La grande interview : Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteÉludée
Un mot d'abord sur ce que va annoncer ce soir Sébastien Lecornu, Premier ministre, pour aider les automobilistes face à la hausse des prix des carburants.
- 0:17OuverteRéponse partielle
Vous n'entendez rien ou pas grand chose ?
- 0:54OuverteRéponse directe
Donc là vous pensez au RN qui propose de baisser les taxes pour 16 milliards ?
- 1:51OuverteRéponse directe
LFI propose la privatisation de Total Energy, le plafonnement des prix, c'est pareil, c'est la même démarche pour vous ?
- 2:41ComplaisanteRéponse directe
On ne tape pas sur Total Energy.
- 2:53RelanceRéponse directe
Et là aussi où on trouverait l'argent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54Invité politiqueFait
« Vous ne pouvez pas madame, aujourd'hui, annoncer ce que tout le monde attend, c'est-à-dire que tu payes un certain nombre de gens, pas tout le monde, tout le monde n'est pas en même situation, que ceux qui en ont le plus besoin paient un peu moins cher l'essence, c'est aussi simple que ça. »
- 0:59Invité politiqueChiffre
« Et tu les sors d'où les 16 milliards ? »
- 1:57Invité politiqueFait
« Mais c'est de la folie, attendez, Total Energy, moi je n'ai rien pour ni contre honnêtement, ils gagnent beaucoup d'argent, tant mieux pour eux, et évidemment il faut quand même qu'ils aident la collectivité, mais je crois qu'ils le font, je ne crois pas qu'ils payent leurs impôts ailleurs. »
- 2:12Invité politiqueFait
« Mais surtout, c'est comme le luxe, pardon ce n'est pas populaire ce que je dis là, mais par rapport aux gens qui votent pour moi par exemple, je pense que c'est important d'avoir des entreprises françaises qui réussissent, mais on est cinglé de faire le contraire. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Moi je suis fier de voir que même dans le luxe, dans les dix plus gros groupes de luxe, il y en a sept, sept qui sont français, dans le domaine des hydrocarbures et tout ça, il y en a une, c'est Total Energy, protégeons ça. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Il faut juste avoir le courage de dire, on n'a pas assez d'argent pour dire oui à tout le monde. Il va falloir faire des économies, tout le monde doit en faire, et les riches, les riches, doivent payer, contrairement à ce que dit la droite, doivent payer un peu plus que les autres, encore plus que les autres, je suis d'accord. »
- 4:14Invité politiqueChiffre
« Ah oui, c'est pas combien il avait dit, 4 000 euros par mois. »
- 4:42PrésentateurFait
« Robert Ménard, Gérald Darmanin a été en début de semaine en Algérie, voyage express, il a pu s'entretenir avec le président Théboune, notamment à propos de notre confrère Christophe Glez, je sais que son sort vous importe beaucoup. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Ce n'est pas un terroriste, il faut être tombé. Il travaille pour sauve-foot, les gens qui s'intéressent à un journaliste sportif. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Il ne fait pas ça, il a interviewé deux types qui sont des cabiles et qui sont plutôt pour l'autonomie ou l'indépendance. »
- 6:21PrésentateurChiffre
« ni judiciaire, ni sur le dossier des OQTF, on en est désormais à 150 OQTF algériens renvoyés depuis le début de l'année. »
- 6:47Invité politiqueChiffre
« Vous pouvez être respectueux des gens et leur dire, attendez, ils ont 150, 150 par rapport aux plus de 50 000 personnes algériens qui sont concernées par ça. »
- 7:52PrésentateurFait
« vous allez comparaître le 30 septembre prochain devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de marier un homme en situation irrégulière sous OQTF, de nationalité, je crois, algérienne. »
- 8:01PrésentateurChiffre
« Vous risquez 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende, de ne plus être éligible, donc de perdre votre fauteuil de maire. »
- 11:06PrésentateurChiffre
« Jamais la France n'a accueilli autant d'étrangers sur son sol. C'est une étude de l'INED qui a été publiée hier par le Figaro. 8,1% de la population, près de 4 Français sur 10 ont désormais un lien direct ou indirect avec l'immigration. »
Temps de parole
- Robert Ménard82 %
- Présentateur18 %
≈ 4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Robert Ménard, maire de Béziers. Bonjour Robert Ménard, bienvenue dans notre édition du matin, Lettres à Clara, c'est le livre que vous avez écrit aux éditions Télémac. Un mot d'abord sur ce que va annoncer ce soir Sébastien Lecornu, Premier ministre, pour aider les automobilistes face à la hausse des prix des carburants. Vous n'entendez rien ou pas grand chose ?
