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InterviewTélé Matin - France Télévisions· 2 avril 2025 9 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiJusticeÉconomie & entreprisesSanté

Les 4 vérités - Astrid Panosyan-Bouvet

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15ComplaisanteRéponse partielle

    Bonjour et bienvenue.

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que la nouvelle condamnation de M.Le Pen est une bonne nouvelle?

  • 1:00RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'on a basculé dans un excès inverse?

  • 1:30FerméeRéponse partielle

    Est-ce que c'était une erreur sur laquelle on devrait revenir?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Quel est votre avis sur la proposition de changer la loi d'ici juin?

  • 3:30RelanceRéponse directe

    On sent que l'exécutif est gêné. Vous redoutez un mouvement populaire contre le gouvernement?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45A.Panosyan-BouvetFait
    « Ce n'est jamais bon qu'il y ait une contestation à ce point de la justice, qu'il y ait un ressentiment autour d'une élection volée. »
  • 1:00A.Panosyan-BouvetFait
    « La loi qui a été appliquée par les juges en première instance est la loi Sapin, qui a été votée dans les conséquences de l'affaire Cahuzac. »
  • 1:45A.Panosyan-BouvetFait
    « Il y a eu une volonté d'exemplarité et d'immédiateté des peines. »
  • 3:00A.Panosyan-BouvetFait
    « L'immédiateté de la sanction peut poser question. »
  • 3:45A.Panosyan-BouvetFait
    « Quand la loi s'applique, elle doit s'appliquer pour tout le monde. Personne n'est exonéré. »
  • 6:00A.Panosyan-BouvetFait
    « On est en train de détricoter 80 ans d'ouverture des frontières. »
  • 7:00A.Panosyan-BouvetFait
    « La seule certitude est que la réponse doit être européenne. »
  • 8:00A.Panosyan-BouvetChiffre
    « Ce sont les prévisions de croissance de la Banque de France. »
  • 9:00A.Panosyan-BouvetFait
    « On a parlé des hypothèses de croissance. On n'a pas encore anticipé précisément l'impact des décisions de droits de douane. »
  • 10:00A.Panosyan-BouvetFait
    « Il faut avoir un discours de vérité sur le fait que notre modèle économique est à bout de souffle. »
  • 11:00A.Panosyan-BouvetChiffre
    « 17 milliards d'indemnités en 2024. C'était moins de 8 milliards en 2017. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- F.Flament: Merci. C'est l'heure du rendez-vous politique de "Télématin".

A.Panosyan-Bouvet, ministre du Travail, est votre invitée. Bonjour et bienvenue. - J.Arnaud: Bonjour, madame la ministre.

Merci d'être avec nous ce matin dans un environnement économique, diplomatique et politique compliqué. D'abord, les suites de la condamnation de M.Le Pen.

Le parquet a annoncé qu'un nouveau jugement devrait intervenir d'ici à l'été 2026. Est-ce que c'est une bonne nouvelle? - A.Panosyan-Bouvet: Ce n'est jamais bon qu'il y ait une contestation à ce point de la justice, qu'il y ait un ressentiment autour d'une élection volée.

Je pense qu'il faut d'abord rappeler les faits. Il y a beaucoup de discussions sur les conséquences politiques. Madame Le Pen aurait joué un rôle central.

Un préjudice de plusieurs millions d'euros. Il faut rappeler à nos concitoyens le contexte de l'application de cette loi. La loi qui a été appliquée par les juges en première instance est la loi Sapin, qui a été votée dans les conséquences de l'affaire Cahuzac, où les Français réclamaient de l'exemplarité, du zéro-tolérance. - J.Arnaud: Est-ce qu'on a basculé dans un excès inverse? - A.Panosyan-Bouvet: La décision...

Ca a été les lois qui ont été votées à la fin de l'année 2016. - J.Arnaud: Est-ce que c'était une erreur sur laquelle on devrait revenir? - A.Panosyan-Bouvet: Il faut se rappeler le contexte de l'affaire Cahuzac.

Il y a eu une volonté d'exemplarité et d'immédiateté des peines. Ce qui est important, c'est que la loi doit s'appliquer à tout le monde. Je pense, dans la foulée de ce qu'a dit le ministre de la Justice mais aussi O.Faure, que c'est une bonne chose que l'appel puisse se faire dans des délais raisonnables. - J.Arnaud: E.Ciotti a proposé de changer cette loi d'ici à juin.

F.Bayrou a dit qu'il était favorable à une réflexion sur ce point de l'immédiateté. Quel est votre avis, politiquement, personnellement? - A.Panosyan-Bouvet: L'immédiateté de la sanction peut poser question.

Quand on doit pouvoir faire appel...

L'immédiateté peut poser question. Mais encore une fois, quand la loi s'applique, elle doit s'appliquer pour tout le monde. Personne n'est exonéré, quand bien même on note des sondages élevés pour les élections présidentielles.

C'est une bonne chose aujourd'hui que la justice passe. Ce n'est jamais bon qu'il y ait un tel ressentiment de l'opinion publique vis-à-vis de la justice. A.de Tarlé parlait des Etats-Unis.

On le voit sur la Hongrie, on l'a vu sur la Pologne. Quand il y a une fragilisation de la justice, c'est une fragilisation de l'Etat de droit. - J.Arnaud: On sent que l'exécutif est gêné aux entournures autour de cette décision.

