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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 2 juillet 2026 39 min

Existe-t-il encore des raisons d’aimer l’Amérique ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Je dis toujours que l'Amérique, quand j'y suis, je la critique et quand j'en parle, je la défends. Je ne sais plus très bien à qui j'ai piqué cette phrase, mais qui colle très bien à notre relation ambigüe, à ce pays qu'on n'arrive jamais à détester tout à fait, ni à aimer complètement. Mais puisque c'est leur anniversaire à ces Etats-Unis et que c'est aussi notre dernière émission de la saison, je me suis dit qu'on pouvait faire l'effort de nous interroger sur ce qu'on aime dans ce pays, ce qu'on aime toujours, envers et contre tout.

Alors j'ai fait un petit tour dans notre équipe et on aime les parcs naturels, le bruit des sidérènes à New York, la NBA, le sport, le foot féminin, les groupes de rock de Philadelphie, le musée Kurt Cobain à Seattle. On aime la démocratie pensée par Thomas Jefferson, Lafayette Square en face de la Maison Blanche, HBO, Beyoncé, le small talk dans l'ascenseur, l'odeur de la cannelle à Noël. On aime le pragmatisme, l'inventivité, l'esprit d'entreprise, LA, le New York Times, les unes du New Yorker, le storytelling dans les podcasts.

Alors vous avez le droit de faire une liste, vous aussi, et aussi de critiquer la nôtre en disant « Ouais, vous êtes gentil, mais ça, c'est tout des clichés, c'est une Amérique fantasmée ». Eh ben peut-être, mais c'est justement ce que les Etats-Unis savaient renvoyer, leur image projetée. C'est pour ça qu'on est passé avec eux quand même à travers toutes les tempêtes sans dommages irrémédiables. Est-ce que c'est encore le cas ? Et mieux encore, est-ce que je peux aimer SpaceX sans aimer Musk ? Est-ce que je peux célébrer la naissance des réseaux sociaux sans aimer Zuckerberg ? Est-ce que je peux aimer Claire et Frank Underwood sans aimer Netflix ?

Est-ce que je peux aimer le Frappuccino sans aimer Starbucks ? Est-ce que je peux aimer Mission Impossible sans aimer Hollywood ? Est-ce qu'on peut aimer l'Amérique malgré Trump ? Est-ce qu'on peut aimer l'Amérique malgré l'Amérique ? C'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus.

1:42
Auditeur

Le téléphone sonne, 01-45-24-7000

1:46
Présentateur

Sandrine, vous êtes la première et vous êtes la bienvenue, bonsoir.

1:50
Invité

Bonsoir Fabienne, écoutez merci de prendre mon témoignage.

Donc moi je suis arrivée en 1990 à New York, j'avais 20 ans, je venais faire 6 mois d'études et j'ai pris la plus grosse claque de ma vie, je crois que ça a été un moment fondateur dans ma vie de découvrir cette ville qui était déjà une ville monde et puis voilà, de déambuler dans les rues, je vivais à Greenwich Village, on allait dans les bars, écoutait du jazz, il y avait encore à l'époque les boîtes de nuit sur les quais de l'East River, les boîtes de nuit un peu louches et puis pour moi ça a été la grande découverte de l'art avec le Métropolitane, ces soirées musicales avec des petites formations qui faisaient de la musique live dans le grand hall d'entrée du Mét, le MoMA évidemment et puis voilà, et puis des choses aussi comme le quartier des affaires parce qu'il se trouve que moi mon école elle était au pied des tours donc autant vous dire qu'en 2001 j'ai pris une autre claque et voilà, et c'est vraiment, je sais que les Etats-Unis ont changé, je suis retournée à New York, j'y suis retournée la dernière fois, ça devait être en 2014 mais j'ai quand même retrouvé cette espèce de vibration et puis je suis allée ailleurs aux Etats-Unis aussi, je suis allée dans le Michigan, je suis allée dans le Montana, je suis allée dans le Wyoming donc dans des endroits où il y a plus de terroir Voilà exactement, j'ai fait en particulier Yellowstone et dans le Michigan j'étais dans une famille quand j'étais un petit peu plus jeune avant d'aller à New York et je dirais que je n'ai pas envie de réduire les Etats-Unis à ce que Trump en donne à voir en fait j'ai envie de garder quand même cette espèce de liberté, oui de sensation, de quelque chose, d'un élan vital que moi j'ai vraiment ressenti alors c'est vrai qu'à l'époque j'avais 20 ans

3:57
Présentateur

C'est ça, j'allais vous demander en fait si vous étiez nostalgique de ce New York ou nostalgique de vos 20 ans, Sandrine, non ? Il doit y avoir un peu des deux

4:03
Invité

Alors certainement un peu des deux mais voilà j'y suis retournée donc en 2014 j'avais plus 20 ans, j'avais 44 ans et j'ai eu tout autant de plaisir c'était différent mais voilà alors après New York, ce que disent beaucoup les Américains New York c'est pas les Etats-Unis mais même dans les autres parties des Etats-Unis où je suis allée j'ai quand même ressenti des choses et je crois que vraiment ce qui me marque le plus c'est la sensation de liberté les espaces, voilà

4:34
Présentateur

Eh bien merci beaucoup Sandrine merci pour ces jolis souvenirs et il y a beaucoup de choses dans ce que vous nous avez dit qui vont nous permettre d'entamer cette conversation autour de la table pour parler ensemble il y a Romuald de Ciora, bonsoir Bonsoir Vous êtes essayiste, vous êtes franco-américain ça ne s'entend pas, je voudrais le dire aux gens qui nous écoutent directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis de l'IRIS vous avez écrit notamment America 250, une histoire graphique des Etats-Unis aux éditions Point Nemo il y a Yves Bigaud qui est là également, bonsoir

4:59
Invité

Bonsoir Fabienne

5:00
Présentateur

Vous êtes journaliste, producteur, ancien directeur de TV5Monde chroniqueur au magazine Rolling Stone dont le numéro d'été est un spécial Américas On est tous un peu Sandrine en fait, je pense est-ce que, et j'ai envie de dire, est-ce que c'est vraiment grave est-ce que ce qu'on aime aussi et surtout et ce qu'on veut garder c'est une Amérique fantasmée, Yves Bigaud ?

