đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview dâOlivier Faure, premier secrĂ©taire du Parti socialiste, su...
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est effectivement meilleur que le voisin. La réalité, c'est qu'ils ont demandé du changement, des ruptures avec la politique qui était conduite pendant 7 ans par Emmanuel Macron et son équipe. Et donc, nous censurerons toute forme de continuité avec le macronisme.
Vous censurerez toute forme de continuité avec le macronisme. Bernard Cazeneuve est socialiste. Vous censureriez Bernard Cazeneuve ?
Bernard Cazeneuve l'a Ă©tĂ©. Il est aujourd'hui Ă la tĂȘte d'un mouvement qui s'appelle la Convention. Moi, je ne sais pas au nom de quoi Bernard Cazeneuve va aller parler avec le chef de l'Ătat. Nous verrons bien. Mais la rĂ©alitĂ©, c'est qu'il y a une coalition, celle du Front populaire, qui est arrivĂ©e en tĂȘte de l'Ă©lection et que la logique institutionnelle, la logique dĂ©mocratique, la logique rĂ©publicaine, comme dans toutes les dĂ©mocraties europĂ©ennes, c'est en rĂ©alitĂ© de nommer la force qui est arrivĂ©e en tĂȘte. AprĂšs, c'est Ă elle de faire la dĂ©monstration qu'elle est capable de gouverner, soit de trouver une majoritĂ© Ă©largique,
soit... Avant, vous dites toutes les dĂ©mocraties. Quand on regarde en Espagne, par exemple, le parti qui est arrivĂ© en tĂȘte n'a finalement pas gouvernĂ© parce qu'il n'a pas Ă©tĂ© capable de se crĂ©er une coalition. Le problĂšme, c'est... Il a renoncĂ©, oui.
Parce que quand vous avez un parti qui renonce en Espagne, vous avez raison de dire qu'au dĂ©part, c'Ă©tait le parti populaire, le parti de la droite espagnole, qui Ă©tait arrivĂ© en tĂȘte. Il n'a pas rĂ©ussi Ă trouver une majoritĂ©. Et donc, c'est Pedro Sanchez, le socialiste, qui est arrivĂ© derriĂšre et qui a menĂ© une coalition avec la gauche radicale et avec les rĂ©gionalistes. Et donc, il y a un exemple lĂ qui est Ă©vident, c'est que c'est non pas le roi d'Espagne qui a choisi le Premier ministre, c'est en fait le roi qui s'est pliĂ© au suffrage universel, qui a dit, c'est le PPE qui est appelĂ© en premier, s'il n'y arrive pas, ensuite c'est les autres.
On va revenir sur cette...
En Allemagne...
Vous n'avez pas fait la dĂ©monstration pour l'instant que vous Ă©tiez capable d'Ă©largir la coalition. Vous ne l'avez mĂȘme pas souhaitĂ©.
Mais qui en a fait la démonstration pour l'instant ?
Justement, personne. Personne.
Donc, c'est pour ça que ça continue peut-ĂȘtre. Mais enfin, la rĂ©alitĂ©, ce n'est pas en choisissant un Premier ministre qu'on y parviendra. On y parviendra si on obtient en rĂ©alitĂ© une nĂ©gociation. Et la rĂ©alitĂ©, ce que je conteste parfaitement, c'est qu'on nous dit, vous dites Ă l'instant, vous n'avez pas cherchĂ©. Mais nous avons bien sĂ»r cherchĂ©, puisque Lucie CastĂ© a dit qu'elle Ă©tait prĂȘte Ă rencontrer tous les chefs de groupe et de parti, y compris de la droite, macronistes ou autres. Et elle a aussi expliquĂ© que de toute façon, nous bĂątirions des compromis projet par projet parce que nous n'en avons pas d'autre solution que celle-lĂ . Il n'y a pas de majoritĂ© absolue Ă l'AssemblĂ©e.
Personne ne peut avancer sans bĂątir des compromis. Simplement, la question, c'est qu'aujourd'hui, on voit bien que la tentation du chef de l'Ătat est plutĂŽt d'installer Ă Matignon quelqu'un qui serait en rĂ©alitĂ© son obligĂ© et qui lui permettrait de continuer, peu ou prou, ce qu'il a fait pendant 7 ans.
