Marine Le Pen, séparatisme, Covid... Le "8h30 franceinfo" de Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Comment s'est déroulée la rentrée scolaire à Béziers ? Des classes ou écoles ont été fermées ?
- 1:15FerméeRéponse directe
Vous avez rendu le masque obligatoire dès le 22 août ?
- 1:26OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est trop compliqué à gérer pour vous ?
- 2:48OuverteÉludée
Sur la fermeture des classes, ça représente une centaine d'élèves. Vous avez organisé la garde de ces enfants ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Vous vous sentez délaissé ?
- 4:19RelanceRéponse directe
Je ne sais pas si vous êtes passé à Paris ces dernières heures. Est-ce qu'on est bien traité à Paris ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:18Invité politiquePromesse
« Moi j'ai pris des mesures tout de suite. On fournit encore tous les jours des masques. »
- 1:21Invité politiquePromesse
« À Béziers, il y a cinq points dans la ville où vous pouvez aller gratuitement chercher un masque. »
- 3:02Invité politiqueChiffre
« La semaine dernière, on pouvait faire 4000 tests avec des réactifs à Montpellier, quand on en faisait 400 à Béziers, jusqu'à la semaine dernière. 10 fois moins. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Et je trouve ça scandaleux. »
- 10:50Invité politiqueFait
« Le séparatisme, ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est l'islamisme, la question. »
- 12:16Invité politiqueChiffre
« 74% des jeunes musulmans de moins de 25 ans estiment que les valeurs de l'islam passent avant celles de la République. »
- 12:50Invité politiqueFait
« Quand 45% jugent que les valeurs de l'islam sont incompatibles avec la République, je ne crois pas que ce soit la même chose chez les catholiques. »
- 13:55Invité politiqueFait
« Oui, mais c'est une loi à la con. »
- 16:56Invité politiqueFait
« Sur les questions économiques, elle est trop à gauche ? »
Temps de parole
- Robert Ménard72 %
- Présentateur11 %
- Invité8 %
- Invité 25 %
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Bonjour Robert Ménard, vous êtes le maire d'une ville de quasiment 80 000 habitants située dans un département qui est classé en zone rouge. D'abord, comment s'est déroulée la rentrée scolaire ? Chez vous à Béziers, est-ce que des classes ou des écoles ont été fermées ?
Écoutez, à l'heure qu'il est là ce matin, puisque ça change tous les jours, c'est ça qu'il ne faut pas oublier, il y a cinq écoles dans lesquelles il y a chaque fois une classe où il y a eu des cas de coronavirus, c'est-à-dire qu'il a fallu fermer la classe, renvoyer les enfants chez eux et renvoyer évidemment l'enseignant, l'enseignante en l'occurrence la maîtresse, et aussi la TSEM, vous savez, la personne qui aide.
Là, il y en a un ce matin, j'apprenais là juste avant que vous me posiez la question, que par exemple dans les services techniques de la ville, il y avait deux personnes qui avaient été testées positives, c'est des gens qui travaillent dans les bâtiments, et ça veut dire qu'on jongle tous les jours avec des situations où on ne sait plus comment faire. J'essaye de faire au mieux comme tous les maires, et en plus, il faut s'assurer que les gens portent le masque, et ce n'est pas toujours simple, parce qu'on leur a tellement dit le contraire. Moi, je me rappelle quand même, souvenez-vous, un préfet de l'Hérault m'expliquait que c'était dangereux ou nuisible de porter des masques.
Vous, vous l'avez rendu obligatoire dès le 22 août ?
Oui, moi j'ai pris des mesures tout de suite. On fournit encore tous les jours des masques. À Béziers, il y a cinq points dans la ville où vous pouvez aller gratuitement chercher un masque. Que ce soit sur la rentrée scolaire ou sur les masques, ça devient trop compliqué à gérer pour vous ? Mais ce n'est pas trop compliqué. Je jongle, il faut que je sache ce que je fais, je ne sais pas, ce week-end. Vous avez une foire aux associations, il y en a dans pleine ville, et tout ça. Il y a plus de 200 associations qui se retrouvent en plein cœur de Béziers. Est-ce que je le fais ? Est-ce que je ne le fais pas ? Quelles mesures ?
