Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 7 septembre 2021 34 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesLogementTransportsNumérique

Le Président Emmanuel Macron clôture la 4ème rencontre nationale « Action cœur de ville ».

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronChiffre
    « le gouvernement a lancé ainsi, Madame la ministre, un ambitieux agenda rural aujourd'hui engagé à 80 % »
  • 0:30Emmanuel MacronChiffre
    « le plan très haut débit a ainsi permis de multiplier par trois le nombre de prises fibres »
  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « 6.000 actions lancées, 80.000 logements rénovés »
  • 5:00Emmanuel MacronChiffre
    « Plus 50.000 étudiants par an, et chaque année en plus, ce qui veut dire qu'on aura 250.000 étudiants en plus de la tendance naturelle, durant ce mandat »
  • 7:00Emmanuel MacronChiffre
    « 350 millions d'euros supplémentaires issus des fonds européens seront bien mobilisés pour renforcer les centralités dans les territoires dès l'année prochaine »
  • 11:00Emmanuel MacronChiffre
    « 100 manufactures de proximité vont prochainement être créées »
  • 13:00Emmanuel MacronChiffre
    « le fonds friches va ainsi permettre d'avancer beaucoup plus rapidement et beaucoup plus fort, et je veux ici, au delà du doublement des financements qui vient d'être décidé : 650 millions d'euros »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et, plus récemment, j'ai souhaité que la ruralité prenne également une place de choix dans les politiques publiques et le gouvernement a lancé ainsi, Madame la ministre, un ambitieux agenda rural aujourd'hui engagé à 80 %. Pour les villes moyennes souvent touchées par le recul des services publics et où, de manière lancinante ces dernières décennies, on avait des fermetures de casernes, d'hôpitaux, de tribunaux, le recul industriel, la dévitalisation des centres villes, la fermeture de nombreux commerces, cette déprise démographique que j'évoquais, pour les villes moyennes aussi il y avait donc urgence à agir. C'est ce que nous avons fait dès 2017, dans le cadre justement de cette nouvelle donne territoriale que nous avons initiée.

Je veux saluer à cet égard l'engagement du ministre d'alors, Jacques Mézard, pour avoir avec son équipe été les initiateurs et les porteurs de projet. Monsieur le préfet, merci aussi d'avoir avec votre équipe conçu ce travail et d'être resté le directeur de ce projet au sein de l'ANCT. Puis, aux côtés de Jacqueline Gourault, vous avez su mener à bien ce projet où rien n'était écrit, je dois le dire, et les plus grands doutes présidaient au début des travaux, d'abord en désenclavant ces villes par ce qui est pour elles une promesse incomparable, le numérique.

Le plan très haut débit a ainsi permis de multiplier par trois le nombre de prises fibres, ce qui nous place au premier rang européen. Je le dis et nous savons encore tout ce qui est à conquérir en matière de numérique et de très haut débit mobile. Le travail n'est pas terminé, Madame la présidente et Monsieur le Directeur général, vous le savez ô combien.

Dans nos territoires les plus ruraux et dans certains territoires très urbains, nous avons encore de la fibre à déployer mais nous sommes aujourd'hui, en particulier pour nos villes moyennes, le pays européen qui est le plus avancé par une accélération et une mobilisation de tous les acteurs. Vos villes en sont les principales bénéficiaires et je crois que c'est là aussi un préalable. Mais, au-delà, j'ai souhaité que soit lancé encore un programme spécifique pour les villes moyennes que 40 ans d'aménagement du territoire n'avait jamais permis de faire émerger, Action cœur de Ville, avec une double volonté : la première obtenir des résultats rapides et donc éviter d'ajouter des strates à ce qu'on appelle souvent le millefeuille.

C'est pourquoi nous avons privilégié l'agilité, la souplesse, le faire avec, en nous appuyant sur les structures existantes, les acteurs existants, l'Agence nationale de l'habitat, la Caisse des dépôts et sa Banque des territoires, Action Logement avec qui nous avons noué un pacte d'associés. La seconde a été de partir non pas des idées de Paris, non pas d'une planification de ce que devraient être les villes moyennes de demain mais des territoires, du terrain, de vos projets. Si l'État a fixé quelques priorités, restructuration de l'habitat en centre ville, transports, services publics, développement économique et commercial et mise en valeur du patrimoine et des espaces publics, ce sont les projets des élus, les aspirations des habitants qui ont donné le rythme.

