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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 30 juillet 2021 55 minContradictoireMixte

Boîtes de nuit, clubs : la fête est-elle finie ?

Source d'origine 3 locuteurs

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0:15
Présentateur

J'adore regarder danser les gens, chante Philippe Catherine. Seulement depuis la pandémie, les gens dansent moins, beaucoup moins. 15 mois passés sans club, sans boîte de nuit, sans grand festival aussi. Et même si depuis le 9 juillet, il est tout à fait possible de retourner mettre le feu à la piste avec un habit de lumière. Pour l'instant, ces établissements peinent à remplir leur jauge pourtant déjà réduite. Faire la fête, c'est multiplier les risques, répète le discours sanitaire. C'est aussi une nécessité partagée par l'humanité tout entière. Comment concilier l'un et l'autre ? Je coupe le son ou je remets le son ? Nuit, est-ce que la fête est finie ?

C'est la question qu'on se pose aujourd'hui dans le débat de midi. Thomas Chauvino, le débat de midi sur France Inter. Une question qu'on se pose aussi avec vous. N'hésitez pas à intervenir sur l'appli ou sur le site de France Inter. Mais comme tous les jours, on ouvre l'émission avec une consoeur ou un confrère de la presse écrite qui vient nous raconter ce qui fait débat dans ses pages. Et aujourd'hui, c'est vous, Michel Etcheninov. Bonjour. Bonjour Thomas. De Philosophie Magazine. Avec une question cash que vous posez sur le site internet de Philomag. Faut-il brûler Gagarine ?

1:28
Invité

Oui, sur philomag.com, en fait, on s'intéresse à quand même un événement d'été. C'est ceux qui vont faire la fête dans l'espace. Vous savez qu'il y a des milliardaires maintenant, c'est leur nouveau sport. C'est de s'offrir un petit voyage. Donc, c'était Richard Branson il y a trois semaines. C'était Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, il y a dix jours.

1:47
Présentateur

Elon Musk aussi est parti.

1:49
Invité

Elon Musk aussi. Donc, c'est la nouvelle tendance. Et ça présage quelque chose de beaucoup plus important. C'est la colonisation du cosmos. C'est, est-ce qu'un jour, on va aller coloniser le cosmos, fuir la Terre ou pour conquérir l'espace ? Et donc, c'est une question qu'on se pose sur philomag.com, avec effectivement la figure de Gagarine, qui, vous vous souvenez, en 1961, était le premier homme dans l'espace.

2:14
Présentateur

Après la chienne Laïka, me semble-t-il, elle s'appelait. C'est ça, exactement Laïka. Oui, tout à fait.

2:22
Invité

Non, ben, allez-y, continuez, pardon, je ne voulais pas vous interrompre. Oui, en fait, ce qui est intéressant, c'est qu'en 1961, il y a déjà des philosophes qui ont assisté à cette première conquête de l'espace et qui se sont posé la question. Est-ce qu'il faut y aller ? Est-ce qu'il faut conquérir l'espace ? Est-ce que c'est bien ? Est-ce que ça va, au contraire, mettre en danger notre humanité dans ce cas-là de plus profond ? Et là, il y a des philosophes qui, c'est le débat, n'étaient pas du tout d'accord.

2:47
Présentateur

C'est marrant comme la philosophie rencontre finalement la science-fiction, en quelque sorte, Michel Etchaninov.

2:51
Invité

Oui, la science-fiction, mais là, c'est carrément de la science et de la technique en vrai. C'est-à-dire qu'Emmanuel Lévinas, par exemple, c'est un grand penseur de l'éthique et il a écrit un article sur Gagarin, à l'époque, pour se demander ce que ça voulait dire passer une heure en dehors de la Terre. Alors lui, il est complètement pour. Il trouve ça génial parce que lui, c'est un philosophe de l'altérité. C'est-à-dire, lui, ce qui l'intéresse, c'est que quand on regarde le visage d'un autre homme, eh bien, il y a quelque chose qui m'échappera toujours. Et cette altérité, elle n'est pas mieux symbolisée que par le cosmos.

Et donc, il dit qu'aller dans le cosmos, c'est aller vers le tout autre. Et finalement, il rencontrerait un alien qu'il trouverait ça intéressant. Et donc, Emmanuel Lévinas, il considère que partir dans l'espace, comme Gagarin ou aujourd'hui comme Bezos ou Musk, c'est bien parce que c'est quitter notre attachement trop affectif à la Terre, au lieu. Pour Lévinas, c'est un peu réactionnaire d'être très attaché au lieu, un peu poussé au rejet de l'autre. Donc, lui, il est pour la conquête et la colonisation de l'espace.

3:59
Présentateur

Et à l'inverse, Anna Arendt, que vous citez également dans cet article, elle y est opposée. Oui, dans cet article de Philomaghe.com, effectivement, Anna Arendt, elle dit

4:08
Invité

le problème, c'est qu'on veut maîtriser totalement tous les paramètres de notre existence. C'est-à-dire qu'on veut ne plus dépendre de rien du tout d'extérieur à l'homme. Donc, on va créer des machines qui vont nous envoyer dans l'espace. On va créer des lieux d'habitation dans l'espace, c'est-à-dire le rêve de Jeff Bezos. Et on va finalement contrôler totalement notre existence. D'ailleurs, ce sont les mêmes milliardaires de la Silicon Valley qui veulent créer l'immortalité, qui veulent que l'homme soit immortel. Et ça, ça fait un peu peur à Anna Arendt parce qu'elle trouve que c'est un fantasme de toute puissance.

Elle dit, mais finalement, si on décide de tout contrôler, de tout modeler, eh bien, on s'arrache à notre condition. Et notre condition, eh bien, elle est liée à la Terre. Elle est liée à la mort. Elle est liée à des choses qu'on ne peut pas complètement modeler. Et donc, elle, elle est plutôt contre la conquête de l'espace parce qu'elle pense que ça ouvre la voie vers une sorte de totalitarisme d'un homme qui se croirait tout puissant.

5:09
Présentateur

C'est intéressant d'ailleurs, cette comparaison que vous faites, enfin, même cette filiation intellectuelle entre la conquête de l'espace et aussi la conquête de l'immortalité souhaitée par les transhumanistes. Parce que sur les trois milliardaires qui sont partis dans l'espace, au moins un investi dans le transhumanisme, c'est Jeff Bezos.

5:27
Invité

Tout à fait. Bah oui, en fait, ces rêves sont liés. C'est ça qui est intéressant. C'est-à-dire, et ça, Anna Arendt l'a très bien compris il y a plus de 50 ans, c'est qu'en fait, aller dans l'espace et vouloir être immortel, en fait, c'est les deux faces d'une même médaille. C'est l'idée qu'on ne dépend plus de rien d'autre que ce qu'on fait soi-même. C'est-à-dire qu'on va devenir le maître et possesseur de la nature, de notre nature. Et ça, pour Anna Arendt, c'est un peu surhumain, donc un peu inhumain. Et voilà, ce qu'elle montre, c'est que finalement, le transhumanisme et la conquête de l'espace ont parti liés.

