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AutreFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 10 mai 2025 59 minContradictoireMixte

Trump au Moyen-Orient : dollars et stratégie

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Présentateur

France Culture, Affaires étrangères, Christine Ockrent.

0:14
Locuteur non identifié

Bonjour à tous. Les fractures de l'ordre international se creusent encore et le partage du monde se précise. Hier à Moscou, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont mis en scène, de façon spectaculaire, leur convergence de vue et le renforcement de leur alliance contre l'Occident, alors que Washington s'est détourné de ses alliés traditionnels, ses alliés France, Allemagne, Pologne et Royaume-Uni, dont les dirigeants sont en ce moment même à Kiev pour afficher leur soutien à Volodymyr Zelensky. Toujours pas de deal en vue, la manœuvre entreprise par Donald Trump d'amadouer le président russe, ses multiples concessions au détriment de l'Ukraine ont manifestement échoué.

Le président des Etats-Unis prépare une offensive de charme sur un autre front. Mardi prochain, il part au Moyen-Orient pour une tournée qui le mènera en Arabie Saoudite, au Qatar et aux Émirats Arabes Unis. Tournée diplomatique ou collecte de fonds ? Quelles priorités ? Dollars ou stratégies ? Dans la tourmente de la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump, l'économie américaine vacille et quelques deals juteux des investissements massifs aux Etats-Unis de la part des fonds souverains arabes feraient très bon effet, tout en réservant sa part bien sûr au business familial. Le premier mandat de l'homme d'affaires avait été marqué par un vrai succès politique.

Les accords d'Abraham avaient instauré ou officialisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes. Peut-on imaginer cette fois que Riyad les rejoigne alors que Benjamin Netanyahou poursuit sa fuite en avant meurtrière à Gaza, en Cisjordanie et même en Syrie ? Le premier ministre israélien a les mains libres sans le moindre effort de modération de la part de Washington, même si Donald Trump avait annoncé devant lui, sans l'en prévenir, l'ouverture de négociations avec l'Iran. Où en sont ces négociations sur le nucléaire en plein affrontement entre l'Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, ce qui alourdit encore le climat international ?

Ce n'est pas notre affaire, dit le vice-président J.D. Vance. A l'inverse, le secrétaire d'État Marco Rubio propose une médiation américaine. À quoi ressemble donc cette diplomatie aujourd'hui ? Que faut-il attendre de la première tournée officielle du président Trump dans cette péninsule arabe où il est sûr au moins d'être applaudi ? Eh bien, c'est ce que nous allons comprendre ce matin grâce à vous, Héloïse Fayet. Vous êtes chercheuse à l'Institut français des relations internationales, spécialiste reconnue des questions nucléaires.

Justin Weiss, ravi de vous accueillir à nouveau, fondateur, directeur général du Forum de Paris sur la paix et ancien directeur du Centre d'analyse de prévision et de stratégie du Quai d'Orsay. Asni Abidi, depuis Genève, merci d'être avec nous. Vous dirigez le Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen. Vous êtes chargé de cours à l'Université de Genève. Alain Dikoff, directeur de recherche au Centre de recherche internationale de Sciences Po et depuis Beyrouth, notre ami Karim Émile Bittard, professeur de relations internationales à l'Université Saint-Joseph et à Sciences Po Paris, chercheur associé à l'IRIS.

Justin Weiss, le contraste entre les images du défilé militaire hier à Moscou, défilé où ont marché des militaires chinois et, en contraste, quatre mois de politique étrangère de Donald Trump, pas un seul deal avec Vladimir Poutine. Oui, je crois que vous avez bien planté le décor, Christine. On est à un moment difficile à analyser de la révolution Trump, cette révolution dont on se demande si elle va être si révolutionnaire que ça parce que sur les différents dossiers sur lesquels il avait fait des annonces, on voit que ça ne marche pas très bien.

Ça ne marche pas très bien sur l'Ukraine notamment parce qu'alors qu'il avait fait des tas de concessions à Poutine et qu'il l'a énormément ménagé, Poutine ne lui cède rien. Et au contraire, on voit revenir une forme d'accord avec Zelensky, notamment au travers du deal qui, lui, a été conclu sur les ressources minérales ukrainiennes. Et donc, on a l'impression de voir Trump revenir un peu plus près des habits de Biden. On le voit sur toutes les questions commerciales où ça patine, c'est-à-dire que Trump est obligé de revenir en arrière sur à peu près toutes ses décisions.

Jusqu'à maintenant, on a l'impression, mendier de la part de la Chine une négociation et être prêt à en rabattre énormément. Et puis, enfin, au Moyen-Orient où les choses ne vont pas du tout comme il souhaitait qu'elles aillent et où, en réalité, ce voyage qui s'annonce pour la semaine prochaine ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices et, en tout cas, semble réduit à une série de discussions avec les partenaires, j'ose pas dire les alliés, les partenaires les plus riches de la région, des deals sur les questions de marché militaire, sur l'IA, etc.

Mais finalement, sur le plan stratégique et sur ce que Trump avait annoncé, c'est-à-dire faire la paix, faire la paix en Ukraine, faire la paix à Gaza et entre Israël et Palestine, ça ne fonctionne pas. ça patine et, au contraire, ça a l'air d'aller un peu à rebours de ce qu'il souhaitait. Il est de plus en plus otage de Netanyahou, on y viendra sûrement. Mais donc, on est à ce moment où, au fond, la révolution de Trump ne fonctionne pas et ce voyage s'annonce un peu comme la continuation de cette espèce de marée dans laquelle il se trouve un peu embourbé en ce moment.

Asni Abidi, le fait que Donald Trump ait choisi Riyad, donc l'Arabie Saoudite, comme il l'avait fait lors de son premier mandat, pour la première étape de ce voyage officiel, qu'il amènera aussi au Qatar et aux Émirats, quelle est, selon vous, la signification ? Bon, on s'imagine, est-ce qu'il sera accueilli par une nouvelle danse du sabre ? On sait qu'il aime la pompe. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire beaucoup. Ça veut dire que les États-Unis sous Trump ne considèrent pas, finalement, le Canada qui a toujours été la première destination, sur le plan traditionnel de la politique étrangère américaine, ou même un État allié, comme par exemple le Royaume-Uni ou la France.

