Falcon 9 : SpaceX condamne le spatial européen - 05/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:51OuverteRéponse directe
Quelles sont les alternatives à Falcon 9 pour l'Europe ?
- 6:27OuverteRéponse directe
Pourquoi Starship ?
- 9:11RelanceRéponse partielle
Quelles sont les limites d'Ariane face à SpaceX ?
- 19:57OuverteRéponse directe
Ce rachat va-t-il bouleverser le paysage du streaming ?
Temps de parole
- Présentateur31 %
- Invité25 %
- Invité 223 %
- Invité 312 %
- Invité 43 %
- ?3 %
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Tech
& Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
Tech
& Co, la quotidienne, avec, vous le savez, pour débuter cette émission, une heure pour prendre le temps et débriefer les sujets d'actu du jour ou du week-end. Et ce soir, nous avons le plaisir d'accueillir un visage et une voix que vous connaissez, c'est Claudia Cohen. Salut Claudia. Claudia Cohen qui est journaliste chez Bloomberg et qui vient nous rendre visite de temps en temps. Merci d'être là, ma chère Claudia. Et puis deux nouveaux débriefeurs, Claudia, ce soir. C'est la fête. C
'est
la fête.
Nous avons avec nous, eh bien, Gilles Fontaine. Bonjour, Gilles. Ça va ? Ravi de
t'accueillir dans Tech
& Co, la quotidienne.
Merci
de m'accueillir. Voilà, tu es un vieux loup de mer de la tech aussi, journaliste depuis combien
d
'années ?
Un vétéran, voilà. Disons les mots. Tu as travaillé à Challenge, tu es aussi le co-animateur d'un podcast très intéressant que je vous conseille, qui s'appelle Deep Tech. Exactement. Avec un S. Avec un S. Et on est très heureux de t'accueillir pour commenter l'actu. Bienvenue dans l'équipe des débriefeurs de Tech & Co. Avec plaisir, merci beaucoup. Et vous n'êtes pas à l'abri de vos surprises, parce que nous avons aussi Frédéric Duval avec nous, qui est là ce soir. Salut Frédéric. Frédéric Duval, vous le connaissez si vous êtes un fidèle de Tech & Co, parce que j'avais le plaisir de te recevoir il
y
a encore quelques mois, en tant que directeur général d'Amazon. Absolument. France. Voilà. Cette aventure est finie. Tu as décidé de faire autre chose. De faire
autre
chose. Te voilà libéré de tes obligations et de ton planning hyper chargé, parce que quand on est déjà d'Amazon,
le
week-end est quand même relativement court. Et je suis très heureux de te recevoir de temps en temps pour commenter l'actualité, parce que Frédéric, évidemment, a vécu plusieurs vies dans la tech. Tu connais évidemment tout ce domaine-là.
Alors
évidemment, tout ce qui touche au e-commerce, mais d'une manière générale, toutes ces grandes boîtes américaines qui aujourd'hui sont un peu partout. Et ça va être évidemment très intéressant d'avoir ton point de vue sur tous ces sujets. Avec plaisir. Avec, pour débuter, ce sujet qui véritablement est un électrochoc. SpaceX va débrancher. Alors je dis va débrancher parce que ça va prendre du temps. Ce n
'est
pas pour tout de suite, mais envisage de débrancher la fameuse fusée Falcon 9 qui, rappelons-le juste pour que vous ayez quand même quelques chiffres en tête, a effectué 165 lancements en 2025. Vous vous rendez compte, ça fait 3 lancements par semaine. C'est quelque chose de dingue. Alors pourquoi c'est inquiétant ? Eh bien c'est inquiétant parce que, évidemment,
SpaceX,
qui, évidemment, Falcon 9 est dans l'entité SpaceX, produit la majorité des lancements aujourd'hui des satellites. Et en Europe, il y a quelques frissons là en ce moment. Parce qu'on se dit que si Falcon 9 ralentit, que va-t-il se passer ? Alors on a des alternatives. On a, par exemple, Ariane. Et notamment la nouvelle Ariane. Mais on est loin des 160 lancements annuels. Il va falloir du temps pour que tout ça se mette en route. Et je voulais avoir votre point de vue là-dessus. On se rend compte, encore une fois, que nous sommes dépendants de pas mal de technologies qui ne sont pas européennes. Là, on est typiquement sur les lanceurs. Et je voulais avoir votre point de vue là-dessus.
