L'intégrale de l'interview de Sabrina Agresti-Roubache dans les GG
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Les Gigi et les Grandes Gueules sur RMC, RMC Story avec aujourd'hui notre trio Joël Dago-Séry qui est coach de vie. Etienne Yebig, éducateur en Seine-Saint-Denis et puis Bruno Pommard, l'ancien policier du Rennes. On va revenir au gouvernement tel qu'il est en train d'être formé puisque la liste a été présentée au président de la République.
Mais elle va être sûrement encore affinée, il y a des problèmes. On va y revenir avec une sortante justement. RMC, l'invité des Grandes Gueules.
Et c'est Sabrina Agresti-Roubache qui est avec nous, ministre démissionnaire, est en charge de la ville et de la citoyenneté. Bonjour madame. Bonjour à tous.
Est-ce qu'on peut dire que vous ne serez pas dans le gouvernement Barnier ? Ce qu'on peut dire c'est que je suis démissionnaire et sortante. Ça c'est sûr que j'ai fait une jolie note de passation.
Une note de passation c'est quoi ? C'est une note où en gros tu dis tout ce qui a été fait. Donc beaucoup de sujets que Bruno connaît absolument.
Tout ce qui a été fait, tout ce qui reste à faire, on avait reçu les lettres au plafond, donc donné aussi les arbitrages pour que celui ou celle qui va me succéder, parce que ce qui compte à mes yeux selon moi, tu ne laisses pas des dossiers, on ne laisse pas des dossiers aux ministres qui arrivent. On laisse l'avis de millions de gens qu'on avait entre nos mains et qu'on transmet. Donc moi ce qui m'importe, ce n'est pas de savoir je reste, je sors, je suis au milieu, je suis à droite, je suis à gauche, c'est qu'est-ce qu'on va faire à partir de maintenant pour qu'il y ait une continuité dans ce qui a été fait, parce qu'on n'a pas non plus rien fait.
Moi je le vois sur les politiques de la ville, vous connaissez mes sujets par cœur, tous ici sur le zonage des quartiers prioritaires. Depuis 2010 ça n'avait pas été fait, je l'ai fait, donc j'ai rentré 111 quartiers, on en a 1362, on a mis des moyens, des millions d'euros en face justement pour que ces quartiers prioritaires en termes de rénovation urbaine, mais pas que de continuité par exemple pédagogique, sur l'ouverture des collèges le 8h-18h, sur l'extrascolaire, le périscolaire, sur la prévention de la délinquance. Donc ce qui compte pour moi, enfin moi vous voyez, je suis comme vous aussi, je regarde, je me dis mais la vie des gens elle continue, vous savez les gens continuent à vivre sans nous.
Et le gouvernement va continuer parce qu'on a quand même l'impression qu'on va passer d'un gouvernement de Macroniste et de LR à un gouvernement de Macroniste et de LR. Avec une gauche qui a refusé de rentrer. Oui, d'accord, mais certains, et beaucoup même, je dis certains, c'est beaucoup, au 32-16 nous appellent en disant mais finalement voter ça sert à quoi ?
Si ça ne change pas ? Si ça ne change rien ? Non, voter ça sert à plusieurs choses.
Un, à exprimer une volonté. Moi ce que j'ai vu, c'est qu'on a eu 11 millions de votants pour le RN. Ça par contre je l'ai vu.
Bon, donc on ne peut pas dire, moi quand j'entends la gauche exprimer, oui on a gagné, non. Ils ont refusé de participer à un gouvernement d'union nationale. Pourquoi ?
Vous le savez mieux que moi. Ils ont fait des petits calculs pour les prochaines municipales et ils veulent garder leur siège. Ce qui leur importe, ce n'est pas d'exercer la responsabilité, c'est dur.
C'est dur d'être ministre, c'est dur d'exercer des responsabilités. Tu laisses ta famille, tu laisses ta vie, tu n'as plus de vie, tu n'as plus aucune vie et tu passes ton temps à servir les autres. Et c'est un choix et c'est ce qu'il y a de plus honorable.
Je garderai en souvenir une chose, c'est qu'à mon petit niveau, j'ai réussi à changer la vie des autres. Eux, ils ont dit quoi ? On ne veut pas participer et ils ont dit on va censurer Cazeneuve qui est de gauche.
Il me semble bien que Bernard Cazeneuve, pardon, c'est quand même...