5:18
Invité

Oui bien sûr, c'est l'Amérique que beaucoup ont découvert à travers les films d'Hollywood à travers Autant N'importe le Vent à travers Johnny Hallyday même parce qu'il l'incarnait Il y avait une Amérique fantasmée pour le coup Exactement, mais il incarnait cette liberté cette modernité absolument incroyable Oui, on est devenu des homo-americanus ou des galoricains comme disait Régis Debré La culture de la France, de ma génération c'est une culture qui est complètement américaine Alors, on est des bi Bien sûr, on a notre culture à nous notre culture française celle de l'éducation nationale et puis de notre vie mais on a la culture celle qui nous attire Vous savez, soft power, moi je ne le traduis que par pouvoir de séduction

6:03
Présentateur

Alors, on va se demander d'ailleurs s'il en reste justement du soft power et du pouvoir de séduction Romuald de Siora, il y a une phrase qui m'a frappée dans ce que dit Sandrine Elle a parlé de l'élan vital Est-ce que ça existe encore ? Aujourd'hui, les Etats-Unis qui étaient presque définis par ça L'élan vital Au fond, c'est toute leur histoire S'il n'y avait pas eu le Pacifique ils seraient probablement allés plus loin Donc, est-ce que l'élan vital ça existe encore ?

6:25
Invité

Oui Mais celui-ci a décliné comme le reste du fantasme américain On parlait de fantasme Le fantasme américain est réel mais on l'aime comme on aime le fantasme que l'on peut avoir de quelqu'un Quand vous rencontrez quand vous tombez amoureux c'est d'une image d'abord Et cette image fait partie intrinsèquement de la personne avec qui vous allez peut-être vivre et vous accompagnera tout au long de cette relation Mais néanmoins après quelques semaines quelques mois quelques années on découvre quelque chose d'autre derrière le fantasme Et l'Amérique qui a effectivement bénéficié dès le départ de cet élan vital c'est aussi autre chose ce que l'on appelle la liberté américaine Oui, il y a cette liberté mais c'est aussi une liberté cruelle la liberté d'avoir le système d'éducation le plus inégalitaire des pays de l'OCDE de n'avoir aucun système de sécurité sociale Une couverture santé déplorable Je suis franco-américain je vis aux Etats-Unis je paye 2000 dollars d'assurance santé par mois des emplois 12-13 heures de travail par jour pas de sécurité de garder votre boulot un jour de congé par semaine pas de congé payé donc oui il y a une forme de liberté mais les Américains sont et depuis longtemps et de plus en plus prisonniers justement des excès que cette liberté a pu produire sur la société et la politique américaine

7:51
Présentateur

Après moi ce qui m'interroge dans l'Amérique d'aujourd'hui c'est que je le disais tout à l'heure en introduction des hauts et des bas il y en a eu et des détestations il y en a eu l'ultra-libéralisme l'ultra-capitalisme si on va on est dans les années Reagan si on va un peu avant les guerres pendant les années 60 parce que les années 60 ce n'était pas que les manifs 68 etc il y a eu la détestation de cette guerre du Vietnam il y a même eu la période George Bush mais on a l'impression que tout ça on l'a surmonté et on l'a surmonté finalement assez facilement comment se fait-il qu'on n'arrive pas à surmonter ce qui se passe là est-ce que notre crainte c'est pour ça qu'on ne le surmonte pas c'est qu'on est en train de leur ressembler

8:29
Invité

Yves Bigot Trump passera comme tout le monde passe vous savez c'est quelques mauvaises années à vivre vous pensez

8:38
Présentateur

vous êtes un optimiste bravo

8:39
Invité

non je ne suis pas optimiste mais vous savez déjà la démocratie américaine qui est la nôtre c'est eux qui ont inventé la démocratie pour le monde entier et y compris je veux dire la déclaration de l'indépendance c'est le plus beau texte jamais écrit en anglais qui n'a pas été signé par Shakespeare ou par Bob Dylan c'est remarquable on s'en est inspiré c'est ce qui a déclenché la révolution française donc on leur doit ces choses là et les américains c'est un miracle ce qu'ils ont réussi à faire ça a failli échouer d'ailleurs sans cesse tous les trois mois cette démocratie elle menaçait de tomber celle des 13 états fondateurs sur la côte est il y a une espèce de force absolument incroyable parce que oui Trump c'est épouvantable oui la politique géostratégique américaine en ce moment c'est absolument horrible la manière dont Lice traite encore là ces jours-ci les citoyens américains parce qu'il n'y a pas uniquement que les sans-papiers qui virent ils virent même des citoyens américains alors qu'ils réussissent péniblement à revenir par la suite mais il y a une espèce de vitalité incroyable en raison de cette liberté alors qu'il y a une liberté complexe je suis d'accord avec Romuald pour beaucoup c'est la liberté de choisir en fait parmi tout ce qu'on veut ou tout ce qu'on peut consommer mais il y a cette incroyable vitalité d'entreprendre quand on pense qu'il pourrait y avoir une forme de déclin américain alors il y a un déclin de la popularité américaine dans le monde ça c'est c'est récent et c'est extrêmement clair mais en même temps la Californie a elle seule et la quatrième économie mondiale la force de la big tech et de la Silicon Valley c'est quelque chose d'absolument énorme et qui ne va cesser de progresser avec l'intelligence artificielle

