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interviewFrance Inter — Questions politiques· 27 avril 2025 56 min

Marine Tondelier : l'État a "le devoir" de "prendre le contrôle" des hauts fourneaux d'Arcelor Mittal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter. Bonjour, ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info, la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde. Des funérailles historiques pour le pape François, 400 000 personnes placent Saint-Pierre hier, un balai diplomatique plus intense que prévu. Trump et Zelensky à deux doigts de se réconcilier sous nos yeux, pas facile. C'est vrai d'exister, de s'imposer face à cet événement planétaire. Résultat, le Congrès des Verts, leur convention d'investiture, passe complètement inaperçue ce week-end, transparent.

Décidément, les écologistes, malgré les disputes et les pics envoyés qui leur sont parfois salés, comment devenir un parti qui compte à dix mois des élections municipales, à deux ans surtout de la prochaine présidentielle ? Pourquoi les Verts restent un parti d'appoint qui s'épuisent à vouloir réconcilier les irréconciliables ? On en parle avec Marine Tondelier, la secrétaire nationale des écologistes, largement réélue pour un second mandat. Elle est notre invitée ce dimanche dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h. Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter. Bonjour Marine Tondelier. Bonjour.

Merci d'avoir accepté notre invitation avec moi ce dimanche pour vous interviewer Françoise Fressos du journal Le Monde et Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour à toutes les deux, mesdames. Bonjour à toutes et à tous. Et à tous, effectivement, il ne faut pas les oublier. On commence avec ces images qui ont marqué la semaine. C'est ce qu'on fait chaque dimanche. Votre choix pour commencer, Marine Tondelier, qu'est-ce qui vous a particulièrement frappé ?

1:50
Invité

J'ai choisi une photo du pape François, mais du pape François, au tout début de son pontificat, son premier déplacement officiel en 2013, à Lampedusa. Parce que moi, je suis du Pas-de-Calais, vous le savez, à l'époque, il y avait eu Sangatte, il y avait eu la jungle de Calais. C'était un moment extrêmement difficile pour toutes celles et ceux qui venaient en aide, concrètement aux migrants. C'était vraiment dur, parce qu'il y avait un sentiment de solitude, de ne pas comprendre pourquoi on était assez seul, finalement, à être solidaires, alors que ça devrait être évident pour tout le monde.

Et d'avoir ce pape, qui représente quand même 1,345,000,000 de catholiques dans le monde, donc en termes d'être prescripteur, de mener la bataille culturelle, ça pèse, le pape. Et je m'étais dit, il a du cran. Je m'étais dit qu'il avait du cran et que ça avait rechargé un peu le moral des troupes un peu partout. Et il avait parlé de la mondalisation de l'indifférence. Il avait dit, voilà, il y a une indifférence à l'égard de son prochain. Et c'est là-dessus qu'il avait marqué le début de son pontificat, qu'il a continué après en parlant aussi beaucoup d'écologie, l'audatophie, l'encyclique, l'audaté déum, l'exhortation apostolique en 2023.

Et à chaque fois, quand je lis ces textes, je me suis dit, ce pape a mieux compris l'écologie que beaucoup de responsables politiques français. Et en fait, ça faisait du bien à lire. Et ça l'a fait du bien à beaucoup d'écologie, je peux vous le dire, qu'il soit croyant ou pas, est un autre sujet. Est-ce que concrètement, ça a changé quelque chose ? C'est-à-dire que quand vous voyez quand même l'état du débat sur l'immigration en France et dans le reste du monde, c'est quoi la parole du pape ? En quoi elle porte aujourd'hui ? Eh bien, ça compte d'autant plus que cette société est en train de glisser.

Vous savez, moi, j'ai parfois l'impression et sur les questions écologiques et sur les questions des valeurs et de l'indifférence à l'égard de son prochain pour reprendre les mots du pape François. J'ai l'impression qu'on est comme des ours polaires sur la banquise, vous savez, qui est en train de fondre et qu'on est de moins en moins et de plus en plus serré, étriqué. Il y a des grands moments de solitude. Et du coup, je peux vous dire que dans ces moments-là, ça compte. Parce qu'en fait, on arrive au moment où sur ces questions fondamentales existent en ciel, on se compte. Et celles et ceux qui sont là, celles et ceux qui sont toujours là, on sait qui c'est.

Et on sait qu'on va devoir compter les uns sur les autres. Et du coup, ce pape, oui, il a compté. Et on vit, je pense, tous une forme d'appréhension dans l'attente de savoir qui sera le prochain pape et qu'elle sera, voilà, ça aligne le récit qu'il a envie de faire de son pontificat. Oui, ça comptera et ça comptera d'autant plus que les temps sont durs.

4:11
Présentateur

Alors, une petite question très politique sur les drapeaux qui ont été mis en berne. En tout cas, on l'avait demandé quand je dis « on », c'est le gouvernement Bayrou. Pour les funérailles, j'imaginais bien que ce n'était pas vous. Ce n'était pas moi, voilà, merci. Au nom de la laïcité, est-ce que ça pose un problème pour vous, ces drapeaux en berne ?

4:28
Invité

Mais moi, je suis pour la laïcité de 1905. Les gens croient ce qu'ils veulent, mais l'État doit être neutre vis-à-vis des religions. Et j'en entends certains au gouvernement parler de la laïcité nuit et jour, mais en fait, toujours pour cibler une seule religion, l'islam, toujours pour cibler un seul genre, les femmes. Et c'est la géométrie variable, c'est un double standard, comme il y en a tant d'autres. Et donc, là, quand c'est mettre les drapeaux en benne pour le pape, ça ne pose de problème à personne. une gamine qui veut faire une compétition sportive voilée, là, ça devient un drame national. Sauf que c'est un chef d'État, le pape. Oui, d'accord.

Donc, c'est aussi la reine Elisabeth II, on avait également mis les drapeaux en berne. Oui, mais je constate que, d'un côté de l'échec et politique, on est très, très sensible, très, très tatillon sur la laïcité, en dépassant même complètement le concept et en fait, en faisant plus une obsession que de la vraie laïcité. Et c'est quand c'est vers l'islam, quand c'est vers le catholicisme, tout va bien et que quand un footballeur fait un signe de croix en entrant sur le terrain ou en marquant un but, c'est normal. Mais si une jeune femme footballeuse met un hijab pour jouer au foot, là, c'est un scandale national. C'est ça que je constate. Allez, je voudrais...

Solidarité avec tout le monde en France que vous croyez ou pas, chacun fait ce qu'il veut.

5:42
Présentateur

OK. Je voudrais ajouter une image, ça, je le fais rarement, mais qui a marqué aussi les funérailles du pape François hier. C'est une photo qui est dans toute la presse ce matin, celle que vous êtes en train de découvrir sur le plateau de questions politiques. On y voit donc Donald Trump, le président américain, face à Volodymyr Zelensky, le président ukrainien. Ils sont assis, ils sont seuls, ils sont dans l'immense basilique Saint-Pierre. On ne sait pas ce qu'ils se sont dit, mais depuis cette rencontre, le président américain a écrit sur les réseaux sociaux « Peut-être que Poutine est en train de me balader ».

6:14
Invité

Sans blague.

6:15
Présentateur

Est-ce que Donald Trump est en train d'ouvrir les yeux ? Est-ce que vous êtes optimiste ?

6:19
Invité

Quand Donald Trump dit « Peut-être que Vladimir Poutine est en train de me balader », il ajoute « Peut-être qu'il ne veut pas vraiment arrêter la guerre, on a envie de lui dire sans blague ». Moi, ce que je constate, c'est que Trump, quand il est devenu président, il a fait, voilà, il a retourné sa veste, enfin, les États-Unis ont retourné leur veste, sont allés voir Poutine comme si c'était la seule personne avec qui discuter. Il a fait preuve, en fait, d'une grande naïveté sur le sujet, parce que ce dont il se rend compte là, tout le monde l'avait vu dès le début. Ce que je vois aussi, c'est qu'il a voulu imposer la paix à l'Ukraine. Et que ça, l'Ukraine, ça lui est déjà arrivé deux fois.

