Conférence de presse avec Angela Merkel à l’issue du Conseil des ministres franco-allemand
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... -E.
Macron: Madame la chancelière, mesdames, messieurs les ministres, mesdames, messieurs. Madame la chancelière, chère Angela, je suis très heureux de vous accueillir à Toulouse pour ce nouveau Conseil des ministres franco-allemand, 3 jours après un dîner de travail à Paris, pour coordonner nos positions et préparer un moment européen essentiel, avec le Conseil européen à Bruxelles, demain et vendredi, et plus encore, préparer la mise en place d'une nouvelle Commission européenne qu'Ursula van der Leyen qualifiait à juste titre de commission géopolitique. Nous le voyons chaque jour, les crises du monde, les fractures de notre continent et de notre voisinage nous imposent plus que jamais d'agir ensemble, même et surtout quand cela est difficile, et c'est pourquoi je considère que cette coopération est essentielle.
Je vous ai proposé que nous puissions nous retrouver à Toulouse car nous devons montrer aussi que le franco-allemand n'est pas réservé à certaines régions, ce qui est une réalité aussi belle et importante soit-elle, et que notre coopération irrigue bien nos 2 pays tout entiers, nos territoires, nos entreprises. C'est pourquoi nous nous retrouvons aujourd'hui dans cette magnifique région d'Occitanie, et que nous avons pu voir les évolutions d'un de nos grands leaders européens. C'est cet esprit-même qui est au coeur du traité d'Aix-la-Chapelle, dont la mise en oeuvre concrète avance bien, et nous en avons fait le point tout à l'heure.
Et nous devons montrer, alors même que nos amis américains eux-mêmes s'éloignent parfois de nous sur certains sujets, que nous, Européens, Allemagne et France en particulier, défendons nos valeurs et nos intérêts communs. Nous devons aussi donner à voir ces magnifiques réussites collectives, car l'Europe est un formidable projet qui marche, qui n'est condamné ni à l'impuissance politique ni à la routine bureaucratique. Et je crois que notre visite, ce matin, d'Airbus, allait totalement dans ce sens.
Nous avons vu l'un de nos fleurons industriels d'innovation, la preuve de ce que donne notre coopération. Nous avons eu l'occasion de passer un long moment avec des jeunes apprentis allemands et français dans cette entreprise, et c'est ce modèle européen à l'oeuvre dans lequel nous croyons, que nous avons vu sur la chaîne de montage de l'A350 et qui est un formidable succès de cette ambition commune, et auquel nous avons aussi tenu à réaffirmer, évidemment, plein soutien et confiance. Il y a d'autres Airbus qui ont vu le jour depuis, qui se développent et se développeront dans les années qui viennent.
Dans les domaines de l'espace, de la défense, des batteries, où nous avons lancé ou renforcé, ces derniers mois, et aujourd'hui encore, nombre de projets communs. Après cette visite, nous avons pu longuement échanger avec Mme la chancelière, plusieurs de nos ministres ici présents, et je les remercie pour le travail effectué, et l'essentiel de ces travaux ont été retracés dans la déclaration de Toulouse, qui sera dans quelques instants à votre disposition. Nous avons d'abord partagé une ambition climatique.
Le récent plan climat présenté par le gouvernement allemand permet des convergences accrues entre nos pays, notamment sur le prix du carbone. Il ne s'agit pas de nous satisfaire de notre situation actuelle, mais de coordonner nos efforts, nos stratégies. C'est ce que nous avons longuement évoqué, retracé aussi, dans ce document.
Oeuvrer ensemble pour un prix minimum du carbone au niveau européen, ce qui sera au coeur de l'agenda de la prochaine Commission, travailler dans le cadre de l'OMC de manière conforme aux directives de l'Organisation mondiale du commerce, mais travailler à une taxe carbone aux frontières de l'Europe pour éviter tout biais de compétitivité de manière pragmatique et expérimentale, sont des voies que nous avons souhaité engager, mais c'est aussi le soutien à un fonds de transition juste de cette stratégie que nous menons dans chacun de nos pays et que nous souhaitons encore mieux coordonnée. C'est aussi le soutien au Green Deal proposé par la présidente von der Leyen, sur lequel nous nous engageons résolument. Sur ce sujet, des décisions sont prises, ont été prises et continueront de l'être sur les plans nationaux, mais c'est dans les prochains mois, au niveau européen, que nous aurons des décisions, nous le savons, là aussi, à prendre, pour être pleinement cohérent avec nos engagements, et qui supposeront aussi de savoir changer nos instruments financiers, engager davantage nos mécanismes de financement pour, en subvention comme en financement long, accompagner ces grands projets.
Nous avons aussi partagé nos préoccupations sur la situation économique mondiale et européenne, en raison notamment des tensions commerciales. A cet égard, comme nous l'avons dit et signifié chez Airbus, l'Europe ne doit faire preuve d'aucune faiblesse et défendre avec clarté, dans l'unité, ses intérêts et ses règles. Mais les tensions commerciales n'expliquent pas tout, et l'Europe doit mener la bataille de l'investissement et de l'innovation.
