Redécouvrir les légendes musicales d’Autriche-Hongrie avec le Quatuor Métamorphoses
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La 26e édition du Festival des Jeunes Talents a débuté le 5 juillet à Paris, c'est aux archives nationales, jusqu'au 25, plus de 60 artistes, notamment jeudi, vous pourrez entendre le quatuor métamorphose, un quatuor à cordes formé il y a 5 ans avec au programme Haydn et Schubert, de légende de la musique viennoise. On en a 3 sur 4 que je salue, bonjour à vous. Bonjour.
Est-ce que je peux vous demander de vous présenter ? Oui, bien sûr, moi c'est Mathilde Potier, je suis violoniste. Bonjour, Pierre-Licia Bourrenault, second violon du quatuor. Bonjour, moi je suis Jean-Baptiste Souchon, l'altiste du quatuor.
Voilà, quand on dit jeunes talents, il y a une limite dans ce festival. A priori, pas encore. Pas encore. Comment on monte un quatuor ? Quand on sort peut-être des conservatoires, des écoles, etc., c'était quoi le processus ?
En fait, c'était vraiment une question de passion, c'est vraiment un répertoire extraordinaire. Et entre amis, on s'est dit, voilà, pourquoi ne pas explorer ces pages extraordinaires ? Oui, le quatuor, c'est un genre un peu particulier puisqu'on passe beaucoup de temps à 4 à monter le même répertoire. Donc, il faut apprendre vraiment à parler la même langue avec nos archers au niveau des articulations, de la justesse, de la hauteur des sons, de la balance. C'est un travail extrêmement minutieux, c'est un peu de l'horlogerie suisse et ça nous permet de nous découvrir de plus en plus musicalement, mais aussi humainement.
C'est très intéressant ce que vous dites, ça veut dire que vous jouez face à face, vous jouez, vous filmez, je ne sais pas, il y a cette nécessité, cet effort d'harmoniser les gestes.
Absolument, on joue face à face, mais on joue aussi, ça on peut peut-être le dire, dos à dos. On a un exercice qui est bien connu, c'est on se tourne le dos, on ne se regarde pas et juste par la respiration commune, on doit réussir à partir exactement ensemble.
Jean-Baptiste Souchon, là-dessus ?
J'allais dire, le plus difficile, c'est d'arriver ensemble.
Ne me dites pas que parfois, il y en a un qui arrive après.
Une blague à part, non, non, effectivement, c'est au-delà de l'exercice musical, c'est vraiment une aventure humaine qui est absolument extraordinaire parce qu'en fait, c'est, avec les avantages et les inconvénients, j'imagine, c'est comme un couple à quatre et en fait, on passe vraiment énormément de temps ensemble, les tournées, les répétitions, avant, après, les messages pour dire, voilà, il faut répondre à tel mail, etc. Donc en fait, c'est vraiment une aventure qui est incroyable et on prend énormément de plaisir à partager ça tous les quatre.
On va citer la quatrième, Madeleine Dousseau, qui a trouvé le nom du quatuor.
Écoutez, c'était moi à l'époque, ce que j'avais Ovid comme livre de chevet, mais l'avantage de ce nom, c'est que c'est assez, tout le monde peut se projeter. Pour Pierre, c'est aussi... C'est quoi pour vous, Ovid, les métamorphoses ? Alors pour moi, c'est vrai que quand j'ai... Pour moi, la métamorphose, en fait, la musique, c'est l'art de la métamorphose, c'est l'art de la variation, de la transformation du son. Donc je trouve que l'art, c'est constamment métamorphose, comme nous-mêmes, on est constamment métamorphose.
Donc je trouve qu'au-delà d'Ovid, qui est d'ailleurs un répertoire littéraire qui me touche énormément, je trouve que c'est un nom qui va particulièrement bien à un quatuor à cordes.
On va écouter Oskar Posa. C'est l'intermezzo diocoso du Quatuor, une valse que vous êtes allé enregistrer. En fait, c'est une façon aussi de ressusciter un compositeur autrichien, post-romantique, 1873-1951, dont la musique dormait.
Absolument. C'est un projet qui est tout à fait différent de Haydn et Schubert. C'est un compositeur qui n'avait été jamais enregistré et même jamais édité. C'est-à-dire qu'on a dû aller exhumer des manuscrits. On a deux manuscrits de ce quatuor qui se contredisent parfois. Et là où, pour des compositeurs comme Beethoven ou Schubert, on a des hordes de musicologues qui nous préparent des éditions à noter, etc. Là, on a dû prendre des loupes pour déchiffrer des pattes de bouche.
