Sébastien Chenu : "Après 10 ans de Macron, la France est ruinée !" (France Info)
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Questions et réponses
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Sébastien Chenu, est-ce que vous reconnaissez, ça peut arriver après tout, que vous vous êtes trompé sur Donald Trump ?
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C'est la rupture pour vous ?
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On parlait des États-Unis, c'est une victoire diplomatique américaine ?
- 4:46OuverteRéponse directe
Est-ce que vous trouvez que les Israéliens sont injustes envers nous ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Que pensez-vous du retrait de la proposition de loi contre l'antisémitisme ?
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En clair, est-ce que vous considérez que l'antisionisme est un faux-né à l'antisémitisme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Vous êtes maintenant moins Trumpiste que Gabriel Attal et Emmanuel Macron. »
- 1:31Invité politiqueFait
« On est très content que ce soit un salaud de moins qui gère évidemment un pays. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Donald Trump, il était un défenseur des intérêts américains, avant toute chose. »
- 3:20Invité politiqueFait
« La France n'a pas résisté, l'Europe ne résiste pas, on s'est démonétisé, on s'est affaibli. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Trump, il défend les intérêts des Américains, il n'y a que ça qui l'intéresse. »
- 5:52Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a manqué à Israël. »
- 7:01Invité politiqueFait
« L'antisémitisme se développe dans notre pays, malheureusement. »
- 10:13Invité politiqueFait
« Je suis attaché au 1er mai férié, je vais vous dire. »
- 15:30PrésentateurFait
« Les patrons votent davantage Bardella que Le Pen. »
- 16:57PrésentateurFait
« Ça se passe encore comme ça, une campagne présidentielle en 2026 ? Il faut faire la une de Paris Match avec sa compagne ? »
Temps de parole
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Sébastien Chenu, est-ce que vous reconnaissez, ça peut arriver après tout, que vous vous êtes trompé sur Donald Trump ?
Bon, il y a plusieurs choses. D'abord, il y a 10 ans, vous parlez de choses qui ont 10 ans. Il y avait des choses récentes aussi. Il y avait beaucoup de gens, mais je vais venir justement aux choses récentes, parce qu'elles sont très intéressantes. Il y a beaucoup de gens sur la planète qui espéraient quelque chose de Donald Trump, notamment en matière de diplomatie et d'apaisement des conflits. Après, Donald Trump a pris le pouvoir, il a eu du mal à le rendre, et puis il est revenu ensuite.
Il est revenu, il a été élu d'ailleurs face à une candidate qui a été présentée ici, je me souviens, en France, comme étant la septième merveille du monde, alors que c'était une nullité absolue, Kamala Harris. Les Américains, dans leur majorité, ont voté Trump, mais surtout les communautés même d'origine étrangère, d'ailleurs, votaient pour Trump contre Kamala Harris. Donc évidemment, il s'est passé quelque chose aux États-Unis pour que Trump revienne, et c'est ça aussi qu'on a salué.
Là où il y a une vraie différence d'approche, et nous avons été les premiers à le dire, je me demande même si ce n'est pas sur votre antenne qu'on m'a dit un jour, en tous les cas sur une antenne de France Télévisions, vous êtes maintenant moins Trumpiste que Gabriel Attal et Emmanuel Macron. Bah oui. Parce que ce qui s'est passé, ça a été Maduro. Vous n'avez pas parlé de Maduro. Vous avez oublié cet épisode.
C'est la rupture ? C'est la rupture pour vous ?
Ah bah je pense que c'est... Alors, c'est pas la rupture, c'est... Après il y a les États-Unis, il y a Trump, on va en parler, si vous le voulez bien. Mais Maduro, le fait que le président des États-Unis kidnappe un dictateur dont personne ne pleure le sort, on est très content que ce soit un salaud de moins qui gère évidemment un pays. À part LFI, je crois qu'il pleurnichait sur le fait que Maduro soit destitué. Mais derrière ça, c'était la logique trumpiste que nous avons immédiatement nous condamné. Qu'est-ce qu'on n'a pas entendu ? Mais comment vous ne vous souciez pas du sort du peuple vénézuélien ? Vous devriez d'abord vous réjouir.