C'est ce que nous avons, là aussi, longuement discuté. C'est ce que nous évoquerons aussi dans un instant avec les chefs d'entreprises de l'industrie européenne, en présence de la future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. L'Union européenne doit en effet adapter ses pratiques en matière de concurrence, de commerce, permettre l'émergence d'acteurs forts, réguler les géants issus de la révolution numérique, mieux financer également l'innovation, et ce sera la mission du nouveau Conseil européen de l'innovation, inspiré de la Darpa américaine.
Au niveau bilatéral, l'Allemagne et la France s'engagent aujourd'hui à soutenir des projets communs, plus spécifiquement, et au-delà de cette ambition européenne et de cet agenda commun que nous soutenons sur le plan de la politique industrielle et d'innovation. Nous nous sommes en effet engagés sur plusieurs projets concrets dans les domaines de l'intelligence artificielle, de l'innovation de rupture, après les initiatives fortes qui avaient été prises en matière de batteries électriques. Une politique industrielle de souveraineté passe aussi par une politique spatiale européenne.
Nos ministres ont sur ce point aussi largement travaillé, et nous avons ensemble acté le principe d'une préférence européenne pour les lancements de satellites parce que nous ne pouvons pas à la fois financer Ariane 6 et choisir la concurrence étrangère. Notre accès autonome à l'espace est bien un sujet de souveraineté et nous avons donné mandat à nos industriels pour consolider une filière des lanceurs européens qui nous permette de regrouper nos forces et non de nous diviser entre Européens dans la compétition mondiale. Nous avons également aujourd'hui fait d'importants progrès en matière de défense.
Notamment, là aussi, sur le plan industriel. A l'occasion d'un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité qu'ont tenu cet après-midi nos ministres des Affaires étrangères et des Armées, nous avons levé plusieurs obstacles, parfois des malentendus ou des sujets très techniques pour avancer très concrètement. D'abord, avec une lettre d'intention pour le futur char de combat, qui était un point très important et attendu par nos industriels et nos écosystèmes.
Ensuite, par un accord de principe sur le travail conjoint dans les prochains mois sur l'avion de combat de futur. Nous avions eu l'occasion, en marge du Bourget, de marquer une étape importante de cette avancée conjointe. Et nous nous sommes en effet donné jusqu'à fin janvier au plus tard pour avancer sur les 5 piliers et un très gros travail a été fait par nos ministères, nos administrations, nos industriels en la matière.
Et nous souhaitons tenir les objectifs que nous nous sommes donnés, en particulier du démonstrateur en 2026 et d'un calendrier sur ce sujet si stratégique pour nos armées comme nos industriels. Et puis, enfin, nous avons finalisé un accord majeur, juridiquement contraignant, sur les exports d'armes pour mener à bien ces programmes et plus largement nos projets industriels communs dans ce domaine. Il a pu être paraphé par nos ministres.
C'est plus d'un an de travail qui a ainsi pu être finalisé aujourd'hui. Beaucoup d'autres sujets et domaines ont été couverts lors de nos échanges. En matière d'agriculture, des initiatives très concrètes ont été portées par nos ministres.
En matière, là aussi, d'agenda agricole et climatique soutenable pour nos paysans, en matière de modernisation de nos agricultures, en matière aussi de bien-être animal, et je crois aussi avec un engagement très fort que nos 2 gouvernements portent d'avoir une politique agricole commune ambitieuse qui est attendue par ce secteur productif et celles et ceux qui nous alimentent chaque jour. Et donc, cette ambition, nous la portons, nous la défendons pour les prochains mois ensemble. Nous avons évoqué dans ces sujets multiples, également, la culture, sur laquelle je voudrais dire un mot.
En effet, nous avons récemment trouvé un compromis franco-allemand pour renforcer le droit d'auteur au niveau européen, en l'adaptant à l'univers numérique. Les ministres nous ont rendu compte de plusieurs initiatives très concrètes à la suite de ces initiatives, mais je crois pouvoir dire que ce à quoi nous sommes arrivés au niveau européen sous notre impulsion commune, ça n'est ni le protectionnisme ni la censure, comme certains ont pu le dire, c'est la défense de ce que sont les auteurs, et avec eux, tous ceux qui créent et produisent, portent ce qu'on appelle des droits voisins, c'est-à-dire des photographes, des journalistes, des femmes et des hommes qui ont une responsabilité de produire un contenu, de créer quelque chose qui a une spécificité, une valeur. La valeur ne résidant pas simplement dans le tuyau qui la diffuse.
Je crois que nous avons, se faisant, défendu ce qu'est l'âme européenne, de croire dans cela. C'est la garantie de notre liberté d'information, de la liberté de créer en Europe. Certains acteurs comme Google souhaitent aujourd'hui s'affranchir de ces règles.
Nous ne les laisserons pas faire. Et, très clairement, nous demandons aux autorités nationales et européennes de la concurrence d'examiner et d'engager au plus vite toutes les procédures possibles et au-delà, j'ai proposé à madame la chancelière que nous développons au niveau européen de nouvelles règles pour réguler les grandes plates-formes avec des mécanismes de sanctions plus rapides, mais nous serons aux côtés de nos auteurs, de nos journalistes et des groupes de presse qui légitimement défendent leurs intérêts face à des propositions qui jusqu'ici ont été inacceptables. Nous avons aussi préparé ensemble, et pour finir, le Conseil européen, qui se tient demain et vendredi sur la question du budget européen, de l'élargissement et, bien sûr, du Brexit, sur lequel je veux croire qu'un accord est en train d'être finalisé et que nous pourrons ainsi le consacrer demain.
