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interviewC à vous (sur YouTube)· 6 mai 2025 52 min

France-Algérie : une rupture des relations diplomatiques ? - C à Vous l’intégrale - 06/05/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h. Emilie, votre choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: La situation entre la France et l'Algérie est bloquée, d'après le ministre des Affaires étrangères, J.-N.Barrot.

Ca fait des mois que cette situation dure. C'est sûrement la crise la plus grave depuis 62. - A.-E.Lemoine: "France-Algérie, le double aveuglement", voilà le titre de l'essai de l'ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, qui sera avec nous. - M.Bouhafsi: B.Nétanyahou a annoncé la conquête terrestre de la bande de Gaza et le déplacement de la population gazaouie. - P.Cohen: On va parler des déserts médicaux.

On en parle ce soir ou demain à l'Assemblée nationale autour d'une proposition de loi transpartisane. Régulation ou incitation, voilà 25 ans qu'on en débat. - A.-E.Lemoine: Y.Favennec-Bécot est en faveur de la régulation.

Il a fait le constat de l'impasse des différentes politiques d'incitation depuis 20 ans en France. - L.Sénéchal: Si vous faites partie des près de 2 millions de Français qui voyagent en train ce week-end, vous pourrez partir malgré la grève. - A.-E.Lemoine: Vous dirigez la SNCF? - L.Sénéchal: En sous-main! - A.-E.Lemoine: C'est lui qui va décider du départ des trains. - P.Cohen: Il est chef de gare. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: "Jolene", c'est signé Dolly Parton, tout comme "I Will Always Love you".

Portrait ébouriffant qui raconte sa vie. - A.-E.Lemoine: L.Ruquier et L.Baffie après 20h.

L.Baffie est un boomer, mais aussi un youtubeur. A 67 ans, on peut être cool et convaincre les jeunes que l'humour n'est pas forcément une histoire de génération.

Voilà pour le programme. Le dîner est préparé par... - P.Lescure: Esteban! - A.-E.Lemoine: Esteban... - P.Lescure: Et son restaurant en Corrèze, à Theil. - A.-E.Lemoine: Ambiance glaciale.

A la mi-avril, l'Algérie a ordonné l'expulsion de 12 fonctionnaires de l'ambassade de France. En retour, Paris expulse 12 agents diplomatiques algériens et rappelle son ambassadeur de France. J.-N.Barrot parle d'une situation bloquée, alors que B.Sansal est emprisonné en Algérie depuis mi-novembre.

Il a été condamné à 5 ans de prison. - J.-N.Barrot: Nous suivons sa situation tant bien que mal.

La décision très violente qui a été prise par les autorités algériennes d'expulser 12 de nos agents ne nous facilite pas la prise de contact. - Vous rappeliez le rappel de l'ambassadeur de France en Algérie. Il est toujours à Paris? - J.-N.Barrot: Oui.

A ce stade, la situation est bloquée. C'est la responsabilité des autorités algériennes. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France à Alger.

Vous avez été en poste à 2 reprises. C'est très rare qu'un ambassadeur retourne en fonction dans le même pays. - X.Driencourt: Il y a eu quelques cas. - A.-E.Lemoine: Vous signez un essai dans lequel vous analysez les relations très complexes entre les 2 pays.

A ce stade, elles sont complètement bloquées. Ca ne s'arrangera pas avant 2027? - X.Driencourt: Elles sont complexes et bloquées, aujourd'hui, comme l'a dit J.-N.Barrot. - P.Cohen: Il ne peut rien se passer d'ici 2027? - A.-E.Lemoine: Il faut un nouveau président? - X.Driencourt: Je pense que les Algériens ont intérêt à attendre 2027, un nouvel interlocuteur.

C'est mon sentiment personnel. Je peux me tromper. On est allés très loin dans la crise aujourd'hui avec le rappel des diplomates algériens, des diplomates français.

Il y a 3 semaines, J.-N.Barrot disait à Alger: "Tout va bien.

On va revenir à la feuille de route de 2022." - A.-E.Lemoine: Pourquoi, selon vous, il faut un nouvel interlocuteur?

E.Macron est lui-même otage de cette relation franco-algérienne qu'il a pu lui-même brouiller? - X.Driencourt: Mon sentiment, c'est que le président de la République, en 2017 et à partir de 2017, a fait, dans le fond, le pari algérien.

Le pari algérien s'est transformé en piège parce que pendant 7 ans, tous les gestes qui ont été faits, notamment les gestes mémoriels qui étaient nécessaires, n'ont pas été payés de retour par l'Algérie. Il a fait le constat qu'il n'y avait plus rien à attendre de l'Algérie et que le sens de l'histoire l'amenait à sortir de ce que j'appelle "l'impasse marocaine". Depuis 2018, la France était brouillée avec le Maroc également.

Il a fait un choix entre l'Algérie et le Maroc. - A.-E.Lemoine: La situation peut s'aggraver d'ici 2027? - X.Driencourt: Oui.

Aujourd'hui, c'est bloqué. Comment encore aggraver la situation? - A.-E.Lemoine: Jusqu'à une rupture diplomatique. - X.Driencourt: Pour l'instant, il y a eu une rupture de fait.

Les agents de la DGSI, car c'est à travers la DGSI...

