Marie Lebec : "Je n'aime pas être ramenée à mon genre ou à mon âge"
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Un podcast France Culture. En 2022, réélu haut la main face à la NUPES, elle élimine dès le premier tour l'avocat médiatique investi par LR, Charles Consigny. Pourtant la droite, c'est sa famille politique. En 2007, elle bat la campagne pour Nicolas Sarkozy avec les jeunes populaires, toujours dans la banlieue cossue de l'ouest parisien. Auparavant, c'est à 367 kilomètres de là, vers l'est, qu'elle fait ses armes politiques. Assistante parlementaire d'un député socialiste, proche des idées de Manuel Valls, dans les Vosges à Vittel, elle se familiarise avec le travail parlementaire.
Un temps lobbyiste, aujourd'hui ministre, ce qu'elle déteste, les postures politiques, ce qu'elle aime, les joutes verbales et les débats. Elle a 33 ans, elle est la première femme ministre des Relations avec le Parlement. Bonjour Marie Lebec. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Je rappelle le principe de cette émission, une invitée et trois archives pour retracer son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Et merci à vous de nous écouter, vous êtes bien sur France Culture. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Édouard Philippe avait raison. À quel sujet ? Sur la dette publique. Je crois que c'est un combat qu'on a essayé d'incarner depuis 7 ans.
Effectivement, c'est un enjeu d'être en capacité de maîtriser ses finances publiques, puisque ça permet d'agir quand il y a une crise. On l'a vu, les efforts que nous avions faits en 2017, en 2018, nous ont permis de faire face au Covid et de mettre ensuite en place la relance. Donc, aujourd'hui, la situation nous invite et nous oblige à avoir une action forte pour réduire notre endettement public. Donc, je crois qu'Édouard Philippe avait raison. Mais en même temps, c'est un combat partagé depuis 7 ans par l'ensemble de la majorité. Alors, comment se fait-il que le déficit de 2023 se soit envolé à 5,5% du PIB ? Loin, très loin des prévisions du gouvernement à 4,9% cet automne.
Le gouvernement, il est resté dans les prévisions qu'il avait fixées et qui étaient aussi partagées par, par exemple, l'OCDE. Il y a 0,6 point de plus, quand même ? Aujourd'hui. Mais parce qu'au fond, il y a une dégradation, il y a un contexte géopolitique qui fait qu'effectivement, et il y a un contexte aussi économique interne. À la fois, on a réduit l'inflation et ça a donc aussi réduit les recettes de l'État. La dégradation de la situation économique dans des pays partenaires comme l'Allemagne a aussi des répercussions sur l'économie française. Donc tout ça, ça nous oblige à revoir notre prévision de croissance. Ça a un impact sur les résultats de notre déficit public.
Mais je crois qu'avec beaucoup de sérieux, Bruno Le Maire, Gabriel Attal, le Président de la République et l'ensemble des membres du gouvernement, de la majorité, vont s'attaquer à ce problème pour effectivement qu'on reste dans les prévisions de croissance qu'on a fixées dans la loi de programmation des finances publiques.
Parce qu'il en va de notre crédibilité sur la scène internationale et sur la scène européenne et de notre capacité à nous dégager des marges de manœuvre pour, quand il est nécessaire, pouvoir intervenir en soutien d'un groupe particulier, comme on a pu le voir par exemple sur la crise agricole, où les agriculteurs avaient besoin de notre soutien et l'État a répondu présent. Alors l'opposition s'en donne à cœur joie. Les Mozart de la finance sont devenus les toccards de la finance, a dit par exemple Nicolas Dupont-Aignan. Bruno Retailleau, chez LR, la France est le pays le plus mal géré d'Europe. Quant aux socialistes, ils disent soit il y a un mensonge, soit il y a incompétence.
Je crois qu'encore une fois, on n'a pas beaucoup de leçons à recevoir en matière de finances publiques de la part de parlementaires, de groupes politiques qui constamment, à chaque projet de loi de finances, nous font des propositions de dépenses supplémentaires. Au fond, la mesure en matière de dépenses publiques, elle a plutôt été incarnée par ce gouvernement. Encore une fois, je rappelle que personne, aucun gouvernement jusqu'au nôtre en 2018, n'avait réussi à repasser sous la barre des 3% de déficit. Je pense qu'en ça, nous sommes crédibles. Et personne n'avait à tel point réussi à recréer de l'activité économique, de l'attractivité économique du pays et autant d'emplois.
Il y a 2,4 millions d'emplois qui ont été créés depuis 2017. Bien sûr, on est dans une situation qui est difficile, mais je pense que les Français peuvent avoir confiance dans la capacité du gouvernement à agir et à la fois à réduire l'endettement public, mais à créer les conditions aussi pour garder la dynamique de croissance, ce qui est un élément nécessaire au désendettement. Alors, pour revenir sous la barre des 3% d'ici 2027, il faut réaliser 50 milliards d'économies. Comment allez-vous faire sans augmenter les impôts ?
Je ne vais pas vous dire aujourd'hui exactement comment on va faire, puisque c'est le sens des concertations qui ont été initiées et engagées à la demande du Premier ministre par Bruno Le Maire. Je crois qu'il y a eu une première rencontre hier qui a eu lieu à Bercy sur le sujet. L'idée étant de concerter et d'associer à la fois les parlementaires, les organisations aussi représentatives, puisqu'il y a la question de la piste de l'assurance chômage, que l'ensemble des ministres puissent regarder dans les budgets qui leur sont alloués les mesures de réduction de la dépense qu'ils peuvent prendre.
