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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 22 juin 2024ContradictoireMixteInstitutions & électionsSolidarités & familleSécuritéEurope & international

"Nous allons tout faire pour battre le RN": l'interview de Manon Aubry, eurodéputée LFI

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes sur la même ligne ou est-ce que vous, vous dites carrément le président devrait être déjà démissionné ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous croyez qu'une semaine suffira pour changer les choses d'ici dimanche prochain ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Sandrine Rousseau a dit ce matin qu'elle se désistera pour faire barrage si jamais, à un moment, elle doit, par exemple, faire barrage au Rassemblement national et donc voter pour Renaissance. Est-ce que c'est aussi le choix que vous feriez ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un problème pour vous, Jean-Luc Mélenchon ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Faut-il aller au bout de la logique et sortir de votre front populaire, Raphaël Arnaud ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Manon AubryFait
    « le président de la République a agi de manière complètement irresponsable en jetant une boîte d'allumettes sur le pays et en l'inflamant littéralement. »
  • 3:00Manon AubryChiffre
    « un sondage qui nous donne hier à deux points. »
  • 5:00Manon AubryFait
    « Nous n'avons jamais fait l'objet de la moindre condamnation. »
  • 7:00Manon AubryFait
    « Nous avons condamné avec la plus grande fermeté les actes terroristes du 7 octobre dernier. »
  • 9:00Manon AubryPromesse
    « nous demandons la reconnaissance de l'État de Palestine. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est Manon Aubry qui est avec nous. Bonjour, soyez la bienvenue, députée européenne de la France Insoumise, Anne-Sorah Dubois du service politique de la FNTV qui est avec moi. Marine Le Pen ne demande pas la démission du président mais dit si on est dans une crise politique au lendemain des législatives, il pourrait s'imposer qu'il démissionne.

Est-ce que vous êtes sur la même ligne ou est-ce que vous, vous dites carrément le président devrait être déjà démissionné ? Prenons les choses par étapes. Nous n'avons pas choisi cette dissolution, elle s'est imposée à nous.

Je pense que le président de la République a agi de manière complètement irresponsable en jetant une boîte d'allumettes sur le pays et en l'inflamant littéralement. Nous nous agissons de manière responsable dans l'objectif de gouverner le pays. Il est clair qu'à l'heure où on se parle, plus personne ne s'intéresse à ce que dit ni le président de la République ni Gabriel Attal, le Premier ministre, tellement ils sont complètement disqualifiés.

Et aujourd'hui, la vie politique est en train de s'organiser autour de deux blocs. Le bloc d'extrême droite, raciste, xénophobe, climato-sceptique et sexiste. Et de l'autre, le bloc du nouveau Front populaire.

Tout le monde a bien compris que, quels que soient les scénarios, les macronistes ne seraient pas en capacité de conserver le pouvoir, là, dans les deux semaines qui viennent. Pour l'instant, au dernier sondage, vous n'êtes pas en capacité de le prendre non plus. La dynamique est de votre côté.

Vous avez remonté. Vous êtes à 6-7 points du Rassemblement national. Vous croyez qu'une semaine suffira pour changer les choses d'ici dimanche prochain ?

Alors, il y a un sondage qui nous donne hier à deux points. Donc, vous voyez qu'on se rapproche, on grignote. Mais je vais être très franche avec vous.

On est plutôt sur du 34-29. Là, c'est le sondage, vous, c'est IFOP. Le sondage IFOP donne en projection en termes de siège des fourchettes qui nous permettent...

Il y a des scénarios ou en termes de siège...

Donc, pour vous, c'est possible pour faire ça, pour ne pas se battre sur les signes. Mais je vais même vous dire, c'est plus que possible. Parce que, pour bien comprendre les élections législatives, là, vous mettez le score consolidé au niveau national.

Mais il y a peut-être 100, 200 circonscriptions sur les 577 que compte le pays, où ça va jouer à 200, 300, 400, 500 voix. Au second tour, entre d'un côté le nouveau Front populaire et de l'autre le Rassemblement national. Donc, je veux dire aux gens, y compris les gens qui viennent me voir dans la rue, il y en a plein, des gens qui, comme moi, depuis maintenant deux semaines, ont la boule au ventre.