Il y a eu les accords de Budapest en 1994 et les accords de Minsk en 2005. Et ces deux fois-là, on leur a dit « Non, non, mais bon, voilà, c'est la paix, vous, vous perdez en bout de votre territoire, mais ne vous inquiétez pas, c'est vraiment pour la paix. » Et là, Poutine, vraiment, il s'est engagé et à chaque fois, ils ont vu ce que Poutine avait fait de cette paix. En fait, ce qui est primordial dans ce dossier-là, c'est des garanties de sécurité qui seront apportées. Et on voit bien que du coup, la Russie n'en veut pas, évidemment. Puisqu'ils préparent déjà leur... Quel rôle pour les Européens ? Qu'est-ce que vous poussez ?

Jusqu'où doit-on s'engager pour être aux côtés de Zelensky et essayer de résister à ce qu'on a vu la semaine dernière, c'est-à-dire Trump qui s'alignait sur Poutine ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Moi, ce que j'aimerais bien qu'on réalise toutes et tous, c'est qu'on ne peut pas dans notre arsenal n'avoir que des bombes et des munitions. En fait, il faut s'interroger sur les vraies causes de cette guerre. Évidemment que les terres rares, ça joue un rôle. Évidemment que notre dépendance aux fossiles finance Vladimir Poutine et sa guerre chaque jour par les engrais qu'on lui achète, par l'uranium enrichi, par le gaz. On est le premier importateur de gaz en Europe, la France.

Et on donne beaucoup plus d'argent à Poutine en lui achetant tout ça que d'argent à l'Ukraine. Donc, qu'est-ce qu'on veut dire ? Non, mais ça veut dire que l'écologie doit faire partie de l'arsenal de guerre. Ça veut dire qu'il faut isoler plus nos maisons. À chaque maison qu'on isole, en France, on isole Poutine parce qu'on dépend moins de l'eau pour le gaz. Il faut qu'on ait plus d'énergie renouvelable. Vous voyez bien que la temporalité est quand même délicate.

Oui, je vois très bien qu'au moment où on continue de financer Poutine et sa guerre parce que ce sont des impérialismes fossiles et qu'on dépend d'eux parce qu'on n'a pas su investir assez vite dans le renouvelable, alors on est coincé et je n'oublierai jamais c'est la matinale de France Inter M. Lecornu, ministre des armées qui explique qu'il va falloir faire un effort de guerre tout le monde peut le comprendre mais quand il dit vous financez comment ? Il dit moi je pense qu'il faut ressenter sur les dépenses régaliennes les vraies et puis le reste il dit par exemple est-ce qu'il a besoin de mettre des milliards dans le plan vélo ?

Déjà il n'y a pas des milliards dans le plan vélo il y a zéro euro donc s'il veut financer l'effort de guerre avec le plan vélo on ne va pas aller très loin et deuxièmement opposer l'écologie et la paix c'est absurde parce que c'est de notre question on est mentale et on avance Vous le contestez vous ? Vous dites oui il faudra augmenter probablement de 3, 4, 5 milliards de plus par an ?

Mais les Verts ne se sont jamais trompés de pacifisme nous ne considérons pas que le pacifisme c'est laisser faire les agresseurs et ce qui se joue en Ukraine c'est pas juste l'avenir de l'Ukraine c'est l'avenir de la paix et de nos démocraties sur le continent européen et je suis d'ailleurs très choquée que quand Emmanuel Macron nous convie à l'Elysée pour en parler avec le directeur des renseignements généraux avec le chef d'état-major aux armées pour nous parler du fait que les Etats-Unis et la Russie oui essayent d'influencer nos scrutins en France mènent une guerre des cyber-attaques vraiment sont là pour détruire nos démocraties on invite le rassemblement national parce qu'en fait tout ce qu'ils font c'est bien au service d'une cause et c'est pas au service de l'écologie c'est au service d'un parti bien précis et donc les bénéficiaires de ces opérations de déstabilisation d'ingérence dans nos démocraties sont à la table des discussions quand on en parle c'est un problème de sécurité nationale

10:04
Présentateur

autre image la vôtre Françoise qui nous emmène cette fois-ci à Nantes

10:09
Invité

oui c'est jeudi ce fait divers terrible à Nantes où un élève de seconde âgé de 16 ans poignarde une de ses camarades en poursuit trois autres et finalement arrêté par un technicien de l'établissement et se retrouve en hôpital psychiatrique le soir il est visiblement dérangé il est suicidaire il est replié sur lui-même l'établissement avait vu qu'il n'allait pas bien il n'a pas réussi à éviter ça nous bouleverse parce que ça touche à l'enfance ça touche à la sanctuarisation de l'école ça montre aussi à quel point il y a un sujet de santé mentale en France qui a été érigé en grande cause nationale par Michel Barnier poursuivi par François Bayrou mais on n'a pas de moyens visiblement suffisants on manque d'un plan d'action et moi ce qui m'a frappée c'est pour ça que j'ai retenu cette image où on voit Bruno Rotaillot et Elisabeth Borne Elisabeth Borne insiste sur la santé mentale

10:58
Présentateur

ministre de l'éducation nationale

10:59
Invité

Bruno Rotaillot au contraire ministre de l'intérieur qui fait des déclarations intempestives avant même que le procureur se soit exprimé pour dire on a voulu déconstruire les interdits l'autorité c'est pas un fait divers c'est un fait de société c'est la violence de la société c'est le manque d'autorité non il est à côté de la plaque donc on ne peut pas faire de la politique dans tout alors on sait qu'il est en rivalité avec Laurent Wauquiez sur le congrès de LR mais on ne peut pas mettre de la politique partout il faut sur des faits aussi graves sans tenir à la réalité tenter de trouver des solutions c'est pas facile du tout et ça veut ça veut dire qu'il faut arrêter cette politique de la tension permanente de la brutalité il faut partir des faits et essayer de résoudre ces faits

11:42
Présentateur

et si on part à des faits comme le dit Françoise Fresseuse ce qui s'est passé à Nantes ce drame dit quoi de la société dans laquelle on est aujourd'hui ? Marie-Thandelier

11:51
Invité

moi je pense je suis entièrement d'accord avec vous et je remercie madame Fresseuse de l'avoir souligné Bruno Retailleau ce n'est pas vos mots ce sont les miens c'est pas un ministre de l'intérieur c'est un agent provocateur et moi déjà je ne comprends pas comment il fait pour être ministre de l'intérieur gérer en même temps un congrès de son parti et préparer la présidentielle ministre de l'intérieur s'il y a bien un job à temps plein dans ce pays c'est ça et là il mélange tout il mélange tout et monsieur le premier ministre aussi lui sa réponse c'est mettre des portiques à l'entrée des lycées mais sa première réponse vous l'avez dit ça devrait être la santé mentale parce que la vérité c'est qu'en Loire-Atlantique où se trouve Nantes il y a 14 lits pour mineurs pour toute la Loire-Atlantique en pédopsychiatrie ça veut dire 4 lits pour 100 000 mineurs et c'est 4 fois moins que la moyenne nationale et donc c'est sûr que quand on laisse cette jeunesse qui a beaucoup de raisons d'être anxieuse quand on regarde l'actualité quand on la laisse se désespérer quand on ne la suit pas quand on l'accompagne pas quand on ne l'accompagne pas quand il n'y a pas assez de soins disponibles pour tout le monde on en arrive à des drames et elle devient de plus en plus violente oui c'est de la violence mais en fait c'est des gamins qui sont complètement paumés c'est des problèmes de santé mentale mais est-ce que vous pouvez aussi répondre à la question de Bruno Retailleau est-ce qu'il faut mettre des portiques de sécurité dans les établissements scolaires français ?

oui mais vous voyez bien c'est une question à quelle salle du problème vous prenez le problème mais sur le principe le dernier recours quand vous ne vous êtes pas du tout occupé de la santé des gens on peut mettre des portiques partout mais ça n'empêchera pas les gens qui dévisent c'est de dévisser c'est ça la réalité donc il faut toujours prendre enfin tous les politiques le savent ceux qui sont de bonnes honnêtes intellectuellement il faut prendre les problèmes à la racine et les problèmes à la racine c'est prendre soin dans le santé mentale dans ce pays et pas que des jeunes et pas que des jeunes allez on termine avec votre image

