Guerre en Ukraine, Macron candidat : Thomas Porcher décrypte et accuse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:47OuverteRéponse directe
Thomas, toi, quel est ton point de vue sur le conflit ukrainien ?
- 7:47OuverteRéponse directe
Thomas, quel va être l'impact de ces sanctions économiques sur la Russie ?
- 12:53OuverteRéponse directe
Cette candidature vous l'attendiez mais vu le contexte diplomatique mondial très tendu aujourd'hui, qu'est-ce que vous en pensez ?
- 15:43OuverteRéponse directe
Concrètement, quel est son programme aujourd'hui à Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56ThomasFait
« vous avez un pays qui envahit un autre pays. Et à partir de ce moment-là, c'est condamnable. »
- 2:05ThomasFait
« Il y a le principe de non-ingérence de la charte de l'ONU qui doit être respecté. »
- 3:26ThomasFait
« une ministre luxembourgeoise qui dit que le but, c'est d'en finir avec Poutine »
- 3:27ThomasFait
« Bruno Le Maire qui dit que le but, c'est de mener une guerre économique avec la Russie »
- 4:07ThomasChiffre
« le rouble qui est en train de se dévisser complètement et les actifs russes qui se dévaluent »
- 8:42ThomasFait
« On l'a vu en Irak. En Irak, il y a eu des sanctions très fortes dans les années 90. »
- 10:30ThomasChiffre
« Le prix du pétrole, là, est autour de 140 dollars »
- 10:52ThomasFait
« les prix de l'essence, on l'a vu avec la crise des gilets jaunes »
- 12:14ThomasPromesse
« le pouvoir d'achat des classes les plus faibles soit préservé »
- 16:45ThomasChiffre
« Macron voulait retirer 15 milliards à l'assurance maladie »
- 17:12ThomasChiffre
« on n'a jamais baissé autant les impôts sur les entreprises »
Temps de parole
- Présentateur85 %
- Présentateur 215 %
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Où allons-nous, là ? Il faut un petit peu se calmer. Enfin, à un moment, là, on a l'impression qu'il y a quelque chose qui se manifeste, qui va au-delà de ce conflit. Les autorités russes l'ont bien dit, à la demande d'Emmanuel Macron. Ça le sert, là. Ça le sert, hein, que Goutin dit ça, que c'est super, il est génial. Mais après, on ne va pas parler de son programme. S'il n'y a pas de débat sur les programmes, c'est un problème démocratique. S'il y a une élection présidentielle, soit nous la reportons de quelques mois, ou soit on discute du fond, mais on ne veut pas la faire comme ça. Il ne faut pas se réveiller après l'élection.
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel instant emporché. Je suis Annaëlle, Lisa est malade, c'est moi qui la remplace aujourd'hui. Mais rassurez-vous, vous allez très vite la retrouver sur le média. Au programme, aujourd'hui, l'Ukraine. Un point sur la situation, mais aussi sur l'impact économique que va avoir le conflit aussi bien en Russie qu'en France. Et bien sûr, on revient sur la candidature d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle. On discute de tout ça avec Thomas, c'est l'instant emporché.
Comme vous avez certainement pu le constater, cela fait plusieurs jours aux médias que nous consacrons une place importante au conflit ukrainien dans notre analyse et notre décryptage de l'actualité, notamment dans les contre-matinales. Cela fait à présent 11 jours que Vladimir Poutine a annoncé l'opération militaire en Ukraine. Même s'il est difficile d'avoir des chiffres fiables, le bilan s'alourdit. Ce samedi, l'armée russe a de nouveau attaqué le port stratégique de Mariupol dans l'est de l'Ukraine. Autour de Kiev, les combats continuent. « Mais nous ne sommes pas en guerre contre la Russie », déclare Emmanuel Macron mercredi soir lors de son allocution.
