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interviewLe Média — Podcasts· 7 janvier 2025 21 min

On a passé le discours de Macron au "détecteur de mensonge"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Salut à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets de Nice-Villequeux sur le Média, le premier de l'année, une émission qui vous conduit dans les dédats de la politique française telle qu'on la raconte peu, sans filtre, sans langue de bois, sans concession. Une émission portée à bout de bras par Nice-Villequeux, journaliste politique jusqu'au bout des ongles, qui a un carnet d'adresses longues comme un jour sans pain et qui sait nous en faire profiter.

Une émission qui n'existe que parce que vous, notre public, vous la financez, comme vous financez le Média, première chaîne d'info indépendante de France, diffusée sur le canal 165 de la Freebox, sur Youtube, sur Molotov et sur notre site, lemediatv.fr. Au sommaire, le discours de fin d'année d'Emmanuel Macron que Niels a passé au détecteur de vérité et les vraies raisons de la nomination, du comeback de Manuel Valls au gouvernement. Salut Niels ! Salut Théo ! Bonne année à tous les abonnés au Média. Alors, c'est ton boulot, tu t'es tapé les feux de Macron pour passer de 2024 à 2025.

Oui, alors je m'étais promis de prendre quelques jours de congé, mais enfin on a eu, juste avant Noël, la constitution d'un nouveau gouvernement, comme on le sait, nous, journalistes politiques, et comme on le sait aussi aux médias, parce qu'il a bien fallu couvrir la nouvelle. Et puis après, on a eu ces fameux, ces fiches cheveux qui arrivent chaque année. Bon, alors il a bien fallu les suivre. Alors, ils ont été quand même moins suivis cette année en termes d'audience, elle a j'appris.

Ceci dit, il y a eu quand même 11 minutes de vidéos avec de très belles images des Jeux Olympiques, de la cathédrale, on peut dire que le président s'est un peu muet en commentateur de clips, comme on le voit sur ces images qui défilent en ce moment même. Les images un peu marquantes de l'année écoulée, le procès Pellico auquel le président a pris toute sa part, non, évidemment. Les Jeux Olympiques qui avaient été validés par François Hollande. Notre-Dame, bien sûr, voilà, bon, un maigre bilan pour sa présidence, mais il fallait bien meubler.

Alors, il y a un terme qui a été beaucoup repris dans les médias, c'est le mot « mea culpa » et dans la presse aussi, puisque Macron aurait reconnu lors de ses voeux aux Français, donc ce 31 décembre, que la dissolution n'était pas une bonne idée. Or, ce n'est pas tout à fait vrai. Regardez la séquence.

2:39
Emmanuel Macron

C'était pour vous redonner la parole, pour retrouver de la clarté et éviter l'immobilisme qui menaçait. Mais la lucidité et l'humilité commandent de reconnaître qu'à cette heure, cette décision a produit plus d'instabilité que de sérénité, et j'en prends toute ma part.

2:56
Présentateur

Alors, Nils, tu as marqué au stabilo un certain nombre de phrases clés de ce discours. Oui, il explique « je dois bien reconnaître que la dissolution a apporté pour le moment davantage de divisions à l'Assemblée que de solutions pour les Français », a affirmé Emmanuel Macron. « La lucidité et l'humilité commandent de reconnaître qu'à cette heure, cette décision a produit plus d'instabilité que de sérénité, et j'en prends toute ma part. » Voilà. Alors, la lucidité et l'humilité, venant d'Emmanuel Macron, on en parle, je pense, toutes les semaines d'ailleurs, maintenant, dans cette émission.

Ce n'est pas franchement les deux termes, Théo, tu ne me contrederas pas, qui nous viennent quand on parle de notre président actuel. Alors, qu'est-ce qu'il fait ? En fait, je ne vais pas donner de cours de sémantique, ce n'est pas mon rôle. Mais enfin, c'est une chose de reconnaître qu'une décision qu'il a prise n'a pas fonctionné, c'en est une autre de reconnaître que sa décision était une erreur, et c'est un pas qu'il n'a pas franchi en réalité. Si on regarde les images, si on réécoute les images et la locution, tout le monde a parlé de mes accoutes de pas.

