Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) : des propositions chocs pour relancer la natalité - 11/02/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bien, bonjour à toutes et à tous. On est très heureux de vous retrouver cet après-midi pour la conférence de presse au cours de laquelle monsieur le rapporteur Jérémie Patrietus va vous présenter les conclusions de son rapport. Conclusions qui viennent clore quand même plus de 6 mois de travaux au sein de cette de cette mission d'information.
Je voulais démarrer mes propos en remerciant le rapporteur Jérémie Patrieletus de m'avoir permis de m'investir pleinement dans cette mission. de m'avoir également autorisé à pouvoir formuler quelques recommandations et j'y suis très sensible. Au cours de cette mission, nous avons pu auditionner, nous avons pu mener plus de 50 auditions, auditionner plus d'une centaine de personnes.
Euh nous avons cherché finalement à saisir le spectre le plus large possible des questions de natalité. Ça a été un sujet passionnant, un sujet même presque dévorant, j'ai envie de dire parce qu'on se rend compte que la natalité touche absolument à toutes les questions de politique publique, mais qu'elle touche aussi à des notions beaucoup plus peut-être métaphysiques, irrationnelles, peut-être tout simplement parce que bah faire un enfant ça va pas toujours de soi et ça reste quelque chose finalement d'assez d'assez magique et d'assez extraordinaire. que d'aller créer la vie.
Et je trouve qu'en ces temps où on a parfois tendance à aller trop surfer sur les peurs des uns et des autres, ça me semble important de pouvoir dire que derrière chaque projet d'enfant, il y a quelque chose d'extraordinaire qui se cache et que notre rôle tout au long de la mission a été de s'intéresser à aider les Françaises et les Français à concrétiser un désir d'enfant qui était déjà présent. Alors, nous avons pu recevoir des démographes, des statisticiens, des économistes, des urbanistes, des historiens, des philosophes, des médecins, des psychiatres, des psychologues, des sages-femmes, des métiers de la petite enfance, des responsables politiques nationaux et locaux, responsables de la sécurité sociale, des associations familiales, des entreprises, des personnalités intervenant dans les domaines de la natalité ou de la parentalité et puis des collègues députés qui ont pu également rendre des travaux qui avaient un lien connexe. Je pense par exemple au rapport sur la situation démographique des outresemères ainsi que celui sur la santé mentale des femmes ou encore les politiques d'accompagnement à la parentalité.
Dernier élément que je souhaitais souligner avant de passer la parole au rapporteur, euh nous avons eu l'opportunité de pouvoir lancer une grande consultation euh à la fin de l'année dernière pendant 5 à 6 semaines et plus de 30000 personnes ont répondu à cette consultation. C'est une vraie fierté. elle a été massivement relayée et de voir l'engouement autour de ce sujet, le fait que autant de personnes se sentaient concerné par le sujet a été pour nous quand même un message à la fois positif mais aussi un message qui nous oblige en tant que responsable politique dans la qualité des travaux qu'on a pu conduire et la réponse politique qu'on sera amené à y apporter dans les mois qui viennent.
Enfin, une délégation de notre mission dont le rapporteur et moi-même euh avons pu nous rendre euh en janvier en déplacement en Suède et en Allemagne de manière à pouvoir comparer nos politiques familiales. En Suède, parce que vous le savez bien, le modèle familial suédois sert souvent de référence comme modèle permettant de concilier vie professionnelle et bien-être parental. Le modèle allemand nous intéressait également par à la fois une natalité très basse et la manière dont les Allemand avait pu finalement s'organiser autour d'une natalité basse, mais également par une politique familiale volontariste qui a été menée dans les années 2000-2010 et qui a produit des effets puisque la natalité allemande dans ces années-là est passée de 13 à 15 alors qu'elle était devenue structurellement très basse.
Ce qui témoigne que lorsqu'une politique familiale est cohérente et bien calibrée, elle est capable de produire des effets. Je m'arrête là après cette introduction beaucoup trop longue et je m'en excuse et je laisse la parole tout de suite au rapporteur. Merci.
Merci beaucoup. Je j'aurai un propos assez bref parce que je crois que vous avez eu le rapport et les propositions et et le but c'est de pouvoir préciser les réponse à à vos questions et je vous remercie d'être là et de donner un peu un peu d'écoédiatique à ce à ce rapport. Les les deux premières choses que je voudrais vous dire, c'est que à un moment où l'Assemblée nationale renvoie parfois une image lamentable et et pour pas dire un triste spectacle à un moment où l'Assemblée nationale est fracturée, à un moment où les députés donnent l'image de personnes incapables de pouvoir discuter, dialoguer, réfléchir à l'avenir du pays en mettant leurs postures et leurs étiquettes politiques de côté. cette mission d'information euh et à mon sens la manière enfin montre témoigne de la manière dont cette assemblée devrait fonctionner.