Hier, le président s'est entretenu avec Vladimir Poutine, qui lui a tenu un discours moins tempéré. Le chef russe a comparé les sanctions internationales envers son pays à, je cite, une déclaration de guerre et a assuré qu'il atteindra son objectif soit par la négociation, soit par la guerre. Thomas, toi, quel est ton point de vue sur le conflit ukrainien ? Alors, la première chose qu'il faut dire, pour être parfaitement clair, c'est que vous avez un pays qui envahit un autre pays. Et à partir de ce moment-là, c'est condamnable. C'est parfaitement condamnable. Les pays sont souverains. Il y a le principe de non-ingérence de la charte de l'ONU qui doit être respecté.
Moi, je me souviens qu'en France, en 1979, on s'opposait à la guerre du Vietnam contre le Cambodge. Et le Vietnam disait qu'il allait au Cambodge pour attaquer le régime Khmer Rouge. Et en fait, la France s'y est opposée au nom, justement, de ce principe de non-ingérence. Bien que le régime Khmer Rouge soit un régime horrible. Mais cette guerre qu'il y a eu au Cambodge par le Vietnam, on s'en rend compte aujourd'hui, les Cambodgiens ne l'ont pas accueilli, les bras ouverts, même s'ils avaient un régime assez cruel. Donc, il faut vraiment tenir bon sur ces principes et ne pas s'emporter.
À partir du moment où ces principes sont bafoués, il faut condamner tout envahissement ou toute attaque d'un pays par un pays tiers. Donc là, il faut condamner la guerre faite et menée par la Russie. Ça, c'est le principe de base. Maintenant que les choses sont ce qu'elles sont et que la guerre est menée depuis plusieurs jours, quelle est la voie de sortie ? C'est ça la question qu'il faut se poser. Quelle est la voie de sortie ? Alors, on comprend très bien ce que veut Vladimir Poutine. Il l'a exposé, reconnaissance de la Crimée, dénazification du pays, on l'a très bien compris. Nous, on n'arrive pas à très bien comprendre quelle est la proposition de sortie qui émane de nos pays.
Je veux dire, les lignes rouges à ne pas franchir, on ne les voit pas. Alors, quand vous avez, par exemple, je ne sais pas moi, une ministre luxembourgeoise qui dit que le but, c'est d'en finir avec Poutine, quand vous avez de l'autre côté Bruno Le Maire qui dit que le but, c'est de mener une guerre économique avec la Russie, moi, je ne vois pas où est la voie de sortie. Pour moi, la voie de sortie, c'est la paix. Il n'y a pas de bonne guerre, il n'y a pas de mauvaise paix. Même une paix fragile, c'est mieux qu'une guerre. Et là, je ne vois pas où sont les lignes rouges, où est-ce qu'on veut nous emmener. Donc ça, c'est vraiment à prendre en compte.
C'est-à-dire que maintenant qu'on a eu cette réponse qui était parfaitement, on va dire, obligatoire, c'est-à-dire cette réponse par sanctions économiques ou par distribution d'armes défensives qui pourraient déjà plus faire l'objet de débat, mais par sanctions économiques qui ont été mises en place contre la Russie, maintenant, il est temps de présenter une voie de sortie, ce qui n'est pas le cas. Et même sur les sanctions, il faut voir jusqu'où on va. Quand vous voyez qu'aujourd'hui, on déprogramme des opéras parce qu'ils sont russes, qu'on interdit à des sportifs de participer à des compétitions olympiques. Les Jeux olympiques de Berlin en 1936, sous Hitler, ils ont eu lieu.
Là, on empêche des sportifs de participer. Quand on empêche des chercheurs français de coopérer avec des chercheurs russes, dont certains se sont opposés au conflit. C'est le CNRS qui a dit ça hier, via une lettre. Enfin, où allons-nous ? Où allons-nous, là ? Il faut un petit peu se calmer. Enfin, à un moment, là, on a l'impression qu'il y a quelque chose qui se manifeste, qui va au-delà de ce conflit. Donc, moi, je pense qu'il faut retrouver une voie de négociation, imposer nos lignes rouges, dire la voie de sortie que l'on propose, qui n'est pas forcément claire, s'inspirer de ce qui s'est passé avec la crise des missiles à l'époque à Cuba. Il y a eu cette crise des missiles.