6:05
Présentateur

Et c'est ça qui lui fait peur. Eh bien, merci Michel Etcheninov. Quand on pourra regarder les étoiles ce soir, si jamais le ciel le permet, parce qu'en ce moment, il n'est pas très clément avec nous, eh bien, on pourra penser à Emmanuel Lévinas et puis à Anna Arendt. Merci, cet article sur Gagarine est à retrouver sur votre site philomag.com. Merci, bonne journée à vous.

6:23
Invité

Merci à vous, au revoir.

6:31
Présentateur

En revanche, on ne fait plus la fête. La bamboche, c'est terminé.

6:36
Invité

La bamboche ! Ah, c'est un petit bonbon. Alors, cette phrase, outre son côté rigolo sur la bamboche, elle nous dit quand même beaucoup de choses. Parce que c'est vrai que quand on est préfet, on fait rarement la bamboche. C'est vrai que le gars qui nous dit stop la bamboche, comme ça, on ne se dit pas qu'il nous prive de liberté, nous, on rigole. On dit, oh, il a dit bamboche. Et après, au tribunal, t'es là, mais il a utilisé le mot bamboche, je croyais que c'était une sorte de jeu, moi.

6:58
Présentateur

Non, ben non, voilà. Une déclaration qui n'est pas passée inaperçue, c'était celle du préfet du centre Val-de-Loire en octobre dernier, quelques jours avant le deuxième confinement, décortiqué par Thomas VDB, dont par Jupiter que vous connaissez bien sur France Inter. Quatre invités aujourd'hui pour s'intéresser à la fête. Simon Boisson, bonjour. Bonjour. Vous êtes co-gérant du Warehouse à Nantes, c'est un club électro très important en France. Emmanuel Lallement, bonjour. Bonjour. Vous êtes anthropologue, spécialiste de la fête.

Nous avons également avec nous le musicien Yüksek, mais qu'on attend, je ne sais pas s'il est encore avec nous ou pas, s'il est déjà arrivé au téléphone, vous êtes là ? Bonjour Yüksek.

7:34
Invité

Je suis là. Ah, formidable. Je ne vous entends pas très bien, mais je suis là.

7:37
Présentateur

Bonjour. J'espère que vous allez mieux nous entendre au fur et à mesure. Bonjour à vous et merci d'être avec nous dans le débat de midi. Et puis Sabine Ferrand, bonjour. Bonjour. Vous êtes présidente de l'Union des métiers de l'hôtellerie en centre Val-de-Loire et également gérante d'une boîte de nuit dans le Loir-et-Cher. Et vous avez décidé de ne pas rouvrir votre établissement, Sabine Ferrand. Pourquoi ? Écoutez, moi, pour moi, je constate une incompatibilité entre les personnes vaccinées et les PCR. Les personnes vaccinées qui vont venir dans nos établissements peuvent être porteurs du virus, alors que les personnes ayant un test PCR ne sont pas protégées.

Donc forcément, on peut constater des propagations du virus. Donc aujourd'hui, la décision était de se dire combien y a-t-il de personnes vaccinées au 9 juillet, pas suffisamment pour qu'on puisse travailler correctement. Et est-ce bien sécure de pouvoir mélanger les vaccinés et les non-vaccinés et de devoir peut-être être responsable de la propagation de ce virus ? Donc pour l'instant, j'attends. J'attends de voir le taux de vaccination s'envoler pour la rentrée. Et puis on a aussi un point économique, c'est qu'en région Centre-Val-de-Loire, nous ne sommes pas dans les littoraux. Donc les côtes du littoral, eux, font le plein. Tout le monde part en vacances.

Et nous, en Centre-Val-de-Loire, à juillet-août, c'est là où nous travaillons le moins. Pourtant, c'est une belle région. Il se passe quand même pas mal de choses. Vous avez des beaux châteaux par là-bas. Oui, c'est un tourisme plutôt culturel et familial, plus qu'un tourisme de nuit. Vous voulez dire que si vous aviez ouvert, si vous étiez localisé plutôt sur le littoral, vous auriez peut-être procédé à l'ouverture malgré les risques dont vous venez de parler ? Pas sûr. Pas sûr. Je pense que le risque est beaucoup plus lourd qu'il n'y paraît. À Nantes, on est un peu plus proche de la mer. Simon Boisson, est-ce que vous avez réouvert le warehouse, ce club électro important en France ?

9:37
Invité

Écoutez, non. Nous, il y a eu plusieurs problématiques. C'est qu'on ne s'attendait pas trop à cette réouverture anticipée. Finalement, on a été pris à contre-pied sur cette affaire. Et pour redémarrer un club culture comme le nôtre, c'est qu'il faut redémarrer une programmation. Et puis, il faut redémarrer une machine qui est grosse. Et que ce soit technique ou humain, on ne la redémarre pas en deux semaines. Il nous faut quasiment deux mois de travail pour pouvoir la redémarrer. Pourquoi ? Oui, parce qu'il faut recruter plus de 20 personnes. Il faut redémarrer les machines, que ce soit même les systèmes des barres. Quand on commence à avoir 5, 6 barres, il y a déjà plus de travail.

Il y a toute la partie technique à remettre en route. Il faut sortir le club de l'hivernage, réparer la casse. Parce que 15 mois d'arrêt, là, on se rend bien compte de ce qu'on a fait le point la semaine dernière sur la partie technique. On a quasiment 30% du matériel à chaises partout. Voilà, c'est très neutre. Voilà, donc il faut réparer tout ça. Il faut remettre en route tout le système. Et il faut relancer la programmation, relancer la communication. Et la communication, elle a besoin de délai pour pouvoir s'activer. Surtout qu'aujourd'hui, on n'a plus de touristes internationaux. On doit travailler de manière locale à 100%. Et donc, il faut faire la com' un petit peu mieux qu'avant.

Tout est à repenser, en quelque sorte. Oui, exactement. Au moment, il faut être très concentré et très précis. Et puis, bien sûr, il y a le risque sanitaire qui existe toujours. C'est-à-dire qu'être les premiers, c'est aussi prendre le risque d'avoir des déboires. Et nous aussi, on n'est pas dans la période la plus grosse d'activités sur l'été. Donc, il n'y avait aucune raison évidente de se précipiter et de prendre le risque à ce moment-là.

11:04
Présentateur

Youksek, vous êtes musicien de musique électronique, producteur également. Et puis, on a pu entendre récemment votre musique dans la série d'Arte, qui s'appelle En Thérapie. Excellente série que France Inter a, d'ailleurs, largement proposé aux auditeurs. Vous m'entendez bien, Youksek ? Oui, oui, ça va. Ah, parfait. Est-ce que vous, vous avez pu rejouer en public ?

11:28
Invité

Moi, je rejoue pas mal, mais dans des événements de plein air, principalement. J'ai juste joué pour la réouverture du Sacré, un club à Paris. Ce qui était un peu plus symbolique, en fait, ils n'ont ouvert qu'eux en juillet. Et voilà, c'était une façon de... Moi, j'ai un peu les fesses entre deux chaises, ça rends-tu ? C'est-à-dire qu'évidemment, j'ai tendance à penser plus comme les deux professionnels qu'on vient d'entendre, c'est-à-dire à la fois la difficulté de réouvrir un club en deux semaines et puis le risque sanitaire qu'on se fait à les données sanitaires dont on n'est pas vraiment certain pour l'instant.

