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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 septembre 2025 26 min

Budget 2026: Xavier Bertrand n'appellera pas les députés Les Républicains à voter la confiance "si le plan de François Bayrou reste en l'état"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Merci d'accorder votre première interview à France Info en cette rentrée pleine de bouleversements, nouvelle crise politique, chute annoncée du Premier ministre, budget introuvable. Écoutez justement d'abord François Bayrou, il y croit encore ou il fait semblant d'y croire, c'était hier.

0:22
Invité

Le trou de fourmi, je suis absolument persuadé que ça peut bouger. Comment ? Si les Français dans la semaine qui vient disent mais tout ça est dingue.

0:32
Présentateur

Xavier Bertrand, vous ne vous êtes toujours pas exprimé depuis que le Premier ministre a tenté ce coup de poker. Appelez-vous les députés à voter la confiance à François Bayrou le 8 septembre.

0:42
Xavier Bertrand

En ce qui me concerne, si le plan de François Bayrou reste en l'état, moi je ne voterai pas la confiance.

0:48
Présentateur

Vous ne voteriez pas la confiance ?

0:51
Xavier Bertrand

Une chose s'impose, la réduction des déficits, la réduction de la dette. Je l'avais dit dès le mois de juillet quand le Premier ministre s'est exprimé. Je pense pour ma part qu'il faut également faire un effort de 40 à 44 milliards d'euros. 44 milliards d'euros pour être très précis l'an prochain.

1:07
Présentateur

Donc vous êtes d'accord sur l'objectif avec François Bayrou ?

1:09
Xavier Bertrand

Bien sûr, c'est un objectif de toute façon. Quand j'étais ministre, j'ai eu aussi à mener des réformes qui ont permis de réduire les déficits. Les retraites, l'assurance maladie. A la tête de ma région, je sais pertinemment que je dois baisser le niveau d'endettement de ma région. Et l'an dernier, j'ai décidé justement de faire un plan d'économie de 127 millions d'euros. Ce qui, pour la région des Hauts-de-France, représente pour l'État 43,8 milliards d'euros.

1:33
Présentateur

Xavier Bertrand, on va rentrer dans le détail du budget. Vous êtes le premier responsable de LR de premier plan à dire qu'il ne votera pas la confiance à François Bayrou. Alors que les LR participent au gouvernement. Si ce plan ne change pas. Comment c'est possible ? Il n'y a pas une contradiction ?

1:47
Xavier Bertrand

Parce que je veux que ce plan change. Ce plan n'est pas équilibré. Ce plan est injuste. Je l'avais dit dès la mi-juillet, or le Premier ministre n'a rien bougé, n'a rien changé. En ce qui me concerne, je vais vous dire, il est hors de question de voter comme les amis de M. Mélenchon et de M. Bompard. Pas question de voter comme Mme Le Pen et comme M. Bardella. Mais une chose est certaine, dire, vous continuez comme ça et vous appliquez ce plan, c'est tout simplement avoir une attitude irresponsable.

Et en plus, ce qu'on a entendu encore hier, c'est, moi de toute façon, les Français ne comprennent rien, les Français ne travaillent pas assez, les Français ne donnent pas assez, les Français ne comprennent pas l'intérêt de la situation. Et en plus, ils sont partis en vacances, les Français. C'est ça, la position de François Bayrou. C'est irresponsable.

2:31
Présentateur

C'est François Bayrou, l'irresponsable, ce ne sont pas les oppositions.

2:33
Xavier Bertrand

Et puis en plus, de dire un jour que ce sont les oppositions qui sont parties en vacances, que d'autre part les boomers sont responsables de tout cela, écoutez, au bout d'un moment, ça va bien.

2:43
Invité

On va y revenir sur les boomers, mais la vie politique nous réserve tellement de surprises qu'il faut quand même rester assez prudent. Est-ce que vous pensez qu'il existe encore une infime possibilité que François Bayrou arrive à se maintenir à Matignon ?

2:54
Xavier Bertrand

S'il écoute la voix des Français. Qu'est-ce qu'ils disent ? Qu'est-ce qu'ils m'ont dit pendant cet été où j'ai fait différentes réunions, j'ai rencontré beaucoup de monde dans les Hauts-de-France aussi et ailleurs ? Ils nous disent une chose. Ils m'ont dit, M. Bertrand, vous attaquez aux abus, vous attaquez aux fraudes, vous changez la façon dont fonctionne l'État, vous attaquez au train de vie de l'État. Et si ça ne suffit pas, vous reviendrez nous voir. Mais vous faites les efforts en premier. Et là, aujourd'hui, ce n'est pas l'État qui fait les efforts. On demande des efforts à tous les Français. Et à qui en particulier ? Toujours les mêmes. Les classes moyennes.