Alors, on a prévu des mesures, mais vous avez toujours, en plus, on est sous la pression des réseaux sociaux. Il y a toujours quelqu'un qui vous dit que vous n'en faites pas assez, puis la moitié des gens qui vous disent que vous en faites trop. Finalement, en miniature, vous êtes dans la position du gouvernement. Exactement, c'est pour ça que je ne donne pas de leçons, et je n'en ai jamais donné sur ce terrain-là. Parce qu'honnêtement, ce n'est pas facile. Si vous tournez comme ça, on va vous dire, oui, mais vous tuez l'activité économique. Mais c'est pareil à mon niveau.
C'est pareil, on me dit, oui, mais comment vont faire les entreprises, les entreprises du bâtiment, on vit de ça, le tourisme et tout. Cet été, par exemple, la ville, elle vit, ma région, elle vit du tourisme, elle ne vit pas d'autre chose. Le tourisme, je ne voulais pas annuler tout un tas de manifestations, sinon il n'y a personne. Alors, j'ai fait la feria, alors une mini-feria, pas tout à fait une feria. Et en même temps, il y a toujours des gens qui vous disent, oui, mais vous êtes inconscient.
Vous savez qu'ils vous mettent une image où on voit des gens marcher les uns à côté des autres, et vous leur dites oui, mais en même temps, si je ne le fais pas, vous allez me dire que je tue tous les commerces où il n'y aura personne. Voilà, et on essaye de se débrouiller au milieu de tout ça.
Juste sur la fermeture des classes, ça représente donc une centaine d'élèves. Vous avez organisé la garde de ces enfants ?
Mais non, on n'organise pas la garde. Parce que le gouvernement compte sur vous, sur les municipalités. Le gouvernement, il peut toujours compter sur moi, il peut toujours tout me demander. Moi, vous savez, le gouvernement, ce que je lui demandais la semaine dernière, je vais vous donner un chiffre. La semaine dernière, on pouvait faire 4000 tests avec des réactifs à Montpellier, quand on en faisait 400 à Béziers, jusqu'à la semaine dernière. 10 fois moins, comme s'il y avait 10 fois plus de population à Montpellier qu'à Béziers. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a des capitales régionales qu'on soigne, àquelles on fait attention, et puis d'autres où... Vous vous sentez délaissé ?
Mais bien sûr, bien sûr, là. Alors là, ça y est, on a gueulé, tout le monde a gueulé, ça y est, ça a été entendu et ça a été rectifié. C'est délaissé par qui ? Pourquoi il y a moins de tests chez vous qu'à Montpellier, par exemple ? Il faut demander à M. Véran. Il faut demander à M. Véran. Les tests, ils sont pratiqués dans les laboratoires privés ? Oui. Entre, que ce soit les laboratoires privés ou les hôpitaux, il y en avait la semaine dernière, 10 fois moins. 10 fois moins. C'est pas vrai qu'il y a 10 fois plus de population dans le Montpellier que dans le Bitéro. Enfin, vous n'avez qu'à regarder une carte, vous le savez bien. Et je trouve ça scandaleux.
Il n'y a pas que moi qui le trouve scandaleux. On a tous hurlé et finalement, c'est revenu. Ça va, on est une situation normale. Mais ça veut dire qu'on est tout le temps là. Vous savez, mais ça reflète un truc tout simple. Il y a deux France, vous ne voulez pas l'entendre à Paris. Il y a deux France, il y a des gens qui sont plus écoutés. Il y a Paris et les capitales régionales. Et vous avez les grandes villes, enfin, pour parler français, normalement. Et puis, vous avez les villes moyennes. Vous avez les moyennes où on est toujours oublié.
Toujours oublié. Je ne sais pas si vous êtes passé, je ne sais pas depuis combien de jours vous êtes à Paris, Robert Ménard. Depuis hier. Si vous êtes passé ces dernières heures devant un laboratoire pour constater, je ne sais pas si on est bien traité à Paris. Et ce n'est pas à moi de défendre la capitale, surtout à moi. Mais des queues devant les centres de dépistage, elles font des centaines et des centaines de mètres partout, y compris à Paris. Il n'y a pas qu'à Béziers. Très bien.
Mais moi, j'aurais aimé qu'il y ait des queues. Parce que s'il y avait eu des queues, ça veut dire qu'il y avait eu des tests. Et comme il n'y avait pas de tests, il n'y avait pas de queues. Pardon de vous le dire comme ça.
En tout cas, vous ne serez pas de ceux qui attaquent le gouvernement sur la gestion de la crise, comme une Marine Le Pen, par exemple, qui a réclamé la démission des deux derniers ministres de la Santé.