Sinon, tu aurais été Cazeneuve. Mais bien sûr, ils le censuraient. Ils le censuraient.
J'en ai discuté moi, enfin avec toutes les parties prenantes, jusqu'au président de la République. Les premiers à avoir dit on censurera Bernard Cazeneuve, qui est issu de leur rang, c'est la gauche. Et pourquoi ?
Parce qu'ils savent très bien que si il y a une autre élection, quoi qu'il arrive, ils comptent leur siège. Et comme ils ont compté leur siège, ils ont préféré garder leur siège plutôt que...
Vous savez, c'est facile d'être dans l'opposition, de dire que vous n'êtes d'accord avec rien. Je l'ai vu sur la dernière élection. J'avais expliqué très tôt, j'étais venue chez vous dire que pour LFI, les quartiers prioritaires, les jeunes des quartiers étaient de la chaire à voter.
Qu'est-ce qu'a expliqué François Ruffin dans son livre ? Exactement ce que j'avais dit, son livre n'était pas sorti. Donc on ne peut pas me soupçonner d'avoir lu son livre avant l'heure.
J'avais décrypté leur stratégie avant tout le monde. Mais en attendant...
Les stratégies qui fonctionnent parce qu'ils sont élus dans ces quartiers. Eh bien, j'invite les jeunes des quartiers, mais vous imaginez...
Ils sont élus dans ces quartiers. Non mais...
Trichons. Ils sont élus par des gens comme moi, les bordeaux de gauche. Pas que, aussi beaucoup de jeunes des quartiers, bien sûr, bien sûr.
Je vous le dis franchement, ils ne votent pas. Je vous le dis, ils ne votent pas, je n'en ai rien à foutre. Oui, mais regardez-moi...
Ils ont fait du rabattage quand même. Écoutez, moi en tout cas, je connais bien Marseille. Je connais bien Marseille.
Je peux vous garantir que dans les quartiers prioritaires de Marseille, en tout cas, le taux de participation a été multiplié par 3, par 4, par 5, par 10, par 3. Donc ça a fonctionné. Ça a fonctionné.
Mais sauf que, je dis aux jeunes des quartiers, est-ce que vous acceptez que Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, et tout, tout simple, bon, on part tous pareil. Ils parlent de vous comme des Noirs et des Arabes. C'est ça le truc.
Moi, vous savez, je suis toujours des missionnaires. Et au niveau de la citoyenneté, donc au ministère de l'Intérieur, je me suis posé la question d'un article 40 pour ça. Parce que pour moi, c'est l'incitation à la haine raciale.
Dans quelle vie on parle de nous, on parle de nous, les enfants des quartiers, comme des Noirs et des Arabes ? Parce que c'est leur fond de commerce. Mais ça, je le sais.
Mais comment les gens qui votent pour eux acceptent ça ? Moi, c'est ça que je me dis. Je me dis, comment est-ce qu'ils osent encore voter pour des gens ?
Peut-être parce que ces Noirs et ces Arabes, comme vous le dites, sont sensibles à un discours qui dénonce la discrimination, qui dénonce aussi des discriminations, des difficultés d'accès à la certaine chose. Non, non, non. Mais alors, c'est facile, très facile, très facile.
Regardez les instances de LFI. Vous avez vu une grande diversité, vous ? Non.
Ah, merci beaucoup. Yorima Hassan. Regardez, regardez, oui, non, mais d'accord.
Regardez au PS. Vous trouvez une grande diversité, vous ? Elle est où, la diversité ?
Parce qu'ils ont besoin des votes, des jeunes des quartiers, comme ils disent, des Noirs et des Arabes, pour bien s'essuyer les pieds dessus et dire, regardez, oh là là, surtout qu'ils restent dans leur quartier. Ils ne veulent pas de l'émancipation. Ils veulent les tenir sans autonomie intellectuelle, philosophique.
Enfin, moi, je suis une enfant des quartiers. Les entretenus de la pauvreté. Mais vous, mais, ben oui, oui, mais je l'avais dit, touche pas à mon pauvre.
Rappelez-vous, je l'avais dit. Touche pas à mon pote. J'avais dit, touche pas à mon pauvre et touche pas à mon pote.
