"Il va falloir des ruptures" : le premier discours de Sébastien Lecornu à Matignon
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Messieurs les ministres, mesdames, messieurs, je ne vais pas faire de grand discours puisque cette instabilité et la crise politique et parlementaire que nous connaissons commandent à l'humilité et à la sobriété. Je remercie évidemment le président de la République pour sa confiance, mais je veux surtout non seulement vous remercier pour cette aide que vous me proposez et que je ne refuse pas et pour cause. Et surtout, je veux saluer l'extraordinaire courage avec lequel vous avez défendu vos intimes convictions de militants et de citoyens jusqu'à cette dernière minute à Matignon. Et je crois moi aussi à une forme de justice qui fait qu'un jour tout cela sera reconnu.
Et je le dis comme étant aussi votre cadet, monsieur le Premier ministre. La deuxième des choses, c'est dire aux Françaises et aux Français qu'on va y arriver. Parce qu'au fond, vous venez de le dire, il n'y a pas de chemin impossible. Il faut qu'on arrive à mettre fin au fond à ce double décalage, le décalage entre la situation politique et le décalage avec ce qu'attendent légitimement nos concitoyens et nos concitoyens pour leur vie quotidienne, pour la situation économique et sociale, leur sécurité. Bref, ce pourquoi évidemment nous sommes missionnés.
Et ce décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle devient préoccupante et pas que pour celles et ceux qui gouvernent, pardonnez-moi, mais pour l'ensemble de la classe politique dans son intégralité. Et puis comme ministre des Armées, sortant ce décalage entre la vie politique intérieure et la géopolitique globale, on l'a encore vu ces dernières heures, on ne pourra pas continuer ce décalage éternellement parce qu'évidemment, il nous rattrapera. Alors pour cela, il va falloir aussi changer, être sûrement plus créatif, parfois plus technique, plus sérieux dans la manière de travailler avec nos oppositions.
J'aurai l'occasion d'y revenir, on vient d'en parler très longuement tous les deux. Mais je le dis aussi, il va falloir des ruptures. Et pas que sur la forme. Et pas que dans la méthode. Pas des ruptures aussi sur le fond. Pas de grand discours. Dès cet après-midi, je vais recevoir les premières forces politiques. Dans les tout prochains jours, les forces politiques et les forces syndicales. Et j'aurai l'occasion de m'exprimer prochainement devant les Françaises et les Français. Monsieur le Premier ministre, cher François, merci. Merci.
Sébastien Lecornu