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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 avril 2020 24 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

Plan de déconfinement, port du masque, réouverture des écoles : le "8h30 franceinfo" de Damien Abad

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteÉludée

    Quelle sera la position de la droite tout à l'heure ?

  • 0:49RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'on peut dire ça, Damien Abad, avant même qu'Edouard Philippe ait détaillé les mesures ?

  • 1:18OuverteRéponse directe

    C'est la fin de l'Union nationale ou de ce qu'il en restait ?

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Justement, Damien Abad, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de paradoxal aujourd'hui à réclamer du temps, alors que le gouvernement a été accusé à plusieurs reprises par l'opposition ces dernières semaines de faire preuve d'impréparation ?

  • 2:30FerméeRéponse directe

    Ça laisse un jour de moins aux maires et aux préfets pour s'organiser ?

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous trouvez, Damien Abad, que la date retenue pour le début du déconfinement, c'est-à-dire dans 13 jours, le 11 mai, est la bonne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueFait
    « la droite ne votera pas ce plan pour deux raisons. »
  • 0:20Invité politiqueFait
    « nous regrettons sur la forme le fait qu'on n'ait pas eu un moment de débat et d'échange entre nous, entre les 104 députés du groupe, pour pouvoir analyser la déclaration du Premier ministre et ce plan de déconfinement. »
  • 0:34Invité politiqueFait
    « nous regrettons, en tout cas pour le moment, un déconfinement qui est dans le flou, dans l'incertitude, avec beaucoup d'injonctions contradictoires et nous nous interrogeons clairement sur la stratégie du gouvernement et sa capacité à gérer ce déconfinement. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « nous constatons qu'il y a des injonctions contradictoires sur la question des écoles, sur la question du port du masque, sur la question des tests, et que ces injonctions contradictoires créent de l'anxiété et de l'angoisse chez les Français. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Nous avons mis des propositions sur la table. Nous avons même présenté un plan de déconfinement de manière à être utile au débat. »
  • 2:19Invité politiqueFait
    « Non, ça c'est l'argument qu'a donné La République En Marche, mais qui est un argument fallacieux pour une seule raison. C'est que ça ne change absolument rien de faire le débat cet après-midi et d'avoir le vote 24 heures plus tard. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Oui, je l'ai dit. Oui, je pense que c'est la bonne, parce qu'il faut envisager ce déconfinement. Tout simplement, il faut le faire sous protection. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « à condition que le gouvernement soit prêt et à condition que nous ayons suffisamment de masques et de tests. Et c'est là la clé de voûte de la réussite du déconfinement. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « beaucoup de maires, les républicains, et d'autres maires d'ailleurs, le font déjà. Je crois que c'est les élus locaux qui permettent aujourd'hui à la France de tenir debout. »
  • 4:48Invité politiqueFait
    « nous demandons d'ailleurs un déconfinement territorialisé, adaptable en fonction des territoires, parce que le virus n'a pas touché la France de la même manière en fonction du lieu où on habite. »
  • 6:03Invité politiqueFait
    « J'en appelle à la responsabilité des Françaises et des Français. Je pense que tout le monde a compris qu'on doit limiter ces déplacements interrégionaux. »
  • 6:50Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faut un cadre national, et c'est au national de décider, de fixer le calendrier. Et ensuite, pour moi, le bon échelon, pour nous, c'est le déconfinement au niveau d'une échelle d'un département. »
  • 8:53Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faudra mettre en place des nouvelles modalités de sanctions. On ne peut pas arrêter aucun mécanisme de sanctions. »
  • 9:45Invité politiqueFait
    « Ce que nous demandons, c'est le port du masque obligatoire, non seulement dans les transports en commun, mais aussi dans les grandes surfaces commerciales et dans certains lieux publics. »
  • 10:44Invité politiqueFait
    « Non, nous ne sommes pas d'accord avec ça. Parce qu'en fait, le gouvernement défausse sa propre responsabilité sur celle des familles et des parents d'élèves. »
  • 11:12Invité politiqueFait
    « L'école n'est pas une option. Pour nous, elle n'est pas une option. L'instruction publique, elle est obligatoire. »
  • 13:39Invité politiqueFait
    « Je crois que Bruno Rotaillot a raison sur le fait que nous devrons travailler davantage et qu'il faudra certainement faire sauter le verrou des 35 heures qui, je rappelle, ont détruit l'hôpital public français. »
  • 15:19Invité politiqueFait
    « Ma question portait sur l'ensemble de la fonction publique, Damien Abad. »
  • 15:47Invité politiqueFait
    « Ce que nous disons, pour répondre à votre question, c'est que la fonction publique hospitalière doit échapper à toute réduction d'effectifs. »
  • 16:23Invité politiqueFait
    « Ni policiers, ni gendarmes, bien entendu. Vous le savez, la sécurité est une priorité. »