10:30
Présentateur

alors justement je vais vous poser la question que je posais tout à l'heure est-ce qu'on peut aimer ce que dit Ibigo est-ce qu'on peut aimer par exemple la tech les big tech enfin en tout cas ce qu'ils produisent ce qu'ils ont inventé ce qu'ils ont sorti de terre les premiers sans aimer Elon Musk sans aimer Sam Altman etc

10:45
Invité

oui bien évidemment vous pouvez apprécier l'oeuvre d'un artiste sans apprécier l'homme ou la femme qui est derrière l'oeuvre on ne sépare pas toujours

10:54
Présentateur

l'homme de l'artiste vous savez

10:55
Invité

non parfois on devrait en tout cas on ne devrait pas quand c'est quelque chose qui peut remettre en question la manière dont notre société doit fonctionner mais nous personnellement on peut avouer être sensible à une oeuvre même si on apprécie pas la personne mais pour revenir sur ce que dit Isaïe et votre question je suis moi beaucoup plus pessimiste les américains aujourd'hui dans leur grande majorité ne croient plus au credo américain n'oublions pas que l'Amérique ce n'est pas une nation au sens de la France de l'Italie même qui pourtant un état récent c'est un peuple qui s'est construit autour justement d'un credo un credo incarné par cette formidable constitution effectivement c'était un miracle et n'oublions jamais ce que l'on doit à l'Amérique on lui doit de pouvoir ce soir parler librement je lui dois de pouvoir critiquer mon président et de rentrer dans quelques jours à New York sans être arrêté du moins pour l'instant donc malheureusement ce credo aujourd'hui ne fonctionne plus la censure sociale est en panne les américains vivent dans une très grande précarité que ce soit la classe moyenne les petites classes moyennes sans parler des classes populisées et pour le reste non je ne crois pas que cela passera Trump passera évidemment Trump ce n'est pas grand chose mais nous sommes en train d'assister à l'émergence depuis maintenant 30 ans d'une vague réactionnaire sans pareil en Occident depuis très longtemps une vague qui a commencé à émerger dans les années 90 qui s'est poursuivie dans les années 2000 et qui a atteint aujourd'hui un apnée avec le retour de Trump un Trump accompagné cette fois-ci de l'extrême droite américaine qui est enfin arrivé au pouvoir et qui n'est pas prêt de le lâcher

12:29
Présentateur

ce qui n'était pas le cas effectivement la première fois Mathieu est avec nous il paraît que vous êtes sorti de l'autoroute pour nous Mathieu merci beaucoup

12:35
Auditeur

absolument il n'y a pas de quoi merci à vous Fabienne pour tout ce que vous faites et merci à vos invités on vous écoute Mathieu alors du coup vous demandez qu'est-ce qu'il y a de bon de garder les Etats-Unis après aussi longtemps moi je le dirais en trois parties la première chose ce sont les gens ça fait dix ans que je travaille pour une société américaine et même avec ma mentalité très française ce sont malgré tout des gens ouverts qui aiment beaucoup la France et avec qui on peut échanger sur plein de sujets y compris la politique et je ramène un peu à High School Radical ce reportage de Arte et leur président a beau leur faire beaucoup de mal je trouve qu'ils sont quand même très ouverts le deuxième point c'est ce pays qui est si immense et si magnifique dans sa diversité ça reste un endroit qui est incroyable à visiter et où que ce soit et enfin je voulais dire que le rêve américain existait encore on peut s'installer plus facilement là-bas ils ouvrent plus facilement et financièrement c'est plus intéressant et enfin il y a encore une question vous voyez j'ai une connaissance qui vient de la Seine-Saint-Denis et qui s'est installé là-bas et il dit qu'en France il n'aurait jamais eu ses facilités et il est très heureux en Californie

13:48
Présentateur

merci beaucoup Mathieu pour votre témoignage c'est pour vous Yves Bigot ça va on ne l'avait pas fait exprès mais on a l'optimisme l'optimiste et le pessimiste monsieur l'optimiste on est heureux du message de Mathieu

13:59
Invité

oui parce que je pense le pays ouvert

14:01
Présentateur

le pays immense le pays qui se visite le rêve américain qui existe encore surtout

14:05
Invité

alors il n'existe pas pour tout le monde bien entendu mais oui il existe alors les paysages il évoque ça c'est un pays absolument incroyable alors il faut inclure le Canada d'ailleurs dans ces horizons incroyables où vous voyez le ciel vous voyez le ciel qui fera après-demain d'un côté et vous tournez de l'autre côté vous voyez le temps qu'il faisait il y a deux jours donc c'est absolument fantastique la première auditrice parlait du Montana le Montana c'est