Mais, Sabrina, SOS Racisme, pour moi, c'est exactement, ça a été exactement le même schéma. Ça a permis à certains de se propulser, mais le problème, il existe toujours. – Alors, revenons justement à ce nouveau gouvernement. – Eh oui, il faut faire confiance à la droite pour résoudre le problème. – Non, mais je te l'ai dit, je te l'ai dit. – Ça fait 70 ans que la droite est au pouvoir, elle a résolu. – Non, non, mais quoi, dans ce domaine ? – Non, mais je te parle de l'utilisation des gens de ces quartiers. – Qui se satisfait économiquement qu'il y ait des gens pour aller bosser pour rien ?
Qui fait les travaux les plus pourris ? Et qui est content de trouver tous ces gens ? Qui, pendant le Covid, bossait tous les matins pour aller torcher tout le monde ?
Et pour aller, c'était les gens des quartiers. Et qui est satisfait de ce fonctionnement ? C'est quand même un fonctionnement typiquement décrit capitaliste qui ne s'applique pas complètement la droite.
Moi, ce que vous dites, je ne me reconnais pas du tout. Je vais vous dire un truc, je n'entends pas, moi, Noir et arabe chez les insoumis. J'ai toujours entendu… – Ah bon ? – Ils l'ont écrit, hein ? – Je t'en ai réalisé. – Jean des quartiers populaires. – Ah, c'est subliminal, alors. – Laisse-moi terminer, Jean des quartiers populaires.
Ce que j'entends, là, les gens qui font de la discrimination et les gens qui font de l'essentialisation, – C'est démagogique. – Je l'ai toujours entendu du côté du RN. Et c'est vrai que sur ce plan-là, Macron et les macronistes ont toujours été relativement clean sur cette question-là.
Ils n'ont jamais trop utilisé ça par rapport au RN. Mais il ne faut pas dire que LFI se repose là-dessus. C'est bon. – Oui, mais c'est bon. – On va sortir d'LFI, si vous le permettez, on va sortir d'LFI pour reparler de ce nouveau gouvernement tel qu'il arrive.
Joël, avec Sabrina Agresti-Roubache, alors. Parce que c'est toi qui étais la plus en colère tout à l'heure, justement. – Oui, parce que nouveau gouvernement, en tout cas, je ne sens pas tellement une grande nouveauté, je vous avoue.
Et moi, je me pose une question, c'est la mission que vous aviez au pouvoir, bien sûr, c'était de passer des réformes, etc. Mais c'était aussi de garantir les institutions, garantir la démocratie, aussi garantir la confiance que les citoyens ont envers vous. Et ce qu'a fait le président de la République, quand vous dites que, justement, NFP, il était dans les calculs, etc., moi, j'ai plus senti que le président de la République était aussi dans les petits calculs et de savoir qui n'allait pas trop détricoter tout ce qu'il avait fait, qui, comment est-ce qu'on devait prendre trois horizons, il fallait qu'il y ait un petit peu de LR, etc.
Vraiment, j'ai vraiment senti le calcul politique. – Uniquement du côté du président de la République ? – Non, non, mais de tout le monde, mais je veux dire, le côté du président de la République n'est pas exemple de calcul politique.
Il n'est pas sain, je veux dire, dans sa pratique politique, je n'ai pas senti vraiment quelque chose de très sain. Et j'ai eu l'impression à un moment, je ne sais pas pour vous, mais que nous étions carrément en dehors du jeu et que tout se faisait dans un petit cercle de partis politiques, de gens qui se connaissent, etc. et les Français qui sont tous partis votés en masse, parce que pour le coup, tout d'un coup, étaient exclus des tractations, etc. – Pas tous, pas tous. – Le RN est exclu à gauche ou au RN. – Le RN et les filles sont étus. – Les deux blocs qui sont quand même arrivés, donc le RN et le NFP, en tout cas, je veux dire, tout s'est fait au centre, et à droite, t'es tout petit, t'es tout petit. – Alors, moi j'entends, j'entends et je comprends.
Un, sur le président de la République, je trouve que c'est toujours trop facile de tout lui attribuer. Il dissout l'Assemblée, personne n'est content, il dissout pas l'Assemblée, tout le monde lui demandait la dissolution. Enfin, croyez-moi, je l'ai vécu cette période, donc je l'ai vécu dans ma chair.
Donc, quoi qu'il fasse, il sera contesté, quoi qu'il arrive. Et ça, par contre, c'est factuel. L'autre chose, sur la politique, faire de la politique, c'est noble, c'est bien de faire de la politique.
