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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 octobre 2023 27 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesSantéÉducation & rechercheEnvironnement & énergie

Instant Porcher | Budget 2024 : Français, attendez-vous à souffrir

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:55OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a affaire à une politique austéritaire ou non ?

  • 5:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que le PLF va à contresens de ce qu'on a besoin ?

  • 7:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces milliards sont bien investis ? Suffisant ?

  • 10:37OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est normal de revaloriser sur l'inflation ?

  • 12:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que les prestations sociales coûtent trop cher ?

  • 14:47OuverteRéponse directe

    Ce budget 2024 est-il écologique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34PrésentateurChiffre
    « Le projet vise des économies à hauteur de 16 milliards d'euros »
  • 1:54PrésentateurChiffre
    « L'éducation et la formation avec 5,5 milliards d'autres orientations »
  • 2:02PrésentateurPromesse
    « Une indemnité carburante aux travailleurs de 100 euros devrait être mise en place à partir de janvier 2024 »
  • 2:10PrésentateurChiffre
    « 1,5 milliard pour l'accessibilité et ma prime adapte pour l'accessibilité aux personnes handicapées au logement »
  • 2:17PrésentateurPromesse
    « Les étudiants verront leur bourse revalorisée de minimum 37 euros par mois »
  • 2:42InvitéChiffre
    « Les mesures salariales annoncées depuis 2022 et 2023 dans le champ hospitalier et médico-social représenteront plus de 5 milliards d'euros de dépenses supplémentaires pérennes en 2024 »
  • 4:02InvitéFait
    « Il y a une austérité cachée dans ce budget »
  • 4:16InvitéChiffre
    « D'ici à 2027, on est sur 0,1% d'augmentation, c'est-à-dire une stabilité de la dépense publique en volume »
  • 10:56InvitéFait
    « L'indexation automatique, elle se fait uniquement sur le SMIC »
  • 22:00PrésentateurChiffre
    « Les recettes de l'État seraient en hausse de 14 milliards d'euros par rapport à 2023 »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur34 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel Instant Porcher. L'instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas pour analyser, décrypter, avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Et cette année, on fait cette rentrée à la télé. Oui, vous avez bien entendu, je vous le répétais sans cesse l'année dernière, nous avons réussi grâce à vous. Le 20 octobre, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique.

Pour constituer notre grille des programmes, nous sommes en pleine levée de fonds sur KissKissBankBank. Nous avons déjà atteint notre premier palier à 100 000 euros. Merci beaucoup, mais il faut continuer, rejoigner cette grande aventure et soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.

0:43
Invité

Salut Lisa.

0:44
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, le projet de loi de finances pour 2024 qui nous donne une bonne vision de ce à quoi nos vies vous ressemblez. C'est parti. Le projet de loi de finances pour 2024 a été présenté par Bruno Le Maire il y a deux semaines et sera débattu avant la fin de l'année au Parlement. Alors ça peut nous paraître un peu loin comme ça, le PLF, mais c'est finalement ce qui guide les orientations pour nos vies au quotidien, dans quoi on décide d'investir ou non et dans quoi on décide de faire des économies ou non.

Et vous avez l'habitude de l'entendre, pour le gouvernement, l'heure est une nouvelle fois aux économies, ce qu'on appelle la fameuse maîtrise de la dépense que le PLF définit comme prioritaire. L'année 2024 doit être celle de la baisse du déficit pour s'inscrire dans la trajectoire de retour sur les 3% en 2027 et de réduction de la dette à 108,1% en 2027, peut-on lire ? Le projet vise des économies à hauteur de 16 milliards d'euros, économie réalisée grâce à la fin des boucliers tarifaires ou encore la mise en place de réformes structurelles. Ne vous inquiétez pas, on va vous expliquer tout ça. Trois chantiers sont prioritaires pour l'État.

L'armée, police, justice avec une hausse de 4 milliards d'euros. La transition écologique, on en a déjà parlé, avec 7 milliards supplémentaires. L'éducation et la formation avec 5,5 milliards d'autres orientations dont se vante le gouvernement dans les premières pages en pêle-mêle. Une indemnité carburante aux travailleurs de 100 euros devrait être mise en place à partir de janvier 2024, ciblée sur les 50% des travailleurs les plus modestes. 1,5 milliard pour l'accessibilité et ma prime adapte pour l'accessibilité aux personnes handicapées au logement. Les étudiants verront leur bourse revalorisée de minimum 37 euros par mois et les barèmes seront revalorisés aussi.

