Sébastien Chenu : "Comment Emmanuel Macron peut-il trembler devant l'Algérie !" (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Comment vous qualifiez à la fois la décision et l'attitude du président américain ?
- 1:24RelanceRéponse directe
Certains vous ont reproché d'avoir relativisé le clash entre Trump et Zelensky. Votre soutien à l'Ukraine est-il constant ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Que répondez-vous au procès en poutinophilie concernant votre proposition d'alliance avec la Russie ?
- 3:25FerméeRéponse directe
L'indépendance équidistante, c'est votre ligne ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Pour Emmanuel Macron, la dissuasion nucléaire passe par une dissuasion élargie. Qu'en pensez-vous ?
- 4:44FerméeRéponse directe
Donc il est pour un fédéralisme européen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Il y a à la fois toujours un peu de provocation. »
- 0:41Invité politiqueFait
« Il a aussi été élu sur un programme qu'il entend visiblement faire respecter qui est celui de ne plus donner d'argent sur des fronts extérieurs et de vouloir de négocier, d'obtenir une paix coûte que coûte entre l'Ukraine et la Russie. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr, parce que moi j'entends, enfin sans limite, il y a toujours des limites, évidemment, mais j'entends que Zelensky veut des garanties avant de signer un quelconque accord. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr que Zelensky veut et doit obtenir des garanties, parce que quand il y a eu des cessez-le-feu, ou quand il y a eu des pas en avant, souvent c'est Poutine qui a torpillé tout ça. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Moi je pense que Gabriel Attal devrait plutôt tourner ses critiques vers le président de la République qui, lorsqu'il dit que nous devons peut-être un jour imaginer partager notre puissance nucléaire, nous affaiblit. »
- 3:29Invité politiqueFait
« C'est la ligne stratégique de la France, finalement, pendant des années. C'est-à-dire que nous sommes à équidistance des uns et des autres, nous parlons à tout le monde, nous défendons nos intérêts, nous n'avons pas d'amis, nous avons des alliés qui sont parfois des concurrents. »
- 4:03Invité politiqueFait
« Vous savez, avec Emmanuel Macron, ce qu'il faut surveiller, c'est effectivement l'indépendance de notre pays, qu'il abîme chaque jour davantage, son indépendance en matière de défense, son indépendance en matière énergétique aussi. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Ils ont fait, par exemple, dire Vladimir Poutine sera bientôt à Paris, quand j'entends Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères, enfin, sincèrement, quel niveau ? »
- 6:20Invité politiqueFait
« Donc d'abord, le souverainisme, c'est d'abord cette défense qui repose sur nous-mêmes, ça veut dire aussi qu'il faut acheter français en matière de défense. »
- 7:34Invité politiqueFait
« Faisons déjà le bilan des sanctions qui ont été menées contre la Russie et voyons si ce bilan a bénéficié à la France. »
- 7:53Invité politiqueFait
« Je vois qu'aujourd'hui Bruno Le Maire qui nous disait « nous allons mettre à genoux l'économie russe » a réussi surtout à affaiblir l'économie française. »
- 9:36Invité politiqueFait
« Quelle honte, quelle honte. Franchement, voir Emmanuel Macron avoir peur, trembler devant une réaction possible de la diaspora algérienne, est honteux pour plusieurs raisons. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Je vous rappelle qu'on a ouvert deux consulats de plus pour l'Algérie sur notre territoire. C'est Gérald Darmanin qui a fait cela ces dernières années, sans retour, sans aucune contrepartie. »
- 11:09Invité politiqueFait
« Notamment Boalem Sansal, qui est en train de mourir, de croupir dans les jaules algériennes, dont tout le monde, à part peut-être ici, on en parle un peu, et quelques responsables politiques qui ne sont pas à gauche le dénoncent. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu68 %
- Présentateur32 %
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Et bienvenue à la grande interview sur CNews et Européens. Vous êtes député RN du Nord, vice-président du Rassemblement National. Dans quelques instants nous allons parler bien sûr Sébastien Chenu du débat hier à l'Assemblée sur l'Ukraine. Mais à ce sujet justement, cette nuit la Maison Blanche a donc annoncé la suspension de l'aide militaire à l'Ukraine pour faire pression sur le président ukrainien. Et Donald Trump a lancé que Zelensky devrait être plus reconnaissant. Déclaration dans la même veine que leur échange très musclé dans le bureau ovale. Comment vous qualifiez à la fois la décision et l'attitude du président américain ?