Historiquement, c'est la DST puis la DGSI qui a toujours été l'interlocuteur des services entre Paris et Alger, pas la DGSE. Les agents de la DGSI ont été renvoyés en France. Ca va être très difficile. - A.-E.Lemoine: Même avec un nouvel interlocuteur en 2027, il faudra tout réinventer.

Vous dites que l'attitude des politiques français pose problème depuis 1962. Cette attitude oscille entre honte, prudence et inhibition face à Alger. - X.Driencourt: Ca fait 63 ans.

C'est un peu le fil conducteur du livre. Depuis 1962, il y a eu un aveuglement, une naïveté, une complaisance vis-à-vis de l'Algérie. Aujourd'hui, nous le payons. - A.-E.Lemoine: Ca s'est aggravé avec le durcissement du pouvoir algérien, notamment celui d'A.Bouteflika il y a 20 ans. - X.Driencourt: Le pouvoir de Bouteflika...

Il entretenait d'excellentes relations avec Chirac. Chirac avait réussi à bien s'entendre avec Hassan II, puis avec Mohammed VI ainsi qu'avec Bouteflika. On n'a jamais eu à choisir entre l'Algérie et le Maroc, même sur la question du Sahara occidental.

Habilement, nous renvoyions aux Nations unies. Depuis la chute de Bouteflika en mars 2020, depuis l'élection de Tebboune en décembre 2019, le pouvoir s'est durci. - A.-E.Lemoine: Et qui veut peser sur la politique française. - X.Driencourt: Qui veut peser dans la vie politique française.

Bouteflika, dans le fond, je ne dis pas que ça ne l'intéressait pas...

La différence entre Bouteflika et Tebboune, c'est que Tebboune veut, je crois, structurer, fédérer, organiser la diaspora algérienne en France sur le modèle d'Erdogan avec la communauté turque en Allemagne et en France. Il s'est rendu compte, au-delà de ça, que c'est un levier sur la politique intérieure française - A.-E.Lemoine: C'est là qu'il y a eu un aveuglement des différents gouvernements français. - X.Driencourt: C'est ma thèse. - E.Tran Nguyen: Il y a un ministre français qui cristallise actuellement les tensions entre les 2 pays: B.Retailleau.

Il est régulièrement attaqué par les médias algériens. - E.Tran Nguyen: On a l'impression que le pouvoir algérien, l'Algérie, a fait de B.Retailleau une obsession. - X.Driencourt: C'est un peu la démonstration de ce qu'on vient de dire.

C'est une manière de peser sur la vie politique française en ciblant B.Retailleau, ministre de l'Intérieur. Je pense que leur souhait, ce serait d'obtenir la tête de B.Retailleau. - P.Cohen: Oui...

Si lui est l'ennemi public français numéro 1, vous êtes le numéro 2. - A.-E.Lemoine: C'est exactement le terme du président Tebboune. - X.Driencourt: On est presque ex aequo.

D'ailleurs, je suis cité dans l'interview de Tebboune à "L'Opinion" le 3 février. Dans la 2e page de son interview, il dit: "On a arrêté B.Sansal car il a dîné la veille avec l'ancien ambassadeur." Il me cite nommément. - P.Cohen: Si vous êtes visé et que Retailleau aussi, c'est aussi une façon d'épargner E.Macron.

Il y a quand même une relation qui a été préservée entre Tebboune et Macron, ce qui a permis de renouveler le dialogue de début d'année. - X.Driencourt: C'est une manière d'épargner le président de la République.

Tebboune l'a redit dans une interview récente: "Mon interlocuteur, c'est le président Macron ou la personne qu'il désignera. J'accueillerai J.-N.Barrot." Sous-entendu, il élimine B.Retailleau.

Ces dernières années, c'était G.Darmanin qui allait à Alger et qui a négocié les OQTF, les laissez-passer consulaires. Manifestement, Tebboune ne veut pas de Retailleau. - E.Tran Nguyen: Il y a plusieurs années, quand vous étiez ambassadeur de France en Algérie, la presse vous faisait des louanges en parlant d'un "français plus algérien que les Algériens d'origine, investi d'une mission mystique".

Qu'est-ce qui a changé? - X.Driencourt: Il faut demander à Tebboune. - A.-E.Lemoine: En gros, c'est parce que vous plaidez pour beaucoup plus de fermeté vis-à-vis de l'Algérie. - X.Driencourt: Dans ma carrière au Quai d'Orsay, j'ai été, en général, assez cash dans mes propos, y compris quand j'étais à Alger.

Ca m'a valu d'être convoqué à plusieurs reprises par le ministre algérien parce que je parlais parfois assez librement. Aujourd'hui, je suis peut-être encore plus libre de mes propos. - A.-E.Lemoine: Vous dites carrément que la voie diplomatique ne mène à rien, ou en tout cas jusqu'à maintenant. - X.Driencourt: La voie de l'aveuglement, en tout cas.

Depuis 62, encore une fois, mais plus particulièrement, ces dernières années, nous avons été aveuglés par l'Algérie et nous n'avons pas réagi. Nous avons des leviers vis-à-vis de l'Algérie. - A.-E.Lemoine: Qui ne risquent pas de conduire à une escalade supplémentaire? - X.Driencourt: L'Algérie ne comprend qu'un mot, un seul: réciprocité.

