Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewJordan Bardella· 19 juin 2026 9 min

Jordan Bardella à Varsovie : « Nous devons mettre un terme au déferlement migratoire en Europe ! »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bien mesdames et messieurs, merci de votre présence à cette conférence de presse. Euh je veux en premier lieu remercier nos alliés du mouvement polonais euh pour leur accueil dans cette capitale européenne Varsovie chargée d'histoire et avec laquelle la France partage une relation ancienne faite d'amitié solide et de respect mutuel. Et je remercie le président du parti et vice-président du Parlement Christophe Bossa pour son amitié, pour son invitation et je remercie également Anna Brilka avec qui j'ai l'occasion de travailler chaque semaine au Parlement européen dans ce groupe qui est à la fois la troisème force parlementaire du Parlement européen et en même temps le premier groupe d'opposition à la politique de madame Van Derleyen.

La Pologne occupe une place chaque jour plus centrale sur le continent et fera partie à n'en pas douter au côté de la France, de l'Allemagne ou encore de l'Italie de ces puissances qui feront l'Europe de demain. Chacun constate le dynamisme économique du pays ces 20 dernières années qui fait revenir des Polonais qui se sont expatriés. Chacun observe le niveau des efforts militaires engagés par la Pologne parmi les plus importants d'Europe et chacun mesure enfin le renouveau de son influence dans les grands débats européens qu'il s'agisse de la protection des frontières dont celle où je me rendrai demain de l'autonomie stratégique ou bien de la sécurité du continent.

À ce titre, cette visite constitue une étape essentielle d'une série de déplacements européens que j'effectue en tant que président du groupe au Parlement européen. Une visite ponctuée par la rencontre de la plus haute autorité du pays, à savoir le président de la Pologne, Carole Narovski, avec qui je viens de m'entretenir et dont nous avons partagé un certain nombre de sujets et de débats quant à l'orientation actuelle de l'Europe. Permettez-moi tout d'abord, puisque c'est ma première visite en Pologne, de m'attarder sur quelques faits historiques.

Au 16e siècle, Henry de Vallois, frère du roi de France Charles fut élu roi de Pologne avant de devenir Henri II de France. Depuis lors, les liens diplomatiques, culturels et économiques entre nos deux nations n'ont cessé de se développer et de se renforcer. La cause polonaise longtemps tiraillée entre les empires russes, prussiens et autrichiens a toujours suscité une profonde sympathie en France.

Une proximité qui a atteint son apogé avec Napoléon Bonaparte dans ses liens avec la comtesse Valesca comme dans la reconnaissance jamais oubliée du ducher de Varsovie. La bravoure des soldats polonais dans la grande armée napoléonienne est légendaire. Les soldats polonais ont été les plus fidèles à l'empereur lui restant loyal jusqu'à l'issue de la campagne de Russie. puis dans la défense de la France en 1814 et en 1815 ce lien viscéral et constitutif de l'identité européenne.

Ce déplacement de 2 jours que j'effectue en présence de Fabrice Legger qui a œuvré ici dans la capitale polon polonaise au siège de Frontex durant plusieurs années est avant toute chose placé sous le signe de la mémoire. Nous avons eu l'immense honneur de rendre hommage, Christophe la rappelé tout d'abord aux victimes du ghetto de Varsovie, aux juifs polonais victimes de l'une des plus terribles entreprises de destruction qui jamais connu l'humanité. La population juive de Varsovie, emprisonnée dans cette zone et soumise à des conditions de vie inhumaines, offrira un exemple de courage inoui en se soulevant contre la fatalité, la barbarie nazie et contre l'occupant allemand.

Le soulèvement du ghetto de Varsovie restera gravé dans l'histoire de l'Europe comme l'un des exemples les plus frappants du courage et de la résistance dont la vie humaine est capable. D'autre part, notre visite ce matin sur la tomble polonaise du soldat inconnu avec Christophe et Anna, inauguré dans la foulée de celle présente sous l'Arche à Paris, est un rappel de la fraternité et du sacrifice qui unit les peuples d'Europe. Toutes ces épisodes marquants viennent nous rappeler que la Pologne est donc un pays de premier plan dans l'histoire de l'Europe et dans l'histoire du monde.

Aujourd'hui, la Pologne est incontestablement un allié majeur de la France en Europe. Une alliance consolidée par la signature du traité de Nancy l'an dernier entre nos deux États parce que la Pologne est aussi une porte d'entrée de l'Europe. Nous nous rendrons dans quelques minutes au centre opérationnel de Frontex, puis demain à la frontière biélorusse, là où les événements des dernières années nous ont rappelé à quel point ce pays ainsi que son allié la Fédération de Russie cherchait à menacer et à contester les intérêts de l'Europe.