Temps de parole

  • Damien Abad49 %
  • Invité19 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 210 %
  • Présentateur 29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:06
Présentateur

Le Premier ministre Edouard Philippe présente donc cet après-midi à l'Assemblée le plan du gouvernement pour le déconfinement. Quelle sera la position de la droite tout à l'heure ?

0:17
Damien Abad

Écoutez, la droite ne votera pas ce plan pour deux raisons. D'abord parce que nous regrettons sur la forme le fait qu'on n'ait pas eu un moment de débat et d'échange entre nous, entre les 104 députés du groupe, pour pouvoir analyser la déclaration du Premier ministre et ce plan de déconfinement. La deuxième chose, c'est que nous regrettons, en tout cas pour le moment, un déconfinement qui est dans le flou, dans l'incertitude, avec beaucoup d'injonctions contradictoires et nous nous interrogeons clairement sur la stratégie du gouvernement et sa capacité à gérer ce déconfinement.

0:49
Présentateur

Est-ce qu'on peut dire ça, Damien Abad, avant même qu'Edouard Philippe ait détaillé les mesures ?

0:55
Damien Abad

Nous attendons bien sûr le détail des mesures, mais depuis plusieurs semaines, nous constatons qu'il y a des injonctions contradictoires sur la question des écoles, sur la question du port du masque, sur la question des tests, et que ces injonctions contradictoires créent de l'anxiété et de l'angoisse chez les Français. Donc nous ne voulons pas donner un blanc-seing au gouvernement dès cet après-midi. Nous abstiendrons massivement et certains d'entre nous voteront contre.

1:18
Présentateur

C'est la fin de l'Union nationale ou de ce qu'il en restait ?

1:22
Damien Abad

Non, vous savez, depuis le début, nous sommes dans la même ligne politique, qui est celle qui est contre la désunion nationale. Mais l'unité nationale, ce n'est pas mettre la poussière sur le tapis. L'unité nationale, ce n'est pas ne pas poser de questions ou ne pas faire de critiques quand telle gestion ne nous semble pas opportune. Simplement, depuis le début, nous sommes une opposition responsable. Nous avons mis des propositions sur la table. Nous avons même présenté un plan de déconfinement de manière à être utile au débat. Nous ne sommes pas dans un concours de décibels avec Mélenchon ou Le Pen. Nous sommes dans un challenge de crédibilité et d'alternance politique.

1:54
Présentateur

Renaud Delis. Justement, Damien Abad, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de paradoxal aujourd'hui à réclamer du temps, alors que le gouvernement a été accusé à plusieurs reprises par l'opposition ces dernières semaines de faire preuve d'impréparation, d'imprévoyance, d'être dans le flou ? Au moment où, justement, il s'apprête à dévoiler le contenu de ce plan, vous réclamez un délai supplémentaire que l'urgence de la situation actuelle ne permet peut-être pas ?

2:19
Damien Abad

Non, ça c'est l'argument qu'a donné La République En Marche, mais qui est un argument fallacieux pour une seule raison. C'est que ça ne change absolument rien de faire le débat cet après-midi et d'avoir le vote 24 heures plus tard.

2:30
Présentateur

Ça laisse un jour de moins aux maires et aux préfets pour s'organiser ?

2:34
Damien Abad

Non, mais les maires et les préfets, non, c'est faux, parce que le plan, il sera débattu au Sénat la semaine prochaine. Et donc, en aucun cas, il n'y aura une mise en œuvre opérationnelle du plan dès demain, puisque le Premier ministre lui-même va consulter les élus locaux, il va consulter les préfets pendant cette semaine, et ensuite, il y aura un débat au Sénat. Donc, que l'on vote aujourd'hui ou que l'on vote demain n'a absolument aucune conséquence opérationnelle sur le terrain. Et on peut très bien tenir le débat aujourd'hui et voter demain pour une raison simple. C'est comme, vous savez, avec les risques sanitaires, nous sommes simplement 75 députés sur 577 en séance.