13:26
Présentateur

Alix Bouillaguet on vous écoute

13:28
Invité

oui cette photo d'Emmanuel Macron qui a été prise lors de sa tournée en Océan Indien cette semaine il est à Madagascar en marge de ce déplacement et bien il a justifié son refus de retirer la Légion d'honneur à Nicolas Sarkozy je vous rappelle que Nicolas Sarkozy a été définitivement condamné dans l'affaire des écoutes trois ans de prison dont un enferme sous bracelet électronique pour corruption d'un haut magistrat alors logiquement un retrait de droit s'applique sauf que pour être effectif le président doit signer un décret ce que refuse Emmanuel Macron alors il le justifie ce refus en avançant que les ex-présidents doivent être respectés ça relance forcément le débat sur l'impunité des anciens chefs d'Etat et l'usage sélectif des institutions honorifiques est-ce que ce refus vous choque et est-ce que vous pourriez vous seriez prête à saisir la justice alors la première chose c'est que pour moi être président de la république ça donne plus de devoirs que de droits il faut être encore plus exemplaire quand Emmanuel Macron dit il mérite le respect parce que c'est quand même quelque chose d'avoir été président c'est aussi quelque chose d'être condamné à trois ans de prison dont un enferme et la réalité c'est qu'il nous a déjà fait un truc comme ça avec Gérard Depardieu il y a eu le même débat sur la Légion d'honneur de Gérard Depardieu et il a dit ah oui mais Gérard Depardieu c'est un monstre sacré donc on lui laisse la Légion d'honneur donc vous dites et il dit même la Légion d'honneur elle n'est pas là pour faire la morale mais en fait les gens qui ont la Légion d'honneur forcément c'est qu'ils ont fait des choses qui font d'eux des grands hommes pour reprendre les mots d'Emmanuel Macron et donc si on décide que du coup on ne peut jamais leur enlever le code de la Légion d'honneur dit que si on a une peine de prison on n'a plus la Légion d'honneur et donc on l'applique et en fait c'est très représentatif de ce qu'a toujours dit Macron vous vous rappelez cette phrase les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien Emmanuel Macron il a une admiration sans borne pour ceux qui considèrent comme les gens qui ont réussi Vous allez en justice ou pas ?

Franchement on n'a pas d'autre sujet dans la vie mais je trouve qu'il ne montre pas l'exemple il ne montre pas l'exemple mais je pourrais aller en justice quatre fois par jour entre les trucs en diffamation les trucs qui ne tournent pas le droit qui n'est pas appliqué dans ce pays c'est usant c'est usant et donc oui il y a un truc à deux vitesses dans ce pays si vous êtes faible on ne vous épargne jamais rien et quand vous êtes au sommet de la hiérarchie sociale économique politique vous avez une forme de de laxisme comme dirait comme dirait certains Voilà on est à la

16:05
Présentateur

convention d'investiture des écologistes qui a lieu ce week-end à Pontin en Seine-Saint-Denis on vient de voir votre accolade hier après-midi juste avant votre discours avec Éric Piolle le maire de Grenoble qui devient donc l'un des porte-parole de votre parti vous n'en vouliez pas d'Éric Piolle il faut dire les choses telles qu'elles sont vous n'en vouliez pas comme porte-parole vous avez fait même campagne contre lui Marine Tondelier est-ce que vous êtes réconciliée ?

16:31
Invité

Vous avez vu l'image elle parle d'elle-même

16:32
Présentateur

je ne sais pas en politique nous sommes des professionnels non mais en fait

16:36
Invité

un congrès c'est un moment de confrontation de projet de qui on veut comme équipe et donc c'est logique que le débat ait lieu d'ailleurs j'ai entendu dire que le débat était verrouillé je ne sais pas quoi bon nous sommes un des partis des plus démocratiques de ce pays et donc nous avons débattu les militants ont tranché et la démocratie c'est important dans notre parti donc les gens qui ont été élus sont élus c'est maintenant l'équipe dirigeante de ce parti et on a beaucoup de travail on s'est encore vu ce matin avec Eric Cuell on se revoit ce soir avec la nouvelle équipe du secteur exécutif et pendant deux jours lundi et mardi avec le nouveau bureau politique nous sommes dans les starting blocks certes vous avez été réélus mais c'est vrai que vous la jouez perso c'est ce qui se dit en interne pas de débat verrouillage du parti avec votre réforme des statuts Sandrine Rousseau dit même que ce manque de collectif c'est un tournant de l'histoire des verts c'est pas rien de dire ça Sandrine Rousseau qui est vraiment l'incarnation du collectif dans la vie écoutez j'ai été élue à 73% c'est un score historique avec peu de participation et peu d'adhérents mais comme dans tous les humains toujours toujours donc vous pouvez essayer d'expliquer que en fait c'est pas un bon score que c'est à cause des règles que c'est ci 73% des gens qui ont voté ont voté pour ma candidature ce qui est inédit dans l'histoire de ce mouvement le record précédent était 56% c'était Cécile Duflo à La Rochelle et elle ne m'en veut pas d'avoir surpassé cet exploit donc on est dans un moment inédit dans l'histoire de ce parti oui il faut faire équipe oui il faut qu'il y ait plus de gens porte-parole de ce mouvement naturel ou officiel qui soient invités sur vos plateaux et je compte sur vous pour le faire oui il faut qu'on ait des incarnations de tout type de territoire dans ce pays oui il faut qu'on joue collectif parce qu'on n'a pas le choix j'étais encore à 9h du matin avec les conseillers fédéraux de ce mouvement en train de se dire comment on travaille aux municipales à la présidentielle aux législatives anticipées ou pas c'est ça qu'on fait toute la journée je sais bien que pendant un congrès ça frictionne c'est logique les moments de confrontation c'est comme ça les arguments qui ont été utilisés contre moi n'ont pas toujours été je l'estime honnêtes intellectuellement c'est comme ça on a posé un acte fort hier je suis arrivée main dans la main dans un gros moment d'émotion avec les 4 personnes qui étaient candidates au secrétaire national avec Eric Piolle je pense que les images parlent d'elles-mêmes maintenant je ne commenterai plus ce qu'on est en train de se dire là maintenant je passe à l'action votre slogan samedi c'était l'écologie contre attaque c'est votre deuxième mandat le premier vous vouliez rassembler un million de sympathisants et vous étiez vraiment à l'offensive qu'est-ce qui s'est passé dans votre autocritique qu'est-ce que vous dites qu'est-ce que j'ai raté qu'est-ce que j'ai réussi alors vous n'avez pas écouté tout le discours d'hier parce que j'ai répondu à cette question ce que j'ai expliqué c'est qu'on est déjà un million d'écologistes en France on est déjà un million des militants politiques associatifs des amoureux de la nature qui sont émus quand ils se promènent en forêt qui sont amoureux de la vie sauvage et qui regardent les documentaires regardez la contre-offensive anti-écologie des paysans des paysannes des ouvrières des ouvriers qui sont inquiets pour l'avenir de leur métier des malades de l'environnement des précaires qui voient bien que la vie ça arrangera pas si on change pas de modèle non seulement on est déjà un million d'écologistes dans ce pays dont 250 000 sympathisants de notre parti mais j'avais fixé un objectif pour 2027 si vous vous rappelez bien mais en plus moi mon pari c'est que chaque française chaque français a un ou une écologiste qui vit ou qui sommeille en lui dans un coin de notre tête tous on est en 2025 forcément on sait alors peut-être qu'on n'a pas envie d'écouter cette partie cette petite voix qui nous parle peut-être qu'on n'a pas envie de savoir peut-être qu'on est sur autre chose mais tout le monde sait et moi mon travail aujourd'hui c'est de parler à l'écologiste qui sommeille en chacun d'entre vous d'accord mais comment ça veut dire est-ce que vous remettez en cause certaines méthodes est-ce que vous dites on a peut-être été trop radical ou trop brutal moi ce que je pense c'est qu'il faut une écologie qui tend la main et je ne dis pas ça quand je vous dis ça ce n'est pas que je change d'avis c'est qu'on est souvent décrit comme des écologistes qui pointeraient du doigt mais nous on ne fait pas ça ça c'est ce que font les gens qui ne comprennent rien à l'écologie le gouvernement par exemple nous notre écologie elle tend la main c'est-à-dire que dans les politiques municipales qu'on mène c'est les premiers mètres cubes d'eau gratuits à Lyon l'écologie qui tend la main c'est de l'économie sociale et solidaire des emplois de réinsertion de l'écologie qui tend la main c'est des transports gratuits pour toutes les personnes qui en ont besoin c'est des élections avec les agriculteurs par exemple c'est du 100% bio et local dans les cantines scolaires c'est l'écologie qui tend la main aux paysans et aux enfants c'est les ordonnances vertes à Strasbourg la mairie de Strasbourg a mis en place des paniers bio gratuits pour les femmes enceintes ça leur permet de prendre soin d'elles de prendre soin de leurs bébés c'est l'écologie qui tend la main nos politiques écologistes quand vous les additionnez vous avez à la fin de l'année l'équivalent d'un 13ème mois écologiste et c'est pour ça que je suis furieuse mais on en parlera sûrement tout à l'heure des coupes budgétaires successives intempestives dans le budget de l'écologie parce qu'elles ciblent des dispositifs hyper importants là votre partie c'est qu'est-ce que vous avez pourquoi ?

