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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 27 avril 2023 39 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSolidarités & familleCulture, médias & sport

"LA MÉDIOCRITÉ ET LA PROVOCATION, C'EST VOUS" : CES SYNDICALISTES RÉPONDENT AUX MACRONISTES

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:11OuverteRéponse directe

    On vient de voir deux artistes membres de la CGT dénoncer les conditions des intermittents et le passage en force de la réforme en direct des Molières. Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu les coulisses de cette action ?

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Pourquoi c'est important que d'autres secteurs prennent aussi le relais dans cette mobilisation traditionnellement portée par l'énergie et les transports ?

  • 9:33OuverteRéponse directe

    Pourquoi c'est important que d'autres secteurs prennent aussi le relais dans cette mobilisation qui est traditionnellement portée par les secteurs de l'énergie et des transports ?

  • 22:28RelanceRéponse directe

    Alors la CGT évacue toute responsabilité. Fabrice, est-ce que vous pouvez revenir sur cet épisode ?

  • 26:40RelanceRéponse directe

    Vous auriez voulu faire sauter la préfecture des Bouches-du-Rhône. Est-ce que vous pouvez nous raconter ?

  • 30:28OuverteRéponse directe

    Pas de retrait, pas de JO. Est-ce que les JO sont un levier d'action aussi pour vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48InvitéPromesse
    « Macron a promis 100 jours pour apaiser, nous lui promettons 100 jours d'action et de colère. »
  • 2:12InvitéFait
    « il a décidé de reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans. »
  • 2:49InvitéChiffre
    « plus 7% par rapport à l'année dernière. »
  • 4:44InvitéFait
    « Parce qu'il y a des gens précaires qui vont être très, très violemment touchés par la réforme des retraites. »
  • 5:10InvitéFait
    « Elle répond en parlant pas des retraites, en parlant de l'argent que l'État a débloqué et autres. »
  • 8:07InvitéFait
    « la violence, elle est policière. Elle est au service d'un gouvernement qui est complètement minoritaire. »
  • 19:01InvitéFait
    « Emmanuel Macron, si tu continues, il va faire tout noir chez toi. »
  • 25:15InvitéFait
    « la médiocrité, la provocation, c'est eux. Le blocage, c'est eux. Tout ce déni de démocratie sociale, c'est eux. »
  • 27:21InvitéFait
    « la colère a ses limites. Et au bout d'un moment, c'est normal que les travailleuses, les travailleurs, ils reprennent en main leurs outils de travail. »
  • 27:43InvitéPromesse
    « C'est 100 jours de colère qui seront maintenus jusqu'au bout, tout simplement. »
  • 28:25InvitéFait
    « ça marche pas parce que criminaliser un endroit recommencera à un autre. »
  • 32:22InvitéPromesse
    « c'est de montrer, un, que la colère est toujours présente dans l'énergie, et deux, qu'on est capable de tout faire en même temps. »
  • 37:06InvitéPromesse
    « J'espère que ça sera une étape avant la victoire. L'abrogation de cette loi, la non-application, peu importe. »
  • 38:26InvitéFait
    « il y a un 1er mai unitaire depuis très très longtemps avec tous les syndicats. »

Temps de parole

  • Invité41 %
  • Invité 222 %
  • Invité 315 %
  • Invité 415 %
  • Invité 52 %

≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Je trouve que d'avoir coupé l'énergie d'une clinique à 11h30 précisément, alors qu'il y avait 5 patients dans les blocs opératoires sur table en train d'être opérés, cet acte-là est totalement inacceptable et je ne peux l'accepter parce que c'est mettre nos concitoyens, les Gangeois, en danger. On ne peut pas criminaliser l'action des grévistes pour une autre raison et surtout mettre en parallèle 13 secondes, on voit bien que ce n'est pas notre cible à nous énergéticiens puisque la coupure de la clinique, 13 secondes, et de l'autre côté, plus d'une heure, une heure et demie dans le collège de Gange, c'est bien que notre cible, c'était bien le collège de Gange et certainement pas la clinique.

Macron a promis 100 jours pour apaiser, nous lui promettons 100 jours d'action et de colère. L'heure est loin d'être à la résignation, c'est ce qu'ont déclaré dans un communiqué les syndicats de la Fédération Nationale Mine Énergie CGT au terme d'un conseil général qui a eu lieu vendredi dernier. L'organisation syndicale entend poursuivre sa grévia, à savoir les perturbations énergétiques qui accompagnent l'exécutif lors de ses déplacements. La mobilisation contre la réforme des retraites semble prendre une autre forme et d'autres acteurs émergent, préférence pour les opérations coup de poing et blocage.

Les salariés des secteurs de l'énergie et de la collecte des déchets s'imposent dans le bras de fer des syndicats avec le gouvernement. La Fédération Nationale CGT du Spectacle se joint à la danse. La cérémonie des Molières a été l'occasion de dénoncer le passage en force de la réforme des retraites. Atteindre de quoi vivre à la retraite est un combat pour beaucoup d'entre nous. Même pour celles et ceux qui ont connu la célébrité. Alors que dire des anonymes ? Que dire des intérimaires ? Que dire des privés d'emploi ? Nous le savons, les jeunes sont précaires de plus en plus longtemps. Et encore plus violemment touchés par les réformes de l'assurance chômage.

Et pourtant, tout seul, dans sa bonne logique ultra-libérale, du haut de sa tour d'ivoire, il a décidé de reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Enfin 64 ans, euh... Oui. Merci !

2:25
Locuteur

Bravo !

2:26
Invité

Aujourd'hui, il y a un ministère de la Culture qui défend haut et fort l'exception culturelle française dans le monde, qui défend le régime de l'intermittence, qui est une fierté pour notre pays. Vous avez un ministère qui a débloqué des aides massives pendant la crise pour vous soutenir tous, pour soutenir tous les secteurs de la culture. Vous avez une ministre à la tête de ce ministère qui a obtenu le budget historique le plus haut, plus 7% par rapport à l'année dernière. Inflation, facture d'énergie, j'ai débloqué des aides exceptionnelles, vous le savez, certains syndicats sont là, pour venir en aide aux structures les plus fragiles.

