Chantal Thomas : "Au café, même dans le silence des gens, on sent qu’ils font le point sur leur vie"
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Chapitres
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Questions et réponses
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Bonjour Chantal Thomas, merci d'être sur Inter ce matin.
- 1:11OuverteRéponse directe
Vous y êtes allés en terrasse mercredi ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous avait manqué quand les cafés étaient fermés ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous intéresse dans les cafés comme écrivaine ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Vous avez appris plus de choses au café qu'à l'université ?
- 6:17OuverteRéponse directe
Comment avez-vous traversé les mois de pandémie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:36InvitéFait
« les femmes ont mis beaucoup de temps à pouvoir intégrer les cafés »
- 4:54PrésentateurFait
« Vous nous avez dit que vous aviez appris plus de choses au café qu'à l'université »
- 5:06InvitéFait
« Je croyais vraiment à la philosophie. J'avais lu Socrate et Sartre »
- 5:38InvitéFait
« Je suis arrivé dans des cours qui me parlaient de Kant ou de Hegel »
- 6:47InvitéFait
« l'enfermement est quand même, pour tout écrivain, un mode d'être habituel »
- 8:41InvitéChiffre
« il y a 100 000 personnes, plus de 100 000 familles qui sont endeuillées »
- 10:41InvitéFait
« Le masque, d'une certaine façon, disait bien cette vision myope dont on n'arrivait pas à se tirer »
- 11:04InvitéFait
« cette photo qui a fait le tour du monde, du garde civil espagnol. Qui sort de l'eau, ce bébé est complètement gelé, mais en réalité vivant »
- 12:30InvitéFait
« J'ai passé du temps au Japon. Je suis allée à Taïwan, où le port du masque est quotidien »
- 13:51InvitéFait
« il ne faut pas se hâter de changer les règles de l'orthographe, de la syntaxe »
- 14:16InvitéFait
« c'est extrêmement complexe de changer les structures d'une langue »
- 15:38InvitéFait
« nous sommes notre langage, que nous sommes ce que nous pouvons dire »
- 18:20InvitéFait
« Je pense au très beau livre de Jean Birnbaum, Défense de la nuance, Le courage de la nuance »
Temps de parole
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Et l'invité du grand entretien est écrivaine, essayiste, membre de l'Académie française. Son dernier livre, paru en janvier dernier au Mercure de France, s'intitule « De sable et de neige, les éditions points », republie par ailleurs en livre de poche « Café-vivre » et « Café de la mémoire ». Vos questions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Bonjour Chantal Thomas. Bonjour. Et merci d'être sur Inter ce matin, à la fin d'une semaine qui a donc été marquée par une nouvelle phase de déconfinement de la France. Les commerces, les cinémas, les théâtres, les restaurants et les cafés ont rouvert mercredi.
On a pu voir à la télévision le président de la République et le Premier ministre attablés en terrasse en train de boire un café. Et toute la journée, en dépit de la pluie, de très nombreux Français retrouvaient ce plaisir si particulier de s'asseoir dehors pour boire un verre. On a évidemment pensé à vous, Chantal Thomas, en voyant ces images. Vous qui avez écrit des pages magnifiques sur les cafés et sur tout ce qui s'y joue, qui est de l'ordre de l'intimité et du spectacle. On va y venir et vous nous direz pourquoi ce lieu vous intéresse comme écrivaine. D'abord d'un mot, j'imagine que mercredi, vous y êtes allés, vous aussi, comme nous tous, en terrasse, boire un verre ou un café.
Oui, c'était très difficile de se frayer un chemin dans les foules parce que moi, j'habite près du canal. Et c'était magnifique de voir à nouveau les cafés que j'adore, en particulier le Paname, sur l'eau, cernés littéralement par des gens qui s'éloignaient un verre à la main, faute de pouvoir s'approcher. Mais c'était d'autant plus joyeux.
Vous y êtes allés le matin donc ou le soir ? Ce n'est pas le même café, ce n'est pas les mêmes usages.