vous voulez parler de l'écologie parlons-en nous la nôtre elle tend la main la leur elle est punitive la leur c'est enlever les primes à la reconversion sur les voitures c'est enlever les primes pour aider à reconvertir et à isoler son logement

21:38
Présentateur

nous nous tendons la main alors attendez précisons un petit peu les choses parce que votre ligne politique très souvent on a du mal à la suivre donc vous dites que vous êtes moins radicale que ce qu'on pouvait imaginer

21:48
Invité

c'est très radical ce que je viens de vous dire permet à des gens de vivre mieux c'est très très radical

21:51
Présentateur

beaucoup moins tout à coup radicale que ce que vous avez pu apparaître on vous voit souvent comme des lanceurs d'alerte est-ce que vous en êtes toujours on vous voit parfois comme des décroissants est-ce que c'est le cas encore maintenant est-ce que vous pouvez décrire l'écologie politique telle que vous avez envie de l'incarner aujourd'hui

22:08
Invité

mais c'est pas une question de radicalité la radicalité c'est pas des mots c'est faire changer la vie des français c'est très radical et tous les maires écolos démontrent qu'ils peuvent être aux responsabilités et en crédibilité mais en ne perdant rien de leur ambition à la radicalité vous parlez beaucoup des maires vous parlez pas des des actions des écologistes vous voulez que parlent des parlementaires alors je peux vous en parler ils ont permis la reconquête des haies ils ont permis l'interdiction des polyfluorales qu'il est des pifas qui rendent des malades des français qu'on retrouve dans l'eau de tout notre vignet c'est ça l'écologie qui tend l'avant mais les militants plus radicaux qui ont fait des opérations coup de poing qui ont suscité contre eux des grandes réactions est-ce que vous adhérez à leurs actions ou vous dites non il faut se calmer mais ça fait deux ans que vous êtes là dessus madame Frésoz il faut évoluer avec la société non non moi je suis sur les résultats des élections européennes et la grande vague anti-oclone on sait sur les plus comprendre qu'en fait des jeunes qui voient qu'on est en train de flinguer leur avenir qui savent même pas dans quel monde ils vont finir leur vie et si la planète sera encore habitable est un moment de panique et dans cette société de somnambule parce que oui cette société est somnambule sur les sujets environnementaux ils aient envie de hurler et ils ne savent plus comment se faire comprendre et comment se faire entendre parce que les politiques sont somnambules mais la réalité c'est que nous sommes pour une écologie des 99% 99% des français ont intérêt à l'écologie et 1% les en privent et c'est eux qui détiennent les moyens financiers de s'opposer à cela les moyens politiques de s'opposer à cela c'est ça la réalité c'est ça la réalité alors je vais vous citer le discours de la servitude volontaire voilà ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux et je pense qu'il est temps de se remobiliser et de mobiliser autour de nous

23:48
Présentateur

alors on a parlé déjà à plusieurs reprises des municipales j'ai envie d'en profiter pour essayer d'avancer les municipales qu'est-ce qu'on fait vous partez tout seul vous partez à plusieurs vous partez main dans la main avec le PS et l'FI comment vous gérez tout ça ?

24:02
Invité

je suis en tour de France permanent depuis des années mais spécifiquement depuis un an pour préparer les municipales et donc les groupes locaux qui sont en fait les villes écologistes elles doivent elles vont rester écologistes les villes de gauche elles doivent elles vont rester à gauche on va y travailler ensemble moi ma valeur ajoutée c'est d'aller dans les villes de droite celles qui peuvent basculer parce que quand je vais à Mulhouse à Lorient à Nîmes à Amiens je ne vais pas toutes vous les faire et là j'ai déjà 25 personnes en France qui m'en veulent parce que leur ville aussi de droite peut passer à gauche j'ai passé mon temps à ça vous arrivez dans des villes par exemple Auxerre Auxerre notre candidate écologiste aux législatives elle a fait 60% au deuxième tour en 2022 avec la NUPES en 2024 avec le NFP alors elle n'a pas gagné la circonscription parce qu'il y avait d'autres villes de droite autour donc je me dis mais Auxerre pourquoi c'est à droite ?

alors qu'aux législatives quand on est ensemble deux fois on fait 60% cette ville n'a rien à faire à droite cette ville n'a rien à faire à droite et donc moi je vais le dire tranquillement quand les militants dans certaines villes me disent oui mais tel parti et tel parti ils ne veulent pas être dans une pièce ensemble et bien en fait je m'en fous qu'ils ne veulent pas être dans une pièce ensemble et ils vont faire un effort parce que le but quand on est politique il ne faut jamais oublier pourquoi on fait ça on fait ça pour changer la vie des gens on se bat pour des personnes pour des causes et pour des valeurs et expliquer aux français à certains qui vont continuer à vivre dans une ville de droite non pas parce qu'elle sera toujours à droite mais parce qu'on n'a pas été capable de se mettre d'accord et de leur proposer de leur permettre des politiques progressistes sociales, environnementales ce serait passé à côté de ceux qu'on comprenne et j'en serais très fâchée ça veut dire vous faites quel type d'alliance est-ce que vous faites par exemple on travaillera avec les alliances c'est plus large possible vous dites est-ce qu'ils font un accord national avec le PS par exemple ça marche par l'accord national donc ça veut dire que vous faites du cas par cas on parle d'élections municipales donc du cas par cas évidemment mais y compris toutes celles et ceux qui ont gagné des villes attendez toutes celles et ceux qui ont gagné des villes savent que les villes ça se gagne par le terrain par la ville et que la meilleure stratégie dans une ville n'est peut-être pas la meilleure stratégie dans une autre c'est pas depuis Paris ou depuis Hénin-Beaumont ou je ne sais où qu'on a les idées lumineuses pour chaque territoire donc c'est dans les villes que ça se décide les gens se connaissent ça se passe d'ailleurs souvent mieux entre eux localement qu'au niveau national et c'est pas mieux pour eux et je leur souhaite bon courage et moi je serai à la disposition je vous soumets quelques exemples concrets dans des villes socialistes comme Rennes, Nantes, Montpellier est-ce que vous jouez est-ce que vous pourriez faire fond commun par exemple avec les insoumis vous me parlez de villes de gauche qui seront toujours de gauche toujours les gens qui habitent là ils ont la chance et les militants qui militent là ils ont peut-être même le loisir de ne pas être d'accord tant mieux pour eux moi je vous parle de territoire où les gens souffrent depuis des années de politique de droite injuste stigmatisante qui n'ont pas d'espace vert qui n'ont pas de la nourriture de qualité pour leurs enfants à la cantine qui n'ont pas de piste cyclable et c'est dangereux c'est ça dont je vous parle je ne vais pas passer la campagne j'en ai marre de la gauche qui parle à la gauche pour la gauche avec la gauche onibilité par la gauche c'est nombriliste les villes de gauche elles vont bien elles sont bien gérées elles seront gagnées à nouveau tant mieux pour elles moi mon énergie vous n'avez pas de doute sur Lyon mais c'est des élections c'est jamais gagné ni perdu d'avance mais je suis extrêmement fière du bilan de toutes nos mairies écologistes et je vous le dis avec beaucoup de tranquillité et on aura un an pour en parler mais ce que je vous dis c'est que mon obsession vous ne me citez que des villes de gauche est-ce que vous pourrez regarder l'autre moitié de la France qui est de droite nous on doit faire progrès mais Grenoble et Lyon

27:17
Présentateur

c'est quand même pas gagné d'avance elles ont raison de poser cette question

27:20
Invité

mais ce sont des villes déjà de gauche je vous parle de conquête je vous parle de conquête et de permettre à des gens enfin d'avoir accès aux mêmes politiques qu'à Lyon et à Grenoble parce que oui les gens qui sont à Lyon et à Grenoble ont de la chance et ils le savent

27:31
Présentateur

la présidentielle pareil même question vous organisez comment vous avez dit il me semble hier je ne retrouve plus l'expression que vous avez utilisée mais primaire des territoires je crois que c'est ça le slogan ça veut dire quoi ?