Non, mais attendez, c'est le jeu politique. Moi, je ne fais pas du jeu politique. Je suis maire d'une ville, j'essaye d'avoir un peu de bon sens, de vous dire mes colères quand j'en ai, en même temps de vous dire mes satisfactions quand il y en a aussi de la part du gouvernement. Je ne lui fais pas un procès systématique.
Vous trouvez que la crise est plutôt bien gérée, avec ce que vous venez de dire sur la difficulté de prendre une décision ? Vous avez dit mettre un coup de volant à droite ou à gauche, de toute façon, on se fait des ennemis ou des adversaires.
Oui, moi, ce que je reproche au gouvernement, la seule chose que je lui reproche, c'est d'avoir, comment dire, baptisé, trouvé des arguments pour des situations qui étaient très simples. Je veux dire, à un moment donné, on a manqué de masques. Ce n'est pas que les masques étaient nuisibles. Je ne crois pas que le préfet, il le pensait une seconde chez moi, ou dangereux. Simplement, il n'en avait pas. Il faut dire les choses aux gens. En même temps, c'est facile de dire après coup, il faut dire les choses aux gens, parce que les gens hurlent aussi. Non, c'est compliqué, je suis très prêt à la suite.
Honnêtement, il y a d'autres sujets où j'ai plus envie d'être critique avec le gouvernement que celui-là, parce que c'est compliqué, parce que c'est compliqué.
Robert Ménard, masque obligatoire à Béziers depuis le 22 août, et interdiction de danser depuis le 27 août. Interdiction de danser dans les lieux publics, ouverts ou couverts ?
Oui, toutes les boîtes de nuit sont fermées à Béziers comme ailleurs.
Mais même dans les bars, les restaurants ?
Oui, mais qu'est-ce que vous voulez faire ? Dans la rue, vous pouvez... Écoutez, on peut tous s'amuser à relever ça. Vous êtes sur le trottoir, vous marchez avec un masque, vous êtes assis sur le trottoir avec un certain nombre de gens à une terrasse de café, vous n'avez plus de masque. De temps en temps, tu te poses des questions. Mais c'est trop facile. Moi, c'est vrai, le matin, quand je promène mon chien sur les allées Paul-Riquet, je suis tout seul à 6h30 du matin et je porte un masque. Tu te dis, attends, ça n'a pas de sens. En même temps, si on ne vous dit pas ça, les gens, quoi, on va dire à chacun...
Mais l'interdiction de danser, ça ne va pas trop loin ? Même avec la distanciation sociale, ça ne peut pas marcher ?
Ça dépend avec qui vous dansez. Si vous êtes fidèle et que c'est avec votre femme, madame, il n'y a pas de problème. Si vous avez quelqu'un qui ne vous connaissait pas, il faut faire attention.
Ça, c'est une affaire de chacun. Pourquoi vous n'étiez pas à Fréjus ce week-end, Robert Ménard, où Marine Le Pen faisait son grand discours de rentrer ? Ce n'est pas si loin que ça de Béziers, il y a 300 kilomètres. Il y a une autoroute qui roule bien.
Oui, très bien, mais on ne m'y avait pas invité. Je ne suis pas au rassemblement à ça, je n'ai jamais été...
Vous avez été élue grâce au soutien du Front National en 2014.
En 2014, cette fois-ci, il n'y avait aucun parti. J'avais demandé le soutien d'aucun parti. J'ai fait presque 70% des voix. Je vous ferai remarquer qu'on peut se passer de l'ensemble des partis. Non, je n'y ai pas ma place. Je n'y ai pas ma place parce que je n'en suis pas membre. Puis je ne suis pas sûr que Marine Le Pen ait envie de m'inviter. C'est vrai que souvent, je suis critique à son égard. Mais je n'ai rien contre Marine Le Pen. Je sais qu'elle est en ce moment même votre invitée dans une autre chaîne du service. Une autre chaîne du groupe Radio France qui s'appelle France Inter. Pas très loin de vous.
C'est peut-être l'occasion d'aller lui serrer la main après cet entretien.
Ce que je lui dis chaque fois, c'est la seule question. Moi, je veux que nos idées gagnent. Elles peuvent gagner portées par qui ? Parce qu'il faut bien que quelqu'un les porte. Voilà. On ne peut pas gagner sans elle. On ne peut pas gagner contre elle. Est-ce qu'on peut gagner avec elle ? C'est toute la question qui se pose. Est-ce qu'il y a une alternative à l'heure qu'il est ? Non, voilà, c'est compliqué. Moi, je l'ai aidée en 2017. Et voilà, je l'aide parce que je suis plus proche d'elle que de qui que ce soit sur les terrains de l'immigration, de la sécurité, sur un certain nombre de questions de société. Et en même temps, sur d'autres questions, je suis abasourdi.