Les États-Unis avaient très bien compris qu'il ne fallait pas humilier un adversaire. Parce que l'important, c'était quand même de préserver la paix. Donc, il y a le téléphone rouge qui a été mis en place, une ligne entre Moscou et Washington. Les États-Unis ont accepté de retirer une partie de leur fusée en Italie et en Turquie. On a dit que les États-Unis se sont engagés à ne pas envahir Cuba. Il y a eu un certain nombre de choses de proposer pour ne pas humilier son adversaire. C'est la base de la géopolitique. Il ne faut jamais humilier un adversaire. Donc là, la question que...
Et puis surtout, les Russes, Chirac disait qu'il ne faut pas humilier les Russes parce qu'il y a une histoire, la chute de l'URSS, etc. Donc là, maintenant qu'on a mis en place toutes ces sanctions, qui vont pour moi parfois trop loin et qui ne vont pas aussi sur l'essentiel, qui est la question énergétique, dont on va parler après. Mais une fois qu'on a mis en place ces sanctions, qu'est-ce que l'on propose ? Et on propose des solutions en tenant compte de l'histoire, donc ne pas humilier son adversaire, mais également en ne prenant pas une posture morale.
Parce que c'est ça aussi qui fait qu'il y a un certain nombre de pays aujourd'hui qui ne se sont pas prononcés en faveur de l'Ukraine comme des pays d'Amérique du Sud ou comme des pays africains parce que ces pays-là en ont assez de la morale des pays de l'Occident. Et là, on voit bien tout de suite les postures morales de nos philosophes et de nos hommes politiques comme si l'Occident avait toujours été parfait. Or, l'Occident s'est embourbé dans un certain nombre de conflits en ne respectant pas le droit international ou en contournant les institutions internationales.
L'Irak, la reconnaissance du Kosovo, la Libye, tout ça sont des conflits où l'Occident ne peut pas dire qu'il a été parfait. Et donc aujourd'hui, prendre cette posture morale « on ne fait jamais ça » alors qu'ils l'ont tout le temps fait, c'est quand même difficilement entendable, je pense, pour la Russie, mais également pour beaucoup de pays émergents. Donc il faut en finir aussi avec cette posture morale. C'est-à-dire qu'on ne peut pas dire que nos guerres sont des guerres humanitaires, et condamner avec une immense fermeté d'autres conflits qui ont lieu. On ne peut pas dire que quand c'est nos bombardements, ce ne sont pas des bombardements, mais des explosions.
Alors quand c'est la Russie, c'est des bombardements. Je trouve qu'il y a une forme de géométrie variable en Occident, de la bonne morale, des guerres à faire et d'autres à ne pas faire, qu'il faut absolument arrêter. Et on le voit bien, ces postures qui reprennent aujourd'hui, même de dirigeants politiques, je pense qu'elles n'aident pas à une négociation sereine et à une voie de sortie.
Donc une fois qu'on a dit ça, ce qu'il faut retenir, c'est un, condamner, ça a été fait, deux, présenter des lignes rouges, une voie de sortie, je ne les vois pas, elles ne sont pas claires entre différents pays, et proposer cette voie de sortie en tenant compte d'une histoire, l'histoire de la Russie, qu'il ne faut pas humilier, mais également l'histoire de l'Occident, qui a mené un certain nombre de guerres en dehors du droit international et des institutions internationales. Une fois qu'on aura fait ça, je pense qu'on aura un peu plus avancé sur ce dossier-là.
Parce que malgré tout, les critiques qu'on peut avoir, comme tu l'as dit au début, il y a encore une voie de négociation, il y a encore des conversations qui sont faites notamment avec Emmanuel Macron, ce qui est une bonne chose entre Poutine et Emmanuel Macron pour trouver justement cette voie sortie. Mais alors Thomas, quel va être l'impact de ces sanctions économiques sur la Russie ? Déjà, il y a l'exclusion du système bancaire russe de Swift, qui va rendre plus compliquées ces exportations, le paiement de ces exportations et le paiement de ces importations. Vous avez, avec les sanctions, le rouble qui est en train de se dévisser complètement et les actifs russes qui se dévaluent.
