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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 mai 2026 19 min

Présidentielle 2027 : Prisca Thévenot, soutien de Gabriel Attal, exclut "petites phrases, querelles, chamailleries" avec Edouard Philippe

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Prisca Thévenot. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Nous allons évoquer les carburants, nous allons évoquer l'actualité parlementaire avec vous. Mais d'abord, l'élection présidentielle et ça y est, Gabriel Attal a lancé sa campagne. Vous en êtes un soutien fervente, j'allais dire. On va écouter l'ancien Premier ministre qui a donc annoncé sa candidature hier à Mur de Barès, département de l'Aveyron.

0:36
Invité

Qu'on a encore nos plus belles pages à écrire. Le meilleur, il est devant nous. J'ai ensuite une ambition. L'ambition de nous faire renouer avec une très grande promesse, qui est la promesse de l'élévation. Et puis je me suis forgé aussi une détermination à agir. Et oui, c'est pour toutes ces raisons, c'est parce que j'aime profondément la France et que j'aime profondément les Français, que oui, cher Pierre, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République. Bon, Prisca Thévenot, est-ce que ça y est, Emmanuel Macron est candidat à un troisième mandat ?

1:06
Prisca Thevenot

C'est trop facile. Gabriel Attal est effectivement officiellement aujourd'hui candidat pour l'élection présidentielle de 2027. C'est une candidature mûrement réfléchie, à titre personnel et politique. On parle souvent des années au gouvernement de Gabriel Attal. Et c'est vrai, il faut en parler, parce que de là, il en a forgé aussi une expérience et une capacité à lutter contre l'immobilisme de tout un système qui est aujourd'hui aussi dénoncé par les Françaises et les Français.

1:34
Présentateur

Mais si je vous pose la question, pardon, c'est parce que d'ores et déjà, certains opposants, notamment à gauche, disent « Ben voilà, on a trouvé le nouvel Emmanuel Macron, il est candidat à la présidentielle, il a le droit de faire un troisième mandat ».

1:45
Prisca Thevenot

Ok, j'ai entendu, on a entendu. Est-ce qu'on peut passer maintenant au sujet de fond ? Une élection présidentielle, vous savez, c'est aussi un moment...

1:52
Présentateur

C'est pas qu'un sujet de forme, pardonnez-moi. C'est pas qu'un sujet de forme.

1:54
Prisca Thevenot

C'est pour ça que je vous dis, au sujet de fond. Et alors, de quoi on parle ? Est-ce qu'on parle des enjeux économiques, des enjeux d'attractivité industrielle, des enjeux de santé publique, d'éducation nationale ? Est-ce qu'on parle de la justice, de la sécurité ? Allons-y franchement. Et là, on pourra décrypter point par point quel est notre projet pour la France et quelle est la continuité dans laquelle on s'inscrit ou éventuellement certaines nuances.

2:17
Intervenant

Avant d'en venir sur le fond, venons-en à la déclaration de candidature de Gabriel Attal. Ça s'est passé hier sur cette place d'un village de 700 habitants. Pour un élu qui a fait l'essentiel de sa carrière à Paris, qui a été élevé à Paris, qui a fait ses études à Paris, est-ce que c'est pas un peu 100% comme ?

2:34
Prisca Thevenot

Est-ce que... C'est marrant. S'il avait fait sa déclaration en Ile-de-France, on aurait dit encore en Ile-de-France. S'il ne la fait pas en Ile-de-France, on dit pourquoi pas en Ile-de-France ?

2:42
Intervenant

Mais est-ce qu'il faut être le candidat des campagnes, Gabriel Attal ?

2:44
Prisca Thevenot

Il doit être le candidat de la France. Et la France, c'est quoi ? C'est cette capacité à regarder pleinement son histoire, ses villages millénaires, comme on l'a fait hier à Mur-de-Barèze, ses racines, ses traditions, mais aussi cette capacité à regarder la France de l'avenir. Et avec des projets, avec de l'audace. Et oui, le département de l'Aveyron symbolise ce que cette France-là est aujourd'hui, et ce que Gabriel Attal veut porter pour l'année prochaine. Et donc, je le dis assez simplement, on pourrait dire, oui, c'est la première fois qu'il va dans un village ou en dehors de l'Ile-de-France, c'est faux.