Revalorisation encore salariale fonction publique. Lutte contre la fraude fiscale et sociale. Augmentation du montant de la dotation globale de fonctionnement aux collectivités locales de plus de 200 millions d'euros. Les dotations de péréquation qui vont aux collectivités les plus défavorisées sont abondées de 200 millions. Côté santé, le gouvernement est content de lui.

2:42
Invité

Après les accords du Ségur de la Santé en 2020 pour plus de 12 milliards d'euros de revalorisation salariale annuelle et un plan d'investissement de 19 milliards d'euros sur 10 ans, les mesures salariales annoncées depuis 2022 et 2023 dans le champ hospitalier et médico-social représenteront plus de 5 milliards d'euros de dépenses supplémentaires pérennes en 2024, auxquelles s'ajouteront plus de 1 milliard d'euros dans le cadre de la revalorisation des gardes et du travail de nuit et du dimanche.

3:06
Présentateur

Mais alors, où sont les économies ? Je cite toujours le PLF. L'État et ses opérateurs, mais aussi la sécurité sociale et les collectivités territoriales doivent contribuer à cet objectif en modérant la progression de leurs dépenses de fonctionnement. Cela devrait permettre d'investir davantage, en particulier dans la transition écologique. D'autres indices, les objectifs de maîtrise de la dépense publique seront atteints par la mise en œuvre de mesures d'économies identifiées, notamment dans le cadre de revues de dépenses engagées depuis 2023 sur le périmètre des administrations de sécurité sociale.

Les réformes structurelles déjà engagées contribueront à la réalisation d'économies substantielles qu'il s'agisse de l'assurance chômage ou de l'assurance maladie. Et quand on regarde le projet de loi de finances de la sécurité sociale 2024, l'orientation est aux économies, voire réduction des enveloppes compte tenu de l'inflation. Je crois qu'on avait commencé à comprendre. Thomas, est-ce qu'on a affaire là à une politique austéritaire ou non ? Et qu'est-ce que tu penses de ces choix sur où sont les priorités, où sont les économies ?

4:02
Invité

En fait, il y a une austérité cachée dans ce budget. C'est-à-dire qu'on n'est pas sur des coupes franches de baisse de dépenses publiques, comme on a pu le voir en Grèce, mais on est sur un contrôle des dépenses publiques, notamment dans leur volume. Sur le volume, ça ne va augmenter que très, très, très peu. D'ici à 2027, on est sur 0,1% d'augmentation, c'est-à-dire une stabilité de la dépense publique en volume. Et vous savez, quand vous avez de l'inflation, quand vous avez la population qui augmente, si vous donnez le même moyen en volume, c'est en fait un appauvrissement.

Donc, ce qui se passe, c'est que les gens vont le ressentir encore plus, parce qu'avec cette stabilité de la dépense publique, ou cette augmentation très faible de 0,1%, on a une augmentation qui va être dix fois moins vite que celle d'avant la crise de 2019. Et la décennie entre 2010 et 2019, la dépense publique augmente encore moins vite que la décennie d'avant. Donc, tous les problèmes sur l'hôpitaux, sur l'éducation, tout ce qu'on a sur l'armée, les manques de financement, etc. Tout ce qu'on a vu avec les différentes crises que nous avons eues, nous l'avons eue dans un contexte où la dépense publique a été financée dix fois plus que ce qu'elle va être dans les prochaines années.

Donc, il y a une forme d'austérité. Et à mon avis, dans les prochaines années, on risque d'avoir des gros problèmes récurrents, encore plus que ce que nous connaissons aujourd'hui sur les services publics.

5:13
Présentateur

Les conséquences pour la population sont déjà concrètes. La baisse du remboursement par la sécu des soins dentaires avec un transfert vers la mutuelle. Les arrêts maladie qui coûteraient trop cher et leur contrôle qui sera durci. Cette scène aussi, la semaine dernière, où des patients sur des brancards étaient bloqués à l'extérieur de l'hôpital de Perpignan car ils ne pouvaient pas être pris en charge aux urgences. Et Alternatives économiques montrent que le gouvernement fait des annonces de revalorisation, mais sans donner ensuite les moyens supplémentaires aux hôpitaux et leur demande aussi de réaliser des économies qui, évidemment, se répercutent sur les soins.

Thomas, toi, tu alertes sur ce sujet depuis des années. Est-ce que là, le PLF va à contresens de ce qu'on a besoin ?