Non, je ne le dirais même pas comme ça, j'attends qu'il ne raconte pas des craques. Et surtout j'attends que les autres opposants ne disent pas des bêtises. Vous ne pouvez pas madame, aujourd'hui, annoncer ce que tout le monde attend, c'est-à-dire que tu payes un certain nombre de gens, pas tout le monde, tout le monde n'est pas en même situation, que ceux qui en ont le plus besoin paient un peu moins cher l'essence, c'est aussi simple que ça. Mais si tu dis ça, il faut dire en même temps, cet argent, et ça va coûter de l'argent, d'où il sort ? Quand tu es à la maison, si tu achètes un truc, tu te dis bien, d'où veut le sort ?
Donc là vous pensez au RN qui propose de baisser les taxes pour 16 milliards ?
Et tu les sors d'où les 16 milliards ? Parce qu'après c'est les mêmes qui seraient capables de dire, ah regardez le déficit, il est encore plus important, ah regardez on s'endette. Mais quand tu dépenses de l'argent, ou tu augmentes les impôts, ou tu augmentes la dette, ou tu fais des économies. Évidemment c'est plus facile quand tu es dans l'opposition, tu peux dire, tout ça j'y réponds pas.
Moi je trouve qu'aujourd'hui, s'il annonce, et j'espère qu'il le fera, des baisses pour tout un tas de gens, écoutez moi je suis dans une ville où les transports en commun, pardon il n'y a pas le RER, le métro et tout ça, donc tu la prends la bagnole le matin, tu ne peux pas faire autrement parce qu'il n'y a pas d'autre choix. Il faut faire des économies, mais il faut dire où on va faire les économies. C'est ça la démagogie de la politique, et en plus comme on a un an des présidentielles, tu peux tout promettre tant que tu n'es pas aux commandes.
Moi vous savez j'ai appris une chose depuis que je suis maire, c'est que quand tu es aux commandes de quelque chose, tu dis en général un peu moins de conneries.
LFI propose la privatisation de Total Energy, le plafonnement des prix, c'est pareil, c'est la même démarche pour vous ?
Mais c'est de la folie, attendez, Total Energy, moi je n'ai rien pour ni contre honnêtement, ils gagnent beaucoup d'argent, tant mieux pour eux, et évidemment il faut quand même qu'ils aident la collectivité, mais je crois qu'ils le font, je ne crois pas qu'ils payent leurs impôts ailleurs. Mais surtout, c'est comme le luxe, pardon ce n'est pas populaire ce que je dis là, mais par rapport aux gens qui votent pour moi par exemple, je pense que c'est important d'avoir des entreprises françaises qui réussissent, mais on est cinglé de faire le contraire.
Moi je suis fier de voir que même dans le luxe, dans les dix plus gros groupes de luxe, il y en a sept, sept qui sont français, dans le domaine des hydrocarbures et tout ça, il y en a une, c'est Total Energy, protégeons ça.
On ne tape pas sur Total Energy.
Demande, parce que vous pensez, vous pensez une seconde, sans rigoler, vous pensez une seconde que si on nationalise, ce sera mieux géré. Non mais vous avez vu ça où ? Où vous avez vu ça ?
Et là aussi où on trouverait l'argent ?
Et on les paye comment ? On le sort d'où l'argent pour les racheter ?
En fait on ne peut plus rien faire Robert Ménard dans ce pays qui est en faillite, c'est bien ça ?
Si je résume ce que vous me dites ? Non, je pense qu'on peut faire des choses à condition de ne pas promettre n'importe quoi. Moi je vais vous dire, comme maire, ce n'est même pas d'argent dont j'ai le plus besoin. C'est quoi ? C'est qu'on ne m'emmerde pas. Les normes ? Attendez, je vais vous donner un instant. N'importe quel dossier, je vous rends compte, n'importe quoi, tu fais une zone industrielle, tu mets plus d'années. Je vous jure sur la tête de ma fille, plus d'années, à discuter des modalités, à remplir, que de le construire. Aujourd'hui construire un bâtiment, c'est le plus facile. Tout le reste, c'est plus compliqué.