Peut-être, Frédéric, après Claudia et Gilles, bien sûr.
Oui, alors moi, je pense que cet arrêt de Falcon 9 qui est attendu en 2028, ça peut être une bonne opportunité pour l'Europe, en fait. Quand on regarde de façon précise, aujourd'hui, les lancements qui sont réalisés par Falcon 9, il y en a 11 par an qui sont faits pour l'Europe. 11. Oui, rappelons que la majorité,
c
'est
pour Starlink, bien sûr. La majorité, 123, c
'est Starlink. Ensuite, il y a tous les Américains.
Et puis, il y en a
11 pour l'Europe. Et donc, on peut se dire, quand même, raisonnablement, que comme Ariane en lance à peu près 10, doit en lancer 10 par an, doubler la capacité d'Ariane, ça doit être
une
idée à
envisager.
À envisager. Et puis, peut-être, ensuite, il y
a
d'autres moyens d'aller dans cette direction. Il y
a
d'autres lanceurs. Il y a eu ULA aux États-Unis. Il y en a d'autres, je veux dire. Et donc, en tout cas, ça doit être une opportunité pour Ariane de lever le doigt et de dire, moi, je peux faire et je peux aller plus loin.
Claudia
? Il
y a quand même un air de déjà-vu dans cette histoire, parce que le patron d'Ariane Group, notamment, avait déjà alerté sur cette possibilité. Parce qu'il faut le dire, quand même, que Falcon 9 avait une position, en fait, quasi monopolistique sur le marché européen. Donc, en fait, c'est un peu, voilà, l'épée de Damoclès qui était sur la tête de tous les acteurs et qui tombe, finalement, comme prévu et anticipé. Et au niveau des alternatives, aujourd'hui, c'est un peu compliqué, puisque notamment, si on regarde, comme tu disais,
effectivement,
Ariane, il y
a
quand même une grosse partie aussi de ces efforts qui est dirigé, justement, vers Amazon, en Europe. Donc, est-ce qu'il va y avoir assez de place, en fait, pour les autres acteurs ? Et, en fait, de fait, jusqu'à l'arrêt, je crois que ça doit se faire à partir de 2028.
On peut
se
dire, déjà… En fait, il ralentit et va arrêter le carnet de commandes futur.
Exactement. Il
ne prend plus de nouveaux clients.
Exactement. Donc, ce sera impossible de booker, en fait, de nouveaux lancers. Donc, là, c'est fini. Et après, l'autre point très intéressant, quand même, dans cette histoire, c'est qu'on voit la guerre qui se fait sur ce terrain et qui s'intensifie de plus en plus. On a vu, dans le même temps, quand même, Elon Musk signer des contrats incroyables et astronomiques, niveau financier, avec l'État américain, avec le Pentagone. Je regardais tout à l'heure, Elon Musk a aussi été désigné pour co-présider une mission du Pentagone, qui sert, en fait, à dessiner les contours de quel sera l'avenir de la guerre dans les prochaines années.
Donc, on sent qu'en fait, Elon Musk, bon, le marché européen, c'est sympa, mais ses affaires, d'un point de vue business,
financier… Il fait assez de business avec les US.