C'est la base de la convention de Vienne et des relations diplomatiques. On peut appeler ça "rapport de force" dans un langage plus familier, c'est la réciprocité. Depuis 1962, l'Algérie a constaté que la France n'appliquait pas la réciprocité.

Les diplomates français et autres à Alger, pour sortir, ils doivent demander une autorisation 8 jours à l'avance. En France, les diplomates algériens se baladent partout en France sans aucune autorisation. Nous avons 3 consulats en Algérie.

L'Algérie en a 18 en France. - A.-E.Lemoine: Vous proposez d'en fermer plusieurs. - X.Driencourt: On en a accordé 2 supplémentaires l'an dernier sans rien demander en échange. - E.Tran Nguyen: Vous dites qu'on a été trop gentils avec l'Algérie?

Il y a un passif, une histoire qui peut expliquer... - X.Driencourt: D'accord, mais le pays est indépendant depuis 63 ans.

Il faut arrêter de regarder dans le rétroviseur. Le Vietnam, on a eu des relations historiquement compliquées aussi. On a même été battu militairement à Dien Bien Phu.

Ils ont fait tomber plusieurs présidents du Conseil. L'Algérie aussi, à l'époque. Avec le Vietnam...

Je crois que le président y va ces jours-ci. - P.Lescure: Vous avez évoqué votre dîner le 15 novembre dernier avec B.Sansal.

L'écrivain s'envole le lendemain pour l'Algérie. Il est arrêté. Il a été condamné à 5 ans de prison pour des accusations d'atteinte à la sûreté du territoire.

Il est malade et actuellement hospitalisé. Son comité de soutien en France a été reçu il y a quelques jours par le Premier ministre. - Aujourd'hui, les ponts ne sont pas totalement coupés.

Ils ne sont coupés que s'il y a rupture des relations diplomatiques. Nous souhaitons que ce prisonnier d'opinion, comme l'a dit le Premier ministre, ne soit pas relégué au rang des accessoires, que sa cause ne soit plus notre cause. - P.Lescure: Avec les nouvelles tensions et la situation que vous décrivez, l'espoir d'une libération pour raisons humanitaires a diminué. - X.Driencourt: Oui.

Encore une fois, les relations sont actuellement bloquées. Je ne pense pas qu'il puisse y avoir une reprise du dialogue entre Paris et Alger. Personnellement, je pencherais pour une intermédiation étrangère, italienne, américaine...

Si le président Trump twittait comme il sait le faire "il faut que B.Sansal soit libéré", je vous garantis que les Algériens réagiraient dans les 10 minutes et le libéreraient. - A.-E.Lemoine: Vous avez vraiment envie que D.Trump s'en mêle? - P.Cohen: Pourquoi ils obéiraient à D.Trump? - X.Driencourt: Ils ont peur des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont laissé entendre qu'ils pourraient déclarer le Front Polisario comme organisation terroriste. L'Algérie soutient le Front Polisario. L'Algérie a de bonnes relations avec les Etats-Unis, aujourd'hui, et craint les Etats-Unis.

Le baril de pétrole est en train de passer en dessous de 50 dollars. Ca va changer la donne en Algérie. - A.-E.Lemoine: Merci. "France-Algérie, le double aveuglement", c'est votre ouvrage.

Vous restez avec nous pour le reste de l'actualité. La Story de M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un nouveau cap franchi au Moyen-Orient.

Hier, pour la 1re fois, le Premier ministre israélien, B.Nétanyahou, a annoncé la conquête terrestre de la bande de Gaza. - M.Bouhafsi: Pour la 1re fois, un plan du gouvernement israélien évoque officiellement le déplacement de la majorité de la population gazaouie vers le sud.

C'est une opération terrestre lourde, tout l'inverse de ce que B.Nétanyahou déclarait il y a moins d'un an. - M.Bouhafsi: Sans surprise, les propos les plus violents et brutaux sont venus de B.Smotrich, leader d'extrême droite.

Il est allé encore plus loin que B.Nétanyahou. - M.Bouhafsi: Nous avons contacté un correspondant français, dont de France Télévisions et Radio France. - La population est épuisée de tout.

Ils n'ont pas envie de se déplacer pour une énième fois. On sait très bien de quoi cette armée est capable. C'est une armée sans pitié, qui tue sur commande.

On sait très bien qu'il y aura plus de massacres pour pousser les gens à sortir. Il n'y a pas de sécurité. On a oublié ce mot.

Le mot qu'on a, c'est "survie". - M.Bouhafsi: Hier, des milliers d'Israéliens se sont réunis devant le Parlement pour dénoncer cette campagne militaire.

Le Forum des otages israéliens dénonce une campagne qui met en danger les otages. - M.Bouhafsi: Le ministre des Affaires étrangères a estimé que l'attitude d'Israël n'était pas acceptable.

Il la condamne fermement. L'annonce de cette campagne militaire intervient alors que les Nations unie accusent Israël d'utiliser la famine comme arme de guerre. Le gouvernement israélien bloque l'entrée de toute aide humanitaire depuis le 2 mars.

Les pillages se multiplient et la famine guette toute la population. - Depuis hier, les autorités israéliennes ont annoncé qu'elles allaient privatiser l'aide, c'est-à-dire que des militaires vont distribuer une aide qui ne sera pas du tout selon les principes humanitaires. Nous remettons en question cette annonce, qui est en rupture avec tous les principes humanitaires que sont l'indépendance, l'impartialité, le désintéressement.