Ce n'est pas les mêmes usages. Alors, je n'y suis pas allée le matin parce qu'il faisait froid, frais, et j'y suis allée en fin de journée. Et l'euphorie, l'amitié montait vraiment dans l'air, c'était très très beau.
Qu'est-ce qui vous avait manqué quand les cafés étaient fermés ? Quand les rideaux sont baissés, comment qualifier l'absence de ces lieux si particuliers ?
C'est le sentiment d'être sans refuge, d'être dans une ville qui n'est plus qu'un mur et qui ne permet plus cette évasion tellement importante, je trouve, de pouvoir sortir de chez soi et qu'il n'y ait pas d'autre alternative que sa chambre ou son foyer et un dehors hostile. Et je pense qu'une des grandes fonctions du café, c'est bien sûr se retrouver entre amis, mais c'est pourquoi aussi les femmes ont mis beaucoup de temps à pouvoir intégrer les cafés. C'est donner la liberté d'échapper à la clôture du régime familial et c'est l'ouverture aussi sur les rencontres, les séductions, les vies clandestines et aussi la possibilité d'être avec soi-même. Et ça, je crois que c'est irremplaçable.
Donc c'est à la fois un espace d'émancipation, un lieu de l'amour possible ou de la rencontre et un cercle de solitude.
Voilà. Et c'est aussi quelque chose qui, quand on arrive dans une ville étrangère, vous permet de mettre le pied dans un lieu à la fois familier et qui vous dit aussi que vous êtes ailleurs. Parce qu'entre un pub ou un café italien, il y a un abîme.
Qu'est-ce qui vous intéresse encore une fois dans ces lieux, mais comme écrivaine ? Parce que le plaisir du café, on peut tous l'éprouver sans être écrivain. Vous, ça stimule, je dirais, quelle partie de votre être ?
Oh, vous savez, moi, je ne me sens pas tellement... J'ai adoré les cafés. J'en ai rêvé toute petite parce que mon grand-père y allait. Je me disais que c'était là où les gens discutaient vraiment. Et puis après, étudiante, je les ai beaucoup fréquentées. Et moi, je ne me sens pas vraiment écrivaine. Je veux dire, bon, j'écris et dans les cafés, je prends des notes. Mais c'est la même personne qui a adoré passer d'un café à l'autre. À Bordeaux, c'était le New York, d'ailleurs. Et qui maintenant les fréquente. J'aime la double posture d'être observatrice, d'entendre des petits fragments de phrases. Ça, c'est merveilleux.
Et puis de voir comment les gens, par moment, disent des choses extraordinaires.
Par exemple, vous pensez à quoi ?
On dit toujours les propos de café, la philosophie de café. Mais par moment, même dans le silence des gens, on sent qu'ils font le point sur leur vie. Tout d'un coup, ils réalisent quelque chose.
Chantal Thomas, en préparant cette émission, vous nous avez dit que vous aviez appris plus de choses au café qu'à l'université. Expliquez-nous la grandeur de ce cursus du distro.
Moi, je croyais vraiment à la philosophie. J'avais lu Socrate et Sartre. Et je croyais à la fois au dialogue sur la place publique, l'agora. Et sur l'idée qu'on est ce que l'on fait. Rien d'autre. Et que l'existentialisme est la seule voie possible. Donc, je m'étais dit, la philosophie, ça va être extraordinaire. J'aurais à la fois un dialogue pétillant et un enseignement sur le cœur de l'existence et ses ressources. Et je suis arrivé dans des cours qui me parlaient de Kant ou de Hegel. Et dans la tête du professeur, il était en cours, lui, il était en train de poursuivre sa recherche ou de nous redire sa thèse.
Et ça ne correspondait pas du tout à mon attente qui était d'une vie plus intense, plus profonde et où on se dit des choses vitales.
Et ça, c'était l'espace du café.
Et dans les cafés, oui. Et justement, certains échos, par exemple, je pense à des cours sur Nietzsche, c'est au café que j'ai développé avec des amis et dans des échanges de livres.