Donc, il va y avoir un certain impact de toutes ces sanctions sur l'économie russe. Alors, je ne sais pas s'il faut vraiment s'en réjouir parce qu'en général, quand il y a des sanctions économiques, ce sont toujours les populations qui payent. C'est très rarement les oligarques, même si là, ils semblent d'avoir un certain nombre de saisies d'appartements, etc. Et malgré tout, ils ont énormément d'argent et puis ils arrivent toujours après à se refaire. C'est souvent les populations qui en payent le prix.
Et contrairement à ce que pensent encore les occidentaux sur ces questions-là, ce n'est pas parce que les populations en payent le prix que ça aide à renverser ou à affaiblir le pouvoir en place. Souvent, c'est l'inverse. Ça renforce ce pouvoir en place. On l'a vu en Irak. En Irak, il y a eu des sanctions très fortes dans les années 90. Sur l'Irak, la population a souffert et le pouvoir en place a toujours réussi à contourner ces sanctions économiques. Donc, il faut faire attention. Mais effectivement, l'économie russe va être affectée dans son ensemble. Après, il y a quand même un élément qui n'a pas été encore sous sanction, c'est toute la question énergétique.
C'est la question du gaz et la question du pétrole. Or, aujourd'hui, l'économie russe dépend principalement de ses hydrocarbures, de son gaz et de son pétrole. Et ce gaz et pétrole n'est pas encore sous sanction tout simplement parce que nous avons besoin du gaz russe en Europe avec une très forte dépendance notamment des pays de l'Est.
Nous, nous sommes moins dépendants, mais une forte dépendance des pays de l'Est, l'Allemagne, mais également la Pologne et d'autres pays, qui, s'il y avait un arrêt aujourd'hui des livraisons de gaz, alors certes, d'après très fortement le portefeuille, le budget russe, mais il y aurait un vrai problème de pénurie énergétique, notamment dans les pays de l'Est.
Chez nous, on a plus diversifié nos approvisionnements de gaz avec la Hollande et l'Algérie parce que De Gaulle ne voulait pas mettre toutes ses mains dans un seul fournisseur de gaz, donc nous sommes moins dépendants, nous sommes moins dans une situation à risque que d'autres pays, mais l'Allemagne est dans une situation très à risque et d'autres pays de l'Est beaucoup plus à risque. Certaines dépendent à pratiquement plus de 80% dans leur approvisionnement de gaz, du gaz russe. Donc, cette question-là a toujours été mise à part, mais c'est la question principale aujourd'hui pour toucher le budget russe, sauf que là, il y aurait des impacts aussi pour les pays européens.
Tu l'as dit, la Russie est un important producteur de gaz, de pétrole, mais aussi de blé, donc à contrario, quel va être l'impact économique en France ? L'impact économique en France, déjà, on va le vivre très prochainement avec la hausse des prix du pétrole et des prix de l'électricité. Le prix du pétrole, là, est autour de 140 dollars, donc je pense qu'il peut dépasser son record de 2008, où il était à pratiquement 148 dollars, sauf qu'on a un euro aujourd'hui qui est beaucoup plus faible, parce qu'avant, on avait un euro fort, donc ça amortissait ce prix qui est en dollars. Grâce à l'euro fort, on le payait moins cher en euros, le pétrole. On le payait moins de 100 dollars.
Aujourd'hui, on a un euro qui est plus faible, donc on va le payer plein pot. Donc les prix de l'essence vont exploser. Vous savez que les prix de l'essence, on l'a vu avec la crise des gilets jaunes, ça touche les ménages les plus fragiles, qui sont souvent dépendants de la voiture pour aller travailler, qui font 50 km en moyenne, qui vivent loin des centres-villes et qui n'ont pas de substitut à cette voiture, c'est-à-dire des transports en commun développés. Donc ça va frapper le portefeuille de ces classes les plus fragiles.