Ce ne sont pas des militaires qui doivent faire ce travail à la place des ONG. - M.Bouhafsi: Le Hamas détient toujours 55 otages israéliens, dont la plupart sont morts.

Plus de 50 000 Palestiniens sont morts lors de cette guerre. D.Trump a annoncé qu'il se rendrait en Israël la semaine prochaine et qu'il ferait une annonce très importante. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, L'Edito de Patrick.

Faut-il réguler l'installation des médecins pour repeupler les déserts médicaux? Les débats reprennent. - P.Cohen: Proposition de loi portée par 256 députés de toutes obédiences, sauf du RN.

L'article clé de cette loi a déjà été voté il y a un mois. Il s'attaque à un principe souvent débattu, jamais remis en cause: la liberté d'installation des médecins. La proposition ne propose de limiter que dans les 13 % du territoire national médicalement surdotés en médecins.

Les médecins devraient atteindre un départ à la retraite pour s'y établir dans la même spécialité. Ils resteraient libres partout ailleurs dans les 87 autres pourcents. Loi soutenue par des élus locaux et par les associations de patients, mais combattue par les syndicats de médecins, qui ont manifesté la semaine dernière avec les étudiants, les internes.

C'est combattu aussi par le gouvernement. - A.-E.Lemoine: Qui a fait une autre proposition. - P.Cohen: Inciter ou obliger, ce n'est pas encore là, les professionnels des zones surdotées à exercer quelques jours par mois en zone sous-dotée. - F.Bayrou: Si chaque médecin se mobilise en solidarité 1 ou 2 jours par mois, parfois quelques jours seulement par an, alors nous apporterons une solution originale et puissante, les quelques années qu'il faut attendre pour que le nombre de soignants formés augmente. - P.Cohen: Voilà l'idée de F.Bayrou en forme de contre-feu.

On ne sait pas si elle est praticable. Les médecins et les élus locaux ont plutôt tendance à dire non. Ce qui est extraordinaire, c'est que cette solution a été proposée, débattue, adoptée par le Parlement il y a plus de 15 ans.

C'était une initiative de l'Assurance maladie reprise par la ministre de la Santé de l'Ehpad, R.Bachelot, et votée avec la gauche, à un moment où les déserts médicaux étaient déjà identifiés comme un problème majeur de santé publique. Extrait d'un reportage de 2009. - Ce village de 200 âmes a perdu son médecin il y a 3 ans. 3 ans de petites annonces sans résultat et des médecins autour débordés. - On appelle au secours.

On a besoin de médecins. - A 100 km de là, il y a Limoges et son trop-plein de médecins. Plus de 200 pour une ville moyenne.

Comment corriger cette absurde répartition médicale? Le gouvernement envisage la contrainte, l'obligation de travailler ponctuellement en zone désertique et sous peine d'amende. Une atteinte à la sacro-sainte liberté d'installation qui ne passe pas. - On n'a pas le temps, en faisant 60 heures par semaine, de prendre des gardes dans les zones sous-dotées. - P.Cohen: 2009, on pourrait faire la même aujourd'hui, peut-être pire.

La mesure prévoyait la création de contrat santé solidarité avec des pénalités jusqu'à 3000 euros par an pour les médecins qui refuseraient ces missions. C'est ce que les syndicats appelaient la taxe Bachelot et que la ministre a dû abandonner, comme son ministère, qu'elle a cédé à X.Bertrand en 2010 pour se réconcilier avec les médecins.

Une partie de la loi n'a jamais été appliquée et a été abrogée 2 ans plus tard, en 2011. On en est au même point. 15 ans d'impuissance publique face à un problème qui n'a cessé de s'aggraver avec des inégalités d'accès aux soins qui n'ont cessé de se creuser. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Y.Favennec-Bécot.

Vous êtes élu de Mayenne. - Y.Favennec-Bécot: J'ai l'honneur d'être débuté depuis quelques années.

Tous les gouvernements, de gauche, de droite, du centre, n'ont eu qu'une seule politique: celle de l'incitation. C'est mettre sur la table des millions d'euros payés par le contribuable pour essayer de faire venir des médecins dans les territoires. - A.-E.Lemoine: Ce sont les aides à l'installation, l'exonération fiscale... - Y.Favennec-Bécot: Résultat, 8 millions de Français n'ont pas de médecin.

En Mayenne, 1 Mayennais sur 10 n'a pas de médecin. C'est une situation absolument inconcevable et insupportable pour nos concitoyens. Je reçois dans mes permanences des gens qui viennent en pleurant. "Monsieur le député, trouvez-moi un médecin demain, aujourd'hui, pas dans 10 ans!" Les propositions qui ont été faites par le ministre de la Santé, c'est du 10 ans, pas du maintenant. - A.-E.Lemoine: Pourquoi l'incitation ne marche pas? - Y.Favennec-Bécot: Il faut aller vers la régulation.

Ce n'est pas uniquement en mettant de l'argent public sur la table qu'on va y arriver. La meilleure preuve, c'est le résultat. - P.Cohen: Les opposants disent que ce n'est pas un problème de répartition, mais de pénurie.

Ils disent qu'on a besoin de davantage de médecins. - A.-E.Lemoine: On voit le problème à l'envers. - Y.Favennec-Bécot: Il faut reconnaître au gouvernement, au moins au président de la République, d'avoir supprimé le numerus clausus.