En fait, il rejette la faute sur la solution qu'il a lui-même choisie, tout en omettant, en fait, de désigner le responsable de cette solution, c'est-à-dire lui-même. C'est du pur Macron. Alors, autre macronade, c'est le fameux référendum, puisque les médias et la presse se sont précipités sur ce mot, là encore probablement distillé par l'Élysée comme élément de langage. Mais en réalité, Emmanuel Macron s'est bien gardé explicitement d'y recourir. Il a émis l'idée de demander aux Français de trancher sur certains sujets déterminants. C'est quand même tout à fait autre chose.

Et l'Élysée a expliqué qu'effectivement, aux journalistes, lors des briefs qui sont organisés, vous savez, c'est ces petites réunions en visio qui sont organisées avec les journalistes politiques qui suivent le palais. Mais effectivement, le mot référendum a été glissé comme élément de langage, mais c'est une solution parmi d'autres. Alors évidemment, les oppositions se sont précipitées, se sont engouffrées dans la brèche. On a vu notamment Sandrine Rousseau proposer un référendum sur les retraites. On l'écoute.

5:09
Invité

En fait, tous ces sujets-là mériteraient, parce qu'avant les référendums, il y a toujours des phases de débat intenses, donc des phases aussi où on s'informe, on échange, on comprend peut-être aussi davantage un sujet aussi technique que peut l'être le nucléaire, ou pas d'ailleurs, et les énergies renouvelables. Et en fait, ce seraient aussi des moments de débat démocratique absolument indispensables. Mais moi, vraiment, je n'ai pas entendu de volonté de déblocage de la situation par Emmanuel Macron hier. Et je rappelle qu'il y a un sujet qui débloquerait tout. Ce serait la question des retraites.

5:44
Présentateur

Alors Nils, tu as creusé pour en savoir plus à propos de ce référendum qui ne dit pas son nom et qui n'en est peut-être pas un. Oui, parce que selon les informations, Macron n'a aucune envie de faire un référendum sur sa réforme chérie, des retraites notamment, qui est toujours détesté par les trois quarts des Français, mais il reste persuadé que c'était la seule option, selon lui, pour sauver les comptes publics. Et donc, la proposition de Sandrine Rousseau a peu de chances d'être suivie des faits. Et de toute façon, l'idée d'un référendum, en fait, c'est une option parmi d'autres.

J'ai interrogé une source précieuse qui est à l'Elysée, qui m'explique référendum, convention citoyenne, en fait, tout est sur la table. Et on est très, très loin d'un engagement ferme sur le sujet. Alors, j'ai posé la question aussi à un ancien conseiller d'Emmanuel Macron, qui me dit, mais non, un référendum, c'est très peu probable, ce sera plus probablement une convention citoyenne, comme sur le climat ou la fin de vie qui n'accouchera de rien, si ce n'est de ses propres volontés. C'est ce que m'a expliqué cet interlocuteur que j'ai consulté pour préparer cette émission.

Alors, effectivement, le référendum est quand même prévu, notamment à l'article 11 ou à l'article 89 de la Constitution. C'est une procédure quand même qui est très rare, sous la cinquième. Au niveau national, elle a été maintes fois évoquée par Emmanuel Macron depuis le début de sa présidence en 2017 et n'est jamais utilisée. Alors, on l'écoute notamment en 2017, c'était sur BFM.

7:13
Emmanuel Macron

Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. Car il s'agit ici de rien moins que de retisser entre les Français et la République le rapport qui s'est dissous dans l'exercice mécanique du pouvoir. Je veux réveiller avec vous le sens du pacte civique. Je veux que l'efficacité, la représentativité et la responsabilité fassent émerger clairement et fortement une République contractuelle.

7:43
Présentateur

Voilà une première promesse. Puis, plus récemment, le 11 avril 2024, c'était pendant la campagne présidentielle. Écoutons notre président. Est-ce que, sur cette question si sensible, un référendum peut être envisagé

7:59
Emmanuel Macron

ou ce n'est pas votre philosophie ? Non, je n'exclus pas le référendum pour quelque réforme que ce soit. Je l'ai dit, je suis pour le retrouver. Là, notre discussion, elle me permet de clarifier des choses. Et tous les échanges que j'ai eus ces derniers jours avec nos compatriotes me montrent que ces clarifications sont nécessaires parce qu'on avait retenu qu'un chiffre magique qui n'arrive pas avant 2030, premier mois. Ce chiffre magique, ça pourrait être 64 ou c'est forcément 65 ? Non, mais... Mais ça dépend quel horizon on se donne. Si on se dit, on n'est pas prêt à faire une réforme pour 2030, on veut le faire plus tôt.