On va en parler, abasourdi carrément. On va en parler de vos accords et de vos désaccords avec Marine Le Pen, si vous voulez bien, Robert Ménard, dans la deuxième partie de cet entretien. Il est 8h41. D'abord, le fil info avec Mélanie Delaunay.
Dématérialiser les cartes vitales et les ordonnances, c'est l'une des pistes de la Cour des comptes pour lutter contre la fraude aux prestations sociales. Impossible de la chiffrer de façon suffisamment fiable, disent les sages dans leur rapport. Ils recommandent de mener des contrôles avant les versements. Un conseil des ministres par écran interposé, visioconférence aussi pour le séminaire de rentrée, le programme du gouvernement chamboulé, car le Premier ministre Jean Castex est cas contact, testé négatif au Covid. Hier, il passe la semaine confiné à Matignon.
Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, annonce sur France Info la création d'un numéro vert pour répondre aux questions et aux inquiétudes des propriétaires de chevaux face à la multiplication de cas de mutilation dans les élevages. C'est le 0800 738 908. Il est joignable dès ce matin. 4 buts à 2 pour l'équipe de France de football contre la Croatie. Un match marqué par l'arrivée d'un petit nouveau, le Rennais Eduardo Camavinga à 17 ans et 9 mois. C'est le plus jeune sélectionné chez les Bleus depuis un siècle.
France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Et jusqu'à 9h, c'est le maire de Béziers, Robert Ménard, qui est avec nous.
Robert Ménard, vous n'étiez pas à Fréjus ce week-end, mais est-ce que vous avez regardé le discours de Marine Le Pen à la télévision ?
Je l'ai écouté, oui.
Vous l'avez écouté. On va écouter encore un extrait aujourd'hui. Marine Le Pen à Fréjus. C'était donc ce week-end. Voici l'extrait.
Mes chers compatriotes, il est désormais plus que temps de reprendre notre destin en main. Le problème, ce n'est pas la France ni les Français. Non ! Ce sont les effarantes erreurs politiques commises par ces prétendues élites depuis 40 ans. C'est pourquoi ? Parce qu'il ne tient qu'à nous. Parce que le futur est ce que nous en ferons. J'appelle de mes voeux l'aube d'un nouveau jour. Français, vive la République, vive la France !
Robert Ménard, est-ce qu'elle vous a réveillé Marine Le Pen ce week-end ?
Je ne sais pas si j'ai vraiment besoin d'être réveillé. Je ne sais pas s'il faut réveiller les Français. En tout cas, il faut bousculer le gouvernement. Je ne sais pas, moi, j'entends parler, par exemple, sur le séparatisme. Vous avez vu, on ne parle que de ça. D'abord, il faut employer les bons mots. Je le dis à des journalistes. Le séparatisme, ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est l'islamisme, la question. On a un problème avec les bouddhistes en France, avec les taoïstes, avec les juifs, évidemment pas. À l'échelle d'une vie comme la vôtre, Robert Ménard, par exemple, le problème de l'islamisme, c'est quoi, à Béziers, aujourd'hui ?
Mais c'est tout un tas de gens qui ont des comportements insupportables. Et ce qui m'inquiète, ce qui m'inquiète, je vais vous prendre un exemple. Chaque fois, chaque fois, ce n'est pas tant le terrorisme, c'est le quotidien. Chaque fois qu'un commerce communautaire se met en place, on va parler en français, un commerce maghrébin se met en place dans un bistrot, par exemple. Madame, vous n'y rentrerez plus jamais. Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas votre place et vous le comprendrez en 10 secondes. Parce qu'il n'y a pas une femme. Parce que vous n'assayerez pas...
C'est ce qui se passe dans votre ville, là, à Béziers ?
Mais dans toutes les villes de France, vous connaissez, vous, un bistrot maghrébin où vous vous asseyez ? Oui. Non, mais vous vous rigolez. Oui, il y en a plein, oui. Moi-même, j'y entre. Oui, mais écoutez, essayez. Qu'est-ce que vous appelez, un bistrot maghrébin ? C'est un bistrot qui est tenu par... Qui est tenu par des maghrébins où il y a des hommes maghrébins. Mais le problème, c'est que moi, je ne veux...
Par exemple, il y en a chez vous à Béziers. Mais bien sûr, bien sûr qu'il y en a. Moi, je ne veux pas... Il se passe quoi, dans ces cas-là ?