La capacité pour un président pas d'une commission d'enquête mais d'une mission d'information en l'occurrence et un rapporteur peuvent travailler en bonne intelligence en dépassant les étiquettes politiques la manière dont une mission d'information qui est composée de députés de l'ensemble des forces politiques de cette assemblée nationale peut travailler en essayant quelques instants, le temps d'une mission qui aura duré 6 mois de réfléchir réfléchir à un sujet aussi majeur et et complexe que le désir d'enfant empêché des Français et je crois que en tout cas pour moi dans un moment où l'assemblée donne l'image de débat stérile de controverses inféconde que cette mission d'information permettra aussi d'espérer à une renaissance de notre assemblée nationale. C'était le propéliminaire que je voulais vous livrer peut-être pour aller maintenant à ce rapport. Ce rapport, il est le fruit d'une mission d'information qui a été créée par le groupe Horizon et Indépendant il y a maintenant 6 mois. euh une mission d'information qui avait été souhaitée par le groupe Horizon parce que nous sentions dans le pays un désir d'enfant qui existait mais qui était empêché.
Et je crois que cette intuition que nous avions eu à l'époque a été confirmée par cette mission d'information. Oui, les Français ont encore envie d'avoir des enfants. Oui, le désir d'enfant des Français reste élevé dans le pays.
Et donc la politique familiale doit se donner un objectif simple. répondent à ce désir d'enfant empêché. Notre politique familiale, elle est généreuse, vous le savez, 100 milliards d'euros d'argent public, 5 % du PIB et pourtant, elle est devenue au fil des ans une politique sociale illisible, incompréhensible, incohérente, qui s'est dilué au fil des ans et qui a perdu de vue ses objectifs.
Et avec le groupe Horizon, ce que nous vous proposons dans ce rapport, c'est une sorte de révolution de la politique familiale au sens premier du terme, c'est-à-dire un changement de modèle, un changement de paradigme fixé à la politique familiale, un objectif clair, simple permettent de réaliser le désir d'enfant. C'est pour ça que l'ensemble de ces mesures, ce sont pas des mesures d'incitation. L'idée n'est pas de dire aux Français qu'ils ne veulent pas avoir d'enfants, qu'ils doivent avoir des enfants.
On reviendra aux mesures, mais c'est pas effectivement avec un versement familial que vous allez inciter des Français qui ne veulent pas avoir d'enfants à en avoir. En revanche, notre ambition, c'est de lever les freins à ce désir d'enfant. Trop de Français renoncent pour dire plus simplement à leur désir d'enfant.
J'en donnerai trois exemples et puis j'irai rapidement aux propositions. Vous ne faites pas d'enfant, vous renoncez à votre désir d'enfant si vous n'avez pas les capacité matérielle d'assumer la charge d'un enfant. 54 % 54 % c'est la différence du pouvoir d'achat entre une famille avec deux enfants et une famille sans enfants.
Donc oui, avoir des enfants aujourd'hui ça pénalise, ça fragilise votre pouvoir d'achat et oui, les contraintes matérielles sont un frein à la parentalité. Vous ne faites pas d'enfants si vous allez les élever dans une cage. Alors, c'est percutant.
Ces propos ne sont pas de moi. C'est un témoignage qu'on a reçu parmi les 30000 témoignages de cette mission d'information. Une chambre en moi, c'est un enfant de moins.
Et les enfants sont la variable d'ajustement de la crise du logement. Et donc, le logement est un frein majeur au désir d'enfant. Et puis vous ne faites pas d'enfant si vous n'êtes pas capable de les faire garder, si vous n'avez pas à proximité de chez vous un mode de garde accessible financièrement. et sécurisé et on pourra peut-être y revenir.
On a vu les scandales qui ont malheureusement jalonné les différents les différents mois qui sont derrière nous et qui ont mis en évidence des scandales assez importants dans les dans le périscolaire et dans les et dans les crèches. Et donc c'est bien parce qu'il y a des freins à cette parentalité qu'il y a bien des freins à ce désir d'enfant qu'il y a bien dans le pays un désir d'enfant empêché que la politique familiale retrouve son sens. Mais pour qu'elle soit utile et peut-être que j'en terminerai là, pour que la politique familiale soit utile, il faut qu'elle soit adaptée à la société dans laquelle elle s'inscrit.