Au bilan, cette méthode radicalement nouvelle s'est révélée très efficace. Nous avons souvent des débats parce que nous aimons, en tant que grande nation politique, les débats théoriques. Nous avons souvent des débats sur la décentralisation dans notre pays.

Nous continuerons, quelque chose me le dit, d'en avoir dans les prochains mois. Je constate, là où je suis depuis un peu plus de quatre années, que ces débats ont rarement réglé beaucoup de choses. Je vous le dis avec beaucoup de sincérité parce que d'abord, nous avons très souvent, dans notre pays, confondu les compétences et les responsabilités.

Tout le monde est volontaire pour prendre des compétences, rares sont ceux qui sont volontaires pour prendre les responsabilités qui vont avec. Et donc, on est prêts pour prendre les compétences et quand les choses vont mal, on en appelle à la responsabilité d'un autre, et généralement l'État. Mais surtout, on passe de très, très longues heures, milliers d'heures dans des débats parlementaires, pour savoir comment on passera le couteau.

Généralement, on le repasse tous les cinq ans. C'est pour ça que j'avais pris un engagement de stabilité, pour savoir comment on partagera entre l'État et les collectivités. Ça n'est jamais la bonne découpe.

La seule décentralisation qui compte, c'est celle des projets, c'est celle de l'efficacité, c'est celle que nos concitoyens voient. Je pense que vous avez réalisé collectivement le plus bel exercice de décentralisation et de déconcentration concrète, dont notre pays avait besoin, bien loin de tous les débats, et beaucoup plus utilement que si nous avions passé des milliers d'heures à débattre de savoir si le travail d'action de logement de l'Anah et de la Caisse des Dépôts devait aller à la région, au département ou à la ville. On ne s'est pas posé cette question.

On s'est posé la question de savoir comment on faisait des projets utiles pour les villes. Ça va beaucoup plus vite et je crois que ça rend les gens plus heureux. Au fond, vous vous êtes collectivement comportés comme des territoires, à proprement parler unis, en l'espèce.

Cette méthode radicalement nouvelle, je le disais, a été efficace, et les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sur les cinq milliards d'euros mobilisés, plus de trois milliards ont déjà été engagés, vous le rappeliez, Madame la Présidente, et deux milliards le seront dans les quinze mois à venir. Vous voyez la programmation ! 6.000 actions lancées, 80.000 logements rénovés, la revitalisation commerciale amorcée et des revalorisations concrètes qui, pour vos habitants, sont tangibles.

D'abord parce que des quartiers commencent à bouger, à changer, des commerces commencent à revenir et le prix de l'immobilier commence à remonter, ce qui est essentiel, on l'oublie trop souvent, d'un point de vue patrimonial pour nos classes moyennes, parce que c'est ce qui permet de nourrir d'autres projets. Vous connaissez ici mieux que moi le détail de ces projets. Je ne veux pas ici tous les citer.

À Bourg-en-Bresse, un ancien collège qui va être reconverti pour créer un lieu de vie et de commerce en centre ville. À Laval, un pôle culturel qui s'installe dans un ancien bâtiment du Crédit Foncier. À Beauvais, chère Caroline, vous êtes en train de donner une nouvelle jeunesse à votre théâtre.

À Bastia, la requalification du fort Lacroix, qui va permettre aux habitants et aux touristes de redécouvrir ce site exceptionnel. À Libourne, Vernon, Moulin, de remarquables promenades qui sont en train d'être réaménagées le long des cours d'eau. À Dieppe, l'ancienne Halle au tabac, qui accueille désormais un cinéma qui sublime le patrimoine industriel.