27:45
Invité

alors la première chose que j'ai dit j'ai expliqué le théorème de l'entonnoir qui comme chacun sait a deux côtés c'est très pratique mais à condition qu'on s'en serve dans le bon sens sinon ça ne marche pas et donc je pense qu'on doit être dans un entonnoir avec les problèmes qu'on aborde si on commence par les problèmes les plus compliqués c'est à dire qui sera le candidat ça ne marchera pas moi je veux qu'on commence par les problèmes simples un qui a envie de gagner normalement cette réponse est facile j'espère deuxièmement qui va être fidèle à la promesse de cet été ?

nous nous avons répondu très très clairement dans ce congrès nous nous serons fidèles à la promesse de cet été celle de tout faire pour s'unir et gagner et c'est possible la preuve nous l'avons déjà fait pour battre l'extrême droite il n'y a pas de besoin de trucs hyper compliqués il suffit d'être meilleur qu'eux et c'est possible alors on l'a déjà été temporairement certes mais on l'a fait donc je veux poser la question à tout le monde nous les écologistes nous serons fidèles à la promesse de cet été et vous la troisième chose vous avez bien vu que le PSLFI ça y est c'est la discorde totale mais les congrès jouent beaucoup de rôle dans cette affaire aussi et la bonne nouvelle c'est qu'au parti socialiste aussi c'est bientôt fini il n'y a pas un congrès problème suivant le projet ça on l'a déjà fait en plus on l'a fait en 96 heures donc j'imagine que si on a plus de temps on pourra même le faire mieux en associant plus la société civile etc et alors seulement on pourra s'occuper de comment on désigne et de qui on désigne et la proposition que j'ai faite hier à mon propre mouvement les écologistes et à tous les partenaires qui étaient présents c'est cette primaire des territoires pourquoi ?

parce que moi je viens du bassin minier du Pas-de-Calais et je peux vous dire que je ressens ça de là-bas mais chacun le ressent de chez lui on a quand même la sensation que ça fait très très longtemps que la gauche ne s'est pas adressée au territoire et donc moi je demande qu'on organise dans le récit le mode de scrutin de tout ça on verra après ça ne m'intéresse pas moi ce que je veux c'est m'intéresser au message qu'on va envoyer aux français oui nous nous intéressons à vous oui chaque candidate en général

29:38
Présentateur

on parle de fond quand tout à coup on se dit que ça va être compliqué d'organiser le bon outil alors ce que je dis sur les territoires

29:42
Invité

madame Bécart je suis très tranquille ça fait des années que je le dis et ça vient de là où je vis c'est ce qui fait que je me suis engagée en politique mais c'est quoi une primaire des territoires je veux dire vous convoquer qui nous allons organiser on convoque pas les gens nous on invite vous vous êtes très vertical on dirait que vous êtes dans le verrouillage de la primaire déjà madame Fressin faites très attention ça vous emmène très loin mais ce que je dis c'est qu'on doit organiser des débats spécifiques dédiés à chaque type de territoire je veux qu'on débatte avec les campagnes à propos des campagnes de ce qu'on va proposer concrètement pour eux spécifiquement comment on s'occupe de leurs besoins de leur avenir qu'est-ce qu'on leur propose les campagnes c'est 80% des communes de ce pays pour que je veux qu'on fasse pareil pour les outre-mer pour les montagnes 30% du territoire pour les littoraux 8 millions de résidents permanents pour les grandes villes 5 français sur 10 et pour les quartiers populaires qui sont 1500 dans ce pays avec 5,5 millions d'habitants mais chacun doit savoir j'habite là ce qui va changer pour moi c'est ça et on va pas le dire depuis un plateau à Paris on va devoir se déplacer prendre du temps et le faire ensemble ça ça prend combien de temps ?

2027 c'est dans 2 ans j'ai dit qu'au maximum ça devait avoir lieu à l'automne 2026 mais si le gouvernement arrêtait de changer en permanence les calendriers électoraux et les modes de scrutin ce serait plus facile à préparer maximum octobre 2026 je vous prends un exemple dans votre camp Cyrielle Châtelain qui est la patronne des députés à l'Assemblée Nationale elle demande une primaire pour 2027 Yannick Jadot ce qui est votre soutien aussi il dit non il s'y oppose qui dit vrai ? vous ?

vous voyez bien que c'est pas verrouillé qu'on débat encore dans ce parti madame c'est vous qui vous contredisez votre intime conviction mon intime conviction c'est que la primaire je me suis toujours méfiée des primaires je me dis que quand on arrive à une primaire en général c'est pas très bien engagé et je vois aussi comme les congrès ce que ça provoque comme friction mais je sais aussi que si on n'a pas de meilleure solution on devra se résoudre à faire ça moi j'ai lu une note de Rémi Lefebvre politologue que vous avez peut-être lu aussi de 75 pages qui explique tous les modes de désignation possibles dont beaucoup de modes au consensus j'aimerais que nous soyons capables de procéder au consensus on perdrait moins de temps et on serait pas dans une confrontation pendant des mois et des mois si ça n'est pas possible si ça n'est pas possible non je suis pas parallèle moi je suis dans la réalité madame presse ceux qui sont parallèles c'est ceux qui n'ont pas compris le changement climatique tout ça les problèmes existentiels qu'on affronte non c'est pas ça c'est par rapport à la gauche est-ce que vous êtes pas dans un univers parallèle je suis dans un univers parallèle parce que je veux parler des territoires vous voulez que je parle que de Paris non il y a eu une rupture entre Jean-Luc Mélenchon et le PS il y a eu 15 ruptures entre Mélenchon et le PS ils ont toujours fini par refaire un accord écoutez-vous s'il vous plaît avant le NFP il y avait rupture et on s'est soirée on l'a fait on a démontré cet été que les gauches irréconciliables ça n'existe pas tout ça c'est du cinéma et c'est indécent indécent par rapport à celles et ceux qui nous regardent donc oui moi je vais être fidèle à la promesse de cet été et en cela je suis très alignée avec tous les électeurs de gauche et écologistes qui m'arrêtent chaque jour dans la rue dans le train dans le métro en me disant vous Madame Tondelier vous on compte sur vous vous on sait que vous lâcherez pas et bien je vous confirme je ne lâcherai pas donc vous serez candidate qui sera candidat donc vous pourriez être candidate

32:50
Présentateur

vu ce qu'on vous dit dans la rue

32:51
Invité

alors moi j'en ai marre du nombre de candidatures qui ressemblent au métro aux heures de pointe donc pas vous vous jamais on va pas s'ajouter auprès mais oui s'il y a un cadre commun l'écologie aura un rôle à jouer et s'il n'y a pas de cadre commun les écologiques devront aussi répondre à la question de qu'est-ce qu'ils font mais si la question c'est est-ce que vous voulez organiser un vote dans votre parti en disant est-ce que vous choisissez Glucksmann ou Mélenchon je vois absolument pas le sens de faire ça parce que vous savez si on fait ce vote là ce sera déjà perdu et moi ma ligne politique c'est l'écologie mais ma ligne stratégique c'est l'antifascisme c'est l'antifascisme c'est qui les fascistes en France aujourd'hui ?

qui menace Madame Fressoz les démocraties dans toute l'Europe qui menace de prendre le pouvoir qui est dans l'international fasciste dont le chef est à l'Elysée dans le bureau Val à l'Elysée dans le bureau Val pardon à Washington Madame Fressoz a failli s'évanouir je suis désolée pour cette frayeur c'est pas Jean-Luc Mélenchon vous pouvez considérer et je sais que vous le considérez que Jean-Luc Mélenchon est un problème en France mais Jean-Luc Mélenchon il ne menace pas l'existence des démocraties en Europe il ne menace pas les droits des femmes il n'est pas dans une politique raciste le deuxième risque pour la sécurité en Europe c'est Interpol qui le dit sur notre territoire européen c'est l'extrême droite il n'y a pas d'attentat terroriste de Jean-Luc Mélenchon il y a des attentats terroristes d'extrême droite c'est ça la réalité donc je veux qu'on arrête de ce service de Jean-Luc Mélenchon comme épouvantail pour ne pas regarder l'iceberg qu'on va se prendre qu'on va se prendre si on ne se réveille pas parce que oui la société est somnambule comme Christopher Clarke l'a décrivée en 1914 juste avant la guerre où les politiques allaient gaiement en pensant que tu tirerais bien non ça ne va pas bien se passer et ça ne se passera pas bien si on n'aborde pas les problèmes de front en arrêtant de faire diversion tout le temps avec Mélenchon je ne vous dis pas qu'il n'en est pas responsable en partie mais je vous dis que moi j'ai fini de jouer là maintenant on est concentré sur l'objectif et on va permettre à ce pays de ne pas basculer dans le fascisme si vous me le permettez