J'en peux plus des chauves-souris, j'en peux plus des chauves-souris parce qu'il y a des chauves-souris protégées, ça vous a peut-être échappé, mais il y a des chauves-souris protégées. Les maires le savent, oui. Ah ouais, mais demandez aux maires.
On est le pays de la norme et de l'inflation de...
On est ça, c'est d'abord ça. Il faut juste avoir le courage de dire, on n'a pas assez d'argent pour dire oui à tout le monde. Il va falloir faire des économies, tout le monde doit en faire, et les riches, les riches, doivent payer, contrairement à ce que dit la droite, doivent payer un peu plus que les autres, encore plus que les autres, je suis d'accord. Mais on va demander des effets.
Et où est-ce que vous mettez le seuil pour la richesse ?
Ah oui, c'est pas combien il avait dit, 4 000 euros par mois. Non, non, enfin il y a des fortunes en France importantes. Oui, dans une période difficile, tu peux leur demander un peu plus d'argent. Moi, pardon, je connais des riches qui sont prêts à le faire. Je pense qu'il y a des gens qui ont de l'argent, ils n'ont peut-être pas besoin d'avoir la sécurité sociale, ils peuvent tout payer eux-mêmes.
Robert Ménard, Gérald Darmanin a été en début de semaine en Algérie, voyage express, il a pu s'entretenir avec le président Théboune, notamment à propos de notre confrère Christophe Glez, je sais que son sort vous importe beaucoup. Est-ce que vous approuvez globalement les efforts du gouvernement pour renouer le dialogue avec l'Algérie, ou est-ce que c'est la diplomatie de la courbette, comme le dit l'ERN ?
Écoutez, il y a deux niveaux sur Christophe Glez. D'abord, il y a ce que dit la diplomatie, ni vous ni moi ne le savons, laissez-le en faire le boulot. Et il y a à nous à continuer, vous le disiez, à taper du poids sur la table, à le rappeler, ça fait plus de deux ans qu'il est en prison. Ce n'est pas un terroriste, il faut être tombé. Il travaille pour sauve-foot, les gens qui s'intéressent à un journaliste sportif. Il ne fait pas ça, il a interviewé deux types qui sont des cabiles et qui sont plutôt pour l'autonomie ou l'indépendance. Ce n'est pas son problème, mais il est interrogé sur le foot, ça c'est une chose.
La deuxième chose, je pense que, je vais vous dire quelque chose, je fais attention parce que comme je suis pieds noirs vite, je peux m'emporter sur ce terrain-là, je pense. D'abord, il faut faire la différence entre le peuple algérien et le régime algérien. Le régime algérien, il ne s'arrêtera pas de taper sur la France. Pourquoi ? C'est consubstantiel ? Parce qu'il vit de ça. Dès qu'il y a un problème en Algérie, putain, qu'est-ce qu'il y a comme problème en Algérie ? Regardez, il y a les révoltes qu'il y a eu ces dernières années et tout. Chaque fois que tu as un parapluie, tu l'ouvres, la colonisation. On tape sur la France. Voilà, c'est ça en fait.
Aujourd'hui, ils te demandent, ils disent, ah oui, il y a des biens mal acquis. Ils veulent que la France rende un certain nombre de biens qui ont été la propriété d'anciens responsables, y compris de ministres et tout. Mais enfin, attendez, les ministres qu'on a, le premier chef de l'État, il était déjà ministre à l'époque. Enfin, il faut arrêter, il faut arrêter.
Sur le dossier des OQTF, qui est vraiment sensible pour nous, parce qu'il n'y avait plus du tout de coopération, ni judiciaire, ni sur le dossier des OQTF, on en est désormais à 150 OQTF algériens renvoyés depuis le début de l'année. On peut se satisfaire de cette reprise de la coopération avec l'Algérie ? Il faut aller plus loin dans ce dialogue de respect, dit-il Gérald Darmanin, et de fermeté.