On va revenir sur la notion de compromis parce que quand on dit qu'on va faire tout le programme du NFP, rien que le programme du NFP...
C'est une fable.
Ce n'est pas un trÚs bon début de compromis.
Mais ça, c'est 20h03, Jean-Luc Mélenchon. 20h03, Jean-Luc Mélenchon. Oui, le 7 juillet.
Avec autorité.
Peut-ĂȘtre que dans l'euphorie de ce qu'il a cru ĂȘtre une majoritĂ© absolue, il s'est un peu avancĂ©. Mais moi, ce que je lis, c'est que Mathilde Panneau...
Mais ce n'Ă©tait pas un pĂ©chĂ© originel qui vous a empĂȘchĂ© ensuite de crĂ©er justement ce dialogue ?
On est un péché originel parce que...
20h03, comme vous dites.
Mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas le leader de la coalition. Autrement, ça se saurait. C'est lui qui serait le candidat pour Matignon. Celle que nous avons choisi, c'est Lucie Casté. Donc, référez-vous non pas à Jean-Luc Mélenchon 20h03 le 7 juillet, référez-vous à ce que Lucie Casté dit depuis,
semaine aprĂšs semaine, qu'elle est prĂȘte Ă rencontrer
et qu'elle est prĂȘte Ă partir des compromis.
Je reviens quand mĂȘme sur cette personnalitĂ© de Bernard Cazeneuve parce que c'est vrai que c'est quand mĂȘme assez saisissant. Bernard Cazeneuve a Ă©tĂ© ministre de l'IntĂ©rieur. Il a Ă©tĂ© Premier ministre d'un prĂ©sident socialiste. Et aujourd'hui, vous avez l'air d'en parler comme si vous le connaissiez Ă peine ou comme s'il n'Ă©tait plus du tout de votre famille.
Mais ce n'est pas que je le connais Ă peine. Je le connais trĂšs bien. Et ce n'est pas du tout un problĂšme personnel. Je n'ai pas de problĂšme personnel avec Bernard Cazeneuve. Et ses qualitĂ©s sont grandes. Simplement, le problĂšme n'est pas lĂ . Le problĂšme, ce n'est pas de savoir si tel ou tel est un personnage, un homme d'Ătat, etc. La question, c'est pourquoi faire ? Avec quel soutien ? Et dans quelles conditions ? Avec quelles garanties ?
Aujourd'hui, quelles sont les garanties pour Bernard Cazeneuve si ce n'est d'ĂȘtre demain, en rĂ©alitĂ©, prisonnier par une majoritĂ©, une coalition qui est la coalition Ensemble, celle d'Emmanuel Macron, qui veut le porter au gouvernement alors mĂȘme qu'il n'a pas obtenu le soutien ni mĂȘme cherchĂ© le soutien du Front Populaire. Donc c'est quand mĂȘme un peu particulier.
Il ne vous a pas appelé ?
Non, il ne m'a pas appelé. Donc ces derniers jours,
vous n'avez eu aucun contact avec Bernard Cazeneuve ? Il n'a pas cherché à en parler avec vous ?
Absolument pas.
Vous auriez pour le coup apprécié de pouvoir commencer cette discussion et voir ce qu'il avait éventuellement dans l'idée de faire ? Ce n'aurait pas mal,
ce n'aurait pas illogique. Comment est-il possible que vous disiez « parce que je suis un homme de gauche, je pourrais devenir le Premier ministre, parce que c'est le Front Populaire qui est arrivĂ© en tĂȘte le 7 juillet ? » Et pour autant, vous ne cherchez pas le soutien du Front Populaire. Donc il y a quelque chose d'assez illogique, comprenez-moi. Ce n'est pas tout Ă fait Ă©vident d'avoir quelqu'un qui arrive et qui dit « parce que je le vaux bien ». Non, personne ne le vaut bien. La rĂ©alitĂ©, c'est que ce qu'il faut, c'est arriver Ă avoir une nĂ©gociation.