Et donc, l'idée dans la temporalité qui a été annoncée par le Premier ministre à l'occasion de son passage en plateau télé il y a quelques jours de ça, c'est d'avoir une présentation en avril, mais surtout de tenir la trajectoire que nous avions fixée, parce que c'est une trajectoire qui nous engage et qui nous permet d'être crédibles sur la scène internationale. Que dit la ministre des Relations avec le Parlement ? Que vous êtes d'un gouvernement qui fait passer 10 milliards d'euros d'économies pour 2024 sans passer par le Parlement ?
Bien, moi je suis ministre des Relations avec le Parlement, à ce titre je défends les parlementaires, l'association des parlementaires bien sûr dans le débat, mais en tant que ministre aussi d'un gouvernement, je pense qu'il y a des outils à la main du gouvernement qui lui permettent d'aller plus vite, d'avancer sur certains sujets, et effectivement la capacité à faire 10 milliards d'euros d'économies sur le budget, elle est donnée au gouvernement comme une possibilité, et moi je rejoins ce que dit Bruno Le Maire, le ministre de l'économie et des finances en la matière.
On est à la veille d'élections européennes qui sont, alors peut-être pas encore totalement dans l'esprit de nos concitoyens, mais d'une importance cruciale et un enjeu majeur pour à la fois la France, mais aussi pour l'avenir de l'Union Européenne. Nous n'allons pas laisser instrumentaliser un débat budgétaire dans le cadre d'une élection européenne. On voit bien à quel point chaque année il est difficile de faire passer le budget. Je me doute bien qu'à la veille d'une élection, le débat aurait été encore de plus haute intensité et encore plus difficile.
Le gouvernement a cette possibilité, je crois que le gouvernement, quand il est responsable, il doit être en capacité d'utiliser les outils qui lui sont donnés par la loi, par la constitution, pour pouvoir avancer. Vous redoutiez une motion de censure, pour le dire autrement ? Mais, je veux dire, moi, au-delà de la redoutée, j'écoute les déclarations des uns, des autres, et je note que certains souhaitent instrumentaliser ce débat, sur lequel, au fond, tout le monde devrait être responsable, pour justifier d'une motion de censure.
Mais je crois que cette envie de motion de censure, elle existe depuis le début de 2022, et que la réalité, c'est que les oppositions nous menacent, mais n'ont jamais été en capacité de démontrer qu'il y avait des majorités alternatives. Le gouvernement n'est jamais tombé, malgré les nombreuses motions de censure qui ont été déposées. Donc, nous avançons avec un cap qui est clair, avec des ambitions qui sont claires, et nous n'avons pas peur du débat, puisque je crois que nous avons su démontrer, au vu du nombre de textes qui ont été débattus à l'Assemblée nationale, que nous continuons dans le cap que nous avions fixé.
Vous avez bien sûr entendu parler de cette polémique aussi sur les super-profits. Non. Vous n'étiez pas là cet été, alors ? Non, mais je ne sais pas ce que c'est qu'un super-profit. Donc, non, je ne l'ai pas entendu. Je sais que les entreprises doivent être profitables. C'est tout ce que je sais. Je sais que Total, CMA, CGM, les distributeurs, un certain nombre d'autres entreprises, ont déjà fait des efforts pour redistribuer ce qu'elles avaient gagné directement dans la poche du consommateur et de nos compatriotes.
Et j'appelle toutes les entreprises qui ont les marges de manœuvre nécessaires, comme l'a fait la Première ministre hier, à alléger la facture de l'inflation pour nos compatriotes.
La voix du ministre de l'économie, Bruno Le Maire, le 30 août 2022, lors de l'université d'été du MEDEF à Paris. Et vous, Marie Lebec, vous savez ce que c'est ? Un super-profit. Je crois que le terme est aujourd'hui extrêmement galvaudé et a pris une connotation très politique.
Mais au-delà de ça, c'est ce qu'a rappelé le Premier ministre, c'est le fait de dire qu'on est capable de mettre en place une taxation exceptionnelle sur les rentes inframarginales, comme on a pu le voir pour les énergéticiens, ou encore, puisqu'on parle souvent des énergéticiens, mais par exemple les laboratoires de biologie qui, au vu du nombre de tests réalisés pendant le Covid, avaient eu des marges très importantes. Et donc, il y avait une taxation exceptionnelle qui avait été mise en place. Mais je crois qu'au-delà du débat, quelle est notre ligne et quel est notre cap en la matière ?
Notre cap, c'est, comme depuis 7 ans, de créer les conditions pour que des entreprises fassent le choix de créer, d'innover, de produire, d'installer des nouveaux sites en France. Ce cap, il a été respecté. Il a permis de créer de la croissance supplémentaire, de créer des emplois supplémentaires. Et in fine, tout ça, c'est une capacité à imposer de manière supplémentaire. Non pas imposer davantage, mais imposer plus de nos concitoyens parce qu'ils travaillent, de récupérer plus sur les cotisations patronales, parce que ça crée des emplois, de créer de l'impôt sur les sociétés.
Ce que l'on constate, c'est que cette stratégie, elle a fonctionné, puisque nous avons plus d'entreprises qui ont fait le choix de la France et donc plus d'emplois qui ont été créés. Au fond, le débat que nous avons aujourd'hui, c'est comment est-ce que nous créons les conditions pour avoir toujours davantage d'entreprises qui font le choix de la France et donc créer de l'activité. Et cette activité, elle sera moteur de croissance. Pourtant, plusieurs voix au sein de votre propre camp se font entendre en ce moment pour taxer ces fameux super profits. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Brune-Pivet, chez Renaissance, le Modem, qui le proposait déjà en 2022.