3:18
Présentateur

Non, mais bien sûr, ça tout le monde sait que c'est faux, pour le coup. Ce n'est pas ce qu'on peut dire. Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a un côté, peut-être, pardonnez-moi l'expression, mais certains pourraient l'utiliser, un peu gros sabot en termes de communication.

3:29
Prisca Thevenot

Est-ce qu'on reproche à Gabriel Attal d'avoir préparé son annonce de candidature ? Encore heureux qu'il l'ait préparée. On parle de quelque chose de sérieux. Ce n'est pas quelque chose qui s'improvise entre deux micros, ou entre deux interviews au coin d'une table. C'est quelque chose qui embarque un pays, qui embarque une voie politique et qui embarque toute une famille politique. Donc oui, on prend les choses au sérieux, on les travaille, on les prépare. Et cette candidature montre aussi notre capacité à considérer que l'année qui va être devant nous est une chose à prendre réellement au sérieux et avec une préparation nécessaire et essentielle.

4:02
Intervenant

Sur cette ligne de départ, il y a un autre homme, candidat Horizon, Édouard Philippe. Il a été interrogé par nos confrères du Parisien avant cette déclaration de candidature sur ce sujet. Il dit que la campagne électorale n'est pas un concours de beauté. C'est un moment important où chacun dit ce qu'il croit bon pour la France. J'ai mon style, je suis sérieux, je ne vais pas monter sur la table pour faire le malin. Est-ce que hier, Gabriel Attal est monté sur la table pour faire le malin ?

4:25
Prisca Thevenot

Ça, c'est vous qui le dites ?

4:26
Intervenant

Ce sont les propos utilisés par... C'est peut-être Édouard Philippe qui le suggère.

4:29
Prisca Thevenot

Peut-être. Vous savez, je vais vous le dire assez simplement. Édouard Philippe, Horizon, ce ne sont pas des ennemis ni des opposants politiques. Ils ont été des partenaires, nous avons gouverné ensemble et nous continuons à travailler ensemble, notamment dans l'espoir d'éviter un second tour RN et LFI l'année prochaine. Donc pardonnez-moi, mais je ne rentrerai pas dans des petites phrases ou des querelles de chamailleries sur des phrases interprétées ou surinterprétées.

4:53
Présentateur

Est-ce que vous pouvez nous garantir ce matin, vu que vous venez de le dire, qu'il n'y aura pas de petites phrases, pas d'entourages qui auront des mots assassins envers l'un ou envers l'autre durant tout le temps que durera cette pré-campagne ou cette campagne ?

5:10
Prisca Thevenot

Je vous le dis de façon assez simple, il ne peut pas, il ne doit pas y en avoir. En revanche, est-ce qu'on peut débattre sur le fond ? Oui. Est-ce que nous, nous sommes renaissance pour la retraite à 67 ans, comme le propose Édouard Philippe ? Non. Vous croyez vraiment qu'il propose ça ? Ben peut-être qu'il... Ben j'en sais rien en fait. En vrai, j'en sais rien. J'ai les derniers propos qu'il a eus sur le système de retraite, c'était sur ça. Peut-être qu'il en est revenu. Je sais aujourd'hui, effectivement, depuis deux ans, qu'il est candidat à l'élection présidentielle depuis 2027, mais c'est vrai qu'on n'a pas encore le détail. Il est flou en fait, c'est ce que vous dites.

Voilà, mais ça viendra, mais il n'a pas encore son détail. Donc, au-delà des petites phrases que je condamne et sur lesquelles je pense qu'on a autre chose à faire, sur le fond, oui, on aura le droit d'avoir des nuances et c'est encore heureux.

5:52
Intervenant

Prisca Thévenot, sur le volet du programme, justement, il y a déjà des propositions qui sont mises sur la table par certaines personnalités politiques proches de Gabriel Attal, notamment Franck Rester, l'ancien ministre, qui se dit favorable à ce que le débat sur la GPA, la gestation pour autrui, existe pendant cette campagne présidentielle. Est-ce que, vraiment, ça, c'est une priorité pour Gabriel Attal ?