Et donc, pour notre groupe, c'est 13 députés sur 104. Et donc, ça veut dire qu'il faut simplement qu'on ait le temps de consulter, d'échanger. Je trouve dommage cette rigidité excessive du Premier ministre de son gouvernement.

3:16
Présentateur

Est-ce que vous trouvez, Damien Abad, que la date retenue pour le début du déconfinement, c'est-à-dire dans 13 jours, le 11 mai, est la bonne ?

3:22
Damien Abad

Oui, je l'ai dit. Oui, je pense que c'est la bonne, parce qu'il faut envisager ce déconfinement. Tout simplement, il faut le faire sous protection. Mais vous imaginez, on ne peut pas, pendant des mois et des mois, vivre sous cloche en confinement. Ce qu'il nous faut maintenant, c'est préparer ce déconfinement pour éviter une deuxième vague. Et c'est ça l'enjeu. Mais cette date, pour nous, en tout cas, nous semble être la bonne, à condition que le gouvernement soit prêt et à condition que nous ayons suffisamment de masques et de tests. Et c'est là la clé de voûte de la réussite du déconfinement.

3:54
Présentateur

Cette réussite du déconfinement, elle dépend très largement de l'implication et de la mise en œuvre qu'en feront les élus locaux. Le gouvernement le dit et l'ensemble des élus le disent. Est-ce que ça signifie d'un bien à battre que vous appelez, vous, vos élus locaux, les maires, les républicains, à mettre en œuvre, de façon évidemment particulièrement efficace, les mesures qui seront annoncées par le gouvernement cet après-midi ?

4:19
Damien Abad

Oui, bien entendu. Et vous savez, beaucoup de maires, les républicains, et d'autres maires d'ailleurs, le font déjà. Je crois que c'est les élus locaux qui permettent aujourd'hui à la France de tenir debout. Et on le voit dans la question des écoles, dans la question du gel hydroalcoolique, dans la question du port du masque. Beaucoup d'initiatives locales ont été prises par des maires, par des présidents de régions, par des présidents de départements, qui d'ailleurs souvent sont venus pallier les défaillances et les dysfonctionnements de l'État. Et donc, il faut s'appuyer sur ces réseaux d'élus locaux.

Et nous demandons d'ailleurs un déconfinement territorialisé, adaptable en fonction des territoires, parce que le virus n'a pas touché la France de la même manière en fonction du lieu où on habite.

4:56
Présentateur

Ça veut dire qu'on peut s'abstenir à Paris et appliquer le plan partout ailleurs ?

5:01
Damien Abad

Mais écoutez, oui, pour une raison très simple, c'est que d'abord nous sommes des démocrates, des républicains, et que nous, nous voulons la réussite de notre pays. Mais nous pensons que le gouvernement tergiverse trop. Nous pensons qu'il y a trop d'incertitudes, il y a trop d'incohérences. Et l'abstention que nous allons montrer tout à l'heure, c'est une abstention vigilante, qui dit au gouvernement, il faut stopper les injonctions contradictoires. Montrez que vous êtes capables d'avoir un déconfinement clair, progressif et territorialisé, moncratique et jacobine, qui fait qu'on a beaucoup de difficultés pour les Français à comprendre la logique de ce déconfinement.

C'est ça que l'on veut montrer. Et c'est cela l'enjeu de cet après-midi, et surtout de la mise en œuvre opérationnelle ensuite sur les territoires.

5:45
Présentateur

Vous prenez, Damien Abad, vous venez de le redire, un déconfinement territorialisé. Donc certains endroits, certaines parties du territoire seraient déconfinées et pas d'autres. Donc cette mesure, cette décision, si elle a été mise en œuvre, devrait être accompagnée de l'interdiction de déplacement des Français entre ces différents territoires ?

6:02
Damien Abad

Pas forcément. J'en appelle à la responsabilité des Françaises et des Français. Je pense que tout le monde a compris qu'on doit limiter ces déplacements interrégionaux. J'ai beaucoup de mal à croire qu'on puisse contrôler et mettre des frontières à l'entrée de chaque région. Donc je pense qu'un déconfinement territorialisé, ça veut dire quoi ? Ça veut dire un cadre national, des grands principes qui sont arrêtés au niveau national, et ensuite une adaptation au territoire. Je vous prends un exemple très concret. Les cafés, les commerces et les restaurants.