Vous pouvez être respectueux des gens et leur dire, attendez, ils ont 150, 150 par rapport aux plus de 50 000 personnes algériens qui sont concernées par ça. Il faut juste, alors là, il faut être, moi, je dirais aux gens, et là, le gouvernement aujourd'hui n'est pas assez dur là-dessus, c'est dire, très bien, vous ne donnez pas plus d'OQTF, on vous donne plus de visas.
Alors ça n'a pas marché, c'est ce que dit Gérald Darmanin, ça n'a pas marché, la politique de la fermeté n'a pas marché.
Parce que là, ça a marché, parce que vous croyez qu'ils vont libérer Christophe Glez, vous y croyez sérieusement, aux premières difficultés, ils sont où, le gouvernement algérien, du côté de nous, ou du côté de la démagogie absolue, mais je n'en crois pas un mot. Ça fait, attendez, ça fait 60 ans que ça dure, c'est leur fonds de commerce, c'est ce qui leur permet d'exister, c'est ce qui leur permet de survivre, c'est de dire, chaque fois qu'il y a un problème, c'est la France qui est coupable, c'est le colonialisme. Mon Dieu, avec la richesse pétrolière de l'Algérie, l'Algérie est dans l'état où elle est, mais vous rigolez, c'est des gens, des kleptomanes qui sont à la tête de ce pays.
Robert Ménard, les OQTF, vous connaissez bien le sujet, et de près et pour cause, vous allez comparaître le 30 septembre prochain devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de marier un homme en situation irrégulière sous OQTF, de nationalité, je crois, algérienne. Absolument. Vous risquez 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende, de ne plus être éligible, donc de perdre votre fauteuil de maire. Est-ce que la République marche sur la tête ? On avait Gérald Darmanin qui a dit, il faut faire changer la loi. Est-ce que vous le croyez ? Est-ce qu'il faut faire vite ?
Ah mais moi, je ne lui fais pas de procès d'intention, mais j'ai entendu M. Nunez, qu'est-ce qu'il dit M. Nunez ? Il dit que le maire doit respecter la loi. Mais il se fout de ma gueule. Enfin. D'abord, si j'étais lui, je m'adresserais au chef de l'État qui trouvait que c'était l'U.S. J'attends que M. Nunez demande à M. Macron s'il fallait que j'applique la loi. Il ne l'a jamais dit. Je dis ça parce que c'est le même univers politique et tout, mais il se fout de moi. Je vais marier quelqu'un. Enfin, attendez, c'est comme si toute la police de France vous recherchait, madame. Je serai en face de vous et je dirai, oh, vous êtes là, il n'y a pas de problème.
Enfin, le type, il est recherché pour le mettre dehors parce qu'il est en situation illégale. Il a une OQTF et, attendez, il a été condamné à de la prison et c'est moi qui suis fautif. Non, mais comme dit ma fille, en l'occurrence, tu hallucines. C'est moi qui suis fautif. M. Darmin, il a raison. Non, je ne lui demande pas de prendre plus position que ça. Il est garde des sceaux.
Vous avez échangé avec lui ?
Oui, je l'ai félicité. Bien sûr, je l'ai félicité. Moi, je remercie les gens qui prennent ma défense, et pas que la mienne, qui prennent ma défense, des maires qui fêtent cette opposition. M. Nunez, mais quelle lâcheté ! Il ne peut pas dire que la loi est mal faite. Il ne peut pas dire que ça nous met dans des situations invraisemblables. Il ne peut pas dire que les accords internationaux de la France, ils nous corsètent, ils nous emprisonnent dans des engagements. Non, le mariage ne devrait pas être au-dessus de tout.
Et en plus, quand vous mariez quelqu'un comme ça, qui doit être obligé de quitter le territoire, vous savez pertinemment, madame, qu'après, vous ne le mettrez plus jamais dehors. Théoriquement, vous pouvez le faire, mais plus personne ne le fera. Honnêtement, je suis outré de ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur. Je trouve vraiment qu'il manque de courage, et de façon un tout petit peu anecdotique, qu'il manque de solidarité avec les maires comme moi.
73% des Français, par contre, vous, sont d'acheter ça pour l'Europe 1, CNews et le JDD. Ils pensent qu'il faut interdire les mariages quand l'une des deux personnes est un étranger en situation irrégulière. Est-ce que vous avez peur de perdre votre mairie sur cette affaire-là ?