14:32
Présentateur

c'est sublime tous les rangers du parc n'ont pas été virés par le doge au début du mandat de Donald Trump d'ailleurs il parle de l'ouverture et c'est marrant parce que on a un message de Caroline sur Whatsapp et qui dit que ce qu'elle aime attendez il faut vraiment que je trouve mes lunettes parce que je ne vois plus rien voilà elles sont là et qui dit non mais vraiment c'est terrible hop attendez je vous le fais en direct voilà et qui dit ce que j'aime par-dessus tout aux Etats-Unis c'est que les inconnus vous appellent love et darling la caissière quand je fais mes courses me donne l'impression qu'on a grandi ensemble c'est éphémère mais on a quand même l'impression d'avoir plein d'amis partout

15:03
Invité

alors ça c'est très superficiel ça c'est la superficialité

15:07
Présentateur

c'est totalement superficiel le small talk c'est parfaitement superficiel

15:10
Invité

mais c'est agréable

15:11
Présentateur

mais oui c'est agréable et nous on l'a pas et quand je dis nous nous les français les européens d'une manière générale

15:18
Invité

les parisiens en particulier peut-être

15:20
Présentateur

et c'est peut-être pour ça en fait qu'on a toujours du mal à les détester tout à fait ces américains Romuald si il y aura je ne sais pas si ça vous arrive de croiser y compris des gens qui pensent absolument pas comme vous quand vous vous promenez dans votre pays mais on peut quand même avoir une discussion avec un trumpiste quelque part si on la veut dans ce pays non vous ne croyez pas ?

15:38
Invité

c'est un pays extrêmement chaleureux je vis dans le seul quartier MAGA de New York il faut le faire je suis inscrit comme démocrate mais croyez-moi mais d'où viennent ces personnes ?

c'est dans le sud de Brooklyn c'est un quartier qui a été toujours très républicain qui s'est magasisé MAGA je ne sais pas comment vous pourriez dire vous m'avez compris et qu'on a des posters des affiches de Trump sur les buildings à tous les coins de rue et l'autre jour pour l'anniversaire de Trump il y a même eu dans ma rue mon épouse m'a envoyé des selfies enfin des photos plutôt un dîner des voisins une fête des voisins où les gens se sont réunis pour célébrer l'anniversaire de notre empereur d'Amérique et mon épouse s'est trouvée obligée d'aller partager le pain et le vin avec nos charmants voisins oui il y a une véritable conviabilité quand je vais voter je suis inscrit comme démocrate on me tape sur l'épaule on plaisante c'est superficiel bien sûr mais il y a un sens de la communauté ça compte quand même et une impression d'appartenir à quelque chose c'est ce qui fait aussi et c'est ce qui a toujours fait la grandeur de l'Amérique je reviens sur ce que disait Mathieu il a tout à fait raison mais probablement son ami travaille dans un cadre privilégié quand on a la chance de travailler dans les meilleures universités hôpitaux c'est très différent mais croyez-moi je ne vais pas ici donner les détails mais même un couple de la classe moyenne qui gagne correctement sa vie à New York ne s'en sort pas immigrer aux Etats-Unis aujourd'hui pour un citoyen européen bien sûr c'est très facile tant est que vous puissiez obtenir des papiers mais bien sûr qu'on peut ouvrir son entreprise en quelques heures bien évidemment mais la vie est tellement dure que beaucoup beaucoup d'immigrés européens retournent au pays plus vite que l'on aurait pu le penser

17:18
Présentateur

vous avez prononcé le mot de communauté c'est vrai que les communautés sont très importantes aux Etats-Unis on en parle facilement les communautés ont commencé autour des églises puisqu'il y a évidemment beaucoup d'églises et puis moi je l'ai vu de mes yeux quand après Katrina les maisons étaient détruites ce sont les communautés le plus souvent qui ont reconstruit leur maison et partout dans ces lieux comme ça mais est-ce que communauté ce qui est assez charmant et parle de solidarité ça ne veut pas surtout dire absence de l'Etat donc on est bien obligé de se débrouiller entre nous

17:48
Invité

bien évidemment c'est quand on voit que ce sont les églises qui effectivement supportent les habitants après des catastrophes ou qui aident dans la plupart des Etats les personnes sans emploi ou les enfants qui n'ont pas de quoi manger le soir oui bien évidemment ça apporte une forme d'espoir il y a une chaleur humaine mais tout cela est juste la résultante d'un manque de présence de l'Etat oui puis c'est compliqué les Etats-Unis parce qu'encore une fois c'est une union et les Etats les 50 Etats ont beaucoup beaucoup de pouvoir par rapport au gouvernement fédéral et très souvent d'ailleurs les problèmes alors on le voit notamment en ce moment entre le gouvernement fédéral trumpiste et la Californie qui est le foyer de résistance numéro un on voit bien tout est bloqué parce que chacun explique que c'est le fédéral qui doit payer et le fédéral explique que pas du tout c'est l'Etat de Californie qui doit payer donc ça bloque énormément de projets notamment pour les Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles

18:49
Présentateur

voici Gina qui nous attend bonsoir Gina oui bonsoir soyez la bienvenue on vous écoute Gina