On laisse le manouer et se disent, mais dans quoi va tomber notre pays ? Je veux leur dire que oui, c'est possible de gagner et derrière, de changer la vie des gens, d'abroger la réforme des retraites, d'augmenter le salaire minimum, de redistribuer les richesses, de bloquer les prix des produits de première nécessité. Tout ça, on pourra le faire dès la semaine du 8 juillet, si nous formons un gouvernement.

On peut renverser les choses. Il y a parfois aussi des réalités mathématiques par circonscription. Sandrine Rousseau a dit ce matin qu'elle se désistera pour faire barrage si jamais, à un moment, elle doit, par exemple, faire barrage au Rassemblement national et donc voter pour Renaissance.

Est-ce que c'est aussi le choix que vous feriez ? Est-ce que ça doit être, selon vous, une consigne générale ? Écoutez, dans la plupart des circonscriptions, si ce n'est l'écrasante majorité, les deux premières forces politiques qui vont arriver en tête sont le Rassemblement national et le nouveau Front populaire, dans un ordre ou dans un autre.

Donc la question, j'ai envie de dire, va davantage se poser au camp Macroniste, qui risque très souvent d'arriver troisième. Là où vous avez raison...

Je pose la question dans ce cas précis. Là où vous avez raison, c'est qu'il y aura probablement plus de triangulaires qu'en 2022, puisque pour avoir des triangulaires, ça dépend du taux de participation, il faut atteindre 12,5% des inscrits. Je le dis parce que, comme on passe d'une élection à une autre...

La consigne, Valenbrie, la consigne. Donc, je vous le dis, Anne Seurat-Dubois, on va attendre de voir le nombre de circonscriptions qui sont concernées et l'état des forces. Mais ça se produira, forcément.

Ça se produira, je ne sais pas si c'est 5 ou 50. Mais votre choix est-ce que, quel que soit le nombre, est-ce qu'il y a une consigne ? Donc, nous allons tout faire pour battre le Rassemblement national.

Donc, vous ne voulez pas...

Donc, nous allons tout faire pour battre le Rassemblement national. Donc, ensuite, je vais être claire avec vous, le dimanche soir, on va analyser la situation circonscription par circonscription. Je n'avais pas répondu, Manon Aubry.

Mais je viens de vous dire...

Si jamais, à un moment, il faut voter Renaissance pour faire barrage contre le Rassemblement national, le ferez-vous ? Je vais tout faire. Je vais tout faire.

Non seulement nous dirons qu'il ne faudra pas une voix pour le Rassemblement national, mais nous allons tout faire pour faire en sorte qu'il soit battu. Donc, nous allons voir la situation et le rapport de force. Et donc, peut-être qu'il faudra, dans certaines circonscriptions, se désister, dans certaines descriptions, faire des appels clairs.

Je ne sais pas l'état des lieux, très clair. Mais je pense qu'en termes de mot d'ordre politique, je ne peux pas être plus clair que cela. Il faudra tout faire pour battre le Rassemblement national.

Et j'en appelle à la responsabilité des macronistes. Parce que, non seulement, ils ont été un marche-pied à l'extrême droite, ils ont emprunté des idées à l'extrême droite, comme la préférence nationale, mais aujourd'hui, ils refusent de faire ce que je viens de faire de manière très claire. C'est-à-dire, tout mettre en œuvre pour battre le Rassemblement national.

Cet appel-là, malheureusement, vous ne l'entendrez pas, à ce stade en tout cas, de la part et de la bouche des macronistes, qui est, à mon sens, absolument irresponsable, parce qu'ils sont en train d'installer l'extrême droite au pouvoir. Et en faisant cela, ils montrent qu'ils n'en ont rien à faire des gens dans le pays. Parce que, qui va subir, je termine juste là-dessus, qui va subir les effets des politiques du Rassemblement national ?

Ce sont les personnes racisées qui subissent le racisme au quotidien et qui va être débridées. Ce sont les personnes LGBT qui subissent l'homophobie au quotidien. Ce sont les droits des femmes qui vont être saccagées, les budgets des plannings familiaux qui vont être atteints.

Voilà les conséquences. Puisque vous parlez de discrimination, le sujet de ces derniers jours a bien sûr été la question de l'antisémitisme. Et je vais vous poser la question de façon assez directe.

Est-ce qu'il y a un problème pour vous, Jean-Luc Mélenchon ? Pourquoi je vous pose cette question-là ? Parce qu'il y a eu le drame de Courbevoie.

