipuler"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On salue donc notre invité Nicolas Dupont-Aignan, président de la France. Bonjour. Vous avez déjà contesté, évidemment, depuis longtemps ce débat. Ce n'est pas une chaîne de télévision, quelle que soit sa qualité qui va sélectionner à l'avance les candidats. Vous avez dit qu'elle ne l'avait pas fait pendant les primaires, puisque si on prenait ce critère, le critère de TF1, les sondages ni de M. Hamon, qui était à 2%, n'auraient pu être le candidat, ni M. Fillon, qui était à l'époque à moins de 10%, je vous cite. Vous ne serez donc pas à ce débat, mais vous avez fait quand même plus de 12 millions de vues en quittant hier soir le plateau de TF1. Et revoici la scène, juste quelques secondes.
J'ai le devoir, aujourd'hui, de quitter votre plateau. Et je souhaite que ce geste, vous savez qu'il me coûte.
C'est dommage, parce que j'avais préparé une longue interview sur votre programme sur les Français ne pourront pas...
Je souhaite que ce geste réveille les Français sur la République, sur l'égalité. Et je souhaite que par mon geste, votre chaîne renoue un jour avec la démocratie. Je vous remercie. Donc on ne parle pas de votre programme. Je vous souhaite une bonne soirée. Merci, madame.
Voilà, Nicolas Dupont-Aignan, donc tout ça a été bien préparé. Et puis ça a bien fonctionné. Votre éviction vous rend visible.
Écoutez, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est que, est-ce que c'est à une chaîne de télévision, en pleine campagne officielle, de sélectionner les candidats qui auraient le droit de parler, qu'elle appelle d'ailleurs dans un communiqué les grands candidats, et d'écarter les autres du droit de parole, alors même que cette chaîne ne l'a pas fait pour les deux primaires. Et que les deux vainqueurs des deux primaires ont été justement ceux qui avaient moins de 10% des voix dans les sondages, et qui donc n'auraient pas été invités ce soir. Et c'est ça que je veux dire aux Français. C'est ce qui est extravagant.
C'est que quand des gens pensent pareil, dans un parti, on invite tout le monde, on leur déroule le tapis rouge, ils ont trois débats, même ceux qui étaient à 1% dans les sondages. Mais là, on n'est pas dans la primaire, là. Eh bien, justement, dans un premier tour, qui est autrement plus important, où ça concerne 46 millions d'électeurs français, et pas 4 millions de républicains ou 2 millions de socialistes, les Français, les 46 millions de Français, ils ont peut-être quand même le droit de savoir qui est candidat, de comparer les projets. C'est quand même extravagant ce qui se passe.
Vous présentez, on m'invite 5 minutes entre deux spots pour le débat, pour être sûr que je ne puisse pas protester, parce que vous savez, s'il y a 12 millions de Français, c'est incroyable ce qui s'est passé. C'est un record, je pense, qui ne s'est jamais vu.
12 millions de Français, qui ont vu, mais pas seulement, qui ont vu l'argumentation.
Si j'ai reçu des centaines de milliers de messages, qu'on fait exploser notre site Internet, c'est parce que cette rupture d'égalité républicaine, elle traduit le malaise de notre société face à cette oligarchie qui a organisé ce débat et qui veut manipuler. Parce que derrière ça, il y a la volonté manifeste de TF1 de mettre Marine Le Pen seule face à un système à bout de souffle pour faire élire éternellement le système, parce que le dilemme qu'on présente aux Français, qui est toujours le même, c'est soit vous continuez avec les mêmes, soit vous partez au Front National. Et comme je suis celui qui essaye de proposer justement autre chose, du balai, c'est ça la réalité.
Et derrière, il y a un trafic d'influence et un conflit d'intérêts entre Mme Méo, qui est la conseillère de M. Fillon, et qui est aussi, comme c'est curieux, la conseillère de M. Pélisson, le président de TF1. Et tout ce petit monde vit ensemble. Et bien moi, je suis content qu'il y ait 12 millions de Français qui aient vu ce que j'ai dit, et qui savent qu'ils vont regarder le débat pour beaucoup d'entre eux, et je les comprends, mais en même temps, ils sauront dans leur tête qu'il y a autre chose ailleurs. Et qu'il y a six autres candidats, il n'y a pas que moi. Et ces gens-là, ils n'existent pas ? Ils n'ont pas le droit d'exister ?