5:50
Invité

Oui, il va à contresens, parce qu'on nous a parlé depuis le Covid de quoi ? Du fait qu'on avait compris qu'il fallait des services publics qui étaient forts à l'hôpital, dans l'éducation. Et puis là, le président nous a parlé de la planification écologique. Et là, en fait, on a un budget qui ne va pas permettre une transition écologique ambitieuse et qui ne va pas remettre sur pied les services publics. Donc, on a un budget qui ne demande rien aux entreprises et dont l'évolution des dépenses publiques ne permet pas de répondre aux défis que nous avons identifiés pendant le Covid. Donc, il faut vraiment bien comprendre une chose.

C'est quand on nous dit, mais oui, mais vous savez, la dépense publique, c'est plus de 57 % du PIB. Donc, ça va, il y a suffisamment d'argent pour les services publics. Et pourquoi, d'ailleurs, ces services publics ne fonctionnent pas ? Dans la dépense publique, vous avez deux choses. Vous avez la partie prestations sociales, c'est-à-dire tous les transferts qui sont faits, les retraites, le chômage, les prestations familiales, qui est à hauteur de 56 % à peu près. Et le reste, c'est la dépense publique qui va au fonctionnement des administrations, au paiement des fonctionnaires et à l'achat de leur consommation intermédiaire.

Cette partie-là, qui revient aux services publics, donc aux fonctionnaires et aux administrations, elle est stable en pourcentage de PIB depuis 1978. Et elle est inférieure à un pays libéral comme le Royaume-Uni, par exemple, ou à un autre pays comme la Finlande. Donc, il faut vraiment faire la différence entre les choses. La partie de la dépense publique qui va aux services publics, c'est une partie qui est beaucoup plus faible que certains pays, y compris des pays libéraux. Et c'est cette partie qu'il faut aussi remettre sur pied. Alors, le gouvernement a coupé dans les prestations avec la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage pour baisser la dépense publique.

Maintenant, il part du principe qu'il ne faut pas en mettre plus et qu'il faut mieux organiser. C'est ce qu'on dit depuis un certain nombre de temps. Mais on se rend compte, et on l'a vu encore une fois pendant le Covid, qu'il y avait aussi la question des moyens et du personnel. Et là, si vous voulez mettre des moyens et du personnel, il faut y mettre de l'argent.

7:36
Présentateur

Sur l'école et la formation, on nous annonce un investissement de plusieurs milliards. Mais finalement, l'enveloppe, en fait, sert à revaloriser le métier d'enseignant avec des mécanismes de prime. Le pacte enseignant aussi, où on leur propose de travailler plus pour gagner plus. Par exemple, un prof de sport peut remplacer quelques cours d'anglais. Ça a déjà été vu. Une augmentation de quelques dizaines d'euros pour les gratifications de stage. Une hausse de l'aide pour l'emploi des jeunes dans les entreprises. Et surtout, plusieurs milliards iront au développement du SNU. Est-ce que pour toi, ce sont des milliards bien investis ? Est-ce que c'est suffisant ?

8:08
Invité

Le vrai problème de fond, c'est quoi ? Alors effectivement, il y a des augmentations de salaire des profs. C'est une bonne chose. Alors bon, ça faisait quand même des années que ça n'avait pas augmenté. Moi, je prends toujours cette heure, même dans l'enseignement supérieur, cette heure de TD, de travaux dirigés à l'université. L'heure de TD n'a pas été revalorisée depuis 25 ans. C'est quand même hallucinant. Donc, il y avait des revalorisations à faire. Mais on reste toujours dans la même logique de dire que, oui, il faut que les profs fassent plus.

Alors, on leur augmente leur salaire, mais on leur demande plus de tâches, qu'il y a un problème d'organisation, que c'est ça le problème majeur, c'est l'organisation. Rappelons que toute la logique managériale qui a été appliquée aux services publics ces 20 dernières années partait de ce constat, qu'il y a un problème d'organisation. Et là, on nous dit qu'il y a encore un problème d'organisation 20 ans après les cabinets de conseil qu'on a payés, qui ont réorganisé dans tous les sens et qui ont amené à quoi ? À la modération salariale et au fait que les gens n'aiment plus leur métier. Donc là, il va falloir à un moment de mettre de l'argent.

Parce que si on n'aimait pas de l'argent, qu'est-ce qui se passe ? C'est vraiment dans le système que l'on connaît en France qu'un système à deux vitesses.