Exactement. Et influence aux US, ça suffit. Donc, c'est quand même assez inquiétant, sachant que tout le monde l'avait vu venir et que juste,
ça
se passe, finalement. Gilles. Oui, tout le monde l'avait vu venir, c'est vrai, Claudia. Et moi,
j
'ai l'impression que l'Europe, une fois de plus, c'est un petit peu le petit frère qui récupère les vieux fringues du grand frère, qu'ils ont trop petits pour lui. Et là, en l'occurrence, c'est exactement ça d'un point de vue technologique,
c
'est-à-dire que ces fusées, ces lanceurs que SpaceX va arrêter d'ici un an, deux ans, ce n
'est
pas la fin de SpaceX. C'est parce qu'eux, ils sont en train de passer à une autre technologie.
C
'est
Starship, après qu'il prendra le relais.
Pourquoi Starship ? Parce que Starship va permettre à des capacités, en fait, de lancement beaucoup plus importantes que Falcon. Et ça va faire baisser, d'ailleurs, le prix du lancement des satellites. C
'est
ça aussi. Donc, il va
concurrencer plus directement aussi Ariane 6. Mais pourtant, on le savait. Et en plus, ce qui est un petit peu désolant dans cette histoire, et ça aussi, c'est un petit peu, on a l'impression qu'on a déjà lu l'histoire, c'est qu'on avait déjà tous les atouts, en fait, avec Ariane Espace, qui est un fleuron, quand même, de l'industrie spatiale mondiale depuis très longtemps. Et en fait, finalement, Ariane s'est un peu comportée, comme aux États-Unis, les acteurs historiques qui se sont un petit peu endormis sur leurs lauriers. Et c'est vrai que depuis des décennies, enfin, peut-être une décennie ou deux, les programmes spatiaux ont quand même nettement ralenti.
Le marché, aujourd'hui, c'est essentiellement du lanceur pour des satellites, de plus en plus basse orbite, pour la communication. Et dans l'esprit, effectivement, de Musk et de SpaceX, j'imagine, enfin,
je
me mets dans la tête d'Elon Musk. Dans
la
tête d'Elon Musk, il faut se préparer quand même.
Non,
alors,
je
ne
vais pas faire ça. C'est pas
facile. On peut se dire, qu'est-ce qu'il a en tête ? Il se dit, moi, d'abord, effectivement, réussir quand même la transition vers la nouvelle technologie, servir mes clients prioritaires qui sont quand même beaucoup l'armée américaine, il faut le dire. C'est eux, d'abord, les super prioritaires, eux, qu
'on
servira en premier. Et puis derrière, il a quand même un projet fou, on l'oublie quand même, à la différence de tous les autres. C'est que lui,
il
veut aller sur Mars, il veut envoyer des gens sur Mars dans les 10 ou 15 prochaines années. Il veut conquérir la Lune, poser des gens, poser des astronautes sur la Lune. Éventuellement, alors, apparemment, ça fait les dernières nouvelles, éventuellement, construire aussi des mini-centrales nucléaires pour pouvoir alimenter, effectivement, ces bases, ces futures bases lunaires qui s'environt de relais pour ensuite envoyer des expéditions
vers
Mars. La première étape, c'est la Lune,
mais après, c'est Mars, bien sûr. Voilà, exactement. Et la seule concurrence, derrière, face aux Américains, c'est les Chinois, c'est sûrement pas
les Européens. Ça va être
un signal pour nous. En l'occurrence, on a une technologie, cette technologie s'appelle Ariane, elle s'appelle Maya Space, et il y
a
d'autres acteurs européens.
Là, on va parler du Fair Space, dans un instant. Il faut arrêter
de se mettre dans la peau de Elon Musk,
il
faut se mettre dans la peau de David Kayeva-Yoles, le patron d'Ariane-Espace, et de dire, allez, on y va, on va augmenter nos capacités, on va faire de l'envoi de satellites de façon plus rapide, en autonomie.