On sort à peine, Chantal Thomas, de mois, de longs mois de vie suspendue, confinée, semi-confinée. C'est une vie en suspens, marquée par le risque et souvent la peur. Comment avez-vous traversé ces longs mois de la pandémie ? Le monde social, amical, familial réduit finalement à si peu de choses.
J'ai traversé à la fois très bien parce que l'enfermement est quand même, pour tout écrivain, un mode d'être. habituel et très mal parce que j'adore bouger et j'adore passer les frontières et changer de pays, de langue, d'horizon. Et donc, par moment, cet immobilisme forcé me pesait et je me refaisais sur mon immobilisme habituel. Mais je ne sais pas jusqu'à quand on s'aurait pu durer dans cette sorte de balance.
Mais la nature de la solitude entre la solitude habituelle de l'écrivain au travail et la solitude du citoyen confiné pour la première fois de sa vie, c'est de même nature ?
Non, justement, non. C'est ça, c'est pas pareil. Il y avait une solitude qui m'était douce, assez veloutée et une sorte de cocon et une solitude âpre. Et je pensais beaucoup, j'ai pensé énormément aux personnes qui, justement, vivaient seules et se retrouver comme ça dans leur chambre. Mais que faire ?
Ça a généré un rapport étrange au temps. Pendant le premier confinement, on ne pensait qu'au monde d'après. Aujourd'hui, on n'en parle plus et on ne demande qu'une chose, c'est retrouver la vie d'avant. Ça a basculé en quelques mois du tout au tout. On voulait se projeter. Maintenant, on veut revenir en arrière. Ce désir-là de retrouver de la normalité est légitime. Je l'éprouve. Mais il dit quoi, selon vous ?
Moi, je pense que les deux formules, monde d'après, monde d'avant, c'est des formules expéditives. C'est des souhaits. Mais c'est une manière de schématiser des aspirations. Mais bien entendu que le monde suivant ne sera pas celui d'après. Ça n'a aucun sens. Et d'ailleurs, est-ce qu'on le souhaite vraiment ?
Il ne faut pas tourner la page trop vite.
Il n'y a pas à tourner la page. Je veux dire, d'abord, il y a 100 000 personnes, plus de 100 000 familles qui sont endeuillées. Ce n'est pas à effacer comme ça. Et d'abord, ensuite, le virus circule toujours. Et je pense qu'il faut mieux être dans une sorte d'avancée relativiste, mais attentive aux nouvelles marges de liberté, que de se projeter dans une utopie merveilleuse.
Vous pensez qu'il y en aura de nouvelles marges de liberté ? Est-ce que vous voyez émerger un au-delà qui pourrait être inventé, inventif ?
Alors, moi, je n'ai pas du tout cette mentalité. Je ne sais pas prévoir. Mais en revanche, je suis très attentive à ce que le présent nous permet et à ne pas perdre une once des jouissances qu'il contient. et je suis plus pour un rapport à soi, un rapport aux autres, du côté de la douceur, de l'attention et de faire que, peu à peu, en avançant, on ait la vie la plus riche possible.
L'historien Patrick Boucheron s'inquiétait lors du premier confinement de la manière dont l'épidémie prenait toute la place dans l'actualité. Je le cite. « Si l'on a la chance de pouvoir sortir encore un peu dans les rues de sa ville, on peut voir les graffitis sur les féminicides s'effacer lentement, comme si cette révolution féministe qui avait cours il y a seulement quelques semaines appartenait à l'Antiquité, comme si ces inscriptions sur les murs ressemblaient aux graffitis estompés de Pompéi. D'autres sujets fondamentaux sont relégués à l'arrière-plan, comme la question des réfugiés, disait-il dans un entretien à Mediapart. Chantal Thomas, avez-vous éprouvé la même chose que lui ?
C'est-à-dire une obsession pour ce virus au détriment de tout le reste ?