Écoutez, on sait comment fonctionne Donald Trump. Il y a à la fois toujours un peu de provocation. Il a aussi été élu sur un programme qu'il entend visiblement faire respecter qui est celui de ne plus donner d'argent sur des fronts extérieurs et de vouloir de négocier, d'obtenir une paix coûte que coûte entre l'Ukraine et la Russie. Et donc il met en application son discours. C'est assez classique. Il le fait avec le tempérament qu'on lui connaît, qui peut être assez malaisant. C'est vrai que les images qu'on a vues n'étaient pas les plus heureuses probablement. Mais ce que Donald Trump dit tout simplement, c'est qu'il veut récupérer désormais son argent, qu'il veut la paix.
Et ça, ce n'est pas nouveau. On fait parfois en fin de s'étonner. Donald Trump a toujours eu ce discours.
Alors, je ne sais pas qui s'étonne, mais certains vous ont reproché, ou en tout cas ont reproché à Marine Le Pen d'avoir relativisé justement ce clash entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. La même Marine Le Pen qui, hier, à la tribune de l'Assemblée, salue l'héroïsme ukrainien face à l'invasion russe. Donc, question directe Sébastien Chenu. Votre soutien à l'Ukraine, vous le qualifiez de réaliste. Constant.
Constant, nous avons toujours soutenu. Oui, bien sûr, parce que moi j'entends, enfin sans limite, il y a toujours des limites, évidemment, mais j'entends que Zelensky veut des garanties avant de signer un quelconque accord. Et comment ne pas trouver qu'il a raison ? Oui, bien sûr que Zelensky veut et doit obtenir des garanties, parce que quand il y a eu des cessez-le-feu, ou quand il y a eu des pas en avant, souvent c'est Poutine qui a torpillé tout ça. Donc moi j'entends ce que le président ukrainien dit, j'entends et je salue le courage du peuple ukrainien qui cherche à se faire respecter, évidemment.
Maintenant, ce que je déplore, c'est l'absence de l'Europe, finalement, dans ses négociations. Chaque jour davantage.
Alors on va en parler, parce que votre ligne, votre nini, si je puis dire, est intéressant. Mais encore hier, à l'Assemblée, Gabriel Attal, ancien Premier ministre, a dit que Marine Le Pen n'avait pas donné des leçons de géostratégie. Il a rappelé, lors de la dernière élection, votre proposition d'alliance en matière de défense avec la Russie. Toujours ce procès en poutinophilie. Que répondez-vous à cela ?
Oui, c'est un bien mauvais procès. Moi je pense que Gabriel Attal devrait plutôt tourner ses critiques vers le président de la République qui, lorsqu'il dit que nous devons peut-être un jour imaginer partager notre puissance nucléaire, nous affaiblit. Emmanuel Macron affaiblit la France dans le concert des nations lorsqu'il tient des propos ou des réflexions de ce type-là. Et je pense que c'est nettement plus grave que des procès polémiques qui ne reposent en réalité sur rien. Moi je pense qu'aujourd'hui, la France devrait pouvoir affirmer une indépendance en matière de défense.
L'indépendance équidistant, c'est votre ligne.
Absolument, mais aussi...
C'est-à-dire que c'est un nini en réalité, pas d'alignement, c'est-à-dire ?
Oui, mais c'est la ligne stratégique de la France, finalement, pendant des années. C'est-à-dire que nous sommes à équidistance des uns et des autres, nous parlons à tout le monde, nous défendons nos intérêts, nous n'avons pas d'amis, nous avons des alliés qui sont parfois des concurrents, mais nous considérons que nos intérêts doivent primer. On a abandonné tout ça. Emmanuel Macron a abandonné tout ça depuis bien longtemps, puisqu'il a abandonné la défense de l'intérêt national.
Parlons-en, parce que pour lui, elle passe, Sébastien Chenu, par justement une dissuasion nucléaire élargie, élargie. Non pas à partager, non pas à mutualiser. Tous les présidents de la Ve République l'ont dit.
Bien sûr, mais c'est un premier pas, toujours. Vous savez, avec Emmanuel Macron, ce qu'il faut surveiller, c'est effectivement l'indépendance de notre pays, qu'il abîme chaque jour davantage, son indépendance en matière de défense, son indépendance en matière énergétique aussi, parce qu'on sait que finalement, la puissance d'un pays, c'est une indépendance énergétique, une indépendance en matière de défense. Sur ces deux fronts, force est de constater qu'Emmanuel Macron a fait régresser la France. Il n'a pas défendu l'intérêt national. C'est aussi ça que je reproche à Emmanuel Macron, c'est que ce n'est pas un président...
Ne pas défendre l'intérêt national pour un président, ça équivaut à une forme de... Je vous laisse dire le mot dans ce cas-là.