Et donc j'ai le plaisir d'accueillir ce soir Denis Gravouille, secrétaire général fédération national CGT. Bonsoir. Et Fabrice Coudour, secrétaire fédérale de la société FNME. F-N-M-E, c'est difficile. Bonsoir. Alors, je me tourne d'abord vers vous, Denis Gravouille. On vient de voir deux artistes membres de la CGT, Toufan Manoucheri et Lucie Astier, dénoncer les conditions des intermittents et le passage en forme de la réforme en direct de la cérémonie des Molières. Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu les coulisses de cette action, de cette opération ?

Alors, on a souvent l'habitude, dans des périodes de lutte, notamment quand on se bat pour le régime des intermittents du spectacle, d'aller sur nos lieux de travail. C'est que des professionnels, des gens du spectacle vivants, mais ça peut être les Césars ou autres. Alors, c'est pas facile, parce que quand même, évidemment, le directeur des Molières, c'est un pur macroniste du Montaigne, il rêve d'être ministre de la Culture. Bon, on lui a un petit peu forcé la main, parce qu'il y avait une manif devant, il y avait une casserole à dossier.

On ne voit pas ce qui se passait à l'extérieur, mais une très, très belle casserole à que la police avait essayé de maintenir à distance, mais qui s'est passé juste devant. Et puis, du coup, ça m'a interpellé les collègues qui rentraient les invités. Bon, évidemment, on avait négocié la prise de parole. Par contre, on n'avait pas négocié ce qu'on allait dire.

Donc, quand le cabinet de la ministre a su qu'on la mettait directement en cause et que ce ne serait pas une intervention à l'eau de rose, et vraiment, on peut encore remercier Toufan, c'est le prénom précis, qui a été eu dans un des spectacles nommés d'ailleurs sur l'Iran, et Lucie d'avoir accepté de faire l'intervention, c'était évidemment un peu musclé. On met en cause Macron, on met en cause la ministre. Alors, juste pour donner l'info, elle, elle est passée en travers des gouttes. Il y avait quelques ministres qu'on avait beaucoup vus, puis elle, elle n'a absolument rien dit. Le 12 janvier, on l'avait rencontrée pour lui dire « Mais comment ça va se passer ?

» Parce qu'il y a des gens précaires qui vont être très, très violemment touchés par la réforme des retraites. Le 12 janvier. Jusqu'à présent, on n'a eu aucune réponse aux interventions, aux questions orales ou écrites. Donc là, c'était l'occasion de lui dire « Expliquez-vous dans la profession ». Et d'ailleurs, dans une intervention, elle répond complètement à côté de la plaque. Elle répond en parlant pas des retraites, en parlant de l'argent que l'État a débloqué et autres. Et il n'y aurait beaucoup à dire sur la réalité de cet argent, pour sauver le spectacle soi-disant, alors qu'il n'a pas été considéré comme essentiel pendant le Covid. Mais sur les retraites, elle n'a rien dit du tout.

Et donc, c'est bien ça qu'on voulait dénoncer. Et on va continuer à le faire. Donc très déçu, plutôt déçu de la réponse de la ministre de la Culture. Je ne peux pas être déçu parce que je ne m'attendais pas à grand-chose. C'est comme si on allait dire qu'on est déçu de l'intervention de Macron quand il passait à la télé. C'est juste l'expression d'un gouvernement qui est hors sol, quel que soit le poste auquel il est, et qui continue à dérouler son truc comme s'il ne se passait rien dans le pays. Et on a vu dans toutes les images qu'au contraire, ça ne se termine pas, qu'évidemment, il y a différentes phases à la lutte.

Mais voilà, dans le spectacle, on essaie d'apporter notre contribution avec différentes actions, dont celle-ci. Bon, on aurait pu nous dire « je vous ai compris, je vous ai entendu », mais non, non, elle y est allée frontière. Je ne comprends pas votre colère. D'ailleurs, c'est peut-être l'occasion, Denis Gravoud, de nous rappeler comment cette réforme des retraites a impacté le régime des intermittents du spectacle. Alors lui-même, non. Mais enfin, disons qu'il y a eu des réformes d'assurance chômage en même temps qui ont eu lieu déjà jusqu'à présent.

Pour l'instant, le régime des intermittents n'a pas été touché parce que justement, on a plutôt un rapport de force, on a une certaine mobilisation dans ce domaine-là. Mais je m'occupe aussi de l'assurance chômage au niveau de la CGT dans son ensemble. Et il y a eu des casses depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé particulièrement et qui s'apprête à se continuer. Il y aura une troisième lame au rasoir certainement en fin d'année. Donc il faut aussi se mobiliser là-dessus. Et c'était la répétition générale pour les retraites.

C'est la répétition de tous les syndicats contre un gouvernement qui passe en force, une baisse de droit, un chantage comme quoi ça va améliorer la situation et que ça la dégrade. Bon voilà. Pour le genre du spectacle, la réalité, c'est comme pour les intérimaires. C'est pour ça qu'on avait mis ça dans le discours. C'est que non seulement c'est dur pour beaucoup de monde, mais c'est encore plus dur la réforme des retraites pour ceux qui ont connu des périodes de précarité, alors particulièrement ceux qui la connaissent toute leur vie. Quand on est intermittent, on change de patron toutes les semaines ou on a des contrats courts.

Donc forcément, les périodes de chômage pèsent lourd et pèsent lourd dans le calcul de la retraite. Et puis évidemment, quand il y a des petits salaires, il y a quelques stars qui sont très bien payées. Mais dans le spectacle, les quelques stars ne sont qu'une minorité. Et pourquoi c'est important de politiser ce genre d'événement qui intéresse les classes bourgeoises ? On se souvient de ces intermittents qui prenaient la parole sur scène et où le public répondait « ce n'est pas le lieu ici ». Il y en a eu plusieurs. Il y a eu des images qui ont circulé par exemple à l'Orchestre de Lyon. Il y a eu une prise de parole d'un délégué syndical qui n'était même pas polémique.