À Chartres, une cité de la cosmétique, qui réunit grands groupes, start-up et laboratoires de recherche autour de ce secteur-clé pour l'avenir de la région, qui s'est créée. À Château-Thierry, le musée Jean de La Fontaine est en passe d'être rénové. À Pointe-à-Pitre, des immeubles sont en train d'être réhabilités et rénovés, pour une meilleure efficacité thermique.

Au port, à La Réunion, un pôle d'échanges sera construit avec des transports plus propres et plus attractifs. Je pourrais ainsi égrener des sujets très concrets, qui changent la vie, la ville, pour plus de progrès d'abord, parce que quand s'installe près de chez soi une gare de bus, une rue commerçante, c'est du progrès pour tout le monde. Et nous allons d'ailleurs poursuivre en ce sens, grâce au Conservatoire national des arts et métiers, qui s'est engagé à créer cent espaces d'accès à la formation, Monsieur l'Administrateur général, et il devient ainsi possible de se former sans se rendre dans une grande métropole.

Je crois énormément à cet axe de progrès pour les villes moyennes. Nous sommes confrontés à une augmentation, et nous l'aurons encore pendant quelques années, de notre population étudiante. Plus 50.000 étudiants par an, et chaque année en plus, ce qui veut dire qu'on aura 250.000 étudiants en plus de la tendance naturelle, durant ce mandat.

Bien souvent, les formations sont déjà saturées dans les métropoles où sont concentrées les filières universitaires traditionnelles, avec des étudiants, nous l'avons encore vu pendant la crise, pour qui les conditions de vie sont essentielles, parce que la difficulté, au-delà des bourses, et notre pays est l'un des plus généreux à cet égard, et nous allons continuer d'améliorer le système, le vrai sujet est le coût de la vie et du logement. Nos villes moyennes sont une solution pour nos étudiants et leurs familles, et nos villes moyennes sont une solution aujourd'hui, et si nous savons bien l'organiser, c'est une solution pour le maintien de la population de demain. Parce que quand un étudiant peut faire le début de sa formation de médecine dans une ville moyenne, on commence à régler, pour partie, la question des déserts médicaux.

Parce que quand on a commencé à établir sa vie pendant quatre, cinq ans dans une ville, généralement, quand les choses suivent à peu près leur cours, on y noue des amitiés, on y prend des habitudes d'adulte, parfois on y trouve l'amour, et on s'y établit. En tout cas, on commence à s'y établir. Pardon d'être si empirique, mais c'est comme ça que ça se passe.

Si tout se passe à la métropole, il ne faut pas s'étonner si après, on a du mal à faire revenir des étudiants qui, à 28-30 ans, ont déjà bâti leur vie dans la métropole. Et donc développer des filières universitaires et de formation dans nos villes moyennes est essentiel. Nous avons commencé à le faire avec le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

Avec des antennes de nos métropoles, nous allons l'accélérer, et je remercie le CNAM de cette initiative sur les [INAUDIBLE]. On y retrouve, au-delà de [INAUDIBLE] de la fierté quand un pôle culturel s'ouvre, qui accueille des artistes renommés. Ce n'est pas simplement une place qui s'embellit, vous le savez aussi bien que moi, mieux que moi, c'est la fierté qui est retrouvée, parce que le nom de la ville retrouve un rayonnement, une vocation, un sens, et on trouve la beauté que j'évoquais tout à l'heure, parce que pour l'ensemble de ces opérations, c'est la réhabilitation du patrimoine, c'est le développement du beau, que j'évoquais, et c'est aussi pour cela que nous avons souhaité que ce programme trouve ses synergies avec notre politique de rénovation du patrimoine, la mission menée par Stéphane Bern et les projets du Loto du patrimoine.

Alors, lorsqu'une politique publique fonctionne, lorsqu'un programme est plébiscité, non seulement par les élus de toutes sensibilités, mais par les Françaises et les Français, là aussi, soyons pragmatiques, cherchons plutôt à l'étendre et à le généraliser. Et ce qui a présidé au début des travaux, cet esprit collaboratif et pragmatique, nous allons le poursuivre. Au fond, cher Tony Estanguet, chercher à aller plus haut, plus loin, plus fort.