Ceux qui bossent ou ceux qui ont bossé. Je reviens à ma question.

3:31
Invité

Excusez-moi, est-ce que vous pensez que dans une semaine, François Bayrou peut, oui ou non, se maintenir ? Lui a repris hier l'expression d'une journaliste en parlant d'un trou de fourmis.

3:38
Xavier Bertrand

Mais oui, mais qu'il écoute et qu'il change son plan. Je vous le dis, la responsabilité, c'est de dire, oui, nous avons besoin d'un plan de 44 milliards d'euros.

3:47
Présentateur

Mais d'ailleurs, Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez, pardon, mais eux, ils ont dit qu'ils voteraient la confiance à François Bayrou. C'est leur droit, c'est leur choix. Et Laurent Wauquiez appelle à consulter les adhérents LR sur la position des députés de votre groupe. Est-ce que vous rejoignez Laurent Wauquiez sur ce point ?

4:02
Xavier Bertrand

Bon, une chose est certaine, c'est plus une pierre dans le jardin de Bruno Retailleau qu'autre chose. Mais Bruno Retailleau qui a dit d'ailleurs que techniquement, l'outil qui permettrait aux militants LR de voter n'était pas prêt. On ne pouvait pas le faire techniquement. La façon dont l'outil technique, la vérité, c'est que je crois qu'on doit voter à la fin de la semaine sur les statuts. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas poser deux questions au lieu d'une question. Mais la question de la démocratie, est-ce que demander l'avis des gens, ça compte ? Oui. Et d'ailleurs, François Bayrou aurait dû écouter l'avis des Français.

Les Français vous disent, encore une fois, ce n'est pas des irresponsables. On voit bien la situation. On sait bien qu'un jour ou l'autre, tout ça finira mal si on ne réagit pas, si on ne redresse pas la barre, si on ne change pas de trajectoire. Mais ce qu'ils vous disent, il y en a marre que ça tombe toujours sur les mêmes. Et donc, vous prenez notamment la question des jours fériés.

4:44
Invité

François Bayrou a annoncé hier qu'il était prêt à renoncer à un jour férié. Vous n'en supprimez deux. Là, il ne pourrait n'en supprimer qu'un. Donc, on volerait un jour au lieu de deux aux Français.

4:52
Xavier Bertrand

Parce que c'est ça. C'est du vol pour vous. La mesure des jours fériés, c'est des jours volés aux Français. Il ne faut pas oublier une chose. Il y a beaucoup de Français qui n'ont pas de journée de RTT. Il y a beaucoup de Français qui en plus n'ont pas, en famille, ensemble, deux jours le week-end. Il y a parfois un des conjoints qui bosse le samedi et qui a son lundi et l'autre qui travaille bien évidemment le lundi. Donc, il n'y a que le dimanche ensemble. Et les jours fériés sont aussi des moments de famille, des moments de convivialité. Et les Français, aujourd'hui, on dit qu'ils ne travaillent pas assez.

Alors, dans ces cas-là qu'on ait le courage de mettre sur la table, la durée légale du travail, la durée annuelle. Mais attention, si les Français travaillent plus, ils sont payés plus. Là, aujourd'hui, on leur dit, vous ne travaillez pas assez, en oubliant que le sujet de fond de notre pays, c'est qu'il n'y a pas assez de personnes qui travaillent.

5:38
Présentateur

C'était le péché originel de proposer cette suppression des deux jours fériés ? Ou ce n'est pas le seul problème, selon vous ?

5:44
Xavier Bertrand

Non, ce n'est pas le seul, mais c'est celui dont on a beaucoup parlé. On m'a beaucoup parlé, justement, pendant toutes ces semaines d'été. Il y a aussi la question des franchises médicales. Les Français disent, on nous demande un effort quasiment sans précédent. Mais au fait, qu'est-ce qui ira mieux ensuite ? François Bayrou, comme beaucoup de responsables politiques, ont en mémoire la phrase de Churchill, sueur, sang et larmes. Mais ils oublient une chose, c'est que Churchill disait, et il y a la victoire au bout. Là, il n'y a aucun gain nulle part. Et moi, ce qui m'a aussi profondément choqué, c'est la mise en cause des boomers.

Des retraités, qui sont accusés, mais il n'y a pas de François Bayrou.

6:20
Invité

Justement, vous êtes vous-même sociologiquement ce qu'on appelle un boomer. Je rappelle pour les plus jeunes qui nous écoutent, ceux qui sont venus les 20 années après la seconde guerre mondiale. Pensez-vous, comme le Premier ministre, que le déficit abyssal de la France, je le rappelle, 3 345,4 milliards, ne se résorbe pas pour assurer, dit-il, le confort des boomers ? Mais qui se moque-t-il ?