Je ne veux pas... Il n'y a plus de femmes dans cet espace-là. Et moi, pardon, madame, ça me choque profondément. La France, la France qu'on partage, d'où qu'on vienne... Moi, je viens d'Algérie, justement. D'où qu'on vienne, c'est justement une façon de voir les femmes en face de soi, de fréquenter un espace public qui est commun et tout. Et ça, ça n'existe plus. Vous avez vu ce sondage ? Je suis effrayé. 74% des jeunes musulmans de moins de 25 ans estiment que les valeurs de l'islam passent avant celles de la République. 45%...
Si on demandait la même chose aux chrétiens, vous ne pensez pas qu'ils répondraient peut-être à la même chose ? Non, je ne crois pas. Vous avez qu'à leur demander. On peut considérer que sa foi passe avant le reste, mais qu'on respecte tout de même la République. La question n'a pas été posée à notre religion. Ça ne veut pas dire ça.
Quand 45% jugent que les valeurs de l'islam sont incompatibles avec la République, je ne crois pas que ce soit la même chose chez les catholiques. Moi, je vous propose à France Info de faire un sondage sur ces questions-là. On en reparle et vous m'invitez pour le commander.
Je reviens à ce que vous dites sur les bistrots maghrébins, comme vous les appelez. Vous envoyez la police dans ces cas-là, la police municipale ?
Mais bien sûr que non, je n'envoie pas la police. Parce que c'est ça le problème. Pourquoi ? Vous n'envoyez pas la police ? Parce qu'il n'y a aucun délit, monsieur. Il n'y a aucun délit.
Vous pourriez par exemple demander à la policière municipale de s'asseoir et de commander un coca ?
Mais non, je ne fais pas dans la provocation. Ce que je constate, c'est que le problème, ce n'est pas tant le problème du terrorisme à l'heure de Charlie Hebdo, en même temps, bien sûr que ça a été un problème. C'est une façon d'être dans la ville et de se comporter qui n'est pas la même. Non, je ne supporte pas des femmes voilées dans l'espace public. Je ne supporte pas. Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas.
Après, c'est votre avis, mais c'est autorisé.
Oui, c'est autorisé. J'ai passé ma vie dans des pays, j'étais 25 ans le patron de la reportage frontière. 25 ans, j'ai passé ma vie dans des pays d'islam où les femmes se battaient, j'étais derrière elles, pour ne plus porter, pour ne plus porter...
Monsieur Ménard, la loi leur permet aujourd'hui de le porter dans l'espace public.
Oui, mais c'est une loi à la con. Tant qu'on ne fera pas ça, on n'aidera pas. Moi, ce que je veux, c'est aider dans ma ville, je veux aider tous ceux qui, musulmans, ont envie de devenir ici des Français comme les autres et de s'assimiler.
C'est la majorité.
Vous êtes d'accord pour le dire ? Oui, mais ils sont la majorité. Mais moi, je n'ai aucun problème pour le dire. Pourquoi ? Pour qui ils votent, d'après vous, dans ma ville ? D'après vous, pour qui ils votent ? Évidemment, une partie vote pour moi. C'est eux que je veux aider, parce que je veux les aider. Parce que je veux les aider. Je ne supporte pas qu'un certain nombre de bistrots, de fait, de fait, soit interdit aux femmes. Je ne supporte pas que dans les quartiers difficiles de Bézier, dont je viens, où j'étais moins enfant, un certain nombre de femmes se font traiter de salopes parce qu'elles ne portent pas le masque, parce que le grand frère ne le supporte pas.
Alors, madame, que dans ces mêmes quartiers, quand j'avais 18 ans, il n'y avait pas une fille maghrébine qui portait le masque. Une femme voilée, Robert Lénard,
pour vous, c'est du séparatisme ? Bien sûr, c'est une façon de commencer. Il y a une volonté d'attaquer la République à partir du moment où...
Non, mais attendez, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. C'est une façon de fracturer l'espace public. Cette façon, c'est empêcher les gens de s'intégrer complètement. Pardon, dans ma vie, je me suis fait agresser... Et la liberté de conscience ? Attendez, je me suis fait agresser par les journalistes, y compris de cette antenne, sur le cas où j'ai dit, non, non, pas vous, pas vous, il y a longtemps... Attendez, je n'ai rien dit. Il y a longtemps, non, mais vous me regardez déjà comme si... Non, je n'ai rien dit, allez-y, Robert Lénard. Parce que j'avais dit que dans une école où il y avait 90%, 90% d'enfants issus de l'immigration, c'était un problème. Bien sûr que c'est un problème.