6:12
Prisca Thevenot

Alors, Franck Rester n'a pas dit que ça n'était une priorité. Il a été interrogé sur ce sujet. Ça pourrait l'être pour Gabriel Attal ? Et il a dit que ça devait être un sujet qui pouvait être amené lors d'une campagne présidentielle, comme tout autre sujet, pardonnez-moi. Maintenant, est-ce que c'est le sujet numéro un porté par Gabriel Attal ? Le sujet numéro un porté par Gabriel Attal, et ce n'est pas nouveau, c'est le sujet de l'éducation. Parce que le sujet de l'éducation, c'est ce qui fait une nation, et ce qui permet à une nation de le rester.

D'ailleurs, hier, il a été interrogé à Mur de Barèze par des habitants sur le sujet de l'éducation nationale, et ensuite, après sa déclaration, son premier déplacement officiel en tant que candidat fraîchement déclaré, ça a été dans une école, dans un collège, pour échanger.

6:50
Présentateur

Quelle serait, pardonnez-moi, sa première mesure sur l'éducation ?

6:54
Prisca Thevenot

Il en a déjà eu un certain nombre quand il était ministre de l'Éducation nationale. Ça, c'est du bilan, ce n'est pas de la proposition. Oui, mais ça montre aussi une démarche et une capacité à tirer une ligne. C'est cette capacité à remettre aussi l'autorité au centre de l'éducation nationale, avec cette capacité à dire que l'autorité est incarnée par celles et ceux qui détiennent le savoir, à savoir les enseignants, les directeurs, les accompagnants, les encadrants, et puis avoir cette capacité à redire qu'il est nécessaire aujourd'hui d'avoir un choc des savoirs.

Parce que oui, nous avons besoin d'être une nation forte, et pour cela, nous avons besoin de préparer nos jeunes aux filières scientifiques, aux filières d'avenir, pour pouvoir pleinement embraser des projets sur lesquels nous serons attendus.

7:32
Présentateur

Pardonnez-moi, tout ça, pour l'instant, on entend cet axe programmatique qui n'est pas vraiment encore concret de ce que l'on en comprend. Ce qu'on a essayé de chercher avec Majid, ce sont aussi des propositions qui, d'ores et déjà, ont été mises sur la table. Sur la table, j'ai trouvé, par exemple, celle du patron des Jeunes en Marche, qui soutient, là aussi, Gabriel Attal, il évoque l'interdiction de la chasse à court, l'interdiction de la mise à mort dans les corridas. Est-ce que, pardon, là encore, on est vraiment sur, comme première proposition de campagne, sur des choses qui sont des priorités ?

8:03
Prisca Thevenot

Non, vous tirez le trait trop vite. Et ce que je vois, moi, c'est que depuis tout à l'heure, vous citez des personnalités ou des mouvements, par exemple, des mouvements de jeunesse de notre famille politique, qui font quoi ? Qui font des propositions sur le fond. Mais quand on est candidat, et qu'on a des gens autour de soi... Moi, j'ai plutôt envie de vous dire, regardez clairement... On écoute leurs propositions. Et vous avez raison, et c'est pour ça que je vous le dis et je finis ma phrase. Quelles sont les autres familles politiques, aujourd'hui, à parler, à générer des idées, et à parler de fond ?

On entend des petites phrases, on entend des coups de griffe, nous sommes les seuls à aller sur le fond. Maintenant, on va se le dire aussi assez simplement, le 30 mai prochain, donc samedi prochain, Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle, pourra aussi partager un certain nombre de priorités qu'il va décliner précisément, devant, effectivement, une salle faite d'adhérents, de militants, mais aussi de personnes qui viendront à l'écouter pour la première fois, mais aussi devant les Français. Bien sûr que j'y serai.

8:55
Intervenant

D'autres personnalités politiques de votre camp, de votre parti, n'y seront pas, notamment Yael Brunpivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui dit, je considère que la question aujourd'hui, ce n'est pas de se lancer chacun dans une aventure personnelle. Elle a même parlé par le passé de club des machos. Est-ce qu'il est temps pour la France d'élire une femme à la tête du pays, comme le dit Yael Brunpivet ?