C'est la conclusion de notre rapport. Souvent, on nous dit "Mais la politique familiale ne peut rien. La politique familiale ne sert à rien." Les exemples européens montrent que la politique familiale peut avoir un rôle, peut être efficace, peut être utile si elle est adaptée à la société dans laquelle elle s'inscrit.
Pour le dire très simplement, la vie des femmes a changé, la vie des couples a changé, la vie des parents a changé. Si la politique familiale française ne s'adapte pas à ce changement de société, elle ne sera jamais efficace. Et c'est bien pour cela que nous appelons avec le groupe Horizon dans ce rapport à une révolution de la politique familiale, à un changement de modèle.
Il faut la repenser complètement. Et peut-être que si vous me le permettez, je vous citerai simplement les trois mesures importantes ou en tout cas les plus importantes parmi parmi les 37 mesures que que je que je propose. La création effectivement d'un versement familial unique de 250 € par enfant et par mois qui n'est pas un versement supplémentaire.
Je parti à un groupe politique Horizon, ça ne vous a pas échappé, qui est attaché à l'ordre dans les comptes et je ne viendrais pas proposer moi député Horizon une mesure qui coûte 35 milliards d'euros de plus alors que nos finances publiques sont exang et que nous avons passé le PLF et le PLFSS à expliquer qu'on devait faire des économies dans le pays. C'est bien une mesure de simplification et de lisibilité puisque nous venons fusionner un maqui d'aide budgétaire incompréhensible. Donc c'est une mesure de simplification.
On remplace 14 aides budgétaires qui ont perdu leur efficacité en une allocation à versement unique universel. Et je pourrais peut-être répondre euh à la question pourquoi le caractère universel ? et je ne veux pas devancer vos questions.
La deuxième mesure importante sur le logement, nous proposons un prêt à taux zéro à la naissance d'un enfant pour pouvoir acquérir son logement ou l'agrandir. Et c'est une mesure importante car vous le savez, les freins d'accès à la propriété, enfin l'accès à la propriété est l'un des freins majeurs à la natalité. Et puis il y a le congé parental, là encore on y comprend plus rien.
Congé de naissance, congé maternité, congé paternité, congé parental. Nous proposons un congé parental unifié qui offre aux parents la possibilité de rester auprès de leurs enfants de la naissance jusqu'à l'entrée à l'école maternelle avec deux temps dans ce congé parental unifié. Un temps d'accueil de l'enfant et un temps d'accompagnement de l'enfant.
Le temps d'accueil de l'enfant, c'est faire le constat que la naissance d'un enfant, ça bouleverse la vie des familles, ça bouleverse la vie des couples et que dans les premiers mois de l'enfant, le père et la mère doivent être à la maison ou en tout cas doivent pouvoir être à la maison. Et puis ensuite, il y a un deuxième temps d'accompagnement des enfants. J'en termine en vous disant que la politique familiale doit s'adapter à ce désir d'enfant empêché.
La politique familiale, elle doit répondre à ce désir d'enfant empêché. Mais c'est la société tout entière qui doit être qui doit s'adapter à ce désir d'enfant pêché. C'est la société tout entière qui doit répondre à ce désir d'enfant qui existe dans le pays.
Et donc c'est toute la société qui doit être pensée à hauteur d'enfants et de famille. Nos entreprises, nos transports, nos mobilités, notre code du travail, nos communes, nos villes, nos territoires. C'est bien à la société tout entière qui appartient aujourd'hui de répondre à ce désir d'enfant bien trop souvent empêché.
Et c'est ce que nous essayons de faire avec ces propositions que nous mettons sur la table. Certaines visent à s'inscrire dans la campagne présidentielle. Vous avez compris que je propose dans mon rapport un plan quinquénal.
Je propose que ces mesures soient inscrites dans un plan caquénal. Il y a déjà des mesures qui en l'occurrence sont portées par le candidat à la présidentielle que je soutiens l'occurrence Édouard Philippe notamment le versement familial unique notamment le prêt à zéro. Et il y a des mesures qui entreront, je l'espère, dans le débat présidentiel parce que je pense que c'est un beau débat que nous avons eu au sein de cette mission d'information.
Et puis il y a des mesures parmi les 37 qui peuvent être mises en place d'ici à 2027 et donc ce rapport est à la disposition de celles et ceux qui sont au responsabilité ou qui nous gouvernent pour pouvoir les mettre en œuvre s'il considère qu'ils vont quelles vont ces mesures dans le bon sens. Ce rapport n'a pas vocation à caler ni une table ni une table à langer.
Jérémie Patrier-Leitus