Il y a eu une prise de parole avant le concert et autres qui se fait insulter par les bourgeois lyonnais, qui lui dit « joue, joue ta gueule », qui l'insulte littéralement. Bon, on a fait des prises de parole sauvages au Châtelet ou autres, à différents endroits. Et en gros, on a gagné à l'applaudimètre. Mais il y a quelques endroits où la violence de classe s'exprime comme ça. On nous parle de violence, mais la violence, elle est policière. Elle est au service d'un gouvernement qui est complètement minoritaire. Elle est au service d'une classe sociale qui se croit tout permis, y compris en insultant des artistes qui font une prise de parole syndicale avant un concert.

D'ailleurs, à ce sujet, Lisa, l'an dernier, tu étais sur le terrain pour couvrir une action de MeToo Théâtre lors de la cérémonie des Molières de 2022 des militantes, féministes, comédiennes et réalisatrices avaient manifesté pour dénoncer les violences sexuelles et l'omerta dans le milieu de la culture. Alors, ça a du sens, du coup, pour toi, la politisation de ce type d'événement ? — C'est ça. En fait, c'est toujours aller chercher les bourgeois là où ils sont. C'est pas les bourgeois individuellement en un. C'est vraiment la classe bourgeoise dans le sens à replacer l'échiquier politique.

Parce que dans tout ce que je vois dans les prises de parole du pouvoir ou d'Emmanuel Macron ou de ses ministres, c'est très souvent « Oui, oui, faites vos grèves comme ça. C'est bien. Vous êtes exprimés. Mais on va le faire quand même ». Et en fait, du coup, aujourd'hui, la lutte... Bon, elle est depuis toujours comme ça. Mais elle s'impose à des gens qui ne luttaient pas comme ça avant, c'est-à-dire d'aller les chercher, comme Emmanuel Macron demandait « Venez me chercher ». Et donc d'aller les chercher.

Et c'est pour ça que les grèves, par exemple, des énergéticiens ou les grèves des éboueurs les dérangent autant parce qu'après, ils le font passer comme une prise d'otages des usagers, etc. Mais c'est pour ça que ça les dérange autant, parce que là, ça vient les toucher. Quand ils voient des poubelles dans leur beau quartier ou quand ils voient des coupures d'électricité et dans leur permanence dans laquelle ils ne vivent pas, c'est là où la politisation de ce déclasse... Enfin d'aller politiser, d'aller chercher, d'aller ramener les combats chez eux, c'est ça qui est très intéressant dans ce genre de manière de lutter, je trouve. Et alors du coup, là, j'ai une question pour vous deux.

Pourquoi c'est important que d'autres secteurs prennent aussi le relais dans cette mobilisation qui est traditionnellement portée par les secteurs de l'énergie et des transports ? — Je crois que depuis le début, de toute manière, la mobilisation qui s'est montée, dès janvier, elle s'est montée sur un mouvement assez large d'intérêt général où tout le monde a cherché à prendre sa place dans le mouvement pour faire entendre la colère. Et cette opposition à la réforme des retraites dans l'énergie, on a pris notre part. On a dit qu'on serait un outil au service de la lutte.

On a très vite compris que pour bloquer l'économie, pour se faire entendre, il fallait que tous les secteurs s'engagent dans cette bataille. Sauf qu'effectivement, la grève, la mobilisation, elle est facile pour personne. Faire la grève, ça coûte. Donc selon les secteurs, il n'y a pas la même mobilisation, pas la même démonstration. Et surtout, tout n'est pas aussi visible. Même dans l'énergie, selon le secteur d'activité dans lequel on est, il n'y a pas la même visibilité médiatique, en tout cas, ou le même moyen de toucher l'exécutif, le président. On le voit encore récemment. Je pense qu'on y reviendra.

Mais ce n'est pas la même chose que quand on est un technicien de terrain et quand on est un agent dans les bureaux où on se dit « Ma grève, à quoi elle sert ? Comment on se fait entendre ? » Pour autant, c'est bien toutes les travailleuses et tous les travailleurs du pays qui contribuent à la production de richesses. Sans toutes ces travailleuses, sans tous ces travailleurs, il n'y aurait pas de richesses. Donc en fait, il faut bien se dire que le meilleur moyen qu'on a entre les mains, c'est la grève. Si notre grève, elle n'impacte pas l'économie, c'est quelque part... Il faut se poser des questions sur le sens du travail. C'est un autre débat qui a mené.

Mais il y a un vrai enjeu que tout le monde rentre dans ce mouvement de grève. Je crois que les travailleuses et les travailleurs du pays ont aussi compris au travers de ces quelques mois que tous rassemblés, tous en grève, il y a moyen de faire bouger des choses. Après, on ne démarre pas tous en même temps. C'est la coordination qui est complexe. Mais il y a un moyen de faire plier le gouvernement, c'est sûr. Et c'est peut-être plus compliqué pour les intermittents du spectacle de se mettre en grève pour les raisons que vous avez évoquées. Oui, chacun doit analyser les difficultés.

Mais à l'inverse, même si c'est très difficile, et puis il y a des gens qui se disent « ça sert à quoi d'arrêter les spectacles ? » On nous les a arrêtés pendant le Covid et on nous a dit qu'on n'était pas essentiel. Donc ça, c'est aussi des éléments qu'il faut prendre en compte. Mais par contre, il y a des effets de visibilité. Ça va rester au public en dehors des jours de grève. À chaque fois qu'on a pu le faire, et qu'on s'est fait applaudir et qu'on a gagné à l'applaudimètre la plupart du temps, ça a aussi porté la lutte.

Et puis on le fait surtout pour montrer que, comme l'a dit Fabrice, qu'on essaie de nous cantonner, le gouvernement essaie de cantonner cette lutte, à dire « c'est une grève des privilégiés, des régimes spéciaux, Demi Énergie » ou autre. Dans le spectacle, vous avez deux résumés spéciaux, l'Opéra de Paris et la Comédie française. On n'y touche pas, comme ça, ça évite d'avoir les spectacles avec les ballerines devant l'Opéra, comme en 2019-2020. Oui, mais on a trouvé d'autres moyens de rendre le spectacle visible, et notamment à travers les événements comme les Molières. On en a fait quelques autres.