Là, le président Trump, comme lors de son premier mandat, il choisit plutôt les pays du Golfe. Il veut dire que, désormais, les pays du Golfe, je les considère comme un élément central de ma politique étrangère. Deuxième élément, il veut dire que les transactions, la diplomatie transactionnelle qu'il a déjà inaugurée lors de son premier mandat, elle va être aussi un pivot de cette politique étrangère, que, finalement, le pétrole contre sécurité, exactement ce qui a été fait lors de cette rencontre de Quincy entre le Royaume-Uni et le président Roosevelt, elle est de retour.

Il va non seulement négocier la sécurité, le parapluie sécuritaire qui assure une sécurité pour les pays du Golfe, avec plus d'investissement. Le deuxième élément, il s'attend à ce que ces pays du Golfe aussi investissent de manière massive et achètent aussi de l'armement américain, ce qu'il va présenter comme un succès de cette orientation stratégique de la politique étrangère américaine. Mais, Asni, c'est une orientation qui n'a jamais été démentie par ses prédécesseurs. L'achat d'armement, le rôle stratégique de ces pays, ce qui est quand même accentué cette fois-ci. On l'a vu avec la tournée de l'un de ses fils, Eric, dans les mêmes pays que son père va visiter la semaine prochaine.

Donc, un nouveau Golfe au Qatar, une Trump Tower de 80 étages à Dubaï, des investissements à Abu Dhabi, des investissements massifs dans le fonds crypto, de crypto-monnaie familiale, dans lequel apparaît aussi, d'ailleurs, c'est intéressant, le fils Whitcoff, qui est l'envoyé spécial de Donald Trump sur tous les dossiers importants. Donc, qu'est-ce que cela veut dire, cette dimension-là ? Certes, c'est du transactionnel, mais ça frôle. Enfin, ce n'est pas que ça frôle. On est en plein conflit d'intérêts. Oui, on peut l'évoquer comme ça. Mais la dimension familiale, elle a toujours été présente.

Souvenez-vous, le conseiller en chef de Moyen-Orient, lors du premier mandat, était Jared Kochener. Donc, ça s'engendre. Et on sait très bien la participation importante de Jared Kochener dans l'élaboration de la politique étrangère, notamment lors de ce fameux séminaire de sécurité au Bahreïn. Mais en même temps, vous savez que Trump, il est conscient, il sait très bien que c'est un mandat, il ne suffit pas finalement pour faire des bonnes affaires. Donc, au moins, il gagnera le côté familial, parce que lors du premier mandat, on a bien vu certains États du Golfe, comme l'Arabie Saoudite, ont promis énormément d'investissements.

Il y avait un investissement, mais pas autant que ce qui a été prévu lors de son premier mandat. Et tous les pays du Golfe préfèrent aussi une politique d'annonce, en quelque sorte. L'Arabie Saoudite annonce tout de même 800 millions, plus de 800 millions. Les Émirats sur 10 ans... 800 milliards ! Des milliards ! 1,4 milliard ! Sauf qu'il y a une nouveauté qui est très importante pour les pays du Golfe, les prix du pétrole se stabilisent à 60 dollars. Et à 60 dollars, les pays du Golfe ne sont pas en mesure de répondre à toutes les sollicitations de l'administration américaine.

Donc il doit absolument revoir un petit peu ses ambitions et parler, en quelque sorte, aussi de politique internationale, de sécurité. C'est pourquoi Mohamed Besselman convoque à la hâte un sommet des pays du Golfe à Riyad. Karim Bittar, vu de Beyrouth, comment s'annonce cette tournée moyenne orientale d'un Donald Trump qui, en fait, est toujours resté très populaire auprès de ces régimes qu'on peut quand même assez facilement qualifier d'autoritaires ? Oui, c'est assez paradoxal. 20 ans après que les États-Unis aient espéré exporter la démocratie au Proche-Orient.

On a le sentiment que c'est l'autoritarisme arabe qui s'est introduit subrepticement à Washington DC et il se retrouve dans le comportement de ces leaders du Golfe. C'est pour ça qu'il a une excellente relation avec eux. Et paradoxalement, Trump est également populaire au niveau de l'opinion publique dans la région. Il y a d'un côté ceux qui partagent sa vision du monde, sa vision identitaire. Il y a de l'autre côté tous ceux qui étaient extrêmement déçus par l'attitude de Joe Biden pendant la période de l'après 7 octobre. Donc, Trump a un capital de sympathie dans la région qu'il ne faut pas négliger.

Il va s'en servir comme d'habitude pour promouvoir certains grands projets économiques qui sont inextricablement liés à ses propositions politiques. Et quand je parle de projets économiques, il s'agit bien sûr d'investissement pour les États-Unis, mais aussi de family business comme vous l'avez évoqué. Il y a déjà une entreprise saoudienne qui a investi pas moins de 2 milliards dans une entreprise fondée par Jared Kushner. En matière de technologie, d'économie, d'intelligence artificielle, les trois pays du Golfe ont des propositions très alléchantes à faire aux États-Unis. Il va sauter sur l'occasion.

Par contre, je doute qu'il y ait de véritables percées politiques, même si certains médias, même en Israël, commencent à nous parler d'un revirement de Trump, d'une tentative de faire revivre les accords d'Abraham. Je pense que les conditions ne sont pas propices. Le grand changement depuis 2015, c'est l'attitude saoudienne. En 2015, ils étaient plutôt alignés sur Israël. Ils incitaient les États-Unis à mener une guerre de changement de régime ou du moins à ne pas signer d'accord avec l'Iran. Aujourd'hui, les Saoudiens sont plutôt dans une logique de stabilisation, notamment après l'accord négocié par les Chinois, l'accord irano-saoudien.

Le prince héritier en Arabie saoudite est très axé sur la sécurité de la région, un cessez-le-feu avec les Houssis, le développement économique. Il ne cherche plus nécessairement à faire tomber le régime des Mola. Et l'objectif premier de Mohamed Belsalman, c'est d'obtenir de Washington un accord sur le nucléaire civil parce qu'il y a de l'uranium en Arabie saoudite mais il s'agit en fait de valider l'accès au processus de fabrication d'une énergie nucléaire dans le royaume. Karim ? Tout à fait, c'est une vieille ambition israélienne.

Ce qui est nouveau cette semaine, ce qu'a révélé Reuters il y a 48 heures, c'est que les États-Unis ne conditionnent plus ce feu vert au nucléaire civil saoudien à un processus de normalisation avec Israël. On pensait préalablement que c'était un prérequis. Trump semble avoir pris acte du fait que les dirigeants saoudiens ont dit très clairement que le processus de normalisation, on ne pourrait pas revenir à ces accords d'Abraham tant qu'il n'y aurait pas de reconnaissance d'un État palestinien fus a minima.