Mon cher Fred,
j'adore ton optimisme et, on va dire, ta pugnacité, mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, on n'a pas de lanceurs qui reviennent sur Terre. C'est pas
grave, c'est 30 millions plus cher. Aujourd'hui, ça coûte 30 millions plus cher. Donc, il y a 10 lancements à faire par an, ça fait 300 millions. Donc, il y
a
300 millions, effectivement, ça coûte 300 millions. Mais ça n'est que ça,
à l'échelle de l'Europe.
C'est pas non plus une catastrophe. Parce que je vous
rappelle, je vous rappelle qu'on est en train aussi de construire. Alors, tu connais bien Amazon Léo, puisqu'il y a encore quelques mois, tu étais chez Amazon, et on sait que Amazon est l'un des gros clients d'Ariane-Espace, puisque c'est Ariane-Espace qui envoie, en partie, les nouveaux satellites de Léo. Donc, on va dire que pendant des années, le calendrier d'Ariane-Espace est bien rempli, grâce ou à cause d'Amazon. Et puis, il y a aussi le risque arrêt. Je vous rappelle qu'il y a cette constellation de satellites de télécommunications aussi basse orbite, qui se veut européen, souverain, qui permettrait aux entreprises et au gouvernement de pouvoir se connecter en toute sécurité.
Ça représente plus de 400 satellites. Qui va lancer ces satellites ? C'est ça le souci. Donc,
j
'apprécie ton optimisme,
mais
il va falloir que, véritablement, on ait d'autres alternatives qu'Ariane. Parce qu'Ariane, tout seul, on n
'y
arrivera pas.
D'ores et déjà, les différents acteurs, dans différents articles de presse, ont évoqué le fait qu'il fallait devoir trouver des solutions temporaires immédiates pour un peu résoudre la crise, avant de rentrer dans une logique de, bon, ok, c'est aussi un pick-up call pour nous et sur le long terme, qu'est-ce qu
'on
fait ? Et je voyais quelques acteurs dans un article de nos confrères des Echos disaient qu'ils discutaient avec des Américains, avec des Indiens, avec des Japonais, parce que sur le court terme,
il
faut trouver quelque chose.
Mais mettons-nous dans la peau de Jeff
Bezos, il y a 10 ans, il voulait faire Léo, il devait envoyer 4000 satellites dans l'espace en 3 ans, il avait zéro lanceur. Oui, mais il a combien de retard aussi ? Alors,
il est en train de le faire, il est en train de le faire, il est en train de le faire. Non, non, il est en
train
de le faire. Oui, parce qu'il
a, par contre, là où il ne rattrape pas son retard, c'est sur les lanceurs récupérables qui reviennent sur Terre. Et ça, c'était une technologie absolument dingue, c'est totalement révolutionnaire. Et tous les ingénieurs de SpaceX qui travaillaient sur ces projets avec Elon Musk, je lui disais, c'est pas possible, en fait, physiquement, presque, c'est pas possible de réussir un truc pareil. Et il y a un gars, un nobody dans l'équipe qui lui a dit, mais moi, je pense que ça peut marcher. Et ce type s'est retrouvé à la tête du projet et finalement, lui a confié la responsabilité du projet pour mener à bien justement ce lanceur qui repose quelques temps après le décollage.
C'est aussi la prise de risque et puis la façon que ce type a de ne pas penser comme les autres. et ça, dans des grosses structures comme même la NASA, etc., c'est inenvisageable un truc pareil.
Alors, on réfléchit, on se dit, quelles sont les alternatives à SpaceX ? Eh bien, peut-être que nous pourrons nous intéresser à Hyperspace.
Je
vous propose maintenant d'aller du côté de la région bordelaise au Elan exactement où la start-up Hyperspace vient d'inaugurer sa nouvelle usine pour démarrer son industrialisation et en ligne de mire, faire décoller sa fusée Baguette 1 l'an prochain et ainsi devenir la première entreprise privée française à accéder à l'espace. Le reportage de Nathan Cocampo et on revient juste après pour commenter tout cela.
