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Discours / meetingMinistère de l'Europe et des Affaires étrangères· 4 septembre 2026 19 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalDéfense

La Fabrique de la Diplomatie - Discours d’ouverture de Jean-Noël Barrot

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:56Invité politiqueFait
    « En Ukraine, la guerre est dans sa 5e année et elle est plus meurtrière que jamais. »
  • 3:40Invité politiqueChiffre
    « En 2025, l'année dernière, 65 conflits armés impliquant au moins un état ont été recensés dans le monde. C'est un record depuis 1946. »
  • 4:24Invité politiqueFait
    « La guerre redevient la continuation de la politique par d'autres moyens. »
  • 5:08Invité politiqueFait
    « Le niveau de conflictualité dans le monde est à son niveau le plus élevé aujourd'hui depuis la deuxième guerre mondiale. »
  • 12:43Invité politiqueFait
    « Changer de carte, ça ne change pas le monde. Mais corriger une représentation qui le déforme, c'est déjà faire œuvre de vérité. »

Temps de parole

  • jean-noel-barrot99 %

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0:00
Locuteur

ministre, madame la maire, la rectrice, monsieur le président, mesdames et messieurs les ambassadrices et les ambassadeurs, les directrices et les directeurs du qu d'Orsé que je suis très heureux de retrouver. Chers étudiantes et chers étudiants, je voudrais avec vous commencer par remercier celui qui depuis 1 an se lève tous les jours en espérant que cette 2e édition sera encore plus réussie que la première. Je vous demande un tonner d'applaudissement pour l'architecte de cette fabrique, Didier Lebrette.

0:36
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

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Locuteur

Et derrière l'architecte Christian de Por en parle, on sait mieux que quiconque. Il y a toute une équipe de bâtisseurs qui ont fabriqué cette édition. Les équipes de l'Académie diplomatique et consulaire. Les 320 bénévoles mobilisés pendant ces deux journées, l'université Sort Bonne Nouvelle et son président Daniel Mouchard, les chercheurs et les enseignants bien sûr, les équipes du qu d'ors mobilisé depuis des mois, les ambassadeurs et diplomates étrangers qui nous font l'honneur de leur présence. À mon tour, je vous demande de les applaudir pour leur exprimer notre gratitude.

1:23
Non speech

[applaudissements]

1:30
Locuteur

Et à mon tour, je veux également remercier nos partenaires, nos parrains Airbus et la Fondation Agakan qui ont choisi pour la 2e année d'être à nos côtés et de faire vivre avec nous cette fabrique de la diplomatie. et puis accueillir avec vous les nouveaux sponsors Alcatel, j'oublie de la RATP dans les sponsors qui sont les plus fidèles, mais également Alcatel et d'autres qui vont nous rejoindre ou qui nous rejoignent cette année que je veux remercier et puis je veux enfin saluer les étudiantes et les étudiants venus nombreux et dont la présence constitue pour nous un message d'optimisme qui montre que les affaires étrangères sont l'affaire de tous.

Alors cher Didier Lebret, la première édition de la fabrique en septembre 2025 a été, chacun le reconnaît, un immense succès avec plus de 20000 visiteurs. Preuvent que la diplomatie peut attirer, rassembler et susciter l'envie de s'engager. Ce succès doit nous inciter à poursuivre, à installer la fabrique de la diplomatie comme un grand rendez-vous de la jeunesse et comme un temps fort de notre rentrée diplomatique. Vous l'avez dit, j'ai voulu que cette deuxième édition soit consacrée à la fabrique de la paix. Pourquoi ? Et bien parce que la paix n'a plus rien d'une évidence. Il suffit de regarder tout autour de nous.

En Ukraine, la guerre est dans sa 5e année et elle est plus meurtrière que jamais. En Palestine, la situation demeure catastrophique après l'attentat terroriste du 7 octobre et les deux années de guerre meurtrière à Gaza. Un cesser le feu beaucoup trop fragile, une aide humanitaire qui entre très insuffisamment dans l'enclave. Au soudan, la guerre a plongé le pays dans ce qui constitue la catastrophe humanitaire la plus grave de notre époque. Dans les grands lacs, les conflits continuent de faire rage alors qu' est survenu ces derniers mois la pandémie d'Ébola. Et au Moyen-Orient, la guerre en Iran a provoqué une nouvelle déflagration régionale.