Voilà, on vous retrouve dans quelques minutes à la fin de cette édition.
12h48, retour vers l'invité de la séquence interview, Nicolas Dupont-Aignan. M. Dupont-Aignan, si tous les ennuis qui sont arrivés maintenant depuis plusieurs semaines à François Fillon ne vous ont pas donné suffisamment de vent dans les voiles pour progresser, en tout cas dans les études de sondage, qu'est-ce qui pourrait vous faire décoller en tant que recours ?
Parce que vous dites que le recours, c'est lui. Vous avez vos affiches, je dis que le recours, c'est lui. Qu'est-ce que vous en savez ? Nous avons énormément de républicains qui nous rejoignent, quantité d'élus locaux, quantité de militants, et les sondages, mais quand est-ce que vous allez arrêter de vous fixer sur des sondages totalement bidonnés qui ont été faux à chaque fois ? Donc moi je trouve ça extravagant. On continue à être aliénés par un système. M. Hamon, c'est pas moi, était à 2% quand il a commencé sa campagne. Il n'y a pas une personne qui misait un copec. Vous verrez, les sondages vont progresser très vite, si tant est qu'ils ont un retard considérable.
Et moi je le vois sur le terrain, j'étais à Brest, énormément de gens dans les salles. Les Français n'ont pas fait leur choix. Il y a un retard incroyable de cristallisation de l'élection.
Comment vous expliquez ce retard de cristallisation ?
Parce qu'on ne parle jamais des problèmes de fond. On a parlé des affaires, mais je ne dis pas qu'il ne fallait pas en parler. À partir du moment où on a des candidats qui ont des comportements irrespectueux du peuple, c'est normal que vous en parliez, mais on n'a parlé que de ça. Et puis, on est dans la caricature permanente. Permanente. Alors maintenant, il y a un débat. Ben oui, il y a un débat. Il n'y en a qu'une moitié qui sont là. Les autres, ils sont à la poubelle. Eh bien, on va s'informer sur Internet, les réseaux sociaux. Il va y avoir quand même des émissions, j'espère. Et on va parler du fond. Maintenant, on peut parler du fond. J'ai écrit un livre dessus.
Je suis à votre disposition pour répondre.
Un livre qui s'intitule « Mon agenda de président » aux éditions Librio. Et vous détaillez les 100 premiers jours de votre mandat, si vous étiez élu président.
Jamais personne n'avait fait ça, d'ailleurs. Je raconte mes premiers jours.
Les 100 premiers jours. Et notamment, vous donnez quelques noms pour un gouvernement. Alors, on y trouve Ramayad, Henri Guénaud, Jean Lassalle, Malek Bouti. Est-ce que déjà, vous leur avez demandé leur avis ?
Non. Mais je l'éconnais bien. Pour peu que ce soit... Vous savez, j'ai pris des gens. Non, mais j'ai voulu dans... Il y a une page sur la constitution d'un gouvernement. C'est un livre plein d'anecdotes où je raconte comme si on y était. Et j'ai voulu montrer aux Français qu'il y avait des personnalités courageuses dans la vie politique. Malek Bouti, par exemple. On pourrait dire, tiens, comment Dupont-Aignan ose parler de Malek Bouti ? Parce qu'il est anticommunautariste. Je suis dans le même département que lui. C'est un type qui a lutté contre le salafisme, qui a lutté contre la corruption, qui a lutté contre le clientélisme et qui est courageux.
Le pays peut s'en sortir si on rassemble les gens courageux, qui ne dépendent pas d'intérêts privés, qui n'ont qu'un objectif, l'intérêt général. Et si on fait un comité, j'allais dire, de salut public, un gouvernement de salut public, pour redonner la liberté à la France, pour arrêter les conflits d'intérêts permanents et pour mener une politique de relocalisation d'emplois.
Mais alors tout cela, c'est hétéroclite, certes, mais c'est déjà vu. Où est le renouveau, vraiment ?
Le renouveau, il y a beaucoup de renouveau dans mon programme. Si vous regardez le casier judiciaire vierge, le casier judiciaire vierge que je réclame, j'étais un des seuls à le voter. Il n'y avait pas beaucoup de députés républicains, ni Front National, ni Socialiste.