18:57
Auditeur

oui non je suis très très heureuse du sujet d'entendre tout ça je rentre après une dure journée au travail je suis américaine j'habite en France depuis 40 ans je suis arrivée étudiante en 1986 et en fait j'ai vécu toutes ces périodes beaucoup de changements en France beaucoup de changements aux Etats-Unis je suis horripilée personnellement par ce qui se passe dans mon pays de mes sens et la France c'est mon pays d'adoption là aussi en France on a pas mal de hauts et des bas au niveau politique je continue à croire que Trump n'incarne pas les Etats-Unis c'est un homme ce n'est pas les Etats-Unis ça sera des années difficiles mais j'ai foi en cette idée-là qu'en espérant qu'on continue à aimer les Etats-Unis pour tout ce que les Etats-Unis nous apportent au niveau culture au niveau tout ce que j'ai entendu je suis très sensible à cette vous avez bien choisi votre sujet à la veille de fêter les 250 ans

19:53
Présentateur

et dis donc Gina j'ai une curiosité et je vais vous expliquer pourquoi j'ai cette curiosité parce qu'on va avoir Valie dans un instant qui vit comme vous en France depuis 45 ans et qui est quand même rentrée aux Etats-Unis pour les 250 ans et je me demandais si vous aviez eu cette curiosité ou pas du tout c'est-à-dire

20:10
Auditeur

de rentrer

20:11
Présentateur

pour voir ne serait-ce que voir en fait à quoi ça ressemble on n'est pas obligé de rester à Washington sur le mall on peut aussi le célébrer ailleurs donc du coup je me demandais si vous aviez eu cette curiosité moi je me rappelle

20:22
Auditeur

du bicentenaire moi j'ai eu 60 ans c'était ma question je n'osais pas vous demander votre âge oui oui je me rappelle du bicentenaire très bien j'avais 10 ans je suis ukrainienne d'origine donc on avait fêté ça dans le quartier ukrainien enfin ukrainien à New York avec voilà on était tous fiers d'afficher nos origines mais fiers d'être américains aussi ce jour-là et j'ai hésité mais pour des raisons professionnelles et personnelles moi je rentre aux Etats-Unis mais fin juillet

20:50
Présentateur

ok j'entends votre hésitation et j'aime bien cette hésitation bonsoir Vali est-ce que vous êtes là ? oui je suis là formidable vous arrivez pile dans la conversation Vali on est heureux de vous avoir avec nous France Inter évidemment Vali se souvient encore de vos émissions et vous qui vivez donc en France depuis extrêmement longtemps vous avez voulu retourner pour les 250 ans pour voir à quoi ça ressemble c'est ça l'idée ou pas ?

21:13
Auditeur

en fait je suis revenue aussi parce que ma famille est ici mais je voulais être là parce que je me souviens des Etats-Unis avec les hauts et les bas évidemment avec leur tout le monde est créé égaux égales et puis liberté et justice pour tous je sais qu'on avait une période sombre depuis que je suis née mais j'avais envie d'être là avec ma famille et être sur l'Atlantique etc j'avais envie d'être là même si beaucoup de gens dans mon entourage disent j'ai pas envie de fêter cette année mais il faut pas laisser Trump prendre tout pour lui et essayer de garder un minimum d'esprit de patriotisme je sais pas si c'est le mot

21:56
Présentateur

mais juste là quoi et bah je trouve ça intéressant que même justement vous qui dites il faut pas tout laisser à Trump parliez d'esprit patriotique je me demandais Vali quelle Amérique vous allez chercher quand vous rentrez chez vous ?

22:07
Auditeur

bah je cherche évidemment les trucs même si tout le monde crache sur la cuisine américaine moi j'ai fonché les diners pour manger les BLT les bacon, lettuce and tomato sandwiches les gros sandwiches salade de thon et puis juste retrouver un ADN que je retrouve ici je suis dans le Rhode Island qui fait partie des premières colonies américaines et c'est vraiment mon ADN donc je cherche ça j'ai envie de les odeurs les choses toutes bêtes mais j'avais envie d'être là

22:42
Présentateur

voilà tout à l'heure moi je parlais des odeurs de cannelle à Noël c'est probablement le truc olfactif le plus génial moi je trouve aux Etats-Unis en tout cas Vali est-ce que on voit bien comment il les célèbre ces 250 ans Trump mais est-ce que vous la franco-américaine je poserai la question à Romuald aussi dans un instant est-ce que vous avez un moment imaginé pensé espéré souhaité que les 250 ans soient l'occasion au moins de se rassembler de se retrouver est-ce que vous avez cru à ça ou ça ne vous a même pas traversé l'esprit ?

23:09
Auditeur

bah je sais pas le rassemblement c'est tellement polarisé et puis votre émission me fait penser à une émission que j'avais faite sur France Inter l'été 2008 qui s'appelait I love USA moi non plus et donc on a toujours même moi maintenant on sait pas si on aime l'Amérique ou la déteste mais je pense depuis 45 ans j'ai toujours senti ça avec toute la culture entre les vêtements le cinéma la musique les voitures qu'on adore les Etats-Unis il y a toujours cette espèce de quelque chose de sous-jacent anti-américanisme et ça j'ai toujours vécu en France quelque part mais rassembler je pense que ça va être autour du Weber kettle pour un barbecue avec la famille parce que je je sens pas un rassemblement honnêtement pour dire la vérité mais aussi on évite beaucoup dans la famille on mentionne pas j'ai l'impression même chez vous même chez vous on n'en parle pas on est tous sur la même page ça c'est déjà énorme parce qu'il y a des familles qui se déchirent nous nous sommes tous sur la même page

24:12
Présentateur

par rapport à ça mais dites-moi quand même alors puisque cette émission essaye de se demander ce qu'on garde de l'Amérique on peut pas acheter 250 ans toute à la poubelle vous Valie avec votre double nationalité votre double culture vous vous gardez quoi à quel moment vous dites dans votre pays à part effectivement les lettuce sandwich bacon je sais plus quoi ce que vous mettez à l'intérieur voilà vous qu'est-ce que vous gardez en fait et à quel moment vous vous dites ouais mais ça en France on l'a pas