Alors, effectivement, moi, je trouvais que se précipiter forcément pour réouvrir en juillet, je ne voyais pas forcément l'intérêt, en vrai.

12:17
Présentateur

Quand vous dites que vous ne jouez qu'en plein air, vous avez, on peut le dire comme ça, peur de jouer dans des salles fermées ?

12:24
Invité

Non, non, pas peur. Je n'ai pas peur pour moi, mais je me dis que dans l'état un peu, de la pandémie, on pourrait peut-être attendre septembre et être sûr que les choses soient un peu plus stabilisées, que les gens soient un peu plus vaccinés et que la situation soit, si c'est le cas, un peu mieux maîtrisée. Il faut y aller graduellement. Après, je comprends que ce soit une économie et tout ça, évidemment, mais en même temps, il y a toujours les aides qui courent.

12:53
Présentateur

Emmanuel Lallement, vous êtes anthropologue spécialiste de la FET. Est-ce que cette réouverture intervient trop tôt, selon vous ?

12:58
Invité

Alors, moi, ce que j'entends dans ce que je viens d'écouter des professionnels de la FET, c'est de voir à quel point, effectivement, là, on a, à l'encontre des représentations et des discours qu'on a entendus, ça et là, on voit à quel point la FET, effectivement, c'est non seulement un travail, c'est géré par des professionnels qui sont extrêmement, effectivement, lucides et conscients de ce qui se passe. Ça montre que la FET, ce n'est pas quelque chose qui s'improvise, c'est un travail, un travail qui renvoie à une géographie particulière, on le voit selon les lieux dans lesquels elle se fait habituellement, la côte, l'intérieur, les espaces fermés, les espaces ouvertes.

C'est aussi un travail qui renvoie aux saisons, au temps de l'année, au temps qui s'écoule. C'est quelque chose qui, effectivement, est une menace actuellement pour la propagation de la pandémie. Et pour autant, ça reste une forme de lien social qui veut, malgré tout, essayer de perdurer dans d'autres formes, selon des formes qui sont plutôt des formes de plein air quand c'est possible. Et ça montre que c'est d'autant plus difficile et peut-être triste actuellement que l'été, c'est quand même le moment d'habitude, c'est la période de l'année qu'on appelle des loisirs festifs.

Et ça montre bien à quel point la FET, elle s'inscrit en fait dans nos vies sociales, elle s'inscrit dans nos temps sociaux. Et l'été qui est habituellement ce moment dans lequel il y a effectivement ces formes de relâchement, ça veut bien dire que là, on est dans un été encore plus particulier que l'été précédent où là, il y avait une réouverture, là, on est plutôt dans une forme de prudence.

14:25
Présentateur

Mais comment vous expliquez que les boîtes qu'on peut rouvrir, les clubs qu'on peut rouvrir ne font pas du tout le plein ?

14:30
Invité

Parce que je pense que, ce que je disais, c'est qu'à l'encontre des discours qu'on entend, la FET n'est pas une activité de oisifs, de gens uniquement oisifs et irresponsables, la FET, elle est organisée et elle est réalisée et elle est faite par des gens qui peuvent aussi être extrêmement responsables et extrêmement conscients des dangers qui sont à l'œuvre. Et on voit à quel point elle est complètement symbolique de ce moment où, en fait, ce qui nous symbolise ce moment, c'est qu'on est dans un moment de totale incertitude et je dirais de permanence dans l'incertitude.

Et c'est vrai que d'habitude, la FET, c'est quelque chose qui, certes, vient rompre avec le quotidien, mais surtout qui introduit finalement une sorte de régularité dans l'année. Il y a une sorte de distribution assez régulière des FET tout au long de l'année, dont l'été en est un des symboles. Et on voit à quel point, là, on est dans un temps incertain et un temps dans lequel ce qui frappe, c'est le bouleversement du temps. On est au rythme des vagues, au rythme des confinements, au rythme des interdits, et à la fois dans une sorte de quotidien continu dans lequel il est très difficile de réintroduire un peu de rupture par la FET.

15:39
Présentateur

Sur l'appli de France Inter, Sophie nous écrit, elle dit « Je trouve que cette pandémie a enlevé l'insouciance qu'on avait tous en nous avant. Les boîtes fermées, oui, je n'ai pas envie d'y retourner pour l'instant. En revanche, les concerts de plein air, je veux bien, Simon Boisson. »

15:54
Invité

On la comprend facilement, je veux dire. Ça me semble assez révélateur, je ne veux pas dire. C'est facile de le dire. C'est public.

16:01
Présentateur

À quel point vous avez affaire, j'imagine ?

16:03
Invité

Oui, exactement. De toute façon, qu'est-ce que veulent les gens ? Les gens veulent toujours faire la fête, ils veulent toujours voir des artistes, et ils veulent le faire dans les meilleures conditions possibles. Enfin, c'est de B à bas, quoi. Aujourd'hui, si les conditions sont plus difficiles en intérieur, ils vont préférer les faire en extérieur. Si, à l'inversement, il pleut à Dru, ils préfèreront être dans une salle malgré les risques sanitaires. Je veux dire, on peut voir les choses de plein de manières. Donc, ce n'est pas évident.

16:27
Présentateur

Sabine Ferrand, est-ce qu'on peut rappeler la jauge, les passes qui sont obligatoires avant les entrées ? Comment ça se passe quand on doit filtrer, autoriser ou non, l'entrée des clubeurs ? Alors, clairement, actuellement, on a une jauge à 75% de la capacité de l'établissement. Avant de pouvoir rentrer dans un établissement, il faut effectivement avoir un pass sanitaire ou avoir un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures, enfin 48 heures maximum. Et ensuite, il faut également pouvoir se scanner pour scanner son passage, c'est-à-dire remplir le cahier de rappel de façon dématérialisée ou à l'écrit.

Aller faire la fête, il y a ce sentiment de liberté qui me paraît, Emmanuel Lallement, antinomique finalement avec le fait de devoir montrer son QR code pour pouvoir avoir accès à cet espace de liberté.

17:24
Invité

Ça peut paraître, en effet, au premier abord, un peu antinomique. On associe souvent la fête à la liberté, à la liesse, à l'effervescence, à l'intensité d'un rapport social qui ne supporterait pas effectivement des restrictions. Mais je pense que c'est une idéalisation de la fête, car même si les fêtes sont sans doute ces moments effectivement de rupture et de liberté et d'effervescence, les fêtes ont toujours été quand même assez contrôlées. Les fêtes ne sont pas des lieux qui sont par définition ouverts à tous. Il faut souvent montrer pâte blanche, comme on dit, pour faire la fête dans certains lieux. Et la fête est toujours l'œuvre d'une codification, d'une organisation.

Donc je pense qu'effectivement, il y a ce caractère a priori un peu antinomique. Mais finalement, la fête telle qu'elle pourrait se faire actuellement avec toutes ces restrictions et le fait de pouvoir montrer ce pass sanitaire n'est qu'une des modalités de la fête telle qu'elle se faisait aussi auparavant. C'est pour vous pas un frein.

