Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRadio Classique — L'invité de la matinale (sur Podcast)· 27 août 2024 14 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Jean-Louis Bourlanges Essayiste, ancien député européen

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    On va revenir sur le communiqué de la présidence de la République. Avant ça, vous qui avez été parlementaire, avez-vous compris ce qu'Emmanuel Macron a entrepris avec la dissolution ?

  • 3:53RelanceÉludée

    Ces décisions et propositions des partis que vous critiquez, sont-elles dans les programmes portés pour les législatives ?

  • 5:46OuverteRéponse partielle

    Par quel big bang politique ou mécano-politique mettez-vous en mesure de faire choisir le peuple français ?

  • 10:19OuverteRéponse directe

    Comment voulez-vous qu'un président, aujourd'hui dans la tactique politique, change ? Qu'a-t-il dans la tête ? Peut-il se réinventer ?

  • 11:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que notre pays est capable de ce compromis historique avec un président qui s'effacerait et des forces politiques acceptant de s'effacer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueFait
    « Non, je crois que c'est assez difficile, c'est très difficile pour Emmanuel Macron, mais je crois qu'il ne se débrouille pas très bien »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « il porte la responsabilité de l'échec d'une tentative Front Populaire qui, de toute manière, était inscrite dans les faits »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « la dissolution a été le fait générateur d'une situation très difficile, mais les résultats de l'élection n'ont fait que confirmer et amplifier les résultats de l'élection législative deux ans plus tôt »
  • 4:34Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'en politique étrangère, est-ce qu'on est pour Moscou ou pour Kiev ? Est-ce qu'on est pour la fidélité à nos alliances militaires ou pour la rupture ? »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on est pour l'aggravation des déficits budgétaires ou la stabilisation et la réduction de ces déficits ? »
  • 5:02Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on est pour la stabilisation fiscale ou l'augmentation des impôts ? »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on est pour le nucléaire ou contre le nucléaire dans la lutte contre le réchauffement climatique ? »
  • 10:50Invité politiqueFait
    « il a fait preuve, pour arriver au pouvoir, d'un talent exceptionnel, cet homme qui n'était rien, aucun parti, arrivant comme ça et s'imposant en quelques mois comme président de la République »

Temps de parole

  • Jean-Louis Bourlanges82 %
  • Présentateur18 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bonjour Jean-Louis Bourlange. Bonjour David Abicaire. Merci d'être avec nous ce matin. J'espère que vous l'êtes aussi, c'est tout ce que je vous souhaite. On va revenir sur le long communiqué publié hier soir par la présidence de la République. Avant ça, j'aimerais demander aux parlementaires que vous avez été, puisque vous avez décidé de vous mettre à la retraite, si j'ose dire, de la politique, ranger des voitures, demander à l'homme d'expérience que vous êtes, s'il a compris ce qu'Emmanuel Macron a entrepris avec et depuis la dissolution. Est-ce que tout ça vous a semblé clair ?

0:40
Jean-Louis Bourlanges

Non, je crois que c'est assez difficile, c'est très difficile pour Emmanuel Macron, mais je crois qu'il ne se débrouille pas très bien, si je puis dire, pour une raison simple, c'est qu'il porte, avec ce communiqué d'hier, il porte la responsabilité de l'échec d'une tentative Front Populaire qui, de toute manière, était inscrite dans les faits. Personne ne peut imaginer un seul instant que les formations qui sont réunies sur ce programme assez profondément d'aimant des forces du Front Populaire, animées par un homme qui est très contesté, qui dans les sondages apparaît comme très rejeté par l'opinion publique qu'est Jean-Luc Mélenchon.

Personne ne pouvait imaginer qu'un tel attelage aurait eu une majorité à l'Assemblée nationale. Simplement, en procédant comme il procède, le président porte sur lui la responsabilité politique devant l'opinion de cet échec qui ne lui est pas imputable. Car en réalité, il faut bien voir que la situation, certes, la dissolution, notre ami Guillaume Tabard l'a expliqué très bien, la dissolution a été le fait générateur d'une situation très difficile, mais les résultats de l'élection n'ont fait que confirmer et amplifier les résultats de l'élection législative deux ans plus tôt.

