L'interview : Bruno Le Maire - 27/06
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Vous écoutez RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Pauline de Valherbe. Merci de venir répondre à toutes mes questions ce matin parce que j'en ai plein. On a énormément de questions à voir avec vous parce qu'on est confrontés, tous les Français en ce moment, à des questions de consommation, d'énergie, de prix, de pénurie, de salaire. Je voudrais qu'on commence par les loyers parce qu'alors qu'on prévoit 7% d'inflation, les loyers ne seront finalement pas gelés. Vous l'avez annoncé, les hausses de loyers seront limitées à 3,5%. Vous avez choisi votre camp, ce sera quand même les propriétaires.
Non, c'est le camp de tous les Français et c'est le camp de la protection contre l'inflation. Nous avons mis en place il y a plusieurs mois un bouclier énergétique sur l'électricité, sur le gaz. Nous l'avons complété par des mesures sur l'essence. Nous mettons maintenant en place un bouclier loyer. Il y aura une augmentation effectivement de l'indice de 3,5%. Mais ce sera pour l'année qui vient. C'est-à-dire que les loyers seront gelés. On ne pourra pas dépasser les 3,5%. Alors que si on regarde aujourd'hui le niveau d'inflation, on pourrait avoir du plus 4, du plus 5, du plus 6. C'est bien une protection que nous garantissons aux Français.
Les loyers n'augmenteront pas pendant un an de plus de 3,5%. Comme les prix d'électricité n'ont pas augmenté de plus de 4%, comme les prix du gaz ont été gelés. C'est une nouvelle protection que nous garantissons aux Français.
Vous jouez un peu sur les mots. Vous me dites qu'ils sont gelés, mais gelés à 3,5%. Donc ils sont gelés, mais ils augmentent.
Parce qu'il faut trouver des compromis. J'ai reçu pendant plusieurs semaines les associations de bailleurs. J'ai reçu le logement social, les associations de consommateurs, les propriétaires. Il faut tenir compte des intérêts de chacun. C'est comme ça qu'on pourra avancer. Nous avons discuté. Et après la discussion vient le moment où il faut décider en trouvant le compromis. Je pense que ce bouclier loyer est le meilleur compromis pour tous.
J'imagine que le mot compromis n'est pas tout à fait choisi au hasard, dans le contexte évidemment où on parle beaucoup de compromis. Mais quand même, si on regarde dans le portefeuille, par exemple d'un locataire qui paierait un loyer de 600 euros, 600 euros par mois, avec cette augmentation de 3,5%, ça fait quand même 273 euros.
Mais il a la garantie, Apolline de Malherbe, il a la garantie que ça n'augmentera pas pendant un an. C'est une garantie forte. Qu'est-ce qui est important ? C'est de pouvoir se projeter aujourd'hui, au-delà de cette période de pic d'inflation dont j'ai parlé à plusieurs reprises. Donc là, chacun peut se projeter et savoir que son loyer n'augmentera pas de plus de 3,5%. Alors que je le redis, ça pourrait être 4, 5, 6 dans les mois qui viennent. Et par ailleurs, ça permet de garantir qu'on va continuer à construire. Parce que si vous avez des loyers qui sont complètement gelés, des revenus qui sont complètement gelés, ça n'est pas une incitation à construire.
Et chacun sait que nous avons besoin de construction, notamment dans les zones de 3.
Vous dites que ça aurait pu être beaucoup plus. Ça veut dire que vous prévoyez combien d'inflation au mois de juin, au mois de juillet ? Est-ce que vous avez déjà un petit peu une idée ?
On a une inflation aujourd'hui qui atteint les 5%. Et je pense qu'en moyenne annuelle sur 2022, nous devrions avoir une inflation de l'ordre de 5%. Ça va continuer donc à augmenter dans les semaines et dans les mois qui viennent. Je l'ai toujours indiqué, nous sommes au cœur du pic d'inflation. Raison de plus pour protéger nos compatriotes. Mais je le rappelle, nous avons le niveau d'inflation le plus faible de la zone euro parce que nous avons été, la France, les premiers à prendre des décisions fortes, que nous les avons maintenues, et que nous les renforçons maintenant avec le paquet qui est en cours de préparation.