Puis ensuite, vous allez avoir le prix de l'électricité qui risque d'augmenter, parce qu'aujourd'hui, le prix de l'électricité français, même si on a des centrales nucléaires, il est déterminé sur un marché européen. Et sur ce marché européen, il dépend fortement des prix du gaz. Et nous avons aujourd'hui les prix du gaz qui vont augmenter également, qui sont déterminés sur des marchés qui vont augmenter parce que la Russie est un des plus gros producteurs de gaz au niveau mondial.
Même si pour l'instant, encore une fois, il n'y a pas trop de restrictions sur le gaz, malgré tout, c'est de la spéculation, on spécule peut-être sur des possibles introductions aux sanctions, donc le prix augmente. Donc le prix de l'électricité va augmenter. Donc deuxième étape qui va encore frapper le portefeuille des plus faibles. Et puis ensuite, il y a le blé. La Russie est un gros producteur de blé. Vous avez du blé dans le pain, dans la baguette, dans un certain nombre de produits, des biscuits, etc., qui risquent de faire encore une fois augmenter des biens alimentaires qui vont toucher les plus fragiles.
Donc il va y avoir un triple impact, sachant que déjà, il y avait une forte inflation, plus forte que d'habitude, autour de 5%. À cela va s'ajouter cette inflation due à ce conflit. Et donc ça risque d'être un petit peu compliqué, effectivement. Et là, le prochain président, en tous les cas, ou le président actuel, le président candidat actuel, ou le prochain président vont devoir trouver des mesures pour faire en sorte que le pouvoir d'achat des classes les plus faibles soit préservé.
Parce qu'on sait très bien que ça peut mener à une fronde sociale ou à faire en sorte que des gens qui étaient déjà dans le découvert au bout du 15e jour soient là complètement au découvert dès les premiers jours du mois, ce qui va être problématique. Donc non, l'impact va être très fort sur le pouvoir d'achat, notamment des plus fragiles en Europe. Macron, officiellement candidat à l'élection présidentielle. C'est dans une lettre adressée aux Français que le président de la République a annoncé sa candidature jeudi 3 mars. Il a attendu le dernier moment puisque la date limite était fixée au 4 mars par le Conseil constitutionnel.
Alors Thomas, la semaine dernière dans l'instant porché vous étiez penché sur le sujet avec l'ISA. Cette candidature vous l'attendiez mais vu le contexte diplomatique mondial très tendu aujourd'hui actuellement qu'est-ce que vous en pensez ? Mais ça poursuit l'analyse qu'on avait fait avec l'ISA. C'est-à-dire que là, Macron, son but, c'est de montrer qu'il est tout le temps au-dessus de la mêlée. Alors il était au-dessus de la mêlée parce qu'il devait gérer la crise sanitaire donc il ne pouvait pas être candidat et commencer à faire des échanges de rhétorique on va dire.
C'est ça en fait qu'il veut instaurer dans la télé française, des échanges de rhétorique bas de gamme, un peu stupide alors qu'il doit gérer la crise sanitaire et puis là maintenant il doit gérer la guerre en Ukraine.
Donc comme il l'a dit dans son petit clip, il est au téléphone avec Poutine et Zelensky puis après il fait un petit déplacement à Poissy donc il est moitié candidat moitié président avec toute cette image que lui, il est au-dessus de la mêlée que c'est lui qui permet de faire en sorte que tout fonctionne bien pendant que les autres se crient dessus, lui, il est au-dessus de cette mêlée, il a les cheveux un peu craisonnants, il est beaucoup plus calme, il a changé, il a un chien.