C'est-à-dire qu'est apparu un pays profondément divisé, profondément en trois groupes qui sont incompatibles les uns avec les autres, et ça, le président n'en est pas responsable, même s'il a la responsabilité, en revanche, d'en gérer les conséquences. Donc je crois que là, il y a une situation dont il faut partir. Alors, la question, moi, je souffre beaucoup en tant que citoyen depuis des semaines, parce que je trouve qu'il y a un immense absent dans la discussion à laquelle nous assistons.

Nous avons des forces politiques, des partis, nous avons des personnalités, nous avons des jeux, nous avons, comme dirait le général de Gaulle, les poisons et les délices du système, des chausse-trappes un peu partout, un Mélenchon qui excelle aux jeux politiciens, comme il l'a encore montré en disant qu'au bout du compte, son parti n'était pas candidat à des postes gouvernementaux. C'était très très malin. Mais tout ça n'a aucun sens. La vérité, c'est qu'on ne met pas sur la table les seuls problèmes qui comptent, c'est-à-dire les options pour le pays. Et tant qu'on ne partira pas de ce qui est bon ou mauvais pour le pays, de ce qu'on veut faire...

Alors, le programme, ce n'est pas un programme. Le programme du Nouveau Front Populaire, c'est un catalogue de promesses catégorielles destinées à attirer un certain nombre d'électeurs non financés. Un programme, c'est autre chose. Ce sont des réponses à des questions fondamentales.

3:48
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, les responsables de ces partis ou ces hommes politiques, que vous brocardez, pourrez-vous dire, ces décisions, ces propositions, elles sont dans les programmes que nous avons portés pour les législatives ou que nous portons depuis bien plus longtemps. Mais pour que cette prise de conscience ait lieu, il faudrait que l'histoire mette KO la classe politique et qu'elle se réinvente comme dans les grandes étapes de la fièvre hexagonale. On n'en est pas là.

4:13
Jean-Louis Bourlanges

Je ne vais pas proposer des apocalypses aussi dramatiques que celles que vous proposez, que vous imaginez, David Havicaire. Mais je crois que le président de la République et l'ensemble des responsables politiques auraient dû et devraient aujourd'hui mettre sur la table les grands choix. Qu'est-ce que c'est que les grands choix ? C'est est-ce qu'en politique étrangère, est-ce qu'on est pour Moscou ou pour Kiev ? Est-ce qu'on est pour la fidélité à nos alliances militaires ou pour la rupture de nos alliances militaires ? Est-ce qu'on est pour davantage de solidarité européenne ou davantage de chacun pour soi ?

Est-ce qu'on est pour l'aggravation des déficits budgétaires ou la stabilisation et la réduction de ces déficits ? Est-ce qu'on est pour la stabilisation fiscale ou l'augmentation des impôts ? Est-ce qu'on est pour le nucléaire ou contre le nucléaire dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Est-ce qu'on est pour les investissements technologiques ou est-ce qu'on est pour une priorité aux dépenses de consommation ? Ce sont ça les choix qui sont ceux du pays. Et si vous les posez sur la table, vous verrez que les Français sont assez globalement d'accord pour faire les bons choix. Peut-être pas surtout.

Bien sûr, quand on leur dit si vous partez plutôt à la retraite, est-ce que vous êtes pour ? Ah ben oui, c'est mieux. Si on vous augmente en tant que conseillère, est-ce que vous êtes pour ? Ah ben bien sûr, c'est mieux. Si vous êtes chômeur, est-ce qu'on vous indénise un peu plus longtemps ? Ah ben bien sûr, c'est mieux. Etc. Mais ça, c'est pas un choix.

5:46
Présentateur

Par quel big bang politique ou quel mécano-politique vous mettez en mesure de faire choisir le peuple français ?

5:53
Jean-Louis Bourlanges

Je crois d'abord que ce qui manque, c'est de poser ça sur la table. Tant qu'on raisonne sur des querelles politiciennes, des trucs qui n'intéressent personne. En revanche, le Parlement, je crois que François Bayrou avait raison de dire que du rapprochement de tous ces partis politiques, compte tenu de la situation actuelle, il ne ressort rien. Et il ne ressortira rien. Donc moi, ce que je crois, c'est que le président devrait... Alors on dit personnalité de la société civile, tel ou tel... C'est pas ça le problème. Le problème, c'est que nous n'avons pas besoin d'une brochette de politiciens comme gouvernement. Nous avons besoin d'une équipe de France. Je vois... On a cité des noms.