Comment vous aviez ce chiffre de 90% d'enfants issus de l'immigration ? Les 9-10e ? Oui, il n'y a pas de statistique ethnique.
Mais non, bien sûr, il n'y a pas de statistique ethnique. C'est au doigt mouillé ? Mais pas du tout. Au prénom ? Pardon, comme tous les maires, comme tous les maires. Il y a des repas. Il y a des repas qui ne sont pas à l'âle, il n'y en a pas. Des repas sans viande. Mais il y a des repas sans viande, ce n'est pas les végétariens et la communauté juive.
Il y a des enfants qui peuvent être véganes sans être colligieux.
Mais enfin, arrêtez de faire l'idiote. Arrêtez de faire l'idiote. Oui, les véganes. Moi, je suis végétarien. Alors, donc, ça tombe bien. Oui, mais ça existe. Mais c'est pas ça. Dans ma ville, c'est évidemment pas ça. 90%, ce n'est pas les végétariens. Vous vous êtes tombés sur la tête. Il y en a de plus en plus. Je ne sais pas si vous êtes au courant. Mais non, attendez, c'est ça. Non, mais regardez les choses. Mais ça pose aucun... Attendez, mais je n'attaque personne. Je dis simplement quand c'est comme ça. Pour ces gosses, c'est un problème. Pour ces gosses, pas pour moi.
Parce que les mêmes gens qui, comme vous, font la même remarque que vous, les parents dans ma ville, mes opposants et tout, où ils mettent leurs enfants ? Où ils les mettent leurs enfants ? Dans ces écoles-là ou dans les écoles privées ? Dans les écoles-là ou les écoles-là ? Qui me demande des dérogations scolaires pour ne pas mettre leurs enfants dans ces écoles-là, mais dans d'autres écoles publiques où la mixité sociale est plus importante ? Non, mais vous rigolez, quoi.
On se dit qu'en fait, vous êtes d'accord sur toute l'année avec Marine Le Pen. Il n'y a pas de désaccord. Sur ces questions-là, oui, bien sûr. Alors, sur quoi parlez-le désaccord ? L'éloignement, le fait que vous ne vous parlez plus, que vous n'étiez pas à Fréjus ?
Non, je vais vous prendre deux exemples. Sur les questions économiques. Elle est trop à gauche ? Bien sûr, c'est un discours qui est intonable, mais je pense que c'est faute d'expérience de terrain, y compris, à part quelques maires, des élus et de la direction du Rassemblement national, pour dire des choses comme ça. Non, je pense que... Sur quoi, par exemple, en économie, elle est trop à gauche ? Sur le temps de travail, sur la retraite, et puis...
Vous dites qu'elle a le même programme économique que Jean-Luc Mélenchon ?
Mais elle dit à peu près la même chose. Moi, elle a expliqué que ce n'était pas vrai. Moi, j'attends qu'elle m'explique que ce ne soit pas vrai. Puis, il y a des réformes qui sont mises. Moi, je ne suis pas, je vous l'ai dit, de ceux qui critiquent systématiquement tout le monde. Je dis qu'elle a raison sur un certain nombre de questions. Je ne suis pas d'accord sur un certain nombre de questions. M. Macron, je trouve qu'il a tort, évidemment, sur un certain nombre de questions. On pourrait en parler sur les questions de sécurité et tout. Sécurité, par exemple, c'est des grandes déclarations. Il fait un beau discours, là, pour les 150 ans de la République.
Mais dans la réalité, ça ne dit pas grand-chose. En même temps, je suis capable de dire que sur la réforme, sur la SNCF, il a raison. Qu'est-ce que ça m'enlève ? Je ne supporte plus.
Vous avez cité l'économie comme point de divergence avec Marine Le Pen. Et vous avez dit qu'il y avait un deuxième point.
Mais je vous prends un exemple. Quoi qu'on en pense. Moi, je pense que la loi bioéthique, la dernière loi bioéthique, est, je pèse mes mots, une folie. Décider, décider, institutionnaliser le fait que des enfants n'auront pas de papa...
C'est l'ouverture à la PMA à toutes les femmes.