Toute cette mise en scène maintenant pour dire que ce n'est plus le mec qui va tout casser, qui va ubériser l'économie, c'est fini tout ça, qui veut des jeunes qui soient milliardaires, c'est fini tout ça, celui qui va aller faire les réformes pour que la France soit adaptée à la mondialisation, tout le programme de 2017 du mec du réformateur qui va bousculer les institutions, c'est fini. Macron maintenant c'est le garant de la paix, de la tranquillité, de la modération, voilà.
Donc c'est ça, il va sur ce terrain-là et il se sert des événements, alors ce n'est pas lui qui les décide, mais ce sont des opportunités pour pouvoir peaufiner ce personnage qui s'est fixé déjà pendant la crise sanitaire de maintenant je suis au-dessus de la mêlée, je suis plus vieux, je suis plus calme et je vais gérer beaucoup mieux la France que des possibles extrêmes puisqu'il n'y a plus grand monde au centre que des possibles extrêmes qui eux vont faire des réformes, des choses qui risquent de déstabiliser la France à un moment où les Français ne veulent plus être déstabilisés. Donc c'est ça le but. Est-ce que ça va fonctionner ?
On verra, parce qu'il a quand même des travers Emmanuel Macron, c'est-à-dire que quand il fait des rencontres avec les populations, ça ne se passe pas toujours bien, on l'a bien vu, il se fait souvent huer, etc.
Parfois il peut s'emporter et être très agressif, on l'a vu, traverse la rue pour un emploi, on se souvient de l'histoire du costume avec l'ouvrier, tu n'as qu'à travailler pour t'achèter un costume, il a souvent, voilà, et donc il va falloir, je pense que pendant cette campagne, il lutte contre ça parce que ça, ça revient comme un boomerang chez lui, on l'a vu, il faut emmerder les non-vaccinés, il a été quand même très très loin, donc là, chaque fois qu'il fera un déplacement, il faut qu'il garde cette posture qu'il a montrée dans sa vidéo d'homme calme, ce qui à mon avis, vu son passif, va être difficile.
Alors dans cette lettre, il évoque un embryon de programme basé sur la hausse des heures de travail et sur la baisse des impôts, mais concrètement, quel est son programme aujourd'hui à Emmanuel Macron ? C'est ça qui est dangereux, c'est qu'on ne va pas parler de son programme, or son programme est très dangereux, c'est ça en fait moi qui m'embête, c'est que là, on voit un homme qui va essayer d'apaiser les choses, là on voit ce matin, moi j'ai vu qu'il y a un corridor humanitaire qui va être ouvert en Ukraine, dans plusieurs villes, et les autorités russes l'ont bien dit, à la demande d'Emmanuel Macron.
Donc je trouve ça, il y a un jeu comme ça de dire, voilà, je gère les affaires du monde, puis là, ça le sert là, ça le sert, que Poutine dise ça, ça le sert, très bien, c'est grâce à lui qu'il y a un corridor humanitaire, c'est super, il est génial, mais après on ne va pas parler de son programme, donc on va possiblement faire une élection, sans parler du programme des candidats, alors il y a beaucoup de gens qui ne lisent pas les programmes, moi je connais beaucoup de gens qui ont voté pour Macron en 2017, quand tu leur demandes, même parfois certains de mes collègues, des professeurs, qui ont du temps pour lire les programmes, ils vous disent, vous savez, j'ai choisi Macron parce que je ne pouvais pas, à mon je ne pouvais pas, ou à Macron, c'était plutôt sympa, ou Macron, ce sera un bon VRP pour la France, enfin, ils ne lisaient pas les programmes, alors parfois des gens, leur mère était infirmière et tout, ils ne lisaient pas les programmes, alors que Macron voulait retirer 15 milliards à l'assurance maladie, mais c'était le candidat qu'il fallait, donc il y a déjà beaucoup de gens qui ne lisent pas les programmes, et après, même des députés qui vous disent, comme Mathieu Orphelin ou d'autres, tiens, on ne savait pas qu'il était comme ça, etc., donc les gens ne lisent pas les programmes, mais malgré tout, faire une élection sans qu'il y ait de proposition de programme, là on est à un mois du premier tour, on ne sait pas du tout ce qu'il va faire, on se base sur quelques éléments, c'est un problème démocratique, mais moi je sais ce qu'il va faire, quand il dit on va travailler plus et baisser les impôts, alors il a baissé déjà, on n'a jamais baissé autant les impôts sur les entreprises, même dans les plans de relance, on a baissé les impôts de production, vous voyez, donc lui il veut aller encore plus loin, donc ça va être des cadeaux supplémentaires aux entreprises, si on baisse les impôts, comment on fait, dans un contexte où nous avons un fort déficit et une forte dette, qui sont très importants pour Macron, à résorber, on va couper sur la dépense publique, et la dépense publique, où est-ce qu'on va couper ?