Vous avez des gens qui arrivent à aller dans des écoles privées de très beaux quartiers ou dans des bons collèges ou des belles primaires dans des beaux quartiers également où vous avez un patrimoine culturel extrêmement fort, enfin, en tous les cas, beaucoup plus adapté à celui de l'école parce qu'il y a un patrimoine culturel aussi ailleurs, mais adapté à celui de l'école et vous avez peu d'enfants de classe populaire, quasiment pas, et d'autres où vous avez quasiment que des enfants d'ouvriers ou d'employés avec ce patrimoine culturel qui est moins adapté à l'éducation telle qu'elle est. C'est ce qu'expliquait Bourdieu. Donc, vous avez des inégalités.

Des inégalités avec des gens qui sont préparés à passer tous les concours et à faire tous les diplômes et d'autres qui auront un peu plus de mal à le faire. Donc, à un moment, il faut, pour rééquilibrer ça, donner plus de marge de manœuvre à ceux qui n'en ont pas et il faut mettre, pareil, des moyens. On ne peut pas faire sans moyens. On a été au bout de cette idée de la réorganisation et du management public de manière libérale. Surtout les services publics, je pense. Et je pense qu'on en revient. Il faut embaucher. Il faut embaucher. Déjà, il faut écouter ceux qui sont sur le terrain.

Et ceux qui sont sur le terrain, ils n'ont jamais des pancartes où il y a marqué organisons mieux notre secteur où c'est les 35 heures qui ont tué l'hôpital. Ils demandent toujours des moyens et du personnel. C'est qu'il y a un vrai problème.

10:26
Présentateur

Alors, le gouvernement avance fièrement également que ce nouveau budget mobilisera au total près de 25 milliards d'euros pour l'indexation des prestations sociales et des minimas sociaux, des retraites et de l'impôt sur le revenu. Alors, regarde ça de plus près. Par exemple, en mars 2022, l'inflation culminait à 4,5 % et les prestations sociales avaient été revalorisées à 1,8 %. Donc, ça creuse quand même l'écart. Déjà, est-ce que c'est normal ou non de revaloriser sur l'inflation ? Et ensuite, est-ce qu'on peut se satisfaire de ce que l'État annonce avec ses 25 milliards ? Si tu peux nous déchiffrer un peu.

10:56
Invité

Alors, l'indexation automatique, elle se fait uniquement sur le SMIC. Et d'ailleurs, le SMIC, c'est un des salaires qui n'a pas perdu en pouvoir d'achat. Le salaire moyen, le revenu moyen a perdu en pouvoir d'achat. Les prestations familiales ont perdu en pouvoir d'achat avec l'inflation. Le RSA a perdu en pouvoir d'achat et les retraites ont perdu en pouvoir d'achat. Le gouvernement n'a jamais réajusté au niveau qu'il fallait les retraites. Alors là, il nous dit, oui, on va les augmenter de plus de 4%, mais ils avaient perdu en pouvoir d'achat à peu près 5%. Puis, c'est pour 2024 et il y aura encore de l'inflation en 2024.

Donc, même s'il y a un effet de rattrapage, ce n'est pas une augmentation, c'est un effet de rattrapage, voilà, les retraités vont être quand même plus pauvres qu'avant le début de l'inflation et les prestations familiales en pouvoir d'achat vont être toujours plus faibles et le RSA également. Il n'y a que le SMIC qui a réussi parce qu'il est indexé automatiquement, d'où ce débat sur l'indexation automatique des salaires et des prestations. Il n'y a que le SMIC qui a résisté et a préservé son pouvoir d'achat.

11:54
Présentateur

Tu parlais tout à l'heure de la dépense publique qui avait deux grosses parties. Une partie sur les services publics qui, elles, du coup, n'augmentent pas voire diminuent depuis plusieurs dizaines d'années et puis une partie sur les prestations sociales qui, elles, augmentent cette partie-là. Et c'est pour ça que le gouvernement n'aurait pas dit qu'il faut faire des économies. Et du coup, il va s'attaquer aux prestations sociales en disant qu'elles nous coûtent trop cher. Est-ce que c'est le cas ? Qu'est-ce que tu penses de cet argument de dire, regardez, c'est les prestations sociales qui nous coûtent trop cher en France ?

12:17
Invité

En fait, c'est ce qu'on dit mais la réalité, ce n'est pas ça. C'est que pour un certain nombre de personnes, ce qui les dérange le plus, c'est qu'une grosse partie de ces prestations sociales soit gérée par du public, notamment les retraites qui sont publiques et par répartition. Si on radiait toutes nos retraites et qu'on les passait en capitalisation, on aurait une dépense publique en dessous de la moyenne de la zone euro, pratiquement au niveau de l'Allemagne.