Vous ne vous engagez donc pas ce matin, Olivier Faure, vous ne vous engagez pas Ă ne pas censurer Bernard Cazeneuve. Vous verrez pas.
Moi, je m'engage Ă une seule chose. Si il doit ĂȘtre censurĂ©, vous le censurerez socialiste ou pas socialiste ? Moi, je m'engage Ă une seule chose, c'est respecter le vote des Français. Et ce Ă quoi j'appelle ce matin, c'est non pas Ă choisir un Premier ministre sur la base de ses qualitĂ©s personnelles ou de son curriculum vitae. Ce que j'appelle, c'est Ă une nĂ©gociation. Faire en sorte que nous puissions sortir de ce blocage, parce qu'il faut en sortir par une nĂ©gociation qui permette d'associer les groupes parlementaires, les partis politiques, toutes celles et ceux qui sont prĂȘts Ă nĂ©gocier. Et comme ça, nous saurons exactement sur une durĂ©e limitĂ©e.
Dire, par exemple, que pour l'annĂ©e qui vient, quel est le projet sur lequel nous pouvons nous accorder ? Et on part de quel projet ? On part du projet du Front populaire, parce que c'est le projet qui arrive en tĂȘte. Et sur cette base-lĂ , on nĂ©gocie. AprĂšs, bien sĂ»r qu'il y aura des compromis. Pourquoi ? Parce que nous ne pouvons pas prendre le temps.
Mais oĂč ? Quand ? Dans quel cadre ? Avec qui ?
Le cadre est Ă dĂ©finir. Je ne suis pas le chef de l'Ătat et je ne suis pas Ă moi seul.
Mais est-ce que ça veut dire, Olivier Faure, que quand Emmanuel Macron dit « J'invite tous les partis rĂ©publicains Ă venir discuter d'un projet de gouvernement », ça ne correspond pas Ă ce que vous venez de dire ? Ăa, vous dites non, on n'y retourne pas. C'est un peu incroyable.
Pour l'instant, on n'a jamais Ă©tĂ© appelĂ© Ă nĂ©gocier sur quoi que ce soit. Il faut que vous compreniez que la seule choseâŠ
Quand il vous a invité à revenir discuter, pour vous, ce n'était pas ça ?
Est-ce que vous avez dit non ? Vous voyez bien que ce n'est pas ce qui s'est passĂ©. MĂȘme Laurent Wauquet qui s'en tient dit que c'Ă©tait trĂšs dĂ©cevant. Pourquoi ? Parce qu'en rĂ©alitĂ©, on ne parle que de « Est-ce que je censurerais ? » « Est-ce que machin vous va bien ? » « Est-ce que machin vous va bien ? » Non. En fait, le problĂšme, ce n'est pas⊠Encore une fois, je reviens Ă ce que je dis depuis le dĂ©but, c'est que le problĂšme n'est pas le choix d'un homme ou d'une femme. Le problĂšme, c'est le choix d'une politique. Les Français veulent que ça change. Qu'est-ce qu'on fait pour l'Ă©cole ? Ce matin, les enfants rentrent Ă l'Ă©cole.
Est-ce qu'on a vraiment envie que nos services publics se cassent la figure les uns aprĂšs les autres ? Est-ce que pour l'hĂŽpital, on continue Ă accepter que les services d'urgence ferment tous pendant les vacances ? Parce qu'il n'y a plus de soignants. Est-ce qu'on est d'accord pour dire que la police, aujourd'hui, devrait⊠On a vu l'exemple avec les Jeux olympiques, ne devrait pas ĂȘtre une police de proximitĂ© ?