Est-ce qu'il faut imaginer que l'inflation va continuer à monter, mais de manière peut-être un peu moins abrupte ? Ou est-ce que vous imaginez un plateau, voire même une décrue ?
Non, je pense que l'inflation continuera à monter dans les semaines qui viennent. Et je ne l'ai jamais caché. Ça fait des mois que je dis que le plus dur est devant nous. Nous y sommes. Nous espérons une décrue de l'inflation dans le courant de l'année 2023. Et ensuite, nous aurons une inflation structurellement plus faible, plus forte que ce que nous avions précédemment, tirée par la situation géopolitique, l'Ukraine, les blocages en Chine, et tirée par le coût de la transition énergétique.
Les loyers qui pourraient augmenter jusqu'à 3,5% et bloquer au-delà de 3,5%, qu'est-ce qu'il en sera des APL ? Vous aviez promis qu'elles seraient revalorisées, ces aides personnelles au logement, de 3,5% également, c'est ça ?
Elles seront revalorisées de 3,5%. Je vous le confirme ce matin, avec la même philosophie, qui est de protéger ceux qui ont les plus grandes difficultés. C'est bien cela, toute la logique de la protection que nous voulons apporter. Une protection qui est temporaire, parce que le pic d'inflation est temporaire, et qui doit être le plus ciblé possible sur les ménages qui en ont le plus besoin, sur les jeunes qui en ont le plus besoin, sur les familles qui en ont le plus besoin. L'augmentation des APL de 3,5%, c'est une façon de répondre aux difficultés de toutes ces personnes.
Ça va mieux en le disant, parce que quand même, les APL, c'était une des premières mesures. Vous aviez quand même choisi comme première mesure très emblématique du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, de les baisser de 5 euros, on s'en souvient bien.
Nous sommes là pour protéger nos compatriotes, en particulier ceux qui ont le plus de difficultés, qui ont les revenus les plus faibles, à passer ce cap du pic de l'impression. C'est un changement de philosophie, donc ? Non, ce n'est pas un changement de philosophie. C'est simplement une très grande attention aux difficultés des Français, aux difficultés de nos compatriotes.
Sobriété énergétique, les patrons d'EDF, d'ENGIE et de Total Energy, qui appellent hier à la sobriété. La meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas. Les patrons qui encouragent à ne pas consommer, c'est quand même suffisamment rare pour être souligné. L'effort doit être immédiat, collectif et massif. Chaque geste compte. Est-ce que ça veut dire que vous appelez plus que jamais les Français à la sobriété énergétique ?
Je salue effectivement cette tribune des énergéticiens français. Je pense qu'elle va dans le bon sens et que c'est un signal très fort de leur part. Je rappelle que c'est un message qui a été passé par le Président de la République il y a maintenant plusieurs mois. Quand il a défini notre stratégie énergétique à Belfort, elle repose sur trois piliers. C'est accélérer la réalisation de nouvelles structures renouvelables, notamment les champs éoliens offshore, construire six nouveaux réacteurs nucléaires et faire preuve de sobriété.
Chacun doit comprendre que la sobriété est un point de passage obligé pour réussir notre transition énergétique et lutter avec efficacité contre le réchauffement climatique. Il n'y a pas d'alternative à la sobriété, elle est nécessaire. Et tant mieux si les énergéticiens se saisissent de ce sujet. Je rappelle aussi que le Premier ministre a lancé le plan sobriété énergétique il y a maintenant quelques jours.
Est-ce qu'on en est là ? Est-ce qu'on se dit qu'on va manquer de gaz cet hiver ? Est-ce qu'on pourrait aussi avoir des blackouts, des moments où on n'a plus d'électricité, où on ne sait pas faire face à la demande ?
Notre rôle, c'est justement de faire face à cela, de tout prévoir. Les décisions qui sont prises sur l'usine de Saint-Avold, elles vont dans ce sens-là. Il s'agit de prévoir la centrale à charbon qui pourrait être réallumée. La décision de fermeture de toutes les centrales à charbon, c'est l'engagement du Président de la République, il sera tenu, mais il faut pouvoir faire face à l'imprévu, à des situations qui sont hors normes, d'autant plus que sur le gaz russe, nous ne savons pas quelles sont les décisions pour être prises par M. Poulot.