Nous avons d'ailleurs, quant à cet agenda européen aussi, dans notre déclaration commune de Toulouse, réaffirmé notre soutien à cette idée d'une conférence pour le futur de l'Europe, extrêmement importante. Et enfin, nous avons échangé sur la situation internationale en poursuivant notamment la coordination de nos efforts au sujet de l'Iran, du Sahel, sur l'urgence la plus tragique du moment, celle de l'offensive turque en Syrie. Sur ce point, la France et l'Allemagne agissent de concert.
Nous avons obtenu ensemble l'engagement des pays européens à interrompre leurs ventes d'armes à la Turquie. Nous l'évoquerons, là aussi, au Conseil européen. Nous avons acté de plusieurs initiatives ensemble.
D'une part, dans les prochaines semaines, nous tiendrons un sommet format Normandie pour faire avancer la résolution de la crise ukrainienne. Et d'autre part, nous souhaitons ensemble coordonner avec plusieurs autres membres de l'organisation du traité de l'Atlantique Nord des initiatives à l'égard de la Turquie pour continuer, là aussi, pression, dialogue et résolution de cette crise et de cette situation inacceptable. Sur l'ensemble de ces sujets, nous travaillons ensemble.
J'entends parfois dire que la relation franco-allemande serait difficile. C'est la situation du monde qui est difficile. Madame la chancelière et moi-même, nous le regrettons.
S'il n'y avait que nous, je peux vous dire que les choses seraient très simples et avanceraient très vite. Mais c'est ainsi, et chaque jour, c'est notre souveraineté qui est testée, c'est l'unité de l'Europe. Mais ce que je peux vous dire, ce dont nous sommes convaincus, c'est qu'aucune de ces situations ne sera résolue sans une Europe plus forte, plus souveraine.
Et donc, un couple franco-allemand plus fort et encore plus uni. Ce dont je suis profondément convaincu, c'est que le couple que nous formons, notre capacité à avancer, à notre rythme commun, qui n'est jamais tout à fait le rythme de l'Allemagne ni jamais tout à fait le rythme de la France, mais qui est le nôtre, c'est celui qui nous permet de faire utilement pour nos 2 pays, pour l'Europe et dans le contexte international qui est le nôtre, bien souvent aussi, pour le monde. C'est pourquoi je vous remercie à nouveau, madame la chancelière, d'être là, et je veux ici vous redire l'amitié qui est la mienne mais aussi la nôtre, et notre croyance indéfectible dans la force du couple que nous constituons. (propos en allemand traduits en français) -A.
Merkel: Merci. J'aimerais remercier le président français au nom du gouvernement allemand et en mon nom propre pour l'accueil qui nous a été réservé ici pour ce Conseil des ministres franco-allemand à Toulouse. C'était une très bonne idée de ne pas nous rendre uniquement dans la capitale française, mais de nous réunir dans cette préfecture de Toulouse.
Je crois que cette idée était particulièrement bonne, bien sûr, parce qu'elle nous permettait en même temps de célébrer à notre façon ce 50e anniversaire de l'entreprise Airbus et de montrer ainsi que la très bonne idée de nos prédécesseurs avait été de doter nos 2 pays d'une entreprise qui aujourd'hui est une entreprise leader dans le monde, et les jeunes de Toulouse et d'Airbus ont pu nous montrer quelle était leur vie, quelle était leur compréhension de leur travail et de leur avenir. Donc, 13 000 salariés, on voit aussi l'importance de cette entreprise au plan local et on voit aussi qu'ils ont de très bons emplois ici. Après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle, nous nous réunissons ici pour le 20e ou le 21e Conseil des ministres franco-allemand et cela montre à quel point notre coopération, entre temps, est profonde.
Je ne vais pas répéter tout ce qu'a dit le président. Je mettrai peut-être quelques accents ici ou là, plus particuliers. Le traité d'Aix-la-Chapelle a commencé par mettre en relief l'importance de la coopération transfrontalière et la nécessité de créer un comité permanent pour développer les programmes de mobilité pour la jeunesse de ces régions, et de trouver aussi un concept pour ce forum pour l'avenir que nous avons créé.
Et je crois que sur tous ces points, nous avons déjà beaucoup avancé. Nous avons parlé aussi de tous les sujets concernant le changement climatique, et nous sommes extrêmement actifs pour participer au Green Deal de l'Union européenne, et nous nous engageons très fortement aussi pour la mise en oeuvre de tous ces projets au niveau national. Il y a eu aussi le Conseil de défense et de sécurité.
Et là, de grands projets historiques ont été lancés. Je crois qu'on n'en voit pas encore toute l'ampleur et l'importance, mais si la France et l'Allemagne, dans le domaine des blindés, dans le domaine des systèmes de défense aérienne, travaillent ensemble, je crois que là aussi, on aura des industriels aussi importants qu'Airbus dans les années à venir. Un autre sujet important, c'était celui du contrôle des exportations d'armement.