Et comme les autorités israéliennes sont radicalement dans un autre état d'esprit, Trump pourrait être tenté d'aller de l'avant et de faire ses concessions et ses deals économiques, militaires et technologiques avec les Saoudiens même s'ils ne vont pas vers une reconnaissance d'Israël. Et ce qui contribue à cela, c'est l'opinion publique internationale. Aujourd'hui, les critiques d'Israël ne viennent plus des milieux de la gauche radicale, c'est vraiment l'establishment, le Financial Times, l'Economist.

Ce matin, Thomas Friedman du New York Times qui dit qu'Israël désormais représente une menace pour les intérêts stratégiques des États-Unis, Christiane Amampour sur CNN qui a fait un remarquable travail ces derniers mois. Donc l'opinion publique est en train de basculer, y compris au sein de l'establishment de la communauté juive américaine, britannique, même en France, on commence à entendre quelques voix tardivement. Mais il y a le sentiment qu'Israël est allé trop loin et que Trump ne peut plus s'aligner inconditionnellement sur M. Netanyahou, même s'il ne va bien évidemment pas rompre avec la politique historique des États-Unis.

Précisément, Alain Dikoff, comment expliquez-vous cette carte blanche que Washington accorde désormais à Benjamin Netanyahou, dont on voit l'escalade meurtrière, que ce soit à Gaza ou dans les territoires occupés, où semble-t-il, en ce moment même, l'armée israélienne procéderait à un déplacement massif de Palestiniens en les regroupant, en les sortant en quelque sorte de leur camp ou des villages où ils s'étaient installés ?

15:51
Présentateur

Écoutez, ce qui est frappant, ce qui est frappant, pardon, c'est vraiment que les États-Unis ont abandonné toute ambition de véritablement proposer une issue diplomatique non seulement à la guerre, mais même antérieurement. En réalité, l'administration Biden était elle-même, dans le fond, très timide.

La différence avec Trump, c'est qu'il est, comme à son habitude, beaucoup plus franc et clair dans son positionnement, qui est un positionnement, en effet, de tout simplement de laisser les mains libres au gouvernement Netanyahou pour mener sur le plan de tous les cas militaires la guerre contre les Palestiniens comme Israël l'entend le mener, sans lui mettre, finalement, de barrière, quelle qu'elle soit pour le moment. En même temps, ce qui est aussi, malgré tout, à relever, c'est que dans la reprise de dialogue entre les Etats-Unis et l'Iran, les Israéliens n'étaient pas dans la boucle. Donc, il y a en même temps un sentiment qui est en fait partagé.

D'un côté, on laisse les Israéliens mener les choses sur le terrain comme ils l'entendent, mais de l'autre côté, on ne considère pas digne d'intérêt de leur signaler qu'on reprend des négociations avec les Israéliens, alors qu'évidemment, c'était quand même quelque chose d'important, même si peut-être l'issue sera relativement limitée.

Et en même temps, on voit des idées lancées comme ça totalement abrutement par Trump comme évidemment cette fameuse idée entre guillemets de Riviera, de Gaza, alors qu'il quelque part paraît complètement déconnecté du réel, mais qui en même temps signale un tout petit peu que dans le fond, on va fermer les yeux sur les projets israéliens, en effet, de regroupement de la population palestinienne civile au sud de la bande dans la perspective éventuelle d'une émigration entre guillemets volontaire dont on ne connaît pas du tout les contours, mais qui signale quand même un projet qui est le projet en effet de cantonner la population sur un espace de plus en plus réduit et le moment venu de lui proposer encore une fois on ne sait pas comment des plans d'émigration vers les pays voisins qui n'en veulent pas par ailleurs.

Donc, il y a quand même en même temps une sorte de côté un tout petit peu délirant dans ce type de proposition.

18:43
Locuteur non identifié

Néanmoins, à Nadikov, on voit que Benjamin Netanyahou qui vient de procéder à un appel des réservistes pour renforcer son armée continue de mener une sorte de guerre de procuration contre l'Iran en dépit des négociations ouvertes par l'administration Trump avec le régime de Téhéran. Donc, évidemment, toujours contre le Hamas mais aussi au sud Liban contre le Hezbollah et en Syrie où véritablement les Israéliens ont non seulement étendu leur zone du Golan mais entrepris de détruire entièrement les infrastructures militaires.

19:31
Présentateur

Alors, je pense que le volet syrien est un peu particulier. Pour moi, il s'inscrit dans la stratégie israélienne qui n'est pas non plus toute récente. d'emprise surtout évidemment après la prise du pouvoir d'Armène Al-Shara et donc de vouloir sécuriser au maximum la frontière autour du Golan qui est évidemment empiétée davantage sur la Syrie, sur le territoire souverain syrien.

mais il y a aussi un autre front qu'il faut évoquer où là, évidemment, la dimension iranienne à mon avis et en tous les cas indirectement est plus présente, c'est le Yémen parce que l'effet relativement récent quand même de la dernière semaine, c'est que les outils finalement sont parvenus à ce qu'un de leurs missiles tombe sur Israël.

Alors évidemment, c'est parce que visiblement, le système de sécurité israélien n'a pas été aussi performant qu'il l'avait été jusqu'à présent mais la riposte ne s'est pas fait attendre non plus du côté israélien donc c'est plutôt, je dirais, l'Iran est un peu vraiment dans le viseur aussi à travers ce conflit au Yémen et l'intervention, je dirais, relativement répétée des outils militaires répétés des outils contre Israël avec leurs missiles.

21:04
Locuteur non identifié

Précisément, Héloïse Fayet, on a vu l'administration Trump conclure un accord avec les outils donc une sorte de cessez-le-feu les Américains ne bombarderaient plus Sana et les installations militaires outils néanmoins les outils continuent d'attaquer Israël est-ce que de la part de Washington c'était une manière d'accélérer ou en tout cas de favoriser ces négociations sur le nucléaire. On en est, je crois, ce week-end au quatrième rencontre et c'est d'ailleurs Witkoff qui arrive à Moscat, la capitale du sultanat d'Oman aujourd'hui même.