À quoi vous pensez ? Non, je dis simplement qu'Emmanuel Macron ne défend pas l'intérêt national, il défend un intérêt supranational, qui est l'intérêt de l'Union européenne. Voilà.
Donc il est pour un fédéralisme européen ? Oui, ça n'en cache pas d'ailleurs.
Et il est soutenu par des fédéralistes. Bien sûr, mais depuis toujours, vous savez, moi, mon premier vote, ça a été contre Maastricht, contre le référendum de Maastricht, lorsque j'ai pu voter, la première fois où j'ai voté, c'était la première brique qui a été posée, qui a déconstruit finalement l'indépendance de notre pays. Donc aujourd'hui, on continue. Et je dois dire que Ursula von der Leyen fait avancer un agenda fédéraliste dès qu'elle le peut. C'est agité.
J'allais dire, au vu et au-dessus de tous, il n'y a pas d'agenda caché.
Oui, enfin, il y a aussi quand même des agitations et des peurs. Lesquelles, par exemple ? Ils ont fait, par exemple, dire Vladimir Poutine sera bientôt à Paris, quand j'entends Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères, enfin, sincèrement, quel niveau ? Qui est plutôt un TikToker, pour ceux qui ont pu voir ces vidéos, qui nous dit, le front se rapproche de plus en plus de nos portes. Enfin, je veux dire, à un moment, il faut aussi arrêter d'agiter des peurs pour simplement faire avancer un agenda fédéraliste. C'est ce que fait Emmanuel Macron, c'est ce que fait son gouvernement.
Vous proposez, face à ce fédéralisme, vous proposez le souverainisme, Sébastien Chenu, ça c'est, si je peux dire, Emmanuel Macron est constant dans son fédéralisme, vous êtes constant dans votre souverainisme, mais expliquez-nous comment ça se décline. Marine Le Pen a dit hier, la sécurité européenne ne passera pas par la défense européenne, mais par la défense renforcée de chacune des défenses des nations européennes.
Absolument.
Autrement dit, l'Europe ne peut pas s'entendre pour se protéger.
Mais l'Europe peut faire des partenariats, et d'ailleurs on le fait, s'entendre entre nations, mais notre défense nationale ne doit reposer que sur nous-mêmes, ou en tous les cas principalement sur nous-mêmes. Donc d'abord, le souverainisme, c'est d'abord cette défense qui repose sur nous-mêmes, ça veut dire aussi qu'il faut acheter français en matière de défense. Je vois que l'Union européenne n'achète pas français, aucun contrat américain d'ailleurs n'a été dénoncé.
Comment les contraintes par une forme de préférence d'abord européenne ?
C'est là où les pays peuvent passer justement des alliances, peuvent avoir des partenariats, c'est là où l'Europe peut montrer qu'elle veut d'abord se solidifier, se mettre en avant, en se soutenant les uns les autres. Et puis c'est, je l'ai dit, l'indépendance énergétique. Tant qu'on ne réglera pas ces problèmes d'indépendance énergétique aussi, nous ne serons pas une nation libre, nous serons une nation sous tutelle ou dépendante des autres.
Des autres dons ?
Dépendant des Etats-Unis en matière de défense, dépendant de l'Union européenne en matière d'énergie, alors que nous avons la capacité à produire une énergie à bas coût, aujourd'hui nous sommes pris d'un côté et de l'autre.
En attendant, il va falloir quand même financer cet effort de défense, d'abord national mais aussi européen. Qui va payer ? Par exemple, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, chacun d'ailleurs y va de son hypothèse et de sa piste, a dit qu'il faut saisir les avoirs gelés des Russes. C'est quand même un pactole, si je puis dire, une sème importante de 300 milliards. Est-ce qu'on peut comme ça piocher dans ces avoirs gelés ?
Faisons déjà le bilan des sanctions qui ont été menées contre la Russie et voyons si ce bilan a bénéficié à la France. Selon vous ? Je vois qu'il a abîmé l'économie française et qu'il n'a rien permis en matière de capacité à faire cesser le feu, à trouver la paix et à aider l'Ukraine à s'en sortir. Je vois qu'aujourd'hui Bruno Le Maire qui nous disait « nous allons mettre à genoux l'économie russe » a réussi surtout à affaiblir l'économie française. Donc on voit bien qu'à continuer comme ça, c'est une façon d'abîmer nos économies nationales. Quand Gabriel Attal dit ça, en réalité ce sont des choses qui sont souvent peu réalisables, mais surtout à la fin c'est notre économie qui est abîmée.