Bien sûr, j'ai peur. J'ai été élu avec plus de 65% au premier tour. Ça veut dire que les Mitterrois, ils sont plutôt contents du travail que je fais. Et là, je pourrais dans trois mois ne plus être maire. Parce qu'il suffit que je tombe sur un magistrat qui m'aime peu, il doit y en avoir, je suppose, et même pas tous, et qui dit « j'applique la loi », vous vous rendez compte ? Je trouve que c'est un déni de justice invraisemblable. Et les 73% que vous citiez, je pense qu'ils le pensent comme moi, ils le pensent comme moi. Alors que M. Nunez se reprenne un peu. Honnêtement, c'est… On comprend votre colère. Non, mais c'est un coup de poignard dans le dos à mon égard.
Un mot de l'immigration, Robert Ménard. Jamais la France n'a accueilli autant d'étrangers sur son sol. C'est une étude de l'INED qui a été publiée hier par le Figaro. 8,1% de la population, près de 4 Français sur 10 ont désormais un lien direct ou indirect avec l'immigration. C'est un constat désormais. Nous sommes un peuple métissé et il faut faire avec. Non ! Que vous dites, vous ?
Moi, je dis d'abord, il faut arrêter d'accueillir entre 400 et 500 000 personnes par an, parce qu'on ne peut pas. Attendez, on ne peut pas. On le voit, il y a des problèmes avec l'immigration. Comment vous pouvez dire que c'est indolore l'immigration aujourd'hui en France ? Comment ? C'est que vous ne sortez jamais dans la rue, vous venez chez moi, madame, je vous amène dans des endroits. Attendez, il ne s'agit pas de montrer l'immigré en disant « C'est un salopard, un voleur, ça, ce n'est pas vrai.
» Mais aujourd'hui, parce qu'il y a trop d'immigration qui rentre, mais les immigrés eux-mêmes vous le disent, madame, de demander, moi, je peux venir ici à votre antenne avec des gens de chez moi qui sont d'origine immigrée et qui vous diront « Il faut se calmer avec l'immigration. » Donc, il faut arrêter ça. Et ensuite, si on n'arrête pas, si on ne diminue pas drastiquement, on n'y arrive pas. Et ensuite, il faut intégrer les gens. Et les gens, ils ne vous demandent pas du laxisme, madame. Ils ne vous demandent pas ça. Ils ne vous demandent pas de ne pas être fiers de vous. Parce qu'ils sont fiers de leur religion, moi, je veux être fier de la mienne.
Ils ne vous demandent pas, jamais, moi, dans ma ville, et Dieu sait qu'il y a une immigration très importante chez moi, on m'a reproché mon autoritarisme. Personne ne me reproche de dire que les mineurs à 13 ans, quand t'as moins 13 ans, tu rentres à la maison. Sinon, la police te ramène à la maison. Mais il n'y a pas une maman immigrée qui pense le contraire. Qu'est-ce que vous pensez ? Vous êtes mère de famille, vous pensez qu'à 9 ans, tu restes tout seul. Personne ne vous demande ça. Simplement, vous savez ce que c'est notre problème. C'est comme par rapport à l'Algérie. On n'est pas fiers de nous. Comme si on avait honte de notre passé. Comme si on avait honte de ce qu'on défend.
Comme si on avait honte de ce pays qu'on aime. Comme si on avait honte des choses auxquelles on est attaché. Non madame, je n'ai pas envie de pouvoir voiler en face de moi. Voilà, c'est simple.
Est-ce que vous pensez que ce réservoir électoral, on parle de millions de personnes, est l'objectif ultime de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise ?
Bien sûr. Et comme il est nombreux, il faut faire attention. Je vous parle de ma ville parce que c'est ce que je connais le mieux. La France insoumise, ils sont faits moins de 4% dans ma ville où les deux tiers des enfants des écoles publiques sont issus de l'immigration. J'ai regardé, parce que je savais qu'on... Avec l'enquête qualité, je m'ai dit, tiens, je vais regarder bureau de vote par bureau de vote, je vais regarder le score de la France insoumise dans les quartiers de forte immigration. Vous savez, les quartiers, les quartiers. Quand on dit les quartiers, tout le monde comprend de quoi on parle. Mais il faut au maximum 5-6%. Comment vous l'expliquez ? Parce que je leur parle.