Oui, effectivement, le quatrième round de négociations devrait avoir lieu demain, donc dimanche à Oman avec des négociations qui avancent, qui ont lieu, c'est déjà un signal extrêmement positif et cela malgré effectivement un contexte régional qui n'est pas forcément très favorable aux négociations ou en tout cas aux discussions, en tout cas d'un point de vue israélien, parce que comme vous le notiez, le cessez-le-feu qui a été trouvé entre les Etats-Unis et les Outsis, c'est très clair, en fait, ne concerne pas Israël, tout simplement parce que les Outsis l'ont signalé à plusieurs reprises, leurs attaques contre Israël sont liées au fait qu'Israël continue sa guerre dans la bande de Gaza et donc ils voient bien en fait une distinction des problématiques avec d'un côté cette lutte en fait cette lutte globale pour la cause palestinienne au travers d'attaques contre Israël qui d'ailleurs en fait ne font pas de dégâts majeurs parce que si certains missiles balistiques aussi ne sont pas interceptés c'est généralement parce que les Israéliens savent grâce à leur système de défense antimissile qu'il ne va pas causer de dégâts et puis de l'autre côté en revanche un accord trouvé pour l'instant avec les Etats-Unis parce que la puissance de feu américaine est bien supérieure à celle des Israéliens et puis aussi parce que le risque d'escalade est donc en fait plus élevé dans un potentiel affrontement entre les Houssy et les Américains si par exemple il y avait eu des morts dans une frappe Houssy sur un bâtiment de guerre états-unien l'escalade aurait été beaucoup plus élevé mais en tout cas ce qu'on voit aussi et c'est Karim qui en parlait c'est une régionalisation un petit peu des problématiques sécuritaires au Moyen-Orient et ça c'est assez positif de voir en fait que l'Arabie saoudite les Emirats Arabes Unis le Qatar essaient justement de limiter ce risque d'escalade et c'est important de noter qu'aujourd'hui le ministre des Affaires étrangères iranien Gaba Sarakshi est lui-même en visite dans les pays du Golfe donc en Arabie saoudite et puis ensuite à Doha donc au Qatar pour essayer en fait justement de régler les tensions entre l'Iran et ses voisins du Golfe avec notamment en fait des perspectives économiques peut-être des limitations en termes de missiles balistiques missiles balistiques iraniens mais donc en fait il y a plusieurs canaux de négociation qui sont ouverts sur des problématiques plus larges que le strict nucléaire Il y a une rumeur aussi que Donald Trump dont on sait la tension qu'il porte au vocabulaire il aimerait renommer le Golfe Persique pour l'appeler le Golfe d'Arabie et parce que ça ferait plaisir pensent certains de ses proches ça ferait plaisir aux interlocuteurs qui s'apprêtent à rencontrer Héloïse Oui alors ça on l'a vu aussi au Mexique il veut renommer le Golfe du Mexique le Golfe des Etats-Unis alors de les réactions iraniennes qu'on peut voir je pense que les Iraniens sont prêts à accepter de nombreuses concessions sur leur programme nucléaire mais alors absolument pas le renommage du Golfe arabo-persique ou du Golfe Persique en un Golfe strictement arabe donc là vraiment en fait c'est à nouveau ça montre en fait une sorte d'amateurisme du côté américain sur les négociations sur le nucléaire qui sont tout de même un sujet extrêmement technique rappelons qu'il avait fallu plusieurs années de négociations pour aboutir à l'accord sur le nucléaire iranien donc l'accord de Vienne en juillet en juillet 2015 et qu'on ne peut pas avoir en fait du côté des américains effectivement Trump qui souffle le chaud et le froid vous avez aussi Steve Witkow qui n'a pas de ligne véritablement claire certains jours il explique qu'il faut un démantèlement total du programme nucléaire iranien donc ce à quoi les iraniens sont strictement opposés car ils considèrent qu'ils ont le droit d'avoir un programme nucléaire civil et c'est effectivement le cas sous le traité de non-prolifération nucléaire d'autres jours il explique qu'il faut simplement revenir aux limites d'enrichissement de l'uranium qui avait été imposé par le GSPOA donc accord dont Trump était rappelons-le sorti en mai 2018 donc voilà il n'y a pas de ligne en fait claire qui se dégage de la position américaine alors que l'équipe iranienne est-elle extrêmement rompue justement aux négociations ce sont des diplomates vraiment chevronnés et donc là c'est quand même une position peut-être un peu plus pas vraiment de faiblesse mais en tout cas les américains ne sont pas forcément en position de force dans ces négociations d'où peut-être justement une sorte d'enthousiasme du côté iranien ou en tout cas la plupart des médias iraniens considèrent que les négociations se passent bien ils en sont relativement satisfaits justement parce qu'en fait ils sont peut-être plus sur un pied d'égalité qu'ils ne le pensaient avec les Etats-Unis Justin Weiss vous qui connaissez bien les appareils diplomatiques européens commencé par le français comment expliquer ce démembrement du département d'Etat américain même si on pensait au départ que Marco Rubio ministre des affaires étrangères américain serait en quelque sorte le professionnel sinon l'adulte dans la salle pour reprendre une expression du premier mandat oui ce qui est frappant c'est que c'est le chaos en réalité à Washington c'est le chaos dans la formulation de cette politique revenons un mois en arrière avec le fameux Signalgate vous vous souvenez quand le groupe de discussion sur la messagerie Signal avait fuité parce que par erreur Michael Waltz le précédent conseiller de sécurité nationale avait inclus un journaliste dans le groupe et on avait assisté en direct à une discussion justement sur la politique au Moyen-Orient sur ce qu'il convenait de faire par rapport aux outils et c'est très intéressant parce que d'un côté on avait la ligne MAGA la ligne Trump au fond qui était incarnée par Vance et qui disait c'est pas notre affaire c'est pas à nous de faire les gendarmes du monde c'est pas à nous de sécuriser les voies maritimes la liberté de circulation en mer rouge et de toute façon on a très peu de notre commerce qui passe par là c'est aux européens de le faire c'est à eux d'aller bombarder les outils qui eux-mêmes empêchent cette circulation et donc on n'a pas à faire ça et de l'autre côté on avait Michael Waltz et même s'il n'est pas intervenu le secrétaire d'état Marco Rubio dont on connait un peu les positions qui disait tout de même c'est nous la puissance dominante là les outils tout de même disons menacent la liberté de circulation commerciale mondiale et c'est à nous d'intervenir etc et ce qui est intéressant c'est ce qu'il en est résulté il en est résulté un mois de bombardement du Yémen enfin des installations outils avec un coût très important de plus d'un milliard de dollars d'opérations militaires et finalement pour arriver à un cesse-le-feu dont Trump a dit que c'était une capitulation des outils mais en fait dont les termes sont pas très favorables aux Etats-Unis puisqu'en effet les outils se réservent le droit Alain Dikoff l'a dit tout à l'heure de bombarder les bateaux