34:37
Présentateur

Marine Tondelier la patronne des écologistes est dans questions politiques jusqu'à 13h Marine Tondelier je voudrais qu'on parle aussi de la relation qui existe entre ou pas d'ailleurs entre les écologistes et le monde de l'entreprise on n'a pas oublié les mots très durs la semaine dernière du directeur général de Safran devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les freins à la réindustrialisation en France on le réécoute pour commencer Olivier Andriès

35:02
Marine Tondelier

on avait négocié avec la maire socialiste de Rennes encore une fois ça s'est très très bien passé et là les écologistes nous ont jeté des tomates sur le thème c'est scandaleux un groupe vient s'installer créer de l'emploi c'est l'aéronautique c'est l'avion ils vont polluer et puis c'est le militaire c'est pas bien alors je vais être très très clair avec vous pour moi il n'est plus question aujourd'hui d'investir en France dans une ville qui est détenue par une majorité écologiste c'est plus possible je ne le ferai pas si c'est pour se faire accueillir quand on crée 500 emplois dans une région si c'est pour se faire accueillir par des tomates ce n'est pas la peine je ne le ferai pas

35:50
Présentateur

un an des élections municipales on en parlait à l'instant ce discours là c'est un sacré coup dur me semble-t-il pour le parti écologiste

35:58
Invité

qu'est-ce que vous lui répondez précisément c'est pas un coup dur c'est un épiphénomène c'est un monsieur qui dit qu'on lui a jeté des tomates j'espère que tout le monde déjà a compris qu'il parlait au sens figuré et pas au sens propre parce que déjà nous ne gaspillons pas les fruits et les légumes et rien qui se mange deuxièmement ce qu'il oublie de dire ce monsieur aussi c'est qu'il s'installe sur une friche une ancienne friche de Stellantis qui avait été rachetée par la collectivité pour y installer des industries vertes de transition écologique essentiellement de construction durable et de mobilité décarbonée je ne pense pas que l'aviation soit une mobilité décarbonée on est d'accord avec ça c'est 5% de la contribution au réchauffement climatique l'aviation et l'avion vert on ne va pas perdre de temps avec ça, ça n'existe pas Total Energy lui-même dit d'ici 2030 les avions aussi verts soient-ils consommant quand même 94% de kéros mais donc du coup

36:46
Présentateur

ça veut dire quoi ? ça veut dire que Safran c'est pas possible c'est une industrie qui vous intéresse pas ?

36:49
Invité

sur ce terrain-là sur cette friche-là qui était fléchée vers la transition écologique le devoir des écologistes est de souligner que c'était pas exactement le contrat de départ quand monsieur le PDG de Safran dit qu'il s'entend pas avec les villes écolo ce qu'il oublie de vous dire c'est que le président de la métropole de Lyon Bruno Bernard qui est lui-même un entrepreneur qui a travaillé des années dans le désamiantage lui a fait un pont d'or la métropole de Lyon c'est 48 millions investis pour permettre une politique industrielle sur des friches etc.

le PDG de Safran il y a eu beaucoup de discussions avec lui il demandait une stabilité du prix d'énergie sur 10 ans personne ne peut garantir ça et ça a chauffé tellement que monsieur Wauquiez que je vois à l'écran car il est en direct dans une émission concruante à la nôtre qui s'affiche devant moi Laurent Wauquiez des Républicains lui il s'est complètement embrouillé avec eux il aura supprimé toutes leurs subventions et j'ai pas entendu un cinéma sur monsieur Wauquiez non parce que les attaques du PDG de Safran sont politiques et oui on a peut-être un combat politique à mener avec lui parce que l'emploi c'est la clé mais la clé c'est aussi sa durabilité de l'emploi vous savez dans une planète qui sera plus habitable l'emploi ça n'existera plus et donc je trouve qu'il aborde qu'une partie du programme et du problème et par ailleurs les écologistes René je les connais très bien ce sont des gens sérieux, compétents, fiables qui ont tout mon soutien jamais ils n'ont dit qu'ils ne voulaient pas d'aviation et d'armement jamais ils ont juste dit sur ce site là c'est pas la promesse qu'on avait faite

38:08
Présentateur

alors je voudrais qu'on aborde aussi et on a peu de temps un autre dossier industriel avec le groupe sidérurgiste ArcelorMittal cette fois qui a annoncé cette semaine plus de 600 suppressions d'emplois dans le nord de la France trop de normes a expliqué cette semaine Xavier Bertrand le président de la région des Hauts-de-France si on veut garder nos usines notre industrie l'Europe doit changer d'attitude qu'est-ce que vous lui répondez est-ce qu'il y a un peu trop de normes aujourd'hui ?

38:31
Invité

Moi je ne suis pas là pour répondre à Xavier Bertrand parce qu'on travaille ensemble sur ce dossier on a travaillé ensemble la dernière séance du conseil régional une motion de soutien à Arcelor et vraiment ça s'est bien passé parce qu'il faut que vous sachiez que je suis conseiller régional des Hauts-de-France et que sur les 7 usines qui sont concernées en France il y en a 4 dans les Hauts-de-France je suis écologiste j'ai travaillé vous le savez pendant 5 ans sur la qualité de l'air à ce titre on discutait beaucoup avec ArcelorMittal évidemment que c'est de la pollution évidemment que c'est un problème mais on n'est pas hypocrite de l'acier c'est stratégique on en a besoin pour notre industrie pour nos structures et pour notre défense et donc nous ne sommes pas hypocris quand on a besoin d'acier on préfère qu'il soit produit à Fosse-sur-Mer ou à Dunkerque qu'à l'autre bout du monde ce qui est beaucoup plus coûteux environnementalement et à des normes sociales qui ne sont pas les mêmes c'est la même chose que je dis quand je suis à la Michelin ils m'ont dit on fait des pneus il faut nous soutenir oui quand je rénove mon grenier quand j'isole mon grenier il y a un artisan qui vient juste à preuve du contraire en voiture avec des pneus et je préfère qu'il soit produit par vous à Cholet on est très clair là-dessus mais ce que je sais aussi c'est que ma région elle a donné en toutes les subventions publiques ma région l'Europe l'Etat 392 millions d'euros de subventions ArcelorMetal entre 2013 et 2023 et donc vous demandez ça suffit maintenant il n'y a plus d'aide sans condition il ne peut plus y avoir d'aide sans condition et la solution pour moi là-dessus c'est d'avoir le courage de faire ce que les Royaumes-Unis ont fait ils ont fait passer une loi d'urgence pour prendre le contrôle des hauts fourneaux c'est comme ça qu'ils ont sauvé leurs deux hauts fourneaux du hors de l'Angleterre c'était très récent pour empêcher le licenciement des salariés et surtout empêcher la perte de l'outil de travail parce que quand on n'aura plus de hauts fourneaux qu'on ne dépendra plus que des Etats-Unis et de la Chine je peux vous dire qu'en termes de souveraineté je le dis pour tous les patriotes de Pacotie qu'ils sont avec beaucoup d'éléments c'est pas dans les actes on a les moyens de la renationalisation

40:23
Présentateur

dont vous parlez ou pas ? on a les moyens de cette renationalisation ou pas ? est-ce que c'est de la renationalisation ?

40:27
Invité

écoutez le Royaume-Uni l'a fait je vois pas pourquoi on n'en serait pas capable c'est notre devoir c'est notre devoir Marine Tandelier vous savez aussi que cette crise de la sidérurgie elle est avant tout européenne entre une hausse des prix de l'énergie une baisse de la consommation d'acier sur le continent et une surproduction d'acier chinois à bas prix comment on résout l'équation ? est-ce que vous pensez qu'il faut réduire de manière drastique les importations asiatiques autorisées en Europe ?