Oui. ...est une folie. Il y a assez de drame, de papa qui meurt, de séparation, tout un tas de choses qui expliquent que vous pouvez être élevé sans votre père. Mais privé, privé, volontairement, des enfants de père est une folie pour ces enfants-là. Quand je vois Marine Le Rassemblement National dire ça, mais en même temps, au moment du vote, je... Certes, c'est vrai que c'est à 3h30 du matin. Oui, mais pardon, quand tu es élu, à 3h30, tu y es. Il n'y avait aucun élu du Rassemblement National dans l'hémicycle. Je trouve que c'est une... Alors, c'est peut-être fait de la morale, peut-être de la moraline, même. Je trouve que c'est pas bien. Ce n'est pas bien. Voilà mes divergences.
Mais elles sont infiniment moins importantes qu'avec le reste de la droite. Je parle même pas de la gauche. Bon, ça, on avait peu de doutes sur les divergences avec la gauche.
Mais c'est mieux de le dire quand même. Mais vous l'avez dit quand même. 8h52, on poursuit cet entretien. Dans un instant, après le fil-info de Mélanie Delaunay.
Ça n'était plus arrivé depuis le déconfinement. Depuis un peu plus d'une heure, le début d'un conseil des ministres par visioconférence, mesure dictée par la prudence. Jean Castex est cas contact. Il a été testé négatif au Covid. Et en attendant un nouveau test samedi, il ne quitte pas Matignon. Le séminaire de rentrée du gouvernement se fait aussi par écran interposé. En Angleterre, pour freiner la propagation du coronavirus, le gouvernement durcit les règles à partir de lundi. Interdit de se réunir à plus de 6 personnes, dehors comme à la maison. Il y a des exceptions pour l'école ou le travail. Les stocks sont très faibles en ce début septembre.
Sur France Info, Hervé Menrad, le directeur de la collecte de l'établissement Français du Sang, appelle les Français à venir donner. Il y a 87 000 poches de sang en stock, presque 10 000 de moins que l'an dernier à la même époque. Une cinquantaine de médecins et d'associations de patients appellent le gouvernement à lancer enfin l'expérimentation du cannabis thérapeutique dans une tribune publiée dans le Parisien. L'Assemblée a donné son feu vert en fin d'année dernière, mais le décret n'est toujours pas publié.
France Info
Et on est toujours avec Robert Ménard,
le maire de Béziers. Marine Le Pen est candidate pour la troisième fois à l'élection présidentielle. Vous allez la soutenir, vous serez derrière elle, vous allez voter pour elle en 2022 ?
Ouf, honnêtement, je n'en sais rien. Ah oui.
C'est un bon silence.
Ah oui, attendez, j'essaie de vous répondre honnêtement. Je peux vous faire une... Je peux faire comme un politicien habituel, vous faire croire que j'ai des réponses à tout, que je sais tout. Il y a des sujets, vous me poseriez des questions, je vous dis, j'en sais rien du tout. Voilà. J'essaye de réfléchir. Aujourd'hui, oui, si elle changeait. Elle doit changer quoi ? Si elle changeait sur des choses importantes. Ce que vous avez dit tout à l'heure ? On a parlé de programmes, de programmes, de façons d'être, de façons d'avoir envie de créer des alliances. Et surtout, pourquoi j'ai hésité ? Parce qu'évidemment, je rêve, moi, d'une candidature différente.
Je rêve, pour prendre le mot d'un homme politique, de droite aussi, d'une espèce d'aventure, d'un aventurier de droite qui arriverait à s'imposer au milieu de tout ça. Ce serait qui, un aventurier de droite ? Je n'en sais rien.
Il existe déjà ? Ou c'est quelqu'un qui sortirait du...
Non, il y a des gens. Moi, je discute avec des gens dont je suis plus proche. Avec qui vous discutez aujourd'hui de droite ? Non, je ne vais pas vous dire les deux si c'est exactement ça. Parce que vous avez peur
qu'il soit considéré comme pestiféré après ?
Non, parce que d'abord, il faut se décider que c'est un grand pas en avant, parce que c'est compliqué, parce que je ne voudrais pas qu'une candidature à côté de Marine Le Pen fasse qu'on ait un face-à-face, je ne sais pas qui, entre la gauche et Macron, et que les gens les plus proches de moi soient exclus de ça. Je fais attention de ça. Mais évidemment, j'ai envie de quelqu'un, finalement, peut-être qu'il soit plus populiste. Tiens, voilà, un terme polémique, mais que je ne fends... Populiste ? Votre épouse, Emmanuel ? Comment ? Votre épouse qui est députée ? Emmanuel, elle est députée, elle est bonne députée, elle est bien abéziée, et elle n'a aucune envie de se lancer dans un truc pareil.