J'en ai cité plusieurs, d'ailleurs. J'ai cité le nom de Didier Migaud, qui était premier président de la Cour des comptes, qui est formidable en matière budgétaire. On a cité le nom de Viroad Gallo, qui est gouverneur de la Banque de France, qui serait une garantie sur le plan international. On a cité Jean-Dominique Sénard, qui est un très grand industriel. On a cité Bernard Cazeneuve, qui a été un très bon ministre de l'Intérieur et un premier ministre éphémère, mais respecté. On a cité... D'autres gens, d'autres noms ont été cités. On dit, est-ce que ça doit être l'un ou l'autre ? Ce n'est pas le problème. Le premier de cordée n'est pas le problème. Ce qu'il faut, c'est les prendre tous.

Constituer, et ça, c'est la responsabilité, en Ve République, du président de la République. Non pas pour diriger lui-même l'équipe gouvernementale. Il doit se retirer après. Il doit être l'accoucheur. Et non pas le père de la politique de demain. Comment faites-vous pour que les autres ne fassent plus de politique ?

7:33
Présentateur

Parce qu'il faut que tous ceux qui croient en leur destin présidentiel s'effacent et laissent faire un gouvernement de société civile.

7:38
Jean-Louis Bourlanges

Oui, mais vous savez, ceux qui croient en leur destin présidentiel, ils s'effacent les uns les autres. Si vous mettez Bertrand, vous faites hurler Wauquiez. Enfin, je ne fais pas de dessin. C'est un jeu de bonne taux. Mais en revanche, dans le système actuel, bien sûr qu'il y a des gens des partis politiques. Les gens que j'ai cités sont proches du parti socialiste ou proches de partis plus libéraux. Peu importe. Et vous aurez des gens. Quelqu'un comme Marc Fénaud, par exemple, ou Jean-Noël Barraud, qui appartiennent au Modem, dont j'étais l'un des représentants, ce sont des gens qui ont leur place et plein d'autres. Ça, ce n'est pas la question.

Mais ce qu'il faut, c'est que cette équipe arrive, qu'elle se prononce, qu'elle dise ce qu'elle veut faire au pays. Et à ce moment-là, le Parlement, le Parlement prendra ses responsabilités. Le système institutionnel est tel que le gouvernement n'a pas à solliciter la confiance. De Gaulle l'a dit sous tous les tons. Le gouvernement est constitué par le président de la République. Bon, mais il faut, à ce moment-là, qu'il prenne son autonomie. Et à ce moment-là, le Parlement devra prendre ses responsabilités. Et je dis que si le Parlement vote la censure à un tel gouvernement, s'il dit non au réveil de la France, eh bien, il devra en porter la responsabilité devant l'opinion.

Je crois que c'est cette opération de vérité sur le fond des choses et de renouvellement. Parce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas dit et qui est très important. C'est que, quelle est l'origine de la frustration des Français ? Ce qui ne va pas, ce que nous n'avons pas résolu, ce que Macron n'a pas résolu, c'est la pathologie de notre rapport à l'État. Nous avons une société qui n'en peut plus d'être anesthésiée, infantilisée, numérisée, stérilisée par une administration tatillonne. Et même, nous avons fait, j'en prends ma part de responsabilité, nous avons fait des lois qui étaient des cathédrales de réglementation. Votre invité, ce matin, le disait à propos de la distribution.

Nous avons fait des cathédrales de réglementation. Thierry Cotillard, c'est-à-dire que tout ça ne va pas. Et c'est là où il faut porter le problème. Il faut porter le fer et il faut créer de nouvelles relations entre les Français. Et ça, ça passe par, effectivement, un coup de jeûne ou un coup de jeûne, enfin un coup de renouveau, pas forcément de jeûne, mais un coup de renouveau qui devrait, effectivement, donner à toute cette espèce de jeu, de jeu de société auquel nous assistons, devrait l'éliminer et devrait faire place à un vrai choix, un vrai débat sur l'avenir de notre pays.