Mais bien sûr qu'on s'est réjoui que Maduro soit destitué. Mais on a bien compris que derrière, la logique, intellectualisée d'ailleurs par Trump et ses conseillers, amenait le Groenland et amenait aujourd'hui, effectivement, Trump avec l'Iran à faire grosso modo ce qu'il voulait en dehors du droit international.
Mais votre opposition à cet interventionnisme de Donald Trump avec Maduro, ça n'efface pas tout ce qu'on a montré avant.
D'accord, mais ça change quand même considérablement les choses. Et puis il y a autre chose, en revanche, et ça, nous nous l'avons toujours dit, mais vous ne l'avez pas mentionné non plus. Il y a quelques oublis, c'est qu'on a toujours considéré que Donald Trump, il était un défenseur des intérêts américains, avant toute chose. Et c'est vrai qu'ici, on n'est pas très habitué à avoir des gouvernants qui défendent les intérêts français. Ils défendent les intérêts européens, ils défendent les intérêts des boîtes qui leur sont... C'est ce que vous disiez, on parlait de son patriotisme.
Voilà, Trump, et s'il défend les intérêts des Américains, par définition, ces intérêts sont souvent, parfois, contradictoires. Maintenant, il y a les États-Unis. Les États-Unis, ça reste un pays allié, ami, avec lequel on a des relations diplomatiques, économiques, culturelles, à tous les niveaux. Et je pense qu'il faut dissocier, justement, les pays de ceux qui les gouvernent. Nous, aujourd'hui, nous considérons qu'effectivement, Donald Trump, même s'il est un allié, j'ai mis des guillemets, parce que c'est un allié qui nous veut du mal, quelque part, économiquement. C'est un allié qui enterre et qui tape l'Europe et donc la France.
Mais la France n'a pas résisté, l'Europe ne résiste pas, on s'est démonétisé, on s'est affaibli. Pas du fait de Trump, du fait des politiques menées ici par Emmanuel Macron et ses alliés. Parce qu'aujourd'hui, on pleure sur le l'air renversé, le vilain Trump. Mais Trump, il défend les intérêts des Américains, il n'y a que ça qui l'intéresse. Et d'ailleurs, en Iran, c'est souvent, et peut-être on en parlera aussi, mais des intérêts mercantiles qui guident ces décisions. Nous, ici, on n'a personne qui défend les intérêts français, en tout cas pas Emmanuel Macron.
Merci beaucoup, Luc Brisson. Je rappelle le rendez-vous avec Vraux ou Faux, l'émission, c'est samedi à 20h. Samedi à midi et dimanche à 20h. Merci beaucoup. L'actualité internationale, l'actualité du soir, c'est évidemment l'annonce de ce cesser le feu au Liban. Sébastien Chenu, 10 jours de cesser le feu, obtenu après des négociations entre les responsables libanais et israéliens à Washington. On parlait des États-Unis, c'est une victoire diplomatique américaine ?
C'est une bonne nouvelle, surtout. Tout ce qui peut aller vers la paix est une bonne nouvelle. Je rappelle que quand même, le Liban et Israël sont toujours en guerre. En réalité, ce sont des pays qui sont en guerre depuis très longtemps. Et tout ce qui peut apaiser la situation, en particulier vis-à-vis des Libanais, on a un devoir de solidarité avec les Libanais qui, depuis 40 ans, vivent dans cette situation, dans un État miné par le Hezbollah. Tout ce qui peut aller vers les voies de la paix, il faut le prendre immédiatement. C'est une bonne nouvelle.
Est-ce que vous trouvez que les Israéliens sont injustes envers nous ? C'est-à-dire, en clair, envers Emmanuel Macron et les Français ? Parce qu'en gros, on nous a fait comprendre que notre présence était absolument, totalement secondaire dans les négociations qu'il pouvait y avoir entre l'Israël et le Liban. Et en gros, on est considéré un peu, non pas comme des ennemis d'Israël, mais bon, quel est votre vote un peu quand même ? Parce qu'ils trouvent qu'en gros, on est trop, on a reconnu la Palestine. La France doit se tenir la plus éloignée possible des discussions que ce qu'a dit l'ambassade d'Israël.