18:21
Présentateur

Le fait d'avoir à montrer son QR code, c'est pas forcément un frein pour les gens qui auraient envie de venir faire la fête.

18:28
Invité

Ça peut l'être pour certains, mais finalement, vous savez, quand on est anthropologue, on voit que la fête, ça a toujours été un processus très adaptatif. C'est à la fois quelque chose dans lequel, évidemment, on va être dans des formes de relâchement une fois qu'on y est. Mais c'est vrai que la fête, c'est adaptatif. Les fêtes ressemblent aux sociétés dans lesquelles elles se déploient. Donc une société dans laquelle la fête doit faire l'objet d'un certain nombre de restrictions, elle se déploie de cette manière-là. C'est une vraie clé de lecture des sociétés, la fête.

Et actuellement, je trouve qu'elle est une clé particulièrement emblématique de ce qui se joue, de la polarisation entre les choses possibles et les choses impossibles. La fête, elle est à la fois inquiétante, mais elle est très inquiétée actuellement. Elle est évidemment très menacée. Elle polarise effectivement des positions, on va dire, qui pourraient être a priori réconciliables entre les gens qui voudraient la faire coûte que coûte et même si c'est dangereux, et d'autres qui la dénoncent en tant que quelque chose d'intrinsèquement dangereux.

Je trouve qu'effectivement, on est dans un moment particulier, particulièrement intéressant quand on est observateur de ce phénomène anthropologique universel qu'est la fête.

19:36
Présentateur

La fête est-elle finie ? C'est la question qu'on se pose aujourd'hui avec vous aussi. N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires, vos questions, vos réactions sur le site de l'émission ou sur l'appli. Vous êtes bien sur France Inter. Vous avez raison, il est midi 24.

20:03
Locuteur non identifié

Pop nostalgique et accrocheuse de Cassidy.

22:43
Présentateur

Le titre, c'est souterrain. Le débat de midi, à retrouver pendant tout l'été à midi sur France Inter et en podcast sur franceinter.fr Quatre invités aujourd'hui pour se poser cette question. La fête est-elle finie ? Simon Boisson, qui est co-gérant d'un club à Nantes, Emmanuel Lallement, anthropologue, Yousec, qui est DJ producteur, musicien, et Sabine Ferrand, gérante d'une boîte de nuit et présidente également de l'Union des métiers de l'hôtellerie en centre Val-de-Loire. Quand je pose cette question, la fête est finie, vous levez les yeux au ciel, mais non, elle n'est pas finie, Sabine Ferrand. Non, bien sûr que non. On se pose la question.

Oui, bien sûr, mais non, nos métiers, je ne veux pas voir nos métiers terminer. Et c'est aussi pour ça, tout à l'heure, que vous nous disiez est-ce que c'est dangereux de réouvrir ? Pourquoi vous n'avez pas réouvert ? C'est aussi pour se dire que c'est peut-être protéger aussi l'avenir de nos métiers que de ne pas prendre de risques. Vous pensez bien que si un cluster, aujourd'hui, se développe dans un de nos établissements, eh bien, tout de suite, ce sera de la faute du chef d'entreprise qui n'aura pas pris suffisamment de précautions, alors que non, ce n'est pas ça.

Donc, très sincèrement, il faut aussi sauter cette idée en disant que, de toute façon, aujourd'hui, on a un moyen de comptabiliser en définitive. C'est pour ça que je vous disais qu'il y a une certaine incompatibilité entre les vaccinés et les personnes, les PCR, parce qu'effectivement, là, on a moyen de comptabiliser les gens. Et c'est chose qui n'était pas faite pendant les fêtes sauvages. Youksek, à votre avis, que viennent chercher les gens quand ils viennent vous écouter ?

24:26
Invité

Juste, si je peux me permettre de rebondir sur ce qu'on disait avant, c'est que, par exemple, le sacré était complet le soir où j'ai joué, le 9 juillet. Le club. Oui, pardon. Le club dans la jauge permise. Et pour dédramatiser un peu, je trouve que les gens, certaines personnes n'avaient pas bien compris exactement ce qu'il fallait à l'entrée. Il y avait un stand pour faire des tests, et c'était hyper bon enfant, ça faisait rire un peu tout le monde, on était dans ce truc. Je crois qu'il y a juste un tout petit peu dédramatisé ce truc, parce que je trouve qu'on est dans quelque chose d'assez négatif.

Oui, il faut fournir des tests, mais en fait, les gens viennent faire la fête, s'amusent, ils perdent 10 minutes pour faire un test devant un club, ce n'est pas la fin du monde. Voilà, si je peux me permettre. Et que vont-ils chercher ? Ils vont chercher un espace, comme on l'a dit, de convivialité, de détente, écouter un musicien qu'ils aiment, un endroit qu'ils apprécient, voir des amis, voir la vie.

25:28
Présentateur

La vie, parce que c'est ça ce que vous dites aussi, Emmanuel Lallement, c'est que la vie, c'est aussi la fête.

25:35
Invité

Absolument, en fait. On est en train de définir la fête comme quelque chose d'absolument toujours très intense, mais finalement, tout ce qu'on dit actuellement sur la fête, c'est surtout de se dire que les gens sont ensemble, donc en fait, c'est de la sociabilité qui est en train de se jouer. C'est donc aussi du lien social, et c'est un lien social qui, sans doute, se crée dans la fête, mais on dit souvent aussi qu'ils se consolident dans la fête.

Donc on voit à quel point, c'est vrai que ces moments festifs qui ponctuent finalement nos vies ordinaires, que ce soit des petites fêtes ou des grandes fêtes, des fêtes plutôt rituelles ou des fêtes beaucoup plus amicales, et beaucoup moins, on va dire, renvoyant à une sphère de la tradition ou du sacré, mais il n'empêche que se joue effectivement le lien social. Donc c'est à ce titre-là que la fête, ainsi dangereuse actuellement et menacée, nous inquiète beaucoup parce que ce qui est en jeu, c'est effectivement nos manières de faire société.

26:27
Présentateur

Jean-François Delfraissy déclarait lundi dernier, oui, il est dangereux d'aller danser en discothèque. Est-ce que pour vous, c'est dangereux d'aller danser en discothèque, Simon Boisson ? Est-ce qu'on prend un risque si on vient ? Mais on prend un risque à vivre.

26:40
Invité

Je veux dire, tous les matins, quand on se lève, on prend le risque de mourir dans la journée. Donc c'est encore une fois, il faut le voir de manière personnelle. Est-ce que c'est plus d'enjeu d'aller danser en discothèque que d'aller danser dans une soirée privée ou simplement chez soi ou peut-être à la fête des voisins ou de croiser quelqu'un dans le métro ?

26:56
Présentateur

Oui.

26:56
Invité

Je veux dire, il faut prendre la mesure soi-même du niveau de risque qu'on est prêt à prendre pour vivre.

27:00
Présentateur

Vous pensez qu'il y a une stigmatisation du monde de la nuit en général ?

