Mobilisation lycéenne : "Le gouvernement ne prend pas au sérieux les lycéens", assure Bruno Henry
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse partielle
Bruno Henry, bonjour.
- 0:27OuverteRéponse directe
Vous serez aux côtés des manifestants cet après-midi ?
- 0:38ComplaisanteRéponse directe
Le prof que vous êtes n'a pas envie de leur dire qu'ils prennent du retard dans l'apprentissage du savoir et qu'il est temps de retourner en cours ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Parmi les revendications, celles qu'on entend de plus en plus, c'est la suppression ou la modification de Parcoursup. Pourquoi, à votre avis ?
- 2:31RelanceRéponse partielle
Oui, mais c'est le fameux égalitarisme dont on parle beaucoup dans l'éducation nationale en France.
- 3:38RelanceRéponse directe
On revient avec notre dossier sur le bras et on fait la queue à l'université ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« Le retard, il est de la responsabilité du gouvernement. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Parcoursup, c'est une politique. C'est le choix de ne pas créer les places dans l'enseignement supérieur pour accueillir tous nos élèves. »
- 3:14Invité politiqueChiffre
« Dans les collèges et les lycées, le choix d'avoir supprimé 10 000 postes alors que les effectifs augmentaient. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« On a 50% de TZR en moins dans les lycées professionnels. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Le rectorat ne remplace pas les absences de moins de 15 jours. »
Temps de parole
- Marcel Henry72 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 25 %
- ?2 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le
réveil 100% local,
ici
matin. 7h47, les lycéennes et lycéens entament leur troisième semaine de mobilisation pour réclamer de meilleures conditions de travail à Nancy. La manifestation se lancera de la place Carnot à 13h. Pour en parler, nous recevons en direct Bruno Henry, secrétaire académique du SNES FSU, le principal syndicat dans le second degré. Bruno Henry, bonjour. Bonjour. Vous serez aux côtés des manifestants cet après-midi
? Oui,
oui, bien sûr. Bien sûr, à nouveau, les personnels seront aux côtés des lycéens. On sera aux côtés des lycéens parce qu'on partage un grand nombre de leurs revendications.
Le
prof que vous êtes n'a pas envie de leur dire qu'ils prennent du retard dans l'apprentissage du savoir et qu'il est temps de retourner en cours
?
Le prof que je suis trouve qu'on a pris beaucoup de retard. Mais le retard, il est de la responsabilité du gouvernement. On a des lycéens qui se sont mis en mouvement, qui ont des revendications, qui sont, je crois que tout le monde peut en convenir, ce sont des revendications sérieuses, des revendications de bon sens, tout simplement. Et en face, on a un gouvernement qui ne les prend pas au sérieux, qui essaye de les balader aussi, un petit peu avec des réponses dilatoires. Je crois qu'il est temps de prendre un peu de la hauteur, de prendre en compte ce mouvement qui est d'une ampleur sans précédent, et d'apporter les solutions que les élèves attendent.
Alors, parmi les revendications, celles qu'on entend de plus en plus, celles qui émergent au-dessus de la mêlée par rapport aux autres, c'est la suppression, ou en tout cas la modification, de Parcoursup, cette plateforme pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, qui recense 25 000 formations, et sur laquelle les ados peuvent formuler jusqu'à 10 vœux. Alors, elle semble cristalliser les mécontentements. Pourquoi, à votre avis ?
Mais parce que Parcoursup, ce n
'est
pas simplement un portail informatique, ce n
'est
pas simplement un outil. Parcoursup, c'est une politique. C'est le choix de ne pas créer les places dans l'enseignement supérieur pour accueillir tous nos élèves. C'est ça, Parcoursup. Donc, Parcoursup,
c
'est l'organisation d'une sélection à grande échelle des élèves qui sont tous mis en concurrence. À partir de quand, dès la classe de seconde, les élèves comprennent qu'ils vont être mis en concurrence et qu'ils ne vont pas pouvoir décider eux-mêmes de leur destin d'après le bac. C'est complètement insupportable pour les élèves. C'est générateur d'un stress très important. Puis, c'est très inégalitaire. Nous, ce que nous disons, c'est lorsque nous avons un bac, le premier grade universitaire, on doit pouvoir poursuivre ces études et des études que l'on a choisies, pas des études qu'on nous impose et que l'on subit.
Oui, mais c
'est
le fameux égalitarisme dont on parle beaucoup dans l'éducation nationale en France. Bonne-Henri, je ne
sais
pas quel âge vous avez, mais moi j'ai 50 ans et en 93, quand je suis arrivé à l'université... Moi, je ne
parle
pas
d'égalitarisme, monsieur. Je parle de faire en sorte que les élèves puissent choisir des études...
Parce qu'il n'y a pas de place dans les
amphithéâtres
?