Juste avec nous, Marine Le Pen a vu M. Zarq. Non, mais on n'a pas fait les gestes d'amitié qu'on devait avoir vis-à-vis d'Israël au moment où il fallait les avoir, notamment la reconnaissance de la Palestine dans ces moments excessivement tendus.
On trouvait que c'était prématuré, qu'il fallait que ce soit un connexion de quelque chose ?
Je trouve qu'en tous les cas, ça tombait comme un cheveu sur la soupe. Et ça a été très mal vécu par les Israéliens. On est passé pour un pays qui n'était pas d'ailleurs, c'était je crois leur propos, qui n'était plus un pays allié en tous les cas, qui avait fait défaut en matière d'amitié, alors qu'on a une relation là aussi d'amitié, de solidarité nécessaire vis-à-vis d'Israël. Et moi, je pense qu'Emmanuel Macron a manqué à Israël. Et c'est dommage parce que ça a abîmé la relation qu'on a avec ce grand pays qui vit sous la menace existentielle. Il a un voisin qui veut le voir disparaître. L'Iran veut voir Israël disparaître et on leur a manqué.
Donc après qu'ils en soient maris, qu'ils en soient mécontents, moi j'arrive à le comprendre, mais je trouve ça, ça me fait mal pour mon pays.
Vous êtes vice-président de l'Assemblée nationale et également Sébastien Chenu, en plus d'être député du Nord et vice-président du Rassemblement national. Que de vice. Que de vice. Qu'avez-vous pensé de ce retrait aujourd'hui des députés macronistes, de cette proposition de loi présentée par Caroline Yadant, députée apparentée Renaissance, contre les formes renouvelées d'antisémitisme ? Les députés macronistes ont accepté visiblement de retirer cette loi. On n'a fait plus l'accepter à Frédine. Voilà, le gouvernement leur a demandé et en échange d'une proposition de loi qui reprendrait les principaux termes.
C'est le moins qu'on puisse dire. Et pourquoi ? Il y avait une très bonne intention de départ. Oui, l'antisémitisme se développe dans notre pays, malheureusement. Là encore, Emmanuel Macron, je ne dis pas qu'il laisse se développer l'antisémitisme, je dis qu'il a manqué des rendez-vous, il n'était pas présent à la marche contre l'antisémitisme. Tout ça, ça n'a quand même pas facilité les choses. Oui, il fallait un geste fort. Oui, ça partait d'une très bonne intention. Et on n'était pas à regarder...
En clair, est-ce que vous considérez que l'antisionisme est un faux-né à l'antisémitisme ?
Alors, j'y viens. Bien souvent, l'antisionisme, pas toujours. Mais bien souvent, l'antisionisme cache un antisémitisme militant. Mais pas toujours. On peut critiquer Netanyahou. On peut critiquer l'État d'Israël. On peut critiquer n'importe quel État, d'ailleurs. Car si nous sommes solidaires et si nous devons être solidaires d'Israël, nous ne le sommes jamais sans condition, de façon inconditionnelle. La France ne soutient de façon inconditionnelle que la France. Avec tous les autres pays, y compris ceux avec qui on est très amis et qu'on peut soutenir, il y a toujours des conditions à ces soutiens. Mais la formulation de la loi Yadam était très maladroite. Le Conseil d'État l'a dit.
Et quelque part, parfois, le mieux est l'ennemi du bien. On avait vraiment l'impression d'une loi qui allait restreindre la liberté d'expression, se retourner d'ailleurs contre ses auteurs. On ne pourrait plus critiquer non plus, d'ailleurs, la Palestine avec cette loi. Donc, ce n'était ni fait ni à faire. Ça ne fait pas reculer l'antisémitisme. Ce n'est pas cette loi qui l'aurait fait reculer, malheureusement. Donc, le problème reste entier. Si ça revient en juin, comme prévu,
vous ne vous tricotez différemment, vous n'avez aucune hostilité de principe.
On n'a aucune hostilité de principe. Mais il faut quand même quelque chose qui ne limite pas la liberté d'expression à laquelle tout le monde est attaché. Vous, ici, les premiers, le monde de la presse serait très ennuyé de ne pas pouvoir critiquer un État quel qu'il soit. Donc, il faudra faire très attention à l'écriture. Moi, je pense que c'était vraiment mal embouché, mal enclenché. Je ne sais pas comment on peut le dire, mais ce n'était pas terrible encore, ça.