Si c'est ce qui peut bâtir un compromis, un consensus avec des femmes et des hommes, pour qui c'est important ? Vous savez, moi, je veux rassembler. Donc, vous ouvrez la porte ? J'ouvre la porte très clairement. On verra. Je veux, si vous voulez. C'est ma marque de fabrique ? J'ai toujours dit la vérité aux gens.

8:43
Présentateur

Macron qui assure que sa marque de fabrique, c'est de dire la vérité aux gens. Bon, il fallait oser quand même. En réalité, m'explique mon interlocuteur qui a conseillé Emmanuel Macron un temps, en évoquant l'idée de redonner la parole aux Français, c'est une manière évidemment de se remettre au centre du jeu. C'est un peu toujours les mêmes combines, Théo, avec Macron. C'est un peu un jour sans fin. Et puis, de toute façon, sur les sujets comme l'immigration ou la fin de vie, les référendums ne seraient sans doute pas possibles.

C'est ce que les constitutionnalistes se sont empressés de préciser, notamment Benjamin Morel, qui est constitutionnaliste et maître de conférences en droit public à l'université Panthéon-Assas, qui a fait un petit post sur X après le discours du président en disant que les référendums doivent porter sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics. Et donc, la fin de vie ou l'immigration ne font pas partie des sujets qui pourraient être départagés par les Français.

Et puis, pour finir, on rappelle que le président s'est déjà engagé à recourir au référendum, on en a parlé auparavant, mais en 2017, en 2018, en 2019, en 2022 ou encore en 2023 et en 2024, sans que cela ne se concrétise jamais pour rappel. Effectivement, il faut avoir un peu de mémoire pour ne pas plonger tête baissée quand on nous présente des éléments de langage comme ceux qui ont parcouru ces voeux de fin d'année. Intéressant, nous, désormais, Nils, ce retour aux affaires de celui que de nombreux Français aiment détester, j'ai nommé Manuel Valls. Je ne sais pas si les Français aiment le détester, mais en tout cas, il a tout fait pour se faire détester des Français, Théo.

Et effectivement, c'est la seule vraie surprise, en réalité, du gouvernement Bayrou, c'est le retour de Valls aux affaires. Alors pourtant, on n'était pas en période d'Halloween, on était bien en période de Noël. Ce n'est pas vraiment un cadeau. L'ex-premier ministre a laissé un souvenir pénible aux Français et surtout, il a rejoint la galerie des traîtres de la République dans l'imaginaire collectif.

11:11
Invité

Je ne vais pas refaire tout l'historique

11:24
Présentateur

parce qu'on en a largement parlé dans le média. Amourad en a parlé, je crois, dans sa chronique cette semaine. Détrompe-moi si ça n'a pas été le cas, mais je crois qu'il en a parlé. Ça a été le cas, mais les traîtrises de Valls pourraient remplir des milliers de pages, on va dire. C'est possible et puis beaucoup d'émissions aussi. Mais en tout cas, ce qu'il faut noter, c'est qu'il a été nommé à l'Outre-mer et la presse a beaucoup insisté sur son passage à Matignon et les dossiers à l'Outre-mer qu'il aurait fait avancer comme Premier ministre à l'époque de François Hollande.

Et pour le coup, c'est vrai, c'est-à-dire que je me suis renseigné auprès d'élus locaux, j'ai fait mes devoirs, Théo, à la Réunion ou en Nouvelle-Calédonie. Et c'est vrai, il était entré déjà dans le cabinet de Michel Rocard. À l'époque, c'était en 1988, il avait déjà suivi ses dossiers. Et désormais, il est au gouvernement, troisième dans l'ordre protocolaire, ministre d'État. C'est symbolique, certes, mais ce n'est pas rien. On rappelle quand même que quatre ministres se sont succédés en un an avant lui. Et avec le désastre que connaît Mayotte après le passage de l'ouragan, il fallait un poids lourd. C'est ce que justifie un conseiller de l'exécutif.