israéliens qui passent qui étaient à peu près leur position de départ c'est-à-dire tout ce qui est lié à Israël pour lutter contre l'offensive israélienne à Gaza est une cible légitime et donc on voit qu'il y a cette oscillation entre d'un côté le fait d'assumer les responsabilités mondiales ça c'est plutôt la ligne Rubio Michael Walls qui est maintenant parti mais qu'il incarnait bien et au fond avoir un rôle traditionnel au Moyen-Orient et de l'autre côté une ligne maga disons une ligne trumpienne qui consiste à en faire beaucoup moins et à finalement aller vers des deals et donc c'est ça qui explique une position donc beaucoup plus souple et beaucoup plus disons conciliatrice vis-à-vis des outils une position vis-à-vis de l'Iran qui en effet est très confuse comme l'a dit Héloïse mais qui consiste quand même à revenir à des positions qui n'étaient pas du tout celles que Trump avait annoncées pendant la campagne où il voulait en gros détruire l'Iran comme il avait comme il avait dit dans une hyperbole dont il est dont il est coutumier et donc au fond essayer de continuer ce mouvement décennal je dirais de retrait du Moyen-Orient c'est-à-dire ce qui a été entamé sous Barack Obama contrairement aux 40 années précédentes les Etats-Unis s'impliquent au Moyen-Orient vraiment depuis les années 70 auparavant il n'y était que très peu présent c'est vraiment dans les années 70 avec la guerre du Kipour avec Carter et la création d'un commandement militaire que les Etats-Unis s'impliquent beaucoup au Moyen-Orient et puis encore plus avec le Liban dans les années 80 la guerre du Golfe bien sûr puis la guerre d'Irak et là on monte à une présence très très massive et puis à partir d'Obama il y a un reflux de cette puissance américaine au Moyen-Orient parce que les Etats-Unis ne tirent pas leurs ressources pétrolières du Moyen-Orient et parce qu'il ne reste que pour en gros la sécurité d'Israël et assurer disons l'ordre mondial or là ce que Trump fait à travers enfin disons ce vers quoi il tend de façon assez chaotique c'est de continuer son retrait de faire en sorte qu'il n'y ait pas trop de conflictualité et qu'il puisse faire des deals avec les Saoudiens les Qataris les Emiratis et puis il passe par perte et profit notamment la question palestinienne dont on voit bien qu'il est bloqué et que c'est quelque chose qui va le gêner de plus en plus et qui va être une sorte d'épine à son côté c'est-à-dire le fait que Netanyahou n'aille pas du tout dans le sens d'un apaisement et qu'au contraire il prépare des plans extrêmement inquiétants pour Gaza or ça ce sera inacceptable par notamment les Saoudiens et donc ça ça risque d'être le grain de sable dans le mécanisme disons à la fois de paix plus étendue et d'autre part de retrait de plus en plus grand des Etats-Unis mais tout ça se fait dans le chaos et en particulier avec des sortes de retours de responsabilité et Rubio est un peu l'incarnation de ça presque je dirais de ce conservatisme des dernières décennies au Moyen-Orient Hasni Abidi cette idée partagez-vous cette idée en fait que la politique américaine s'agissant du Moyen-Orient aussi sans arrêt entre implication et en même temps envie de se retirer au moment où encore une fois et on le disait dès le début de cette conversation les enjeux économiques et financiers prennent le dessus ce qui est considéré en Europe comme un chaos dans les pays du Golfe et au Moyen-Orient de manière générale ils parlent plutôt de pragmatisme on parle d'un président qui est pragmatique et qui change et qui est prêt à changer de position et ça c'est plutôt bien apprécié pourquoi on ne parle pas de chaos parce que du moment où si on parle du chaos alors que la diplomatie américaine ou l'activisme diplomatique américain est le seul disponible dans un environnement où la diplomatie européenne est complètement inexistante elle est inaudible donc c'est on ne s'étonne pas d'avoir finalement un monopole de la gestion en matière de politique étrangère et notamment la relation avec le Moyen-Orient plutôt du côté américain il faut rappeler que le président Trump avait refusé d'aider Mohamed Ben Salman lors de ses attaques qui étaient importantes contre des sites pétroliers saoudiens et américains il avait lui-même demandé aux saoudiens il a dit les Houssies n'attaquent pas l'Amérique ils attaquent plutôt l'Arabie saoudite et Mohamed Ben Salman a bien appris la leçon et c'est pourquoi il est allé directement vers les Paras les Iraniens ce qu'on a vu dans l'accord qui a été parrainé par les Chinois et en même temps les pays du Golfe ont bien compris que le président américain qui lui ne voulait pas négocier avec les terroristes l'administration Biden l'a fait aussi avec les talibans on a bien vu Adam Boller ça a surpris les Israéliens il a négocié avec Khalil Hayek qui est le chef du Hamas au Qatar et on a bien vu aussi que les Américains négociaient avec les Houthis c'est un message clair envoyé aux Iraniens et les Iraniens aussi vous savez les Houthis ne peuvent pas signer cet accord s'il n'y avait pas une bénédiction ou même un encouragement de la part des Iraniens qui veulent eux aussi ne pas torpiller aussi le processus de négociation donc on y face finalement un président américain c'est marqué par cette politique transactionnelle une certaine incertitude mais qui ne ne dérange pas autant que ça finalement les pays du Golfe surtout les monarchies du Golfe qui aujourd'hui sont les états les plus importants c'est les poids lourds du monde arabe après l'effacement de l'Egypte et d'autres pays arabes aujourd'hui on voit bien que l'Arabie Saoudite veut garder ce leadership du monde arabe dernier point qui est à mon sens aussi important le président Trump a bien vu qu'il voulait un deal le deal de siècle c'est-à-dire un accord de paix entre Israël et l'Arabie Saoudite il voit bien que ce projet n'est pas du tout tenable surtout dans les conditions actuelles mais en même temps il réalise qu'il a besoin d'un deal économique et ce deal économique il est menacé par ce deal politique par une situation entre l'Israélien et les Palestiniens par la position des pays du Golfe notamment l'Arabie Saoudite il ne veut pas perdre le deal économique à cause de ce deal diplomatique c'est-à-dire le grand deal le grand prix la normalisation entre l'Arabie Saoudite et l'Israël et c'est pourquoi il n'hésitera pas finalement à abandonner cette trajectoire et se concentrer plutôt sur des arrangements de courte durée mais une relation économique stratégique avec les pays du Golfe Karim Bittar on voit effectivement ce pragmatisme américain à l'oeuvre avec un style évidemment qui tranche par rapport à d'autres prédécesseurs néanmoins les Etats-Unis doivent aussi compter avec un nouvel acteur au Moyen-Orient qui est la Turquie il est question d'une prochaine visite du président turc Erdogan à Washington comment est-ce que la mainmise qu'Erdogan essaye d'imposer sur la Syrie peut modifier ou non le jeu américain dans la péninsule arabe arabique alors en effet l'une des scènes les plus révélatrices de ces dernières semaines était l'entretien durant lequel M.