Là aussi, nous sommes arrivés à un résultat concret, cela permettra davantage de sécurité, des aspects qui sont peut-être évolués de manière différente en France et en Allemagne et donc, nous avons essayé, sur ces questions, de nous rapprocher. La coopération franco-allemande n'est pas toujours aisée. Pourquoi serait-elle plus facile que, par exemple, la coopération politique au niveau national dans nos pays ?
En Allemagne, nous avons toujours des difficultés entre l'Etat fédéral et les Lander. Et si on veut bien travailler, il faut se rapprocher sur certains points, trouver des solutions communes et ainsi avancer. Et je crois que cette démarche, on peut la renouveler dans d'autres domaines.
Au niveau de la politique étrangère, des affaires extérieures, l'Allemagne n'est pas un membre permanent du Conseil de sécurité, mais elle travaille étroitement avec la France et s'engage pour le multilatéralisme. Elle l'a fait en particulier lors de la Conférence générale des Nations unies. Nous avons montré à quel point nous travaillons ensemble dans le domaine des finances et de l'économie.
On voit que bien des projets se sont concrétisés. Je pense au budget de la zone euro et également à l'initiative sur la production de batteries électriques. Nous allons aussi, au sein de l'Union européenne, travailler sur la gestion des données, sur les hyperscalers et sur la gestion des données.
Ce sont des aspects qui sont très importants pour l'Union européenne. Je me réjouis, ici, de voir que dans le domaine de la recherche, il y a un projet que tu avais proposé lors de ta conférence à la Sorbonne, qui est de relier entre eux tous les projets concernant l'intelligence artificielle. Et nous avons aussi travaillé sur les innovations de rupture, sur l'idée d'une université européenne, et nous créons les institutions nécessaires pour faire preuve de compétitivité, améliorer la compétitivité de l'Union européenne.
Nous avons aussi travaillé étroitement dans le domaine de l'agriculture, et il a été intéressant de voir qu'aujourd'hui, nous n'avons pas évoqué uniquement les questions banales et habituelles de l'agriculture, mais nous avons parlé de protection des consommateurs, de protection du bien-être animal, etc. Et je voudrais rendre hommage au travail conjoint de nos ministres, parce que nous avons vu que ce travail permettait de faire naître des initiatives franco-allemandes dans tous les domaines, et si la France et l'Allemagne n'étaient pas solidaires, on ne pourrait pas espérer que l'Union européenne avance. Donc je pense que cette coopération est une condition nécessaire, même si elle n'est pas suffisante, pour que l'Union européenne réussisse, et donc je tiens à rendre hommage au travail qui a été accompli et je crois que le voyage prévu par la France, par l'Allemagne et par l'Union européenne en Turquie est très important aussi face à tous les problèmes que nous avons actuellement, et montre aussi que nous prenons au sérieux le fait que la Turquie héberge 3,6 millions de réfugiés.
Nous savons que ce problème-là est très important et que la Turquie assume là un poids important. Donc, une coopération très intense et nous nous préparons aussi, bien sûr, au Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union européenne, demain et après-demain. Nous attendons ce que Michel Barnier va nous dire du résultat des négociations avec les Britanniques, mais nous avons toujours dit que nous étions favorables à une sortie ordonnée, réglée de la Grande-Bretagne, et nous ne pouvons pas néanmoins nous laisser accaparer par cette question du Brexit.
Nous devons aussi nous soucier de l'avenir des 27 pays de l'Union européenne, et la France et l'Allemagne ont montré aujourd'hui qu'elles étaient résolues à avancer. Donc je vous remercie encore une fois de votre hospitalité. Je pense que nous avons fait beaucoup de travail et qu'il en reste beaucoup à faire, mais que nous sommes très motivés. -E.
Macron: Merci, madame la chancelière. Nous allons prendre, je crois, 4 questions. (Propos en allemand traduits en français) -Vous parlez d'un accord sur le contrôle des armements.
Dans quelle mesure est-ce que c'est un accord qui est vraiment étanche, sur lequel on peut compter ? Et est-ce que le SPD va accepter cet accord, et dans quelle mesure est-ce que tous les aspects de l'exportation d'armement... pratiques par rapport à des exportations des armes sont différentes en termes de prix ?
Je voudrais vous demander, est-ce que vous pourriez expliquer pourquoi est-ce que la France exporte encore des armes à l'Arabie saoudite, des armes qui peuvent être utilisées dans la guerre du Yémen ? Merci. (Propos en allemand traduits en français) -A.
Merkel: L'accord a été essentiellement élaboré par les ministres des Affaires étrangères. Or, vous savez que notre ministre des Affaires étrangères est membre du SPD, je ne vous révélerai rien, donc certainement que cet accord n'a pas été fait contre la volonté du SPD. Et par ailleurs, nous ne ferions jamais une chose comme ça dans une coalition gouvernementale.
Cet accord sera adopté aussi au sein du gouvernement. Nous avons pris en compte les règles de la clause dite "des minimi", donc s'il y a des composantes dans le système d'armes qui viennent d'un autre pays, on peut obtenir un accord si cette partie des composantes est très faible. Cela permet d'avoir une certaine fiabilité dans tous les projets d'armement que nous avons.