Ah oui, c'est sûr. Le masque, d'une certaine façon, disait bien cette vision myope dont on n'arrivait pas à se tirer. Et c'est étrange que Patrick Boucheron évoque féminicides et émigrés, parce que moi j'habite tout près du canal, et justement il y a encore des grands graffitis contre les féminicides et les tentes des émigrés devant le MK2. Et j'étais partie en bouleversé cette semaine par cette image, cette photo qui a fait le tour du monde, du garde civil espagnol. Qui sort de l'eau, ce bébé est complètement gelé, mais en réalité vivant.
Et je me disais qu'émerge, c'est qu'à le dire, à nouveau, en tous les cas, et peut-être brièvement, et peut-être sur un malentendu, la question de l'immigration. Mais on a vécu dans une sorte de couloir, et c'est bien de lever la tête et de voir le reste du monde, parce qu'il ne nous apparaît qu'en fonction du Covid. C'est-à-dire l'Inde, avant c'était le Brésil, et puis voilà, ça disparaît. C'est en fonction du taux de propagation du virus.
Il y a eu une forme d'hallucination collective ces mois derniers ?
Je pense que la tête et la grandeur de nos vues intellectuelles ou sentimentales suit vraiment le corps, et indissociable du corps. Et que ne pas bouger crispe, sclérose, les possibilités de conceptualisation des gens.
Et le masque, c'est une barrière ? Vous n'en pouvez plus de le porter, comme beaucoup de Français ?
Alors moi, pas du tout. D'abord, j'ai passé du temps au Japon. Je suis allée à Taïwan, où le port du masque est quotidien. Au moindre rue, on met un masque pour ne pas contaminer l'autre. Et donc, ça ne m'est pas très pénible. En plus, mais ceci dit, il disparaîtrait, j'en serais ravie, mais il faudrait qu'il disparaisse comme signe, preuve, que vraiment, l'insouciance est là, et justifiée.
On va passer au standard, Chantal Thomas, où les auditeurs de France Inter attendent de dialoguer avec vous. Je salue Romain, bonjour.
Oui, bonjour, monsieur Demorand, bonjour, madame Thomas. 16 ans, Romain ? Oui, exactement, oui. Et on vous écoute. Alors, bonjour, madame Thomas. Bonjour. Je voudrais vous poser, qu'est-ce que vous pensez de la difficulté de féminiser la langue française, comme on a vu au début du mois de mai, la circulaire du ministère de l'Éducation nationale interdisant une partie de l'écriture inclusive ?
Merci, Romain, pour cette question qui s'adresse à Chantal Thomas, aussi académicienne. Vous avez été élue au fauteuil 12 de l'Académie française, celui de Jean Dormesson, le 28 janvier dernier. Vous y entrerez définitivement en janvier prochain. Alors, sur cette épineuse question, qu'avez-vous à répondre à Romain ?
Alors, sur cette épineuse question, moi, je dirais qu'il ne faut pas se hâter de changer les règles de l'orthographe, de la syntaxe, et qu'à l'intérieur de ce qui est, plusieurs messages peuvent passer, et en particulier, la féminisation.
Expliquez-nous, il n'y a pas besoin de changer radicalement les structures de la langue, c'est ça ?
Non, c'est extrêmement complexe de changer les structures d'une langue, et il me semble qu'il faut mieux maîtriser parfaitement, telle qu'elle est, et jouer avec, que se lancer dans de nouvelles manipulations.
Pourquoi l'Académie française ? Quelle drôle d'idée, Chantal Thomas ! Expliquez-nous !
Alors, bon, ça m'est... Je n'y ai pas pensé pendant longtemps, et j'y ai pensé indirectement par ma passion pour le XVIIIe siècle, et j'ai aimé que cette institution traverse le temps, et qu'elle soit dédiée au langage, et aussi, bon, ce n'est pas un hasard, mais je prends la suggestion de Jean Dormeson, qui pour moi représente une personne très lumineuse, et qui justement a été le premier à faire entrer une femme à l'Académie française.