Est-ce que ça ne nous aurait pas permis d'éviter ce déficit abyssal ? Mais déjà, que le débat ait lieu au sein de la majorité, c'est sain. Ça démontre que nous sommes capables d'explorer toutes les pistes qui sont à notre main pour pouvoir agir. Moi, je pense que la conviction qui est partagée dans la majorité, même par ceux qui expliquent que potentiellement, il y a peut-être une piste pour taxer les marges exceptionnelles, c'est de ne surtout pas avoir une taxation qui aurait un impact sur le choix que les entreprises feraient à venir s'installer dans notre pays.
Vous savez, moi, pendant 7 ans, j'ai présidé un groupe d'études à l'Assemblée nationale sur l'export et l'attractivité de la France. Ce que j'ai constaté en matière d'attractivité, c'est que malgré les crises que l'on a pu traverser, les gilets jaunes, le Covid, les entreprises, elles ont toujours fait le choix de la France. Pourquoi elles font le choix de la France ? Parce qu'on a eu une politique en matière de développement économique qui a été extrêmement claire, extrêmement cohérente, extrêmement prévisible. Et c'est ça qu'on doit garder.
Ça ne veut pas dire qu'on n'est pas capable, à la marge, pour des marges exceptionnelles, d'avoir éventuellement la possibilité de créer un impôt supplémentaire. Mais ce que nous devons retenir et dans la philosophie et dans celle qui est portée par le gouvernement, c'est que jamais cela doit être un signal négatif pour que les entreprises fassent le choix de la France. Et c'est un enjeu économique, c'est un enjeu de souveraineté, c'est un enjeu pour l'avenir de notre pays puisque c'est ce qui nous permet de nous positionner sur la scène internationale. C'est un enjeu en matière de création d'emplois.
Donc, encore une fois, moi je trouve que le débat qu'il ait lieu dans la majorité, c'est très sain, c'est normal, c'est rassurant au fond. Mais la philosophie qui est partagée au-delà de cette question-là, c'est de dire, et c'est ce qu'a rappelé le Premier ministre, nous ne devons pas taxer ce qui permet aux Français de travailler. J'aimerais vous lire une lettre, Marie Lebec. « Chers collègues, j'ai finalement pris la décision de quitter dès ce soir mes fonctions de proviseur par sécurité pour moi et pour l'établissement. Je pars après 7 ans, riche et intense, passés à vos côtés, mais aussi après 45 ans dans l'éducation nationale.
Je vous remercie pour le soutien sans faille que vous m'avez apporté. En attendant les décisions du rectorat, Madame Untel me remplace. » Vous savez qui a écrit cette lettre ? J'imagine le proviseur de Maurice Ravel, c'est ça à Paris ? Le proviseur démissionnaire dans le 20e arrondissement, en effet, qui a reçu des menaces de mort après une altercation avec une élève et qu'il demandait d'enlever son voile. Vous, vous êtes élu du département où Samuel Paty est mort le 16 octobre 2020 à Conflans-Saint-Honorin. Quel bilan tirez-vous du gouvernement auquel vous appartenez dans la protection des professeurs de ce pays ?
Je crois que le Premier ministre, Gabriel Attal, lorsqu'il était ministre de l'Éducation nationale, a rappelé tout le soutien qu'il souhaitait apporter au corps enseignant pour que jamais le corps enseignant, lorsqu'il se rende sur son lieu de travail, lorsqu'il accomplit sa mission de transmettre les savoirs, ne se sentent menacés dans la transmission de ses savoirs. Ce n'est pas le cas. Il avait pris une décision forte, courageuse, d'interdire la Baya et le Camis à l'école, qui était une décision qui était au fond très attendue par des proviseurs qui s'estimaient un peu peut-être pas assez soutenus dans une décision qui parfois peut être conflictuelle avec un élève.
Et donc, cette décision, elle avait été largement saluée. Aujourd'hui, on a ce professeur qui est démissionnaire. Je pense que la ministre de l'Éducation nationale pourrait mieux vous expliquer ce qui s'est passé autour et avant la démission.
Ce que je constate en revanche, c'est que fort des enseignements de la mort tragique de Samuel Paty qui, vous l'avez rappelé, a eu lieu dans mon département et du choc que ça avait provoqué à la fois, bien sûr, dans la classe politique auprès du corps enseignant et que ça provoque toujours lorsqu'on en parle, on ne peut pas en parler sans une certaine émotion, c'est que le Premier ministre a d'ores et déjà indiqué qu'il portait plainte contre l'élève pour éviter justement cette espèce d'emballement qu'avait subi Samuel Paty sur les réseaux sociaux, de manipulation de l'information, de manipulation de la vérité avec au fond, et même si ce n'est peut-être pas l'intention initiale, des déclarations qui instrumentalisent ceux qui voudraient commettre les attentats, l'attentat comme avait pu connaître Samuel Paty.
Je crois que c'est une décision très forte et c'est, je pense, ce qu'attendent, bien sûr, au-delà d'autres mesures, mais c'est ce qu'attend le corps enseignant en matière de soutien de la part de la représentation politique. Vous pensez que ça va suffire ?
Je veux dire, il y a encore certainement beaucoup à faire en la matière, des décisions qui peuvent être prises à court terme, très rapidement, comme la décision prise par le Premier ministre, des décisions à moyen et long terme qui nécessiteront peut-être plus de concertation avec la communauté éducative, c'est-à-dire les enseignants mais aussi les parents d'élèves, les élèves, etc., pour que, au fond, l'apaisement revienne à l'école, pour que les enseignants, les chefs d'établissement soient la voix de l'autorité, soient ceux qui ont la main dans les établissements pour faire respecter ces questions, par exemple, autour de la laïcité. Donc, il y a certainement beaucoup à faire.