Parce que je les respecte. Parce que je ne leur fais pas un procès, pardon d'être méchant, d'être procès sur leur prénom. Je me fous qu'ils s'appellent Mohamed et moi. C'est pour Éric Zemmour. Mais oui, mais il ne faut pas. Il faut leur dire... Moi, attendez, moi, j'ai du respect pour les gens, que tu sois issu de l'immigration ou pas. Je comprends de voix, moi, que tu quittes un certain nombre de pays du Sud et que tu viennes en France, parce qu'il y a quand même mieux la France. Parce que la France, si tu écoutes un certain nombre de gens, c'est terrible, mais il y a des centaines et il y aurait des millions de personnes qui viendraient bien y vivre tous les ans.
Et il faut leur dire qu'il y a des règles. Personne, madame, ne vous reproche de rappeler les règles. Personne ne vous reproche. Simplement, quand vous-même, vous commencez par dire que ces règles, quand même, ce n'est pas bien. Et il faut le faire, parce que sinon, sinon, vous savez ce qu'il y aura ? Il y aura un vote, pas seulement pour la France insoumise, ce qui est déjà une catastrophe, je suis sûr, pour mon pays, il y aura un vote communautaire. Vous avez envie qu'il y ait des candidats qui se retrouvent sur la base de telle ou telle communauté. Pas plus pour le catho que je suis que pour le musulman qui est telle personne dans ma vie. Il ne faut pas ça.
Donc, il faut, et c'est un enjeu-là, il faut parler aux gens, leur dire qu'on aime les gens, qu'on est respectueux, qu'on a envie que leurs enfants, ça se passe bien, qu'il y en a plein pour que ça se passe bien. Il faut demander aux musulmans qui réussissent de leur dire « on peut réussir dans ce pays ».
Et c'est ce que vous faites à Béziers. Juste un exemple de ce que peuvent dire et peuvent dire des élus de la France insoumise, on a Sarah Legrin, par exemple, qui estime que le canon français, vous savez, ces banquets, sème la terreur dans le pays, je la cite. Dans un autre registre, on a Sandrine Rousseau aussi, qui estime qu'il faudrait remplacer le mot « steak » par « cadavre de vache » sur les menus des restaurants. Qu'est-ce que ça vous inspire, en fait ?
Chez moi, on dirait « elles sont jobardes ». Enfin, attendez, vous êtes allé au canon français ? Moi, j'y suis allé. Non. Je les ai reçus les deux dernières années. C'est formidable, madame. C'est juste sympathique. Ça vous gêne, vous, qu'on chante des chansons ?
Ça ne sème pas la terreur ?
Mais enfin, mais c'est une… Mais attendez, où ? Là, je pense que c'est… Honnêtement, là, je pense que ce n'est pas seulement qu'ils ne connaissent pas. Je pense que c'est des salopards de démagogues. Tu ne peux pas dire ça. J'enlève le mot salopard. Oui, retirons. De démagogues. Enfin, attendez, moi, j'y suis allé. Et je vous le dis tout de suite, je les inviterai de nouveau en septembre prochain. C'est dans les arènes. Les arènes chez moi, c'est quoi ? 1800 personnes qui chantent des chansons françaises. Certains ont le béré. Mais c'est une espèce de caricature sympathique. Il n'y a pas un mot désagréable. Quant à… Sandrine Rousseau. Je suis végétarien. Vous tombez bien.
Vous croyez que je vais vous pourrir la vie en vous disant que vous mangez un cadavre atteint. Mais c'est terrible parce que Sandrine Rousseau, dont je ne sais pas si elle est végétarienne, elle va faire détester des gens comme moi. Moi, je ne mange pas de viande, c'est un choix. Et ça me manque tous les jours. Vous voyez, c'est pas… Tous les jours, je rêve. Je l'ai décidé de ne pas manger de viande. Mais attendez, encore une fois, je ne vais pas emmerder les gens avec les choix. On ne peut pas arrêter de casser les bonbons à tout le monde en voulant imposer. Or, j'aime ceci, c'est ce qu'il faut faire. Il faut arrêter. Il faut arrêter.