Et là, tout le monde pourrait dire qu'on a une dépense publique faible, mais au final, les retraites seraient gérées par le privé, par capitalisation et donc, ce serait beaucoup plus inégalitaire que notre système qui, rappelons-le, avant réforme était le système où il y avait le taux de pauvreté des retraités le plus faible au monde. Même s'il y avait des ajustements à faire, on restait quand même le meilleur sur le taux de pauvreté des retraités. Et pourquoi c'est idiot de vouloir couper cette partie-là ? Parce qu'en réalité, vous savez, c'est des transferts qui permettent de réduire les inégalités et qui vont servir aux gens les plus pauvres à aller acheter des biens ensuite.

Vous regardez le taux d'enfants pauvres, c'est-à-dire le taux d'enfants vivant dans des familles pauvres, il est de mémoire autour de 24-25% quand on regarde la distribution des revenus telle qu'elle est. Et après redistribution, une fois qu'il y a tous les transferts, prestations familiales, etc., on arrive à 6% à peu près. Donc on baisse drastiquement le taux d'enfants, les enfants vivant dans des familles pauvres grâce à la redistribution. Donc c'est une très bonne chose. Et puis la chose d'après, c'est que où finissent ces transferts ? Où ils finissent ?

Ils ne finissent pas sur un compte en Suisse, ils ne sont pas placés sur des marchés financiers, ils finissent dans l'économie réelle, dans l'achat de biens. Et donc ils profitent au secteur privé. Donc en réalité, la dépense publique, toutes les prestations, elles permettent aux gens de vivre mieux, de réduire les inégalités, mais elles soutiennent indirectement aussi le secteur privé parce que les gens vont acheter des choses avec ça, in fine. Donc en réalité, c'est quelque chose qui fonctionne très bien. Et ce qui dérange un certain nombre de personnes, c'est que quand il y a des prestations sociales, il y a effectivement de l'impôt ou des cotisations de l'autre côté.

Et surtout, c'est que ce soit le public qui gère ça et pas le privé.

14:11
Présentateur

On n'a pas la jamais assez deux éléments. Un, la TVA qui est l'impôt qui touche tout le monde, pas par rapport aux revenus et qui du coup pèse beaucoup sur les classes les plus modestes. Et puis la deuxième chose, on rappelle un gros poste de dépense pour l'État, c'est l'aide aux entreprises qui est énorme et donc du coup, il n'y a pas que l'argent qui est versé aux plus pauvres. Donc il faut bien le rappeler.

L'État, on l'a dit, met le paquet sur la transition écologique, on en a déjà parlé dans l'instant porché, dans le discours et gonfle l'enveloppe de 7 milliards pour 2024, d'où la volonté d'économie d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire qui le disent, économiser et réinvestisser dans la transition écologique. Pour toi Thomas, est-ce que ce budget 2024, il est écologique ?

14:50
Invité

Non, il n'est pas écologique. Enfin, il n'est pas à la hauteur de ce qu'on appellerait une transition écologique ambitieuse ou une planification écologique comme le dit Emmanuel Macron ou un European New Deal comme on le dit en Europe. En réalité, c'est une transition sans investissement. Donc on ne veut pas toucher aux entreprises. Les entreprises, on continue à leur donner des baisses d'impôts sur les impôts de production d'ailleurs. Il y a une petite tranche, une baisse d'impôts qui s'ajoute à toutes les baisses d'impôts qu'il y a eu dans le précédent quinquennat. Donc on ne demande rien aux entreprises. Donc on baisse les impôts à des entreprises.

Donc on leur permet d'avoir plus d'activités alors que même elles sont probablement dans des secteurs qui sont des secteurs allant à l'encontre de la lutte contre le réchauffement climatique. Normalement, un gouvernement devrait choisir. Il peut donner, s'il veut payer, une partie des coûts d'adaptation et orienter la production. Il peut avantager celles qui s'orientent directement sur des productions en faveur de la transition écologique. C'est ça qu'il devrait faire. Alors là, il donne gratuit à tout le monde de manière uniforme. Et puis de l'autre côté, il met un petit peu d'argent dans la transition écologique.

Donc je pense que quand on fait la balance entre ce qui est donné et d'un côté et ce qui est offert de l'autre côté à des entreprises, on est sur des budgets qui sont beaucoup plus faibles. Donc c'est ça la vraie question de fond. Si on veut faire une planification, ce n'est pas moi qui emploie ce mot maintenant, c'est le président de la République, la planification, ça suppose la coordination des entreprises petites et grandes avec pour but final de servir la transition écologique. Il n'y a jamais eu ça, la trace de ça. On ne sait pas quelle entreprise va favoriser la transition plus qu'une autre. Il n'y a jamais eu un plan au sens strict qui a été établi, le haut commissariat au plan.