Ce que vous nous dites, c'est que si vous ne baissez pas le chauffage, on sera obligé de réallumer le charbon cet hiver.
Ce n'est pas ce que nous disons, ce n'est pas une question de menace. C'est simplement essayer, sur le long terme, de changer nos habitudes, de changer chacun nos comportements, pour que nous réussissions cette transition énergétique et que nous soyons plus efficaces dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et ça commence d'ailleurs avant les particuliers, par les administrations et par les entreprises. Et nous, membres du gouvernement, responsables politiques, tous ceux qui ont des administrations sous leur autorité, ont une responsabilité très lourde pour réduire la facture énergétique de leur bâtiment.
Est-ce que vous allez demander à ces patrons, tous les patrons d'usines, etc., de faire eux-mêmes un effort ? Est-ce que c'est simplement un encouragement, une demande que vous leur faites ? Ou est-ce que vous pourriez aller jusqu'à couper les usines la nuit, comme l'Allemagne commence à l'envisager dans certains de ces scénarios ?
Dans ces temps difficiles, ça vous donne mon état d'esprit profond. Il n'y a de solution que collective. Soit nous sommes capables, les particuliers, les entreprises, les administrations, l'État, de définir un cap, une stratégie de long terme, une planification sur la sobriété, sur l'énergie, qui nous permettra d'accélérer la lutte contre le réchauffement climatique. Parce qu'il faut la gagner cette bataille, c'est indispensable. C'est l'avenir de nos enfants qui en dépensent, c'est l'avenir de notre planète. Et là, nous réussirons. Soit on commence à rentrer dans des chicaillées interminables, à se rejeter la responsabilité les uns sur les autres, et ça ne marchera pas.
Ça vaut pour le climat, ça vaut pour le pouvoir d'achat, ça vaut pour tous les grands sujets qui concernent la France.
Moi, je veux bien. C'est-à-dire que c'est beaucoup mieux de faire ça tous ensemble, et de ne pas avoir le sentiment qu'on fait chacun dans notre coin. Mais je regarde simplement les plans en Allemagne, avec un plan à trois niveaux. On est déjà au niveau 2 d'alerte en Allemagne. Ils sont beaucoup plus dépendants, évidemment, des Russes. Mais ils ont la possibilité désormais de permettre aux gestionnaires de réseau de couper le robinet des usines.
C'est des discussions que nous avons déjà avec Agnès Pannier-Runacher et avec un certain nombre de secteurs économiques. Est-ce qu'il y a des opérations mondiales de délestage ? C'est-à-dire de dire, voilà, quelles sont les entreprises à qui nous serons obligés de couper le gaz parce qu'il n'y en aurait plus ? Nous n'en sommes pas là, je veux le dire tout de suite. Mais bien entendu, que nous prévoyons et que nous planifions ces situations-là, c'est notre rôle d'anticiper.
On se souvient de mesures très problématiques.
Mais ça ne se fait pas contre les entreprises, ça se fait avec elles. C'est avec elles que nous déterminons les entreprises qui sont les plus stratégiques, celles dont on peut éventuellement couper le gaz et celles dont on ne peut pas couper le gaz.
Vous avez rendez-vous avec le patron de Total juste après, non ?
J'ai rendez-vous avec le patron de Total, mais c'est une discussion que nous avons depuis plusieurs mois. Vous voyez bien, quand vous fermez, par exemple, une verrerie, vous cassez l'outil de production parce qu'elle ne peut pas redémarrer ensuite. Donc, il est évident que ce n'est pas là qu'il faut délester en premier. Ce sont des discussions que nous avons avec les entrepreneurs pour faire face à toutes les situations possibles.
Et cette rencontre avec le patron de Total, vous en attendez ?