Robert Ménard, parlons un peu de politique. Parce qu'on vient de parler de la France insoumise, du Rassemblement national aussi. Est-ce que la tenaille RN et les Filles, elle vous semble inéluctable ? Alors, on se parle pour 2027. Est-ce que ce bloc central qui va de la gauche modérée à la droite modérée va pouvoir faire le poids et imposer un candidat pour écarter cette tenaille ?
Ah mais j'espère. Moi, j'espère qu'il va arriver ici. Et où se trouve-t-il ? Ah mais je n'en sais rien. J'espère qu'il va y avoir quelqu'un qui ne soit pas fou furieux, comme vous venez de citer un certain nombre de propos de ce que disent les gens de la France insoumise, qui de l'autre côté, et je ne renvoie pas, je n'ai pas un signe d'égalité entre la France insoumise et le Rassemblement national. Évidemment pas.
Vous feriez le choix du RN au sommet ?
Bien sûr. Enfin, attendez, je ne suis pas… je fais des choix à un moment donné. Non, mais le RN sur les questions économiques, sur les questions sociales, c'est quand même du n'importe quoi, quand même, pour dire. Oui, moi j'espère qu'entre ça, il va naître quelque chose. Je ne sais pas, je ne suis pas sûr quand… Je ne sais pas, je prends M. Darmanin, puisqu'on en parlait à l'instant. M. Darmanin, M. Retailleau, Éric Ciotti, Éric Zemmour, mais au moins les trois premiers…
Gabriel Attal ?
Gabriel Attal, même, on doit pouvoir discuter sur un certain nombre de choses. Il faut faire naître une proposition, mais un peu unitaire. Sinon, l'hypothèse, ça va être M. Mélenchon au deuxième tour. Vous voyez M. Mélenchon au deuxième tour. Enfin, le danger qu'il représente pour ce pays.
C'est-à-dire, c'est quoi ? C'est le chaos assuré, quoi qu'il arrive, quel que soit le résultat ?
Ah non, mais j'espère que… Mais le problème, c'est que comme la France Insoumise, leur rêve, c'est si jamais il y avait un candidat du RN, c'est, comme il a dit, une insurrection populaire. Le maire de Saint-Denis, vous vous rendez compte ? Vous vous rendez compte que des gens… Il dit, oui, ça pourrait être… Mais en dessous, si ça arrivait, ça ne me ferait pas pleurer. Mais vous vous rendez compte dans quelle situation on est ? La France Insoumise, c'est un danger pour la démocratie. Mais je ne serais pas quelqu'un qui dirait qu'il faut interdire la France Insoumise. Je suis un truc de fou furieux, de la même façon que je n'interdirais pas, évidemment, le RN.
Oui, il faut trouver une droite, une droite qui n'est pas en d'elle-même, qui parle aux gens, qui parle sans prudence.
Un peu comme vous le faites, Robert Mélenchon.
Je ne sais pas.
Et alors, je dis pour nos auditeurs, vous avez toujours la barbe, ça veut dire que vous n'y pensez pas en vous rasant le matin.
Mais non, parce qu'il faut être une certitude de soi, un talent de soi, que je ne suis pas sûr d'avoir. Avant le début de l'émission, vous me disiez, je doute toujours. Moi, je doute toujours de moi si tu ne doutes pas. Mais peut-être que de douter, c'est une qualité. Eh oui. Voilà, c'est ce que m'a dit... Les hommes providentiels, parfois, doutent. Providentiels, il ne faut pas se prendre pour une queue de cerise. En tout cas, ce n'est pas au programme pour l'instant. Non, au problème, c'est aider quelqu'un, ou c'est de soi-même, on verra, à faire naître une proposition qui fasse rêver les Français. Ils se disent, tiens !
Rêver ou qu'ils les rassurent ? Non, les deux. Ils en ont marre de rêver et ils ne rêvent plus.
Non, non, les deux. Les rêver, ça veut dire, enfin, un type qui ne me cache pas la vérité, mais qui me dise qu'il y a un espoir dans ce pays. Attends, ce pays, il existera après. Qui que ce soit soit élu, ça existera après. Qui disent, à la fois, voilà, je suis attentif à vous, mais je vous protège en même temps. Vous savez, ces deux choses-là, il faut le faire. Merci beaucoup. Il faut trouver la façon de le dire.
Merci Robert Ménard d'être venu le matin sur CNews et sur Europe. A bonne journée à vous.
Robert Ménard