Ce qui permettrait peut-ĂȘtre aussi, les drames qu'on vient de connaĂźtre ces heures-ci, d'avoir des policiers qui connaissent leur terrain, qui ne sont pas simplement des policiers d'intervention, mais des policiers de proximitĂ©, et donc qui connaissent les loulous qui font n'importe quoi, et qui peuvent, en rĂ©alitĂ©, prĂ©venir autant que sanctionner. On va y revenir, Ă©videmment,
vous Ă©voquez Valorise, vous Ă©voquez aussi sans doute le drame de Mougin de la semaine derniĂšre, mais Olivier Faure, pardon, je reviens quand mĂȘme, parce que vous dites maintenant, non, mais l'important, c'est la politique, sauf que vous avez quand mĂȘme passĂ© un mois Ă parler du casting, et vous ĂȘtes arrĂȘtĂ© sur la personnalitĂ© de Lucie Castet. Moi, je voudrais quand mĂȘme comprendre une chose, vous avez d'un cĂŽtĂ©âŠ
On a mis 15 jours pour trouver Lucie Castet. Elle s'appelle Lucie. Oui, elle s'appelle Lucie.
Moi, c'est Apoli.
VoilĂ , c'est ça. On aurait pu vous choisir, mais on n'a pas le mĂȘme temps. Non, j'aurais dit non, mais allez-y. J'aurais dit non. Bon, alors, on a bien fait de ne pas vous choisir. TrĂšs bien. Donc, on a choisi Lucie Castet, on a mis effectivement 15 jours, mais ensuite, depuis les 15 jours, nous n'avons jamais reparlĂ© casting, nous avons uniquement parlĂ© de ce que nous voulions faire. Oui, parce que pour vous, le casting, il est fait.
Mais moi, il y a quand mĂȘme une question que je me pose. Vous avez quand mĂȘme face Ă vous un homme qui a Ă©tĂ© Premier ministre socialiste, d'un prĂ©sident socialiste, qui a une expĂ©rience au minimum, qui a Ă©tĂ© maire de Cherbourg, et vous prĂ©fĂ©rez quelqu'un qui n'a rien fait. Enfin, qui politiquement n'a rien fait. C'est-Ă -dire comme si, finalement, ce qui vous arrange, c'est le plus petit dĂ©nominateur commun. C'est-Ă -dire quelqu'un qui n'a comme pĂ©nigrĂ©e pour l'instant que le fait qu'elle est Ă©narque, technicienne, tout ce que vous avez dĂ©testĂ© pendant des annĂ©es. Donc, vous nous avez dit qu'on n'en aurait plus, que c'Ă©tait vraiment la vieille politique.
Mais ce n'est pas du tout.
Elle n'a jamais été élue, elle n'a jamais été maire, elle n'a jamais été procédé.
Mais Mme Borne, elle avait été lue quand ? Mais vous ne l'avez pas choisi et vous ne l'auriez pas choisi. Ce n'était pas vraiment
votre casting, Mme Borne.
Bien sûr, mais ce que je dis simplement...
Ou alors, c'est peut-ĂȘtre votre modĂšle. Mais moi, ça m'Ă©tonne un petit peu que votre modĂšle ce soit avec Mme Borne.
Je n'ai pas existĂ© mon modĂšle, je dis simplement que la raison pour laquelle Lucie Castellet a Ă©tĂ© choisie, c'est parce qu'elle est en fait Ă la tĂȘte d'une association qui s'appelle Nos Services Publics. C'est aussi parce qu'elle n'a pas de bilan
et donc vous ne vous engueulez pas sur son bilan ?
Ce n'est pas une question de bilan. La question, c'est une question de qu'est-ce qu'on veut faire. On est dans une situation inédite. Elle incarne la société civile organisée. Les gens qui, en dehors des partis, ont fait le choix de s'engager et de s'engager sur des causes qui sont des causes claires. Et en l'occurrence, la cause des services publics est une cause qui nous motive toutes et tous parce que nous savons que dans les prochaines années, l'effort qui est à envisager aujourd'hui, il est d'abord sur les services publics. Pourquoi ? Vous avez aujourd'hui, je reviens à la rentrée, vous avez un problÚme de recrutement des enseignants. Et on voit bien majeurs.
Et donc, vous comme moi, on aimerait que tous nos enfants aient l'assurance que toute l'année, ils auront dans chaque matiÚre un professeur en phase 2. Et donc, la question qui est posée aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on fait pour remettre de l'ambition sur nos services publics et je parle de l'école, je pourrais parler de l'hÎpital, je pourrais parler de la justice, de la police, bref, de tout ce qui fait que ce pays tient debout. Et pour qu'il tienne debout, il faut encore qu'il y ait une politique qui corresponde à cela. Et pour l'instant, ce n'est pas le cas. Et donc, voilà un exemple. Mais les exemples peuvent se multiplier. Sur les retraites, on fait quoi, Pauline de Malherbe ?