Un peu gêné quand même, parce que c'est vrai que ce n'est pas le profil le plus facile à défendre. Mais il y a d'autres raisons, moins avouables certainement, pour expliquer l'arrivée de Manuel Valls au gouvernement. On rappelle notamment que l'ex-premier ministre s'est inscrit depuis ses débuts dans une critique virulente de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon. Alors, ce n'est pas interdit, évidemment, en démocratie et en République, il a tout à fait le droit. Mais ce sont des critiques qui sont quand même assez violentes. Et puis surtout, il accuse le parti de Jean-Luc Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon d'avoir participé à la montée de l'antisémitisme.

Il le redit à chaque fois qu'il en a l'occasion dans les médias. Il l'a redit juste après sa nomination. Et une des clés probablement de la présence de Valls au gouvernement Bayrou, ce serait aussi la reconstruction de la Ligue dissoute pro-Israël, m'explique un ancien conseiller.

13:20
Invité

Laïc, non. Laïcard, Manuel Valls. Et quand il soutient Israël et qu'il défend l'antisémitisme, on dit que c'est un inconditionnel. Il combat l'antisémitisme. Il combat l'antisémitisme. On dit qu'il soutient, évidemment, le Premier ministre israélien et les actions militaires d'Israël et du Premier ministre israélien.

13:45
Présentateur

Alors, qu'est-ce que c'est que cette Ligue pro-Israël ? En réalité, ce sont tous ces élus de la République qui sont des soutiens du gouvernement Netanyahou, malgré le génocide qui est toujours en cours, malheureusement, en Palestine. Et effectivement, Manuel Valls s'est toujours montré, prouvé comme un soutien de cette politique génocidaire. Un soutien inconditionnel, comme ils disent. Absolument. Et on l'écoute. Alors, c'est une séquence qui a beaucoup tourné sur LCI en décembre 2024 face à Darius Rochebin. On écoute l'ancien Premier ministre.

14:22
Invité

Vous avez été Premier ministre. Là, il y a quand même une décision lourde de conséquences politiques. Oui ou non, si M. Netanyahou est sur le sol français, il faut l'arrêter. Si je suis Premier ministre, je vous dirais non. Clairement, non. On ne peut pas le faire pour les raisons que j'ai évoquées. En dépit du fait que la France est signataire de la CPI. Parce qu'on ne peut pas se poser cette question sans se dire qu'il faut réviser totalement ces règles. Derrière cette décision, de mon point de vue, il y a une décision purement politique. Donc, vous assumeriez de ne pas respecter la signature de la France des accords de la CPI ?

Je ne suis plus Premier ministre et je suis devant vous et donc c'est facile à dire. Mais je vous dois évidemment cette franchise.

15:05
Présentateur

Voilà. Donc là, en fait, sur cette vidéo, Valls s'en prend carrément à la justice internationale. Il est vrai déjà en bien mauvais état avec Trump, avec la Chine, avec tous ces pays qui ne respectent plus la législation internationale. Et Valls donc met effectivement en cause le mandat d'arrêt qui a été émis par la CPI à l'encontre de Netanyahou.

C'est un premier ministre, un ancien premier ministre qui est aussi un fervent soutien de Netanyahou, on le disait depuis le premier jour, avec Aurore Berger au gouvernement, qui est revenue elle aussi, Jean-Noël Barraud aux affaires étrangères, qui a été maintenu, Benjamin Haddad aux affaires européennes, également maintenu, ou encore Elisabeth Borne qui a refait son retour elle aussi, cette fois à l'éducation nationale. Et évidemment, ce n'est pas un hasard. Et puis surtout, c'est un moyen aussi probablement pour Bayrou de s'inscrire en porte-à-faux par rapport à Macron.

Emmanuel Macron a été extrêmement critiqué, y compris dans son camp, et notamment par tous les personnages qu'on a cités, pour ne pas avoir, par exemple, participé à la marche contre l'antisémitisme qui avait été organisée par Yael Brown-Pivet et Gérard Larcher en 2023, après les terribles événements du 7 octobre. Et puis, avec la présence notamment de Marine Le Pen, du Rassemblement national. Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron avait pris ses distances avec ce mouvement. Il avait tenté de le faire un peu plus ou moins subtilement, on va dire, mais enfin, de fait, il n'avait pas participé à la marche. Et Valls, peu après, s'en est pris à Emmanuel Macron. Regardez, c'était sur RTL en novembre.