Je pense qu'on peut ouvrir plutôt les restaurants dans des départements comme le Cantal ou la Lauser, où il y a peu de cas, plutôt que dans le Barin ou dans le Haut-Rhin, par exemple. Et qu'on peut avoir cette progressivité pour territoire. C'est simplement du bon sens et du pragmatisme.

6:43
Présentateur

Mais dans ces cas-là, ça se déciderait au niveau d'une ville, d'une région, d'un département, cette réouverture des restaurants ?

6:50
Damien Abad

Je pense qu'il faut un cadre national, et c'est au national de décider, de fixer le calendrier. Et ensuite, pour moi, le bon échelon, pour nous, c'est le déconfinement au niveau d'une échelle d'un département. Parce que j'ai entendu la question du déconfinement régional. Mais au sein d'une même région, vous avez de grandes disparités, de grandes différences sur la manière dont l'épidémie s'est propagée entre les départements d'une même région. Et donc, je pense que l'échelle départementale est plus adaptée pour prendre ces mesures-là, notamment.

7:16
Présentateur

Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, avec nous sur France Info. Jusqu'à 9h, il est 8h40. Le fil Info avec Lauriane Delanoé.

7:25
Invité

École, entreprise, transport, cet après-midi, nous pourrons nous projeter dans le déconfinement. Le Premier ministre va présenter son plan, les consignes, à partir du 11 mai. Édition spéciale sur France Info à partir de 15h. Pour ce discours à l'Assemblée, vote des députés dans la foulée. L'opposition des Républicains à la France Insoumise votera contre le plan ou s'abstiendra. Ce matin, sur France Info, l'Alliance du commerce demande des règles fixées dans chaque magasin, en fonction de la superficie et de l'aménagement.

Pour les chômeurs en fin de droit, ses droits automatiquement prolongés en mai pour faire face au confinement, promesse de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dans le journal Le Parisien, aujourd'hui en France. Deux motards de la police, blessés, percutés volontairement hier par un automobiliste à Colombe, dans les Hauts-de-Seine, le suspect en garde à vue, un homme de 29 ans, connu pour des antécédents psychiatriques qui affirment avoir prêté allégeance à Daesh. Les anciens footballeurs des Verts comme Jean-Michel Larquet rendent hommage à leur Sphinx. Robert Herbin, joueur puis entraîneur mythique de Saint-Etienne, est mort hier à 81 ans. France Info, et tout est plus clair.

8:36
Présentateur

Damien Abad, chef de file des députés Les Républicains, avant de parler de l'école avec vous dans un instant, un mot sur les amendes. Est-ce qu'à partir du 11 mai prochain, le début du déconfinement, vous souhaitez qu'on arrête de verbaliser les Français qui ne respecteraient pas certains gestes barrières, par exemple, ou est-ce qu'il faut garder ce côté dissuasif ?

8:53
Damien Abad

Je pense qu'il faudra mettre en place des nouvelles modalités de sanctions. On ne peut pas arrêter aucun mécanisme de sanctions. Bien sûr que ça ne sera plus la même chose, puisqu'il y aura la capacité, normalement, à sortir, et donc la liberté d'aller et venir sera revenue, mais il faudra se respecter les gestes barrières. Mais encore une fois, je crois plus à la responsabilité des Français qu'à la sanction en tant que telle, parce que tout le monde a intérêt à respecter ces gestes barrières. Personne ne veut mettre sa santé en danger, et je pense qu'il y aura, au-delà de la sanction, un grand effort de pédagogie, notamment sur la question du port du masque.

9:25
Présentateur

Alors justement, par exemple, dans la question des transports, où il semble que le port du masque sera obligatoire, vous souhaitez qu'on conserve le principe des amendes ?

9:34
Damien Abad

Non, parce que pour avoir ce principe-là, il faut d'abord qu'on puisse garantir aux Français que l'on aura suffisamment de masques pour tout le monde, dans toute situation. Ce que nous demandons, c'est le port du masque obligatoire, non seulement dans les transports en commun, mais aussi dans les grandes surfaces commerciales et dans certains lieux publics. Je crois qu'il faut élargir cette obligation du port du masque. Au-delà des transports en commun, ça nous semble essentiel.