On a fait des monuments avec les Copains de la Sénité Culture, l'Arc de Triomphe, le Musée d'Orsay, encore vendredi dernier. Chacun apporte sa part dans un monde où, par ailleurs, la question des médias, des réseaux sociaux est très importante. Et juste pour faire une petite incise, puisque l'année dernière, il y avait le MeToo-Molière, mais c'est une affaire qui n'est pas terminée. Par ailleurs, on a un dossier sur un film sélectionné à Cannes, dans lequel la production a voulu éteindre des agressions sexuelles sur une jeune femme mineure en plus.

Donc ça, par ailleurs, c'est un sujet dont on entendra encore parler, jusqu'à ce qu'on ait gagné cette lutte pour l'égalité et la lutte contre les violences. Il y a quand même un truc important aussi, c'est qu'au travers de cette lutte, depuis maintenant plus de trois mois, il y a une solidarité, un élan de solidarité qui est aussi énorme. Que ça soit financier, mais aussi par la présence.

C'est clair, quand on voit arriver sur les piquets de grève qui sont installés dans certains secteurs, je dis n'importe quoi, mais des militants de la Confédération paysanne qui arrivent avec des légumes, avec des vivres, quand on voit les élans, les caisses de solidarité qui gonflent de jour en jour, c'est aussi des gens, des personnes, des citoyens qui ne peuvent peut-être pas forcément faire grève, mais qui contribuent à la lutte par ces élans de solidarité. Et la solidarité humaine, elle a autant de valeur que la solidarité financière. Nous, on le voit aussi comme ça.

Donc il n'y a pas que les indicateurs, parce que le gouvernement nous cloisonne là-dedans, les indicateurs, est-ce qu'il y a plus ou moins de manifestants ? Est-ce qu'il y a plus ou moins de grèves ? En fait, il faut avoir une vision très générale et se rendre compte que la colère, elle est là, elle reste, quoi qu'il advienne. Pour continuer sur cet élan de solidarité, tu avais d'ailleurs réalisé un joli reportage. Avec André et un collègue journaliste ici, on avait réalisé un reportage justement ce fameux jour à Versailles.

Les cheminots avaient fait une AG, une Assemblée Générale avec des cheminots d'un peu partout dans la région et la Confédération Paysanne, et pas que, le MoDef aussi, une asso aussi paysanne, était montée en fait à Versailles pour, déjà le symbole des paysans qui montent à Versailles, puis pour déposer des paniers paysans, pour soutenir la grève dans le sens où on a envie de vous nourrir. Nous, notre outil de lutte, c'est ce qu'on produit, c'est ce qu'on fait, et donc on veut vous apporter des légumes et des fruits de bonne qualité. Ça avait ému vraiment tout le monde, parce qu'il y avait vraiment cette union des forces. Et je voulais réagir à ce que vous disiez.

C'est vrai qu'il y a différents modes d'action, d'autres qui font plus la une des médias ou pas. Mais en tout cas, j'ai l'impression que tout ça fonctionne, parce que dans la prise de conscience, en fait, des gens, comme vous disiez, ce qui compte, ce n'est pas le nombre en manifestation, c'est vraiment la prise de conscience. Et on voit qu'avec toutes ces casserole-là, etc., que la mobilisation, elle ne faiblit pas. Et surtout, l'opposition à la réforme des retraites, elle ne faiblit pas. Et même si la réforme, elle est passée, il y a quelque chose qui est...

Enfin, même si elle peut être retirée si le combat continue, mais que la réforme soit promulguée ou pas, il y a une vraie victoire dans ce combat-là. C'est qu'il y a une vraie prise de conscience sur comment est fabriquée notre économie dans le pays. Ça fait de plus en plus de temps que j'entends parler de problèmes de partage de richesses, de problèmes d'inégalités. Et donc, la victoire dans tout ça, c'est que ça a vraiment mis ces questions-là en avant, qu'on n'en parlait pas vraiment avant. Par exemple, les 80 milliards de dividendes, etc., c'est des choses dont même les personnes qui n'étaient pas trop cultivées sur ces sujets-là permettent de plus en plus maîtriser ce sujet.

Et surtout, ce qui est mis en avant, c'est regarder la vraie force. En France, c'est la force des travailleurs. Et donc, du coup, les travailleurs sont en train de plus en plus, ou qui sont en train de travailler ou pas, mais même les travailleurs qui n'exercent pas en ce moment parce que chômage, etc., ils sont en train de se rendre compte de leur propre force. Et il y avait pendant des années une forme de résilience, une forme de « de toute façon, tout passera, j'en ai marre, moi, je veux juste mon salaire ». Il y a une forme de « regarder ce qu'on est capable de faire ».

Et c'est ça aussi, c'est pour ça que ça prêtait à sourire, les casses-relates, parce qu'en fait, c'est des beaux moments humains, de gens qui disent « regardez, on a le pouvoir de faire des choses, en fait ». Et j'ai l'impression que c'est une des fois où n'importe qui, même au fin fond du poids de Charente, se dit « je suis capable de faire quelque chose dans ce pays, au niveau de la lutte ». Et c'est ça qui est beau aussi dans cette réappropriation de la politique. D'ailleurs, les comédiennes sur scène ont lancé « Vive les casses-relates ». On a l'impression vraiment que c'est un peu un moyen, un slogan pour mobiliser.

Fabrice, vous y participez à votre manière avec vos collègues à travers les perturbations énergétiques. C'est vos casses-relates à vous. C'est ça. Alors souvent, médiatiquement, on parle des coupures. Nous, on aime bien parler de mise en sobriété, puisqu'il ne faut pas oublier que le gouvernement, en novembre, a publié des grands plans de délestage au niveau français pour l'équilibre énergétique, en rendant légale la mise en sobriété dans ces grands plans de délestage. Et puis là, en quelques mois, en novembre, c'était légal. En avril, c'est criminel. Alors nous, on se fait un petit peu sur la vague.