Alors, Bernard Cazenheim, lui, il dit carrément qu'il est pour la fin de cette réforme des retraites. Et il y en a d'autres qui pourtant sont dans le nouveau front populaire. Il l'a exprimé par ses proches dans la presse.
Ah, ses proches dans la presse. Non, mais moi, je ne veux pas les proches dans la presse. C'est vrai que ça aurait été mieux
qu'il vous appelle pour vous le dire, ça, j'ai bien compris.
MĂȘme qu'il vienne vous le dire Ă vous, s'il ne veut pas le dire Ă moi. Il s'exprime, c'est vrai,
ce n'est pas faute de l'avoir invité comme vous pouvez l'imaginer.
Comment voulez-vous que vous me posez une question sur est-ce que vous voulez M. Cazeneuve ou M. Bertrand ? Mais j'en sais, sur quoi ? Sur quelle base ? Sur quel projet ? Normalement, quand on est dans une dĂ©mocratie, on vient avec un projet devant des Ă©lectrices et des Ă©lecteurs. On leur dit voilĂ ce qu'on voudrait faire et ensuite les Ă©lecteurs choisissent. Mais vous-mĂȘme,
au sein du Parti Socialiste, il y a quand mĂȘme des divisions. J'entendais JĂ©rĂŽme GuĂšge, alors pour le coup, il l'a dit Ă un micro officiellement. Lui, il prĂŽne un gel de la rĂ©forme des retraites, non pas une abrogation. Ăa veut quand mĂȘme dire qu'au sein mĂȘme du Parti Socialiste, vous n'ĂȘtes pas tous d'accord.
Vous, vous ĂȘtes pourquoi ? C'est assez rare que le Parti Socialiste soit tous d'accord.
En ce moment, c'est quand mĂȘme trĂšs divisĂ©.
TrÚs divisé, non. Ce n'est pas trÚs divisé. Il y a une majorité et puis il y a des gens qui s'expriment et qui disent, qui donnent un avis et ils ont le droit de le faire.
Gestion sur les retraites. Le gel ou l'abrogation ?
Moi, je suis pour l'abrogation et ensuite une confĂ©rence sociale qui permettent de dire comment nous le financerons. Mais vous vous rendez compte que sur ce sujet-lĂ , il y a une majoritĂ© Ă l'AssemblĂ©e, il y a une majoritĂ©, une ultra majoritĂ© dans le pays et il faudrait lĂ renoncer alors mĂȘme que le Front populaire est arrivĂ© en tĂȘte et qu'il s'est prononcĂ© lui-mĂȘme pour l'abrogation. Il y a quelque chose d'inouĂŻe. Comment voulez-vous ? Est-ce que vous voulez que les Français continuent Ă voter ?
Sur les retraites, Olivier, moi, je suis pour l'abrogation. Déjà , ce sera une victoire pour vous. Est-ce que dans ces cas-là , vous vous dites, bon, on peut discuter ?
S'il obtient l'abrogation, je rĂ©flĂ©chirais, bien sĂ»r. Ce serait un Ă©norme pas en avant. Mais moi, ce que je vous dis, c'est que pour l'instant, je ne sais pas ce que dit Bernard Cazeneuve. Je ne sais pas si c'est un gel, une suspension, une abrogation. Ce que je vous dis, c'est que lĂ , il y a quand mĂȘme un sujet dĂ©mocratique. Est-ce que vous voulez que les Français reviennent aux urnes ou est-ce qu'on leur dise que dĂ©sormais, de toute façon, quoi qu'ils votent, ça ne changera rien ?