Et partout, une même inquiétude qui s'installe. Les guerres s'intensifient, elles s'étendent, elles se prolongent sans qu'apparaisse les voies vers la paix, sans qu'apparaisse la possibilité d'y mettre fin. Les chiffres eux aussi disent cette brutalisation du monde. Songez qu'en 2025, l'année dernière, 65 conflits armés impliquant au moins un état ont été recensés dans le monde. C'est un record depuis 1946. Le niveau de conflictualité dans le monde est à son niveau le plus élevé aujourd'hui depuis la deuxième guerre mondiale. Nous sommes donc entrés dans une ère où la formule de Clauswitz retrouve une inquiétante actualité.

La guerre redevient la continuation de la politique par d'autres moyens. Autrement dit, on se met à se projeter dans un monde conflictuel comme si la paix était une histoire du passé. Parce que les nuages ne sont pas prêts de se dissiper dans les années qui viennent. La rivalité de puissance s'aiguise et face à la montée en puissance de la Chine et la rivalité avec les États-Unis, certains voient déjà se refermer le piège de Tucidide, celui d'un affrontement devenu inévitable entre deux superpuissances.

Et quant à l'Europe, elle aborde ce nouveau rapport de force lesté par des dépendances technologiques tandis que l'intelligence artificiel et les réseaux sociaux rebattent les cartes de la puissance. C'est précisément cette fatalité que nous refusons car l'histoire nous rappelle qu'elle n'en est jamais une. Il faut se souvenir des efforts de paix de la génération qui occupait notre place, la mienne et la vôtre. Il y a un siècle, la génération de brillant, de stressman, du traité de Locarno, de la société des nations.

Cette génération qui a tenté de puiser en elle la force de lutter contre les courants puissants qui voulaient une nouvelle fois précipiter la conflictualité entre les pays européens. On dit souvent que les efforts de cette génération n'ont servi à rien puisqu'il y a eu la seconde guerre mondiale. Mais ce que cette génération a courageusement semé rendu pensible ensuite après la deuxième guerre mondiale les constructions politiques qui leur ont survécu et les h décennies de paix et de prospérité que l'Europe a ensuite connu. que cet exemple nous inspire. Car face à la brutalisation du monde, cette fabrique porte une conviction simple. La peine n'est jamais acquise. Elle doit être voulue.

Elle doit être préparée, elle doit être fabriquée, c'est-à-dire qu'elle doit être construite. Et tout cela commence bien avant la signature des traités, bien avant même les négociations parce que la paix se fabrique d'abord et avant tout dans les esprits. Avant de s'imposer sur le terrain, la fatalité de la guerre s'installe dans nos représentations. Elle prospère lorsque nous finissons par croire que les divisions sont définitives, que les peuples sont irréconciliables et que l'affrontement est inévitable. refuser la fatalité de la guerre, c'est donc refuser d'abord de voir le monde à travers les récits de ceux qui veulent en faire un champ de bataille dans le champ des représentations.

C'est aussi le rôle de cette fabrique, nous apprendre à mettre les récits à l'épreuve des faits et à défendre notre propre vision du monde. Et de ce point de vue-là, notre diplomatie doit mener deux combats, porter notre propre récit et toujours veiller à représenter le monde avec justesse. Autrement dit, ne pas se laisser imposer les récits écrits par d'autres pour faire monter les tensions et la conflictualité dans le monde. Je vous donne deux exemples. On voudrait d'abord nous faire croire que le monde se divise entre un supposé sud global et un supposé occident collectif. Cette lecture est commode.

Elle permet d'installer une logique de bloc et de confrontation, mais elle résiste mal à la réalité. Car où commence le sud lorsque certaines des premières puissances économiques mondiales en font partie ? Et où finit-il géographiquement lorsque certains pays du sud se trouvent plus au nord que des pays occidentaux ? Non, il n'y a pas de sud global, pas plus qu'il n'y a d'Occident collectif. Voilà des concepts politiques construits pour cliver et pour opposer les blocs les uns aux autres. C'est vrai que nous assistons à une fragmentation du monde, mais non, elle ne se fait pas le long de lignes géographique. Les mêmes choix traversent tous les continents.

D'un côté la coopération, de l'autre le repli, d'un côté le respect du droit, de l'autre le rapport de force. La vraie ligne de fracture n'est pas entre le sud global et l'Occident collectif. Elle est entre ceux qui soutiennent le multilatéralisme et l'ordre international fondé sur les règles et ceux qui cherchent à s'en affranchir. La France parce que c'est sa vocation et parce que c'est son intérêt et et restera la voix de ceux qui refusent les logiques de bloc. Deuxème exemple, on nous décrit une Europe prise en étau entre les ambitions dévorantes des États-Unis et de la Chine, sommet de choisir son camp et finalement condamné à l'effacement civilisationnel.