On va parler sobriété, on va parler évidemment transition énergétique et puis on va parler prix du carburant. Parce que quand je dis que chacun doit mettre la main à la patte, ça veut dire aussi en matière de lutte contre l'inflation que tout l'effort ne peut pas reposer uniquement sur l'État et sur la dépense publique. Il faut également que les entreprises fassent un effort. Total l'a fait sur le prix du carburant. Ils ont accordé une remise de 10 centimes d'euros sur le prix du litre de carburant qui complète la remise de 18 centimes de l'État. Je vais demander au président de Total, Patrick Pouyanné, de faire à nouveau un effort.
Parce que le prix du carburant reste très élevé et que c'est très dur pour beaucoup de nos compatriotes qui n'ont pas d'autre possibilité, qu'ils soient apprentis, qu'ils soient salariés, qu'ils soient ouvriers, que de prendre leur voiture pour aller travailler, qu'ils ne s'en sortent pas. Bruno Le Maire, ça veut dire que vous vous apprêtez
à demander ce matin au patron de Total d'allonger cette ristourne ou de la doubler ?
Nous ne saurons discuter. Est-ce qu'il peut l'allonger ? Est-ce qu'il peut l'augmenter ? L'effort doit être équitablement réparti. Les entreprises, l'État, les particuliers qui le peuvent, c'est comme ça que nous parviendrons à surmonter cette crise de l'inflation et que nous en sortirons, j'en suis persuadé, plus fort.
Ça veut dire, Bruno Le Maire, qu'après la fin août, après la ristourne des 18 centimes, vous êtes en train de vous dire que ce sera aux entreprises de prendre le relais. J'imagine que l'État ne va pas se retirer totalement de ses aides.
Non, l'État ne va pas se retirer. Ça sera une aide qui n'est pas d'ambiguïté. Main dans la main. Aujourd'hui, c'est quoi les deux postes de dépense qui inquiètent le plus nos compatriotes ? Les carburants et l'alimentation. Sur les carburants, nous avons la remise de 18 centimes. Nous travaillons sur des dispositifs qui permettraient de soutenir plus ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Mais je souhaite aussi que les entreprises, notamment une entreprise comme Total, contribuent à l'effort collectif. Vous voyez que c'est une physiologie différente du rôle des entreprises.
J'ai toujours considéré que les entreprises avaient un rôle dans la cité, un rôle aussi pour le bien public. Là, c'est l'occasion de le montrer. Total l'a fait dans les mois qui sont passés. Je souhaite que Total poursuive son effort et pourquoi pas l'augmente.
Bruno Le Maire, le groupe LR va proposer une baisse des taxes sur le carburant. C'est déjà le cas du RR, c'est déjà le cas de LFI. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la majorité des députés nouvellement élus demandent une baisse de la taxe sur les carburants. Est-ce que vous seriez prêt à un compromis là-dessus ?
On va discuter évidemment avec toutes les formations politiques. Et maintenant, je pense que c'est bien de rentrer dans le vif du sujet. C'est très bien de voir les discussions globales. Mais on voit bien qu'il n'y a pas d'accord de gouvernement possible, qu'il n'y a pas d'union nationale possible.
Ça, c'est fini. Vous ne faites plus semblant d'y croire.
Moi, je ne pense qu'aux Français. Je ne pense qu'à mes compatriotes. Et je sais qu'aujourd'hui, ils attendent des décisions.
Mais vous dites ce matin, il n'y a pas de coalition, il n'y aura pas de gouvernement d'union nationale.
Mais je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'avoir une union nationale. Nous ne sommes pas en guerre et dans une situation qui justifierait une union nationale. Je ne pense pas qu'une coalition soit possible et qu'elle soit accessible dans des délais raisonnables. Et je sais, en revanche, que nos compatriotes, chaque jour, se demandent si nous allons prendre des décisions pour les aider sur le prix du carburant, sur le prix d'alimentation, sur la situation économique, sur l'emploi, sur la sécurité. L'esprit de compromis doit s'accompagner d'un esprit de décision. Et le compromis ne doit jamais se faire au détriment de la décision.