24:41
Auditeur

bah je pense que c'est le pays la géographie quoi c'est un pays tellement magnifique même si je pense que notre président essaie de détruire les parcs nationaux et essaie d'effacer ce qui est bon on parlait de soft power mais juste le fait de la beauté de ce pays j'ai traversé pas mal j'ai habité en Nouveau-Mexique j'ai grandi sur la côte est mais je pense que c'est ça l'Amérique c'est un pays absolument magnifique et ça a l'air un peu cucul de le dire mais c'est vrai que si on a pas voyagé plus que comme certains français c'est New York Miami ou Los Angeles on peut pas comprendre la richesse de ce pays et les différentes cultures parce que oh comment j'ai entendu ça depuis que je suis en France aussi il n'y a pas de culture aux Etats-Unis on a juste 50 états et même s'il y a une culture dans chaque état c'est déjà pas si mal c'est énorme et c'est ça que je garde je garde aussi Yves Bigot dit que c'est superficiel mais agréable les gens friendly et tout le monde est amical mais je trouve qu'on me dit oui c'est difficile après de devenir amie mais moi je veux dire j'ai pris un temps fou pour avoir un vrai ami français aussi donc en France on est moins ouvert vers l'autre dans ce sens là mais c'est aussi difficile de rentrer dans une intimité d'un français qu'aux Etats-Unis

26:05
Présentateur

voilà partout la balle au centre Valier je vous laisse à votre famille à votre Rhode Island et à vos sandwichs merci beaucoup merci c'est un plaisir de vous avoir je peux vous reposer la question Romualt-Siora est-ce que encore une fois on voit bien ce qu'il en a fait on a compris assez vite ce qu'il allait en faire de ses 250 ans Donald Trump dont acte mais est-ce qu'à un moment on a pu espérer dans ce pays à ce moment là parce que c'est quand même quelque chose que cet anniversaire pouvait servir à recommencer à se parler

26:31
Invité

écoutez ce qui vient d'être dit est assez juste j'ai quelques souvenirs j'avais 6 ans pour le 200ème anniversaire je vous avais aux Etats-Unis à ce moment là effectivement vous aviez des magasins qui affichaient les posters des drapeaux vous aviez des jouets pour les enfants là non c'est un anniversaire assez triste effectivement une partie des américains ont le sentiment justifié que Trump s'est approprié cet anniversaire comme vous l'avez dit que l'administration

26:57
Présentateur

pardonnez-moi est-ce que ça veut dire que là dans l'état de l'Amérique aujourd'hui le jour quasiment du 250ème anniversaire si on affiche un calico à sa fenêtre on pourrait être considéré comme un trumpiste

27:07
Invité

et c'est là le problème effectivement une grande partie des américains ont ce sentiment que l'administration s'est appropriée et n'oublions pas qu'elle en profite pour réécrire l'histoire américaine un manuel scolaire etc et donc effectivement beaucoup pensent que si demain ils affichent un drapeau ils donneront l'impression de s'aligner sur l'administration mais là je serais quand même un petit peu plus positif et optimiste un exemple tout simple j'en reviens avec mon quartier Maga et mon épouse mais elle me disait qu'elle avait été invitée par les voisins républicains à célébrer le 250ème anniversaire donc il y a encore cet esprit cet esprit de communauté cet esprit d'être américain et malgré le fait que le pays soit plus polarisé que jamais il y a encore des américains de tous bords qui souhaitent fêter cet anniversaire ensemble

27:48
Présentateur

et votre femme y va à l'invitation donc tout n'est pas perdu Stéphane bonsoir bonsoir on vous écoute

27:54
Auditeur

oui ben écoutez moi je témoignais je voulais témoigner sur les Etats-Unis parce que j'y suis parti à l'âge de 16 ans je ne m'entendais pas avec mes parents et j'ai rejoint ma grand-mère et j'ai fini mon lycée là-bas et j'ai commencé ma fac mais j'ai également travaillé et ce que j'ai adoré avant tout aux Etats-Unis c'est qu'ils m'ont révélé que j'étais français c'est-à-dire que c'est eux qui m'ont fait rendre compte qu'ils étaient fans de notre littérature de notre histoire de notre nourriture de la mode et du coup quand je suis rentré en France 6 ans plus tard j'ai vu mon pays d'une autre façon j'ai adoré le positivisme le fait que tout est possible tout le moins en apparence mais on peut entreprendre alors que quand on arrive en France on a l'impression que tout est impossible avec le poids de la culture et voilà donc voilà mon témoignage par rapport à ce que j'ai vécu là-bas et j'en suis totalement reconnaissant parce que j'ai adoré ce pays pour cela

28:50
Présentateur

Merci merci beaucoup pour ce témoignage Stéphane Yves Vigo tout à l'heure vous parliez de soft power et je me demandais en fait en l'état où nous sommes aujourd'hui si le soft power peut encore sauver les Etats-Unis donc son industrie culturelle ses livres Hollywood mais pas seulement effectivement ou est-ce que on est dans un pays aujourd'hui qui ne cherche plus à se faire aimer qui ne cherche même plus à se faire aimer