Mais ça, ça signifie d'avoir suffisamment de masques et des masques de qualité, parce que je vois ici ou là poindre des masques dits alternatifs, dont certains sont de qualité et dont d'autres, par contre, n'ont absolument aucune efficacité. Donc il y a besoin aussi de cette homologation et c'est le rôle de l'État qui doit jouer l'État dans cette distribution et cette homologation des masques.

10:19
Présentateur

Vous avez évoqué à plusieurs reprises, Damien Abad, la nécessité de renvoyer à la responsabilité individuelle des Français pour ce qui est de leur comportement respectif. Précisément, en ce qui concerne l'école, le gouvernement fixe la date du 11 mai comme une réouverture progressive des écoles, mais laisse aux Français la responsabilité, la liberté de renvoyer ou pas leurs enfants à l'école. Est-ce que vous êtes d'accord ?

10:44
Damien Abad

Non, nous ne sommes pas d'accord avec ça. Parce qu'en fait, le gouvernement défausse sa propre responsabilité sur celle des familles et des parents d'élèves. Je pense que c'est au gouvernement de rappeler que si nous avons suffisamment de masques et de tests et de mécanismes de protection, c'est au gouvernement de rappeler que l'instruction publique est obligatoire et que donc le chemin de retour à l'école l'est également. Donc là, il n'est pas question

11:08
Présentateur

de responsabilité individuelle si je vous entends bien, Damien Abad ?

11:11
Damien Abad

Non, parce que le problème, qu'est-ce qui va se passer ? Ce n'est pas une question de responsabilité individuelle. L'école n'est pas une option. Pour nous, elle n'est pas une option. L'instruction publique, elle est obligatoire. Donc il y a deux solutions. Soit le gouvernement, comme en Allemagne, a suffisamment de tests pour tester le personnel enseignant chaque semaine pour tester le personnel dans les établissements scolaires et soit il a suffisamment de masques, notamment pour assurer le port du masque dans les transports scolaires. Soit il met ses modalités pratiques en œuvre et alors nous pouvons rouvrir de manière progressive les écoles dès le 11 mai.

Soit il ne l'a pas et alors effectivement les ouvertures d'école seront difficiles. Mais laisser le libre choix aux familles, c'est prendre le risque d'avoir des écoles vides, c'est prendre le risque finalement de faire porter cette responsabilité sur les familles en tant que telles alors même que l'instruction publique est obligatoire.

11:58
Présentateur

Et comment faire, Damien Abad, pour imposer à des parents réticents à l'idée de renvoyer leurs enfants à l'école après le 11 mai ? Comment vous les contraignez à le faire si vous voulez imposer le caractère obligatoire ?

12:10
Damien Abad

Rassurer et protéger. Rassurer et protéger, c'est ça l'enjeu. Il faut expliquer aux parents d'élèves, c'est ce que l'on fait en Allemagne, qu'on puisse rassurer d'abord avec la mise à disposition de masques, de gel hydroalcoolique, avec l'éducation et la pédagogie fait aux gestes barrières, avec des classes en demi-niveau, avec des rentrées...

12:29
Présentateur

Mais ça ne lèvera pas forcément, excusez-moi, ça ne lèvera pas forcément toutes les réticences d'ici le 11 mai, Damien Abad, Il faudra des mesures contraignantes après le 11 mai pour imposer aux parents de renvoyer leurs enfants à l'école ?

12:40
Damien Abad

Écoutez, je pense qu'il faut, avant d'imposer des mesures contraignantes, il faut déjà que l'État apporte toutes les garanties, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Moi, je souhaite que toutes les garanties soient apportées dans le chemin de retour à l'école pour pas que ça soit un chemin de croix. C'est ça l'enjeu. Et ensuite, une fois que toutes les garanties sont apportées, il n'y a plus aucune raison que le retour à l'école ne se fasse pas. Mais aujourd'hui, ne le conteniez pas. Et regardez, encore une fois, la différence entre l'Allemagne et la France sur ce sujet, sur le test des enseignants, sur les stratégies de dépistage qui sont faites, sur le port des masques.

Et c'est ça, aujourd'hui, qui ne va pas. C'est cet écart grandissant qu'il y a entre nos deux pays et qui fait qu'on freine la reprise économique, on freine le retour à l'école et on freine le déconfinement. Je ne veux pas d'un déconfinement, finalement, qui serait entre guillemets low cost, c'est-à-dire un déconfinement sans protection. Et l'enjeu de la protection sanitaire,

13:30
Présentateur

c'est-à-dire qu'il faudra que les Français travaillent davantage à partir de la sortie du confinement et que les 35 heures, ça commence à bien faire.