Trump a fait un éloge très appuyé d'Erdogan devant M. Netanyahou et c'était vraiment cette idée qu'Erdogan est quelqu'un avec qui nous pouvons travailler qui est aligné sur nos options stratégiques etc et cette proximité affichée entre ces deux leaders va vite être testée en Syrie parce que la Syrie est le pays aujourd'hui qui risque de poser le plus de problèmes il ne faut pas oublier que les guerres par procuration en Syrie sont loin d'être terminées la Syrie la Turquie a des appétits grandissants en Syrie elle a joué un rôle décisif dans la chute de Bachar el-Assad et M.

Erdogan se montre de plus en plus gourmand avec une certaine sympathie de Trump qui ne se dément pas Israël continue de bombarder la Syrie très fréquemment alors même que les nouvelles autorités syriennes ont dit très clairement qu'elles n'étaient pas dans une logique de conflit avec Israël et puis les pays du Golfe se livrent également une sorte de combat pour le contrôle économique de la nouvelle Syrie l'Arabie saoudite a accepté de payer les arriérés de la Syrie avec la Banque mondiale des dettes syriennes le Qatar va payer les salaires de la fonction publique dans la nouvelle Syrie à l'exception du ministère de l'intérieur et de la défense donc nous sommes toujours face à un énorme gâteau qu'il faudra se partager et sans modus vivendi entre toutes ces puissances régionales les choses risquent de mal tourner la Syrie a véritablement besoin d'un plan Marshall car la reconstruction va coûter pas moins de 300 milliards peut-être 400 selon la Banque mondiale oui moi je me semble véritablement préalé mais cela veut dire aussi Karim qu'on l'a vu avec l'invitation du nouveau leader syrien à l'Elysée avant-hier les Européens Azni Abidi le disait les Européens sont pratiquement absents dans dans ce jeu là alors en coulisses il y a quand même un travail assez sérieux des envoyés spéciaux français sur la Syrie l'Europe essaie de s'impliquer parce que je pense qu'on commence à prendre conscience du risque de fragmentation de la Syrie il y a de nouveau un certain courant en Israël qui cherche à renouer avec la doctrine de la périphérie c'est à dire à instrumentaliser les angoisses des minorités religieuses notamment les druzes en Syrie après les massacres dans les zones côtières il y a beaucoup de gens qui commencent à se réarmer dans cette région et une fragmentation de la Syrie aurait des conséquences très néfastes pas seulement en Syrie mais également au Liban qui en souffriraient également très vite donc cette idée d'émergence de petits cantons communautaires dans la région qui est en phase avec l'idéologie dominante à l'échelle mondiale qui est un retour de l'identitarisme des doctrines ethno-différentialistes c'est très dangereux donc il faudra que les Etats-Unis et les puissances du Golfe parviennent à maintenir la souveraineté et l'intégrité territoriale et l'unité de la Syrie ce ne sera pas facile parce que comme vous le disiez les ambitions turques et les ambitions israéliennes sont de plus en plus en concurrence flagrante précisément Alain Dikov ses ambitions israéliennes vous nous l'expliquiez tout à l'heure ne sont en rien freinées par l'administration Trump ça on l'a compris néanmoins ce qui reste l'objectif pour le gouvernement Netanyahou c'est d'étendre et de renforcer de plus en plus son emprise et de chasser les palestiniens est-ce qu'on peut imaginer que le président Trump et son entourage qui reste quand même sensible aux arguments d'Israël demandent à ces interlocuteurs arabes d'abriter d'accueillir les palestiniens alors qu'on sait à quel point les régimes arabes y sont hostiles

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Présentateur

alors on ne peut pas exclure que pendant cette tournée dans le golfe Trump puisse au moins je dirais sonder la position de ces interlocuteurs pour voir s'ils étaient prêts à accueillir en effet des palestiniens chez eux ce qui en effet n'est pas du tout quelque chose à quoi ils sont favorables mais bon justement dans cette logique transactionnelle on ne peut pas on ne peut pas exclure le fait qu'il le propose à mon avis ça ne pourra pas aller très loin mais en revanche ce qui est assez clair c'est encore une fois je reviens sur cette question un peu de blanc-seing donnée par l'administration Trump on la constate non seulement à Gaza mais aussi on en parle un peu moins mais finalement en Cisjordanie parce qu'en Cisjordanie il faut bien voir que depuis que l'offensive militaire israélienne a commencé après les attentats du 7 octobre 2023 il y a eu évidemment tout s'est concentré un petit peu autour de la bande de Gaza mais il faut bien voir que parallèlement à bas bruit et ensuite de façon de plus en plus forte à bien des égards l'armée intervient quotidiennement en Cisjordanie en particulier dans les camps là aussi palestiniens y compris des camps qui pendant longtemps n'étaient pas très remuants je pense à tout le carême ou d'autres camps de ce type là et là aussi avec finalement un soutien de l'administration américaine et puis aussi il faut bien le dire aussi un silence des européens donc il y a aussi toute cette cette situation qui se développe sur le terrain qui est aussi très négative pour les palestiniens et tout ça quand même dans un contexte où on a ressorti depuis quelques mois l'idée de la reconnaissance d'un état palestinien ce qui paraît là complètement je dirais à bien des égards un peu à côté de la plaque parce que le terrain nous dit tout le contraire c'est à dire que cet état déjà passablement mité avant 2023 aujourd'hui on se demande bien où il pourrait voir le jour avec d'un côté une bande de Gaza totalement de plus en plus contrôlée par Israël et une Cisjordanie qui l'est aussi de plus en plus avec une autorité palestinienne totalement démunie qui essaye malgré tout de continuer à subsister il y a désormais un vice-président qui pourrait peut-être prendre le relais de Marco Dabbas très âgé mais ça semble je dirais complètement éterré encore une fois par rapport à toutes ces réalités de tout terrain qui nous indiquent tout à fait autre chose