Il y a, on l'apprend ce matin, deux personnes mises en examen qui projetaient un attentat avant les Jeux olympiques sur des cibles juives. Je voudrais vous faire entendre Pierre-François Veil, le fils de Simone Veil. Il était notre invité ce matin.

Voilà ce qu'il dit de Jean-Luc Mélenchon. Depuis une quinzaine d'années ou une vingtaine d'années, on parle, à la suite de Jérôme Fourquet, des territoires perdus de la République. Moi, à titre personnel, je considère que Jean-Luc Mélenchon est un homme politique perdu de la République.

Et depuis longtemps. Et qu'il entraîne notre pays vers des abîmes extraordinairement dangereux. Jean-Luc Mélenchon est un homme perdu de la République dans la bouche de Pierre-François Veil, fils de Simone Veil.

J'ai beaucoup de respect pour lui, mais je pense qu'il se trompe de cible. Ceux qui sont aujourd'hui les héritiers de l'idéologie nazie, c'est le Rassemblement National, qui a été créé par des Fafon et Fès. Et permettez-moi d'y répondre sur le fond, qui sont les héritiers des nazis, c'est le Rassemblement National.

Nous sommes les héritiers des Dreyfusards, nous sommes les héritiers des résistants en Asie. Toute notre vie, toute notre histoire politique s'est construite sur la bataille. Mais vous voyez bien que ce message ne passe pas, Manon Bré.

Mais parce qu'il y a aujourd'hui une instrumentalisation abjecte d'un sujet qui est extrêmement sérieux, qui est l'antisémitisme. Est-ce qu'il faut toujours envoyer chez les autres et ne pas se dire que vous avez commis des erreurs ? Il y a suffisamment d'antisémites dans notre pays pour ne pas inventer là où il n'y en a pas.

Vous savez, chaque acte antisémite est un acte de trop. L'antisémitisme est un sujet extrêmement sérieux dans notre pays qu'il faut prendre à bras le corps. Raison pour laquelle nous proposons non seulement un plan interministériel de lutte contre l'antisémitisme, mais aussi de mettre les moyens en termes de prévention pour éduquer nos jeunes, pour éduquer nos familles, pour faire en sorte que ce poison ne gangrène plus notre société.

Et je refuserai toujours qu'on instrumentalise ce sujet aussi sérieux à des fins politiques et à des fins politiciennes. Mais dans ce cas-là, faut-il aller au bout de la logique et sortir de votre front populaire, Raphaël Arnaud ? Mais Raphaël Arnaud, à quel moment a été poursuivi pour le moindre acte antisémite ?

Vous savez, je vais le dire avec beaucoup de calme, mais avec beaucoup de fermeté. Les seuls qui ont été condamnés pour des actes antisémites et des actes racistes, c'est l'extrême droite. Donc au bout d'un moment, ça suffit.

Vous savez ce que vous êtes en train de faire. En jetant l'anathème sur le nouveau front populaire, qu'il serait soi-disant ambigu contre l'antisémitisme, vous desservez la cause très juste de lutte contre l'antisémitisme. Parce que vous banalisez ceux qui sont en train d'y atteindre.

Donc au bout d'un moment, je vous le dis très calme, mais stop, ça suffit. Mais Manon Brie, si on vous pose ces questions-là, vous avez vu cette séquence de Raphaël Glucksmann en campagne, interpellée par une électrice qui dit « je ne veux pas votre tract parce que vous avez fait un pacte avec des antisémites ». Ce n'est pas les journalistes qui vous le disent, c'est les électeurs.

Et quand vous prenez les sondages, on voit que les électeurs ont parfois plus peur de voter front populaire à cause de ces questions d'antisémitisme que de voter rassemblement national. Ce n'est pas un fantasme de journaliste, c'est une question d'électeurs. Et c'est pour ça qu'il est important que vous y répondiez.

Écoutez, si vous racontez du matin au soir qu'il y aurait soi-disant une ambiguïté chez des hommes et des femmes de la France insoumise, des militantes et des militants politiques et des responsables que nous sommes, sans jamais les tailler concrètement, sans jamais donner d'éléments concrets, de condamnation. Nous n'avons jamais fait l'objet de la moindre condamnation. Alors oui, il est normal que des gens se disent « attendez, ce n'est pas très clair, il ne faut pas s'allier avec eux ».