29:13
Invité

en fait Alors en même temps Trump rêve d'être aimé par tout le monde de s'auto-attribuer le prix Nobel ou d'inventer des prix ou de s'en faire donner par le président de la FIFA de manière totalement insensée Alors le soft power ce pouvoir de séduction de la culture américaine il marche évidemment à l'étranger il fonctionne toujours à l'étranger qu'on le veuille ou non parce que de toute façon on ne peut pas vivre sans eux tout ce qu'on utilise tous les jours a été inventé la plupart du temps par des américains donc on ne s'en sort pas et puis est-ce qu'on va arrêter de regarder des séries est-ce qu'on va arrêter d'écouter Bruce Springsteen ou Bob Dylan qui va revenir encore en tournée en Europe en octobre

30:00
Présentateur

On a fait un téléphone ensemble sur Bob Dylan Vigo je m'en souviens

30:03
Invité

Mais il a 85 ans maintenant et il a encore changé ses guitaristes cette semaine donc est-ce que en revanche le soft power à l'intérieur des Etats-Unis continue de rendre fiers les américains là aussi c'est très il y a toujours cette notion de divided we fall aux Etats-Unis si on se divise on perd et donc moi l'optimisme que vous soulignez tout à l'heure Fabienne il vient du fait que c'est le yin et le yang et le principe d'action-réaction donc aujourd'hui oui les américains ont sans doute le gouvernement le plus corrompu et le plus unanimement détesté dans le monde de toute leur histoire qui est pourtant une histoire complexe mais il y a évidemment la réaction alors après toute la question c'est à quel moment la réaction n'est pas marginale ou n'est pas en tous les cas minoritaire et à quel moment la réaction à ça redeviendra majoritaire mais en tous les cas on a vu après les deux assassinats de Minneapolis on a vu quand même une mobilisation populaire déjà dans l'état du Minnesota et puis on a vu évidemment Bruce Springsteen débarquer avec Tom Morello avec les artistes américains etc alors encore une fois est-ce que ça sera suffisant et dans combien de temps mais oui de toute façon le principe d'action réaction il a toujours marché il a toujours marché tout mais je suis d'accord avec Romuald le fascisme américain c'est quelque chose qui monte au moins depuis je pense le début des années 60 et Barry Goldwater et qui monte qui monte qui monte et qui donc est arrivé au pouvoir avec Trump 2 parce que le Trump 1 finalement c'était pas terrible mais en fait c'était toujours c'était toujours la constitution américaine il y avait des gardes fous le Trump 1

31:58
Présentateur

avait des gardes fous

31:59
Invité

le magnifique

32:01
Présentateur

il y avait un général pour lui taper sur l'épaule en lui disant non un missile on peut pas Mike Pence

32:05
Invité

comme vice-président si le coup d'état du 6 janvier 2021 a échoué et puis les contre-pouvoirs américains qui sont dans la constitution découlent du texte de Thomas Paine common sense ça fonctionne l'exécutif le législatif le judiciaire ça ne commence à ne pas fonctionner que depuis 18 mois en fait

32:24
Présentateur

et ça fonctionne toujours quand même on n'est pas encore dans une explosion

32:30
Invité

mais effectivement Fabienne Trump vient de subir deux grosses défaites vis-à-vis de la cour suprême

32:35
Présentateur

le 14ème amendement

32:36
Invité

ces derniers jours exactement le remarquable le 14ème amendement le droit du sol et puis il a aussi été reconnu officiellement comme étant un violeur alors la justice ne le poursuivra pas mais il est amené à payer 5 millions de dollars à sa victime à qui il a déjà payé 83 millions de dollars

32:52
Présentateur

il y a quelque chose dans ce qu'a dit Bigot Romuel Sura qui a attiré mon attention l'idée de cette émission c'était de se demander quand même ce qu'on aimait dans ce pays il a parlé de fierté moi je me demandais quand même vous l'américain qu'est-ce qui vous rend encore fier est-ce qu'il faut que vous cherchiez loin ou est-ce que non c'est bon vous pouvez vous baisser ramasser ce qui vous rend fier

33:10
Invité

oui écoutez ce qui me rend fier c'est d'être citoyen d'un pays qui a inventé la démocratie moderne une fois encore qui nous permet aujourd'hui de parler librement comme nous sommes en train de le faire de publier les livres que nous souhaitons publier et de rentrer encore pour l'instant librement aux Etats-Unis donc oui je pense que tout américain doit être fier de cet héritage et puis il y a aussi cet amour de la liberté il y a beaucoup de choses dont un américain peut être fier mais un américain doit aussi être lucide et comprendre la dérive actuelle dans laquelle est son pays et se poser les questions qui sont à être posées aujourd'hui mais c'est le cas non ?

il n'y a quasiment pas de réaction aux Etats-Unis Yves a raison quand il parle du Minnesota etc mais il est selon moi très optimiste c'était malheureusement quelques milliers je dis bien quelques milliers de personnes courageuses les No King Day j'y ai participé évidemment mais c'est quoi 3 millions de personnes à l'échelle des Etats-Unis la population américaine je le répète est très fatiguée elle vit avec des problèmes qu'un européen ne peut même pas concevoir au quotidien et malheureusement je ne vois peu de réaction à l'horizon si ce n'est venant de Californie avec peut-être ce gouverneur Gavin Newsom qui est remarquable

34:31
Présentateur

ce qui m'intrigue toujours dans ce pays c'est que des intellectuels qui se soulèvent ou en tout cas qui viennent exprimer quelque chose je ne suis pas sûre de pouvoir en citer beaucoup qui seraient des figures connues des américains

34:45
Invité

est-ce que c'est très européen

34:47
Présentateur

ou est-ce que ça n'a jamais été le cas ?