C'est un moyen, je dirais, de s'exprimer, de faire entendre cette colère, puisqu'ils ne veulent pas nous entendre, le gouvernement. Et surtout, ce qui est bon de se dire, c'est qu'encore tout à l'heure, quand vous passiez le ministre du Sopt, c'est que par leur médiocrité, c'est nos meilleurs VRP, que ce soit Macron, que ce soit du Sopt, tous les uns après les autres, quand ils prennent la parole, c'est très provoquant. Quand ils parlent de dizaines de personnes qui seraient soi-disant mobilisées sur chacune de ces rencontres, rien que sur vos images, on se rend compte que c'est des centaines et des centaines de personnes.

Alors nous, la mise en sobriété, c'est vraiment être des porte-voix de cette colère, trouver des espaces de parole. Alors évidemment, on a ciblé les déplacements de l'exécutif, du président. – L'usine, donc en Alsace, ou encore dans le collège à Ganges, dans les Roses. – Les périmètres sont de plus en plus larges, parce que forcément, maintenant, Macron se déplace avec son groupe électrogène, bientôt avec ses bus de sympathisants intermittents du spectacle pour faire la foule qui se comme brasse. – Mais c'est quoi la symbolique de ces mises en sobriété ? – C'est clairement...

Alors il y a une grosse symbolique, c'est qu'on a un slogan chez nous, c'est Emmanuel Macron, si tu continues, il va faire tout noir chez toi. Ça a été repris par notre secrétaire général confédéral, Sophie Binet. Donc quand on a scandé ces mots-là, qui sont revenus dans pas mal de nos piquets de grève et de nos mobilisations, ça a un aspect symbolique dans le sens où si tu continues avec cette réforme, il fera tout noir chez toi, mais c'est pas tout noir chez toi, chez lui, dans l'Elysée.

On sait très bien qu'il y a tous les moyens techniques pour faire qu'il n'y ait pas de coupure, parce que lui, il n'est pas dans la précarité énergétique comme les plus de 13 millions de personnes en France. Il n'y a pas de problématique autour de ça. Par contre, le perturber, le rendre un petit peu énervé, on va dire nerveux par rapport à tous ses déplacements et pas que lui, de tout l'exécutif... – Le faire peur ? – Pour nous, c'est pas de la menace ou c'est pas faire peur, c'est clairement des promesses pour dire la colère, elle est toujours là et on va l'exprimer. Et donc, une manière de l'exprimer, c'est agir sur notre outil de travail.

Les électriciens, les gaziers, ils maîtrisent leur outil de travail. Ce que tu disais tout à l'heure, c'est vraiment le cas, c'est qu'il y a une intelligence chez les travailleuses et les travailleurs du pays qui est énorme de comment on maîtrise nos outils de travail. Eh bien là, dans l'énergie, on maîtrise nos outils de travail et donc on appuie là où ça fait mal pour se faire entendre. Maintenant... – Maintenant qu'Emmanuel Macron a trouvé la parade avec son groupe électrogène, comment vous allez faire ? – J'ai envie de dire, c'est là où tous les secteurs prennent du sens. Il va forcément venir en train, en avion, il va se déplacer, il va dans des restaurants.

Enfin, les travailleuses et les travailleurs du pays sont présents partout. – Si jamais on repère qu'il va à un spectacle, on l'attend aussi. – Oui, vous l'attendez aussi. – Il y a une bonne coordination avec les camarades et les compétences du spectacle. – S'allez-vous parler d'ailleurs d'actions concertées, peut-être coordonnées entre les deux secteurs ? – Il y en a déjà eu plein. Il y en a d'autres qui auront lieu. On réfléchit. Par exemple, il y a des festivals. Si on a dit que les ministres ou le président n'étaient pas le bienvenu, on va réfléchir. On va rentrer dans la période des festivals d'été, par exemple.

– Et vous avez certainement entendu le pouvoir, l'exécutif, défendre ce discours. Les grèves, oui. Les blocages, non. Qu'est-ce que vous leur répondez ? – Les blocages et les actions, ça se décide par les gens sur le terrain. Et parfois, il y a des blocages qui sont décidés parce qu'il y a des blocus. On l'a vu avec les éboueurs, par exemple, qui ont appelé à la solidarité pendant la grève. Donc c'est ça qui est intéressant. C'est comme vous l'avez dit. Les salariés se sont appropriés leur outil de travail et peuvent montrer que sans eux, ils ne fonctionnent pas. Et donc effectivement, il peut y avoir des blocages.

Moi, j'ai plutôt tendance à ne pas être favorable, par exemple, à un blocage complètement de l'extérieur, mais un blocage en appui à des gens qui sont en grève, par exemple. Ça, ça a beaucoup de sens. Parce qu'il faut faire respecter le droit de grève qui est mis en cause, de même que le droit de manifester est mis en cause, le droit de liberté d'expression est mis en cause, le fichage est partout, la répression est très forte, particulièrement sur les copains de l'énergie. Donc il faut faire respecter nos droits. Et en face, ils se servent de toutes les armes jusqu'à la limite.

Quand on voit la mise en cause, par exemple, de l'idée des droits de l'homme, il n'y a que Pétain qui a osé le faire. Oui, effectivement, il y a toujours... C'est cette stratégie du gouvernement de criminaliser, en fait, la contestation. Je vous propose d'ailleurs d'écouter les arguments de ce gouvernement et du directeur de la clinique de Gange, qui vous impute la responsabilité de la coupure de courant qui a frappé l'établissement. Une coupure à la clinique, et là, j'ai fait le lien, si vous voulez.

Et je trouve que d'avoir coupé l'énergie d'une clinique à 11h30, précisément, alors qu'il y avait 5 patients dans les blocs opératoires, sur table, en train d'être opérés, service d'urgence qui fonctionnait avec des patients, bien sûr, qui nécessitaient des soins, et le scanner. Et le scanner. Donc, cet acte-là est totalement inacceptable, et je ne peux l'accepter parce que c'est mettre nos concitoyens, les Gangeois, en danger. On est là pour soigner, on n'est pas là pour manifester.