6:39
Xavier Bertrand

Vous savez, opposer les Français les uns aux autres, c'est le registre des extrêmes. LFI a toujours un bouc émissaire. Les riches. Le Rassemblement National, les dirigeants du Rassemblement National, toujours un bouc émissaire. Les immigrés. Mais François Bayrou adopte leur méthode ? Écoutez, un Premier ministre, il est là pour assurer la cohésion sociale. Il est là pour rassembler. Il n'est pas là pour fracturer la société. Il y a assez avec les deux extrêmes, LFI et le RN. On n'a pas besoin aujourd'hui d'avoir un Premier ministre qui cherche à fracturer. Maintenant, allons jusqu'au bout. Les fameux boomers dont on parle.

Vous savez que les boomers aujourd'hui sont ceux qui assurent une grande partie de la solidarité entre les familles. Ils sont souvent en jeu à les retraités. Oui, mais il y a en moyenne, pour l'ensemble des retraités, un peu plus de 2000 euros par an qui sont transmis, donnés aux enfants. Et puis, il y a aussi autre chose. Les fameux boomers dont on parle. Ils ont connu quoi comme année ? Ils ont connu des années où c'était le chômage de masse, où c'était la crise. Les conditions de travail n'étaient pas les mêmes que aujourd'hui.

7:40
Invité

Ils ont aussi bénéficié des 30 Glorieuses.

7:42
Xavier Bertrand

C'est la génération qui en a bénéficié. Une partie a bénéficié des 30 Glorieuses, mais sur 30 Glorieuses, ça ne vous fait pas une vie, ça ne vous fait pas une carrière.

7:48
Présentateur

Je voudrais juste finir. On a besoin d'un abattement de 10% pour frais professionnels ?

7:51
Xavier Bertrand

C'est important d'aller jusqu'au bout des choses. Ce n'étaient pas les mêmes conditions de vie, ce n'étaient pas les mêmes conditions de travail, ce n'étaient pas les mêmes conditions de logement. Et aujourd'hui, on dit, c'est vous qui êtes responsable de tout cela. Et en plus, ils n'ont pas fait une carrière aux 35 heures. Il faut bien voir aussi que la vitalité du tissu associatif dans notre pays repose en partie sur eux. Et contrairement à ce qu'on pense, ils sont prêts à faire des efforts. Mais à une condition, c'est que ça profite à leurs enfants et à leurs petits-enfants.

8:15
Présentateur

Ils ont besoin de cet abattement pour frais professionnels, Xavier Bertrand ?

8:18
Xavier Bertrand

Mais la retraite, elle est plus basse que le salaire. Il faut aussi le rappeler quand même. Quand vous êtes en retraite, vous n'avez pas 100% de votre salaire. Alors peut-être que le terme surprend, mais c'est tout simplement pour correspondre à la baisse de niveau de vie qui est la leur.

8:32
Invité

Donc pour reprendre le fil de votre pensée, quels efforts très concrètement pour ceux qui nous écoutent ce matin ?

8:36
Xavier Bertrand

Déjà, pour aller jusqu'au bout de ma pensée, ce que je voudrais vous dire, c'est que les retraités, les boomers, sont prêts à faire des efforts à une condition. Que ça profite aux enfants et aux petits-enfants. Je me retrouve totalement, j'en ai parlé avec lui la semaine dernière, avec Jean-Louis Borloo. On a besoin aujourd'hui d'avoir un pacte générationnel. Un lien entre les générations. Et de faire en sorte que nos jeunes puissent retrouver de l'espoir.

8:59
Présentateur

Mais comment vous trouvez 44 milliards, Xavier Bertrand ? Pardon, parce que vous dites qu'il ne faut pas toucher à ça. Donc je ne peux pas finir sur les boomers. Il ne faut pas toucher aux jours fériés. Non, mais expliquez-nous concrètement quels efforts.

9:06
Xavier Bertrand

Justement, je vais vous dire. Mais ce que je voudrais vous dire, c'est qu'il ne faut pas penser que les gens sont égoïstes. Les gens sont lucides. Et ils savent pertinemment, ce qui me concerne, je sais que l'important c'est, ce que je fais, ce que je continue à faire, c'est pour mes enfants, mais aussi pour l'ensemble des enfants qu'on doit se mobiliser. Et ce pacte générationnel, il est possible.

Et d'une certaine façon, dès maintenant, je ne vois pas pourquoi, quel que soit le gouvernement, on ne demande pas aujourd'hui aux forces, aux forces associatives, aux forces paritaires, le monde de l'entreprise, le patronat, les syndicats, de se mobiliser pour ce pacte générationnel sans attendre.