9:14
Prisca Thevenot

Je suis désolée. Je vais le dire de façon très claire, en fait. C'est compliqué d'entendre, effectivement, cette parole dite par Yael Brunpivet, pour qui j'ai eu la plus grande affraction et le plus grand respect, de club de machos. Si Yael Brunpivet est aujourd'hui la première femme élue et réélue à l'Assemblée nationale, au perchoir de l'Assemblée nationale, c'est précisément grâce à sa famille politique Renaissance. En 2022, quand nous sommes arrivés à l'Assemblée nationale, nous avons permis de valider Elisabeth Borne à Matignon, Yael Brunpivet au perchoir, et Aurore Berger en présidente de groupe à l'Assemblée nationale.

Trois femmes, trois personnalités, qui honnêtement n'auraient pas pu tenir à leur poste, au-delà de leurs compétences avérées et reconnues, sans le soutien de leur famille politique. Donc je trouve cette phrase un peu facile, et pas vraiment à la hauteur de la famille qu'on représente.

10:08
Présentateur

Vous restez avec nous, Prisca Tévenot, on va se retrouver dans quelques secondes pour parler de l'actualité, notamment autour des carburants. C'est juste après l'info en une minute, il est 9h moins le quart, et voici Antoine Jeffin.

10:17
Invité

80 de morts au moins cette nuit en Chine. D'après un média d'État, une explosion de gaz a touché une mine de charbon du nord-est. Près de 250 mineurs étaient sous terre au moment du drame. A Paris, deux animateurs chargés du périscolaire dans trois écoles, mis en examen, puis placés en détention provisoire hier soir, soupçonnés de gestes à caractère sexuel sur une vingtaine d'enfants. A Rouen, cette fois-ci, la mairie porte plainte contre trois agents de la ville soupçonnés d'agressions sexuelles sur des mineurs. Toute petite nuit pour les joueurs lançois, vainqueurs de la Coupe de France de football hier soir contre Nice.

3-1 à 4h du matin, ils ont présenté le trophée aux milliers de supporters encore présents au Stade Bollard. Et à 15h, ils le montreront ce trophée à tous leurs fans, défilés prévus dans les rues de Lens à bord d'un bus à Impérial. 35 degrés attendus aujourd'hui dans le sud-ouest, chaleur inhabituelle pour une fin mai. Plusieurs records de chaleur battus hier, plus de 29 degrés à Saint-Brieuc et Dinard. 32 en Vendée.

11:21
Intervenant

France Info.

11:23
Présentateur

Le 8.30 France Info.

11:25
Intervenant

Adrien Beck. Majid Kiat. Priscate et Venou, invité du 8h30 député ensemble pour la République, proche de Gabriel Attal. On va présent à parler de l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur le portefeuille des Français et notamment sur le prix de l'essence. Il y a eu ces annonces de Sébastien Glocornu, le Premier ministre, avec près de 710 millions d'euros d'aides supplémentaires. Est-ce qu'on peut se permettre ces dépenses, Priscate et Venou, alors que la situation budgétaire est compliquée et que les personnalités politiques le répètent depuis de nombreuses semaines ?

11:56
Prisca Thevenot

C'est justement dans cet état d'esprit et dans ce contexte que vous décrivez que le Premier ministre a fait le choix d'avoir des mesures ciblées et réévaluées mois après mois, puisqu'effectivement cette crise aujourd'hui dure depuis plusieurs semaines et plusieurs mois. Et la démarche, c'est une démarche de bon sens au regard du contexte financier, budgétaire qui est le nôtre, mais aussi des difficultés que rencontrent bon nombre de Français pour se déplacer au quotidien, pour aller travailler.

12:19
Présentateur

Ça veut dire que Gabriel Attal, président, on y revient quand même, il mènerait la même politique ?

12:26
Prisca Thevenot

Vous savez, c'est cette capacité à pouvoir regarder les choses telles qu'elles sont. Aider les Français qui en ont besoin, les protéger tout en ayant une démarche ciblée, oui. Maintenant, il faut faire attention aux effets de seuil qu'on peut avoir et qui ont d'ailleurs été décriés par certains Français. Parce que vous savez que quand on déclare qu'il y aura des aides au-dessus d'un certain niveau...

12:45
Présentateur

Vous parlez de ces aides autour de 1600 euros, il faut avoir 1600 euros plus ou moins.