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Locuteur non identifié

et c'est néanmoins le projet du président de la république qui le mois prochain lors d'une conférence aux Nations Unies avec le prince héritier saoudien affirmerait proclamerait la reconnaissance par la France d'un état palestinien en échange entend-on en coulisses d'une reconnaissance d'Israël par l'Arabie saoudite mais là Justin Veil on est on est semble-t-il comme le dit Alain Dikoff parti dans un scénario plutôt irréaliste oui même si à chaque fois que dans l'histoire on a voulu nier la question palestinienne et dire qu'elle n'existait pas et que de toute façon c'était raté c'était fini la solution à deux états n'était plus viable et c'est particulièrement le cas des années de retour de Netanyahou vers 2015 2017 etc cette question a ressurgi et de façon dramatique notamment le 7 octobre 2023 et donc on peut se demander si en effet il n'est pas temps de montrer qu'en réalité il est temps de devenir sérieux et de réenvisager cette solution à deux états je pense que le fait que l'Arabie saoudite soit prête à travailler avec la France et ses partenaires arabes pour dans la direction de cette solution à deux états permet de rappeler ça qu'il y a des réalités qu'il y a des réalités de terrain ce que tu es en train de faire Netanyahou d'imposer il faut bien voir le mécanisme on est effectivement sur le terrain dans une situation mauvaise mais sur le plan politique on a essentiellement un premier ministre israélien qui ne veut pas perdre le pouvoir notamment pour des raisons personnelles juridiques parce que ça voudrait dire probablement aller en prison qui par ailleurs ne veut pas contrarier l'extrême droite qui fait partie de sa coalition et qui pourrait le faire chuter et donc lui faire perdre le pouvoir et qui donc impose à son partenaire américain une direction et surtout impose au peuple palestinien et au Gazaoui des conditions inhumaines et c'est tout cet engrenage-là qui de plus en plus marginalise Trump et en échange il faut qu'il y ait une sorte de rapport de force et donc l'idée de faire un sommet sur la solution à deux états avec deux entités importantes comme la France et l'Arabie Saoudite aux Nations Unies avec aussi un soutien très fort de la société civile et le forum de Paris sur la paix sera partie d'une manifestation de soutien à cette solution à deux états et à cette initiative-là en juin vers la mi-juin me semble de nature à rappeler que même si les réalités de terrain sont très sombres l'alternative c'est-à-dire en gros la politique de faire émigrer les millions de Gazaouis d'un côté et puis de se saisir la Cisjordanie de l'autre n'est pas plus viable et ne conduira qu'à davantage de violence Héloïse Fayet on en revient quand même toujours à cette question qui est le rôle ou plutôt l'absence des Européens dans tous ces enjeux on vient de le dire s'agissant de la question palestinienne même si la proposition française a le mérite d'exister mais s'agissant des négociations sur le nucléaire iranien dont les Européens étaient partie prenante et ont joué un rôle majeur au moment en 2015 de la conclusion de cet accord dont Donald Trump premier mandat s'est retiré que font les Européens aujourd'hui dans les négociations qui sont à nouveau en cours mais de façon bilatérale Etats-Unis Iran Oui tout à fait alors pour l'instant il n'y a pas de place pour les Européens dans ces négociations bilatérales en revanche les Européens donc principalement la France le Royaume-Uni et l'Allemagne qui étaient donc les trois pays européens signataires du 10 P.O.A.

sont tout de même actifs en coulisses avec des discussions notamment aux Nations Unies et des discussions au sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique donc le gendarme du nucléaire qui apporte une expertise technique absolument indispensable et notamment en fait la surveillance des sites nucléaires des sites nucléaires iraniens le directeur de la IEA s'est rendu en Iran il y a quelques semaines pour rappeler justement qu'il faut absolument que l'agence soit incluse dans des discussions mais les Européens ont quand même plusieurs cartes à jouer la première carte évidemment et la principale étant celle du snapback donc en fait c'est un mécanisme économique au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies qui permettrait s'il est activé par l'un des pays européens signataires du DCPOA de réimplémenter les sanctions qui avaient été levées justement donc les sanctions onusiennes qui avaient été levées par le DCPOA donc en 2015 et là en fait il y a vraiment une urgence en fait un contexte temporel assez particulier étant donné que le DCPOA donc qui nous permet d'avoir une connaissance pas parfaite évidemment mais tout de même extrêmement importante sur le nucléaire iranien expire en octobre 2025 donc dans moins de 6 mois et la possibilité d'implémenter ce snapback également étant donné que cela fait partie justement des clauses du DCPOA qui à l'époque avaient été négociées enfin demandées par Barack Obama et donc en fait depuis plusieurs mois notamment avec en juin dernier le dépôt d'une motion de censure par la France à l'encontre de l'Iran à la IEA et puis surtout depuis début janvier 2025 on note vraiment des prises de parole beaucoup plus assumées de la diplomatie française vis-à-vis de la menace que représente l'Iran notamment le président de la République Emmanuel Macron en janvier 2025 lors de la conférence des ambassadeurs avait déclaré que l'Iran était désormais la plus grande menace pour les forces occidentales déployées au Moyen-Orient alors qu'avant c'était quand même considéré que c'était les groupes terroristes notamment Daesh et puis il y a quelques jours donc le ministre des Affaires étrangères français était à l'ONU pour des discussions sur la non-prolifération dans le monde et a fait clairement référence au snapback en expliquant que les Européens se réservaient le droit d'activer ce mécanisme si jamais les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran ou dans l'idéal des négociations plus larges incluant aussi les Européens échouaient donc on voit bien que les Européens quand même essayent de revenir un petit peu dans le jeu mais il y a tout de même une méfiance des Iraniens vis-à-vis du rôle de l'Europe étant donné qu'il faut se rappeler qu'après la sortie par Donald Trump du DCPOA et donc la réimplémentation des sanctions américaines les Européens avaient essayé de rester présents économiquement en Iran afin de maintenir justement en vie l'économie iranienne d'investir dans cette économie et puis en fait le poids de l'extraterritorialité des sanctions américaines avait été trop fort et donc les Européens étaient partis et ça c'est quelque chose que les Iraniens n'ont toujours pas pardonné aux pays européens Oui et on voit aussi on se demande d'ailleurs si M.