Allons vers la paix. Faisons ce que Marine Le Pen disait hier devant l'Assemblée nationale, une grande conférence de paix sans l'Union, pas sur le dos de quelqu'un, au bénéfice de l'Ukraine évidemment, qui définira elle-même les conditions d'un accord de paix qu'elle pourrait avoir, mais une conférence dans laquelle l'Union Européenne serait absente, mais où tous les pays européens seraient présents.
Avec le nouvel homme du nouvel ordre mondial, M. Trump.
Mais pas sans lui, mais pas uniquement avec lui. Parce qu'aujourd'hui ce qui se passe, c'est que ça se passe avec Trump, ça se passe avec la Chine, ça se passe en Turquie, mais ça ne se passe pas avec la France et avec les pays européens. D'ailleurs Emmanuel Macron a été largement humilié dans la proposition qu'il a faite dernièrement. C'est-à-dire avec Londres ?
C'est une humiliation de proposer, d'essayer de trouver une voie ?
Ce n'est pas réaliste. Nous ce que nous demandons, c'est de mettre tout le monde autour de la table depuis très longtemps. Ce n'est pas évidemment ce qui a été fait.
Autre dossier Sébastien Chenu, autre actualité brûlante, ça concerne l'Algérie. Alors que le président n'est pas sur la même ligne que le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur, on apprend dans le Figaro que l'entourage, comme on dit présidentiel, craint en réalité les réactions de la diaspora algérienne. C'est ce qui motiverait, je me permets de mettre cela au conditionnel, ce sont des offres, la position du chef de l'État, qui ne compte pas, on l'a vu ça, il l'a dit, s'engager dans le bras de fer. Il a dit les accords de 68, c'est moi, c'est le président.
Quelle honte, quelle honte. Franchement, voir Emmanuel Macron avoir peur, trembler devant une réaction possible de la diaspora algérienne, est honteux pour plusieurs raisons. D'abord, ça veut dire qu'il essentialise aussi nos compatriotes franco-algériens, imaginant qu'ils seraient surtout des Algériens, et pas attachés au fait que la France puisse vouloir se faire respecter. Je trouve ça incroyable, ça veut dire qu'il oublie aussi que chez les Algériens, ou les franco-algériens, il y a des cabiles, il y a toutes différentes sensibilités qui existent, et qui n'amènent pas forcément au soutien du régime algérien à tout prix.
Donc je pense que d'abord, il essentialise, et il fait preuve d'une mauvaise manière à nos compatriotes franco-algériens. Et puis la deuxième chose, comment peut-on accepter d'être président d'un pays, la France, qui se fait humilier, qui ne réagit pas, et qui dit simplement, on va continuer à prendre des thés avec les dirigeants algériens, en regardant si on ne peut pas améliorer sur un coin de table, deux, trois choses, très gentiment.
Vous êtes toujours sur la ligne du zéro visa.
Mais pas uniquement du zéro visa. Je vous rappelle qu'on a ouvert deux consulats de plus pour l'Algérie sur notre territoire. C'est Gérald Darmanin qui a fait cela ces dernières années, sans retour, sans aucune contrepartie. On accueille Bruno Retailleau, accueille des imams algériens pendant cette période de ramadan. Moi, je ne suis pas contre le fait que chacun puisse vivre sa religion, mais il le fait sans aucune contrepartie. On pourrait aussi dire à l'Algérie, écoutez, cette année, vu les relations, on va accueillir vos imams, mais il va falloir faire un geste. Vous ne lui reconnaissez pas d'essayer ?
Notamment Boalem Sansal, qui est en train de mourir, de croupir dans les jaules algériennes, dont tout le monde, à part peut-être ici, on en parle un peu, et quelques responsables politiques qui ne sont pas à gauche le dénoncent. Mais je veux dire, dont tout le monde se moque. À un moment, entendre Emmanuel Macron dire que non, il ne faut pas abroger, renégocier les accords franco-algériens de 68, c'est une honte. C'est un président qui a peur. Comment pouvons-nous être gouvernés par un président qui a peur ?
Certains à gauche parlent, parlez-moi de Boalem Sansal, ici même, je pense à Jérôme Gage, c'est important de compter les soutiens, c'est toujours important.
Oui, je veux dire, parce qu'ils sont uniques.
Bruno Rotaillot a affirmé de son côté avoir reçu quand même le soutien de l'Elysée, Sébastien Chenu, pour exiger le renvoi déjà des individus indésirables, même s'il reconnaît un désaccord avec Emmanuel Macron. Il a parlé hier d'une liste d'une centaine d'individus dangereux qu'il va présenter à l'Algérie. Des paroles, vous les avez souvent dénoncées, mais est-ce que vous reconnaissez là des actes, une volonté, un volontarisme ?