Autre sujet d'actualité, Sébastien Chenu, le Premier ministre, reçoit demain les représentants des boulangers qui demandent le droit de pouvoir travailler et surtout de faire travailler leurs employés le 1er mai. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce qu'il faut les laisser travailler ? Est-ce qu'il faut laisser travailler tout le monde ? Où est-ce que vous mettez la limite au Rassemblement national ?
Je ne sais pas combien de temps ça va durer cette histoire avec les boulangers. Mais enfin, le moins qu'on puisse dire, c'est que le gouvernement n'est quand même pas très à l'aise et très doué en la matière. Bon, M. Lecornu a retiré ou s'est opposé à la discussion, en tous les cas, d'une proposition qui venait de ses propres troupes, de M. Attal, pour que, dans un cadre très particulier...
Et qui n'était pas si particulier que ça et qui était relativement large.
Bon, enfin, des professionnels, un certain nombre de professionnels, dont une immense majorité d'entre eux étaient d'accord et demandeurs, puissent travailler à un moment très précis et dans un cadre qu'il était tout autant. Et d'ailleurs, s'il fallait resserrer le cadre, faire en sorte que ce soit précisé...
Ce qui est prévu, c'est Fleuriste Boulanger, pour l'instant.
Pourquoi pas ? Mais quand même, on en est là à empêcher des Français, sur la base du volontariat de pouvoir ou de vouloir travailler un 1er mai. Moi, je suis attaché au 1er mai férié, je vais vous dire. Je pense que c'est bien qu'il y ait dans notre pays un certain nombre de conquêtes sociales qui soient marquées par un jour férié. Mais en revanche, je pense que lorsque ça ne pénalise personne, ou lorsque ces professionnels-là, eux-mêmes, se retrouvent pénalisés par une concurrence déloyale de centres commerciaux, de poichauds, d'autres professionnels, il faut les laisser.
Oui, sauf quand le volontariat est un volontariat forcé. C'est l'argument qui est mis en avant, en disant, c'est notre PME.
Ça, c'est une vision en général totalement marxiste du truc. Moi, les boulangeries de ma circonscription, ce n'est pas un volontariat forcé. Les boulangers, c'est souvent des petites boîtes, les boulangers. C'est souvent un couple avec un apprenti et un employé. Ça ne va pas plus que ça. Ils veulent travailler parce que sinon, c'est le point chaud non professionnel ou le supermarché immense du coin qui va, lui, empocher la journée.
Sur la crise des carburants, vous continuez à réclamer une baisse de la TVA. Et est-ce que vous l'avez chiffrée ? Parce que vous savez que c'est la critique qui vous est beaucoup faite, c'est-à-dire de dire que cette mesure, ça coûterait des milliards et on ne les a pas.
Moi, je suis stupéfait de voir, si vous voulez, que le gouvernement laisse les Français, c'est je crois même le seul gouvernement de l'Union européenne, qui laisse quasiment les Français se débrouiller, avec peut-être un petit bout d'un chèque...
Peut-être parce qu'on est les plus pauvres et les plus endettés ?
Quelle honte que la France, après 10 ans d'Emmanuel Macron, en soit là à se dire on est les plus pauvres, les plus endettés, on laisse les Français se débrouiller devant la pompe à essence. Nous, on a une autre approche. On considère qu'il faut des solutions pérennes, que l'idée d'avoir des sans arrêt du rafistolage, en général d'ailleurs ça coûte très cher aux finances publiques, il faut avoir des mesures pérennes. Nous, on considère que les énergies, pas uniquement les carburants, les énergies, l'électricité, le gaz, qui vont encore augmenter, contrairement à ce que nous avait dit aussi le gouvernement, ce sont des biens de première nécessité.
Si ce sont des biens de première nécessité, ils doivent être considérés comme tels, avec une baisse de TVA à 5,5. Bien sûr, on l'a chiffré, c'est 1 milliard par mois.