à un moment où il va falloir se poser la question d'interdire l'importation d'acier de Chine en Europe parce que 70% de l'acier acheté en Europe aujourd'hui vient de nos fourneaux et ces hauts fourneaux ils pourraient fermer en 2032 c'est ça qui va se passer donc moi je pense que c'est la mer de toutes les batailles et surtout ce que je voulais faire ce matin c'est adresser mes pensées très fortes à ces 636 emplois directs qui sont menacés à ArcelorMittal parce que souvent on pense aux drames familiaux aux drames sociaux et c'est important de le faire mais ArcelorMittal c'est pas juste les emplois c'est la vie c'est les sous-traitants c'est même le finalement c'est le cœur battant de ce territoire comme je le disais à Val-Dune à Trissin-Léger sur les roues et les essieux de train on a réussi à sauver cette usine par notre mobilisation mais ce qui me scandalise surtout c'est cette inertie de l'Etat il y a un élu local là de l'Est des autres sites d'Arcelor qui a une phrase très juste il a dit dans un gouvernement qui fonctionne le ministre de l'Industrie nous aurait déjà réunis que font-ils excusez-moi mais que font-ils je suis sur plusieurs dossiers sur la chapelle d'Arblay sur Val-Dune sur Metex sur Michelin ils sont où en fait ils sont où alors une fois on n'a pas de premier ministre après on en a un mais c'est pas pour combien de temps après ils sont là dans leur budget ça dure trop ça c'est pas de leur faute pour le coup si c'est de leur responsabilité et donc ils sont où ils font quoi et ils seront enfin nous après on n'aura plus que nos os pour pleurer quand on n'aura plus ces industries qui sont vraiment vitales

42:15
Présentateur

je voudrais

42:15
Invité

aussi qu'on entende

42:17
Présentateur

ce témoignage qui a marqué cette semaine le témoignage de la fille de François Bayrou qui comme des centaines d'élèves d'autres élèves du collège lycée de Bétarame a été victime de violence elle le raconte dans le livre d'Alain Esquer le porte-parole du collectif des victimes de Bétarame elle l'a raconté aussi jeudi matin dans la matinale de France Inter on écoute Hélène Perlan il est le père d'une victime ce qu'il ne savait pas et d'ailleurs quand je leur ai dit qu'effectivement je témoignais dans le livre je n'ai pas donné le contenu il ne le savait pas et ce que je voulais dire aussi c'est qu'il y a cette envie de répondre moi ça a été une de mes obsessions pendant qu'il m'a fait rester dans les starting blocks avant qu'il ne sorte le livre j'entendais tellement de gens écrasés par l'idée que les fameux pseudo-notables auraient consenti à ce qu'ils soient battus ou violés sous prétexte il y a eu une phrase terrible que leurs enfants seraient d'une autre texture que les autres cette phrase elle m'est restée en travers de la gorge et j'ai envie de leur dire la libération ça commence par là on se libère du poids nous de croire enfants de nos tables et je veux dire à l'Assemblée enfants de députés dans ma promo nous sommes deux et j'ai l'autorisation de l'autre de dire à l'Assemblée 100% des enfants de députés à Bétarame ont été ou tabassés ou violés et puis elle a parlé dans une autre interview Hélène Perlan à Mediapart et elle a clairement dit que son père avait rencontré un juge qui était en charge de cette affaire en 1998 il a menti ou pas François Bayrou

43:52
Invité

je pense que c'est manifeste depuis le départ qu'il ment c'est manifeste depuis le départ moi je le pense depuis sa première réponse aux questions au gouvernement sur le sujet et ce qui est terrible c'est que déjà elle a un courage incroyable de parler et on sent l'émotion des décennies après c'est des vies brisées c'est pas juste des enfants brisés c'est des futurs adultes brisés on n'oublie jamais ce qu'on a vécu et je pense qu'on doit tous être conscients grâce à celles et ceux qui parlent que dans chaque classe de primaire de ce pays il y a un, deux, trois enfants qui subissent des violences ou des violences sexuelles que c'est un fléau dans ce pays et qu'on en est tous finalement complices parce que tant qu'on n'en parle pas tant qu'on n'en fait pas un sujet majeur partout tout le temps ça continuera vous vous rendez compte que pendant des décennies ces enfants-là ils ont vécu avec ça peut-être même qu'ils en ont parlé c'est le cas d'autres victimes de Pétarame qui en ont parlé il y a un gamin qui a été orphelin de père et de mère qui raconte avoir été violé mais très régulièrement par celui qui avait sa responsabilité dans le dortoir qui aujourd'hui dans un EHPAD qui, ironie de l'histoire est installé dans l'ancien dortoir de Bétadrame qui coule des jours heureux et quand sa grand-mère il en a parlé à sa grand-mère qui avait commencé à en parler je ne sais pas comment dire le clergé de Pétarame est venu lui demander de se taire en disant vous aurez des problèmes on va vous saisir vos meubles comme si mais elle disait là-bas le clergé était plus craint que l'État les conséquences politiques est-ce que vous demandez comme les insoumis la démission de François Bayrou parce qu'il aurait minoré comme Sandrine Rousseau également la politique tourne en bout sur la politique je trouve important que vous parliez des enfants parce que le sujet ce n'est même pas que François Bayrou lui c'est un sujet mais vous dites il a menti est-ce qu'il doit démissionner donc évidemment que c'est un sujet politique mais il a menti mais ce n'est pas qu'un sujet politique le sujet politique est le suivant est-ce que vous dites François Bayrou doit partir ou la commission d'enquête doit faire en sorte de trouver les moyens que ça ne se reproduise pas et donc de regarder toute la chaîne des responsabilités moi depuis le début ce que j'attends de lui c'est des mots d'excuse des mots forts pour dire j'ai compris et j'attends un virage de lui à 180 degrés pour dire mais désolé alors soit il démissionne soit il en fait le combat de sa vie qu'il serve à quelque chose mais vous ne demandez pas la démission on a l'impression qu'il ne réalise pas vraiment de quoi il était complice qu'il a menti qu'il est premier ministre qu'il doit être exemplaire là-dessus et comment vous voulez demander aux parents de ce pays de se bouger sur le sujet y compris le premier ministre n'a toujours pas l'air d'avoir compris alors que ça fait des semaines qu'on ne parle que de ça à la télé quand est-ce qu'il va comprendre ça va prendre combien de temps

46:30
Présentateur

alors vous Marine Tondelier parce qu'il faut encore accélérer vous avez dû gérer une autre affaire l'affaire Bayou accusée de harcèlement moral et d'abus de faiblesse par son ancienne compagne pardonnez-moi la plainte a finalement été classée sans suite est-ce que cette affaire restera comme une tâche sur votre premier mandat

46:48
Invité

c'est un peu plus compliqué que ça parce que si ce que vous voulez me faire dire c'est que ça a été le dossier le plus difficile que j'ai eu à gérer de ma quartière politique la réponse est oui j'en ai pas dormi pendant des nuits parce que la réalité c'est que ce dossier était insoluble quand je suis devenue secrétaire nationale le dossier était déjà sur la table et très mal engagé

47:07
Présentateur

ma question c'est est-ce que le rôle d'un parti c'est de s'immiscer aussi loin dans la vie de ses cadres et de ses militants

47:14
Invité

le rôle de toute structure quand vous avez des femmes qui vous appellent et qui vous font des témoignages extrêmement choquants que vous n'êtes d'ailleurs jamais formé ni à recevoir ni à vraiment savoir quoi en faire toute structure doit se donner les moyens de faire éclater la vérité parce que vous savez dans des révolutions toutes les révolutions celle de MeToo en particulier il y a deux écueils le premier écueil c'est un moment d'abandonner c'est trop dur trop compliqué le deuxième écueil et j'y viens Madame François ne vous inquiétez pas c'est l'arbitraire c'est d'essayer de se faire justice soi-même c'est de sortir de l'état de droit et quand vous arrivez dans un parti qui voulait faire ce calme puis il y a un dépôt de plainte de l'ex-campagne de Julien Bayou au pénal et que ça engendre des grèves militantes ça engendre des gens qui enquêtent les uns sur les autres en disant on veut savoir une panique générale et c'est logique dans toute structure on ne peut pas s'en fiche on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas c'est l'ancien chef du parti quand j'ai demandé l'enquête externe c'était pour mettre fin au règne de l'arbitraire c'était pour qu'on sache et l'enquête que nous avons menée dans le parti donne d'ailleurs le même résultat que celui de la justice alors si quelqu'un sur ce plateau pense qu'il aurait mieux fait que moi c'est votre droit mais je dois vous dire que je pense que c'est facile de penser ça je pense d'ailleurs que peu de gens le pensent au fond de soi et que j'ai fait comme je pouvais sur un dossier impossible et que je m'en serais bien passée merci Marie-Thordelier vous restez avec nous on va parler d'écologie