Mais il y a un creux démographique. Il va falloir y faire face. Les médecins qui vont être formés, c'est entre 10 et 15 ans.

C'est 2035. Là, on est en 2025. Les gens qui viennent me voir dans mes permanences veulent un médecin maintenant, pas dans 10 ans.

L'incitation ne fonctionne pas. C'est la raison pour laquelle nous proposons la régulation. Ce n'est pas la coercition.

Ce sont 2 mots différents. - A.-E.Lemoine: C'est une contrainte, quand même.

Avant de s'installer là où on veut, il faudra l'autorisation de l'Agence nationale de santé. - Y.Favennec-Bécot: Vous avez 87 % du territoire national qui est un désert médical. 13 %, on sait à peu près où ça se situe, sud-est de la France, côte Atlantique, sont des zones surdotées.

On dit simplement que l'installation dans ces zones surdotées ne sera possible qu'avec l'autorisation de l'ARS et à condition d'exercer la même spécialité que la personne. Le reste, c'est 87 %. Installez-vous où vous voulez.

Venez en Mayenne, par exemple. - P.Cohen: Il n'y a pas que les côtes.

Le département le mieux doté, c'est les Hautes-Alpes. - Y.Favennec-Bécot: Même dans les villes, comme Paris...

Paris devient un désert médical. - A.-E.Lemoine: En ce qui concerne la médecine générale. - Y.Favennec-Bécot: On s'adresse aux généralistes et aux spécialistes.

Le département de France où il y a le moins de médecins, c'est la Seine-Saint-Denis. Ca montre bien que ce n'est pas uniquement un problème de ruralité. C'est un problème national. - A.-E.Lemoine: Les médecins et l'Ordre des médecins estiment qu'ils ne devraient pas être les seuls à revenir dans des zones où les services publics ont déjà fermé leurs portes.

On peut les comprendre. - Y.Favennec-Bécot: On a mis en place les maisons France Services qui permettent, notamment dans les territoires comme le mien, d'avoir accès à des services publics.

J'entends beaucoup les médecins, que je respecte et dont on a besoin, qui font des études difficiles, qui ont des conditions de vie parfois difficiles...

Je les entends beaucoup parler d'eux, mais pas des patients. Ils ont signé un serment, celui d'Hippocrate, celui de soigner quoi qu'il en coûte. Il y a aussi une responsabilité de leur part.

La responsabilité, c'est d'aller soigner ceux qui ont besoin. Nous avons besoin d'eux sur 87 % du territoire national. - A.-E.Lemoine: Le ministre de la Santé, qui n'est pas favorable à cette proposition de loi, répond que la coercition, la régulation va aggraver la pénurie, que ça risque de faire déplacer des praticiens. - P.Cohen: Je suis de Rhône-Alpes.

Ils vont partir en Suisse, nos médecins. - A.-E.Lemoine: A l'étranger, entre autres. - Y.Favennec-Bécot: Le ministre de la Santé et le Premier ministre ont proposé qu'on ait des médecins solidaires.

Qu'est-ce que c'est? C'est un médecin qui va d'une zone surdotée à une zone sous-dotée. La Mayenne est un désert médical entouré par d'autres départements qui sont des déserts médicaux eux-mêmes entourés de déserts médicaux.

D'où viendront ces médecins de territoires surdotés? Ils viendront de Nice pour exercer en Mayenne? Ca va coûter combien?

En plus, ils vont avoir une prime de déplacement. - A.-E.Lemoine: Pour les 2 jours obligatoires par mois que propose F.Bayrou. - Y.Favennec-Bécot: Quand vous habitez dans une zone surdotée, vous avez 28 jours pour vous soigner.

Dans une zone sous-dotée, vous vous débrouillez sur 2 jours. Ce n'est pas normal, pas acceptable. - A.-E.Lemoine: C'est la proposition de F.Bayrou. - Y.Favennec-Bécot: Et c'est toujours avec les deniers du contribuable.

On va les payer pour faire ça. Ce n'est pas sérieux. Qu'est-ce qu'il y a de plus simple, de plus pragmatique et qu'est-ce qui ne coûte rien au contribuable que la régulation de l'installation des médecins?

C'est ce que nous proposons. Ca été voté par l'Assemblée nationale. - A.-E.Lemoine: Vous essayez de convaincre l'Ordre des médecins qui est vent debout. - Y.Favennec-Bécot: On les a tous reçus, l'Ordre des médecins, les patients, les étudiants.

On les a tous reçus. On voit bien qu'il y a beaucoup de réserves, pour ne pas dire d'opposition, des syndicats de médecins. C'est du corporatisme.

Je sais que ce n'est pas un joli mot. Je ne vais sans doute pas me faire des copains. Je défends les patients, ces gens qui souffrent, qui sont au bord du désespoir parce qu'ils ne peuvent pas se soigner. 1 Français sur 2 renonce à se soigner parce qu'il n'a pas de médecin.

Ce sont des bombes à retardement. Dans quelques années, ce sont des gens qui auront des pathologies graves qui coûteront cher à l'Assurance maladie pour les soigner. - A.-E.Lemoine: Un moyen de pallier la pénurie, c'est la création d'une 1re année de médecine dans chaque département.

C'est une bonne solution? C'est une proposition du gouvernement. - Y.Favennec-Bécot: Absolument.