Mais moi, pourquoi j'en veux tant à la gauche ? Pourquoi je leur en veux ? C'était le moment, c'était le moment de dire, je parle du PS, je parle du PC, je parle des écolos.
De venir et de faire justement ce gouvernement d'union nationale. Quand le président de la République dit, on a perdu, mais personne n'a gagné. C'est vrai, personne ne peut nous contester le fait que personne n'avait gagné.
Cette élection, c'est trois blocs. Et c'est vrai que c'est inédit sous la cinquième. Et je pense que c'est ce qui emmène beaucoup de perturbations.
Mais le président reste quand même le garant des institutions. Il a nommé un Premier ministre. Mais avant de le nommer, avant de nommer Michel Barnier, il a proposé Bernard Cazeneuve, je le répète.
Il était prêt à y aller en disant à la gauche, est-ce que vous censurez ? Ils sont venus dans son bureau ? Sabrina, Agresti Roubaix, ce n'est pas tout à fait ça.
Ils voulaient Bernard Cazeneuve, mais ils voulaient un Bernard Cazeneuve qui ne remette pas en cause à la forme de retraite, qui ne mette pas le SMIC à 1 600 euros. Mais il me semble que Bernard Cazeneuve a discuté. C'est pour ça d'ailleurs que Lucie Kastien n'avait aucune chance, parce qu'Emmanuel Macron avait quand même comme ligne rouge, parce que tout le monde a des lignes rouges maintenant, avait comme ligne rouge de ne pas remettre en cause son bilan.
Or, cette gauche, que ce n'est pas Bernard Cazeneuve, cette gauche voulait quand même remettre en cause deux choses importantes, la réforme des retraites et le suivi de la justice. Ils ont été élus là-dessus. Mais pas majoritairement.
Mais Macron, tu as fait le rembêcher. C'est un système majoritaire. Excusez-moi, il y avait néanmoins des questions qui étaient quand même essentielles.
Et notamment, moi, ça me fait marrer quand on voit des gens qui nous disent « Faites rentrer les écolos ». Mais comme si, parce qu'il allait y avoir un ministre écolo, d'un seul coup, le gouvernement de droite changerait et aurait une pensée écologiste. Ils disent « Vous n'en avez rien à foutre de l'écologie. » Depuis le début, c'est vraiment le cadet de vos soucis. – Le président Michel Barnier, il en a fait plus que Marine Tourdelier. – Mais bien sûr que si, mais bien sûr que si. – Alors réponse. – Moi, quand je suis nommée à la ville, au ministère de la Ville, au départ, dès ma nomination, c'était juillet 2023.
Je dis « Je veux plus de bleu et plus de vert dans les quartiers ». Ça voulait dire quoi ? Ça voulait dire que je voulais de la transition écologique, et je l'avais dit, pour les gens des quartiers prioritaires.
Je me suis vue répondre quoi ? Vous ne pensez pas qu'il y a d'autres priorités ? J'ai dit « Ben non, plus de bleu, parce que les gens vous demandent plus de sécurité ».
Et c'est factuel, il ne faut jamais avoir mis ses pieds dans un quartier pour ne pas comprendre que la sécurité, c'est ce qui inquiète. Renaud, vous le savez comme moi, la première chose qui inquiète les gens dans les quartiers, c'est la sécurité. Et plus de vert, pourquoi ?
J'ai dit « mieux manger, mieux dormir, mieux se loger ». Et j'ai réussi à obtenir, même si le fonds vert a été retoqué, j'obtenais 15% des crédits qui m'étaient attribués sur quelques milliards. C'était toujours ça de prix, toujours ça de… Il faut arrêter de dire que la transition écologique, c'est que les écolos.
Ce n'est pas vrai. De toute façon, les écolos, il ne faut pas beaucoup de… Je ne suis pas une écolos. Pour moi, c'est un sujet.
Alors, on va continuer la discussion avec vous, Sabrina Gresti-Roubache, dans ça. Les grandes gueules avec la ministre des missionnaires, secrétaire d'État à la ville et à la citoyenneté, Sabrina Gresti-Roubache. J'ai entendu quand même que tout le premier quart d'heure, elle a parlé au passé.
Donc visiblement, c'est une aventure qui est terminée. Non, parce qu'elle a dit « j'ai transmis les dossiers, ce que je regretterais ». J'ai perdu la clé de mon bureau.