12:49
Prisca Thevenot

Oui, et quand on est juste en dessous, c'est ça qui est frustrant, c'est ça qui est désagréable et c'est ça qui participe aussi à alimenter le discours de c'est toujours pour les autres. Et ça, il faut commencer aussi à l'entendre. Donc moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est que je ne suis pas là pour donner des bons points ou des mauvais points, simplement dire que le gouvernement agit au regard des connaissances qu'il a de la situation. Il a cette capacité à pouvoir réadapter au moins par mois ces mesures

13:15
Intervenant

et je trouve que c'est plutôt de bonne augure. Dans nos reportages, dans les stations-service depuis plusieurs semaines même, certains Français expliquent qu'ils doivent renier sur d'autres dépenses pour faire face à la hausse des prix du carburant. Qu'est-ce que vous leur dites à ces Français ? On ne peut pas faire plus ?

13:31
Prisca Thevenot

Je ne suis pas là pour dire qu'on ne peut pas faire plus. Vous imaginez ce que ça voudrait dire ? Simplement, reparler d'une réalité. Vous l'avez dit en préambule, il y a un contexte budgétaire. Simplement dire que le gouvernement va ouvrir ou appeler le gouvernement à ouvrir les vannes en disant faites des mesures généralisées le plus haut possible et le plus longtemps possible, c'est mentir aujourd'hui et pénaliser l'avenir. Vous le savez très bien qu'à un moment, il va falloir aussi voir comment on comble les dépenses générées.

14:00
Présentateur

C'est la question que j'allais vous poser justement. 1,2 milliard d'euros pour l'instant dépensés. Ça, c'est juste pour les dépenses, pour les aides. Il y a aussi l'impact de la guerre autour de 6 milliards, dit Sébastien Lecornu. 8 à 10 milliards, dit le rapporteur général du budget Philippe Juvin. Première question déjà, sur quoi faut-il agir ? Et deuxième question, est-ce qu'il serait bien normal que les députés ne soient pas consultés sur le sujet ? On ne parle pas d'une petite somme quand même.

14:29
Prisca Thevenot

Vous avez raison, on ne parle pas d'une petite somme, mais on parle de mesures qui sont extrêmement nécessaires et essentielles au regard de ce que vous pouvez.

14:35
Présentateur

Je parle des mesures d'économie en l'occurrence.

14:37
Prisca Thevenot

Je sais. Et donc sur ça, moi je vais reprendre la démarche qui a été annoncée et officialisée par le ministre du budget, David Amiel, qui le dit assez simplement. Il veut aujourd'hui qu'on regarde pleinement et en transparence le fonctionnement et les dépenses faites ministère par ministère, ligne par ligne. Non pas que ça n'a jamais été fait, mais aussi sur le fonctionnement même des ministères.

Et je trouve que c'est extrêmement intéressant pour les députés que nous sommes, pour pouvoir apprécier ligne par ligne et pouvoir aussi participer au budget, pas simplement à sa mise en œuvre pendant les débats budgétaires en commission ou en séance, mais déjà dès la première écriture et la première monture.

15:14
Présentateur

Mais vous savez bien que si on parle de 8 à 10 milliards, même ne serait-ce que 6 milliards, on ne peut pas parler que de budget de fonctionnement des ministères. On va forcément dans sans doute une partie de la politique sociale, un certain nombre de politiques publiques, et donc clairement de l'argent qui ne sera pas donné aux Français. C'est aussi simple que ça.

15:32
Prisca Thevenot

Oui, il faut des mesures d'économie. Oui, il faut revoir les coûts de fonctionnement des ministères. Et oui, je veux dire, c'est du bon sens. Maintenant, à côté de cela, vous avez raison. Il faut aussi pouvoir mener des réformes structurelles. Et puis revoir aussi les décisions qu'on a prises l'année dernière. Les réformes structurelles, on en avait proposé un certain nombre. Sur le sujet de l'assurance chômage, par exemple. C'est une réforme qui est sur le bureau de Matignon depuis maintenant plus de deux ans. Une réforme que nous avions portée avec Gabriel Attal quand il était à Matignon.

Ou alors dire aussi quelque chose qu'on a quand même beaucoup, beaucoup dit et dénoncé lors du budget dernier. Maintenant, c'est fait, passons à autre chose. Mais c'est la suppression de la réforme de la retraite sans aucune contrepartie financière. Ben oui, ça a des impacts. Désolé de le rappeler, mais c'est aussi ça la réalité.