27:04
Invité

Est-ce qu'on peut vraiment... Je pense qu'il y a une sorte de stigmatisation parce que je pense que c'est quelque chose en fait qui n'est pas réel. Ça fait partie de l'imaginaire de tout le monde d'avoir ce milieu censé être sulfureux où les gens prennent des risques, s'alcoolisent ou des accidents de voiture. C'est quelque chose de très vieux qui est très inscrit en fait dans l'esprit des gens, dans l'esprit du commun. Le citoyen français pense qu'effectivement faire la fête c'est dangereux et d'autant plus dans un club parce que c'est aussi comme ça qu'on fait la prévention. La prévention était toujours faite autour de nos lieux.

Donc comme on devient les plus gros lieux de prévention de France, on devient aussi les lieux identifiés le plus facilement comme étant des lieux à risque. Ce qui aujourd'hui n'est pas une réalité.

27:39
Présentateur

Mais ça reste quand même une réalité. Il y a des clusters qui ont été identifiés dans des boîtes de nuit à Lille, à Bordeaux, dans le Doubs, dans les Vosges également. Sabine Ferrand.

27:48
Invité

J'ai même envie de dire que c'est la preuve de la réussite du protocole sanitaire des discothèques. Si notre protocole ne fonctionnait pas, on n'identifierait personne. Aujourd'hui, il se passerait la même chose que dans le métro ou à Leclerc.

27:59
Présentateur

Ou dans les entreprises. Mais pour rebondir sur ce que tu viens de dire d'ailleurs, c'est de se dire que nos entreprises aujourd'hui sont dangereuses. C'est complètement une stigmatisation. Alors, que ce soit les cafés, hôtels, restaurants, discothèques, nous avons été fermés très rapidement au mois de mars en nous stigmatisant. C'est-à-dire que nous étions les vecteurs du Covid. Aujourd'hui, nous sommes les vecteurs de la vaccination. Pourquoi a-t-on été réouvert le 9 juillet ? J'ai pratiquement envie de vous dire que nous avons été ouverts pour booster la vaccination chez les jeunes et chez les Français principalement. Donc, il faut aussi... On est vraiment la balance, en fait.

On est toujours une régulation. J'ai l'impression que le monde de la culture, de l'amusement, de la fête, est vraiment la jauge, est une jauge, voilà. Et c'est nous qui régulons. Donc, à un moment donné, on n'a plus envie de réguler dans ce sens. On a envie de pouvoir vivre. Nos entreprises ont envie de pouvoir vivre. Nos clients ont envie de pouvoir vivre aussi. Mais c'est vrai qu'on a besoin de ces protocoles sanitaires. On a besoin de ce pass sanitaire. Qu'on n'en veuille ou pas aujourd'hui, on a besoin de la vaccination, en fait. Emmanuel Lallement, vous pensez... Enfin, sur cette question de la stigmatisation, vous pensez qu'elle existe ?

29:17
Invité

Oui, je pense absolument qu'on ne traite pas de la même manière le milieu de la nuit que d'autres milieux. C'est vrai que les rassemblements festifs peuvent être des lieux de propagation, peut-être, quand il n'y a pas de mesures prises. Mais les rassemblements religieux l'ont été aussi. Les rassemblements dans les centres commerciaux peuvent l'être aussi. Mais ce que je dirais aussi, c'est que cette stigmatisation sur les milieux festifs n'est pas la même partout. Il y a quand même, quelque part, une stigmatisation de la culture populaire de la fête.

Et c'est vrai qu'on est beaucoup plus enclin à critiquer, à stigmatiser une fête qui produit des gros rassemblements et qui produit des rassemblements dans les lieux de la fête, c'est-à-dire souvent les discothèques, les clubs. Mais n'oublions pas, je trouve, qu'on ne traite pas du tout de la même manière. On ne fustige pas les rassemblements sélects. On ne fustige pas. Vous parliez en début d'émission des voyages dans l'espace par votre collègue de Philomag, où on voit que là, c'est le luxe absolu que de pouvoir partir dans l'espace.

Eh bien là, je trouve qu'on ne parle jamais, effectivement, des fêtes les plus sélectes, des gens qui peuvent se permettre de partir au loin, dans des espaces Covid-free, dans l'entre-soi, là où la fête est totalement à la fois rassurante, sécurisée, mais aussi totalement réservée et très exclusive. Alors que là, l'été, et tout ce que les professionnels de la fête essayent de mettre en place, c'est aussi la dimension inclusive de la fête. Le fait de pouvoir être ensemble et de pouvoir être ensemble avec des milieux sociaux différenciés, hétérogènes.

30:50
Présentateur

Hétérogène, ça concerne quand même plus tôt les jeunes. Et il se trouve qu'aujourd'hui, le taux d'incidence est beaucoup plus élevé chez les 18-29 ans qu'il ne l'est chez les autres générations plus anciennes. On est à 1 000 nouveaux cas pour 100 000 habitants chez les 18-29, contre 179 à l'échelle nationale.

31:09
Invité

Oui, pour l'instant. Pour l'instant, effectivement. Et là, c'est vrai que, parce que la campagne de vaccination n'a peut-être pas encore touché les jeunes, je dis bien pour l'instant, et on espère qu'à la rentrée, ça le sera, évidemment. Mais pour l'instant, c'est vrai

31:21
Présentateur

qu'elle n'a pas été ouverte en même temps, beaucoup plus tard aussi pour les jeunes.

31:23
Invité

Elle n'a pas été ouverte en même temps. Là aussi, il y a eu quand même un calendrier. Et on est aussi dans le cadre de ce calendrier. Et on se retrouve effectivement dans une période estivale qui est un calendrier particulier où l'année dernière, ce calendrier estival était sous forme plutôt de relâchement, de retour des réjouissances. Là, il ne faut pas oublier qu'il nous a été annoncé le jour du déconfinement que c'était le temps des retrouvailles, que c'était le temps des réjouissances. On a entendu parler officiellement de ce temps de réjouissances.

Et puis là, on est rattrapé, effectivement, par cette quatrième vague à un moment particulier qui est celui de l'été, qui est la saison des loisirs festifs. Et qu'il est en particulier pour des jeunes qui eux-mêmes n'ont pas été encore dans le calendrier possible de la vaccination, en tout cas, pas pour la majorité d'entre eux.

32:10
Présentateur

Youksek, sur cette question de la stigmatisation éventuelle, dont pourrait faire preuve à une majorité de la population à l'égard des gens qui font la fête la nuit ?

32:22
Invité

Je suis assez partagé là-dessus, sincèrement. J'ai un discours plutôt modéré. Après, c'est sûr que je trouve qu'il n'y a pas eu vraiment de récompense à l'effort. Par exemple, j'ai joué dans un festival à Reims le 25 juin, je crois, ou le 26 juin, c'est-à-dire quatre jours avant qu'on permette au lieu de réouvrir avec des gens debout, avec une jauge illimitée, etc., etc., dans une certaine mesure.

Et en fait, ce week-end-là, il y avait trois festivals en France, la Magnifique Society, EuropaVox et le Printemps de Bourges, qui sont trois des festivals qui ont décidé de maintenir coûte que coûte, de travailler pendant des mois avec des protocoles super lourds, des trucs très compliqués, des gestions de bars, des gestions de gens. Et j'ai été très étonné que la préfecture ne puisse pas faire un geste pour quatre jours. Trois festivals en France ne pas leur permettent d'assouplir un peu leurs normes, sachant qu'ils bossaient pendant des mois. Depuis des mois, pardon. Donc, stigmatisation, je ne sais pas, mais par contre, assez peu de considération, je dirais. Voilà.