13:37
Damien Abad

Je crois que Bruno Rotaillot a raison sur le fait que nous devrons travailler davantage et qu'il faudra certainement faire sauter le verrou des 35 heures qui, je rappelle, ont détruit l'hôpital public français. Ce que je souhaite ajouter à cela, c'est que pour moi, le travailler plus, c'est forcément gagner plus. Et que donc, il y a un enjeu majeur sur le pouvoir d'achat des Français et que ce n'est pas rendre des jours de RTT ou des congés payés gratuitement, non, qui, quand il y a un travail, tout travail mérite salaire et que donc, c'est de travailler plus pour gagner plus qu'avait porté en son temps Nicolas Sarkozy.

14:14
Présentateur

Combien ? 37, 39 heures ?

14:18
Damien Abad

Ça doit être dans la discussion, dans la négociation sociale. Il faut faire preuve d'adaptation, de pragmatisme. Et vous savez, aujourd'hui, c'est souvent le cas et c'est déjà le cas et y compris notamment dans cette période d'état d'urgence sanitaire. Quand vous voyez les heures que font le personnel soignant, quand vous voyez les heures que font les livreurs, les heures que font les salariés, les ouvriers, toutes celles et tous ceux qui tiennent la France debout aujourd'hui, c'est ceux-là qu'ils font accompagner, c'est ceux-là qui méritent notre reconnaissance et notre récompense.

14:42
Présentateur

Et est-ce qu'il faut continuer, Damien Abad, de réduire drastiquement les dépenses publiques et notamment le nombre de postes de fonctionnaires comme le préconise le programme des Républicains ?

14:51
Damien Abad

Non, là aussi, pas de caricature. Pas de caricature parce que depuis plusieurs années déjà, je l'ai dit, je crois que la fonction publique hospitalière doit échapper à toute logique contact. Et chez les Républicains, nous le disons aussi clairement, nous avons posé un programme avec 50 propositions. Parmi ces propositions, nous demandons un gel, un moratoire sur l'ensemble des fermetures de lits en France, que ce soit les lits de réanimation comme les autres types de lits. Ma question portait

15:20
Présentateur

sur l'ensemble de la fonction publique, Damien Abad. Dont votre candidat à la dernière présidentielle réclamait la suppression d'un demi-million.

15:26
Damien Abad

Ça ne vous a pas échappé qu'entre l'élection présidentielle et aujourd'hui, il y a eu quelques changements, une évolution, une droite sociale qui a émergé et qui a envie de faire attendre sa voix. Et je fais partie de celles et ceux qui plaident pour cette droite sociale. Ce qui ne veut pas dire l'abandon de toute non-maîtrise et déficit et de la dette parce que la dette, c'est aussi un fardeau pour nos enfants et nos petits-enfants. Mais ce que nous disons, pour répondre à votre question, c'est que la fonction publique hospitalière doit échapper à toute réduction d'effectifs.

En ce qui concerne les autres fonctions publiques, celles d'État et celles de territoriales, les choses peuvent se regarder. Pourquoi ? Parce que ce qu'on a besoin aujourd'hui, c'est de renforcer les fonctionnaires de proximité. On a besoin d'infirmières, on a besoin d'assistantes sociales, on a besoin de travailleurs sociaux, on a besoin de fonctionnaires de proximité et peut-être un peu moins de fonctionnaires dans les administrations d'État.

16:11
Présentateur

Donc, moins de policiers ?

16:14
Damien Abad

Vous voyez, toujours, vous êtes un récateur. Non, non, mais vous nous dites les secteurs auxquels

16:17
Présentateur

il ne faut pas toucher, Damien Abad, j'essaie de comprendre.

16:19
Damien Abad

Et bien, je vais être très concret. Ni policiers, ni gendarmes, bien entendu. Vous le savez, la sécurité est une priorité. D'ailleurs, nous l'avons mis à vous les sécurités dans le plan du déconfinement qu'il n'y a pas pour le moment dans le plan du gouvernement. Et les enseignants ? Vous le savez, il y a sur les enseignants, je crois que là aussi nous avons pris un engagement qui est réel, qui est de dire que nous ne voulons pas de fermeture de classes, notamment dans les écoles rurales. Je vais vous dire où c'est qu'on peut faire des économies dans toutes les agences déconcentrées de l'État, dans toutes les administrations centrales.