Lorsque vous avez été élue, oui, lorsque vous avez été élue à l'Académie, vous avez déclaré que, comme élève de Roland Barthes, vous continuiez à penser que nous sommes notre langage, que nous sommes ce que nous pouvons dire. Expliquez-nous !
Oui ! Les limites de ce qu'on... C'est pourquoi aussi cette question de changer ou pas l'orthographe est une question très délicate, parce qu'apprendre une langue, et je pense justement à la situation de l'immigré qui arrive ici, qui est non seulement dans un univers qu'il ne comprend pas, mais la maîtrise qui est liée à la langue lui échappe. Je pense que cette incroyable difficulté peut s'engendre un terrible malheur est comme un rétrécissement de soi, et qu'au contraire, une des jouissances, un des plaisirs de l'existence, c'est de jouer avec les langues, et on va aussi loin que possible dans la connaissance de soi que notre langage va.
Marc, sur l'application de France Inter, vous pose la question suivante, vous êtes la dixième femme à entrer à l'Académie française sur 40 membres, on est encore loin de la parité, est-ce qu'il ne faudrait pas aller plus loin, et que comptez-vous faire, Chantal Thomas, à l'Académie ? Voilà la question de notre auditeur.
Alors, bon, c'est vrai que c'est une joie pour moi d'être élu pour mon écriture et en tant que femme, et ce que je compte faire, ce n'est pas un bond dans un autre type d'activité. Je compte continuer d'écrire, continuer de diffuser ce à quoi je crois vraiment, qui est la beauté de l'écriture, de l'importance de lire, et comment le monde intérieur, le monde qu'on porte, a une valeur essentielle, et comment cultiver ça, le fait d'être bien avec soi-même, et de savoir le communiquer, et qu'il en irradie un bonheur de vivre.
A la lumière de ce cénacle si particulier, qui se réunit pour scruter la langue, rédiger un dictionnaire, comment vous apparaissent, Chantal Thomas, les débats publics, aujourd'hui, en 2021, leur brutalité, les invectives sur les réseaux sociaux, les télés d'infos en continu, l'époque est bruyante, elle est dure, elle n'aime pas la nuance, est-ce que vous étouffez dans ce monde ? Est-ce que vous cherchez à vous en préserver ? Ou comme Roland Barthes, vous éprouvez de la curiosité pour tout ce qui est moderne ?
Je pense au très beau livre de Jean Birnbaum, Défense de la nuance, Le courage de la nuance, je pense que c'est un vrai combat, en effet, maintenir le sens de la nuance, et je vous dirais franchement que j'écoute ce brouhaha d'assez loin. Et Barthes disait une chose très juste sur le... Ce qu'il détestait dans les débats publics, c'est cette idée qu'il faut avoir le dernier mot. Et j'aime la parole, et on revient sur la question des cafés, j'aime les conversations, mais quand il s'agit de vouloir gagner à tout prix, à ce moment-là, il y a moins de... En fait, je me détourne.
Oui, donc le recul de la nuance est parallèle au recul de la conversation aujourd'hui.
Oui, et puis, bon, il y a une drôlerie imprévisible dans la conversation qui peut surgir, et j'aime mieux être de ce côté, des amitiés qui surgissent, des étincelles. Quant au combat de gagner à tout prix et d'écraser l'adversaire, c'est vrai que je ne suis pas très douée là-dessus, et je n'en ai pas envie.
Mais je vous laisse le dernier mot, Chantal Thomas. Et je vous remercie. Je suis sensible. Je vous remercie beaucoup d'être passé sur France Inter ce matin dans notre studio. Je renvoie à ces deux livres, Café Vivre, chronique en passant, Café de la mémoire, publié dans les deux cas, dans la collection de poche point, des éditions du Seuil. Et peut-être qu'on vous croisera, puisque vous avez dit où vous alliez au café, on vous croisera en terrasse un de ces prochains jours. Merci encore d'avoir été là. Il est 8h45.
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