33:32
Présentateur

C'est un peu le discours qu'on entend aussi bien du côté des clubs que des discothèques, c'est-à-dire le manque de considération. Non, c'est une méconnaissance complète de nos métiers, surtout.

33:43
Invité

Oui, mais pas seulement, parce que justement, là, c'était des rapports avec le préfet qui sait très bien comment fonctionne un festival et avec lequel ils ont fait des réunions innombrables. Donc, c'était juste un peu de mépris, mais de trucs très... Non, moi, je pense

33:58
Présentateur

que c'est sincèrement une méconnaissance, c'est une méconnaissance de nos métiers et vous savez, on en a quand même parlé globalement énormément, des essentiels et des non-essentiels. Et ça nous a collé quand même à la peau un petit moment et c'est vrai qu'on est vraiment passé derrière tout le monde en définitive et nous nous sommes sentis non-essentiels et on nous l'a fait bien ressentir. Alors, stigmatisation, oui, quelque part, oui, bien sûr. Simon Boisson, non-essentiel, vous considérez comme non-essentiel ?

34:28
Invité

Non, non, pas du tout, pas une seconde, je veux dire, ça ne nous touche même pas quand on nous le dit tellement ça nous paraît ridicule et loin de ce qu'on fait. Mais il y a quand même un élément que je retiens, c'est ce côté méconnaissance. C'est-à-dire que là, on va vraiment avoir une différence du coup entre la partie festival et nos établissements parce qu'il y a une chose qui change en fait, c'est le nombre de relations qu'on va avoir avec les élus pour notre activité. C'est-à-dire que nous, en tant que patron d'établissement, gérant d'établissement, on fait tous ses papiers et après, on existe.

Et à partir de là, certains font 30 ans de métier sans jamais revoir une seule fois les élus, sauf le jour où il y a un problème. Et la différence majeure avec un festival, c'est que lui, il est sujet aux autorisations annuelles. Donc lui, il va avoir une relation qui est beaucoup plus construite dans le temps avec les préfectures, avec les mairies, avec les élus. Et donc, il y a une bien meilleure connaissance justement des festivals que de nos établissements. Et donc nous, cette méconnaissance, elle vient aussi d'ici. C'est-à-dire qu'en fait, on n'a plus de relations avec les élus.

Et c'est le travail qu'on mène avec Club Culture, le collectif qu'on a monté avec Culture Barbare, c'est justement de trouver des solutions pour remettre en connexion les élus avec les gérants d'établissements et qu'il y ait comme ça quelque chose de perméable et d'échange d'informations. Nous, au Warhouse à Nantes, on travaille avec les préfectures, les services de police, les services du SDIS. On a un système, on a des réunions régulières, etc. On fait participer à la mairie à nos journées de prévention. On fait de la prévention pour les responsables de bureaux des étudiants de toutes les écoles de la ville. Et ça a un impact direct sur le territoire bénéfique.

Donc, ça fonctionne et c'est un long travail qu'il ne faut pas lâcher.

36:00
Présentateur

Vous avez employé le mot encadrement, encadrer. C'est vrai que quand on regarde un petit peu l'action des pouvoirs publics vis-à-vis des lieux de fête, il y a toujours cette volonté d'encadrer. Et y compris d'encadrer les fêtes qui, au départ, ne sont pas légales. On se souvient des fameuses Free Party dans les années 2000 où Jacques Chirac avait demandé au préfet, c'était Thierry Mariani à l'époque, d'écrire une loi pour encadrer. Les fêtes. Il faut encadrer la fête, Emmanuel Lallemand ?

36:25
Invité

La fête a toujours été encadrée, même si c'est un domaine qui échappe quelquefois à l'ordre. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'imaginer que la fête est un phénomène spontané qui apparaîtrait comme ça sans qu'il y ait des choses qui soient construites a priori. La fête est toujours un dispositif en tant que tel. La fête, elle demande de la préparation et on le voit même quand on prépare une petite fête chez soi. C'est un temps de préparation et on le voit jusqu'à ces professionnels de la fête qui sont vos invités aujourd'hui et qui sont effectivement de grands ingénieurs de la fête. Donc la fête, elle demande toujours une ingénierie.

Et ce n'est pas parce que c'est un phénomène encadré qu'à l'intérieur de cet encadrement, il y a toujours quelque part intensité. parce que c'est une des manières de faire société. On dit toujours que c'est la part du rien, c'est-à-dire que l'homme ne peut pas se réduire à son activité pratique instituée. Il a besoin de ces moments de relâchement. Mais ça ne veut pas dire que ces moments de relâchement échappent complètement à l'organisation comme tout phénomène, je dirais, social, comme tout phénomène de rassemblement. Il ne faut pas être dans la nostalgie de la fête en pensant qu'auparavant, les fêtes n'étaient jamais encadrées et actuellement, elles seraient encadrées.

Elles l'ont toujours été, mais cet encadrement, on va dire, n'empêche pas, n'interdit pas la réjouissance collective qui est quand même, au départ, la définition de la fête.

37:50
Présentateur

Sur France Inter.fr et sur l'appli de France Inter, ces témoignages qui nous arrivent, je vous les lis pêle-mêle et vous pourrez ensuite réagir. Olivier nous dit ne pensez-vous pas que les discothèques subissent la concurrence des rêves et autres fêtes sauvages ? On vient d'en parler. Cette autre question, que pensez-vous du récent pic de fêtes privées non régulées ? Alors, y a-t-il eu un pic ? On ne sait pas, puisque par définition, on ne les connaît pas toutes. Donc, on ne peut peut-être pas parler de pic. Anthony nous demande n'est-il pas temps pour les boîtes de nuit de trouver une autre façon de faire, le système de faire payer une bouteille de mauvais alcool ?

Dix fois son prix n'a-t-il pas vécu ? Mithieu nous dit bonjour, merci d'évoquer ce thème pour nous la fête nous reconstruit, permet de mieux aborder les relations sociales par la suite et nous permet de nous remettre à zéro pour mieux repartir. c'est bien plus fondamental en tout cas que le travail nous dit Mithieu. Merci à cet auditeur. Je vous laisse réagir les uns les autres. Sabine Ferrand. Alors, que dire ? Pour répondre, on a besoin de la fête. Alors, il faut bien se dire que nous donnons en fait un cadre. Nous nous amusons, nous donnons la possibilité à nos clients de s'amuser dans un cadre.

mais effectivement ce cadre est très contractualisé c'est-à-dire qu'il y a des choses qui sont permises et des choses qui ne se sont pas permises et c'est ça la sécurité. Et là, je voudrais rajouter qu'aujourd'hui je pense que les pouvoirs publics ont pris acte et connaissance de notre capacité effectivement d'avoir de la pédagogie vis-à-vis de nos clients, vis-à-vis de l'alcool, la sécurité que l'on déploie également et on n'a jamais vu autant de violence extérieure que depuis que nous sommes fermés quand même. C'est pareil, je pense qu'on n'a pas suffisamment de chiffres et de recul pour pouvoir le dire et ça n'engage que vous.