Ça, c'est valable pour tout le monde, c'est-à-dire que vous soyez... Oui, mais c'est... Vous voyez, c'est quelque chose qui est non-discriminant. D'accord, mais... Ça peut paraître bizarre, parce que la TVA, je vous le rappelle, n'est pas la même pour les biens de première nécessité, c'est-à-dire pour le pain, et si j'ai une jaguar, non.
Bien sûr, et madame, vous avez bien vu qu'il y a un sondage qui est sorti dernièrement qui dit que les Français, non seulement se restreignent sur leur alimentation, considèrent que leur pouvoir d'achat a baissé en 10 ans, considérablement baissé, donc ça veut dire que peut-être le cadre supérieur qui est à 10 ans considéré qu'il vivait bien, aujourd'hui considère qu'il vit un peu moins bien, et l'essence, ça pèse très cher dans le budget des familles.
C'est pas uniquement d'ailleurs dans le budget des gens qui travaillent, évidemment les infirmiers libéraux, évidemment les aides à domicile, mais les gens qui tous les jours ont besoin de leur voiture pour emmener leur gamin faire du sport, pour emmener leur gamin à l'école, ça fait partie aussi. Tout le monde ne vit pas à Paris, dans les métropoles.
Vous étiez en séminaire aujourd'hui, je ne sais pas si vous y aviez participé.
Non, c'est un séminaire d'organisation, mais on commence à attaquer, si j'ose dire, l'organisation de la présidence.
Voilà, un séminaire qui réunissait les équipes, les conseillers de Marine Le Pen, de Jordan Bardella. Qu'est-ce qui s'est dit ? Vous êtes en train de réfléchir à votre stratégie pour 2027 ?
Alors, on n'est pas peut-être encore totalement sur la stratégie en tant que telle, parce qu'il ne vous a pas échappé que nous, notre candidate aujourd'hui, c'est Marine Le Pen, mais que visiblement, la justice a envie de se mêler de l'élection présidentielle.
Elle n'a pas intégré le fait que ça ne serait pas elle et que ça serait Jordan Bardella. On a l'impression qu'il est en train d'y avoir une espèce d'intériorisation d'une défaite annoncée chez Marine Le Pen, et que Jordan Bardella est de plus en plus proche.
Mais nous, on a toujours dit les choses de façon assez transparente. « On souhaite que Marine Le Pen soit notre candidate. » Nous n'avons pas la main. C'est bien la justice qui a la main. Donc la justice va décider si Marine Le Pen peut se présenter devant les Français. Et donc par contre, notre responsabilité, c'est quand même de préparer les choses si Marine Le Pen était empêchée par la justice. Donc Jordan Bardella, évidemment, se prépare aussi. Il n'y a pas de friture entre les deux ?
Vous allez dire qu'il y a une harmonie absolument géniale. Même sur le programme économique, il n'y en a pas un qui est un peu plus libéral, Jordan Bardella, quand Marine Le Pen.
Si vous voulez dire qu'ils sont interchangeables, ils ne sont pas interchangeables. Ils ont leur histoire, ils ont leur sensibilité, ils ont leur personnalité.
Mais sur la ligne du parti, il y a quelque chose qui… Est-ce que c'est une souveraineté ? Est-ce que la retraite à 60 ans, par exemple, ça reste toujours notre horizon ? Ou si c'est Jordan Bardella qui est peut-être un peu plus pragmatique,
plus l'union des droites ou plus… L'union des droites, ce n'est pas ce qu'on défend. Je ne crois pas que ce soit ce que défend Jordan Bardella. Mais hier, par exemple, sur France Télévisions, j'ai entendu Jordan Bardella défendre exactement la baisse de la TVA pour les carburants, qui est la proposition…
Je ne vous parlez pas de ça, je ne vous parlez pas de la retraite.
Ce que je veux dire, c'est qu'à chaque fois, Jordan Bardella et Marine Le Pen défendent les mêmes choses. Ils peuvent les défendre avec des mots différents.
Il est beaucoup plus libéral que Marine Le Pen.
Je ne le trouve pas si libéral que ça, le gendarme Bardella. Je pense qu'il attend aussi de l'État, un État peut-être allégé, mais efficace. Et il considère probablement qu'aujourd'hui, l'État, au lieu d'être efficace, il prive d'oxygène beaucoup de Français.