Je veux dire aux gens, ne vous trompez pas. Aujourd'hui, l'antisémitisme a été construite comme une idéologie politique, par un camp politique qui est celui de l'extrême droite. J'ai combattu toute ma vie, toute ma vie, toutes les formes de racisme et en particulier l'antisémitisme.

Et vous savez à quel point, je vous le dis aussi, avec les trois mois de campagne dans les pattes des élections européennes qui ont été trois mois de campagne intense et fatigante, vraiment, on n'en peut plus. On en a marre de ces anathèmes qui sont lancés. Et en faisant ça, non seulement, on desserre la cause très juste de la lutte contre l'antisémitisme, mais en plus, on décentre la campagne sur à la fois les moyens que l'on veut donner à la lutte contre l'antisémitisme et de manière plus générale, le projet de société que l'on porte.

Et le projet de société que l'on porte, c'est justement de lutter contre toutes les formes de division. D'un côté, il y aurait les juifs, de l'autre côté, il y aurait les musulmans, de l'autre côté, il y aurait les athées, de l'autre côté, il y aurait les chrétiens. C'est contre ce piège de la division que nous devons nous battre et que le nouveau front populaire se mobilise.

Dernière question, Anne. Je ne comprends pas, en fait. Sur Raphaël Arnaud, je ne comprends pas, parce que je vous connais depuis longtemps, Manon Aubry, et je ne comprends pas comment vous pouvez cautionner, par exemple, ce qu'a tweeté Raphaël Arnaud en parlant d'une résistance palestinienne qui a lancé une offensive sans précédent sur l'état colonial d'Israël le 7 octobre au matin.

Je ne comprends pas comment, au sein de la France insoumise, on peut être droit dans ses bottes et dire aujourd'hui, il n'y a aucun problème avec ce candidat, et ne pas comprendre surtout que ça peut prêter le flanc, effectivement, aux critiques qui vous sont faites sur une forme de flou vis-à-vis de l'antisémitisme au sein de vos rangs. Je ne comprends pas. Écoutez, ce qu'il y a à comprendre, c'est très simple.

C'est que notre position sur le 7 octobre, elle est très simple. Nous avons condamné avec la plus grande fermeté les actes terroristes du 7 octobre dernier. Pardon ?

Ça a pris un peu de temps. Le terme de terroriste, ça a pris un peu de temps. Je l'ai fait dès le soir même, et je l'ai fait à peu près 1500 fois, parce que je me suis exprimée plus de 1500 fois dans cette campagne des élections européennes, et je l'ai fait à chaque fois.

Et je ne laisserai pas décentrer cette campagne des élections législatives, qui est une campagne expresse, par soi-disant « vous seriez ambiguë ». Nous, nous sommes très clairs, nous condamnons les actes terroristes du 7 octobre dernier, nous demandons que cesse l'offensive d'Israël contre le peuple palestinien, nous demandons la reconnaissance de l'État de Palestine, et nous demandons simplement que l'on puisse vivre, retrouver de la cohésion dans notre société, et retrouver de la cohésion dans notre société, c'est arrêter de juger les gens en fonction de leur religion, en fonction de leur couleur de peau, en fonction de leur origine, c'est remettre aussi davantage de justice sociale dans notre société, parce que vous voyez, pendant qu'on jette l'anathème sur notre camp politique, on ne parle pas des questions sociales, de la question du pouvoir. C'est pas un anathème, c'est une demande de clarification.

J'ai été très claire, Soura Dubois, dans mes réponses, je pense. J'ai été très claire sur nos positions, mais je ne laisserai pas non plus cette campagne ne pas parler du sujet, qui est le sujet prioritaire des Françaises et des Français, qui est le sujet du pouvoir d'achat, de comment on va redistribuer les richesses, bloquer les prix des produits de première nécessité, comment on va augmenter le salaire minimum à 1 600 euros, retrouver de la cohésion dans notre société. C'est à la fois agir contre l'antisémitisme, et à la fois augmenter le salaire minimum, et redistribuer les richesses.

Bref, arrêter de monter les Françaises et les Français les uns contre les autres. Voici, finalement, la meilleure manière de résumer notre projet politique, qui, j'espère, le 7 juillet prochain, pourra rallumer tous les soleils, comme le disait le grand Jean Jaurès, pour retrouver un peu d'espoir et se quitter avec un sourire. Merci beaucoup.

Merci à vous. Oui, il a vu sur le...