Et il y a des accords qui sont conclus pour des durées assez longues et suivant la situation, nous regardons les choses au cas par cas. Le président vous l'a dit, pour le moment, on n'exporte pas d'armes vers la Turquie et cet accord est, en somme, un accord-cadre qui nous permet d'avoir une certaine prévisibilité et fiabilité. Je pense que c'était une bonne décision. -E.
Macron: Sur les exportations d'armement françaises, elles sont soumises à l'autorisation d'une commission compétente présidée par le Premier ministre. Bon, et, sur ce sujet, il y a des exportations, comme il y en a depuis l'Allemagne, avec une procédure qui est différente. J'inviterai, d'ailleurs, chacun, quand on regarde la destination finale qu'est un pays, à regarder les exportations qui viennent directement du pays d'origine vers le pays final, comme celles qui passent parfois par nos industriels à travers des pays tiers, ce qui permettra d'avoir des débats plus instruits sur ces sujets.
Sur le sujet de l'Arabie saoudite, nous avons une relation stratégique avec ce pays, comme, d'ailleurs, avec les Emirats arabes unis, la plus structurante de la région est avec les Emirats arabes unis. Et nous avons des exportations d'armements qui ne font pas, d'ailleurs, de l'Arabie saoudite l'un des principaux pays de destination, je vais être très clair avec vous, ni l'un des principaux contractants. Il y a plusieurs contrats d'armements et d'équipements, les plus sensibles, d'ailleurs, ayant été signés il y a plusieurs années, qui ont fait l'objet ou de restrictions ou de demandes de clarification à l'égard de l'Arabie saoudite pour qu'ils nous garantissent qu'ils ne sont pas utilisés sur les théâtres d'opérations.
La question que vous me posez, c'est : est-ce que, dans ce contexte-là, nous aurions dû totalement cesser toute forme d'exportations à l'égard de l'Arabie saoudite ? Le choix qui a été le nôtre, compte tenu du fait que c'est un partenaire qui est aussi attaqué sur son territoire par des assaillants et que nous avons cette relation, a été de dire que couper brutalement toute forme de relation avec lui, c'était créer de la défiance à notre endroit et c'était ouvrir la porte à d'autres alliances de revers qui se seraient substituées à nous du jour au lendemain, du jour au lendemain, sans aucune efficacité. Par contre, nous sommes vigilants sur la situation humanitaire et avons demandé ces clarifications.
Et nous avons un travail extrêmement transparent main dans la main avec les ONG lorsqu'elles signalent des situations critiques pour qu'on puisse aussi les analyser, mais, voilà, il faut regarder les choses telles qu'elles sont. Ces contrôles sont effectués, des restrictions ont été effectuées. Mais la confiance n'est pas brisée parce que nous sommes dans une situation qui est profondément différente de celle que, par exemple, nous connaissons aujourd'hui avec l'attaque de la Turquie sur un sol étranger de manière totalement non coordonnée. -Bonjour.
Brice Vidal, pour la radio régionale 100%. Justement, on en vient à évoquer cette situation internationale. Alors, on est à Toulouse, qui est une des villes qui a connu la 1re l'horreur du djihadisme.
Aujourd'hui, conséquence de l'offensive turque en Syrie, des djihadistes sont dans la nature, seraient dans la nature, alors ça a sûrement été au menu du Conseil de défense, que doit, que peut faire le couple franco-allemand face à cette situation pour stopper Erdogan, qui s'attaque à, finalement, les anges gardiens, contre la barbarie qu'ont été les Kurdes ? Et puis, que faire aussi, codicille de la question, face, eh bien, à l'arrivée éventuelle, au retour éventuel de criminels sur le sol européen ? -E.
Macron: Alors, sur le 1er sujet, nous avons été clairs et parfaitement coordonnés dès le début pour condamner l'offensive turque en Syrie pour demander qu'elle puisse cesser le plus vite possible, et appeler la Turquie à prendre toutes ses responsabilités devant la Communauté internationale et l'histoire, quand on voit les conséquences que cela conduit à avoir, sur le plan humanitaire, d'une part, et sur le plan géopolitique, d'autre part, car, en effet, ce conflit est de nature, cette attaque est de nature à aider Daesh à renaître de ses cendres. Et il est tout à fait vrai de dire que, pendant des années, la coalition internationale a oeuvré sur le terrain en partenariat avec les Forces démocratiques syriennes et en particulier en leur sein à côté d'eux, des combattants qui, aujourd'hui, se retrouvent face à l'armée turque. Il est important, malgré tout, de distinguer les situations, et je ne veux pas ici être trop long et rentrer dans le détail, mais ça été un des arguments, à mes yeux, fallacieux utilisé par la Turquie, mais il y a dans la région nord certaines milices turques qui sont proches du PKK et qui ont un caractère terroriste en Turquie, mais il y a, à côté, de ça, des combattants qui ne sont pas forcément liés à ces derniers, qui sont liés à des forces d'opposition politique en Syrie, et qui nous ont aidés sur le combat.
Donc, il ne faut pas tout mélanger. Donc, nous l'avons condamné. L'action utile que nous souhaitons mener, c'est, d'une part, de convaincre nos partenaires américains au sein de l'OTAN de réfréner et de stopper maintenant cette offensive, c'est d'éviter toute escalade dans les discussions que nous avons, avec, d'une part, la Turquie, mais, d'autre part, également, la Russie et l'Iran, qui, dans la région, jouent, vous le savez, un jeu absolument clé.