Il n'y a pas de place dans les amphithéâtres parce qu'on a eu un mini-bébé-boom, l'effet 2000-2010, où on a eu un afflux d'élèves. On a eu des élèves beaucoup plus importants. On a eu des générations beaucoup plus importantes dans les dernières années. Et le choix qui a été fait, ça a été de ne pas créer les places pour accueillir cet afflux d'étudiants en plus. Enfin, excusez-moi, mais le bilan des années macronistes, le bilan des dix dernières années, c'est par exemple dans les collèges et les lycées, le choix d'avoir supprimé 10 000 postes alors que les effectifs augmentaient dans les collèges et dans les lycées. Alors effectivement, aujourd'hui, on nous dit qu
'il
y
a
une baisse démographique, mais quand les élèves étaient plus nombreux, on supprimait déjà des postes. On les a supprimés en collèges et en lycées, on a dégradé les conditions d'enseignement et on n'a pas créé dans l'enseignement supérieur les conditions qui permettaient d'accueillir tous les étudiants dans de bonnes conditions.
Donc on fait
quoi ? On revient avec notre dossier sur le bras et on fait la queue à l'université ?
Vous savez très bien que ce n'est pas de cela dont nous parlons. Qu'il y ait un outil informatique qui permette de s'inscrire sans faire la queue. On l'a connu, vous et moi, il n'y
a
pas de problème là-dessus. On n'est pas non plus en train de dire que tout le monde doit pouvoir faire n'importe quoi. Ce n
'est
pas la question. La question,
c
'est de faire en sorte qu'on ait pendant l'année terminale une sélection via ce parcours sub qui se fait de manière absolument opaque. Les élèves, les étudiants ne comprennent pas, y compris, vous savez, nous, nos élèves, nos élèves de terminale, ils reçoivent des réponses négatives. C'est complètement destructeur. Ils n'arrêtent pas de recevoir des réponses négatives, y compris de bons élèves qui ont de l'ambition, qui font des vœux ambitieux et qui se retrouvent avec une rafale de réponses négatives, de vous êtes en attente, on ne veut pas de vous.
Oui, j'allais le dire. Le pire, c'est
presque la liste d'attente parce qu'on ne peut même pas se projeter. Autre revendication, Bruno Henry, le manque de preuves, vous en parliez. Le ministre de
l
'Éducation nationale, je ne sais pas comment il a fait, Bruno Henry, mais il a sorti 3 000 enseignants de son chapeau en plein acclaquement de doigts.
Est
-ce qu'on l'a vu ici dans notre académie
?
Ben non, on ne les voit pas. Vous savez, dans notre académie,
les fameux TZR,
les titulaires remplaçants, on en a de moins en moins. On a diminué le nombre. Sur les cinq dernières années, je vous donne le chiffre, on a un tiers de TZR en moins dans les lycées collèges. On a 50% de TZR en moins dans les lycées professionnels. Donc très honnêtement, je ne sais pas où on va sortir ces fameux TZR dont on nous parle.
Donc ce que vous dites, c'est que le ministre de l'Éducation nationale a menti sur cette affaire.
Ce
que je dis, c'est que le ministre de l'Éducation nationale ne prend pas au sérieux la situation. On sait qu'il y
a
un manque d'enseignants.
Enfin,
je veux dire, tout le monde le sait. Vous savez très bien, par exemple, que le rectorat ne remplace pas les absences de moins de 15 jours. On commence comme ça. Et ensuite, pour le reste des absences, on a une grosse difficulté pour trouver des remplaçants. Je note aussi que les personnes au rectorat qui s'occupent d'affecter ces remplaçants sont très peu nombreux. Ils sont trop peu nombreux pour faire le travail de repérage des enseignants disponibles et d'affectation. Voilà. On a une grosse difficulté, clairement, pour mettre un enseignant devant chaque classe. Voilà. C'est la réalité. Et quand je dis un enseignant, les auditeurs comprennent quoi ?
Ils comprennent un professeur formé, titulaire, dans la discipline qui est concernée. Là, ce que nous propose le ministre, c'est qu'il
y a
un prof de physique absent, ce n
'est
pas grave. On va mettre un TZR d'histoire-géographie. Mais il fera quoi, le TZR d'histoire-géographie ? Des exercices de révision dans sa discipline. Écoutez, ce n
'est
pas sérieux. Si on veut qu'il
y
ait un prof devant chaque élève, il faut programmer sur plusieurs années un plan de recrutement de personnel. Voilà. Il faut se donner les moyens de les recruter.
Merci beaucoup, Bruno Henri, d'avoir été en direct avec nous sur ICI Lorraine.
Vous
êtes secrétaire académique du SNES-FSU, le principal syndicat dans le second degré. Bonne journée à vous et bonne manifestation à partir de 13h. Place Carnot, puisque vous serez aux côtés des lycéens. Vous nous l'avez dit tout à l'heure. Bonne journée.