Chaque fois qu'il fait un rapport, il finit par vous dire oui, il faudrait faire un plan, mais c'est son but normalement de faire un plan. Ce n'est pas que de dire on va manquer pas de médicaments et il faut établir le plan après. Il n'y a jamais de plan qui a été établi. Donc on reste sur la même doctrine, on baisse ses impôts aux entreprises, elles font ce qu'elles veulent, on leur fait confiance, c'est le marché qui décide, on met un petit peu d'argent quand même pour ajuster à droite et à gauche le marché, mais ce n'est pas une transition écologique ambitieuse.

16:53
Présentateur

Évidemment, tout ce qu'on vient de dire est guidé par une obsession, réduire le déficit public, réduire la dette, être compétitif par rapport aux voisins qui eux mettent en place des mesures pour réduire leurs dettes et leurs déficits. Deux notions à ne pas confondre, on avait déjà fait un épisode là-dessus. Est-ce que pour toi c'est un objectif qui est urgent et qui est prioritaire ?

17:09
Invité

Non, le seul problème c'est que je pense qu'en Europe un certain nombre de pays partagent cette position. Il n'y en a qu'un seul qui ne la partage pas vraiment, c'est l'Allemagne et puis quelques pays du Nord. Mais quand on regarde par exemple sur les dettes publiques, il y a beaucoup de pays qui ont des dettes au-dessus de 100%. Il y a l'Italie, il y a le Portugal, il y a l'Espagne, il y a la France, ça fait pratiquement 50%, la Grèce, ça fait pratiquement 50% du PIB. Donc si on était un petit peu offensif, on pourrait dire que là il faut arrêter tout ça.

Aujourd'hui, tout le monde dit que pour mener la transition écologique et pour remettre nos services publics à niveau, il faut de l'investissement public et cet investissement public il se fera par la dette. Même M. Pizani-Ferry récemment a dit que l'investissement public qui avait été fait dans le cas du pacte vert européen était beaucoup trop faible et qu'il fallait rajouter des sommes de 180 milliards. On parle des sommes énormes. Même lui, qui était un économiste qui a fait le programme de Macron, un conseiller Macron en 2017. Donc aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire ça. Et les Etats-Unis n'hésitent pas à le faire. Ils ont un déficit bien plus élevé que le nôtre.

Ils ont une dette plus élevée que le nôtre. Les Chinois, c'est pareil, ils n'hésitent pas à le faire. Donc pourquoi nous, qui sommes tous ensemble la première zone économique mondiale, parce que c'est ce qu'est l'Europe, on n'arrive pas à s'accorder là-dessus. C'est ça qui est dingue. Donc on voit bien qu'on n'a pas tenu compte des erreurs du Covid, qu'on a fait semblant de faire en sorte qu'on allait faire des prêts tous ensemble, etc. Mais que très vite, voilà, tout le monde fait cavalier seul et on se regarde en disant qui va réduire plus rapidement ses déficits. C'est une grosse erreur. Ça ne sert à rien. Aujourd'hui, il faut bien sûr observer les déficits et l'évolution de la dette.

Mais encore aujourd'hui, notre pays reste attractif pour les investisseurs. Il y a tellement d'épargne dans l'économie, tellement d'épargne dans l'économie qu'il faut bien la diversifier cette épargne. Et on la diversifie aussi en achetant des dettes de pays sûrs. Et l'Europe, malgré tout, reste un ensemble économique qui est plutôt sûr. Donc c'est là-dessus qu'on devrait jouer plutôt que de vouloir réduire les déficits pour les réduire et au final, amputer les investissements nécessaires pour l'avenir.

19:09
Présentateur

Oui, c'est ça, tu parles d'investissement parce que faire des économies sur le court terme, ça peut en fait nous coûter plus cher sur le long terme. C'est des choses qui aident à investir. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce côté investissement ?