C
'est même
plus
de la persévérance,
c
'est de l'acharnement. De l'acharnement. Il en a fallu Alexandre Manjot, cofondateur d'Hyperspace pour se rêver un jour comme le SpaceX français. Alors, on a commencé dans un garage comme toute bonne start-up à trois personnes. Donc, si je me reprojette à l'époque et je me dis un jour tu auras un bâtiment de 7000 m², c'est effectivement difficile à croire. Et pourtant, ça y est, Hyperspace, 150 salariés à son usine pour assembler son lanceur Baguette 1 dont le premier vol est prévu en fin d'année prochaine. Un prototype propulsé par un moteur hybride innovant comme le présente Mickaël Bocchia, le directeur
des
opérations. Notre carburant, c'est du plastique, du PEHD, du polyéthylène haute densité. C'est tout bonnement ce qu'on va retrouver dans les canalisations d'eau parce qu'on a évidemment une ambition technique mais également une performance industrielle. Donc on s'appuie sur des produits, je dirais, de grands commerces. Car l'objectif,
c
'est de rapidement changer d'échelle avec l'ambition de produire 100 moteurs et une quinzaine de lanceurs par an. Hyperspace a comme voisin The Exploration Company, start-up qui développe des capsules d'approvisionnement spatial réutilisables. Tous les deux sont soutenus par des investissements publics dans les cadres de France 2030 pour gagner en souveraineté comme se réjouit le directeur général Nicolas Bilcock. Nous intégrons dans ce continent européen qui investit de plus en plus dans le spatial et dans le spatial de défense.
On a gagné un contrat auprès de la Commission européenne sur le lancement réactif et on discute avec des sites de lancement en Europe continentale pour nous développer sur ce continent. Le moteur d'hyperspace comprend 30 fois moins de pièces qu'un moteur de fusée classique. Pour se faire une place dans le new space, c'est bien de réussir à décoller mais c'est encore mieux de le faire pour un coût plus faible que ses concurrents. 3, 2, 1, mise à feu dans un an. Oh là là,
Nathan Cocampo m'a
fait une conclusion sur
ce
reportage. Félicitations Nathan, elle est superbe. Hyperspace, donc très intéressant. Si on devait faire une comparaison entre le Falcon 9 et Hyperspace, je veux dire, on est sur un Airbus A320 du côté du Falcon 9 et un Cessna sur l'Hyperspace. Ce sont de toutes petites fusées qui font quoi ? 10 mètres de haut je crois ? Et qui évidemment sont beaucoup moins puissantes mais qui ont été conçues pour envoyer des satellites à basse orbite. Donc,
comme
on sait qu'aujourd'hui le marché justement se concentre sur les basses orbites, c'est plutôt une bonne nouvelle non Frédéric ? Oui,
c
'est une bonne nouvelle. Alors,
on est au tout début. Il y a
des investisseurs français qui se mettent dans des technologies de pointe. Pour être clair, c'est un moteur hybride. Vous avez
un
carburant solide et un comburant liquide mais qui est propulsé sans turbopompe. Donc, on a vraiment un moteur qui est très très simple.
et
en revanche, là où aujourd'hui les limitations de la fusée sont claires,
c
'est que ça emmène 250 kg
en
orbite basse contre 22 tonnes pour Ariane ou Falcon 9. Airbus, Cessna. Donc, il
y
a un facteur 100 entre les deux charges emmenées. Mais, on ne
va
pas bouder notre succès, on a une pépite française qui fait aujourd'hui des choses bien, il faut le signaler et puis peut-être que dans quelques années, ils feront des choses plus grosses, c'est super. Tout à fait.