D'abord, il y a à peu près 730, je crois, cas extrêmement sensibles d'Algériens qui posent des problèmes, possiblement de terrorisme, qui devraient repartir en Algérie. Bruno Rotaillot se moque du monde. Bruno Rotaillot, c'est ce double discours permanent qui, à un moment, va finir par se voir. Parce que Bruno Rotaillot nous avait dit il y a deux mois qu'il était contre les femmes voilées pour les sorties scolaires. Qu'est-ce qu'il a fait depuis deux mois ? Rien du tout.
Il n'y a pas de majorité, vous voyez l'état de l'Assemblée nationale.
Il n'y a pas de place des militants socialistes dans les plus hauts organes de l'État. Vous parlez d'une nomination ? Absolument.
Certains disent une nomination technique au sein du ministère de l'Intérieur.
Bruno Rotaillot facilite l'embauche de migrants dans les restaurants. Il vient de signer un décret. Donc c'est ça le nouveau champion de la droite des valeurs. C'est Bruno Rotaillot qui perd tous les arbitrages, l'aide médicale d'État, les accords de 68, et qui en douce, nomme des gens de gauche aux plus hautes instances, signent des décrets pour faciliter l'embauche de migrants. C'est ça le nouveau patron de la droite des valeurs ? C'est ça l'homme qui est censé faire trembler l'extrême-gauche, qui est censé remettre de l'ordre dans le pays ? Non, sincèrement, Bruno Rotaillot, ou n'a pas réellement la volonté, ou n'a pas réellement les moyens, en tous les cas, n'est pas à sa place.
En vous écoutant, Sébastien Chenu, une autre question me vient à l'esprit. Tout à l'heure, sur l'Europe et l'industrie et l'énergie, vous avez dénoncé Emmanuel Macron. Là, vous dénoncez M. le ministre de l'Intérieur. Pourquoi vous n'avez pas censuré le gouvernement si rien ne va ?
Non, mais parce que, vous le savez, de toute façon, il aurait été remplacé par un Premier ministre qui aurait eu la même couleur politique. Donc, il faut attendre la possibilité d'une dissolution pour bousculer un peu le jeu. Mais moi, je note, parce que je suis sur ces news, je peux probablement le dire, qu'il va plus vite, il est plus facile, et ça va plus vite dans notre société aujourd'hui, de fermer une chaîne de télévision que de se battre pour que Boalem Sansal revienne sain et sauf. Il est français, qu'il revienne sain et sauf dans notre pays.
Vous parlez évidemment de celui-là. Puisque vous parlez de Boalem Sansal, il est français. Elle est française aussi, mais certains voudraient la déchoir de sa nationalité. Je parle de l'eurodéputé Rima Hassan après des propos, énièmes propos polémiques, et une avalanche de réactions. Qu'est-ce que vous en pensez, Sébastien Chenu ? D'abord, est-ce qu'on peut déchoir quelqu'un de sa nationalité ? Elle-même affirme qu'elle était apatride. Est-ce que c'est la meilleure manière, justement, de combattre, de s'opposer, en tous les cas, à ses idées ?
Non, mais Mme Rima Hassan fait avancer un certain nombre d'idées qui nourrissent l'antisémitisme dans notre pays. Elle est uniquement la défendresse de la Palestine. Elle nourrit un discours qui tend à exclure, à diviser, etc. Et ses propos, non seulement doivent être combattus, mais sont condamnables. La déchoir de sa nationalité, si elle n'a pas une double nationalité, ce n'est pas possible. Donc, quand j'entends un ministre des relations avec le Parlement qui dit ça, moi, je ne connais pas le dossier personnel de Mme Rima Hassan. Je ne sais pas quelle est sa carte d'identité, mais il serait bien qu'au sommet de l'État, on ne dise pas non plus n'importe quoi.
Donc, combattons, Mme Hassan, aussi dans les urnes. La France insoumise est un danger pour notre pays. Chaque jour, nous le voyons. La France insoumise a un agenda qui est celui de la division du chaos dans notre pays, qui est celui aussi de nourrir un discours sur l'antisémitisme et l'antisionisme. Combattons-les par les urnes d'abord, devant les tribunaux, si évidemment, ils vont au-delà de ce qui est acceptable dans le droit de la presse. Mais évidemment, ça, c'est notre boulot. La justice est projet contre projet. Absolument.
Merci Sébastien. Merci. C'était votre grande interview. Je vous dis à bientôt et bonne journée à vous. Merci. Sous-titrage ST' 501
Sébastien Chenu