19:18
Invité

Regardez, crise du Covid, crise sanitaire, ah tiens, on n'a fait que des économies sur l'hôpital depuis 20 ans, on n'a pas suffisamment investi. On s'en rend compte quand il y a une crise. La guerre en Ukraine aux portes de l'Europe, ah tiens, on n'a pas suffisamment investi dans nos armées, on s'en rend compte. Donc chaque fois qu'il y a une crise, on se rend compte qu'on n'a pas suffisamment investi. Ça sert aussi un peu à ça, à la prospective et l'investissement. Là, la transition écologique, la planification écologique, c'est quelque chose d'extrêmement important. S'il n'y a pas les investissements nécessaires, ce sont des plans sans investissement et ça finit comment ça ?

Ça finit qu'on demande les ajustements aux gens les plus pauvres et après ça fait, on le voit bien, l'extrême droite qui s'empare en Allemagne de la lutte contre les chaudières à gaz et qui gagne des points dans les sondages parce qu'elle dit nous on ne veut pas de ça, on ne va pas embêter les gens. En Espagne, des mairies, une fronte de mairies qui sont contre les zones à faible émission et là le gouvernement se dit bon ben est-ce que je vais reculer ?

Donc s'il n'y a pas d'investissement pour accompagner ceux qui ont le plus de difficultés à s'ajuster, vous arrivez tout droit à une transition low cost et une transition low cost c'est-à-dire pas de transition en réalité et c'est ça qui va se dessiner aujourd'hui en Europe. Et j'ajouterais une chose, c'est que quand on regarde chez nous, parce qu'on ne nous arrête pas de nous parler de notre déficit que c'est très très grave parce qu'on n'a pas été à l'équilibre depuis 50 ans. Alors déjà sur les 50 dernières années les Etats-Unis ont été en excédent trois fois. Une fois ils ont été en excédent, ils ont cherché à revenir en déficit pour leur politique monétaire.

Le Royaume-Uni a été en excédent je crois quatre fois de mémoire et l'Italie jamais. Donc l'excédent ce n'est pas une fin en soi. Quand sur 50 ans vous avez la première puissance qui n'y est que trois fois, je veux dire le monde ce n'est pas l'Allemagne contrairement à ce que pensent nos dirigeants français. Donc nous n'avons jamais été en excédent depuis 50 ans. Mais ce qu'il faut voir c'est que dans notre déficit, si on retire nous sommes en excédent. Ça veut dire que la dette que nous avons contractée a financé de l'investissement. Et c'est une bonne chose. On aurait pu aller plus loin. C'est ça, c'est une bonne chose.

Contrairement à ce qu'on dit oui, chaque fois qu'on dépense on s'endette. Non, en fait c'est faux. La dette que l'on a prise ces 30 dernières années a financé de l'investissement. Et je veux dire aujourd'hui que vous soyez une PME, une entreprise privée, une grande entreprise, vous vous endettez avant d'investir. C'est comme ça. Et c'est pareil pour un Etat.

21:31
Présentateur

Pour les gens, on en avait parlé avec Benjamin Brice avec son livre L'impasse de la compétitivité. C'est-à-dire que si on investit dans l'école, dans la santé, ça me paraît tout au piste, dans la santé, dans l'école, les gens sont moins malades. Ou alors si on investit dans l'emploi, les gens travaillent donc au moins de prestations sociales. Tout se gagne et tout se revient. Mais il faut pour ça une vision de long terme et de l'investissement comme tu viens de le dire. Nous, ce qu'on n'arrête pas de dire dans l'instant penché, c'est arrêter de réduire le déficit en réduisant les dépenses, mais augmenter plutôt les recettes, par exemple, les super profits sur les entreprises.

Eh bien, le projet de loi de finances avance qu'en 2024, les recettes de l'État seraient en hausse de 14 milliards d'euros par rapport à 2023, que les recettes fiscales nettes, elles, c'est plus 17,3 milliards. Cette hausse, elle est principalement portée par la hausse de l'impôt sur les sociétés, plus 10 milliards, de la taxe sur la valeur ajoutée, plus 4,1 milliards et de l'impôt sur le revenu, plus 3,5 milliards. Et de l'autre, on a des taux d'imposition sur les sociétés qui ont fortement baissé sous Macron. On est passé de 33 à 25 %, on le rappelle. Thomas, qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que ça y est, les entreprises, ils mettent enfin du leur ou pas du tout ?

22:34
Invité

En fait, c'est très difficile de comparer ces dernières années parce qu'on a eu des années de crise avec la crise sanitaire et des années de reprise ensuite, puis la crise due à la guerre et l'inflation, puis des reprises ensuite. Donc, quand vous comparez une année de crise avec une année de reprise, effectivement, vous avez beaucoup plus de rentrées fiscales. Ça, c'est une réalité. Après, je pense qu'il ne faut pas penser que c'est parce qu'il y a eu des baisses des impôts qu'il y a eu plus de rentrées fiscales, bien que quand vous avez une société, etc., vous pouvez faire des montages toujours pour vous payer plutôt en dividende qu'en revenus où il y a un impôt plus fort.