C'est la proposition de loi, article 3, que nous avons déposée. Elle est cosignée par 256 députés venant de 9 groupes parlementaires. C'est du transpartisan.

Nous avons proposé la 1re année de médecine dans chaque département. Cette idée a été reprise par le gouvernement. Tant mieux.

Merci aux groupes transpartisans. - E.Tran Nguyen: Concernant la pénurie de médecins, vous n'avez pas peur...

C'est un métier difficile qui nécessite de longues études. Le quotidien d'un médecin, c'est 40, 50, 60 heures de travail par semaine. Vous n'avez pas peur qu'il y ait moins de jeunes qui ont envie de se lancer dans le métier? - Y.Favennec-Bécot: Il faut souligner le rôle des élus locaux qui ont porté à bout de bras ce que l'Etat n'a pas su faire.

Ils ont créé des maisons pluridisciplinaires de santé. C'est pour mutualiser les moyens des médecins et pour partager le temps de travail dans les territoires. Tout est fait localement pour que ces gens qui font des études difficiles, mais aussi payées par le contribuable...

Il faut mettre les choses clairement sur la table. Au travers des maisons pluridisciplinaires de santé, on fait en sorte que les conditions de travail soient améliorées dans les territoires où on leur demande beaucoup. Enfin, quand il y en a. - A.-E.Lemoine: D'après vous, pourquoi les gouvernements ont peur d'imposer la régulation?

Que craignent-ils? - Y.Favennec-Bécot: J'étais député quand R.Bachelot était ministre.

F.Fillon avait reçu un groupe de parlementaires dont je faisais partie. J'étais déjà pour cette régulation, à l'époque.

Il nous avait dit: "Je ne peux pas le faire parce que je ne veux pas voir dans la rue descendre les blouses blanches." Les blouses blanches, c'est une chose, mais les millions de Français qui n'ont pas de médecin, et qui se révolteront peut-être un jour parce qu'ils n'en ont pas, c'est aussi important de les aider. - P.Cohen: Il faut prendre en compte la difficulté du métier. - Y.Favennec-Bécot: Ce sont des études difficiles, longues et loin de nous l'idée de nous liguer contre les médecins.

On a besoin d'eux. On fait en sorte, dans nos propositions, de leur accorder davantage de temps médical. Ils ont besoin de temps médical aussi dans l'exercice de leur profession.

Nous y faisons attention, bien évidemment. Il ne s'agit pas de se mettre les médecins à dos. Il s'agit de trouver des solutions concrètes, efficaces, pour que nos concitoyens puissent se soigner. - E.Tran Nguyen: Dans les solutions, il y a le fait de confier aux infirmiers le suivi de certains patients chroniques pour décharger les médecins dans les déserts médicaux.

Les infirmiers seraient donc aptes à prescrire certains examens et médicaments. - Je suis apte à renouveler les médicaments, je peux les orienter vers des spécialistes. Mais je ne suis pas médecin.

Je ne gère pas les pathologies aiguës. - Au départ, j'avais une certaine appréhension de la découverte. Une fois que j'ai découvert et que j'ai vu comment ça se passait, c'est très bien. - Une aide précieuse pour alléger la charge des médecins dans les déserts médicaux. - Le tout est d'arriver à mettre en place des organisations qui ne soient pas des modes dégradés, où on perd de la qualité, comme les téléconsultations.

La seule façon d'arriver à prendre en charge les patients atteints de pathologies chroniques et qui perdent leur médecin traitant, c'est de travailler avec une infirmière en pratique avancée. - E.Tran Nguyen: Certes, c'est pour donner du temps aux médecins, mais l'Ordre des médecins est contre et dénonce une pratique qui fait fi de leur formation longue et difficile.

On y revient toujours. Mais le gouvernement veut aller plus loin en proposant à ces infirmiers de pouvoir réaliser de nouveaux actes. - Y.Favennec-Bécot: Ca va dans la bonne direction.

On propose une sorte de boîte à outils. Dedans, il y a les IPA, la régulation, les maisons pluridisciplinaires de santé...

Il faut piocher en fonction des besoins. Nous proposons une solution parmi d'autres. Les IPA font partie de cette solution. - E.Tran Nguyen: Ca ne dévalorise pas le travail du médecin? - Y.Favennec-Bécot: Non, je pense que ça le soulage. - A.-E.Lemoine: Merci.

Vous avez un médecin traitant? - Y.Favennec-Bécot: Il vient de partir à la retraite.

Mais je ne veux pas que l'on pénalise les gens qui n'ont plus de médecin traitant en doublant le prix de la consultation. Dans notre proposition de loi, c'est l'article 2, nous supprimons cette pénalité injuste. C'est la double peine pour le patient qui perd son médecin, qui essaie d'en trouver un autre et qui, quand il en trouve un autre, doit payer le double de la consultation.

Je suis dans cette situation. - A.-E.Lemoine: Merci.

Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal. Le pire est évité pour ceux qui ont un train ce week-end. - L.Sénéchal: 1,8 million de personnes ont prévu de prendre le train ce week-end prolongé pour ceux qui font le pont.

Ce n'est pas notre cas. C'est aussi un week-end de grève à la SNCF, à l'appel de 2 syndicats de la SNCF et d'une organisation de contrôleurs. Pourtant, la direction annonce une circulation quasi normale. - Je pense qu'on aura pas loin de 90 % des trains qui vont rouler.