Vous avez dit, Olivier Faure, la solution, c'est de se remettre Ă discuter Ă partir du programme du Nouveau Front Populaire avec d'autres. Quand RaphaĂ«l Luxman, qui Ă©tait quand mĂȘme le candidat du Parti Socialiste aux derniĂšres Ă©lections europĂ©ennes, dit dans le journal Le Point, la gauche ne pourra gouverner que si elle accepte de nĂ©gocier des compromis, si elle renonce Ă sa radicalitĂ©, ce qui se pose, dit-il, de tourner la page Ă la fois Macron et MĂ©lenchon. Est-ce que vous ĂȘtes d'accord avec cette technique-lĂ , avec cette stratĂ©gie-lĂ ?
Mais que viens-je de vous dire depuis dix minutes ? Je vous dis que nous sommes toutes et tous d'accord pour dire qu'il faut bĂątir des compromis. C'est une obligation.
Sur quoi est-ce que vous seriez prĂȘts Ă faire un compromis ?
Mais sur tous les sujets, nous serons contraints.
Est-ce que sur le SMIC Ă 1 600 euros, vous seriez prĂȘts Ă faire un compromis, au moins un Ă©talement dans le temps, Ă y aller progressivement ?
Mais il faudra de toute façon, nous l'avons dit aussi, compenser, parce que si on fait le SMIC à 1 600 euros sans compenser pour les PME et les TPE, ce sera trÚs difficile pour nombre d'entre elles.
Mais compenser avec quels sous ?
Compenser avec les sous que nous allons prendre lĂ oĂč ils se trouvent. Et donc, vous savez trĂšs bien qu'aujourd'hui, dans notre projet, il y a la volontĂ© d'aller chercher l'argent sur les trĂšs grandes fortunes, sur les trĂšs grands patrimoines, parce que vous avez un creusement des inĂ©galitĂ©s aujourd'hui qui est incroyable. Le CAC 40, chaque annĂ©e, bat des records quand ils font 100 milliards de distribution, de dividendes ou de rachats d'actions. Vous pensez qu'on ne peut pas en prendre une petite partie pour la redistribuer sur les Français qui, aujourd'hui, tirent la langue ? Moi, je crois que si.
Donc, vous avez dit qu'on peut Ă©ventuellement discuter sur les compensations. Encore une fois, sur quel point vous ĂȘtes prĂȘt Ă faire des compromis, des ajournements ?
Mais, dans une discussion et dans une négociation, on ne vient pas en disant écoutez,
on est prĂȘt Ă lĂącher lĂ -dessus ? Je vais tout lĂącher. Non, mais je ne vous dis pas de tout lĂącher, mais enfin, je vous dis d'arriver avec au moins quelques points sur lesquels...
Moi, je viens avec un projet et j'accepte l'idée que ce projet ne sera pas intégralement appliqué. Vous pourriez discuter
avec les Républicains de Laurent Wauquiez ?
Mais on discutera avec toutes celles et ceux qui sont prĂȘts Ă discuter.
Donc, y compris... Non, mais je veux que les choses soient trĂšs claires. Vous ĂȘtes prĂȘts Ă discuter avec les macronistes, les dĂ©putĂ©s macronistes, jusqu'aux RĂ©publicains, Ă©ventuellement ?
Mais bien sĂ»r. En fait, qu'avons-nous fait mĂȘme dans la prĂ©cĂ©dente lĂ©gislature ?
Est-ce que vous pourriez leur proposer de faire un gouvernement tous ensemble ?
Quand on discutait sur la rĂ©forme des retraites, nous discutions aussi bien avec des gens qui Ă©taient chez les RĂ©publicains qu'avec des macronistes dont on espĂ©rait qu'ils pourraient ne pas tout suivre comme un seul homme. Malheureusement, ce n'est mĂȘme pas le cas puisqu'il y a eu 49-3. Mais bien sĂ»r qu'on discute avec tout le monde. Avec qui voulez-vous que nous passions des accords pour pouvoir trouver des majoritĂ©s au Parlement ? C'est lĂ oĂč il y a quelque chose qui est insensĂ©.