Très sincèrement, je discutais encore avec la gendarmerie du Loir-et-Cher la semaine dernière et ils me disaient vivement que vous réouvriez parce que vous canalisez les clients que là, c'est vrai qu'ils doivent, enfin, ils interviennent sur des des petites bagarres en extérieur qui n'avaient pas à gérer fut un temps. Mais c'est un peu ce que nous dit en effet Mitieu dont je viens de lire le témoignage, c'est remettre à zéro pour mieux repartir. Le stress, l'angoisse. Youksek.

40:09
Invité

Comme je disais, c'est un exutoire aussi. C'est un défoulement, c'est un rassemblement. Alors évidemment, le fait de ne plus avoir ces lieux pendant 18 mois, ça a forcément un impact sur la société et sur la jeunesse et sur les tensions. Je pense qu'il n'y a pas forcément besoin de chiffres pour ça. Je ne suis pas sociologue ni anthropologue, je ne me permettrais pas de marcher sur ce terrain mais ça me paraît relativement évident.

40:33
Présentateur

Emmanuel Lallement, puisque vous, vous êtes anthropologue, est-ce qu'on peut marcher sur ce terrain comme dit Youksek ?

40:42
Invité

Non, je dirais justement, c'est très intéressant, c'est que ce que cette période nous montre, c'est que justement, on est tellement inquiet de cette possibilité, de cet horizon où les fêtes continueraient d'être dangereuses, les fêtes continueraient d'être interdites, que ça a au final, je dirais, révélé le sens que l'on veut donner à la fête.

Je trouve que ce sens il s'est révélé parce qu'il y a une telle angoisse de sa disparition que finalement, le sens que l'on donne à cette fête et le fait de montrer qu'effectivement, c'est quelque chose qui est certes de l'ordre du loisir quelquefois, qui est certes de l'ordre du divertissement, mais ça reste quelque chose qui est essentiel à la manière de faire société, avoir ces moments d'exutoire. Pourquoi a-t-on besoin d'avoir ces moments d'exutoire, ces moments de libération, ces moments d'effervescence ? C'est bien parce que il faut ensuite repartir et que l'ordre social redevienne ce qu'il est et retourner au travail le lendemain matin.

C'est à ce titre-là d'ailleurs que les fêtes ont toujours été encadrées par les pouvoirs politiques. Les carnavals, c'était quand même ça aussi, c'est-à-dire, c'était cette manière de permettre dans un temps donné et dans un espace donné une certaine forme de chaos, une certaine forme de désordre, mais pour finalement revenir à l'ordre social habituel, à l'ordre hiérarchique habituel, voire aux inégalités habituelles. Donc ces fêtes sont certes des exutoires, mais elles sont effectivement nécessaires.

Et cette période qui nous montre à quel point elles peuvent être menacées en tant que telles, et bien effectivement, peut-être nous donne-t-elle aussi le sens de la fête et ce que l'on voudrait aussi pouvoir lui donner dorénavant, quelque chose de plus inclusif, quelque chose qui permette aussi ces manières de se rassembler de manière pacifique avec ce qu'il faut comme sécurité et ce qu'il faut aussi comme capacité de libération.

42:26
Présentateur

Jouksek, je vous ai entendu approuver les propos d'Emmanuel Lallemand.

42:31
Invité

Oui, que vous les rajoutez ? Non, je suis absolument d'accord.

42:36
Présentateur

Et bien, comment continuer à faire la fête avec la pandémie ? C'est la question qu'on se pose aujourd'hui en musique, avec Jouksek, pourquoi pas, puisqu'il est l'un des invités du débat de midi. Into the light, c'est une chanson que vous avez écrite. Il est midi 47 et nous sommes ensemble jusqu'à 13h.

43:18
Locuteur non identifié

On se demande de bouger la tête

46:01
Présentateur

un peu comme les chiens à l'arrière des voitures de temps en temps qu'on peut encore voir Into the light, cet extrait de l'album Nosso Ritmo et c'est signé Jouksek. Cet album, justement, Jouksek, est sorti en pleine pandémie. Vos concerts ont été évidemment annulés. Comment vous avez vécu cette période en tant qu'artiste ?

46:25
Invité

C'était un peu schizophrène. Je travaille de plus en plus pour les musiques de films ou de séries. J'ai eu beaucoup de travail et j'ai réussi à effectuer le travail de commande, le travail avec les réalisateurs, les monteurs. Mais par contre, en tant qu'artiste, en tant que Jouksek, pour parler de moi à la troisième personne, je n'ai vraiment eu absolument aucune inspiration. Je n'ai quasiment pas fait de musique en 18 mois. Je n'avais vraiment aucune forme d'inspiration et puis je l'avoue que j'étais dans une situation de stress et un peu de peur comme beaucoup de gens. Je ne vais pas mentir.

47:08
Présentateur

On en parlait ce matin dans la revue de presse de Jean-Philippe Ballast, de la revue de presse de France Inter ce matin. Il y a eu une aura à l'étranger de la scène électro quand les Daft Punk jouaient. Beyoncé est dans la salle. Laurent Garnier, qui depuis plus de 30 ans fait rayonner l'électronique français, a reçu la Légion d'honneur. Vous-même, Jouksek, vous êtes décoré des arts et des lettres. Je crois d'ailleurs que vous vous en êtes rendu compte un peu fortement. Vous aviez oublié de regarder dans la boîte aux lettres et vous aviez reçu la décoration dans la boîte aux lettres.

47:37
Invité

Oui, c'est un peu plus compliqué que ça. Disons que c'est arrivé chez un de mes agents et que le courrier a été enfoui dans un tiroir pendant deux ans, effectivement. En tout cas,

47:46
Présentateur

il y a une reconnaissance officielle et qui, en même temps, me semble-t-il, est un peu masquée par le fait qu'on continue à marginaliser cette musique électronique.

47:58
Invité

Marginaliser, je pense que c'est un grand mot quand même. Marginaliser avec un petit M.

48:03
Présentateur

Pardon ? Marginaliser avec un petit M.

48:06
Invité

Oui, un tout petit. Non, mais vous n'êtes pas d'accord avec ça ? Je pense que ça a beaucoup évolué. Après, effectivement, de la part des pouvoirs publics, je pense que ces derniers mois, un peu la répression des rêves parties, ce truc hyper violent de casser le matériel pour les gens dehors, voilà, là, il y a eu une espèce de violence. On avait l'impression d'un seul coup de revenir 25 ans en arrière. C'était un peu étonnant de voir ces images.

Je ne pense pas que c'était vraiment nécessaire, mais globalement, dans la société, non, je pense qu'on est maintenant dans une forme de musique qui n'est plus du tout underground, qui comporte encore, évidemment, des mouvements underground, des niches, mais dans sa globalité, la musique électronique est un mouvement populaire.

48:45
Présentateur

C'est vrai qu'on peut s'interroger, Emmanuel Lallement, sur la gestion de ces rêves parties, alors évidemment interdites, illégales, mais qui ont été traitées, finalement, par les forces de l'ordre, comme des manifestations.