On peut manifester, on peut avoir des opinions qui sont différentes de celles du gouvernement, ça s'appelle la démocratie, mais mettre en danger la vie des gens, mettre en danger la sécurité des gens, c'est inadmissible, et c'est répréhensible. Et ce n'est pas moi qui trancherai, ça sera le juge. — Alors la CGT évacue toute responsabilité. Fabrice, est-ce que vous pouvez revenir sur cet épisode ? — Alors déjà, eux, ils nous portent des actes un peu criminels. Nous, ce qu'on trouve assez fou, c'est même honteux, ces propos, parce que c'est des chiens de garde du gouvernement qui s'expriment pour aller allumer des contrefeux par rapport à l'action qu'on a amenée.

Il faut quand même se dire que le fonctionnement du réseau électrique ou de gaz, c'est pas une science exacte avec un fonctionnement continu. Des coupures, il peut en arriver n'importe quand, à n'importe quel endroit. Les centres de santé comme ça, les bâtiments publics de santé ou même privés doivent avoir leur matériel de sauvegarde, les groupes électrogènes. Moi, je serais assez effaré à la place du directeur d'afficher partout que ça a mis 13 secondes à démarrer tout son matériel de sauvegarde, alors qu'effectivement, peut-être, il y avait des patients qui étaient sur la table d'opération. Enfin, on est en train de mélanger deux débats.

Le service public, la santé, il faut avoir de l'investissement à l'intérieur pour pouvoir avoir un système de sécurité électrique qui soit de haut niveau. Mais on ne peut pas criminaliser l'action des grévistes pour une autre raison et surtout mettre en parallèle 13 secondes. On voit bien que ce n'est pas notre cible à nous, énergéticiens, puisque la coupure de la clinique, 13 secondes, et c'est sauvegardé. Il n'y a pas eu de coupure en réel. Tout a été sauvegardé techniquement. Et de l'autre côté, plus d'une heure, une heure et demie dans le collège de Gange, c'est bien que notre cible, c'était bien le collège de Gange et certainement pas la clinique.

Depuis le début, on se bat pour l'intérêt général. On l'a démontré, montré. Depuis le début, on est loyal. On a affiché les choses dès le 19 janvier. On est coordonné. On prend des décisions collectives, comme disait Denis. Maintenant, la colère, elle a ses limites. Et quand on n'est pas entendu, parce que la médiocrité, la provocation, c'est eux. Le blocage, c'est eux. Tout ce déni de démocratie sociale, c'est eux. Ce n'est pas nous. Nous, on a affiché la couleur vraiment dès le début. Donc maintenant, on est en train de mettre en œuvre ce qu'on a annoncé depuis le début, c'est-à-dire qu'on ne lâcherait rien jusqu'au retrait. Donc ces actes techniques, on les assume, effectivement.

Mais nos cibles ne seront jamais les citoyens, l'opinion publique, qui aujourd'hui est complètement du même côté de la barricade que nous. Il y a encore moins des patients. Il y a encore moins des patients. Il y a encore moins des patients. Mais c'est vraiment allumer des contrefeux, je dirais presque maladroits ou malhonnêtes, que de dire que c'est scandaleux, les énergéticiens s'attaquent à un bâtiment de santé. Mais dans la même phrase, il faut se dire que c'est anormal qu'un bâtiment de santé ne soit pas sauvegardé.

Et je dirais même plus loin, c'est que quand le gouvernement, en novembre, nous parlait de plan de délestage, il n'y avait pas de question sur les 13 millions de personnes en plein hiver qui sont en précarité énergétique, qui ont des problématiques de chauffage, ces oeufs. Il n'y avait pas de réponse à la question des médicalisés à domicile ou ces coupures vraiment grand-angle, ces délestages grand-angle de près de 2 heures pour certaines coupures. Là, ça posait problème à personne. Et puis aujourd'hui, qu'on est dans la contestation, on voit tout de suite les chiens de garde qui sortent du bois pour dire que c'est inadmissible, c'est des criminels. Voilà, c'est ça.

Alors il y a un autre événement qui commence à prendre vraiment beaucoup d'ampleur. Ça a presque même été qualifié d'acte terroriste. Vous auriez voulu faire sauter la préfecture des Bouches-du-Rhône. Est-ce que vous pouvez nous raconter ? Je crois que c'est du même acabit. C'est qu'on essaye de monter en épingle la moindre information, l'événement le plus minime pour nous mettre en porte-à-faux, pour dire derrière, regardez, le mouvement baisse, il se radicalise, c'est des fous. Voici les ennemis de la réunion. Voilà, c'est eux qui sont contre la démocratie. C'est pas démocratique, cette action. Mais en fait, qui a provoqué tout ça ? C'est bien le gouvernement.

Aujourd'hui, comme je l'ai dit et je le redis, la colère a ses limites. Et au bout d'un moment, c'est normal que les travailleuses, les travailleurs, ils reprennent en main leurs outils de travail, mais tous champs professionnels confondus, et même les jeunes d'ailleurs, c'est même pas l'outil de travail, c'est reprenant en main leur avenir pour contester, et puis pour montrer que c'est 100 jours d'apaisement, c'est un mensonge. C'est 100 jours de colère qui seront maintenus jusqu'au bout, tout simplement.

Donc dans le cadre de cette affaire, la préfecture des Bouches-du-Rhône, très syndicaliste interpellée quand même, puis relâchée 24 heures après, tous en poursuite, sauf pour un refus d'obtempérer. Est-ce que vous avez des nouvelles de vos camarades ? Dans notre secteur, c'est des dizaines de camarades qui sont à chaque fois incriminés, des plaintes contrées, on a plus de 300 plaintes qui ont été déposées dans le secteur de l'énergie par les distributeurs. C'est beaucoup de camarades qui sont criminalisés dans le cadre de l'action syndicale. Mais encore une fois, c'est cette politique aussi du ministre Darmanin de vouloir museler la colère.