Non, mais question personnelle. Non, il est nickel, il est très propre, comme à ma maison. Question personnelle, puisque vous avez été battu aux législatives en juillet dernier, vous ne serez plus ministre, c'est ce qu'on a compris.
Est-ce que vous retournez dans la vie civile, c'est-à-dire que vous étiez plutôt dans le domaine des médias, de la télé, etc., productrice ? Est-ce que vous retournez ou est-ce que vous avez envie encore de faire la politique ?
Moi, je pense qu'une pause s'impose. Parfois, les pauses, tu ne les prévois pas et elles arrivent. Et c'est toujours bien de faire un petit pas de côté.
Anathana Lamérim, merci. Non, je vais vous dire. Mais quand on a un métier, c'est plus facile.
Je suis très en colère contre les Marseillais quand je vois ce qu'est devenue ma ville, une ville d'immigration, 2600 ans d'histoire, qui vote massivement RN. Je n'ai pas encore compris l'histoire, mais on verra ce que ça donnera. Ce qui est sûr, faire une pause, ce n'est pas s'arrêter.
Faire une pause, c'est réfléchir, prendre le temps et le recul. Le recul d'analyser ce qui s'est passé. Je pense qu'être tout le temps dans l'action, être tout le temps sous les feux des projecteurs, être tout le temps dans un truc qui ne s'arrête jamais, c'est très mauvais.
Et puis maintenant, ça va trop vite. Tu fais deux ans en politique, comme tu en faisais dix avant. Donc moi, j'ai été élu en demi.
Il y a certains qui ne décrochent jamais. Parce que c'est leur métier. Je pense par exemple à François Bayrou, qui visiblement n'est pas très content de la liste qui a chuté du gouvernement.
Il n'est pas dedans. Il a convoqué tout le modem en visioconférence pour une réunion qui doit démarrer à 11h30, donc dans quelques minutes. Alors, pourquoi il ne serait pas content ?
Parce que le gouvernement est trop à droite ? Il faudra lui poser la question, mais j'ai lu un petit peu des déclarations. Je pense qu'il a et il veut avoir son mot à dire, et c'est tout à fait légitime.
Moi, je ne parle jamais à la place des gens, et puis je le connais assez peu en réalité. Mais oui, je pense qu'il a un message très politique. C'est un moment très politique.
Ce moment-là est très politique. Oui, mais on a l'impression que c'est quand même de nouveau la République des partis. C'est-à-dire que chaque parti veut compter ses pions, voir s'il est bien servi, etc.
On est dans un régime majoritaire, vous avez raison. Et c'était ça la 4ème République, mais c'est ce que de Gaulle ne voulait plus. Absolument.
Les partis qui décidaient de tout, quoi. Absolument. Sauf que maintenant, qui aurait pu prévoir que nous aurions trois blocs, à peu près équivalents, à quelques dizaines, à peu près équivalents, mais sauf que pour faire passer un texte, je vous le disais juste hors plateau, quand j'ai dû faire passer ma loi, parce que sous l'air Gabriel Attal, deux lois sont passées, celle de Casbarian sur les coprodégradés, et la mienne sur les dérives sectaires.
Elle était obligée d'aller chercher une majorité. Et moi, pour vous dire qu'on s'est travaillé ensemble, et de manière très transpartisane. Je l'ai dit dès le jour de mon élection, en 2022, quand j'ai été élu député, de dire qu'il faut travailler avec les autres.
Et je suis allée chercher les socialistes, donc là, en l'occurrence, c'était Arthur Delaporte, je suis allée chercher les LR sur l'abstention, et à l'époque, au Sénat, Bruno Rotaillot avait fait vraiment des choses. On avait travaillé de manière très loyale. Donc c'est possible.
Mais oui, c'est possible. Loin des caméras et des jeux de plateau, quoi. Ce qui s'impose maintenant, ce qui s'impose maintenant, au-delà du jeu politique des uns et des autres, ce qui s'impose, c'est que, dehors, je l'entends, vous l'entendez comme moi, vos auditeurs, enfin, on va parler de ma mère.
Ma mère me dit « Mais comment vous faites pour ne pas vous entendre ? » Parce que sa mère n'est pas de DGG. Elle n'est pas de DGG.
Mais ce que je veux dire, tu ne travailles pas toute ta vie qu'avec des gens que tu adores et avec qui tu pars en vacances. Voilà. C'est quoi qui compte ?