Vous redoutez qu'il y ait un mouvement populaire qui finisse par se retourner contre le gouvernement? - A.Panosyan-Bouvet: Ce que je crains, c'est le retournement contre la justice.

Il n'est jamais bon qu'il y ait un fossé qui se crée, 2 fossés qui se créent. Il y a des justiciables comme tout le monde et des gens au-dessus. C'est le 1er fossé.

Le 2e fossé qui peut se créer, c'est le fossé d'une justice politisée à laquelle on ne peut pas faire confiance. C'est très important de réparer cela. C'est le 1er pilier qui peut fragiliser notre Etat de droit.

Les juges sont les 1ers attaqués quand il y a une fragilisation de l'Etat de droit. - J.Arnaud: M.Le Pen brandit à nouveau ce matin une menace de sanction.

Vous redoutez de ne plus être ministre dans les semaines qui viennent à cause de cela? - A.Panosyan-Bouvet: Je redoute que dans le contexte international, dans le contexte de fragilisation des finances publiques...

On voit bien comme le redressement est difficile. Je redoute qu'on n'ait pas de capacité à pouvoir faire ce que l'on a à faire, dans l'emploi, sur la réponse au niveau français ou européen aux Américains sur la question des barrières douanières...

Ce serait pire que tout. - J.Arnaud: D.Trump renforce la pression.

Une lettre a été envoyée par l'ambassade des Etats-Unis à certaines grandes entreprises françaises. Elle leur demande de cesser leur politique inclusive. Est-ce que l'extraterritorialité du droit américain peut s'imposer à nous? - A.Panosyan-Bouvet: L'extraterritorialité du droit américain ne s'impose pas au droit français, qui dit "travail égal, salaire égal".

Il dit qu'il ne peut pas y avoir de discrimination possible dans l'entreprise et sur le marché du travail. Le droit du travail n'est pas à vendre à la découpe. C'est extrêmement important de le dire. - J.Arnaud: Les droits de douane vous inquiètent?

Quels sont les secteurs les plus menacés? - A.Panosyan-Bouvet: On est forcément inquiets.

On voit bien qu'on est en train de détricoter 80 ans d'ouverture des frontières. On est forcément inquiets parce qu'on voit bien que le protectionnisme, ça n'a jamais été une bonne solution, ni pour le pays qui le pratique ni pour celui auquel on ferme les frontières. La seule certitude est que la réponse doit être européenne.

Ce n'est pas un marché de 65 millions de personnes qui va peser, mais un marché de 500 millions de personnes au niveau européen. - J.Arnaud: La prévision de croissance va changer.

Le ministre de l'Economie l'a dit hier. On est plutôt vers 0,7? - A.Panosyan-Bouvet: Oui.

Ce sont les prévisions de croissance de la Banque de France. - J.Arnaud: Comment on fait pour sortir de ce cauchemar anticipé par la porte-parole du gouvernement sur le budget?

Où est-ce qu'on trouve tous ces milliards? - A.Panosyan-Bouvet: Il faut avoir un discours de vérité aux Français.

Aujourd'hui, il y a un contexte économique qui peut sembler inquiétant. On a parlé des hypothèses de croissance. On n'a pas encore anticipé précisément l'impact des décisions de droits de douane.

Elles n'auront pas forcément des conséquences positives. On a aussi le contexte géopolitique. Il faut se réarmer.

Ce parapluie américain est en train de partir. Il faut avoir un discours de vérité sur le fait que notre modèle économique est à bout de souffle, indépendamment de la situation géopolitique. - J.Arnaud: Plusieurs pistes sortent du bois, notamment celle de la TVA sociale.

Elle est poussée par le Medef. Des sénateurs la remettent sur le tapis. Vous y seriez favorable? - A.Panosyan-Bouvet: Je regarde pourquoi on a un modèle à bout de souffle.

C'est parce qu'on n'a pas assez de personnes qui travaillent. Les gens qui bossent, qui nous regardent peut-être avant d'aller au travail, bossent beaucoup. Le sujet, c'est qu'on n'a pas assez de gens qui bossent.

Les jeunes, pour lesquels l'insertion reste difficile malgré l'apprentissage, les travailleurs expérimentés de plus de 55 ans et les femmes, pour qui ça devient difficile. Faute de garde d'enfants, elles sont obligées de se retirer du marché du travail. - J.Arnaud: Qui va travailler plus? - A.Panosyan-Bouvet: Le constat, c'est d'abord qu'il faut continuer à améliorer l'insertion de nos jeunes.

L'apprentissage, on a continué et on continue. Il faut mieux former nos jeunes pour qu'ils puissent trouver facilement un travail reconnu. Il y a des besoins, des soudeurs jusqu'aux ingénieurs.

C'est indispensable. C'est ce qui va permettre de financer notre protection sociale. - J.Arnaud: Un mot sur les arrêts-maladies. 17 milliards d'indemnités en 2024.

C'était moins de 8 milliards en 2017. Il y a beaucoup d'abus, notamment sur Internet où, en 3 clics, on peut avoir un arrêt-maladie. - A.Panosyan-Bouvet: Ces 3 clics, ce n'est plus possible.

On a beaucoup encadré la possibilité de donner des arrêts de travail sur des plateformes. Ensuite, on a réduit les indemnités journalières. Il faut qu'on regarde ce sujet de manière globale.

Il y a des abus. Il faut qu'on en discute avec les partenaires sociaux.