9:43
Présentateur

Dites-nous concrètement, Xavier Bertrand, il nous reste deux minutes. Vous, au pouvoir, qu'est-ce que vous faites pour trouver 44 milliards ?

9:47
Xavier Bertrand

L'État doit maigrir. L'État doit réduire son périmètre d'action, d'intervention. Et vous faites comment ? Tout simplement, je ne vais vous prendre qu'un exemple. Le nombre de fonctionnaires, l'an prochain, il y aurait 3000 fonctionnaires d'État de moins, d'après ce qu'a dit M. Bayrou dans son plan. Ce n'est pas sérieux. L'an prochain, vous aurez 45 000 départs à la retraite dans la seule fonction publique d'État. 45 000. L'effort de 3000 est absolument ridicule. Les fonctionnaires ne sont responsables en rien de la situation. On les a recrutés et ils ont une mission. Mais demain, les départs à la retraite ne peuvent plus être remplacés comme aujourd'hui.

C'est l'un des points sur lesquels, en ce qui concerne, j'ai réduit mes dépenses à la tête de la région des Hauts-de-France.

10:30
Présentateur

Vous faites comme Nicolas Sarkozy, vous ne voulez plus supprimer un départ à la retraite sur deux ?

10:33
Xavier Bertrand

Oui, mais vous devez le faire aussi avec du bon sens et aussi en faisant du sur-mesure.

10:38
Présentateur

Oui, parce que vous avez vu les conséquences que ça a provoqué, plus de 10 000 postes supprimés dans la police et dans la gendarmerie ?

10:43
Xavier Bertrand

Vous parlez de quelles conséquences ?

10:45
Présentateur

Des conséquences de la suppression de...

10:47
Xavier Bertrand

Oui, la vérité, c'est que tout ne repose pas sur les effectifs. C'est aussi parce qu'à l'époque, François Hollande a supprimé les peines planchers pour les récidivistes. Vous savez, la sécurité, ça repose aussi beaucoup sur l'efficacité de la justice. Pour être précis, excusez-moi de vous interrompre, combien de suppressions ? Réconisez-vous. Il a dit quoi, François Bayrou ? Qu'il ne remplacerait qu'une personne à la retraite sur trois. En test. Donc vous n'êtes plus à 3 000, vous êtes à beaucoup plus que cela. Mais encore une fois, vous le dites, sur la justice, sur la police, là vous avez besoin d'avoir des effectifs qui sont remplacés, notamment sur le terrain.

Mais pour le reste, vous ne croyez pas que vous pouvez agir différemment ? Donc 1 sur 2, c'est ça que vous nous dites ? Comme dans votre région ? Bon, vous me laissez deux minutes ? Pas plus, parce qu'on veut savoir combien. Combien ? Combien ? Donnez-moi l'ensemble des éléments, ministère par ministère, chiffre par chiffre, quels sont les postes occupés, et je vous dirai comme je le fais chez moi. Pourquoi ? Parce que vous prenez notamment, je vous donne encore une fois l'exemple chez moi.

Vous avez dans les services, avec notamment l'impact de l'intelligence artificielle sur le traitement des dossiers, vous avez des agents qui partent en la retraite, n'ont plus besoin d'être remplacés, et d'autres qui vont occuper d'autres missions. Dans un lycée, quand j'ai trois personnes qui préparent la restauration pour mille élèves, est-ce que je dois remplacer tous ceux qui partent à la retraite ? Évidemment, du sur-mesure, ça a du sens. À l'hôpital, vous touchez aux cheveux d'aucun soignant, aucun. Mais on ne sait pas combien de postes supprimées, et on ne sait pas combien ça rapporte Xavier Bertrand. On sait oui. C'est ça, aujourd'hui, qui est important.

Vous faites de la politique avec de l'humain, en vous mettant à la place des gens, pas avec une règle à calcul, mais même en vous mettant à la place des gens et en faisant de l'humain, vous pouvez réduire les effectifs de la fonction publique d'État, pour commencer, de façon beaucoup plus importante.

12:27
Présentateur

Donc on ne sait pas combien de postes, ni combien, cela rapporterait Xavier Bertrand.

12:30
Xavier Bertrand

Vous me donnez un ensemble des chiffres, vous me réinvitez, je vous dirai précisément. Je fais tout un travail avec Nous France, qui est mon mouvement, mais très clairement derrière, pour le reste, je vous donne moi une piste très concrète.