L'intérêt général. Quand tu t'impliques dans quelque chose, quand je parle de mon ministère, de mes deux magnifiques portefeuilles, je me dis « Moi, je ne vais pas laisser du papelard, je ne vais pas laisser un dossier. Je laisse la vie des gens, de millions de gens entre les mains. » Et je crois qu'il est temps peut-être aussi de réfléchir sur les méthodes, sur comment les gens se mobilisent, pourquoi ils se mobilisent.
Quand je lance un appel aux jeunes des quartiers en disant « Mais vous ne voyez pas que vous êtes utilisés ? » Et quand je parle des électeurs du RN, je l'avais écrit avant tout le monde, pareil, les électeurs du RN ne sont pas nos ennemis. Je n'avais pas dit Marine Le Pen est ma copine.
J'ai dit « Les électeurs du RN ne sont pas nos ennemis. » Ça veut dire que de les traiter de fachos, ça ne suffit plus. Ça fait 40 ans qu'on le fait.
Regardez le résultat. Donc, à un moment donné, je pense que c'est peut-être un moment. Quand je dis politique avec un grand P...
On va apprendre à travailler ensemble. Non, obligé. Sur la rigueur budgétaire, on n'est pas d'accord.
Sur l'immigration, on n'est pas d'accord. Sur la police, on n'est pas d'accord. Trouver des consensus, des accords.
Emmanuel Macron en 2017, il a été pour ça. Il n'a jamais autant divisé le pays. Le RN n'a jamais été aussi haut.
Ça veut dire que les consensus, vous ne les avez pas trouvés ? Non, ça veut dire plus que ça. Non, si, si.
Ça veut dire plus que ça. Vous êtes élu. Il a été élu deux fois d'affilée.
Je rappelle quand même à tout le monde qu'en 2022, il ne me semble pas qu'il ait volé son élection. C'est pas ce que j'ai dit. S'il y en a bien un seul qui a été très bien élu comparé à nous, les députés de l'époque, puisque nous étions en majorité relative, c'est quand même le président de la République.
Donc, les Français ont voté. Ils ont dit des choses. Non, mais ça veut dire qu'ils ont validé son premier quinquennat.
Macron, comme là, au deuxième tour des élections législatives, ça ne veut pas dire qu'ils ont voté pour le nouveau Front populaire. Elles ont voté pour faire barrage au Rassemblement national. Ça ne veut pas dire que vous adhériez aux idées.
Non, mais ça veut dire quelque chose. Ça veut dire quelque chose que, justement, ce scrutin majoritaire, c'est-à-dire à chaque fois où tu dois avoir tout le temps des majorités pour faire passer le moindre texte, je pense qu'il est temps d'y réfléchir. Mais vraiment, vraiment.
Et que les gens nous ont envoyé des messages, mais ils ont ce qu'ils veulent dans l'hémicycle. Et je vais vous dire, on ne vote pas pour vous parce que vous êtes compétent, parce que vous êtes utile, ou parce qu'on vous reconnaît une certaine utilité. Vraiment, il faut arrêter en politique, ça ne marche pas comme ça.
Les gens votent selon une humeur, selon un courant. Là, il s'avère qu'on avait le courant contre nous. En 2017, il était avec nous.
Bon, mais voilà. Mais justement, c'est un peu la question, puisque vous avez eu cette expérience-là. Véritablement, parce qu'on nous dit, on aurait pu avoir un gouvernement technique, c'est-à-dire finalement un gouvernement de gens qui, en fait, les hauts fonctionnaires qui dirigent le pays.
Et puis, voilà. Je voudrais savoir quel est, si vous deviez donner un pourcentage de votre empreinte personnelle, c'est-à-dire de ce qu'est votre pensée, à vous, que vous êtes arrivé à insuffler, et ce qui est de l'ordre, du finalement, du fonctionnement normal d'État. Vous n'auriez pas été là, ça aurait été quelqu'un d'autre, ça aurait été la même chose.
Très bonne question. Parce que pour nous, parce que pour nous qui regardons la politique, des fois, on a l'impression que finalement, d'abord, ce gouvernement, la Barnier, on a l'impression qu'il n'y a aucun souffle politique derrière. C'est-à-dire qu'on a mis des gens là, qu'il n'y a pas d'idéologie réelle, qui vont essayer de gérer ça au mieux pour ne pas se casser la gueule.