16:16
Intervenant

Dans l'actualité, il y a aussi le travail parlementaire qui se poursuit à moins d'un an de l'élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel a décidé de censurer une partie de la loi de simplification économique. Parmi les mesures retoquées, et ça, ça fait grand bruit, l'abrogation des ZFE, ce sont les zones à faible émission. Il y a eu de nombreuses réactions politiques, je le disais. Marine Le Pen, par exemple, qui dit que le Conseil constitutionnel contraint la démocratie. Est-ce que ce Conseil constitutionnel, Prisca Thévenot, a outrepassé son rôle selon vous ?

16:43
Prisca Thevenot

C'est quand même assez cocasse. Marine Le Pen se dit patriote matin, midi et soir, se dit grande respectueuse du fonctionnement de notre démocratie, mais dès que ça ne l'arrange pas, soit à titre personnel, soit pour ses ambitions politiques, alors d'un coup, haro sur nos institutions. Le Conseil constitutionnel applique quelque chose qui est assez simple, c'est le respect de la constitution. Il ne fait pas de politique selon vous ? Mais, enfin, je viens de le redire. Donc, à un moment, il faut pouvoir aussi respecter cela.

Et donc, quand, on l'avait déjà dit pendant les débats d'ailleurs à ce moment-là, au moment du vote final, mais aussi au moment du vote des amendements, attention à ne pas faire des amendements ou du vote d'articles qui, finalement, seront simplement marketing.

17:25
Présentateur

Ce qu'on appelle des cavaliers législatifs qui ne passent pas. Simplement, Gabriel Attal, président, les ZFE, elles restent en place ?

17:31
Prisca Thevenot

On avait proposé un amendement assez simple, porté par d'ailleurs Agnès Pannier-Runacher, qui est aujourd'hui députée, mais qui était une ancienne ministre en charge de ce sujet, de permettre la pleine liberté aux collectivités. De dire, effectivement, il y a eu les ZFE qui ont été mises en place, certains veulent le rester, d'autres veulent pouvoir les aménager. Deux n'ont aussi cette capacité d'agir et de faire aux collectivités.

17:54
Présentateur

Une toute dernière question, Priska Thévenot. Le magazine Paris Match a publié hier une photo du député UDR Charles Aloncle aux côtés d'une de ses collaboratrices. Je rappelle le député Charles Aloncle, c'est celui qui a fait le rapport sur l'audiovisuel public après la commission d'enquête, aux côtés de sa collaboratrice présentée comme sa compagne, avant finalement de rétropédaler. Ce serait interdit, théoriquement, si ça devait être le cas d'embaucher sa collaboratrice parlementaire. Yael Brunpivet, c'est il déontologue de l'Assemblée nationale. Est-ce que vous le comprenez ? Ou est-ce que vous vous dites, bon, soyons prudents quand même, tout ça peut être un petit peu exagéré ?

18:39
Prisca Thevenot

Non, justement, je pense qu'il y a beaucoup de scies et de conditionnels qui ont été dits de façon très juste dans vos propos. Je vois qu'en général aussi, que ce soit l'extrême droite RN ou UDR auquel appartient M. Aloncle ou d'ailleurs la LFI, dès qu'il y a le moindre doute sur des situations, ils appellent soit des commissions d'enquête, soit à saisir le déontologue. Donc j'ai envie de vous dire que le déontologue soit saisi, qu'il fasse toute la lumière. S'il n'y a rien, il pourra dire lui-même, circuler, il n'y a rien à voir.

19:05
Présentateur

Merci à vous, Prisca Thévenot, député ensemble pour la République des Hauts-de-Seine et soutien, donc on l'a compris, de Gabriel Attal. Merci, Majid Kat.

19:15
Intervenant

Merci, Adrien.

19:15
Présentateur

Et à demain. Restez sur France Info. Merci.

19:18
Locuteur

Merci. Merci.

Présidentielle 2027 : Prisca Thévenot, soutien de Gabriel Attal, exclut "petites phrases, querelles, chamailleries" avec Edouard Philippe — Prisca Thevenot · Pourquijevote