En fait, aujourd'hui, on a envie de lui dire que ça marche pas. Ça marche pas parce que criminaliser un endroit recommencera à un autre. En fait, l'énergie, elle est partout. Les travailleurs, ils sont partout. Donc on agira partout. Et c'est de toute manière pas juste d'agir contre nous alors que c'est une expression... On est quand même dans le pays des libertés. Et là, on nous reprocherait justement de nous exprimer avec les moyens qui nous sont offerts. Alors des coupures d'électricité lors du Festival de Cannes, c'est là que ça devient intéressant pour les actions coordonnées. Le Grand Prix de Monaco, Roland-Garros sont également prévus.

Vous allez y travailler ensemble, Denis et Fabrice ? On va pas dire ce qu'on va faire dans le détail, mais on travaille ensemble. Et puis de toute façon, il y a différents moyens de s'exprimer. Il y a les mises en sobriété énergétique. Surtout qu'il y a du boulot à Cannes en matière de transition écologique. Donc on va voir. Mais de toute façon, on va aussi trouver le moyen de s'en servir pour faire parler de ce mouvement, parce que c'est aussi un des plus gros événements mondiaux. Je crois que c'est le deuxième après le Jésus-Olympique. Donc on va voir comment on s'exprime. Et puis on va prendre un témoin, un certain nombre de gens.

Puisque le Festival a décidé, par exemple, de sélectionner à nouveau Cannes-Loch. Cannes-Loch, on l'a déjà rencontré en février à Saint-Denis. Il soutient la lutte. Enfin, on va lui demander un petit coup de main. Donc on... Oui, Fabrice. Il faut quand même voir que sur des retentissements comme le Festival de Cannes, on parle de notre mouvement. Là, on en parle déjà. Nous, c'est un moyen de prendre un espace de parole. Et s'il faut faire, on fera. Et on saura se coordonner dans la CGT. C'est ce qu'on fait de mieux. Mais c'est aussi se rendre compte que le président de la République, c'est aussi la risée internationale, quand même. Ce retentissement à l'international, c'est quand même fort.

Là, sur des moments médiatiques, comme le Festival de Cannes, c'est énorme. Encore une fois, nous, on le réaffirme, on n'est pas contre la culture, pas contre le sport, pas contre les loisirs. C'est un moyen d'expression et de dire la colère est toujours là. On a parlé du Festival de Cannes. Il y a aussi les JO. Vous avez certainement vu cette promesse. Pas de retrait, pas de JO. Est-ce que les JO, du coup, sont un levier d'action aussi pour vous ? Les JO, c'est encore très loin. Les JO, ça commence en juillet 2024. Donc, pour l'instant, c'est dans un an et plus d'un an. Ça se prépare. Il y a pas mal de syndicats qui communiquent déjà.

Pour l'instant, il y a déjà eu des actions, notamment en Seine-Saint-Denis, puisque ça se passe essentiellement ici, sur les chantiers. Il y a eu différentes actions à différents endroits. Mais c'est sûr que le gros de l'événement sera dans un an. Donc, on ne sait pas très bien où on en sera. Et puis, comme l'a dit Fabrice, nous, on n'est pas là pour empêcher tous les événements. Mais par contre, pour s'exprimer. Donc, d'ici là, d'ici un an, il y aura l'eau qui aura coulé sous les ponts. Mais par contre, c'est sûr que cette colère n'est pas prête de s'arrêter et qu'il va falloir trouver des moyens de s'exprimer dans la durée. Et ça, c'est sûr que d'abord, il y a les 100 jours. Voilà.

J'allais venir. Il y a une échéance beaucoup plus proche, les 100 jours. Et notamment, le 3 mai, vous avez promis d'en faire une journée nationale de colère dans l'énergie. Est-ce qu'on peut en savoir plus ? Alors, c'est toujours complexe d'annoncer à l'avance. Mais disons que depuis le début de cette mobilisation, on a su montrer qu'on était capable de tout faire dans l'énergie, de la mise en sobriété jusqu'aux baisses de production.

Je tiens quand même à souligner qu'on a aussi eu de grosses initiatives qui sont toujours en cours, de nos robins des bois de l'énergie, avec beaucoup de gratuité pour les bâtiments publics, de rétablissement pour tous les plus précaires, qui étaient coupés malgré la trévie vernale. On n'a pas entendu un mot du gouvernement là-dessus sur les coupures des usagers malgré la trévie vernale. Mais bon, c'est un autre sujet. Ils ont même durci les lois sur le logement contre les impayés de loyer. Alors, ça se rajoute. Complètement.

Mais du coup, pour nous, cette journée du 3 mai, c'est de montrer, un, que la colère est toujours présente dans l'énergie, et deux, qu'on est capable de tout faire en même temps. Donc sur cette journée-là, c'est une journée coordonnée dans notre secteur, mais j'espère qu'il y en aura d'autres et qu'après un 1er mai historique, comme on l'attend tous, il y aura une suite à ce 1er mai. Et le 3 mai, ça, c'est une grande journée de colère pour montrer qu'on est toujours là et qu'on est capable d'agir partout sur l'électricité, le gaz, l'énergie atomique et les mini. Oui, vous avez même indiqué dans votre communiqué que vous promettez d'être imaginatif. C'est exactement ça. Un beau teaser.

Ce qui est chouette dans ce mouvement, c'est vraiment, c'est que même, on n'a pas besoin d'être imaginatif, parce que nos bases, les grévistes sur le terrain, c'est eux qui sont arrivés avec le plus d'imagination.

Et puis, vous savez, quand ça fait 3 mois qu'on est en lutte, qu'on passe du temps sur les piquets de grève, il y a encore des piquets de grève qui sont bientôt à 50 jours de blocage de sites, eh bien, on a le temps de discuter, on a le temps de se coordonner, on a le temps de recréer les entreprises historiques en discutant entre les distributeurs d'aujourd'hui et les producteurs d'aujourd'hui, alors qu'avant, on était une seule et même entreprise qui s'appelait EDF-GDF et qui avait toutes ses vertus. Le fait de pouvoir discuter ensemble comme ça, on imagine des plans d'action, on imagine des décisions collectives qui pourraient être mises en œuvre et qui peuvent être très fortes.