C'est que dans le dĂ©bat, on nous dit en permanence qu'il y a ceux qui veulent des compromis, les gens raisonnables, et puis les autres qui seraient les fous furieux du Front populaire qui ne veulent pas de compromis. Est-ce que vous ĂȘtes prĂȘt aussi Ă dire
« Ăcoutez, Lucie Castet, c'Ă©tait une option, mais ça n'est pas la seule. Nous sommes prĂȘts Ă envisager d'autres personnalitĂ©s pour diriger ce gouvernement de compromis. »
Mais encore une fois, vous replacez toujours tout sur la question de la personnalité qui dirigeera Matignon. Non, mais ce n'est pas moi.
C'est une question d'incarnation du gouvernement. Vous le savez trĂšs bien.
TrÚs bien. Enfin, commençons par discuter. Voyons qui ensuite incarne le projet qui aurait été trouvé.
En tout cas, vous ne dites pas ce matin, c'est Lucie Castet ou rien.
Mais j'essaie de trouver une solution pour ce pays. J'essaie de faire en sorte que nous puissions avancer. Et Lucie Castet, elle-mĂȘme, est prĂȘte Ă avancer. Donc, nous sommes dans une situation oĂč on n'a jamais dit c'est tout ou rien. On a toujours dit que ce sera des compromis. Simplement, respectez le suffrage des Français. Faites en sorte de ne pas pratiquer un hold-up dĂ©mocratique qui serait incompris et qui conduirait une part d'entre eux soit aprĂšs Ă se reporter sur l'extrĂȘme droite, soit Ă renoncer Ă voter. Et dans les deux cas, ça veut dire que c'est un affaiblissement considĂ©rable de la dĂ©mocratie et mĂȘme un danger pour la RĂ©publique.
Est-ce qu'il faut avancer la rentrée à l'Assemblée nationale ? Elle est prévue le 2 octobre. C'est loin ?
C'est loin.
Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent qu'on appelle à ce que la rentrée soit beaucoup plus rapide ?
Oui, comme Fabien Roussel l'a proposĂ© il y a quelques jours. Session extraordinaire. On en avait parlĂ© ensemble d'ailleurs quelques heures auparavant. Moi, je souhaite effectivement qu'on ait une session extraordinaire, ne serait-ce que parce que nous ignorons le moment oĂč il sera formĂ© un gouvernement et qu'il ne serait pas anormal d'avoir des questions d'actualitĂ©. Par exemple, de pouvoir interroger le gouvernement sur ce qu'il fait. LĂ , on a un gouvernement qui est rĂ©putĂ© dĂ©missionnaire. Et pour autant...
Pour autant, il pourrait répondre d'ailleurs à vos questions.
Il pourrait rĂ©pondre aux questions et notamment sur ce qu'il fait sur le budget, par exemple. Parce que lĂ , il y a quand mĂȘme une anomalie dĂ©mocratique aussi. On est dans une situation oĂč vous avez un gouvernement qui est censĂ© traiter les affaires courantes et pour autant qui prĂ©pare le budget de l'annĂ©e prochaine. Et vous savez trĂšs bien que le budget, c'est l'acte essentiel de savoir ce qu'on fait.
Vous appelez Ă ce que l'AssemblĂ©e nationale reprenne ses travaux, y compris, mĂȘme s'il n'y a pas de nouveau Premier ministre tout de suite. LĂ -dessus, vous ĂȘtes d'accord avec Marine Le Pen. Marine Le Pen, elle envoie ce matin une lettre au prĂ©sident de groupe pour demander une session extraordinaire. Elle ajoute aussi qu'elle voudrait deux thĂšmes Ă l'ordre du jour, les finances publiques et la sĂ©curitĂ©.
Mais ce n'est pas elle qui fixe les thÚmes. Mais en tout cas, moi, je suis favorable à l'idée d'une session extraordinaire. Mais vous pourriez
vous mettre tous d'accord en disant on demande tous Ă reprendre plus tĂŽt, Ă reprendre la semaine prochaine.
Oui, absolument. Ăa n'arrive pas de ma compĂ©tence. C'est Boris Vallaud, le prĂ©sident du groupe socialiste qui en fera la demande explicite lui-mĂȘme. Et nous allons bien sĂ»r demander aussi Ă pouvoir revenir. Il n'est pas normal que la dĂ©mocratie soit en congĂ©. Et l'endroit oĂč elle s'exprime, c'est le Parlement.
