Franchises médicales : le faux recul du gouvernement
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La ministre de la Santé renonce à doubler vos franchises médicales. C'était hier dans Le Figaro. »
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« Indexation à l'inflation depuis 2005. Or, les prix ont monté de 38 % depuis, selon l'INSEE. »
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« Un malade chronique paye déjà 78 euros de franchise par an. »
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« 1,5 milliard d'euros d'économie par an, pris sur les remboursements des malades. »
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« Le plafond passerait de 100 à environ 140 euros. »
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« Le projet de juillet en visait 200. »
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« Au 1er juin, le ministère de la Justice compte 98 829 détenus. »
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« 7600 détenus dorment sur un matelas posé au sol. »
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« Les maisons d'arrêt tournent à 173%. »
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« 750 places créées. Ce n'est pas un manque de places, c'est un choix. »
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« Le premier débat de la présidentielle se tient jeudi prochain chez le MEDEF. »
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« Le renoncement du 20 août est une hausse de 38%, la deuxième en deux ans. »
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« 2 milliards basculés vers les mutuelles, selon France Assos Santé. »
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La ministre de la Santé renonce à doubler vos franchises médicales. C'était hier dans Le Figaro. Stéphanie Rist promet une réforme juste. Mais il faut lire la phrase suivante. La phrase suivante dit « Indexation à l'inflation depuis 2005. Or, les prix ont monté de 38 % depuis, selon l'INSEE. Ce renoncement est une hausse. » Une hausse pour qui ? De combien ? Et décider comment ? La réponse commence il y a 20 ans, sur une ligne de votre relevé. Car pour mesurer le tour de passe-passe, il faut d'abord dire ce qu'est une franchise. En 2005, l'État retient 1 euro par consultation. En 2008, 50 centimes par boîte de médicaments. En 2024, ces montants doublent.
Et le 23 juillet, la ministre veut doubler le plafond annuel. Le principe ? La Sécu vous rembourse, puis reprend sa part. 1 euro par boîte, 2 euros par consultation, 4 euros par transport sanitaire. Le tout plafonné à 100 euros par an. Qui atteint un plafond ? Celui qui se soigne beaucoup. Cancer, diabète, Parkinson. La ministre le chiffre elle-même. Un malade chronique paye déjà 78 euros de franchise par an. L'objectif est écrit. 1,5 milliard d'euros d'économie par an, pris sur les remboursements des malades. Par décret, sans vote. Mais France Assos Santé, la fédération des patients, reçoit les décrets en plein été, sans concertation. Sa réponse ?
Les patients ne peuvent plus être l'éternelle et unique variable d'ajustement. Le 20 août, la ministre plie à moitié. Sa phrase exacte, un doublement immédiat en une seule fois, paraissait excessif. Retenez ces mots. Le calendrier change, la direction reste. Faisons le calcul avec l'indice INSEE. Le plafond passerait de 100 à environ 140 euros. Le projet de juillet en visait 200. Le gouvernement, lui, n'a publié aucun chiffre. 18 millions de personnes restent exonérées. Mineurs, femmes enceintes, plus pauvres. Pour les autres, l'alerte des associations a fait reculer l'État d'un pas. Mais il y a des endroits où personne n'entend l'alerte. En prison, l'alerte sonne dans le vide.
L'été y a battu tous les records. Au 1er juin, le ministère de la Justice compte 98 829 détenus. C'est un record historique. La population d'une ville comme Poitiers, derrière les murs. 7600 détenus dorment sur un matelas posé au sol. Un tiers de plus qu'en 2025. Les maisons d'arrêt tournent à 173%. 7 personnes pour 4 places. Nous avons fait un dossier sur le taux de remplissage des prisons. Ajoutez la canicule. 80 départements en vigilance orange le 13 août. En cellules, pas de ventilation. À Montbéliard, surveillants et détenus décrivent sur France Bleu plus de 30 degrés jour et nuit. 5000 détenus de plus en un an. 750 places créées. Ce n'est pas un manque de places, c'est un choix.
Et les choix suivants se préparent déjà à Roland-Garros. Car le premier débat de la présidentielle se tient jeudi prochain chez le MEDEF. Jeudi 27 août, court Philippe-Chatrier à Roland-Garros. Le MEDEF, l'organisation patronale, ouvre le premier débat de la présidentielle à son université d'été. En direct sur LCI. 7 candidats ont dit oui de la France Insoumise au Rassemblement National. Ils répondront aux attentes des chefs d'entreprise, mesurés par un sondage commandé par le MEDEF lui-même. Donc la campagne ouvre sur le cadrage du patronat. Les malades, eux, n'organisent pas de débat. Revenons donc aux franchises, parce que leur calendrier passe par la même rentrée.
Le renoncement du 20 août est une hausse de 38%, la deuxième en deux ans. Décidé par décret, donc, sans vote. C'était la question du début, voilà la réponse. Le décret d'indexation. L'indexation arrive à la rentrée, puis le budget de la Sécu à l'automne. 2 milliards basculés vers les mutuelles, selon France Assos Santé. La facture ira sur votre cotisation. Toutes les sources sont en description, dé- crets et communiqués compris. Jeudi 27, on suit le débat du MEDEF et l'édition spéciale arrive vendredi 28. D'ici là, rendez-vous lundi.
Stéphanie Rist