C'est ce que nous avons fait depuis quatre ans, d'abord en enrichissant Action cœur de Ville, avec de nouvelles mesures. Je pense au grand appel : "Réinventons nos cœurs de ville", qui vise à attirer les investisseurs, qui parfois hésitent à s'engager sur vos territoires. Nous allons donc aller plus loin avec ce programme, qui va permettre d'avoir une vraie politique d'attractivité, d'industries et de services, et donc de création d'emplois dans les villes moyennes, en ayant là une politique volontariste, pour convaincre les investisseurs français et étrangers de s'y installer.

Je pense aussi au projet Territoires pilotes en sobriété foncière et aux vingt-cinq villes pionnières qui, dans l'esprit de la loi climat et résilience, ont choisi de s'engager dans un modèle de développement sans artificialisation des sols, avec des aides spécifiques. Et je pense aussi au fonds friches, pour la réhabilitation des friches industrielles en milieu urbain. Je le dis parce que plusieurs d'entre vous m'avaient alerté, au gré de déplacements ou lors du grand débat.

Nous voulons tous lutter contre l'artificialisation des sols, mais en même temps, nous voulons tous développer nos territoires. Or il y a au milieu de nos territoires, des friches qui d'abord créent des espaces, on le sait, inutilisés, empêchent souvent les villes de respirer, sont des fractures dans nos villes, parfois conséquentes, qui empêchent une bonne politique de transports, qui empêchent parfois une bonne politique de sécurité. Et reconquérir ces friches, c'est permettre de refaire fonctionner la ville, mais surtout de développer des projets, sans artificialiser de nouveaux espaces.

Simplement, on le sait, jusqu'alors ces projets étaient bloqués par leur complexité et leur coût. Les acteurs industriels souvent partis depuis longtemps, les collectivités, rarement en capacité de payer ce qu'il fallait pour débloquer ces projets. Le fonds friches va ainsi permettre d'avancer beaucoup plus rapidement et beaucoup plus fort, et je veux ici, au delà du doublement des financements qui vient d'être décidé : 650 millions d'euros, donc, au total, avec des appels à projets.

Les premiers ont été faits en mai. Ils seront complétés par des appels à projets en octobre prochain, et nous en avons décidé la pérennisation. Et donc ce que je veux ici très clairement vous dire, en complément de tout ce que vous avez pu d'ores et déjà faire, c'est vous inviter à vous saisir de cet instrument, le fonds friches ayant des tickets qui vont de 100.000 euros jusqu'à plusieurs dizaines de millions d'euros, on le sait, pour certains, ils sont nécessaires, mais est indispensable pour votre capacité collective, parfois à recoudre la ville, à recoudre l'urbain et à porter de nouveaux projets.

Ensuite, nous avons étendu la méthode partenariale expérimentée avec Action cœur de Ville, à d'autres enjeux d'aménagement du territoire, les bourgs-centres avec le programme Petites villes de demain, vous l'avez rappelé, les bassins industriels avec le programme Territoires d'industries. Et nous avons, avec la création des 2500 France Services, engagé un mouvement sans précédent de retour du service public dans la vie de nos concitoyens en cherchant à ce qu'il n'y ait plus un Français à plus de 30 minutes des services publics essentiels, mais en remettant de la présence physique plusieurs heures par jour dans des points fixes à cette échelle qu'est le canton, qui est une échelle là aussi sensible de l'aménagement de nos territoires, mais qui répond aux besoins de nos citoyens. Il est temps aujourd'hui d'aller plus loin.

Le Premier ministre a annoncé le prolongement du programme Action cœur de Ville jusqu'en 2026. Je demande à Monsieur le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations de se mobiliser pour trouver les financements nécessaires, mais je veux déjà lui dire pleinement que nous serons au rendez-vous : 350 millions d'euros supplémentaires issus des fonds européens seront bien mobilisés pour renforcer les centralités dans les territoires dès l'année prochaine, et pour contribuer au financement de ces projets. Je demande aussi à ce que les ministres de tutelle puissent avoir des discussions financières qui permettront au Directeur général de mener à bien ce projet.