48:37
Présentateur

avec plaisir avec notre second invitée Corinne Lepage France Inter questions politiques Karine Bécart on vous a fait patienter pardonnez-nous infiniment bonjour Corinne Lepage bonjour bienvenue sur le plateau de questions politiques on vous connait bien vous êtes avocate spécialiste en droit de l'environnement ancienne ministre ancienne députée européenne également et vous venez de publier un livre assez technique quand même il faut le dire assez juridique sur un sujet dont on ne parle probablement pas assez les crédits et marchés carbone et vous vous posez cette question faut-il y voir un risque ou sont-ils une solution c'est sorti aux éditions Lamy et on va essayer d'y voir un peu plus clair grâce à vous Corinne Lepage grâce à vous également Marine Tondelier sur ces crédits carbone qui doivent normalement nous permettre de baisser en tout cas de compenser nos émissions de gaz à effet de serre première question toute simple Corinne Lepage pour que tout le monde réussisse à nous suivre et à comprendre qu'est-ce qu'on appelle un crédit carbone

49:35
Marine Tondelier

Un crédit carbone c'est un instrument financier qui va correspondre à une économie d'émissions de carbone alors ça peut être de la forêt ça peut être une autre méthode pour cultiver la terre ça peut être les mangroves qui sont des outils absolument merveilleux de stockage de carbone et ça peut être aussi c'est là où il y a le plus de débats des outils technologiques et on parle aujourd'hui beaucoup de séquestration du carbone dans le sous-sol vous avez peut-être vu que la ministre a signé une charte il y a quelques jours avec des industriels précisément pour voir comment les crédits carbones peuvent être davantage développés en France

50:18
Présentateur

alors voilà vous parlez de la France mais c'est un système qui a été imaginé il y a une trentaine d'années à la suite du protocole de Kyoto absolument et donc tous les pays sont concernés c'est pas franco-français tout le monde respecte et applique c'est planétaire

50:32
Marine Tondelier

alors il y a eu je vais le faire très vite parce qu'on a très peu de temps il y a ce qui se passe au niveau européen et dans d'autres pays du monde c'est les états qui ont mis en place des systèmes d'échange de quotas d'émissions voilà ça on a ça au niveau européen on a ça aux Etats-Unis il y en a dans beaucoup de pays ensuite il y a eu les crédits carbone qui ont été générés au moment du protocole de Kyoto avec les pays du sud et qui ont servi à financer des opérations dans les pays du sud et là on est dans une troisième étape au niveau international qui est celle des accords de Paris qui dans leur article 6 ont prévu précisément des crédits carbone au niveau planétaire et ça maintenant c'est un système qui est abouti il a abouti à Bakou et donc il va entrer en vigueur alors pourquoi est-ce que je dis menace ou risque menace ou avantage 1 une solution GIEC nous dit sans compensation sans crédit carbone il n'y aura pas de neutralité en 2050 donc on en a besoin 2 pas question de remplacer les efforts d'atténuation par de la compensation c'est en plus ça c'est quelque chose de fondamental et qu'il faut garder dans l'esprit en permanence 3 on peut générer énormément d'argent or on sait très bien que les fonds publics sont limités on en a parlé on en a parlé tout à l'heure les crédits carbone c'est un moyen de générer de l'argent pour financer des opérations de récupération du CO2 et beaucoup d'argent puisqu'on parle d'un marché de plusieurs centaines mais ça veut dire

52:02
Présentateur

quand même aussi qu'on a certaines entreprises qui s'achètent une bonne conscience c'est-à-dire qui continuent à polluer qui continuent à surproduire qui continuent à surconsommer et qui du coup achètent des crédits carbone

52:13
Marine Tondelier

c'est pour ça que je disais tout à l'heure que ça ne peut jamais être à la place de l'atténuation on doit d'abord atténuer mais vous parliez par exemple de l'acier tout à l'heure on s'est très bien classier il ne peut pas éviter d'émettre des tonnes de CO2 c'est impossible donc ce qu'il faut c'est que ces tonnes supplémentaires c'est-à-dire au-delà de celles qu'il va pouvoir éliminer elles puissent faire l'objet d'une compensation oui bien sûr c'est utile

52:39
Présentateur

Marie-Dondelier est-ce que c'est un bon outil est-ce que vous le validez parce qu'il y a quand même souvent des polémiques on considère souvent qu'il y a des millions de tonnes de la fraude aussi mais évidemment je ne peux pas le dire

52:50
Invité

moi je suis très d'accord avec l'analyse que madame Lepage fait de cet outil j'en profite pour la remercier parce que vous savez des personnes qui se battent inlassablement pour l'écologie depuis des décennies même si on n'est pas toujours d'accord sur tout on le fait mais franchement madame Lepage elle a fait pour l'écologie politiquement dans la bataille culturelle dans la bataille juridique elle est l'avocate de dossiers extrêmement courageux et les personnes ont de la chance quand elles ont madame Lepage comme avocate parce que c'est des gens qui souvent sur madame Lepage n'arriveraient pas à mener ces combats donc je la remercie aussi pour ça et elle parle d'un sujet dans son livre dont je pense qu'il intéressera les audisseurs de France Inter c'est important de savoir que des puits de carbone vous en avez parlé les mangroves etc mais ils sont en train de ne plus réussir à jouer leur rôle les forêts françaises leur rôle de puits de carbone a été divisé par 50% par 2 et donc moins 50% en 10 ans parce que les forêts elles sont malades parce qu'elles n'ont pas assez d'eau pour se développer parce qu'elles ont des épidémies Vous êtes d'accord avec créer des outils technologiques ?

Ils font qu'on n'en passe par là ?

De toute façon on en est à un moment où toute solution est bonne à prendre donc on ne va pas faire la fine bouche en attendant la solution parfaite et le grand soir de l'écologie il ne va pas arriver tout de suite donc on fait tout ce qu'on peut chacun à notre poste et c'est pour ça que je vous dis les écologistes arrêtez de vous friter quand vous n'êtes pas d'accord sur des trucs on est chacun à notre poste des avocats des entrepreneurs des politiques des associatifs des amoureux de la nature des avocats du vivant et on a besoin de tout le monde et il va falloir ramer ses vers donc on est là Françoise une micro-question parce qu'on devrait remonter Micro-question pour vous entendre toutes les deux et le gros sujet aujourd'hui c'est la remise en cause de l'écologie par les normes au niveau européen alors est-ce que l'Europe fait un énorme erreur en revenant en arrière ou est-ce qu'elle a raison de vouloir s'adapter ?

54:28
Marine Tondelier

Alors moi je suis très pragmatique ce qui pour moi a été absolument essentiel c'est qu'on avance deuxièmement nous avons un avantage compétitif nous en Europe aujourd'hui avec tout ce qu'on a fait le Green Deal c'est un avantage compétitif donc dans la compétition mondiale dans ce que Trump est en train de nous faire si nous abandonnons cet avantage compétitif ça veut dire qu'on abandonne des années des années d'investissement c'est stupide par contre d'aller vers l'allègement d'un certain nombre de normes ce qu'on est en train de faire dans Omnibus à condition de ne pas aller trop loin quand même pas de remise en cause mais effectivement la CSRDC il y a beaucoup beaucoup de règles je ne suis pas contre à la condition que ça serve à aller plus loin et plus fort dans ce qui fait notre force et n'oubliez pas que les Chinois sont en avance sur nous ils ont une CSRD les Chinois ils ont des normes et c'est contre eux maintenant qu'on va devoir se battre et je ne peux pas vous donner la parole Marie-Thordelier j'ai déjà beaucoup parlé j'ai déjà beaucoup parlé et c'était ravi

55:25
Présentateur

à toutes les deux merci Corinne Lepage je rappelle le titre de votre ouvrage Crédit et marché carbone risque ou solution aux éditions Lamy merci à toute l'équipe je vous dis à la semaine prochaine merci