Mais après,
c'est la cadence, elle n
'a
pas décollé encore. Non, Et elle a un petit peu de retard mais c'est vrai que ce sont des vrais SPC. Je crois qu'il y a deux anciens dans l'espace qui sont dans l'équipe, ils ont la DGA, la Direction Générale de l'Armement qui les regarde de très près et qui sont assez séduits par leurs solutions. Ça ne coûte pas très cher. Alors, moi, je vais juste me permettre d'être un tout petit peu critique parce que je trouve que Baguette One, au début, j'ai cru que c'était le 1er avril sauf qu'on n
'est
pas le 1er avril. Mais, moi, j'aimerais bien un nom un peu plus sable. J'ai l'impression qu
'on
n'arrive pas à se prendre au sérieux même quand on fait des choses formidables.
Alors, tu sais quoi ? Je me
suis
fait négatif parce que je me dis que la Baguette, c'est vraiment quelque chose qui fait penser à la France.
Oui, ça a une signature.
Ça a une signature française.
Mais, bon, il faut qu'on soit
quand même... Oui, c'est mieux
que suppositoire.
Oui, c'est ça.
Oui, c'est clair. Voilà, on aurait pu... Suppositoire.
Ils
ont envoyé, ils ont donné le nom de l'usine, ils l'ont appelé la boulangerie. La boulangerie. La boulangerie, oui. Je regardais dans les concurrents qui font exactement la même chose. C
'était
un concurrent en Allemagne qui s'appelle Impulse qui est exactement sur le même segment et qui s'adresse aussi sur des... Parce que là,
ce
n
'est
pas les mêmes marchés aussi, c'est des petits satellites civils aussi à usage pour le secteur de la défense. Et après, tu as un gros Américain qui s'appelle ViaSpace aussi qui est sur le même segment mais quand même, ça veut dire qu'en Europe, ça ferait deux acteurs d'une taille un peu près préssemblable donc c'est intéressant. Et puis aussi, quand même, d'un point de vue technologique aussi, ce qu'ils expliquaient dans le reportage, d'arriver à créer ça finalement avec des matériaux naturels et qui coûtent beaucoup moins cher. Tu vois, je me dis, il
y a
quelques années quand on parlait de ça sur le plateau, on ne pensait pas que c'était possible de diviser les prix à ce point donc d'un point de vue technologique c'est très intéressant et aussi, je ne sais pas dans le... Regardez, ils se sont entraînés sur la base de la défense française dans la région de Bordeaux aussi donc pendant deux ans ils ont fait des lancements et des lancements pour être prêts aujourd'hui donc espérons qu'ils arriveront en 2027 à faire ce qu'ils disent mais en tout cas c'est une bonne nouvelle pour la souveraineté et après effectivement ils ne
s
'adressent pas à les mêmes marchés et
puis il y a d'autres
acteurs d'ailleurs au niveau du financement ce qui est bien c'est que ces entreprises ces start-up arrivent aujourd'hui à trouver de l'argent aussi pour se financer parce que c'est... je crois que dans leur hyperspace c'est à peu près une trentaine de millions un peu moins d'euros levés ce qui est pas mal il y a des gens qui se sont investis là-dedans et qui investissent pas mal comme Bec Bédé par exemple qui n
'est
pas sur ce coup-là mais qui a lui un fonds New Space qui était probablement un des premiers à se lancer dans la bagarre et puis aussi sacré coup de chapeau à eux quoi parce que c'est vraiment des vraies prises de risque là pour le coup
Il
est 19h20 vous êtes sur BFM Business un grand merci d'être fidèle à Tech & Co la quotidienne chaque soir on débriefe l'actu tech de 19h à 20h30 autre sujet alors qui n'a rien à voir mais qui est quand même assez tech et qui va avoir des répercussions sur chacun d'entre nous à partir du moment où vous regardez un temps soit peu des séries et des télés ça y est David Ellison obtient le feu vert pour acheter Warner Bros Discovery les autorités américaines ont donné leur accord à ce gigantesque rapprochement et avec cet empire donc qui regroupe Ra et qui regroupe donc on peut le dire maintenant ça a
été
acté Warner Bros HBO et les actifs de Paramount Skydance l'ensemble doit être rebaptisé Skydance exactement et donc c'est une nouvelle étape forcément dans la concentration d'Hollywood avec en toile de fond cette bataille mondiale du streaming parce qu'il y a Netflix d'un côté qui avait failli rappelez-vous racheter Warner et le deal était tombé à l'eau à coups de milliards rajoutés justement par David Ellison et puis il y
a
Amazon aussi que tu connais bien Prime qui a mis beaucoup d'argent enfin Amazon qui a mis beaucoup d'argent pour acheter MGM c'était il
y
a quelques années je crois que
c
'était 8 milliards de dollars et puis Disney bien sûr donc je voulais avoir votre point de vue là-dessus est-ce que ça va bouleverser à votre avis le paysage et la manière dont on consomme aujourd'hui des séries et des films tout ça ?