Mais là, c'est vous qui arbitrez. Vous dites, bon, allez, on va faire un sol et pas un sol. Absolument.
C'est une décision lourde de responsabilité.
Et c'est souvent Pierre qui arbitre. Mais comment on déniche un trésor pareil ? Est-ce que c'est rarissime quand même de jouer des œuvres qui n'ont pas été jouées et pas enregistrées ?
Alors ça, le mérite revient à Olivier Lalanne, qui a fondé le label Voila Records, pour lequel nous avons enregistré le disque, qui a, pendant la période du Covid, exhumé des affiches de concert du Musique Ferrein à Vienne. Et entre le nom de Schoenberg et celui de Dzemlinski, qui sont deux compositeurs très connus de cette période, il voit celui d'Oscar Posa, dont il n'avait jamais entendu parler. Et il se dit, mais qui est cet Oscar Posa ?
Jean-Baptiste Souchon, c'est une émotion particulière, j'imagine, de déchiffrer une œuvre qu'on n'a pas écoutée sur une platine 20 fois, ou qu'on n'a pas jouée jamais ?
C'est absolument extraordinaire, dans le sens où, en fait, déjà, c'est une période qui est extrêmement riche, et en fait, on connaît déjà beaucoup l'esthétique de l'époque, et en fait, là, on rentre dans un monde où, en fait, on connaît l'esthétique, et en fait, on découvre que ça a été dit d'une autre manière, donc on retrouve un peu les mêmes formes de l'époque, mais avec un langage qui est tout à fait différent, et ça, c'est assez magique, oui, effectivement.
Alors, je le disais, vous êtes au Festival des Jeunes Talents, ce jeudi, aux Archives Nationales, dans un magnifique cours des Grands Dépôts, pour jouer Duhayden et Schubert. Là, c'est vous qu'on entend, messieurs, dames, La jeune fille et la mort, Schubert, couture numéro 14, racontez. Il y a un lead, qui est au départ, d'ailleurs, c'est ça, c'est une œuvre avec une voix au départ.
C'est ça, absolument, et c'est effectivement une pièce qui nous touche particulièrement, qu'on aime énormément jouer depuis quelques temps. Là, c'était un live que nous avons fait il y a deux semaines, à la Fondation Saint-Germain-Polignac. Il y a toujours une énergie spéciale qui se dégage du live, en fonction de l'audience. On découvre des choses, on interprète cette musique différemment. Et là, on avait une salle qui était vraiment plongée dans le noir, donc on a pu, on espère que vous avez pu l'entendre aussi, pu descendre dans des nuances, dans des couleurs extrêmement basses, extrêmement ténues, extrêmement éthérées. Et voilà, on est très contents de cette version, je dois dire.
Oui, effectivement. Et puis, en fait, ce qui est assez magique, c'est que dans Schubert, c'est vraiment un compositeur qui, effectivement, nous parle particulièrement, mais c'est vraiment extrêmement universel. C'est-à-dire, en fait, c'est vraiment un compositeur qui a terminé sa vie, malheureusement, tout seul dans sa chambre. Donc, en fait, on ressent vraiment cette intimité. Et en fait, c'est vraiment l'intimité la plus profonde. Il n'y a pas de limite à ça. Et ça, c'est vraiment extraordinaire pour nous en tant que...
Dans la cour des archives nationales, ça, vous pensez que ça sonne comment ? Ça sonne... Vous êtes confiant là-dessus ? Vous avez choisi... Vous ne savez pas ?
Si. En fait, évidemment, à chaque salle, public différent et donc challenge différent. Et effectivement, au niveau du son, on devra adapter. Néanmoins, nous travaillons tous les jours notre balance, qu'on appelle une balance, qui veut dire garder notre équilibre. Et donc, maintenant, nous sommes quand même habitués à nous adapter, selon les endroits.
Le Quatuor Métamorphose. Et je précise que vous serez aussi en août du 9 au 16 au festival Astradia Musica. Ça va, le Corse-Vallée de la prononciation ? Exactement. Astradia Musica, c'est parfait. Pour six concerts. Merci infiniment à tous les deux. Merci à tous les trois, plutôt. Et on salue la Violon Célisse qui nous écoute, sans doute. Merci à tous les deux.