Alors, nous aurons l'occasion d'en discuter au cours des nombreux événements de cette fabrique consacrée à ce sujet. Disons ce qu'est véritablement l'Europe. Un continent sûr, prospère et démocratique où l'on vit plus longtemps, plus libre et mieux protégé que dans bien d'autres pays du monde et en particulier la Chine et les États-Unis où la mortalité infantile est la plus faible, où les inégalités sont moins fortes. Un continent fondé sur l'état de droit dont la stabilité politique et juridique offre un environnement favorable pour investir et innover. Voilà ce qu'est l'Europe et surtout l'Europe c'est un continent où s'organise aujourd'hui la résistance à la brutalisation du monde.

À l'heure où chacun semble sommer de choisir entre la soumission et la confrontation, c'est l'Europe qui peut tracer une troisième voie exigeante fondée sur la souveraineté et le respect du droit international. porter notre récit et ne pas subir celui que d'autres voudraient écrire à notre place, mais aussi et toujours défendre une vision juste du monde. Cette exigence de vérité commence par notre manière de représenter le monde. Et cet enjeu n'a rien d'abstrait et je voudrais vous le démontrer et démontrer notre détermination.

la mienne et celle des directrices des directeurs de l'ensemble du qu d'ors chaque matin en arrivant au ministère je passe devant le salon des map mondes les globes terrestres anciens qui y sont conservés nous rappellent que depuis près de deux siècles, il y a une évidence : une carte n'est jamais tout à fait neutre. Prenez la projection de Mercator, vous la connaissez parce qu'elle a été utilisée depuis longtemps, depuis des siècles par habitude pour décrire l'état du monde et parce qu'elle elle nous provenait de la navigation, elle permet cette carte la navigation à cap constant et donc par habitude on s'est habitué à utiliser cette représentation du mort.

Cette représentation du monde est-elle une représentation fidèle de la réalité des proportions des continents ? Non, [grognement] les superficies que nous y voyons ne correspondent pas aux superficies réelles. Les territoires situés aux hautes latitude apparaissent considérablement agrandis. Si je résume, les États-Unis, la Russie, la Chine prennent une importance visuelle démesuré par rapport à l'Asie du Sud-Est, à l'Afrique ou à l'Amérique du Sud. Par ailleurs, le Groenland que vous apercevez tout en haut semble presque aussi vaste que l'Afrique alors que l'Afrique est en réalité 14 fois plus grande que le Groenland.

Ces déformations, chers amis, finissent par s'installer dans les perceptions et le moment est venu pour nous de les corriger.

12:38
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

12:43
Locuteur

C'est pourquoi, je vous l'annonce, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères abandonnera la projection de Mercator au profit des représentations cartographiques adaptées aux usages, plus fidèles aux superficies réelles et conforme aux prescriptions des cartographes et des scientifiques. Changer de carte, ça ne change pas le monde. Mais corriger une représentation qui le déforme, c'est déjà faire œuvre de vérité.

13:16
Non speech

[applaudissements]

13:23
Locuteur

Voici donc les deux combats de notre diplomatie s'agissant des récit. Porter les récits auxquels nous croyons et défendre toujours une représentation du monde plus fidèle à la vérité. Mais semer la paix dans les esprits ne suffit pas encore. Faut-il lui donner corps ? Car la paix ne se décrète pas. Elle se fabrique justement, elle se construit et elle est l'affaire de tous. Elle ne peut être seulement négociée pour les peuples, elle doit être aussi construite avec eux. C'est cette conviction qui a présidé l'année dernière à la création de la fabrique de la diplomatie, rapprocher la diplomatie des citoyens, faire connaître ses métiers et permettre à chacun de mieux comprendre ses rouages.