Donc, il faut voir aussi ça. Mais globalement, il faut se poser la vraie question, c'est-à-dire, est-ce qu'on n'aurait pas eu plus de rentrées fiscales si on n'avait touché à rien ? C'est ça la réalité. C'est-à-dire qu'il y a un tas de choses qui ont été faites dans les baisses de fiscalité, dans les baisses de charges où on nous promettait que ça allait relancer l'activité. C'était le cas du CICE, c'était le cas de la baisse de l'IS, c'était le cas aussi de la réforme de l'ISF. Et tous les rapports ont montré que ça n'a pas relancé autant que ça, l'activité. Alors, certains nous expliquent encore que ces rapports sont faux, c'est des rapports de France Stratégie.

On se rend bien compte que l'effet escompté n'a pas été là et que malgré tout, Macron ne veut pas demander plus d'efforts, ne veut pas demander beaucoup plus d'efforts aux entreprises. Et donc, on est toujours dans le même logiciel. Les entreprises font ce qu'elles veulent, il n'y a pas de souci. Et de l'autre côté, on doit réduire les déficits donc on économise sur la dépense publique et donc le service public. Donc, on est toujours dans cette logique-là.

Et ce qui est difficile, c'est que là, on a un budget qui est encore une fois plutôt de contrôle avec pas une austérité franche, mais dans les prochaines années, ça risque de devenir un peu plus difficile parce que les prévisions d'ici à 2027, c'est de faire passer le déficit à 3%. Et avec ça, on va avoir un contrôle des coûts beaucoup plus drastiques dans les années à venir. Donc, le plus dur reste à venir.

24:21
Présentateur

Justement, tu m'as devancé. Bruno Le Maire et Emmanuel Macron ont aussi une vision, tu viens de le dire jusqu'en 2027 avec la fameuse loi de programmation des finances publiques. Et pareil ici, les priorités, c'est réduire le déficit, réduire la dette. Tu ne peux pas nous prédire l'avenir, mais un peu quand même. C'est quoi l'avenir pour nous ?

24:36
Invité

En fait, le problème de ce gouvernement, c'est qu'il pense qu'il faut réduire les dépenses pour réduire les déficits. Or, en fait, quand on réduit les dépenses, souvent en réduisant le PIB. Parce que vous savez, le PIB, c'est quoi ? C'est la consommation, l'investissement privé, les dépenses publiques. La consommation, elle est en berne avec l'inflation. L'investissement privé, avec la hausse des taux, il ne va pas très bien. Donc, le seul moteur que nous avons en ce moment, c'est la dépense publique. Si vous coupez en plus sur les dépenses publiques, vous allez avoir le PIB, vous allez avoir une croissance morose. Et donc, le déficit qui est exprimé en pourcentage de PIB va augmenter.

Alors que c'est l'inverse, en fait. Il faut stimuler la croissance pour réduire les déficits et réduire in fine la dette. Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Comme le gouvernement reste dans ce logiciel-là, il va encore plus couper dans la dépense publique pour tenir son objectif de 3% et que Macron finisse avec, on va dire, un budget sain, selon lui. Et donc, il va y avoir des... À mon avis, dans les prochaines années, quand on voit la programmation de la réduction des déficits, il va y avoir des économies qui risquent d'être plus fortes l'année prochaine et encore plus fortes l'année suivante. Donc, comme j'ai dit à la question précédente, le plus dur reste à venir.

25:39
Présentateur

Merci, Thomas.

25:40
Invité

Merci à toi.

25:40
Présentateur

Évidemment, nous, on va suivre ça pendant des années et à la télé parce qu'on ne le redira jamais assez. Le média arrive à la télé. Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. Pour cette émission et pour le média, je viens de le dire, la rentrée se fera à la télé. Mais surtout, avec vous, le 20 octobre, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé, des box, Internet. Oui, nous allons nous frotter aux dites grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique, pour constituer notre grille des programmes. Nous sommes en pleine levée de fonds sur Kiss Kiss Bank Bank.

Nous avons atteint notre premier palier déjà à 100 000 euros. Nous avons besoin d'aller encore plus loin. Merci beaucoup. Rejoignez-nous. Rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine. Merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires qu'on lit et pouces en l'air sous la vidéo. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.