On est vraiment confiants de faire rouler tous ces trains. On va se réorganiser. La plupart des clients auront le train pour lequel ils ont acheté un billet.

Quelques-uns devront peut-être se déplacer de 1 ou 2 heures. - L.Sénéchal: Il y a des perturbations sur le réseau régional.

La SNCF fait appel à des cadres pour remplacer les grévistes. - C'est volontaire. On les forme depuis plusieurs années.

Ils peuvent intervenir sur les week-ends, les périodes de vacances. Je trouve très bien qu'on puisse disposer de ces volontaires qui vont permettre d'assurer ce temps de transport. - L.Sénéchal: Ceux qui font rouler votre train sont peut-être d'anciens conducteurs devenus cadres et qui reprennent du service en quelque sorte, moyennant prime, 50 euros de l'heure.

Peu importe, pour ces usagers. - A partir du moment où les gens peuvent partir, je m'en fous, de savoir qui conduit. C'est très bien. - C'est très bien de trouver des solutions.

Je ne suis pas pour la grève, surtout en période de vacances. - L.Sénéchal: Les syndicats réclament la revalorisation d'une prime et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute, d'après eux.

Le ministre des Transports, P.Tabarot, voudrait empêcher les grèves pendant les congés. Quand il était sénateur LR, il avait fait voter au Sénat un texte qui n'a jamais été mis à l'ordre du jour à l'Assemblée. - P.Tabarot: Je ne vais pas me dédire par rapport au parlementaire que j'étais encore il y a quelques mois.

Il faut tirer un enseignement de cette grève. Peut-être que pour la première fois, dans cette grève, la grande évolution est que le gouvernement n'a pas mis de pression sur la SNCF et la direction de la SNCF pour trouver un accord coûte que coûte et pour sortir le carnet de chèques coûte que coûte. - L.Sénéchal: Vous saurez au plus tard demain matin si votre train est maintenu ou annulé.

Et si vous devez changer de billet, vous aurez un bon d'achat d'une valeur de 50 % de la valeur du billet. La SNCF sort le carnet de chèques. Pas besoin de cheminots en grève pour perturber le trafic.

Regardez cette image insolite. Un cygne s'est planté sur les rails du RER A. C'était ce week-end. - A.-E.Lemoine: Démarrage laborieux pour le nouveau chancelier allemand. - L.Sénéchal: F.Merz a été élu chancelier cet après-midi, à la tête d'une grande coalition.

Mais il a fallu, et c'est une première dans l'histoire récente de l'Allemagne, un 2e vote. Il avait perdu le premier. Ce n'était jamais arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale. - L.Sénéchal: Ce vote surprise a été un choc immédiat.

Vers 11h, au moment du vote, la Bourse de Francfort chute brutalement. C'est parce qu'il a été rejeté et ça crée de l'incertitude. O.Scholz, le sortant, a l'air dépité.

Il a manqué des voix dans son groupe. - A.-E.Lemoine: Il fait "non" de la tête. - L.Sénéchal: L'extrême droite, en tête des sondages, demande de nouvelles élections législatives. - L.Sénéchal: Finalement, la coalition de Merz organise un 2e vote en catastrophe.

Il est élu chancelier, normalement pour 4 ans, sauf si sa fragile majorité lâche avant. Il sera reçu demain à l'Elysée pour son 1er déplacement à l'étranger en tant que chancelier. - A.-E.Lemoine: La Haute Autorité de santé rend un avis très attendu sur la fin de vie. - L.Sénéchal: Vendredi, les députés ont voté en commission pour créer un droit à l'aide à mourir pour permettre à des malades avec "une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital en phase engagée ou terminale et ne supportant plus les douleurs"...

Il est impossible de dire si un pronostic vital est engagé à moyen terme ou de s'entendre sur la notion de phase avancée. Ils définissent le court terme, mais au-delà, ils ne peuvent pas. La Haute autorité suggère de prendre en compte la qualité du reste à vivre du malade plutôt que la quantité.

Ce débat agite les médecins et les politiques. Dans "Le Journal du dimanche", F.Bayrou s'est dit spontanément du côté du soin et de la défense de la vie, avant de nuancer son propos.

E.Macron a semblé lui répondre devant les francs-maçons. - E.Macron: Le débat, résolument, ne peut être réduit à la question de savoir si on est pour la vie ou contre la vie ou si d'un côté, il y aurait un humanisme qui voudrait le traitement et de l'autre côté un abandon à la mort.

Non. C'est une question du rapport à la mort, à la souffrance et à la dignité humaine jusqu'à la dernière seconde. J'ai peur que, parfois, dans nos débats, les choses se précipitent et oublient l'épaisseur et la grande difficulté, parfois, aussi, de simplement penser le moindre mal. - L.Sénéchal: Les débats doivent reprendre lundi dans l'Hémicycle.

Monsieur Favennec, vous avez déjà un avis tranché sur la question? Le garde des Sceaux dit qu'il a changé d'avis quand un cancer a touché un de ses proches. - Y.Favennec-Bécot: Il faut laisser la liberté à chacun de choisir sa fin de vie.

C'est un débat important et transpartisan. Ca fait appel à la conscience de chacun. J'attends le débat dans l'Hémicycle.