12:40
Présentateur

Dans un instant, quel Premier ministre pour remplacer François Bayrou ? Et si c'était vous, Xavier Bertrand, notre invité ce matin, qui avez failli entrer à Matignon ? Mais d'abord, il est 8h46, et c'est l'info en une minute avec Maureen Suignard. Deux violents orages en cours dans le sud-est de la France, et cela va durer une bonne partie de la journée. Sept départements restent placés en vigilance orange de l'Iséro-Var. Météo France alerte sur les trompes d'eau qui risquent de tomber. Les Bouches-du-Rhône et le Var ont reporté la rentrée scolaire. Décision des préfectures pour garantir la sécurité des élèves et des parents.

En l'état, je ne voterai pas la confiance, annonce sur France Info Xavier Bertrand. Ce plan doit changer, il n'est pas équilibré, dit le LR sur France Info. Le plan d'économie du Premier ministre qui vise 44 milliards d'euros d'efforts. François Bayrou risque d'être poussé à la démission après un vote de confiance à l'Assemblée nationale lundi prochain. 500 morts et 1500 blessés en Afghanistan, les médias publics afghans évoquent ce bilan humain très lourd. Un saïsme a frappé l'est du pays la nuit dernière. Prendre le bus, le tram, le métro gratuitement dans la métropole ex-Marseille. C'est possible à partir de ce matin pour les moins de 11 ans.

Et les plus de 65 ans qui habitent dans la zone à Rouen, la mesure s'applique pour les moins de 18 ans. Toujours avec Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, la question dans tous les esprits, c'est qui pour remplacer François Bayrou, Paul ?

14:08
Invité

Il y a un an, Xavier Bertrand, vous avez failli être Premier ministre. On se souvient qu'Emmanuel Macron a testé votre nom auprès d'une certaine Marine Le Pen qui a posé son veto. La situation n'a pas changé, Marine Le Pen a toujours autant de députés. Avez-vous vous-même renoncé à être à Matignon ou préparez-vous, vous préparez-vous au cas où ?

14:25
Xavier Bertrand

Vous avez tout dit.

14:26
Invité

Merci. Alors, quelle est votre réponse ?

14:28
Xavier Bertrand

C'est Marine Le Pen qui donne ou pas son feu vert pour être à Matignon. La réponse est non. La réponse est non. Vous avez renoncé, vous ne préparez pas. Tant que c'est les deux extrêmes, les filles pour la gauche, le RN pour une partie de la droite qui feront la pluie et le beau temps, tant qu'on tiendra compte d'eux, tant qu'on aura peur d'aller combattre sur le terrain des résultats et autres, ceux qui continueront à en faire la pluie et le beau temps.

14:51
Présentateur

Emmanuel Macron a peur de Marine Le Pen, vous avez battu en pensant que c'est pour ça qu'il ne vous a pas choisi à l'époque et que vous ne choisirez pas aujourd'hui ?

14:55
Xavier Bertrand

Je pense que c'était clair. Je pense que ça a été clair. Le choix des deux premiers ministres s'est fait parce qu'il n'y avait pas le veto de Marine Le Pen. Alors moi, je continuerai à combattre et les dirigeants de LFI et les dirigeants du RN parce que c'est avec des résultats. Et quand les Français vont mieux, que la France va mieux, que les extrêmes vont, eux, moins bien, c'est comme ça que je fais chez moi et c'est comme ça que je continuerai à le faire au niveau national. Si ce n'est pas vous, quel est le portrait robot de votre premier ministre idéal ? Mais attendez, je viens de vous répondre clairement. C'est non tant que le seul Rassemblement National qui choisit. Voilà, point barre.

Maintenant, une chose est certaine. Je viens chez vous aujourd'hui vous faire d'autres propositions pour ce plan de redressement de nos finances publiques. Et je le rappelle, dire que vous appellez à ne pas voter la confiance qui est une annonce ce matin. Oui, mais que M. Bayrou écoute, qu'il écoute les Français, qu'il écoute éventuellement le message que je passe. Changez votre plan. Gardez, qu'on soit très clair, qu'on soit très clair. Gardez cet objectif de 44 milliards d'euros. Gardez-le. Gardons-le parce que ce n'est pas une option. Mais différemment, on vous écoute. Évidemment.

15:57
Présentateur

On vous entend, Xavier Bertrand, mais à court terme, il faudra peut-être choisir un Premier ministre. Trois noms circulent avec insistance. Sébastien Lecornu, Catherine Vautrin, Gérald Darmanin, trois excellaires. Est-ce que l'un d'eux est le candidat Idoine ?