Et, ensemble, avec nos autres partenaires européens, d'accroître encore un peu la pression sur la Turquie pour qu'elle cesse cette offensive. Ensuite, il y a parmi les conséquences de cette offensive, au-delà des sujets humanitaires, le sujet des combattants étrangers qui étaient, en effet, retenus dans des camps sur place. Sur ce sujet, je vais être très clair, il est aujourd'hui trop tôt pour répondre, mais, d'une part, les conséquences que cela pourrait avoir, si c'était leur libération, c'est le retour pour ces derniers au combat sur le sol.
Et ils seront des contributeurs à la résurgence du djihadisme. Mais ils iront, dans ces cas-là, sur des théâtres d'opérations. Il faut pas inquiéter la population française avec des, si je puis dire, parfois, des propos rapides.
Ils peuvent, s'ils s'échappent, décider de re-combattre et, dans ces cas-là, il nous faudra prendre notre responsabilité en tant que coalition internationale pour stopper toute résurgence de Daesh. C'est très clair. Ca se passe dans le cadre d'une guerre qui est menée dans la région contre Daesh, parce que nous avons un ennemi, c'est Daesh.
Et, si nous avons des combattants étrangers qui s'échappent et se remettent du côté de Daesh sur le sol, ils seront combattus comme ils le sont depuis la 1re heure. Si certains rejoignent le sol irakien en fonction de la justice irakienne, des choix du gouvernement, ils pourront être judiciarisés en tant qu'ils ont commis des crimes là-bas. Ce qui est déjà le cas de plusieurs de nos ressortissants.
Et ce qui est aussi ce que nous devons à la justice irakienne dans le cadre d'un partenariat avec des règles claires que nous avons établies en particulier pour que soient respectés nos droits sur le plan bilatéral et les éléments de réciprocité, la peine de mort, par exemple, n'étant pas reconnue ni Allemagne ni en France. Enfin, si certains voulaient rejoindre la France, ils n'ont d'autres choix que de passer par la Turquie, où, je le rappelle, nous avons un protocole qui fonctionne depuis plusieurs années et qui conduit les autorités turques à signaler ces personnes, et elles sont à chaque fois prises en charge à leur arrivée sur le sol français, emprisonnées et judiciarisées. Voilà le seul cadre dans lesquelles elles peuvent, en quelque sorte, sortir des lieux où elles se trouvent.
Et donc, c'est un sujet que nous suivons de très près sur le terrain avec nos alliés, avec nos partenaires. C'est, évidemment, un sujet dont le ministre des Affaires étrangères, à qui j'ai demandé de se rendre dès demain en Irak, parlera aux autorités irakiennes et que, dans le cadre de nos coopérations aussi avec la Turquie et au niveau européen, nous continuerons de suivre, mais je veux ici rassurer chacune et chacun, il n'est pas question de voir d'un seul coup ces combattants que vous évoquez arriver sur le sol français, comme ça, par miracle. (Propos d'Angela Merkel en allemand traduits en français) -A.
Merkel: Je peux confirmer ce que vient de dire M. le président. Nous pensons qu'il faut mettre un terme à cette opération militaire turque.
Elle n'apporte pas de sécurité. Le président vient de l'expliquer. Nous avions beaucoup avancé dans la lutte contre Daesh et ce serait vraiment regrettable si ce danger renaissait du fait de ces nouveaux combats.
Et, bien sûr, cela pose la question, donc, du devenir de ces terroristes de Daesh. Quand on voit tous les fugitifs qu'il y a, je pense que les intérêts de sécurité de la Turquie doivent être réglés par la voie de la négociation, et non pas par un conflit armé, qui fait souffrir, fait de nombreuses victimes. (Question en allemand traduite en français) (...) -J'ai une question qui s'adresse à tous les 2 sur l'Europe.
Il y en a qui veulent sortir, il y en a qui veulent rentrer. Est-ce que vous croyez encore qu'il y aura un accord sur le Brexit, et quelles sont les différences de la France et de l'Allemagne sur l'adhésion de l'Albanie et de la Macédoine du Nord, et dans quelle mesure vos positions respectives se sont rapprochées ? (Propos d'Angela Merkel en allemand traduits en français) -A.
Merkel: Nous pensons qu'il sera possible d'avoir un accord entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne sur le Brexit. D'après ce que j'ai entendu dans ces derniers jours, je pense de plus en plus que nous obtiendrons cet accord, et je tiens à rendre hommage aussi au travail accompli par notre négociateur, M. Barnier.
Il a travaillé dans des conditions difficiles et a réussi à maintenir l'unité des 27 pays de l'Union européenne. Nous lui accordons pleinement notre confiance. On n'a jamais eu l'impression qu'on travaillait dans le dos de la Commission, et c'est vraiment très important.
Nous sommes maintenant dans le sprint final et je lui souhaite tout le succès possible pour arriver à négocier un accord. Entre la France et l'Allemagne, il n'y a pas de différence sur le fait que les pays membres des Balkans, les pays des Balkans occidentaux, ont vocation à être des pays européens. C'est quelque chose de très important pour nous tous.