C'est un combat de longue haleine, le respect de la laïcité dans nos établissements et ça ne date pas d'il y a quelques mois et ça ne date malheureusement pas de l'attentat qui a eu lieu contre Samuel Paty. Ça date déjà depuis plusieurs années, cette bataille, mais en tout cas, je crois que c'est un symbole fort, c'est une action forte et j'espère aussi qu'elle sera dissuasive à l'égard de ceux qui voudraient calomnier nos enseignants. Un dernier dossier d'actualité. Marie Lebec, ministre chargée des Relations avec le Parlement.
En 2019, vous étiez, en tant que députée, rapporteur pour avis du projet de loi de ratification du CETA, accord de libre-échange entre le Canada et l'Union Européenne qui vient d'être rejeté par le Sénat. Votre candidate aux élections européennes renaissance, Valérie Ayet, a déclaré qu'il pourrait tout de même continuer à s'appliquer même si l'Assemblée nationale le rejetait. Vous partagez cette vision ?
Alors, pour reprendre, effectivement, on avait fait passer en 2019 ce texte, un accord de libre-échange avec le Canada qui, si je peux me permettre de le rappeler à votre antenne, le Canada est un pays partenaire, est un pays qui s'appuie beaucoup sur la France puisque nous partageons une histoire commune, une culture commune, une langue en commun pour partie du pays parce que nous portons les mêmes combats en matière de respect des normes, en matière de respect des normes de commerce international. Et donc, nous avons eu ce débat au Sénat il y a quelques jours et effectivement, le texte a été rejeté au Sénat.
Le processus au Parlement français n'est pas terminé puisqu'il y a de fait une adoption à l'Assemblée nationale et un rejet au Sénat. Et au-delà de la France, le processus de ratification du CETA n'est pas totalement fini puisque tous les pays ne se sont pas exprimés à ce sujet. Et je me permets quand même de préciser pour vos auditeurs que le CETA aujourd'hui s'applique alors qu'il n'est pas ratifié par l'ensemble des pays parce que seule une petite partie de cet accord est soumis aux Parlements nationaux.
Mais la partie commerciale qui donc permet d'abaisser voire de supprimer dans certaines filières les droits de douane pour l'échange notamment de produits industriels ou agroalimentaires peut d'ores et déjà s'appliquer puisqu'il relève purement de la compétence européenne. Alors, le gouvernement a repoussé l'examen de ce texte à l'Assemblée puisqu'il manque en effet le vote de l'Assemblée nationale après les élections européennes alors même que le groupe communiste entendait l'inscrire dans sa niche parlementaire du 30 mai. Est-ce que vous êtes en accord avec ce choix vous la ministre chargée des relations avec le Parlement ?
Absolument puisque nous avons fait partie du tour de table autour de cette réflexion. Déjà parce que j'entends la position des communistes mais on voit bien que encore une fois nous sommes dans le timing des élections européennes et qu'au-delà de la question pure du CETA nous sommes plus sur un débat est-ce que nous sommes pour ou contre les accords de libre-échange ?
Or, on voit bien que sur ce sujet la France a une position modérée, équilibrée lorsqu'elle défend les intérêts du pays au niveau européen nous sommes tout à fait en faveur d'un accord avec le Canada pays avec qui encore une fois je le redis nous partageons les mêmes valeurs nous partageons les mêmes engagements pour lesquels la France est extrêmement bénéficiaire qui permet à nos industries d'aller conquérir des marchés à nos filières agricoles d'exporter des produits de qualité qui permet d'avoir la reconnaissance d'IGP qui permet d'accéder pour nos entreprises au marché public et parallèlement nous nous opposons fermement au Mercosur parce que effectivement nous estimons que les conditions d'engagement qui doivent être remplies nous ne pouvons pas avoir la garantie qu'elles seront remplies correctement nous estimons effectivement qu'ils pourraient déstabiliser nos filières ce qui n'est pas le cas pour le Canada et donc nous sommes favorables à la mise en place d'accords mais qui doivent être des accords équilibrés nous ne retrouverons pas cet équilibre dans le Mercosur alors que nous avons su le trouver dans le CETA et nous l'avons démontré après 7 ans d'application Restons un moment sur le CETA si vous le voulez bien que doit devenir cet accord s'il était refusé par l'Assemblée nationale ?
Encore une fois s'il est refusé par l'Assemblée nationale il faut ensuite que la France notifie le refus au sein de l'Union Européenne et ensuite encore une fois c'est une décision qui doit être prise par l'ensemble des pays européens et donc que les pays européens chacun se positionne mais je crois Il tomberait si l'Assemblée nationale dit non ?
Je ne sais plus où on en est dans la dynamique de ratification mais surtout je crois très sincèrement On en est qu'on attend le vote du Parlement Mais je crois très sincèrement que nous ferions une erreur dans le message que nous souhaitons envoyer au niveau européen et au niveau international si l'Assemblée venait à refuser et c'est le sens au fond de ce délai que nous souhaitons nous accorder avant de représenter le texte à l'Assemblée nationale Pourquoi ?
Parce que ce que nous voulons faire aujourd'hui et le ministre du Commerce Extérieur Franck Riester l'a rappelé c'est objectiver le débat continuer à assurer le suivi des filières les plus sensibles et notamment la filière bovine dont les représentants estiment que cet accord est une menace malgré les bons résultats qu'ils obtiennent grâce à cet accord avoir un débat avec les parlementaires peut-être par le biais d'abord d'une mission sur le sujet et donc nous souhaitons prendre le temps de convaincre parce que oui au sein du gouvernement moi-même en tant que ministre des relations avec le Parlement mais aussi engagé sur ces questions qui me tiennent à cœur le ministre du Commerce Extérieur Franck Riester le ministre d'Affaires Européenne Jean-Noël Barraud nous sommes absolument convaincus que cet accord est une opportunité pour notre économie On l'a bien entendu Marie Lebec ministre chargée des relations avec le Parlement mais quand aura lieu ce vote ?