16:10
Xavier Bertrand

Mais posez la question à Emmanuel Macron. Je ne suis pas... Vous lui avez parlé d'ailleurs récemment ? Je ne suis pas... Non. Ok. C'était quand la dernière fois ? Je ne suis pas. Ça remonte à très loin. Je ne suis lors d'un de ses déplacements dans les Hauts-Trances. Dans votre région. C'est la prérogative du Président de la République. Mais ça montre aussi une chose. C'est que si M. Bayrou tombe, déjà, l'objectif de réduction de la dette et des déficits s'imposera toujours autant. Toujours autant et au même niveau. Deuxièmement, je ne fais pas partie de ceux qui disent attention, attention, vous n'avez pas le choix parce qu'autrement ce sera le chaos. Soyons sérieux.

La France est un grand pays. Il y a des menaces, c'est vrai.

16:46
Présentateur

Vous trouvez François Bayrou est alarmiste. Il a parlé de dangers extrêmes hier.

16:49
Xavier Bertrand

Mais il n'est pas le seul. Tout le monde dit de toute façon vous n'avez pas le choix. Les Français en ont marre qu'on leur dise vous n'avez pas le choix. Vous payez, vous la fermez. Ça, c'est terminé. Et c'est ça qui peut nous conduire à une véritable explosion et une explosion sociale. Il faut écouter. Et aujourd'hui, très clairement, la France est un grand pays qui a des institutions solides. Merci au général de Gaulle. Il y a une partie de la classe politique qui n'est pas irresponsable, qui continue à penser plus à son pays qu'à son avenir perso, plus à son pays qu'à son nombril. Et encore une fois, on a différentes possibilités. Le président de la République, si M.

Bayrou, qui a choisi la date du 8 septembre pour tomber, puis on voit bien qu'il n'a pas fait les efforts nécessaires, ni pendant l'été,

17:27
Invité

ni encore hier soir... Vous êtes sûr qu'il a choisi ? Vous ne pensez pas qu'il pensait que le Rassemblement National et les socialistes n'allaient pas lâcher aussi vite, aussi fort ? Vous pensez qu'il s'est fait acquérir ? Le péché de naïveté, c'est grave en politique.

17:37
Xavier Bertrand

Surtout quand vous avez affaire aux extrêmes. Si vous attendez quoi que ce soit d'autre que la recherche du chaos de la part de LFI ou des dirigeants du RN, c'est que vous n'avez rien compris. Vous pouvez avoir plein de défauts en politique, mais la naïveté, ce n'est pas un défaut, c'est une faute. Vous ne devez rien attendre d'eux parce que ce n'est pas le même enjeu. Eux ont besoin de diviser. Eux ont besoin que ça aille mal. Eux ont besoin justement de provoquer les difficultés et d'en avoir d'autres. Nous, comme beaucoup d'autres, on cherche à ce que ça aille mieux pour la France et les Français, même si c'est compliqué. Et c'est ça aujourd'hui qu'il faut comprendre.

C'est une différence de nature par rapport à l'approche de la politique.

18:13
Présentateur

Et est-ce que la solution, ce ne serait pas un Premier ministre de gauche, Xavier Bertrand, Olivier Faure, appelle Emmanuel Macron à aller dans ce sens ?

18:19
Xavier Bertrand

Écoutez, encore une fois, c'est le Président de la République qui choisira. Et ce qui montre d'ailleurs qu'il y a, si M. Bayrou tombe, d'autres options derrière. Mais il y a plusieurs choses aussi sur lesquelles j'aurais m'arrêter. On nous dit qu'il faut éviter le chaos. Évidemment. Évidemment. Mais il y a aussi autre chose. Il faut éviter l'immobilisme. Notre pays ne peut pas se permettre de rester immobile dans les mois qui viennent d'ici 2027. Moi, je ne fais pas partie de ces responsables politiques qui vous disent « Ah, j'ai des super bonnes idées. Mais moi, vous savez, je les mettrai dans la campagne présidentielle en 2027. » Je suis désolé si on a des idées

18:53
Présentateur

pour la France.

18:54
Xavier Bertrand

Oui, par exemple. Il me paraît qu'il a des très bonnes idées, mais ce sera pour plus tard. Moi, je suis désolé. Je pense aujourd'hui qu'on peut aller très vite sur plus de démocratie sociale, plus de démocratie locale, avec des vrais changements en profondeur. Les Français nous disent « Faites des efforts. » j'ai une mesure pour permettre de montrer que la classe politique départementale et régionale fait des efforts. La mise en place du conseiller territorial, tout de suite, c'est 2000 élus départementaux et régionaux de moins et notre pays fonctionnera mieux. On n'a pas besoin d'attendre. C'est la fusion, c'est combien d'élus en moins ? 2000. 2000 sur 6000. 2000 sur 6000.