Ah bah complètement là c'est quand même la naissance d'un troisième acteur qui a des très grosses ambitions dans le streaming et le feuilleton est absolument passionnant à suivre et le dernier volet du feuilleton c'était le feuilleton au niveau de la régulation parce qu'il y a eu en fait déjà il y a eu à la base Netflix après il
y
a eu le rebondissement de la contre-offre et ensuite il y a eu une bataille avec je crois que c'était une dizaine d'états américains à Sensibilité Démocrate notamment qui en fait ne voulaient pas de cette acquisition ne voulaient pas du tout de cette acquisition parce qu'ils pensaient que d'un point de vue en fait création à la fois pour le film pour les séries et aussi d
'un
point de vue journalistique parce que dedans il y a aussi CNN quand même dans cet ensemble il y
a
quand même deux chaînes d'information Leader et CBS exactement aux Etats-Unis donc il y
a
eu cette bataille de plusieurs mois avec les régulateurs qui s'est terminée quand même par un accord et cet accord financièrement il est quand même très embêtant pour Paramount parce qu'ils ont dû s'engager à rajouter 300 millions de dollars par an dans la création de films alors que déjà ils mettent beaucoup d'argent ils ont dû s'engager à ce que tuer plus d'une trentaine de films qui sortent au
cinéma
et c'est quand
même parce que
c'est vrai que la vraie crainte qu'avaient tous les acteurs
c'est que
finalement on squeeze le cinéma et que tout ce contenu sorte comme le fait HBO directement en ligne
complètement et si je peux me permettre moi il y a un petit point quand même qui me chagrine d'un point de vue financier c'était quand même 110 milliards de dollars l'acquisition il y a énormément de dettes qui a été contractées il y
a
énormément d'intérêts aussi à cette dette donc moi je me dis tu vois comment d'un côté tu as dépensé beaucoup d'argent tu dois repayer énormément de dettes et d
'intérêts il faut que tu rentabilises tout ça très vite
exactement et tu
as
l'ambition de créer vraiment un troisième concurrent à Netflix et Disney honnêtement j'attends de voir parce qu'on le sait aussi dans l'économie de l'attention on paye pour le streaming on paye pour notre musique on paye pour tout donc je ne sais pas dans quelle mesure vraiment ils vont arriver à part les catalogues historiques Harry Potter etc à proposer des contenus qui feront que les gens seront au rendez-vous et switcheront
après ils ont
HBO qui est quand même on va dire le haut du panier en termes de production de séries oui
complètement
et puis Warner c'est quand même tout la DC Comics etc comme tu le disais Harry Potter ce qui est intéressant c'est qu'on évoquait des chaînes d'info notamment CNN en fait le futur acquéreur donc David Allison dont le papa était un proche de Trump donc tout ça est énormément ouvert de débat là-dessus parce qu'on s'est dit que va devenir CNN finalement qui est
l
'ennemi juré de Trump avec d'autres chaînes bien évidemment mais visiblement il y
aura
un comité éthique qui va être formé justement pour protéger la ligne éditoriale c'était l'un des engagements d'ailleurs qui avait été exigé par certains états américains justement pour que cette alliance se fasse
exactement il y aura un comité d'éthique avec des journalistes qui auront au moins 10 ans d'expérience après là où le flou quand même persiste c'est que ce sera à la direction de nommer les membres de ce comité donc il y a cette volonté de se dire voilà on aura un comité indépendant
mais à partir du
moment où ils sont nommés
par le patron
ça fasse
un peu mais je pense