C'est dans ces cadres-là où on peut réduire le nombre de fonctionnaires, et y compris dans la fonction publique territoriale. On a aujourd'hui trop de personnels en cas de droit. Je vous donne juste ce chiffre. Regardez la différence là aussi entre l'Allemagne et la France. En France, vous avez quasiment un tiers des personnes qui se trouvent dans les hôpitaux qui n'exercent pas d'activité soignante en tant que telles. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui on meurt de cet état bureaucratique, technocratisé. Et c'est ça qu'il faut changer.

17:15
Présentateur

Merci à vous Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale qui s'abstiendra en grande majorité cet après-midi lors du vote sur le plan de déconfinement que présentera à partir de 15h. Edouard Philippe, nous serons d'ailleurs en édition spéciale tout à l'heure sur France Info. Pour les annonces du Premier ministre, il est 9h moins 10, le fil info avec Lauriane Delanoï.

17:36
Invité

Partout dans le monde, la recherche d'un traitement contre le Covid-19 et un essai clinique extrêmement encourageant mené par l'assistance publique Hôpitaux de Paris, un médicament anti-inflammatoire, le tocilizumab, réduit le risque d'aggravation des pneumonies. Des résultats à confirmer encore mais qui sont solides selon l'un des professeurs à Marseille. Des chercheurs lancent eux un nouvel essai à base de molécules contre le cancer. La droite ne votera pas le plan de déconfinement, assure ce matin sur France Info le président des députés Les Républicains. Ils vont s'abstenir ou voter contre. Damien Abad, invité de France Info, demande un déconfinement déterritorialisé.

Nous saurons cet après-midi ce que le gouvernement a décidé pour l'après-11 mai. Discours à 15h du Premier ministre à l'Assemblée. Le confinement et la pandémie pèsent sur le moral des Français. L'indice de confiance des ménages calculé par l'IC. L'INSEE chute de 8 points entre mars et avril. C'est la chute la plus brutale d'un mois à l'autre depuis la création de cet indicateur il y a 50 ans. C'est lui qui a mené les verres en finale d'une Coupe d'Europe des clubs en 1976. L'entraîneur historique de Saint-Etienne, Robert Herbin, est mort hier à 81 ans. Problème cardiaque et respiratoire sans lien avec le Covid. France Info et tout est plus clair.

18:55
Présentateur

Pas question de crier victoire trop vite mais c'est donc une première lueur dans la course de vitesse engagée contre le coronavirus. Un médicament déjà commercialisé depuis plusieurs années a été testé depuis un mois sur des malades en plus des traitements habituels et les premiers résultats concluent à une amélioration significative de leur état de santé. Bonjour Gabriel Stegg. Bonjour. Vous êtes professeur et vice-président du directoire de l'APHP en charge de la recherche. C'est dans l'un de vos hôpitaux que ce premier essai a été mené avec du tocilizumab. C'est le nom de cette molécule. Quels effets constater sur les malades ?

19:28
Invité

Alors en fait c'est un médicament anti-inflammatoire qui est utilisé dans la polyarthrite rhumatoïde et l'idée de ce traitement c'est qu'on sait que bien que la majorité l'immense majorité des gens qui ont une infection Covid vont faire une forme mineure une forme de grippe un certain nombre vont développer une pneumonie grave et chez ceux qui ont une pneumonie grave au bout de 8 à 10 jours il se produit une espèce d'orage inflammatoire pour des raisons qu'on connaît mal avec une production de certaines protéines en grande quantité qu'on appelle les cytokines et ce médicament est un anti-cytokine c'est un anti-interleukine 6 donc c'est un médicament anti-inflammatoire et il a été testé chez les gens qui avaient des pneumonies sévères et ce que les chercheurs des différents hôpitaux de l'assistance publique et d'un certain nombre de CHU Strasbourg Lille l'Institut Gustave Roussy ont pu montrer c'est que ça diminue le besoin d'aller en réanimation ou le risque de décès on éteint l'orage en quelque sorte c'est ça ?

on éteint l'orage on éteint l'orage en quelque sorte c'est évidemment très important d'arriver à diminuer en particulier les besoins d'aller en réanimation on comprend bien qu'à la fois c'est important pour le pronostic parce qu'on a compris que ce sont ces malades là qui ont un risque de décès élevé et deuxièmement on a compris qu'un des énormes problèmes de l'infection Covid c'est la surcharge des lits de réanimation par des malades qui vont les occuper pendant deux à trois semaines qui sont très graves et dans des services qui sont déjà débordés

20:53
Présentateur

cette étude elle a été menée sur deux groupes d'une soixantaine de patients chacun c'est trop peu aujourd'hui pour en tirer des conclusions définitives et quelles sont les étapes désormais ?