Ce qui veut dire que la classe politique régionale disparaîtrait presque, d'une certaine façon. Je suis président de conseil régional, je l'assume. Parce que je pense que, d'une part, quand on rapprochera département et région, ça fonctionnera mieux et on fera aussi des économies importantes. Pourquoi on attendrait 2027 ?

19:48
Invité

Je reviens sur un mot extrêmement important qui va peut-être nous concerner jusqu'en 2027. On ne le sait pas, c'est le mot « chaos » que vous avez utilisé deux fois et qu'a utilisé le Premier ministre hier soir. C'est terriblement dangereux la période dans laquelle on va entrer. C'est le peuple français qui est en danger. Parce que, si on entre dans une période de désordre, de chaos, que certains cherchent,

20:09
Xavier Bertrand

c'est Bayrou le chaos, Xavier Bertrand ? Mais non, je viens de vous le dire. On est un grand pays. On n'a pas des institutions en carton-pattes. Le président de la République a des solutions. Alors, j'entends, certains disent, oui, mais alors, le chaos, c'est la dissolution, tout ça. Soyons sérieux. Il y a différents choix. Et puis aussi, ce que je pense que chouette, c'est qu'il y a aussi des responsables politiques qui, au bout d'un moment, se mettent autour d'une table, en dehors des extrêmes, essayent de trouver des solutions.

20:34
Présentateur

Jusqu'à la gauche, avec le Parti Socialiste, vous plaidez comme certains pour une espèce de coalition de Bruno Retailleau à Olivier Faure ?

20:41
Xavier Bertrand

On va déjà entendre le message des Français. Je vais vous répondre, ne vous inquiétez pas. Les Français veulent vivre en sécurité. Ils veulent vivre de leur travail. Et parce qu'on est en France, ils veulent aussi qu'on garde des liens très forts entre nous. C'est la santé, c'est l'école, le logement, la culture, tout cela. Et donc, autour de cela, est-ce que vous pouvez avoir un projet et avancer ensemble ? Évidemment. Donc, il faudrait que le Parti Socialiste nous dise très clairement est-ce qu'en matière de sécurité et de maîtrise migratoire, est-ce qu'ils sont prêts ? Est-ce qu'on a une politique ferme en la matière ? Leurs électeurs sont d'accord.

Et est-ce qu'on en arrête aussi avec cette logique dès qu'il y a un problème d'augmente les impôts ? La surenchère fiscale dans notre pays n'est plus possible. Vous savez, pour qu'une démocratie tienne, il faut deux choses. Le consentement à l'impôt et le respect de la loi. Aujourd'hui, beaucoup de Français estiment qu'ils sont les seuls à respecter la loi, plus tout le monde. Ça ne peut pas durer. Et beaucoup ont le sentiment qu'on leur demande

21:33
Présentateur

plus d'impôts. Plus d'impôts.

21:35
Xavier Bertrand

Et ils veulent effectivement payer moins d'impôts et en tout cas qu'avec ce qu'ils versent, on ait santé, une école politique du logement qui se tienne.

21:44
Présentateur

Ce mouvement du 10 septembre bloquons tout. Est-ce qu'il vous inquiète ? Est-ce que vous le soutenez comme d'autres dans la classe politique, notamment la gauche ?

21:52
Xavier Bertrand

Je suis un responsable politique. C'est à ce titre que vous m'invitez. Je ne suis pas là pour bloquer le pays. Mais en revanche, que je sais, parce qu'il y a beaucoup de gens qui en ont marge, j'avais dit avant la crise des Gilets jaunes que je sentais qu'il y avait un vent mauvais qui soufflait. Vous le sentez, le vent mauvais ? Oui, parce qu'il y a cette exaspération. Après, derrière, quand on a la main de M. Mélenchon dans ce mouvement, on voit bien que lui, c'est pour déstabiliser. Est-ce que vous pensez

22:12
Invité

que ce qui va se passer lundi, la chute probable de François Bayrou, va encourager le mouvement 48 heures plus tard ou au contraire, l'étouffer ? Comment vous sentez le pays ? On n'est pas là

22:20
Xavier Bertrand

pour faire des prophéties autoréalisatrices. On est là pour se battre, pour trouver les solutions, pour que le pays aille mieux sans attendre 2027.

22:30
Présentateur

Et justement, comment sortir de l'impasse avant 2027 à court terme ? Est-ce que la dissolution, vous l'avez évoquée, est-ce qu'elle est inéluctable comme dit Edouard Philippe ?