Je ne siège pas dans la commission qui a examiné en amont le texte. - A.-E.Lemoine: Il va falloir potentiellement adopter le texte.

Quand des médecins disent que c'est impossible de déterminer un moyen terme, un pronostic vital... - P.Cohen: "Moyen terme" est le terme retenu par la convention citoyenne.

Dans les pays qui appliquent depuis longtemps une loi comparable, il n'y a pas de "terme". En Belgique, c'est une "maladie sans issue", aux Pays-Bas aussi. Au Québec, au Canada, ils avaient instauré un terme et ils l'ont supprimé de la loi. - Y.Favennec-Bécot: On est un peu en retard par rapport à un certain nombre de nos voisins, notamment le Portugal et l'Espagne.

C'est un sujet dont, j'espère, on va avoir le temps de débattre pendant 2 semaines. Ca me paraît être le minimum pour un vrai débat de société sur lequel...

C'est enfin un texte qui concerne chacun. Je suis impatient qu'on puisse y arriver dans l'Hémicycle. - A.-E.Lemoine: A Rome, le Vatican retient son souffle. - L.Sénéchal: C'est la dernière ligne droite avant le conclave qui commence demain.

Les signaux téléphoniques vont être coupés pour les cardinaux, autant électeurs que candidats. C'est le dernier moment pour discuter avec ses pairs et essayer de dessiner le contour de la future papauté. - Au milieu de nous, je ne sais pas qui c'est, il ne sait pas lui-même, mais il y a le pape. - L.Sénéchal: Le français J.-M.Aveline, on en parle souvent, a peut-être voulu passer un message.

Ses détracteurs l'accusent de ne pas maîtriser assez bien l'italien. "La Croix" raconte qu'il avait tenu à préciser, lors d'une conférence de presse, qu'il parlait en français parce que son italien n'était pas bon. Ce week-end, il a donné son ultime messe avant le conclave.

En quelle langue? Ecoutez. Il parle en italien. - L.Sénéchal: C'est certes avec un accent français, mais c'est très compréhensible, nous aurait dit un éminent vaticaniste.

Il n'y a pas assez de place pour loger tous les cardinaux. Ils sont plus de 133. Un tirage au sort déterminera ceux qui seront relégués dans les bâtiments des fonctionnaires.

Pendant le conclave, les cardinaux sont nourris. C'est codifié. Benoît XVI a durci les règles pour éviter tout contact avec l'extérieur.

Pas le droit de se faire apporter de l'extérieur. - A.-E.Lemoine: Pas de Deliveroo! - L.Sénéchal: C'est un menu fixe, léger.

Ils n'ont pas le droit aux asperges. Au Moyen Age, on rationnait la nourriture pour accélérer la manoeuvre. Après 3 jours sans accord, les cardinaux n'étaient nourris qu'une fois par jour.

Au bout de 8 jours, c'était de l'eau et du pain sec uniquement. - X.Driencourt: Réussir à isoler 133 personnes en 2025...

C'est impressionnant. - L.Sénéchal: Ils s'isolent naturellement. - A.-E.Lemoine: La famille royale au balcon pour les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale. - L.Sénéchal: Ca a déjà commencé au Royaume-Uni avec ce défilé militaire et l'apparition de la famille royale quasiment au grand complet.

Ce qui a surtout attiré l'oeil, ce sont les frasques du petit dernier de Kate et William, Louis, 7 ans, pas vraiment l'âge de raison. Il se moque de son grand frère, le prince George, amené à régner. Même du temps de son arrière-grand-mère, la reine Elisabeth II, il était capable de faire des grimaces au balcon alors qu'il y avait quand même la reine à côté.

Il faisait des saluts militaires pas réglementaires. Il bâillait. Ca, c'est pendant le couronnement de son grand-père, Charles.

Il préférait jouer avec des engins de chantier. Des vrais, pas des jouets. En marge des cérémonies, les portraits officiels du roi et de la reine ont été dévoilés à l'occasion de leurs 2 ans de règne.

Bravo. Beaucoup mieux réussi et apprécié par Charles que le précédent, il y a un an. Il avait donné un petit geste de recul.

Il était rouge sang. On parlait d'un portrait satanique. Rires. - A.-E.Lemoine: On finit par les tenues les plus extravagantes du Met Gala, le gala du Metropolitan Museum de New York. - L.Sénéchal: C'est un rendez-vous majeur de stars habillées par les plus grands couturiers.

Il y a A.Hathaway, Dua Lipa, Spike Lee, M.Cyrus, entre autres.

On a appris à l'occasion de ce Met Gala que Rihanna était enceinte de son 3e enfant. - E.Tran Nguyen: On le savait déjà. - L.Sénéchal: C'est un scoop, quand même.

P.Williams portait un tricot en perles. 100 000 perles!

Ca a nécessité des heures et des heures de travail. Il y avait des frenchies au Met Gala, comme O.Sy, qui vit aux Etats-Unis.

Elle n'est pas vraiment frenchie, mais Angèle était sur place. Un monsieur est arrivé en motard. Il a carrément des assistants pour dévoiler son costume.

Il y avait la version déménageur avec un piano dans le dos, le chanteur d'Outkast. - A.-E.Lemoine: Merci.

X.Driencourt, je rappelle votre livre, "France-Algérie, le double aveuglement". Merci, Y.Favennec-Bécot, élu de Mayenne.