21:02
Invité

alors d'abord cette étude c'est un essai par tirage au sort ce qu'on appelle un essai randomisé contrôlé et ça c'est très important parce que malgré le nombre relativement restreint ça permet de tirer des conclusions très solides de la comparaison des résultats dans les deux groupes pardon randomisé contrôlé

21:17
Présentateur

ça veut dire que l'un des deux panels a reçu un traitement normal et que l'autre a reçu un traitement normal plus cette molécule

21:23
Invité

c'est ça ?

exactement et le fait qu'il y ait tirage au sort entre les deux groupes veut dire que les deux groupes sont parfaitement comparables et donc a priori ils devraient avoir exactement la même évolution et le fait d'avoir cette méthode très rigoureuse permet de tirer des conclusions même d'un relativement petit effectif cela dit le suivi des patients n'est pas terminé il reste à continuer à les suivre à plus long terme et puis même si cet essai est vraiment concluant il faut d'abord qu'il soit évalué par les autres scientifiques par la communauté scientifique et puis surtout en général on aime bien avoir plusieurs résultats concordants avant de changer la pratique médicale alors là on est dans un contexte épidémique on verra comment est-ce que la communauté scientifique et médicale acceptent ces résultats mais c'est extrêmement encourageant d'avoir pour la première fois une démonstration rigoureuse d'un bénéfice chez les patients les plus graves

22:10
Présentateur

la PHP a choisi de communiquer hier sur ce premier essai mais sans en donner les résultats précis pourquoi ?

22:17
Invité

alors on est pris entre deux feux d'un côté éthiquement c'est pas possible de savoir qu'un traitement est efficace et de le garder pour soi alors qu'il y a une épidémie mondiale et donc dans le contexte Covid les scientifiques communiquent très largement leurs résultats d'un autre côté la pratique scientifique c'est quand on a un résultat on ne donne pas les détails avant qu'ils aient été évalués par ce qu'on appelle les revues à comité de lecture les revues scientifiques médicales qui évaluent qui corrigent qui souvent font refaire des analyses demandent des précisions et les articles sont publiés dans la littérature médicale une fois qu'ils ont été rigoureusement évalués et donc on ne peut pas donner des résultats comme ça au grand public sans qu'ils aient été validés préalablement et donc on attend cette phase de validation par la communauté scientifique

23:03
Présentateur

est-ce que c'est aussi professeur une façon de nous dire à nous opinion publique que la recherche avance et qu'il y a bien de l'espoir de ce côté là

23:09
Invité

la recherche avance il y a rien qu'à l'assistance publique déjà 12 essais randomisés par tirage au sort de traitement qui sont en cours il y en a 16 autres en préparation c'est assez incroyable de se dire que des essais qui ont été commencés il y a un mois donnent déjà les premiers résultats on n'a jamais vu ça il y a eu une accélération phénoménale de la recherche alors c'est vrai que l'épidémie elle est elle-même très rapide mais on sait bien que ce n'est pas terminé tout le monde sait bien qu'il va y avoir encore des malades qui a le risque très fort d'avoir une deuxième vague dont on espère que ce sera une vaguelette mais il y aura quand même probablement des malades qui vont revenir après le déconfinement et donc la question est loin d'être résolue et c'est très important que cette recherche continue à se développer et qu'elle produise des résultats et on est fiers je pense qu'une recherche collaborative des hôpitaux universitaires de l'Inserm des universités et de la paix ait pu produire des résultats positifs qui à ma connaissance sont les premiers résultats positifs d'un essai randomisé dans le monde

24:06
Présentateur

le professeur Gabriel Stegg vice-président du directoire de l'APHP les hôpitaux publics de Paris en charge de la recherche qui est en charge

24:19
Locuteur

d'un essai randomisé qui est en charge d'un essai randomisé qui est en charge d'un essai randomisé de la recherche de la recherche