Empreinte environnementale de l’intelligence artificielle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 15 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
Quel bilan pouvez-vous dresser de l'observatoire des impacts environnementaux du numérique ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Comment adapter la phase d'entraînement des modèles IA pour minimiser l'impact environnemental ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Quels dispositifs concrets Mistral compte mettre en place pour réduire son empreinte environnementale ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Dans quelle mesure l'IA renforce-t-elle la dépendance aux métaux stratégiques ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Comment éviter de se dessaisir du cuivre, métal essentiel pour l'IA ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Les data centers en France réduisent-ils l'empreinte carbone de l'IA ?
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Bien mes chers collègues, notre commission a pris la décision de créer une mission mission d'information sur l'empreinte environnementale de l'intelligence artificielle l'IA et à désigner comme rapporteur nos collègues Guillaume Chevrelier, Damien Michalet et Simon Uzena que je salue. Il ne s'agit pas d'un sujet nouveau pour notre commission qui s'est saisi dès 2020 de la problématique de l'empreinte environnementale du numérique. Elle a adopté un rapport d'information sur ce sujet dont notre collègue Guillaume Chevrelier et notre ancien collègue Jean-Michel Hougat étaient les rapporteurs.
Ce rapport a conduit au dépôt d'une proposition de loi qui est devenue la loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l'empreinte environnementale numérique en France dite Laoren. Les sorts rapides de l'intelligence artificielle qui dessine en profondeur notre économie impose une actualisation du diagnostic établi en 2020. La mission d'information aura donc pour objectif d'apprécier les conséquences du développement de l'IA, de repérer les moyens d'en limiter les effets négatifs et le cas d'chant de favoriser l'émergence du NIA durable.
Notre table ronde de ce matin inaugure les travaux de cette mission d'information en réunissant quatre intervenants aux fonctions et au point de vue complémentaire. Elle permettra d'éclairer les membres de notre commission et d'introduire le sujet avant les auditions des rapporteurs qui débuteront à la fin du mois de février et seront, je le rappelle, ouvertes à tous les membres de la commission. Nous avons donc le plaisir d'accueillir ce matin monsieur Baptiste Périssin Faber, directeur général délégué de l'ADEM qui pourra notamment présenter les résultats de l'étude sur les perspectives d'évoluation d'évolution des consommations électriques des centres de données en France.
Monsieur Guillaume Pitron, chercheur associé à l'Institut des relations internationales stratégiques, qui a notamment publié en 2018 un essai la guerre des métaux rares, la face cachée de la transition énergétique et numérique. Vous pourrez nous expliquer dans quelle mesure le développement de l'intelligence artificielle a fait évoluer le constat que vous dressiez il y a maintenant 8 ans. Madame Anne Bouvreot, coprésidente du Conseil de l'intelligence artificielle et du numérique, instance indépendante placée auprès de la mini chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.
Vous pourrez, madame, nous indiquer si le conseil qui a pour mission d'étudier toute question relatives au développement du numérique et de l'intelligence artificielle a pris en compte la problématique de l'empreinte environnementale dans ses recommandations au gouvernement. Enfin, madame Audrey Herblin Stop, directrice des affaires publiques de l'entreprise Mistral, champion français de l'intelligence artificielle, entreprise dont nous sommes, je pense, pouvoir me faire le porte-parole des membres de la commission, particulièrement fier. Vous pourrez nous indiquer, madame la directrice, comment ministral prend en compte la problématique de l'empreinte environnementale et quelles initiatives ont été prises en la matière.
Je vous remercie encore une fois mesdames et messieurs de votre présence parmi nous. Je vous indique mes chers collègues que monsieur Périssin Alpha devra nous quitter vers 10h30. Sans plus tarder, je donne la parole aux trois rapporteurs de notre émission.