Car l'histoire ne retient peut-être qu'une signature au bas d'un traité, une poignée de main à Camp David ou la chute d'un mur sous les yeux d'un peuple enfin réuni. Mais la paix véritable commence dans la patience des négociations, dans les liens que l'on renoue et dans les efforts de réconciliation entre les peuples. C'est ce que nous avons voulu montrer tout au long de cette fabrique à travers notamment 19 tables rondes qui de l'Ukraine à la Colombie, du Soudan au Cambodge, de la Bosnie au Liban, de l'Iran, à Israël et à la Palestine, nous irons voir comment la paix se fabrique et surtout avec qui elle se fabrique.

avec les diplomates bien sûr qui cherchent le compromis lorsque tout paraît inconciliable. Et je veux rendre hommage au diplomates français d'aujourd'hui et d'hier qui dans tant de processus de paix, vous les rencontrerez et vous les entendrez, ont joué un rôle décisif parce qu'ils ont su trouver les chemins de crète pour trouver les compromis nécessaires sans transiger sur l'essentiel.

Mais elle se fabrique aussi avec des femmes et des hommes d'état qui font le choix de la paix malgré les risques politiques, avec des associations qui maintiennent des liens entre des sociétés que la guerre sépare, avec des journalistes qui continuent de témoigner lorsque la vérité elle-même devient un enjeu du conflit. Et parmi tous ces artisans de la paix, Didier Lebret en a parlé, trois prix Nobel nous ferons l'honneur d'être parmi nous aujourd'hui.

Juan Manuel Santos qui a conduit la Colombie sur le chemin de la paix après plus d'un demi-siècle de conflit avec les FARC et puis Alexandra Madvitchou qui œuvre inlassablement pour la justice et les droits humains en Ukraine et Alexandre Cherkassov qui poursuit avec mémorial le combat pour la vérité et la mémoire en Russie. Alexandre Tarkasov, Alexandra Matvitchou, récipientaire du prix Nobel de la paix la même année et réunie fait rare sur la même scène pour exprimer combien il est essentiel bien avant qu'un traité de paix ne soit signé d'amorcer le travail de vérité et de mémoire. Car il n'y a pas de paix sans la justice ni de justice sans la vérité.

Et c'est à tous ces artisans de la paix que cette fabrique veut donner une voix. Alors, pendant 2 jours, vous allez les entendre, entrer dans les coulisses des processus de paix et peut-être découvrir comment en devenir vous-même les artisans. La paix est l'affaire de tous. Elle est d'abord l'affaire de ceux qui auront demain à vivre dans le monde que nous construisons aujourd'hui. C'est vous, c'est la jeunesse. La jeunesse, je le sais, qui brûle de la passion d'agir, qui trépigne d'impatience, de changer le monde, qui refuse de le recevoir en héritage sans prendre sa part à le façonner et qui porte au cœur de cette ambition une aspiration, un monde en paix.

C'est pourquoi cette fabrique est d'abord tournée vers la jeunesse. Nous voulons lui donner les moyens de s'engager. L'année dernière, nous avons ainsi créé l'Amémie diplomatique d'été qui permet chaque année à une centaine de jeunes venus de toute la France de découvrir nos engagements et nos métiers. Cette année, votre engagement, celui des jeunes, a pris une dimension nouvelle avec une initiative inédite, apportée universelle à laquelle cette fabrique veut aujourd'hui donner tout son écho en ouverture. Depuis plusieurs mois, 145 jeunes venus de 135 pays travaillent ensemble autour d'une question : comment faire vivre au 21e siècle une nouvelle culture de la paix ?

Ils ont débattu, ils ont confronté leurs expériences et formulé leurs propositions. Et de ce travail est né un appel pour une nouvelle culture de la paix dans l'esprit des femmes et des hommes au 21e siècle. Cet appel a été lancé hier à l'UNESCO. Il doit désormais raisonner partout dans le monde, passer de main en main, de pays en pays et de génération en génération. Il doit entrer dans les écoles et les universités, vivre dans les associations, circuler sur les réseaux sociaux. Alors, saisissez-vous de cet appel qui va vous présenté dans quelques instants. Soyez-en les relais. Soutenez-le, diffusez-le, faites-le vivre autour de vous et partez au combat, au combat pour la paix.

en refusant les fatalités qu'on voudrait vous imposer, en vous munissant des armes de l'esprit contre les mensonges et les discours de haine, en construisant des ponts plutôt que des murs, car ce siècle est le vôtre, il vous appartient de le fabriquer. Alors, mettez du cœur à l'ouvrage au travail, je déclare la deuxè édition de la fabrique de la diplomatie officiellement ouverte. [applaudissements]

19:00
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

19:11
Locuteur

It's important to talk because it's the basis of building peace and my call today is for you to [musique] protect girls and young women. I believe we need to build for a better culture of peace and sustainability where we all belong. and my call is