que CNN va être quand même assez scruté parce que ça sera quand même un peu l'emblème aussi de cette discussion Gilles et après Fred
je
pense qu'on va à mon avis avec cette opération droit à la catastrophe en fait parce que Warner s'est vendu à David Edison et à Skydance parce que le groupe était lourdement endetté 80 milliards de dettes c'est le poids de la dette du groupe aujourd'hui donc ils vont déjà dépenser beaucoup beaucoup d'argent rien que pour rembourser les intérêts de la dette en plus de ça effectivement on leur impose et ça je trouve que c'est très bien les contraintes aussi en termes de production etc et je pense que l'autre problème c'est un problème ça va être aussi assez rapidement un problème de contenu parce qu'ils ont du mal à garder les scénaristes et les producteurs de la Warner et des gens qui travaillaient qui ont fait le bonheur et la fortune de HBO pendant des années ces gens là ne s'entendent pas du tout avec les équipes de David Edison David Edison tu l'as dit c'est le fils de Larry Edison le fondateur co-fondateur d'Oracle qui est un proche de Trump qui est un proche de Trump sa fortune c'est à peu près c'est un peu plus de 200 milliards de dollars aujourd'hui c'est un des hommes les plus riches du monde avec Elon Musk encore lui et d'ailleurs les deux hommes se font des investissements croisés dans leur boîte Edison a donné un coup de main pardon oui c
'est
ça Edison a donné un coup de main à Musk quand Musk s'était mis en tête de racheter Twitter il lui avait filé un petit milliard pour l'aider et il est question justement que Musk rentre aussi au capital du nouveau poule d'investisseurs mais il sera bien utile je pense suite à ces dettes incroyables mais avec les implications politiques que ça peut avoir c'est que Musk il n'est pas du genre à rester passif sur sa chaise en regardant les programmes de CNN ou de CBS voire les séries certaines séries qui pourraient disparaître des plateformes si ça ne lui plaît pas on imagine ça déjà il y
a
quand même une dimension politique énorme là-dedans tout ça va être énormément scruté Frédéric
moi
je suis moins pessimiste que vous sur cette affaire j'ai l'impression qu'on a
on
est face à une concentration du secteur un peu classique comme quand Disney a acheté Disney a racheté Dreamworks
que
n'a-t-on pas dit quand Prime Video a racheté MGM que n'a-t
-on
pas dit et donc là on a une concentration Paramount Warner Bros si ça n'avait pas été Paramount ou Warner Bros ça aurait été Netflix Warner Bros bon on est dans un des deux cas alors après les histoires de haut de bilan et de participation financière là aussi je suis un petit peu certainement candide ou cynique comme vous l'avez dit il y a 110 milliards de dollars sur la table mais on ne va pas s'amuser à détruire la valeur qui est celle des deux groupes on va faire en sorte de garder cette valeur pour des raisons purement financières certainement plutôt que de diversité politique ou de diversité de point de vue mais je pense qu
'on
va continuer à avoir cette diversité
ce
qui va être intéressant c'est qu'évidemment ça va être les consommateurs et les spectateurs les juges parce que c'est avec des contenus de qualité que les gens continueront à regarder toutes ces plateformes et si ce n
'est
plus le cas là
ça sera la catastrophe
et tu t'es dit les acteurs européens du streaming ils vont quand même trembler franchement parce que la concentration était déjà là là ça sent pire
j'ai l'impression qu'on conclut en fait chaque thématique différente par la même conclusion finalement c'est vrai que c'est quand même assez terrible pour
la
même chose qui et la
même chose