Je m'en porte garant. Nous voulons ensuite continuer de vous accompagner dans l'accueil des nombreux Français, de plus en plus nombreux, qui aspirent à s'installer dans les villes moyennes, et que nous évoquions l'un et l'autre tout à l'heure, ce qui suppose la création de lieux de travail adaptés. Le Premier ministre, à cet égard, a annoncé un effort sans précédent pour les tiers-lieux, qui, en l'espace de cinq ans, se sont imposés comme des incontournables.

Cela suppose aussi des logements de qualité, non pas construits par l'étalement urbain, mais rénovés en cœur de ville. Voilà aussi pourquoi nous avons décidé que le processus de défiscalisation pour les travaux de réhabilitation dits "Denormandie" a vocation à être prolongé au-delà de 2022, ce qui permettra à Action Logement, à l'Anah, de continuer à mener ses travaux, à trouver aussi des débouchés et à parachever ce qui a été enclenché avec beaucoup de force. Et merci de la mobilisation des finances ainsi faite.

Les villes moyennes doivent être, plus que des territoires d'accueil, des centres d'aménagement, de production, de décision à part entière. D'aménagement, c'est pourquoi je souhaite qu'on puisse aussi étendre cette même logique que nous avons eue pour Action cœur de Ville à d'autres types de projets : aux quartiers, aux entrées de ville et aux zones de gares. Les élus que vous êtes, comme vos collègues qui parfois ne sont pas dans cette salle, ont, on le sait, aussi besoin, sur ces projets qui sont essentiels à la vie des villes moyennes, de pouvoir mener des projets ambitieux à leur main.

Très souvent, nous faisons des choses, mais là aussi, les opérateurs le font avec une méthode qui est différente, moins efficace que celle que vous avez su collectivement adopter. Et si nous voulons que les élus que vous êtes puissent continuer de mener ces projets dans ces trois espaces essentiels pour la vie de nos villes moyennes, nos quartiers, nos entrées de ville et nos zones de gare, nous avons besoin d'adopter la même méthode et de libérer des financements comparables. Je souhaite donc que nous puissions, sur ces politiques d'aménagement, vous donner ces moyens.

Ensuite, les villes moyennes, je le disais, doivent être des territoires de production. Dans le cadre de France Relance, 100 manufactures de proximité vont prochainement être créées, qui vont permettre aux artisans et aux entrepreneurs de bénéficier de facilités pour innover, produire et inventer. Et puis, elles doivent redevenir très souvent des lieux de décision.

Décision pour nos entreprises, plusieurs d'entre vous ont des entreprises familiales qui ont gardé leur lieu de décision dans vos villes. Mais il faut le reconnaître, à travers le temps, l'État a souvent éloigné la décision de vos villes. Et ce n'est pas un problème de décentralisation, c'est un problème de déconcentration.

On a besoin de remettre des services publics, de la matière grise de services publics dans les villes moyennes, parce que c'est un effet si je puis dire procyclique : plus on met des cadres du service public, plus on arrive à attirer des entreprises de taille intermédiaire ou des PME, plus on arrive à les développer, plus on arrive aussi à créer une société qui se retrouve, et à tirer vers le haut les territoires. Que tout se décide à Paris n'est ni efficace ni supportable pour nos concitoyens à tous égards. Et nous avions trop souvent, ces dernières années, regardé le numérique comme un moyen d'efficacité qui centralisait la décision.

Pas simplement d'ailleurs à Paris, je dois le dire, les réformes des dernières décennies, parfois des dernières années, ont aussi créé une recentralisation régionale. Lorsqu'on habite une ville moyenne d'un territoire ou d'une région, encore plus quand c'est devenu ce que l'on appelle une grande région, si le service de l'État ou de la collectivité, quand vous habitez à quatre heures de voiture de là, retourne à Toulouse ou à Paris, c'est le même résultat. On dit d'ailleurs souvent : C'est retourné à Paris !

Ce n'est pas vrai, c'est souvent à Toulouse. Mais le résultat est le même : ce n'est plus là, ça n'est plus dans notre ville. Or, le numérique nous permet de remettre du service au quotidien, parce qu'il libère du temps qui peut se faire à distance pour le compte de la capitale.