48:56
Invité

Oui, c'est vrai que ce caractère très politique qui a été donné à ces free parties, à ces rêves parties, surtout dans ces moments d'interdits, c'est assez intéressant parce qu'on voit effectivement que le même traitement a été fait de manifestations, je dirais, de la part à la fois.

49:13
Présentateur

Ah, Emmanuel Lallement, je crois qu'on vous a perdu. Écoutez, on va essayer de rétablir la liaison avec vous. Sur cette question, Simon Boisson, vous qui êtes co-gérant du Warehouse à Nantes, un club électro, sur cette question, justement, des rêves parties, de la façon dont on continue de jeter un regard plutôt réprobateur sur ces faits qui, encore une fois, ont un caractère parfaitement illégal.

49:40
Invité

Oui, ça me permet de revenir aussi sur la question de l'auditeur, sur cette concurrence entre nos établissements et les rêves parties. Aujourd'hui, c'est l'inverse, c'est-à-dire que c'est un écosystème, la musique électronique, c'est un écosystème, la culture, et il y a un ensemble d'acteurs qui font que l'écosystème grossit et devient important et génère de la création, génère de la culture. Et les rêves parties en font partie depuis toujours. Enfin, je veux dire, c'est quand même un des lieux où sont nés des Laurent Garnier, des Manu le Malin, enfin, c'est des acteurs très importants de la scène.

C'est un lieu où des gens vont écouter de la musique d'une manière différente, parce qu'ils viennent avant tout faire quelque chose de culture. Il y a quand même la rêve partie, par son essence, c'est quand même un lieu où on diffuse de la musique et on vient écouter des artistes. Au-delà de la fête extérieure, c'est le côté free, mais au-delà de ça, c'est quand même la culture à la base. Donc, c'est bien une action culturelle qui a lieu. Et les actions culturelles, ça donne envie aux gens d'écouter plus de culture, d'en connaître plus et donc d'être plus au contact.

Donc, ça amène des gens finalement dans nos établissements, les clubs culture, tout comme ça amène des gens dans des SMAC ou dans des élites. Et ça, pour moi, c'est une évidence. Donc, il n'y a pas de concurrence, en tout cas, entre ces lieux.

50:48
Présentateur

Et il y a même une continuité.

50:49
Invité

Et il y a même une continuité. Il y a même un lien direct tout comme on reçoit parfois des associations qui organisent des rêves dans nos établissements avec leurs artistes, etc. Enfin, leurs clients, il y a vraiment une connexion. Et c'est la même chose, je le dis, avec un Zénith ou avec une SMAC. On fait exactement le même métier d'ailleurs qu'un SMAC ou un Zénith dans un club culture. C'est le même travail.

51:11
Présentateur

Youkseg, je vous entends approuver les propos de Simon Boisson.

51:14
Invité

Oui, justement, je voulais rebondir sur ce truc, sur le message de l'éditeur. Je suis complètement d'accord. Et puis, pour le coup, sur ma génération, moi, c'est pareil. Quand j'avais 17 ans, j'organisais des fêtes clandestines dans les bois autour de Reims. On vient tous de ça. Et on a tous évolué. Et on avait envie à la fois d'aller écouter... Enfin, je veux dire, j'allais à la fois écouter Garnier au Rex sur la fin des soirées Wake Up et en même temps, j'aimais aller faire une fête dans les bois parce que c'était plus marrant et un peu plus libre, un peu plus fou, tout ça. Mais c'est totalement complémentaire et c'est absolument pas concurrentiel.

51:50
Présentateur

Et aujourd'hui, vous voilà décoré par le ministère de la Culture, chevalier des Arts et des Lettres. Oui, bah oui. Comme quoi, ça mène à tout. C'est ça que vous voulez nous dire ? Voilà, c'est ça.

51:59
Invité

Emmanuel ? C'est un long cheminement quand même parce que pour moi, c'est presque 20 ans de carrière, comme on dit.

52:06
Présentateur

Emmanuel, l'Allemand, on a perdu la liaison tout à l'heure. Vous étiez en plein milieu d'une phrase.

52:12
Invité

Oui, je parlais du traitement politique qui a été fait et de cette parallèle qu'on a fait ces derniers temps sur manifestation et fête où on voit en effet que certaines fêtes se sont un peu comportées comme des manifestations avec au départ quelque chose d'assez bon enfant puis finalement après quelque chose qui se dégrade et puis du côté des forces de l'ordre évidemment aussi ce caractère effectivement de traiter des fêtards un peu comme des manifestants politiques et donc de vouloir non seulement les disperser mais quelquefois aussi de détruire le matériel de cette culture qui était à l'œuvre.

Mais je dirais que c'est aussi très emblématique de ce qu'on peut observer sur la fête et qui montre le caractère toujours ambivalent de cela c'est-à-dire à la fois l'horizon d'une trop grande institutionnalisation de la fête qui fait qu'elle ne serait plus la fête et de l'autre une trop grande marginalisation de la fête qui fait qu'elle serait toujours repoussée dans les marges et donc de toute façon encore plus considérée comme clandestine interdite dangereuse et irresponsable.

Et c'est vrai que ces deux horizons-là et bien la réalité de la fête elle est souvent entre les deux et quand tout un chacun fait la fête c'est-à-dire développe, déploie ce phénomène festif qui est intrinsèque à nos vies sociales on voit qu'on est effectivement loin à la réalité de la fête c'est autre chose aussi.

53:25
Présentateur

Vous distinguez d'ailleurs ce que vous appelez le fêtard d'un côté et la fête de l'autre.

53:29
Invité

Alors non c'est surtout que dans les représentations il y a cette image du fêtard qui est une image qui effectivement charrie beaucoup d'imaginaire sur quelqu'un qui serait effectivement plus du côté de la répervation et de la nuit et la fête qui pourrait être presque une fête officielle une fête religieuse une fête traditionnelle une fête familiale et c'est vrai peut-être qu'entre les deux ça a été la trame de ce qui a caractérisé notre période entre l'essentiel et le non-essentiel le légitime et le moins légitime les fêtes considérées comme légitimes comme l'ont été les fêtes plutôt familiales de la fin d'année 2020 et puis des fêtes qui seraient considérées comme plus inutiles moins essentielles et du coup moins légitimes comme ce serait celle des jeunes et c'est vrai qu'au travers de ça c'est aussi la trame de ce qu'est la culture qu'est-ce qu'on considère comme étant légitime dans la culture quelles seraient les formes qui seraient plus légitimes que d'autres et on voit à quel point effectivement cette manière de voir les choses peut-être d'une sorte de violence symbolique à l'égard d'un certain nombre de communautés et de populations

54:30
Présentateur

Merci à tous les quatre d'avoir été en direct aujourd'hui et on en a parlé au cours de l'émission vous pourrez entendre la musique de Laurent Garnier tout à l'heure à 15h dans Haute Fidélité l'émission d'Aline Afanoukoué le débat de midi c'est fini pour aujourd'hui mais on se retrouve lundi et on se demandera si la politique peut encore changer la vie on attend déjà vos commentaires et vos réactions sur le site ou bien l'appli de France Inter Sous-titrage ST' 501