Du côté français, il y a une demande que je soutiens, c'est que l'on réforme les procédures d'adhésion à l'Union européenne d'élargissement, qu'il n'y ait pas d'automatismes et que l'on arrive à revoir les procédures. Au Bundestag, le Parlement allemand, nous en avons également décidé, nous pensons que les discussions d'adhésion peuvent être engagées à condition que certains aspects réglementaires soient mis en oeuvre, et c'est toujours là le problème, que doit-on avoir fait pour pouvoir ouvrir le 1er chapitre des négociations ? Alors, là, nous avons peut-être encore quelques différences entre nous, mais nous en parlerons demain et on verra si on arrive à se mettre d'accord sur cette question de l'élargissement de l'Union.
Vous savez que les décisions dans l'Union européenne se prennent à l'unanimité, et donc, nous sommes obligés d'avoir des positions communes. Et nous y sommes souvent arrivés, déjà. Donc je ne parle pas d'une position uniquement franco-allemande, mais une position à 26 ou 27 membres. -E.
Macron : Je partage en tous points ce que madame la chancelière vient de dire sur le Brexit et l'espoir, la volonté qui est la nôtre de pouvoir endosser un accord qui sera, je l'espère, trouvé dans les prochaines heures, en tout cas les échos que nous avons aujourd'hui sont positifs. Et je veux aussi ici remercier vraiment notre négociateur Michel Barnier, qui depuis le début a mené une négociation avec beaucoup de sérieux, d'exigence, de respect des Etats membres du Parlement européen et qui, je l'espère, est en train d'aboutir sur à la fois l'accord de retrait et donc notre déclaration politique sur la relation future. Donc, nous sommes en tout cas volontaires pour que cet accord puisse être endossé lors de ce Conseil.
Pour ce qui est de l'élargissement, l'Europe est une grande et belle maison dans laquelle nous vivons ensemble. Il y a quelques années de cela maintenant, un membre de la famille a décidé de partir et on a bien du mal à ce qu'il quitte la maison. Et puis, on a parfois du mal à rénover la maison, à réparer la lumière, l'électricité.
Et d'ailleurs, beaucoup de membres, quand on leur demande "Est-ce que vous êtes prêts à investir pour réparer la lumière ou refaire la porte?", vous disent : "Non, moi, je n'investis pas dans cette maison, attention, pas plus d'1%." Parfois, les mêmes vous disent: "Mais par contre, alors même qu'on ne sait pas comment on la quitte ni comment on la rénove, on va inviter de nouveaux copains et de nouvelles copines." J'ai appris, de ma relation avec l'Allemagne, qu'une forme de bon sens et de rigueur, en tout cas l'idée de faire les choses dans le bon ordre, ne pouvait pas être l'ennemie de l'efficacité.
Et je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'on ne les fait pas tout à fait dans le bon ordre. Donc je salue le courage, la ténacité et les avancées qui ont été faites par les 2 dirigeants d'Albanie et de Macédoine du Nord. Ils ont fait un très grand travail dans leurs pays ces dernières années.
Et je le reconnais, je veux qu'on envoie un signal positif. 2e point, je suis convaincu, comme la chancelière, que cette région des Balkans occidentaux est totalement stratégique pour l'Europe et qu'il nous faut l'arrimer à l'Europe. 3e point, je pense que nous avons encore des choses à finaliser avant d'ouvrir les négociations.
Je pense qu'il nous faut réformer cette procédure qui est aujourd'hui irréversible et non progressive. Elle n'est plus adaptée. Et on fait d'ailleurs des choses qui sont bizarres entre nous.
Les gens ne le savent pas, mais on octroie la liberté de visa, donc de circulation entre nos pays, avant même d'ouvrir la négociation. Nous avons avec l'Albanie la liberté de circulation sans visa alors même qu'ils n'ont pas ouvert la négociation. C'est bizarre, comme type de relation.
Il faut remettre là aussi les choses dans le bon ordre, parce qu'elles ne marchent pas tout à fait bien et en utilisant cette liberté de visa, on a dans notre pays aujourd'hui en France des milliers de milliers de gens qui demandent l'asile. Comment voulez-vous que j'explique à mes concitoyens le 2e pays qui demande le plus l'asile en France, ce sont des gens qui viennent de l'Albanie, mais tout se passe tellement bien, qu'on va ouvrir des négociations pour entrer dans l'Union européenne ? Quand je ne sais pas l'expliquer aux gens, c'est qu'il y a un problème.
Je ne sais pas l'expliquer aujourd'hui. Parce qu'on a fait les choses dans un ordre qui n'est pas le bon. Donc, on doit nous-mêmes remettre les choses dans le bon ordre, avoir une approche qui est plus progressive, mieux ordonnée, qui peut d'ailleurs être, me semble-t-il, réversible.
Le processus est crédible s'il peut être stoppé à tout moment, nous le voyons avec la Turquie en ce moment. Il y a des années, on a commencé, tout le monde l'a oublié, la négociation avec la Turquie. Pense-t-on aujourd'hui que la Turquie a vocation à entrer dans l'Union européenne, à ouvrir un nouveau chapitre ?
Mais le processus n'est pas réversible. Il est totalement stoppé mais n'est pas réversible. Donc il faut moderniser cette procédure, il y a quelques éléments à finir avec ces pays.