Mais en tant que citoyen, comme ça, on se dit, est-ce que vraiment ça existe, la politique ? Oui, parce que moi, je vois que sur les quartiers prioritaires, par exemple, et sur les demandeurs d'asile, les réfugiés, c'est ce que j'avais dans mon portefeuille sur la prévention de la délinquance. Enfin, Bruno, on est le premier témoin.
Ouais, le politique, tu emmènes ta patte. Quand même, c'est toi qui donnes les grandes orientations à l'administration. Elle exécute ou elle bloque ?
Non, elle exécute. Pas toujours. Ça dépend du ministre.
Ça dépend si le ministre est bon. Ah oui, il faut taper dedans. Ben oui.
Non, mais ça dépend...
Non, moi, je n'ai pas eu le besoin de taper. Non, moi, je dépends du ministère de l'Intérieur. Bruno.
Je dépends du ministère de l'Intérieur et de la transition écologique. Et vraiment, en plus, je profite de ce moment pour rendre un hommage appuyé aux fonctionnaires, à l'administration, aux administratifs. Et à la haute fonction publique.
Ce n'est pas elle qui bloque ? Ce n'est pas elle qui empêche toutes les réformes dans ce pays depuis tant d'années ? Moi, j'ai fait faire des choses très compliquées.
Franchement, ils auraient pu me dire « Là, tout de suite, on n'a pas envie ». Ça a été fait. Le zonage des quartiers prioritaires, ça a été un casse-tête.
Ça fait 10 ans qu'on n'y arrive pas. Je suis, encore une fois, nommée en juillet. Je le valide le 31 décembre et je signe mon décret le 1er janvier 2024.
Donc, ça veut dire que quand tu as un politique qui sait parler à ses administrations, qui, justement, ne les prend pas de haut...
Parce que, vous savez, les ministres passent, les administrations restent. Et s'il y a un truc que j'ai bien compris en politique, nous ne sommes que des invités dans nos ministères. On n'est pas des permanents, on est des invités.
Et vous n'étiez pas une professionnelle ? Et pas du tout une professionnelle, une vie de la vraie vie. Une vie de la vraie vie.
Elle a tout à fait raison parce que le ministre, il a un souffle, etc. Il a une administration derrière et il est obligé de s'appuyer sur son administration. Il ne peut pas faire autrement.
Maintenant, il y a des façons de faire, mais en même temps, il y a le caractère du ministre qui est capable de dire, d'imposer à un moment donné à Bercy et à son nom du ministre. Bien sûr. C'est quand même un sacré boulot.
Bien sûr. Ce qui est aussi important, je pense, c'est la faisabilité parce que on a eu beaucoup de communication. Vous, vous êtes engagé sur des choses, c'est le quartier prioritaire, je les connais, on sait que c'est quelque chose de longue haleine.
D'accord. Mais on a aussi eu des propositions, par exemple, du ministre Attal. Je prends juste un exemple.
Sur le brevet, par exemple. Ma fille a été concernée. Voilà, exactement.
La mienne aussi. Et on apprend que finalement, ce qu'il avait dit, que attention à la rentrée prochaine, attention mesdames et messieurs, c'est terminé, vous ne passerez plus en seconde sans ça, etc. On apprend qu'en fait, finalement, non.
Et en fait, beaucoup de choses sont comme ça. Beaucoup de choses sont annoncées avec cette impression où...
Et d'ailleurs, c'est pour ça que je pense que les Français ont dit « On veut Attal ». Parce qu'il nous a donné l'impression de quelqu'un qui prend en main les choses et qui comprend. Ce n'était pas une impression.
Non, mais je comprends. Mais ce que je veux dire, c'est que derrière, quand nous, les Français, on se retrouve face aux mesures qui ont été annoncées, on nous apprend qu'en fait, non, ce n'est pas faisable. Ce n'est pas faisable.
Ou alors c'était trop tôt, etc. Les arbitraires, il y a beaucoup de choses. C'est pour ça que je dis, vous avez la vie des mains entre les gens, entre leurs mains, mais vous avez aussi leur confiance.
Et quand moi, je suis confrontée à ça quand je vais à la réunion et qu'on me dit qu'en fait, non, cette réforme du brevet, elle ne sera pas appliquée, je me dis, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Je vais vous parler de quelque chose de fondamental, le temps long. Est-ce que vous pensez que vous réussissez à changer les choses dans une entreprise ?