Nos compatriotes ont besoin aussi que nous décidions sur les sujets que vous avez soulevés. Et s'agissant du carburant, pour répondre précisément à votre question, je veux dire aussi que tout n'est pas possible et que des dépenses supplémentaires de l'ordre de 20 ou de 25 milliards d'euros sur le carburant, comme le proposent certaines formations politiques, elles sont trop coûteuses. Ou alors, il faudra renoncer à d'autres choses. Tout n'est pas possible, tout simplement, à Pauline de Malherbe, parce que nous avons atteint la cote d'alerte sur les finances publiques.
La cote d'alerte ?
Oui, la cote d'alerte.
C'est-à-dire quoi ? Sur la dette, par exemple ? Je sais que la dette a encore augmenté de 90 milliards au premier trimestre. On est à 2 900 milliards d'euros de dette.
Oui, mais ce n'est pas le montant brut des 2 900 milliards qui me préoccupe. Pourquoi est-ce que je parle de cote d'alerte ? Tout simplement parce que les conditions de financement ont changé. Que nous pouvions emprunter à 0%, voire les taux négatifs et qu'aujourd'hui, nous empruntons à plus de 2%. Parce qu'une partie de la charge de la dette est indexée Donc, quand l'inflation augmente, la charge de la dette augmente aussi de plusieurs milliards d'euros. Et que ma responsabilité de ministre des Finances, et je souhaite que chacun l'entende, c'est de revenir à des finances publiques équilibrées d'ici 2027.
Je ne sais pas comment vous faites là, avec toutes ces contradictions, avec tous ces... Non, ce n'est pas contradictoire. C'est-à-dire que vous allez vouloir mettre en place des aides et en même temps, vous nous dites qu'on atteint la cote d'alerte.
La Pauline de Malherbe, la politique, c'est des choix. C'est ce que je vous explique ce matin. C'est que nous avons des finances publiques qui doivent revenir à l'équilibre d'ici 2027. Qu'il est impératif de réduire l'endettement public. Car l'endettement public est une atteinte à notre indépendance et à notre souveraineté. Qu'il faut, dans le même temps, protéger nos compatriotes qui sont les plus fragiles, mais le protéger de manière responsable, en faisant des choix. Qu'est-ce qui est notre priorité ? Jusqu'où allons-nous ? Pour combien de temps ? C'est de cela qu'il faut discuter.
Vous allez réveiller les alertes qu'a lancées LFI et Jean-Luc Mélenchon sur un programme caché de réduction de la dette qui va entraîner mécaniquement une hausse des taxes.
Mais le complotisme ne sera... Ou en tout cas,
qui entraîne votre refus et baisser les taxes.
Le complotisme ne fera jamais une solution pour la France. C'est l'esprit de responsabilité qui fera des solutions. Donc, soit chacune des oppositions part dans des idées qui ne tiennent pas la route ou alors prête de mauvaises intentions au gouvernement alors que nous ne cherchons qu'à trouver des solutions pour le pays. Soit les oppositions vont dans la surenchère sans cesse en disant il faut toujours plus, dépenser toujours plus, baisser toujours plus telle taxe ou tel impôt. Et dans ce cas-là, nous n'irons nulle part.
Soit chacun se dit ce que je crois absolument indispensable qu'aujourd'hui, beaucoup de nos compatriotes sont confrontés à des augmentations de prix qui sont très difficiles, sont inquiets pour leur situation personnelle et demandent de notre part des solutions. On se met autour de la table du Parlement. Nous réfléchissons sur chaque sujet aux solutions les plus appropriées. Nous faisons des choix ensemble. Et moi, je suis prêt à entendre les critiques, les propositions, les alternatives. Mais au bout d'un certain temps, il faudra décider et décider dans un cadre qui est contraint qui est celui de nos finances publiques.
Vous êtes en train de nous dire qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses ?
Non, je vous dis simplement que le cadre dans lequel nous devons travailler, ce n'est pas le grand n'importe quoi, c'est des finances publiques qui doivent être équilibrées.
Ça ne commence pas tout à fait bien cette idée du compromis. Si vous commencez tout de suite par dire par exemple, alors qu'ils sont tous d'accord du LR jusqu'à LFI et ORN pour dire qu'il faut baisser les taxes sur le carburant, que ça, ce n'est pas possible.