Je pense donc aux sujets migratoires, je pense aussi aux conditions qui sont demandés par la Commission. Donc voilà, je partage la vision géopolitique avec la chancelière de ce caractère stratégique, j'ai la volonté d'envoyer un signal positif à ces dirigeants, mais l'esprit de sérieux et toutes les discussions qu'on a par ailleurs me conduisent peut-être à dire : "Cette fois-ci, c'est nous qui demandons un peu de temps pour le faire dans le bon ordre." -Bonjour, madame la chancelière.
Bonjour, monsieur le président. Mathieu Coache pour BFMTV. C'est une question pour M.
Macron. Le 8 octobre, vous avez appelé les Français à la vigilance car les institutions seules ne suffiront pas à venir à bout de "l'hydre islamiste", ce sont vos mots. Est-ce que vous considérez que ces déclarations sont en partie responsables des tensions en France depuis une semaine ?
Est-ce que vous pensez préciser votre pensée prochainement ? Est-ce que vous condamnez la prise à parti par un élu d'une femme voilée au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté ? Et puis, êtes-vous d'accord avec votre ministre de l'Education nationale, qui ne préfère pas que les mères d'élèves qui portent le voile accompagnent les sorties scolaires ?
Je vous remercie. -E. Macron : Vous savez, nous avons été frappés au coeur il y a plusieurs jours à la préfecture de police de Paris, avec 4 de nos policiers qui ont été abattus par un terroriste.
Et l'enquête en cours. Donc je ne commenterai pas. Et j'ai en effet, à ce moment-là, dit ce en quoi je crois profondément, qui est ce que l'Etat, la République, doit faire.
Se tenir debout et, n'oubliez pas tout ce que j'ai dit, faire bloc. Faire bloc, être vigilants contre toutes celles et ceux qui se radicalisent dans notre société, faire bloc et le faire avec tous nos concitoyens, quelle que soit leur confession, quelles que soient leurs convictions, quel que soit d'ailleurs ce en quoi ils croient ou ne croient pas. Mais depuis 15 jours, je vois, pardon de vous le dire, parce que vous voudriez me mettre le singe sur l'épaule, je crois qu'il est sur la vôtre.
Tout a été confondu dans le débat et les commentaires, tout. Et avec, parfois, chez certains commentateurs politiques, beaucoup d'irresponsabilité. De quoi avons-nous parlé lorsque la France a été attaquée ?
De la radicalisation, d'un geste terroriste. La lutte contre la radicalisation, le gouvernement y est engagé depuis le 1er jour. Des lois ont été prises, des actions ont été menées.
Des gens ont été arrêtés. D'autres expulsés. Le ministre de l'Intérieur s'est exprimé, continuera de le faire pour présenter ses résultats sans aucune naïveté ni complaisance.
Des associations ont été dissoutes. Certaines écoles fermées, ce qui n'avait jamais été fait à ce point de rigueur. Et ensuite, un 2e combat dont j'ai parlé, qui est la lutte contre le communautarisme.
Le communautarisme, ce n'est pas le terrorisme. Il faut distinguer ces 2 notions. C'est la volonté de faire sécession dans la République.
Au nom d'une religion, mais en la dévoyant. Là aussi, depuis le 1er jour, contrairement à ce que j'entends, le gouvernement est engagé, continuera de l'être, d'autres initiatives seront prises. Pour rescolariser les enfants, pour fermer les écoles qui ne respectent pas les lois de la République, pour là aussi, oeuvrer, et ça concerne tous les ministères, toutes nos politiques, pour que la République reconquière ses droits.
Et puis, enfin, il y a les religions en France, dont une religion, l'islam, qui s'inscrit dans un cadre, celui de la République, où on doit respecter toutes les règles de manière absolue, et je serai intransigeant. On doit aussi respecter la liberté de croire et de ne pas croire. C'est ça, la laïcité.
Et j'entends dans ce...
Au fond, presque le lien que vous établissez dans votre question, un raccourci fatal entre le 1er sujet et le 3e. Faisons bloc et ne nous divisions pas, pour lutter d'abord et avant tout contre la radicalisation dans notre société. Oeuvrons pour que la République soit partout et être intraitable avec le communautarisme.
Mais ne stigmatisons pas nos concitoyens. J'ai dit "faire bloc". C'est ça, la République.
Faire bloc. Je pense qu'on peut le faire tous ensemble. En respectant pleinement notre laïcité, la force de celle-ci, mais concentrons-nous sur l'essentiel, la menace.
Ne nous divisons pas. Voilà. Je crois que c'est ça, ma responsabilité dans ce moment, et il ne s'agit pas de définir les bons points ou les mauvais points.
Et sur ce sujet, le Premier ministre, le ministre de l'Education nationale, le ministre de l'Intérieur et tout le gouvernement oeuvrent chaque jour de la même manière pour faire bloc. C'est ce que j'appelle tout le monde. Après, il y a des gens qui sont payés pour faire des commentaires.
C'est très bien. Le pays doit faire bloc et il continuera de le faire. Croyez-moi. (Commentaire inaudible) Je ne suis pas là pour donner les bons et mauvais points.
J'ai parlé des dizaines de fois de ces sujets. Des dizaines. Merci beaucoup. -A.
Merkel: Danke schoen.
Emmanuel Macron