Non, il faut du temps. Il faut y arriver à là. Il a changé les gouvernements, ses ministères, certains sont restés.
On avait calculé au ministère de la Santé, il y a eu neuf ministres sous Macron au mise à la santé en sept ans. C'est quand même malade. Comment on peut changer les choses si on change à chaque fois de mille de...
Il y a un problème. Dans la méthode, pardon. Je parle du temps long.
Alors maintenant, il restait longtemps, lui. Voilà. Non, mais c'est pour ça.
Je vous dis, moi, je dois être...
Quand j'ai une mauvaise référence, c'est que je n'ai comme référence uniquement que Gérald Darmanin, sous la tutelle duquel j'étais. C'est le record. Il y a eu Sarkozy et après c'est lui.
Et vous voyez, on a voté la LOPMI, c'était 15 milliards d'euros, la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur. C'est quand même celui qui a fait les JO. Je vous rappelle que les Jeux olympiques et paralympiques ont été un magnifique succès, qu'il n'y a pas eu de problème.
Pas de problème de sécurité, c'est vrai. Absolument. C'est pour ça que je parle du temps long.
Il y a un sujet qu'on n'a pas abordé quand même. C'est ce que vous voulez. C'est la dette.
Les années Macron, ce sont des années où la France s'est fortement endettée. Vous allez me dire, il y a eu le Covid, la crise sanitaire, la crise énergétique. C'est réel.
Mais on sait aussi, et la Cour des comptes nous l'a dit, que la dette n'est pas due uniquement au Covid et à la crise de l'énergie. On a fait des chèques, on dépense en fait trop, on dépense de l'argent qu'on n'a pas. Ce n'est pas ça le plus grand échec d'Emmanuel Macron ?
Alors, non. Je vais vous donner, moi, mon point de vue. Mon point de vue et je l'ai vécu, justement, au niveau de tous mes portefeuilles et qui sont impactés par ces fameuses lettres plafond et la mienne, je suis à l'aise avec, elle a fuité deux jours après.
Donc, elle est sur la place publique. Plusieurs choses. Moi, je me rappelle très bien de cette période du Covid où tout le monde demandait à dépenser à tir l'arigot.
Vous êtes d'accord ou pas ? Tous les partis réunis. Personne n'a voulu compter, on voulait sauver tout le monde et je pense que c'est ce qu'il fallait faire.
Et on a peut-être donné trop quand même. Alors, je vais vous dire un truc que j'ai vu pendant les élections. Et franchement, il faut avoir peut-être un drôle de tempérament pour vous dire ce que je crois.
Morceau de viande avalée n'a plus de saveur. C'est un proverbe provençal. Ça veut dire qu'une fois que vous avez donné, plus personne ne vous reconnaît que ça a été utile.
Ça, c'est pour la partie Covid parce que moi, pendant la campagne, je l'ai entendu. Oui, comment ? Vous avez beaucoup dépensé.
Et tu demandes. Mais vous faites quoi, monsieur ? Moi, je suis artisan.
Et combien vous avez eu pendant le Covid ? Je prenais 10 000 euros par mois. J'avais si le chômage technique payé.
Bon, excusez-moi. Tout à fait. Sauf qu'il n'y a rien de grave.
Mais le Covid s'est arrêté et on a continué à faire des chèques. Absolument. Parce que l'essence était trop chère.
Et sur les dépenses de l'État. Oui, vous avez raison. Et sur les dépenses de l'État, là où on doit faire des économies.
Moi, j'invite tout le monde à aller regarder ce qui se passe au niveau, par exemple, des marchés publics. Un stylo qui coûte 2 centimes parce que vous devez passer par un marché public. Toutes les collectivités territoriales et locales, vous le diront, et les ministères en premier.
Ça coûte 0 centime d'euro, 0,2 centimes. Vous le payez par le marché public, 10 euros. Donc tu te dis, peut-être qu'on va aller regarder de ce côté-là pour faire un peu des économies.
C'est la vraie vie. Il faut le faire. Moi, je crois aux choses de la vraie vie.
Tous les gens, d'ailleurs, dans leur vie. Absolument. Comment vous faites ?
Ils n'ont pas d'argent, on ne l'achète pas. On réduit les dépenses. Merci Sabrina Gristier-Roubache.
Merci ministre démissionnaire de la Ville de la Citoyenneté. Merci à vous. Merci d'être passée par les grandes gueules.
Sabrina Agresti Roubache