22:38
Xavier Bertrand

Absolument pas. Edouard Philippe, il souhaite la dissolution parce qu'il pense que dans la minute qui suivra la dissolution, se posera la question de la démission du président de la République. Et lui, il préférerait qu'il y ait une élection présidentielle plus tôt parce qu'il y a encore un peu de vent dans les sondages et il se dit qu'on avance, fonde comme une glace en plein soleil.

22:54
Présentateur

Il veut pousser le président dehors, vous pensez que c'est pour ça qu'il prend la...

22:58
Xavier Bertrand

Quand vous êtes en tête dans les sondages comme il l'est aujourd'hui, il vaudrait surtout que ça dure. Donc si ça n'attend pas 2027, ça l'arrange. Elle est là la vérité. Vous pensez que François Berrou est le dernier fusible d'Emmanuel Macron ? Pas du tout. Je viens de vous dire non tout à l'heure à différentes reprises. Il y a des solutions dans ce pays. Bon sang, on n'est pas n'importe quel pays quand même. On est un grand pays qui a des institutions solides et il y a une partie de la classe politique. Tiens, je viens de vous parler de Jean-Louis Borloo à l'instant. J'étais ce week-end chez Jean-Michel Blanquer qui avec le laboratoire de la République a réuni des personnalités différentes.

On est quand même quelques-uns à jouer la carte de l'intérêt général et les Français le savent. Donc Emmanuel Macron peut tenir pour vous. Il n'y a pas qu'une seule possibilité. Il y a clairement aujourd'hui des gens qui sont conscients qu'on doit avant tout se battre pour notre pays et ça veut dire aussi faire fi des ambitions personnelles, faire fi des calculs et tout simplement trouver des solutions pour que notre pays, attendez, non pas ne sombre pas dans le chaos, avance. C'est ça la clé.

23:52
Invité

Chaque jour, nous allons désormais dans le nouveau 8h30 vous proposer une question un peu particulière que vous retrouverez évidemment sur les réseaux sociaux de France Info. Ce matin, c'est la question qui s'archive. En février 2024, vous disiez à nos confrères de Ouest-France j'ai bien l'intention d'être candidat en 2027 que vous avez également dit à nos confrères de France Inter avant l'été au vu de l'interminable crise politique que nous vivons, êtes-vous toujours candidat à la présidence de la République ?

24:15
Xavier Bertrand

Ah, je m'y prépare, oui. Je m'y prépare. Je ne ferai pas les erreurs de la fois dernière. C'est-à-dire ? Justement, c'était un fiasco. On a une émission d'une heure ou c'est une question de plus qu'une heure ?

24:23
Présentateur

Non, il va de Bertrand. Quelle erreur vous ne referiez pas pour éviter le fiasco ?

24:29
Xavier Bertrand

Il y en a beaucoup. Comme je vous l'ai dit, c'est... Je n'ai pas été moi-même. Je n'ai pas été moi-même. Je me suis refondu dans le jeu d'une primaire alors qu'au final, l'élection présidentielle, c'est la rencontre de tous les Français. Et les sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, c'est-à-dire la place du travail, la place de la sécurité, les services publics, dans cette primaire, on en a très peu parlé. Une chose est sûre. En politique, pendant des années et des années, vous cherchez parfois à endosser un costume qui n'est pas le vôtre. Et au final, il n'y a qu'une seule règle. Être soi-même et les Français jugent

25:00
Invité

de votre sincérité. Vous pensez que ça suffira parce que vous portez de loin sur la ligne de départ à encourager les intentions de sondage ? Pour les sondages

25:09
Xavier Bertrand

pour la présidentielle, je ne veux pas être testé. C'est très bien comme ça. Non mais le problème n'est pas là. Vous l'avez dit vous-même. Je sais que c'est une question TikTok en dehors de l'interview. Non, elle est complètement dedans. Parlez de moi aujourd'hui. Parlez de 2027. Je vous dis, ce n'est pas mon truc. Il y aura peut-être une présidentielle anticipée. Je m'y prépare. C'est vrai. Mais moi, en attendant, si demain, comme je l'ai fait pour sortir de la crise des gilets jaunes, la prime Macron, moi qui l'ai proposée pour trouver des solutions. Demain, il y a des difficultés. Demain, on a besoin de solutions. Je les mettrai dans le débat. Elles ne m'appartiendront plus.

Je m'en moque. L'important, c'est que ça permette de faire avancer le pays. Merci beaucoup, Xavier Bertrand. Très clairement, d'ailleurs, j'irai à vous en reparler si vous voulez. S'y préparer, oui, faire une annonce de candidature aujourd'hui, il me faudrait être dingue.

25:46
Présentateur

Merci, Xavier Bertrand, d'avoir répondu aux questions de France Info.

25:49
Xavier Bertrand

Un entretien à retrouver