Vous imaginez, mais deux minutes, deux minutes, vous voyez lancer un candidat là-demain, président de la République, vous voyez ce que c'est, les sacrifices que ça représente, le bouleversement, puis le... Je ne sais pas, moi je vois plein de gens qui vous disent je vais être candidat, mais... Je ne sais pas, moi je ne suis pas un fou furieux de soutien, vous avez compris, à M. Macron, mais quand même, il a des qualités, une culture, une façon d'être, ce n'est pas tout à fait rien. Vous pourriez voter pour quelqu'un de droite ? Bien sûr, bien sûr, bien sûr. François-Xavier Bellamy, par exemple.
Voilà, lui, pour François-Xavier Bellamy, ce n'est pas simplement que j'ai de la sympathie, j'ai de l'admiration, ce n'est pas tout à fait la même chose en français, vous êtes des gens, des mots. Christian Estrosi,
c'est trop à gauche pour vous ? Christian Estrosi, qui veut rallier Emmanuel Macron, c'est trop à gauche pour vous ?
Christian Estrosi, il n'est pas de droite, il est d'autre part, il est, je pense à moi et à mon avenir. Cette droite-là, moi je la vomis, je vomis cette droite-là, honnêtement. Cette droite-là... Vous vous mettez la droite Estrosi ? Attendez, vous rigolez, il est de droite Estrosi, il est quoi ? Je veux dire, aujourd'hui, faire des déclarations comme il l'est fait. Il a été ministre de Nicolas Sarkozy,
donc... Comment ? Il a été ministre de Nicolas Sarkozy, il est membre des Républicains.
Et Pécresse, elle était de droite, peut-être aussi, vous voulez que je vous les prenne des uns et des autres ? Non mais je n'ai pas fait le... Il y a toute une partie de la droite
qui n'est plus de droite.
Mais oui, qui n'est plus de droite et qui n'a jamais été, qu'il n'a jamais été. Ou ils sont de droite quand ils sont dans l'opposition et plus quand ils sont au pouvoir. Marine Le Pen, elle est à moitié à gauche
sur le social, si je vous souviens sur la rotex. Non mais ne caricaturez pas. Elle est trop à gauche sur l'économie.
Sur l'économie, les propos qu'elle tient ne sont pas crédibles. Mais elle peut changer. Moi, je me rappelle, sur l'Europe, elle a bien changé. Vous vous rappelez ce qu'elle disait sur l'Europe ? Il fallait en sortir. Mais elle ne le dit plus. Peut-être que sur l'économie, elle peut en changer. Je ne sais pas, si on se parle, peut-être que je pourrais essayer de la convaincre.
Bon, l'appel est lancé. Les Gilets jaunes manifestent samedi prochain, Robert Ménard. Ils sont les bienvenus chez vous à Béziers, à nouveau sur les ronds-points, par exemple, dans le centre-ville ? Écoutez, moi,
je ne vais pas me plaindre des Gilets jaunes parce qu'ils n'ont pas chez moi, chez moi, dans ma ville, cassé un pot de fleurs. Jamais. Je n'ai jamais eu un problème. Donc vous les soutenez. Et ils ont raison de revenir en... Pourquoi chez moi, ça se passe comme ça ? Parce que je dirais, c'est les Gilets jaunes du début. C'est-à-dire, ils ne se sont pas retrouvés avec tous les gauchistes casseurs qui, aujourd'hui, prennent la place des Gilets jaunes. C'est ça. Les premiers Gilets jaunes, attendez-moi, je les ai soutenus, je les ai reçus en mairie, tous ensemble. Je suis allé les voir, les applaudir et tout. C'était une vraie révolte de quoi ?
Je vous disais tout à l'heure, de cette France qu'on oublie, qu'on oublie. Sans vrai, moi, je peux vous donner mille preuves de cette France qu'on oublie tout le temps. Évidemment, je n'applaudis pas ces aprutis, ces petits connards de casseurs qui détruisent d'abord l'image des Gilets jaunes et qui ne sont que des voyous.
Il y a de l'extrême gauche et de l'extrême droite aussi.
Je ne sais pas, dans les Black Blocs, j'ai un peu l'impression qu'ils sont surtout de l'extrême gauche, comme ça. Je veux bien qu'on le dise. Il y a une partie de l'extrême droite avec qui je n'ai aucune sympathie, je vous rassure tout de suite. Mais je crois que le problème, c'est juste les gauchistes. Merci beaucoup, Robert Bénard.
Bonne journée à vous.
Merci.
Robert Ménard