Et la nécessité de dialoguer avec les patrons pour les rassurer ? C'est quelque chose, c'est un partage d'État ? C'est-à-dire que Marine Le Pen l'avait un peu fait ? Elle y est allée aussi ? Oui, elle y est allée aussi.
Elle a rencontré, ça a suffisamment crispé, elle a rencontré des patrons du CAC 40 la semaine dernière. Vous n'avez pas été spécialement satisfaits ? Oui, mais vous savez, nous on ne veut pas une société sans impôts, ça n'existe pas, c'est pas ce qu'on propose. Donc c'est un peu le... Il y a certains, excusez-moi, mais pour certains, c'est toujours plus, il faut toujours aller plus loin.
Les patrons votent davantage Bardella que Le Pen. Voilà, vous le savez, Sébastien Chenu.
Je ne crois pas, quand je regarde les chiffres en tous les cas, c'est vrai qu'on a fait des percées incroyables chez les chefs d'entreprise. Mais ces percées, elles sont les mêmes, quand vous voyez les sondages, Jordan et Marine sont au même niveau. Donc il y a une différence de personnalité, mais ils défendent la même chose.
Alors il se prépare, Jordan Bardella, vous nous dites ce soir, et il a officialisé hier soir, sur le plateau du 20h de France 2, sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles. Il a reconnu qu'il savait que les photographes étaient présents lors de son escapade en Corse avec sa compagne qui faisait il y a quelques jours la une de Paris Match.
Nous avons pris la décision tous les deux de ne plus nous cacher, d'assumer, d'assumer ce qui relève pour nous aujourd'hui dans notre vie intime de l'évidence. Donc vous saviez que les photographes étaient là et vous étiez d'accord pour cette séance de photos ? Nous l'avons assumé, bien sûr. Je savais qu'ils nous ont suivis pendant de très nombreuses semaines. Je demande à être jugé sur les idées que je porte, sur les idées que je défends. Et malheureusement, au niveau où je suis aujourd'hui, il m'est difficile de me protéger dans la mesure de ce que j'aimerais le faire ma vie privée. En tout cas, je peux vous dire une chose ce soir, c'est que je suis très heureux.
Sébastien Chenu, comme Nicolas Sarkozy et Karel Abruni en leur temps, ou Emmanuel et Brigitte Macron. Ça se passe encore comme ça, une campagne présidentielle en 2026 ? Il faut faire la une de Paris Match avec sa compagne ?
Ce n'est pas « il faut faire la une de Paris Match », c'est qu'évidemment, vous le savez bien, les photographes sont sur le dos d'un certain nombre de personnalités politiques et qui peuvent possiblement concourir à l'élection présidentielle pour savoir quelle est leur vie privée.
Donc un moment au lieu de se planquer… Oui, mais vous savez très bien qu'il y a un découplage un peu dans l'opinion, moi je suis même certain chez les militants, en se disant « ça fait rêver parce que c'est une princesse ». Alors je précise qu'il y a une enquête très fouillée de Gala qui dit que même s'il l'épouse, il ne s'appellera pas prince. Déjà, on a fait… Je ne pense pas que ce soit son ambition. On a progressé sur ce dossier et d'autres qui disent « ça ne fait pas peuple ».
Mais ce n'est pas le sujet. D'abord, moi je suis très attaché à la liberté individuelle. Sincèrement, je les trouve plutôt beaux et agréables. Je trouve qu'ils envoient une jolie image. C'est un couple qui a l'air plutôt harmonieux. Et quelque part, ça ne me regarde pas davantage que ça. Moi je suis ravi que Jordan Bardella soit amoureux. Je suis ravi que son amoureuse, qui pourrait possiblement devenir première dame, soit une jeune fille qui parle six langues et qui nous a l'air tous les deux si épanouie.
Et qui est influenceuse dans le luxe. C'est peut-être pas exactement dans votre circo le rêve d'une… Non mais d'accord. Je vous pose la question comme ça parce que vous êtes plus fort.