Witkoff qui mène les négociations et qui est donc arrivé aujourd'hui à Moscat pour de nouvelles rencontres avec la délégation iranienne demain on se demande si M. Witkoff connaît toutes les subtilités Loïse que vous venez d'expliquer il y a en ce moment on ne peut pas ne pas y faire allusion même si on n'a pas le temps ce matin d'en discuter plus en profondeur mais il y a cet affrontement armé entre deux puissances nucléaires l'Iran l'Inde pardon l'Inde quel lapsus l'Inde et le Pakistan et là la diplomatie américaine semble partager le vice-président J.D.

Vance a dit hier ah ben non c'est pas notre affaire et au contraire le secrétaire d'état Rubio a dit ah mais nous nous pourrions offrir notre médiation Oui c'est une situation assez inquiétante et évidemment ça rappelle à quel point en fait être une grande puissance et surtout être une grande puissance dotée ou possédant l'arme nucléaire doit en fait provoquer un sens de responsabilité chez les dirigeants à la fois du côté américain mais aussi en Inde et au Pakistan et en fait il est extrêmement regrettable que les Etats-Unis soient justement un peu en train de se désintéresser de toutes ces questions de régulation de normes autour des armes nucléaires à la fois la non-prolifération le désarmement la maîtrise des désarmements nucléaires alors que paradoxalement Trump a plusieurs fois appelé justement à une dé-nucléarisation du monde il n'aime pas les armes nucléaires il le rappelle depuis plusieurs plusieurs dizaines d'années il rêve d'un grand deal notamment avec la Chine et la Russie où les trois plus grandes puissances nucléaires mondiales réduiraient leurs armements nucléaires et puis de l'autre côté il faut se rappeler qu'en 2017-2018 il avait aussi il avait aussi expliqué que son bouton son bouton nucléaire était plus gros que celui de Kim Jong-un donc le dirigeant nord-coréen et qu'il n'hésiterait pas à s'en servir donc vraiment dans ce contexte en fait de plus en plus instable et où les armes nucléaires ou l'attrait pour les armes nucléaires est de plus en plus important il est crucial d'avoir des dirigeants responsables qui ont une ligne cohérente qui sont au courant de toutes les subtilités en fait de ces armes nucléaires alors peut-être pas directement eux mais en tout cas leurs conseillers et ce n'est actuellement pas le cas aux Etats-Unis il faut se réjouir que c'est encore le cas en France et au Royaume-Uni donc les deux grandes puissances enfin les deux puissances nucléaires de l'Europe mais voilà il est vraiment il est vraiment nécessaire en fait qu'il y a une responsabilisation globale afin d'éviter tout risque tout risque d'escalade involontaire et d'ailleurs dans la formulation de Marco Rubio la nuit dernière enfin la nuit dernière notre heure quand il dit aux dirigeants pakistanais et indiens surtout essayer d'éviter une erreur de calcul une erreur de calcul Héloïse on se dit oui ben c'est ça l'erreur de calcul c'est évidemment le doigt sur le bouton oui alors c'est pas directement forcément le doigt sur le bouton mais en tout cas par exemple entre les Etats-Unis et la Russie il y a des mécanismes par exemple de communication sécurisée d'échange en amont d'exercices d'exercices nucléaires par exemple ce qui a notamment ce qui est notamment l'une des raisons pour laquelle en fait le conflit entre l'Ukraine et la Russie et avec indirectement l'OTAN n'a pas autant escaladé sur le plan nucléaire que ce à quoi on aurait pu s'attendre dans les premiers mois du conflit il y a une compréhension mutuelle entre les Etats-Unis et la Russie qui n'existe absolument pas entre l'Inde et le Pakistan les quelques mécanismes en fait de communication et d'échange sur le plan militaire sont assez fragiles et surtout il y a une propagande et une désinformation qui est qui est complètement délirante si je puis dire à la fois du côté indien et du côté pakistanais il y a quelques minutes un dirigeant pakistanais a annoncé qu'ils allaient réunir un conseil justement au Pakistan pour discuter de leurs armes nucléaires ça a été démenti très rapidement ensuite et donc vraiment cette désinformation qui est d'ailleurs extrêmement nourrie par les réseaux sociaux l'intelligence artificielle des fausses images est très dangereuse pour la stabilité la stabilité stratégique parce que si un pays en fait votre voisin avec lequel vous entretenez des relations déplorables depuis plusieurs dizaines d'années effectivement effectue des menaces des menaces militaires ou prononce des menaces nucléaires que vous ne comprenez pas très bien et bien effectivement vous pouvez vous sentir en danger et donc ensuite monter vous-même en fait dans l'échelle de l'escalade alors que ce n'est pas forcément ce que vous vouliez faire au début donc vraiment en fait la médiation américaine mais peut-être aussi chinoise ou européenne pourrait être extrêmement utile pour essayer de déconflicter les tensions pas forcément dire qui est responsable de cette escalade mais rappeler vraiment aux deux parties les enjeux qui sont en cours et puis c'est d'autant plus paradoxal du côté de J.D.

Vance que sa femme elle-même est indienne alors peut-être qu'il ne veut pas s'attirer les foudres de ses beaux parents bon un rappel un rappel à la raison en tout cas merci merci à vous 5 merci à vous Héloïse je rappelle l'entretien que vous signez sur le site du média WOM WOM by 2050 now 2050 now voilà Justin Weiss une très bonne biographie de Spigniew Brzezinski chez Adil Jacob Asni Abidi vous venez de publier aux éditions Eric Bonnier le Moyen-Orient selon Donald Trump donc c'est tout à fait d'actualité Alain Dikoff vous avez signé chez Duneau Israël-Palestine une guerre sans fin point d'interrogation c'était l'année dernière et Karim Bittar vous avez dirigé avec Pierre Berthelot le numéro de la revue Orient Stratégique sur le Liban aux éditions L'Arbatan voilà à la réalisation ce matin je remercie Camille Maty à la technique Ludovic Auger Laura Duteche-Pérez évidemment m'a aidé à préparer cette émission en même temps que Patricia Miura de la documentation de Radio France et voici les carnets de santé de Marina Carré en en course très bon week-end à samedi prochain Sous-titrage Société Radio-Canada