16:49
Invité

Ce n'est pas ce match de foot et la présence des plus hautes autorités de l'État, ce soir, dans une enceinte hyper protégée, avec, semble-t-il, peu de supporters, qui va arrêter cette vague antisémite, ce tsunami antisémite que nous connaissons depuis un an. Et puis, je ne voudrais pas que ceux qui n'étaient pas présents à la manifestation du 12 novembre 2023, je pense au président de la République, par leur présence ce soir, d'une certaine manière, empochent le point. Voilà, donc,

17:24
Présentateur

empocher le point en se montrant à un match de foot, selon Emmanuel Valls, voilà ce qu'il reproche à Emmanuel Macron. Alors, on pense, évidemment, au supposé vote juif. Et ce qui est étonnant, quand même, c'est ce que Valls reproche pile à Jean-Luc Mélenchon et à la France Insoumise, par exemple, dans les banlieues, avec leur stratégie électorale qui s'est imposée, en fait, en présentant des candidats, sous-entendus, des candidats dans des territoires qui seraient acquis à la cause arabe, palestinienne, etc. Et donc, c'est quand même assez gonflé de la part de Emmanuel Valls de faire exactement ce qu'il reproche, finalement, aux autres.

Alors, on a entendu l'ancien Premier ministre, qui est redevenu ministre désormais des Outre-mer, s'exprimer sur le sujet. Et ce n'est pas un hasard, notamment dans Le Point. Il y a une interview qui est sortie ce 2 janvier, hier, au moment où on enregistre cette émission. Il explique notamment les raisons de cette détestation, selon lui, des Français. Ce qui me suscite toutes les haines, c'est ce que je dénonce depuis 25 ans, la montée de l'islamisme et de l'antisémitisme. C'est ce que répète l'ancien Premier ministre dans cette interview. Alors, c'est assez gonflé, là, encore, de sa part, puisqu'il a été consultant pour le royaume du barret, là, l'été 2024.

Donc, cet été, c'est ce qu'a révélé Mediapart pendant les fêtes. C'était le cadeau de Noël de nos confrères et de nos consoeurs. Alors, c'est assez grinçant parce qu'en fait, le Bahreïn n'est pas franchement un modèle de démocratie. Ni de laïcité. Voilà, ni de laïcité, exactement. On rappelle que la constitution du Bahreïn, ça repose sur la charia, qui est la loi islamique. Pas franchement un modèle en matière de droits des femmes, notamment. Et il a touché quand même 30 000 euros pour cette petite mission pour aller au Bahreïn, voilà, c'est de défendre des intérêts. Alors, ses motivations demeurent inexpliquées. Il n'a pas voulu s'exprimer auprès de Mediapart.

D'un point de vue financier, c'est, est-ce qu'il aurait des intérêts financiers à participer à cette mission ? Alors, évidemment, 30 000 euros, ce n'est pas rien. On rappelle quand même, ceci dit, qu'il a touché plus de 142 599 euros de défraiement, pour être exact, en 2023. C'est ce qu'avait révélé le site Politico. Mediapart pose deux hypothèses. Peut-être un agenda politique dans la région pour fragiliser le Qatar contre l'alliance entre les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et le Bahreïn.

Ou alors, peut-être, et plus vraisemblable à mon avis, c'est une volonté d'affaiblir peut-être l'image de la Cour internationale de justice, la CIJ, dont l'ancien socialiste a effectivement dénoncé la saisine dans la guerre menée par Israël à Gaza. Voilà, donc, toutes ces questions, finalement, sur la volonté d'affaiblir la Cour internationale de justice, le financement qu'il a obtenu du Bahreïn, son soutien inconditionnel, finalement, au gouvernement Netanyahou. Toutes ces questions, elles ont été posées par Mediapart à l'ancien Premier ministre. Mais elles n'ont pas été posées par nos confrères au nouveau ministre à ce jour et notamment dans son interview du Point. Merci Nils.

Et merci à vous d'avoir regardé cette émission. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez par YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé. Partagez cette vidéo, mettez des petits pouces en l'air et faites passer le message du canal 165 de la Freebox autour de vous. Si vous le pouvez, bien entendu, sautez le pas, devenez sociétaire, abonnez au donateur du Média en allant sur le Média TV.fr slash soutien. Restez connectés au Média.