Le pĂšre de la petite fillette qui a Ă©tĂ© tuĂ© Ă Valoris, je voudrais quand mĂȘme revenir sur ces mots parce qu'ils sont trĂšs forts. Il dit merci la justice française. Merci de maniĂšre terriblement ironique. Ă partir de demain, c'Ă©tait hier, les citoyens qui n'ont pas Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s en flagrant dĂ©lit savent qu'ils peuvent rouler comme ils veulent, faire les fous sur la route, tuer. Aucun respect pour notre fille ni pour nous-mĂȘmes parce que le motard du rodĂ©o qui a tuĂ© sa petite fille a Ă©tĂ© remis en libertĂ©. Il est juste sous le coup d'un homicide involontaire. Et encore, ça n'a Ă©tĂ© que blessure involontaire puisque c'Ă©tait avant le dĂ©cĂšs officiel de la fillette.
C'est possible ça que cet homme soit en liberté ?
La preuve que c'est possible. Mais je comprends
la famille,
je comprends le pÚre. C'est absolument invivable. Vous venez de perdre votre enfant sept ans dans l'inconscience d'un jeune homme qui fait des rodéos urbains pour faire le malin et qui, évidemment, involontairement, tue cette petite fille. et donc, il faut trouver des solutions pour que cela s'interrompe. Et je reviens à ce que je disais tout à l'heure, la police de proximité, c'est un des éléments qui permet de, justement, prévenir ces situations. Et est-ce qu'il faut
saisir les vĂ©hicules ? J'avais le maire de Valence tout Ă l'heure en direct sur RMC qui a rĂ©ussi Ă faire baisser considĂ©rablement le nombre de rodĂ©os sauvages dans sa ville parce qu'il saisit, parce qu'il dĂ©truit mĂȘme les motos ou les engins qui ne sont mĂȘme pas rendus aux criminels.
Bien sĂ»r, saisir, dĂ©truire. Moi, j'avais proposĂ© il y a quelques annĂ©es, malheureusement sans succĂšs, au gouvernement Macron que la vidĂ©osurveillance puisse ĂȘtre un Ă©lĂ©ment aussi de sanction pour arriver Ă mettre devant leur responsabilitĂ© les auteurs de ces rodĂ©os et faire en sorte que, comme pour le port du casque, la vidĂ©osurveillance puisse s'appliquer puisque trĂšs souvent le problĂšme de ces rodĂ©os urbains, c'est que la police hĂ©site Ă se lancer dans des Ă©croses dans des Ă©croses poursuites parce que... De peur que l'auteur lui-mĂȘme
puisse ĂȘtre renversĂ© et qu'elles en soient portĂ©es responsables.
Alors, que l'auteur soit renversĂ© ou qu'il renverse quelqu'un d'autre comme c'est le cas en l'espĂšce. Donc, on a effectivement des situations oĂč, du coup, les contrevenants se sentent dans une forme d'impunitĂ© et roulent sans... VoilĂ . Donc, il faut effectivement ĂȘtre d'une sĂ©vĂ©ritĂ© absolue. Ces rodĂ©os urbains, c'est quand mĂȘme une plaie pour l'Ă©lu de Savigny-le-Temple que je suis et de SĂ©nard en gĂ©nĂ©ral. Je peux vous dire qu'on subit ces rodĂ©os et que c'est insupportable et que les populations n'en peuvent plus. Heureusement, la police municipale, quand elle est lĂ , eh bien, elle permet d'y remĂ©dier.
Mais une police de proximité, ce serait aussi une façon parce qu'on sait trÚs bien qui sont les auteurs. On les identifie, on les connaßt, on reconnaßt les gens. On les connaßt dans ce genre
de ville moyenne, mais c'est vrai que c'est difficile dans d'autres. Mais merci, Olivier Faure, en tout cas, d'avoir répondu à mes questions ce matin. Premier secrétaire du Parti Socialiste, Bernard Cazeneuve est à l'Elysée. On la prend à l'intérieur.
Olivier Faure