Le droit de vote à 16 ans pour les municipales. Également, vous proposez de créer une sorte de prison sur les îles Kerguelen pour les terroristes et les djihadistes, comme une sorte de Guantanamo, finalement ?
Mais sous contrôle judiciaire, je dis qu'il est inacceptable de laisser rentrer des gens qui ont été égorgés au nom de l'État islamique au Moyen-Orient et qu'il faut contrôler tout ça. C'est l'élémentaire précaution. Mais il y a beaucoup de propositions économiques, sociales, pour redonner du pouvoir d'achat, notamment aux petits retraités. Alors, pour l'Europe, par exemple. Je récupère 8 milliards. Oui, j'arrête de donner 8 milliards à nos concurrents chaque année pour faire du dumping social. Je veux une Europe qui arrête le dumping social. Donc, l'argent que nous donnons à Bruxelles chaque année, les 8 milliards, je les rends aux retraités français.
6 millions de retraités auront 100 euros par mois. Ça va revenir dans l'économie locale. Et l'Europe ? Mais l'Europe, elle aura les 13 milliards qu'on reçoit. Et on la revoit. On revoit de fond en comble. L'Europe, on la transforme ou on s'en va. On ne peut pas continuer à avoir une organisation qui défigure l'idée européenne et qui fait monter les nationalismes, d'ailleurs. Je veux une Europe avec des barrières minimum et je veux une Europe où il y ait un point commun social et fiscal, c'est-à-dire une sorte de tunnel. On ne pourrait pas avoir des impôts en dessous d'un niveau et au-dessus d'un autre pour que le libre-échange n'aboutisse pas au nivellement par le bas.
Et vous voulez rétablir un tarif extérieur commun ?
Oui. On a fait l'Europe pour quoi ? Pour servir les Européens. On a oublié la philosophie initiale de l'Europe. Je veux une Europe des nations et des projets. C'est-à-dire qu'on laisse libre les nations de se gouverner en fonction de leur identité. Mais en revanche, on pèse dans la mondialisation avec de grands projets. Je propose dans mon livre des projets sur la lutte contre le cancer, la maladie d'Alzheimer, la voiture propre, le panneau solaire de demain, l'aide à l'Afrique.
Je suis gaulliste et je voudrais montrer, c'est pour ça que je suis furieux sur le débat de ce soir, je voulais prouver aux Français qu'on peut être patriote sans être xénophobe, qu'on peut être patriote sans être dans le repli.
Souverainiste sans être nationaliste, c'est ça que vous voulez dire ?
Mais bien sûr, de la Révolution française à aujourd'hui, la France a pu réconcilier le peuple avec la politique parce qu'elle avait une idée de la France. C'est ça le gaullisme. Et je suis absolument effondré de voir que ce petit système oligarchique se sert du Front National pour se protéger et en fait fait un boulevard pour le Front National. Et c'est notre pays qui est en danger et je suis convaincu qu'on peut avoir une offre patriotique de bon sens. Et c'est pour ça que j'ai pris cette forme anecdotique. Jour après jour, dans mon livre, on voit ce que je ferais si j'étais au pouvoir. Et on voit qu'on peut tout à fait réconcilier les Français avec la nation et avec un progrès social.
Mais parler de progrès social à qui ? Avec M. Macron qui va nous faire une loi travail bisse et avec M. Fillon.
C'est quand même un libéral aussi.
Je suis pour un libéralisme ordonné, ciblé pour favoriser les PME françaises, uniquement. On relocalise, on a une baisse de charge. Sinon, pas de baisse de charge. C'est du donnant-donnant. Et je peux relocaliser, je le prouve dans ce livre, un million d'emplois.
Merci Nicolas Dupont-Aignan. Vous allez être devant la télévision ce soir ? Je ne sais pas.
Parce que de toute façon, on connaît par cœur ce qu'ils vont raconter. Mais en tout cas, je veux que les Français sachent qu'il n'y a pas de petits et de grands Français. Il n'y a pas de petits et de grands candidats. Merci en tout cas d'avoir accepté notre invitation.
Et le bulletin de vote, il est égal.
Mais encore faut-il que la formation soit juste.
Merci encore.
Nicolas Dupont-Aignan