Il n'y a pas de date encore qui est fixée mais je veux dire une fois que nous faisons la transmission avec l'Assemblée nationale nous pouvons inscrire très rapidement sur du temps parlementaire le débat c'est à la main du gouvernement donc voilà on veut prendre le temps Vous n'avez même pas une échelle avant l'été avant le Noël ?
Non parce que ça n'a pas été encore fixé par le gouvernement on aura cette discussion mais je crois que notre préalable est de sortir de la temporalité des élections européennes et sortir surtout le débat de savoir si nous sommes pour ou contre les accords de libre-échange Et vous ne pouvez pas nous garantir ici aujourd'hui sur France Culture que si le Parlement français rejetait cet accord il continuerait à s'appliquer ou non à Bruxelles ? Avant de vous dire une erreur je voudrais vérifier C'est quand même majeur Qu'est-ce que vous en pensez vous ? Sur l'application ?
Non mais Sur le fait qu'il y ait un vote démocratique en France et que potentiellement cette décision ne soit pas suivie à Bruxelles Oui mais encore une fois je pense que ça dépend de l'ensemble des pays européens Non ça c'est une décision qui appartient à Emmanuel Macron Mais là où là où je m'interroge c'est que comme nous ratifions qu'une seule partie de l'accord quel est l'impact sur la partie commerciale de cet accord ?
Mais bon voilà on est sur des questions pardon pointilleuses de droit si le sujet est de savoir est-ce que c'est démocratique ou non démocratique le débat est tout autre que de savoir C'est ma question Oui bien sûr je l'entends le sujet c'est de savoir est-ce que lorsque les pays se sont prononcés contre une décision européenne faut-il y renoncer ?
Ça nous invite en tout cas à nous dire que moi je pense que peut-être en l'état si l'accord venait à ne pas pouvoir s'appliquer il faudrait repenser un accord avec le Canada parce qu'au fond Donc ne pas respecter le vote du Parlement Mais non mais ce serait peut-être un accord différent peut-être un accord plus exigeant peut-être qu'au fond l'accord pourrait continuer de s'appliquer avec de nouvelles exigences pour qu'il responde mieux aux inquiétudes éventuelles des filières aux inquiétudes éventuelles sur l'environnement je pense que tout ça peut se débattre au fond nous sommes dans une instance démocratique sur lequel il faut prendre en compte ce qui remonte de chacun des pays européens tout en considérant que le débat peut continuer à avoir lieu Je sais déjà
les réactions de nos téléspectateurs et d'un certain nombre de commentateurs face à cette image on va dire vous voyez ce gouvernement certes Gabriel Attal veut de l'action mais c'est d'abord de la communication
Non non ce n'est pas de la communication pour moi c'était important de pouvoir me rendre rapidement au ministère ce matin je suis attendu par le ministre pour échanger sur les dossiers qui nous attendent tous les matins je prends les transports en commun pour me rendre à l'assemblée et ce matin tel que je le fais d'habitude je me rends au ministère en transport et je suis attendu à 9h30 par le ministre donc je vais y aller Votre première interview
en tant que ministre délégué chargé des relations avec le Parlement le 12 janvier dernier sur BFM TV quel souvenir avez-vous de ce moment ?
Sur ma nomination c'est un moment Non non surtout sur cette interview c'est pas un peu démago le coup du métro ce qui est démago c'est des médias qui essayent de faire croire que les parlementaires ne prennent pas le métro pour venir à l'Assemblée Nationale moi j'habite à 20 km de Paris je ne sais pas si vous prenez régulièrement votre voiture pour venir sur Paris mais quand vous êtes habitant de la Grande Couronne ça peut être assez un parcours du combattant et au demeurant pardon de dire ça mais en fait moi j'ai un mari j'ai deux enfants nous n'avons qu'une seule voiture et donc quand mon mari a besoin du véhicule il faut bien que je me rende Non mais c'est pas le fait de prendre le métro c'est plus de faire une interview dans le métro Vous-même vous êtes du monde médiatique vous savez bien qu'on essaye toujours de prendre les politiques dans un contexte un peu décalé ou inhabituel C'est BFM TV qui vous l'a proposé Mais bien sûr mais moi j'étais pas contre je veux dire après tout ils veulent savoir qui sont les nouveaux ministres de ce gouvernement Gabriel Attal je veux dire je trouve que tout ça est très paradoxal au final puisque effectivement je viens prendre mes nouvelles fonctions comme je venais tous les jours à l'Assemblée Nationale soit en transport en commun Et on vous le reproche ensuite Mais non en vrai personne ne me le reproche les réseaux sociaux font leur chou gras dessus mais la réalité c'est que personne dans ma circonscription ne s'est étonné Vous avez été nommé il y a presque 3 mois qu'est-ce qui vous a le plus surpris en arrivant à ce ministère des relations avec le Parlement C'est une très bonne question Au fond je ne sais pas si j'ai particulièrement été surprise parce que moi ça fait 7 ans que j'évolue alors par rapport à certains qui ont une carrière politique plus longue il y a des choses enfin c'est assez court 7 ans mais moi ça fait 7 ans que j'évolue au milieu des parlementaires que je me sens très concernée par la vie des deux chambres j'aime beaucoup ce mandat je trouve que c'est un mandat qui est digne qui est un mandat qui est noble et au fond je suis très contente de la confiance qui m'a été accordée par le président de la République par le Premier ministre pour occuper ses fonctions ce qui je crois sont à la fois une reconnaissance du travail qui a pu être engagé de mon côté au sein du groupe Renaissance pour même dans un contexte de majorité relative trouver les équilibres faire face aux manœuvres légitimes mais aux manœuvres des oppositions Peut-être que ce qui vous a surpris ce sont les portraits dans l'hôtel de Clermont qui ne sont que des hommes depuis 80 ans Oui peut-être mais paradoxalement beaucoup m'ont posé la question et je ne me suis jamais posé la question du fait d'être une femme ou du fait d'être jeune dans mes choix politiques et dans les décisions que j'avais envie de prendre en politique ça ne fait pas partie de mes paramètres Ce n'est pas une fierté pour vous d'être la première femme à ce poste ?