Moi c'est ça que je veux, qu'on me le dise, et on sait à peu près, et là quand il a dit qu'il faut travailler plus, c'est travailler plus, l'assurance chômage, on a déjà fait des économies, peut-être qu'on ira plus loin, on va faire des économies sur les aides sociales, donc on va faire des économies sur tout ce qui concerne les personnes les plus fragiles, à savoir les vieux, les malades et les pauvres, voilà, donc ça va être ça le programme de Macron, et si on ne peut pas discuter de cet aspect-là, parce qu'il y a l'Ukraine, c'est important l'Ukraine, mais parce qu'il y a l'Ukraine, parce qu'il y a eu la crise sanitaire avant, et bien pour moi il y a un vrai problème démocratique, parce qu'il va passer, il va être élu, il faut discuter du programme, c'est les cinq prochaines années de la France, et même plus si on touche aux retraites, et même plus si on touche aux aides sociales, donc il faut discuter de ça le plus rapidement possible, et il y a certes la guerre en Ukraine qui est importante, mais s'il y a une élection présidentielle, soit nous la reportons de quelques mois, vraiment, ou soit on discute du fond, mais on ne veut pas la faire comme ça, en demi-mesure, ce qui nous engagerait, nous sur cinq ans, avec des réformes importantes de notre modèle social.
S'il n'y a pas de débat démocratique, s'il n'y a pas de débat sur les programmes, peut-être qu'il faut les reposer à une utilisation abusive de ce qui se passe dans le monde pour servir la campagne d'un candidat, c'est un problème démocratique, et il ne faut pas se réveiller après l'élection, il faut se réveiller avant.
Donc peut-être qu'à un moment, les conditions ne sont pas bonnes pour avoir une élection, je veux dire maintenant, et peut-être qu'il faut reporter, je ne dis pas reporter d'un an, mais reporter peut-être de quelques mois, c'est un débat qui doit se poser, parce que là, comme on nous présente l'élection, et on le voit bien dans les sondages, même si vous ne regardez que les sondages, mais comme on nous présente l'élection, ça va être une élection où celui qui est en tête des sondages, qui est le président de la République, ne va pas quitter son poste de président, il va continuer à être président, et parfois il va être candidat, et ça c'est très malsain, il va être tenté, si ce n'est pas déjà le cas, de se servir de ce qui se passe au niveau international pour servir sa candidature, vous voyez ?
Donc moi je trouve qu'il y a un problème là, et pour ne pas parler surtout de son programme, qui doit être discuté, débattu, cette question est une question pertinente, peut-être de la repousser de quelques semaines.
Merci Thomas, merci beaucoup d'avoir suivi cet instant porché, à l'approche de la présidentielle et dans ce contexte diplomatique, mondial très tendu, il est important d'avoir les clés pour maîtriser et comprendre les discours de chacun et chacune, alors merci de nous faire confiance, si Le Média tient, c'est grâce à vous qui avez choisi de soutenir un média indépendant et une information différente, rendez-vous sur lemediatv.fr spectateurs, abonnés, donateurs et sociaux, merci de nous avoir suivis, l'instant porché est à retrouver dès la semaine prochaine avec Thomas et Lisa qui sera certainement remise sur pied d'ici là, à bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada
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