34:48
Invité

exactement vous l'avez dit premièrement c'est très européen et essentiellement très français vous n'avez pas eu vraiment d'intellectuel public aux Etats-Unis vous avez eu quelqu'un comme Noam Chomsky mais il était hors du système et il y a aussi autre chose c'est que les universités produisent des intellectuels mais les universités sont très souvent régies par les Etats aujourd'hui encore plus que jamais je travaille avec l'université colombien on a quand même des départements sous tutelle et que la précarité de l'emploi touche également les professeurs d'université et donc beaucoup d'intellectuels de clerc comme l'on dit ont peur parfois de parler un peu trop fort de perdre leur emploi et donc leur assurance santé c'est vrai mais en même temps pardon non je vous en prie les américains ils n'ont pas besoin d'intellectuels ils ont Bob Dylan ils ont Bruce Springsteen ils ont Robert De Niro ils ont Stephen King etc non mais c'est eux qui parlent c'est eux qui prennent la parole c'est eux qui galvanisent mais vous avez tout à fait raison les livres les plus interdits aujourd'hui l'auteur le plus interdit aujourd'hui aux Etats-Unis c'est Stephen King

35:47
Présentateur

oui bien sûr et c'est l'un des plus virulents virulents y compris sur les réseaux sociaux d'ailleurs puisqu'il sait utiliser ça écoutez ce que dit Nathalie sur Whatsapp de père américain et de mère française j'interviens simplement pour dire que l'esprit qui sévit depuis le premier bandade Trump m'a obligé m'ont obligé à renoncer à ma nationalité américaine le consul devant qui j'ai juré vouloir renoncer était sidéré que j'évoque des raisons morales ça vous a jamais traversé l'esprit ça quand même Romuald Siora non mais je peux le comprendre

36:17
Invité

alors attention si quelqu'un comme moi renonçait à sa nationalité il y a aussi un peu de comment j'irais de posture quand on a la chance d'avoir un passeport européen quand même j'ai des amis qui l'ont fait je peux comprendre que la question se pose cela me semble un peu too much mais si on est véritablement politisé si on juge cela d'un point de vue non pas philosophique mais moral je peux comprendre que certaines personnes aillent jusque là pour l'instant ce n'est pas mon cas et je trouve effectivement que cela est peut-être un peu too much

36:52
Présentateur

oui Yves Bigot vous avez pensé à l'inverse vous vous enfin je veux dire vous êtes tellement pétri de cette culture les Dylan les Springsteen je me souviens de vous écouter quand j'étais jeune faire des interviews en très très grande longueur je me souviens de John Bess et autres vous êtes arrivé de remplir la green card par exemple ou pas ? ça vous a titillé cette histoire ?

37:08
Invité

non alors moi j'ai été à deux doigts d'épouser une américaine sans résoudre la question mais vous ne l'avez pas fait

37:18
Présentateur

bonjour de Boston nous dit cet auditeur merci de consacrer c'est une émission à la belle mais complexe Amérique j'y vis depuis plus de 30 ans je me sens toujours très française mais j'aime ici les gens leur diversité leur énergie j'aime la liberté même si effectivement elle est de plus en plus en danger d'accord avec vous Romuald l'a su aussi les paysages magnifiques Trump n'est pas les USA merci de ne pas oublier les français des Etats-Unis et on vous aime ici aussi merci beaucoup à Cécile pour ça on a foultitude de messages qui disent Trump n'est pas les Etats-Unis ne ramenez pas les Etats-Unis à Trump il y a mille autres choses que Trump aux Etats-Unis on ne pourra pas l'oublier Romuald et vous vous le savez

37:55
Invité

bien évidemment que Trump n'est pas les Etats-Unis néanmoins il y a malheureusement une vague ultra radicale qui a pris le pouvoir qui a mené une contre-révolution conservatrice et c'est un genre ces gens sont là pour rester et la démocratie américaine ne se remettra pas de si tôt de cet épisode sauf si l'économie s'effondre sauf si l'économie s'effondre et vous avez tout à fait raison n'oublions pas qu'on parle d'un Etat fédéral très faible très fragile c'est pour ça que je fais partie des politologues qui sont convaincus que les Etats-Unis sous la forme que nous leur connaissons aujourd'hui n'existeront plus d'ici 50 ans

38:27
Présentateur

allez message inverse je vous le lis juste pour le plaisir c'est celui du Pierre qui dit j'ai rarement entendu autant de bêtises l'Amérique de Trump c'est l'Amérique c'est la vraie ce n'est pas la vôtre ok mais c'est comme ça et ça a toujours été comme ça et bonne soirée nous dit Pierre bah écoutez merci beaucoup à tous les deux merci à tous pour vos nombreux messages je ne vous quitte pas puisque c'était la dernière de la saison les amis sans vous embrasser vous dire au revoir on se retrouve bientôt évidemment merci à notre vénéré rédacteur en chef Philippe qui va nous manquer merci à Thomas pour la réalisation aux petits oignons chaque émission et aussi pendant les spéciales merci à Nathalie à la programmation qui elle aussi va nous manquer merci au solide Pierre à Marius qui a de très belles chaussures Rospa à Cyrine qui était là ce soir avec nous merci à Mathias fidèle stagiaire à Baptiste qui lui succède merci à Amaury Baucher aussi on se parle au mois d'août les amis ciao