Non, je suis contente d'ouvrir la voie mais je ne le considère pas comme une fierté parce que je ne lis pas la qualité de mon engagement à mon sexe ou à mon âge Alors quelle va être la méthode Lebec pour compter les voix et les ramener à la majorité ?
Le Parisien écrivait en janvier que vous espériez être à la hauteur de la tempête parlementaire Oui, oui, tout à fait On voit bien qu'il y a beaucoup d'enjeux et paradoxalement c'est ce qui rend ce ministère particulièrement intéressant Vous voyez, on a une assemblée avec une majorité relative un Sénat qui n'est pas de la même coloration politique que la majorité présidentielle Donc tout ça donne beaucoup d'intérêt à cette mission de ministre des Relations avec le Parlement car sans le Parlement au fond, rien ne se passe Je veux dire, bien sûr le gouvernement a à sa main quelques leviers pour pouvoir faire avancer les politiques mais moi, je crois Comme le 49-3 comme le 49-3 qui fait partie des outils ou comme la question des 10 milliards d'euros que vous pouvez modifier à votre main en tant que ministre de l'économie et des finances Tout ça, ce sont des outils légitimes mais je crois que le Parlement d'autant plus maintenant est un acteur clé de nos institutions et qu'effectivement il faut je pense quelqu'un qui connaît extrêmement bien le fonctionnement des deux chambres pour pouvoir au fond amener les chambres les convaincre les amener à voter un texte trouver des majorités Comment vous allez faire ?
Déjà, moi je parle à tout le monde parce que je pense que c'est important c'est important de débattre on a le droit de se confronter moi j'ai dit à tous les groupes politiques que j'avais rencontrés qu'on avait chacun le droit de porter nos positions politiques d'avoir ses victoires et d'accepter aussi de temps en temps ses pertes Vous avez rencontré tout le monde le RN compris ?
Je ne les ai pas encore vus mais je veux dire dans le cadre de mes fonctions et parce qu'ils font partie de l'Assemblée Nationale il y a un entretien qui est prévu je n'ai pas la date exacte Toutes les voix sont bonnes à prendre Ce n'est pas une histoire de voix parce que je ne crois pas que dans notre programme dans notre vision de la société dans notre vision de la France dans l'Union Européenne il y ait quoi que ce soit qui puisse à un moment donner l'impression que nous avons envie de travailler avec le RN Moi je suis engagée en politique parce que je combats les extrêmes je combats la vision qu'ils ont du monde la vision qu'ils ont de la France la vision qu'ils ont de notre société ou le projet qu'ils veulent emporter mais je suis ministre des Relations avec le Parlement et de fait je dois les rencontrer nous acterons probablement des désaccords politiques mais c'est républicain d'accepter d'avoir ce temps ce temps d'échange Est-ce que votre avis la 5ème République est armée contre les antidémocrates ?
Moi je suis très attachée à la 5ème République Elle n'est pas trop permissive s'il y avait un ou une présidente qui n'avait pas envie de respecter la démocratie Je ne me suis jamais posé la question comme ça mais parce que je fais tout pour lutter pour que un président enfin je veux dire c'est le sens de mon engagement politique je fais tout pour lutter pour que quelqu'un qui ne souhaiterait pas respecter nos institutions n'accède pas un jour au pouvoir c'est le sens de mon combat c'est ce pourquoi je m'engage c'est ce pourquoi je vais tous les week-ends dans ma circonscription sur les marchés dans des réunions publiques pour échanger On trouve que ça fonctionne pour le moment Mais on verra les résultats dans 3 ans mais il y a des choses qui marchent des résultats qui marchent bien je veux dire quand on a été élu en 2017 l'inquiétude principale des Français c'était le chômage aujourd'hui ça paraît très bas dans les sondages d'opinion ce qui est probablement la preuve que nous avons répondu à cette inquiétude et puis il y a d'autres inquiétudes qui ont émergé entre temps et auxquelles nous devons répondre et au fond c'est le bilan agrégé de ces 10 ans que nous défendrons en 2027 qui je pense permettra aux Français d'avoir leur opinion sur le sujet mais moi dans les 3 années qui restent quel que soit le poste que j'occuperai soit en tant que parlementaire comme les 2 années soit en tant que ministre là comme depuis quelques mois je me battrai toujours avec la même énergie pour démontrer aux Français que au fond l'action que nous menons elle sert l'intérêt du pays elle défend ce qu'il représente elle défend les territoires que nous incarnons voilà je pense que ça c'est le coeur de mon engagement politique en 2017 lors d'un de vos premiers entretiens à la presse vous disiez aux Inrocutibles le côté hyper président moi je trouve ça super oui moi je suis très enfin je veux dire tout en étant très respectueuse du parlement je suis attachée à ce que représente le président de la république et les 7 années que j'ai eu à faire et que j'ai eu la chance de faire aux côtés d'Emmanuel Macron continue de me conforter sur au fond l'incarnation que le président de la république doit avoir