Beaucoup de nos fonctionnaires vivraient, et vivront, mieux dans des villes moyennes à faire le travail sur le territoire, et, pour le temps qui serait libéré, de le faire pour le compte de la capitale régionale ou des services centraux. C'est ce que nous avons développé maintenant depuis deux ans, au sein d'abord du ministère des Finances et du ministère de l'Intérieur, et en généralisant les choses, avec un mouvement qui se traduit en actes par le déménagement déjà fait ou en cours, d'ores et déjà, de 56 antennes de la Direction générale des finances publiques. Et je souhaite que le mouvement s'accélère, pas seulement pour les fonctions qu'on appelle les fonctions supports, qui sont totalement nobles et dont nous avons aussi besoin, et que nous allons continuer de faire, mais aussi pour les fonctions de direction.

Et la crise l'a montré. Nous devons réaménager notre espace et sortir de nos habitudes. On ne peut pas dire que le télétravail n'est pas fait pour les gens qui décident, ils l'ont fait pendant toute la crise !

Qu'est-ce qui empêche donc de faire du télétravail pour des services qui ont peut-être besoin de se voir tous les quinze jours ? Rien ! Ils peuvent donc être projetés dans des villes moyennes à travers le territoire, et fonctionner en réseau avec les moyens contemporains.

Nous avons aussi à retrouver de l'innovation dans notre organisation collective, celle de l'État comme celle des grandes collectivités. C'est ce que nous avons commencé de faire, et c'est ce que j'ai demandé au gouvernement d'accélérer. Mesdames et Messieurs, vous l'avez compris, le programme Action cœur de Ville est pour moi plus encore qu'une réussite, il est un modèle de l'action publique d'aujourd'hui et de demain.

C'est pourquoi j'en félicite les auteurs et les acteurs que vous êtes. Je le disais il y a quelques jours à Marseille en parlant d'innovation que nous allions faire, je crois à cette méthode pragmatique : ne pas chercher à régler, pour un pays de plus de 68 millions d'habitants, tous les problèmes par des lois qui auraient vocation à s'appliquer de la même manière sur tout le territoire. Parce que notre République est une et indivisible, mais elle est aussi diverse, plurielle, avec des défis profondément différents.

Donc, soyons pragmatiques, comme vous l'avez été. Je souhaite ainsi que nous puissions accompagner cette aspiration profonde qui réconcilie le social, l'écologique et l'économique, et ce projet humain qui permet justement de construire l'intérêt général. Ce que vous avez fait dans 222 territoires, 234 villes, je pense qu'on peut le faire encore plus loin, plus vite et plus fort, je vous le disais.

Ce que nos concitoyens attendent de nous, c'est de la proximité, de l'efficacité et de l'ambition. Ce projet l'a donné sans aucune modification institutionnelle, sans même aucune loi : des idées, du pragmatisme et des crédits. C'est ce que nous allons donc continuer de faire sur les quelques axes que je viens d'évoquer.

Parce que votre référence à Braudel était heureuse, Madame la Présidente. D'abord, parce que c'est un grand auteur, qui a pensé tout à la fois la France comme la Méditerranée. Et parce qu'en convoquant cette référence, vous avez rappelé, en référence en particulier à son très bel ouvrage "L'identité française", que beaucoup des sujets que nous avons tendance, dans nos débats publics, à ne traiter que pour leurs symptômes, s'expliquent par le sensible, l'humain et la vie de nos compatriotes.

Nos compatriotes ne veulent pas justement de grands débats théoriques sur l'identité en leur expliquant ce que ça devrait être, ils veulent retrouver le contrôle et la possession de leurs vies, de leurs villes, de leurs paysages, de leurs destins. Parce que c'est ainsi qu'on bâtit chacun notre identité. Ni plus, ni moins !

Et il ne faut pas dénaturer le beau projet républicain. C'est celui-ci, au fond. Vous avez fait Nation et fait République, alors nous allons continuer de faire.

Merci pour cela ! Vive la République, et vive la France !