Donc, le gouvernement peut sortir la baguette sans arrêt en voulant nous taper sur les doigts. Il ferait mieux de chercher des bougies parce qu'on a largement de quoi faire sur le secteur de l'énergie pour se faire entendre. Vous maintenez le suspens sur la journée du 3, donc la journée de colère et également celle du 1er mai. Lisa, j'imagine, tu as l'habitude de couvrir ces mobilisations. Il y en a eu énormément, 12, je crois. Le 1er mai, tu seras dans la rue pour nous. Tu peux peut-être nous, comment dire, restituer un petit peu le sentiment de tous ces manifestants et manifestants que tu as croisés, même au cours de ces nombreux reportages.

Le 1er mai, ça annonce vraiment être une journée historique. En fait, oui, ça fait des mois qu'avec pas que moi, tous les journalistes ici, on se balade, entre guillemets, de piqué en piqué et de manifestation en manifestation. Le 1er mai, ça va vraiment, je pense, être... En fait, le 1er mai, c'est la fête des travailleurs, déjà. Donc, qu'ils soient en activité ou pas, ce n'est pas le problème. Mais du coup, ça va être un moyen pour tout le monde de se rassembler, même pour ceux qui ne peuvent pas faire grève. Je pense énormément aux soignants, même s'il y a énormément de soignants qui vont travailler le 1er mai. Pour eux, il n'y a pas de férié, etc. Donc, c'est un peu ça, l'énergie.

J'ai l'impression, c'est de tous se retrouver. J'entends parler beaucoup de gens, que ce soit national ou pas, de monter à Paris pour faire ce 1er mai. Ce qui est intéressant, je pense qu'il ne faut pas... Il y a des gens qui disent, oui, mais c'est juste une marche, etc. Je pense que, comme on disait, c'est la diversité des modes d'action qui est intéressante à regarder là-dedans. Et ce que je trouvais intéressant tout à l'heure, c'était que vous visiez des événements comme le Festival de Cannes, Roland-Garros. Et moi, je trouve ces actions très intéressantes parce que ce n'est pas n'importe quel événement.

Ce n'est pas notre tante ou notre sister qui va au Festival de Cannes ou Roland-Garros. C'est aussi viser les activités bourgeoises. Et c'est ça qui est très intéressant. C'est d'aller, encore une fois, chercher les gens qui essayent de ne pas regarder le peuple, aller les chercher et dire, vous n'avez pas le choix que de regarder le peuple. Donc voilà. Et pour le 1er mai, oui, l'ambiance, il y a beaucoup de, malgré tout, il y a beaucoup de colère, j'ai l'impression, mais il y a aussi beaucoup d'envie de festivité et d'envie de retrouvailles, comme on disait, d'une humanité qui veut se retrouver. Donc ça va être ça, le 1er mai.

Après, évidemment, au 1er mai, malgré tout, il y a des craintes parce qu'il y a une grosse peur de la répression. On a connu d'autres au 1er mai qui étaient extrêmement violents. Évidemment, l'époque des Gilets jaunes, etc. La première réforme des retraites, enfin, la première sous Macron. Donc une grosse crainte aussi sur le dispositif policier. Personnellement, je reviens de la manifestation Bassine. Donc je sais à quel point c'est possible de mettre un gros dispositif policier en place pour qu'il y ait des violences.

Et une diversité d'actions qui va s'exprimer, que ce soit dans les cortèges de tête, que ce soit au fond avec le barbecue ou la CGT, ça va être une représentation de la colère dans le pays qui ne sera pas écoutée par le gouvernement, on le sait déjà, mais qui va continuer. En fait, c'est un rapport de force qui s'installe de plus en plus. Et quand on voit BFM qui est obligé de dire « Tout le monde soutient la réforme des retraites », c'est qu'il y a une petite victoire qui est en train quand même d'avancer. — Alors messieurs, ça sera ma dernière question. Je vous invite à nous attendre pour le second plateau. Qu'est-ce que vous attendez du 1er mai ?

Est-ce que ça représente un tournant pour vous dans cette mobilisation qui dure quand même depuis 3 mois ? — J'espère que ça sera une étape avant la victoire. L'abrogation de cette loi, la non-application, peu importe. Mais une réaction du gouvernement. Je crois que c'est bien de se dire aussi que le 1er mai, il risque d'être aussi riche, notamment sur les manifestations parisaines, mais pas que, puisqu'il y a beaucoup de délégations étrangères qui vont être présentes, je crois plus d'une soixantaine dans les cortèges.

Je crois que cette crainte pour les citoyens qui voudraient y participer, de la violence, de la présence policière et autres, il faut aussi dédramatiser ça et se dire que c'est aussi une bonne ambiance. Les mobilisations, c'est pas qu'on gagne pas qu'avec des cortèges et de la musique, mais c'est aussi un moyen de se rassembler. Plus on sera nombreux, moins il y aura de la dérive, puisque c'est vraiment la masse qui sait pourquoi elle est là. Et je crois que symboliquement, j'espère que ça sera vraiment l'apogée, on va dire, inverse de la médiocrité du président en place, parce que c'est vraiment une espèce d'aboutissement.

Et j'espère que ce sera vraiment une page qui se tourne, mais dans le bon sens, pour dire, c'est bon, c'est fini, on arrête, pour la fête des travailleurs, on arrête. Et très vite, juste, c'est la première fois qu'il y a un 1er mai unitaire depuis très très longtemps avec tous les syndicats. Et depuis le début, le gouvernement a essayé de dire l'intersyndicale va exploser. On est le 1er mai, elle n'a toujours pas explosé. Et je pense pas qu'elle explose, genre le 3 mai. Évidemment, il y a des positionnements différents, mais il y a des liens qui ont été créés, y compris des militants de base, qui se rendent compte de ce que c'est que la lutte.

Et ça, je pense que ça peut durer encore longtemps. Il faut qu'ils s'inquiètent, en face. D'ailleurs, avant le 1er mai, il y a la date du 28 avril, jeudi. Ça sera exactement à l'appel de la CGT, une nouvelle journée de mobilisation. Merci beaucoup, Denis Gravouille, secrétaire général, Fédération nationale CGT du spectacle, et Fabrice Coutour, secrétaire fédéral de la CGT FNME. Et merci à toi, Lisa.