Une menace multidimensionnelle caractérisée par l'incursion de dones russes dans l'espace aérien polonais. provocation du président Poutine ainsi que la tenue récente à ce même lieu d'exercice militaires conjoints entre la Russie et la Biélorussie. Mais cette frontière est aussi l'illustration du péril migratoire, enjeu existentiel pour les peuples d'Europe qui sera au cœur des prochaines campagnes électorales en France comme en Pologne.

En me rendant à l'une des plus grandes portes d'entrée de l'Europe, je tiens à lancer un avertissement à tous nos concitoyens. Notre continent ne sera plus celui des Européens si nous ne mettons pas un terme au déferlement migratoire à ces flux ininterrompuent nos sociétés, nos sécurités et nos identités. En exerçant des pressions sur la frontière polonaise depuis 2021, la Biélorussie a illustré à quel point la vie humaine pouvait être utilisée avec indignité comme une arme diplomatique pour déstabiliser les sociétés voisines et affaiblir l'Europe depuis l'intérieur.

Face à ce danger, l'Europe doit protéger ses frontières extérieures selon le concept de la double frontière et Frontex doit ainsi être réformé pour devenir pleinement une agence de lutte contre l'immigration illégale. Je sais que la Pologne est sensible à ce combat pour les valeurs et l'identité de l'Europe et qu'elle protège en toute circonstan son identité nationale. Avec la Hongrie, la Pologne fut l'un des fers de lances de la lutte contre le pacte migratoire puisqu'elle a d'ors et déjà annoncé qu'elle en refuserait l'application s'opposant tout à la fois à l'accueil imposé de migrants comme aux amendes financières qui découleraient d'un tel refus.

Si à l'occasion de l'élection présidentielle, les Français nous accordent leur confiance, la France rejoindra ses pays refusant cette immigration de fait accompli. La nécessaire coalition des formations européennes que nous représentons aujourd'hui pour lutter contre l'immigration anarchique a démarré puisque'avec le soutien des conservateurs européens dont participe le mouvement politique du président polonais, nous avons fait adopter il y a quelques heures au Parlement européen le règlement retour. Les avancées obtenues dans ce texte sont majeurs.

Reconnaissance du délit de séjour irrégulier, allongement de la durée de rétention administrative, accord avec des pays hors de l'Union européenne pour des centres de retour et fin de l'effet suspensif des recours administratifs. Même si ce texte ne résoudra pas tout, il constitue un préalable et démontre notre capacité à nouer des alliances de rupture aptes à influer sur la vie politique européenne. Ce travail fécond peut demain, nous le croyons, déboucher sur une nouvelle architecture européenne fondée sur la puissance et la protection des frontières.

Nous partageons ensemble des orientations communes sur l'urgence de la simplification normative face au déferlement de normes du Green Deal qui l'économie du continent, tue la croissance et l'innovation sur la nécessité d'une plus grande indépendance des nations européennes pour moins dépendre des autres pour moins subir les revements et les incertitudes mondiales. Cet éventail de causes communes converge toutes vers une communauté de destin entre la France et la Pologne. La France et la Pologne sont des amis indéfectibles qui partagent une histoire, des valeurs et qui regardent vers le même horizon.

Elles auront, en conclusion, toutes, un rôle éminent à jouer dans la Constitution d'une Europe du 21e siècle, apte à répondre au défis du spatial, du nucléaire, de la défense des nations d'Europe, de la cybersécurité ou encore de l'intelligence artificielle. Ne nous y trompons pas, le 21e siècle marque déjà le retour des souverainetés et de la puissance à rebour de plusieurs décennies d'idéologie incarné par la commission vanerleon. Toutes les puissances qui réussissent dans la mondialisation s'appuyent sur la fierté d'elle-même, sur des entreprises laissées libres de produire et sur la défense de leurs intérêt d'abord.

C'est en ayance conscience de cela que nous resterons des nations libres et indépendantes. Je sais que les patriotes européens regardent attentivement ces deux échéances électorales qui auront lieu en 2027 en France et en Pologne, espérant pouvoir transformer une Union européenne obsolète et vecteur de déclassement. Un vent d'espoir doit se lever en Europe l'année prochaine.

Une nouvelle architecture européenne est apportée demain et il nous revient de la bâtir. Je vous remercie et nous nous tenons bien sûr à votre disposition pour répondre à vos questions.