de la France puisque la France est ainsi personnalisée dans la personne du président de la république moi je l'ai vu quand j'ai fait des déplacements avec Emmanuel Macron à l'étranger notamment en Côte d'Ivoire puisque je présidais le groupe d'amitié au mandat précédent de ce beau pays et je vois bien ce que ça représente au fond quand Emmanuel Macron se déplace à l'international c'est l'image de la France qu'on amène moi je suis très je ne pense pas du tout que ce soit incompatible avec une place centrale du parlement une vraie valorisation du rôle des parlementaires le fait de dire que oui les parlementaires ils sont légitimes à défendre des combats qui ne sont pas forcément toujours en phase avec ce que peut être le gouvernement je suis très respectueuse de cette institution mais je suis très attachée aussi à ce qu'on ait un président fort qui soit capable de trancher trancher quand c'est plus dur trancher quand il y a des crises trancher quand il faut être au rendez-vous de nos partenaires internationaux revenons un petit peu sur cette majorité relative dont vous avez désormais la charge est-ce que ça se passe comme dans House of Cards vous savez la sévérie américaine sur la Maison Blanc j'avoue j'ai jamais regardé vous pourriez parce que c'est tout à fait en accord avec votre rôle où les WIP vous savez les responsables des relations avec le parlement comptent les voix sur un grand tableau ils passent des coups de fil à chaque parlementaire pour essayer de faire adopter des textes oui c'est un peu imagé mais de toute évidence dans les moments où c'est le plus difficile et on l'a connu dans cette majorité très récemment par exemple nous avons eu un vote extrêmement serré sur la fusion des autorités de sûreté nucléaire et de recherche nucléaire donc oui ça fait partie du rôle du ministre des relations avec le parlement mais en partenariat avec les présidents des groupes avec ce qu'on appelle les WIP avec les autres membres du gouvernement de s'assurer que nous avons une majorité au moment où le texte est soumis au vote c'est très important est-il normal d'échanger la voix d'un député contre un rond-point ou une brigade de gendarmerie ça ne fonctionne pas comme ça c'est pas arrivé franchement ça ne fonctionne pas comme ça c'est beaucoup plus complexe que ça je veux dire si on voulait simplifier l'action politique on dirait que c'est ça mais au fond déjà et en ça je suis en soutien du non-cumul des mandats l'absence de député-maire le fait qu'un député représente le pouvoir législatif et non pas exécutif fait que ça ne peut pas marcher comme ça bien sûr il y a un équilibre en toutes choses le gouvernement et la majorité avancent main dans la main et quand un membre du parlement et c'est aussi le sens de ma démarche dans les territoires lorsque je me déplace c'est de valoriser les territoires qui sont peut-être les plus éloignés de Paris peut-être les moins bien reliés à Paris bien sûr quand nous avançons main dans la main nous essayons de résoudre des problèmes que peuvent rencontrer certains territoires vous voyez il y a peu de temps de ça mais pas de là à monnayer leur vote mais pas de là à monnayer leur vote vous refusez vous condamnez ces méthodes si jamais elles avaient existé mais non mais c'est un travail de conviction que l'on fait moi une partie de mon temps est consacrée à aller échanger avec les parlementaires sur ok pourquoi ils doutent pourquoi ils doutent du bien fondé d'une décision gouvernementale qu'est-ce qui pourrait les amener à changer en quoi est-ce qu'ils ont besoin d'être convaincus de dire au cabinet ou au ministre qui porte telle politique tu sais tu devrais appeler tel parlementaire parce qu'il a des interrogations parce que dans sa circonscription vous voyez quand on a parlé de la fusion de l'ASN et de l'IRSN ce dont je vous parlais à l'instant moi dans ma circonscription j'ai un énorme département de l'IRSN forcément je suis sollicité à l'époque en tant que parlementaire parce qu'ils ont des questions légitimes et j'ai besoin qu'on m'apporte des réponses plus précises donc tout ça est au fond au fond normal mais il n'y a pas de monnayage personne ne dit si tu votes je te donnerai un rond-point et honnêtement la conviction des parlementaires et de et de ceux qui sont présents et qui se battent à la fois pour soutenir l'action du gouvernement mais aussi dans les oppositions pour ceux qui se battent ce sont des gens de conviction c'est de manière plus insidieuse vous diriez mais on avance je veux dire on avance ensemble dans l'intérêt du pays moi lorsqu'un député me dit écoute je reprends mon exemple du Loiret dans le Loiret par une forme d'incongruité il y a le RERD qui arrive sauf que du coup les habitants du Loiret ne sont pas éligibles au pass Navigo puisque c'est réservé à l'île de France donc tout ça a des complexités très importantes quand un député du Loiret chez qui je me rends en l'espèce Anthony Bross me dit écoute dans le Loiret on a le RERD et ça pose un problème parce qu'on n'est pas éligible au pass Navigo qu'est-ce que vous pensez que je vais aller faire ?