Mais c'est mon rôle de ministre des Finances. C'est mon rôle de ministre de l'Économie. De dire nous devons protéger, il y a plein de solutions possibles et d'ailleurs on a déjà fait beaucoup, je le redis, sur le gaz, sur l'électricité, sur l'essence, sur les ménages les plus modestes, sur le soutien au travail qui doit rester notre fil directeur. Nous avons de nouvelles propositions, on en discute ensemble mais ne laissons pas croire aux Français qu'on peut dépenser tant et plus indéfiniment. Nous avons fait le poids qu'il en coûte.
Il a été efficace, il a protégé les Français et nous a permis d'ailleurs d'éviter que la dette n'explose encore plus parce que ça aurait été effroyablement coûteux de réparer la montée du chômage et l'explosion des faillites. Mais désormais, nous devons nous mettre dans un cadre financier nouveau et responsable.
c'est une cote d'alerte sur la dette atteinte. Donc, Fabien Roussel, pourquoi pas ? Yannick Jadot, pourquoi pas ? Robert Ménard, pourquoi pas ? Pourquoi pas rentrer dans un gouvernement ? Quand vous me dites pas de gouvernement du national, ça veut dire que si ces trois-là disent bah oui, pourquoi pas venir dans le gouvernement, vous dites non, finalement, on n'a pas besoin de vous ?
Je ne vais pas vous faire en bon français du pick and choose sur les uns et sur les autres. Ce qui est important, c'est le projet sur lequel le président de la République, je le rappelle parce qu'on l'oublie un peu trop souvent, a été réélu il y a quelques semaines. Ce projet, il tient en quatre mots. Le travail, la sécurité, l'éducation et le climat. Tous ceux qui croient dans la valorisation, dans la dignité par le travail, tous ceux qui croient dans la nécessité de faire de l'éducation une priorité absolue, tous ceux qui pensent qu'il faut renforcer notre sécurité et lutter avec encore plus de détermination contre la délinquance qui est insupportable pour nos compatriotes.
Et tous ceux qui veulent accélérer la lutte contre le réchauffement climatique sur la base définie par le président de la République, sobriété, renouvelable et nucléaire,
tous ceux-là sont les bienvenus. Alors, ça dépend des points. Enfin, Fabien Roussel, par exemple, ça fonctionne. Par exemple,
mais ça ne fonctionne pas pour d'autres sur la question du nucléaire. Je pense que sur la question du nucléaire, ça ne marcherait pas, mais ça marcherait sur d'autres points. Le compromis, ça n'est pas le rendiment. Là aussi, il faut bien comprendre le cadre dans lequel... Mais je pense qu'il est indispensable dans un début de quinquennat avec un président de la République qui a été réélu, qui a obtenu la majorité à l'Assemblée nationale, parce que là aussi, on l'oublie, de fixer le cadre politique. L'esprit de compromis doit s'accompagner de l'esprit de décision et le compromis, ça n'est pas le rendiment. Il y a un projet.
Et croyez-moi, je suis viscéralement attaché à ce que nous gardions la ligne de notre projet. Elle n'est pas négociable. Nous croyons la nation, nous ne croyons pas, par exemple, au communautarisme. Donc tous ceux qui font assaut de communautarisme...
Là, vous pensez à LFI ?
Par exemple. Dans ce cas-là, je suis désolé, sur les sujets de société, sur ces sujets fondamentaux, il n'y a pas de compromis possible. Encore une fois,
j'ai quand même l'impression que le portrait robot d'un Fabien Roussel, il a tout à fait sa place dans ce que vous nous dites.
Mais c'est à lui de le dire, ce n'est pas à moi de dire tiens, venez, c'est à lui de le dire. Il dit qu'il n'est pas contre. Il vient travailler avec Fabien Roussel, mais avant les noms, avant les personnes, il y a le projet pour la France. Et je ne voudrais pas qu'en ce début de quinquennat, on ne s'écarte du projet pour la France qui était proposé par Emmanuel Macron et retenu largement par nos compatriotes.
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, merci d'avoir donné toutes ces précisions ce matin. Je rappelle quand même votre expression plutôt alarmiste, la cote d'alerte sur la dette est atteinte. Il est 8h53 sur AMC.
Bruno Le Maire