Mais pourquoi pas ? Tout le monde ne peut pas être prof de sociologie aigri. C'est à Nanterre, d'accord. On n'est pas en fait prof de sociologie sans être aigri. Non, j'ajoute. Non, mais ça c'est vous ou c'est vos compétences. Je dis que c'est cumulatif. Tout le monde ne peut pas cumuler un certain nombre d'inconvénients. Être moche, mal coiffée, aigrie. Vous l'avez rencontrée ?
Et elle est fils. Vous l'avez rencontrée, Maria Carolina de Bourbon-Dé de Sicile ? Vous savez si elle a envie de faire campagne ?
Non, c'est strictement rien.
Et si elle connaît la violence d'une campagne présidentielle ?
Je pense que…
Parce qu'elle est jeune ?
Oui, mais je pense que c'est le boulot de Jordan que de la protéger aussi dans le cadre d'une campagne présidentielle. C'est vrai que c'est dur, c'est vrai que c'est épouvantable une campagne présidentielle pour les hommes et les femmes qui veulent prendre la destinée du pays en main. C'est vrai que c'est difficile.
Repassons aux choses sérieuses. Elle est sérieuse. Avec Maria Carolina, c'est du sérieux. Quelles sont vos relations avec Nicolas Sarkozy ? On a l'impression, et certains dans son camp, lui reprochent d'ailleurs, de trouver qu'il est comme fasciné ou séduit ou énamouré face à Jordan Bardella. Je dis énamouré en tout bien, tout honneur, sachant qu'en gros, l'un le flat, l'autre le soutient et qu'en gros, il a l'impression que c'est l'homme, non pas providentiel, mais l'homme fort, l'homme structuré qui pourrait nous prendre sa suite. Mais être un peu dans sa veine. Si on n'est pas caché dans son lien.
Je ne suis pas le porte-parle de Nicolas Sarkozy.
Non, mais vous le connaissez bien quand même.
Vous lui parlez beaucoup. Vous le connaissez très bien.
Vous lui avez écrit toutes les semaines quand il était en prison.
Oui, on se parle et on continue à se parler. Et ça fait partie des... J'aime bien la relation que j'ai avec lui. Et elle est faite aussi de cette relation de rupture, de dissonance, d'opposition. Nicolas Sarkozy dit souvent deux choses. Je ne suis pas électeur ni soutien du Rassemblement National, faut-il le préciser. Il est en désaccord avec nous sur un certain nombre de nos positions. Et je pense qu'il n'a jamais manqué une fois de me le redire. Il n'a jamais voté Rassemblement National et visiblement, il n'est pas prêt de le faire.
En revanche, il peut trouver qu'effectivement, nous avons des leaders, en particulier Jordan, qui ont du talent, qui amènent quelque chose à la vie politique de ce pays et qui représentent ce que lui aime, c'est-à-dire une certaine forme d'énergie, de combativité et puis une jeunesse qui s'engage telle que l'aime Nicolas Sarkozy. Donc je pense qu'il peut probablement lui plaire tout en ayant de forts désaccords sur le fond.
– Un mot, il ne nous reste pas beaucoup de temps, mais je voulais juste une réaction sur la fronde des écrivains après le limogéage du patron de Grasset, Olivier Nora, qui dirigeait ce groupe après 26 ans, 150 écrivains. On claquait la porte en dénonçant la même liste de Vincent Bolloré, une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale.
– Vous savez, je me souviens de Pierre Berger qui disait, c'est celui qui paye l'orchestre, qui choisit la musique. Pierre Berger qui était patron du Monde. Donc je ne sais pas comment Vincent Bolloré… – Ce serait le fanfare non plus, l'édition. – Non, mais le Monde, ce n'était pas une fanfare non plus. En tous les cas, parfois, ça jouait faux. Mais je pense que voilà, c'est la relation entre un grand patron et puis la ligne éditoriale d'une maison d'édition, ça lui appartient. Et quelque part, ça ne nous appartient pas. Je suis persuadé que tous ces écrivains, dont beaucoup sont éminemment talentueux, trouveront d'autres belles maisons pour les accueillir.
Moi, tout ça, ça fait partie franchement de la mousse. On ne s'émeut pas grand-chose. On ne s'émeut pas grand-chose.
Sébastien Chenu