je vais tirer un enseignement de ce déplacement je vais aller voir le ministre des Transports Patrice Vergrès je vais lui dire écoute je pense qu'il faudrait que tu reçoives Anthony Bross en espérant qu'il vote pour vous ensuite mais pas en espérant qu'il vote pour moi je veux dire en espérant qu'on trouve une solution rationnelle qu'on mette autour les différents acteurs concernés autour d'une table pour trouver une solution parce que le député il est légitime à défendre son territoire mais il n'y a jamais un député qui vient me voir en me disant je voterai pour toi si tu me fous une cadenne de gendarmerie juste après l'adoption du projet de loi sur les retraites en 2023 vous disiez au quotidien le monde l'utilisation du 49-3 ça a été dur dans le groupe même moi qui ai eu une confiance aveugle en Emmanuel Macron je dois dire que là c'est la première fois que je me suis dit en fait on ne sert à rien oui parce que c'était un contexte particulier j'ai toujours une confiance aveugle dans le président de la république je trouve que voilà on a des résultats qui sont très bons ils ont le blues les parlementaires de la majorité mais parce que ce mandat pour les parlementaires est plus difficile que celui de 2017 c'est une réalité nous ne sommes pas en situation de majorité absolue ça nécessite de beaucoup plus se battre ça nécessite d'accepter parfois d'être battu c'est pas toujours facile ça nécessite effectivement d'accepter que de temps en temps le gouvernement serve des outils qui sont à sa main et moi je ne veux rien renier de l'engagement des parlementaires et notamment par exemple sur les retraites de leur mobilisation de ce qu'ils ont fait en circonscription pour aller défendre le projet de loi porté par le gouvernement et je pense qu'il peut y avoir parfois une frustration légitime à ce que le gouvernement utilise de 49-3 ça ne renie pas la légitimité mais je trouve que encore une fois je pense qu'il va falloir moins l'utiliser je ne pense pas que ce soit une question de plus ou moins je pense que c'est la considération qu'on accorde aux parlementaires et de considérer qu'au fond le groupe même si parfois il est battu n'a jamais fait défaut au gouvernement ne s'est jamais démobilisé alors que c'est plus dur qu'il faut accepter de faire plus de compromis qu'il faut accepter qu'il y a des oppositions qui sont beaucoup plus violentes à l'égard de la majorité tout ça est un contexte plus difficile et donc il faut apporter de la considération à l'engagement de l'ensemble des groupes de la majorité Renaissance-Modem-Horizon sens politique l'archive de l'invité réveillez-vous
discutez-en réfléchissez jusqu'au bout l'engagement politique ça n'est pas toujours pour les autres l'engagement politique aujourd'hui ça ne doit pas toujours se faire avec les mêmes règles j'ai besoin de vous de votre mobilisation de votre engagement et donc je compte sur vous pour que nous menions ensemble cette révolution en marche et en acte merci
Emmanuel Macron dans un message vidéo le 27 janvier 2017 à quelques mois des élections législatives il déplorait n'avoir reçu que 15% de candidature féminine où êtes-vous Marie Lebec quand vous entendez ce message alors du coup je me dédie un peu par rapport à ce que je vous ai dit parce que c'est la seule fois où le fait d'être une femme m'a fait un peu reconsidérer la chose mais c'est vraiment la seule fois parce que c'est pas du tout un de mes paramètres et je n'aime pas être ramené à cette question de sexe enfin bref vous êtes féministe vous diriez non mais je suis très féministe mais peut-être par rapport à d'autres moi j'estime que je prends ma place j'attends pas à ce qu'on me crée les conditions pour la prendre je prends ma place je prends la place que j'ai envie d'incarner dans la société de ce que je veux porter et bref je suis chez moi au moment de ce sonore que vous venez de diffuser et qui est en fait un message d'Emmanuel Macron en 2017 je me rappelle très bien ça doit être en février un truc comme ça c'est en janvier 27 janvier et en fait à ce moment là moi ça fait depuis avril 2016 que je milite pour le président de la république à l'époque candidat Emmanuel Macron est devenu depuis président de la république et quand je vous parlais tout à l'heure de la confiance que j'ai dans le président c'est que je pense que c'est ce message là qui m'a vraiment fait me déterminer et me dire mais au fond c'est ridicule parce que parce que vous n'osiez pas avant ce message vous aviez déjà l'envie de postuler mais vous n'osiez pas vous diriez en 2017 je viens d'avoir 26 ans je milite depuis très longtemps en politique parce que j'adore ça vous étiez assistante parlementaire j'ai vraiment la politique je veille au corps mais je me dis bah franchement je suis quand même hyper jeune j'ai pas une énorme légitimité le territoire où je suis élue est un territoire où les gens emménagent en étant un petit peu plus installés dans la vie ne serait-ce que parce que se loger est assez cher donc il faut déjà avoir un petit peu un patrimoine dans les Yvelines exactement et donc je me dis ça n'a pas de sens et en fait j'entends ce message et je me dis c'est vraiment ridicule tout ça pourquoi en fait je pourrais pas y aller et c'est vrai que je consulte des militants de ma circonscription dont je suis proche qui sont des soutiens d'ailleurs certains comme le maire de Houille sont depuis devenus eux-mêmes élus Julien Chambon et en fait tous me disent mais si vas-y tu connais la vie politique t'es jeune t'as un peu d'expérience avec ton job d'assistante parlementaire t'as pas d'emprunt t'as pas d'enfant donc t'as pas de risque à y aller et en fait je pense que le sonore d'Emmanuel Macron enfin ce petit message qu'il fait aux femmes me permet enfin HF de me convaincre en me disant en fait ce sont nous-mêmes les femmes qui nous fixons un peu notre propre passion de verre et quand je vois qu'il y a je sais plus je crois 1000 femmes et 5000 hommes qui ont déposé leur candidature je me dis en vrai on est vraiment ridicule on passe notre temps à demander davantage de parité et quand quelqu'un s'engage enfin à la faire de manière réelle formelle on dépose pas de candidature et donc c'est la seule fois où le fait d'être une femme m'a achevé de me convaincre que j'avais envie d'être candidate et au fond c'est probablement la décision dont je suis le plus fier à date donc j'ai aucun regret d'avoir enfin je me suis fait convaincre par le président de la république merci Marie Lebec déléguée chargée des relations avec le parlement d'avoir été l'invité de Sens Politique et merci à toute l'équipe à la préparation Anne-Claire Bazin et Juliette Marcailloux à la réalisation cette semaine Félicie Faugère à la technique d'Alia à la vidéo Félix Delacour vous pouvez réécouter cette émission comme chaque samedi sur l'application Radio France et sur franceculture.fr à la page Sens Politique merci de nous avoir suivis très bon après-midi à l'écoute de France Culture et à la semaine prochaine
Marie Lebec