10:10
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, ex-président de la Commission des Affaires étrangères, ex-député, il a pris du champ par rapport à la vie politique, mais il est toujours aussi passionné. C'est l'invité de la matinale de Radio Classique. Comment voulez-vous qu'un président qui, aujourd'hui, est dans la tactique politique, dans ses consultations, dans ses concertations, dans la façon dont il a mené sa barque depuis la dissolution, pourquoi ne change-t-il pas ? Vous qui connaissez Emmanuel Macron, qu'est-ce qu'il a dans la tête ? Peut-il se réinventer ?

10:39
Jean-Louis Bourlanges

Je ne le connais pas si bien que ça. Je n'ai jamais eu beaucoup de contacts avec lui sur le plan... J'ai toujours eu des relations très chaleureuses, mais pas très approfondies avec lui. Je pense que c'est extraordinaire, parce qu'il a fait preuve, pour arriver au pouvoir, d'un talent exceptionnel, cet homme qui n'était rien, aucun parti, arrivant comme ça et s'imposant en quelques mois comme président de la République. Et puis après, il a pris tout un ensemble de mesures, que ce soit en politique étrangère, en politique militaire, et en politique économique et sociale, la lutte contre le chômage, qui ont été très heureuses.

En revanche, il y a un immense coin aveugle, anglomore, qui est celui des relations entre les Français et l'État. Et c'est pour ça qu'il doit à la fois être à l'origine du mouvement de renouveau que j'ai évoqué, et en même temps, s'en tenir à distance. C'est pour ça que j'ai dit accoucheur et non pas père. Est-ce que c'est son intention ? Vous qui êtes bien informé, est-ce que c'est son intention ? J'ai l'impression que ça n'est pas, on va dire les choses de façon assez prudente, ça n'est pas sa tendance naturelle.

11:50
Présentateur

Est-ce que notre pays est capable de ce compromis historique avec le concours d'un président de la République qui déciderait s'en se mettre en avant avec des forces politiques qui accepteraient de s'effacer puisque les partis que vous avez mentionnés et qui sont dans ces jeux ont tous un leader qui croit en sa bonne étoile présidentielle. Est-ce que la révolution interne et personnelle des hommes est possible ? Je ne sais pas, il faut que chacun

12:11
Jean-Louis Bourlanges

prenne ses responsabilités. Je ne veux pas du tout éliminer les partis politiques et les parlementaires. Je vous dis, il faudra un gouvernement ce n'est pas cinq personnes ou six personnes. Je pense qu'il faut une équipe dirigeante nouvelle, pas forcément issue de la société civile. Tout ça, c'est des mots. Mais il faut des gens qui croient, qui soient extrêmement compétents, qui soient reconnus dans leurs compétences, qui soient porteurs d'idées fortes pour le pays. Et qui n'aient pas d'ambition. L'ambition, ça vient après, on verra. En tout cas, il faut qu'ils jouent collectif. C'est évident. Et je pense que ça peut produire, dans notre pays, le choc salutaire.

Nous avons bien vu, à travers les Jeux Olympiques, qu'il y avait un fort besoin, non seulement de concorde, non seulement de fête. Paris est une fête, on l'a bien vu, disait Hemingway. On l'a bien vu. Mais également de réussite. Les athlètes qu'on a récompensés et ceux qui s'affrontent maintenant dans le cadre des Paras Olympiques, ce sont des gens qui croient à l'effort, à la compétition, à la concurrence, à la camaraderie, à la fraternité. Toutes ces valeurs, elles étaient là. Il s'agit effectivement de les mobiliser. Et on ne les mobilisera pas en s'enfermant dans des Jeux politiciens que personne ne comprend. Le général parlait justement des poisons et délices du système.

Oui, nous en avons assez. Nous n'avons assez de ces poisons délétères, de ces délices pervers et de ces chaussetrapes permanents. La France a besoin. La France mérite mieux.

13:41
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, merci d'avoir éclairé nos auditeurs avec la passion qui vous habite, même si vous avez pris, évidemment, du recul par rapport à la politique. A bientôt, Jean-Louis Bourlange. Merci à vous. À suivre le rappel des titres, la revue de presse d'Hervé Gatégnaud qui va vous parler des derniers puits de pétrole. français. Et puis nos esprits libres aujourd'hui, le duo, Cécile Cornudet, Christophe Barbier, Radio Classique. Il est 8h30.