Guillaume Chevrelier, Daniel Michalet, Simonas et je vous donnerai ensuite la parole mesdames et messieurs, pour vos interventions liminaires avant un échange de questions-réponses avec les membres de la commission. Je vous donne la parole. Je donne la parole à Guillaume Chevrolier en premier.
Merci monsieur le président, chers collègues, merci aux intervenants. Je m'exprime en tant que rapporteur corapporteur de cette mission d'information et puis aussi ancien rapporteur de la mission d'information sur l'empreinte environnementale du numérique. C'est dire que que le Sénat c'est à la fois la chambre de la la stabilité et de la continuité dans dans les travaux parce que c'était à l'époque cette mission d'information de de 2021 qui avait abouti à cette loi.
était assez précurseur et donc on est dans le prolongement des travaux de 2020 à 21 avions conduit à l'époque avec notre collègue Jean-Michel Hougat, ancien sénateur de la Manche et à l'époque nous avions alerté sur les conséquences environnementales d'un numérique en forte expansion. Je rappelle que l'article 4 de la loi que nous avions voté au Sénat dans un large consensus et transmis ensuite à l'Assemblée nationale où il y a eu des correctifs et mais comme nous souhaitions que ce texte aboutisse rapidement, nous l'avions validé tel que l'Assemblée nationale de l'époque l'avait voté et avait créé un observatoire des impacts environnementaux du numérique placé auprès de l'Arceep et de LAADEM. Donc 6 ans plus tard, quel bilan pouvez-vous endresser ?
Cet observatoire a-t-il permis d'objectiver ces impacts et notamment de se saisir de la question désormais centrale de l'empreinte environnementale de l'intelligence artificielle ? Nous avions également adopté plusieurs dispositions visant à rendre les centres de données moins énergivore. Je pense notamment à l'article 28 du texte.
Il conditionnait la réduction de la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité à des exigences en matière de valorisation de la chaleur fatale et de limitation de l'usage de l'eau pour le refroidissement. Or, comme le montre le rapport de l'ADEM que vous allez sans doute évoquer, les sorts de l'intelligence artificielle changent profondément l'échelle des centres de données. Face justement à ce changement d'échelle, nos politiques publiques doivent évidemment évoluer.
Donc, comment peuvent-elles aujourd'hui contribuer concrètement à rendre les centres de données plus sobres sur le plan énergétique ? Et alors que ces infrastructures sont majoritairement situées hors d'Europe et notamment aux États-Unis, comment éviter que le développement de l'IA en France se traduise par un impact environnemental délocalisé ? Voilà quelques questions et j'en aurai une plus ciblée à la direction de madame la représentante de Mistral puisque ce groupe a annoncé il y a quelques mois que la France hébergerait deux centres de données importants.
Donc c'est un un soit souverain qui mérite d'être signalé. C'est une ambition affirmée d'efficacité et de qualité énergétique. Donc vous avez indiqué que le campus sera utilisé pour la phase d'entraînement euh et cette phase représente plus de 4/5 de l'impact ministral lié à la consommation électrique.
Donc, pensez-vous qu'il soit possible et réaliste d'adapter une partie de cette phase d'apprentissage afin de la réaliser en contrecycle des ps de consommation électrique nationale dans l'objectif de minimiser l'impact environnemental de vos centres de données ? En outre, votre volonté d'être des précurseurs dans le domaine de l'intelligence artificielle selon on peut se réjouir donc précurseur se fait également sentir dans le secteur environnemental. Donc vous avez en été les pionniers dans la publication de l'empreinte environnementale sur l'ensemble du cycle de vie d'un modèle d'intelligence artificielle.
Il est donc cohérent d'attendre aussi de votre part des propositions innovantes et efficaces pour minimiser cet impact. Donc pouveriez-vous dans le casre de cette audition nous préciser les dispositifs concrets que vous comptez mettre en place à cette fin ? Je vous remercie.
Merci. Je vais donner la parole à Damien Michael. Merci président.
Bonjour à toutes et à tous. Merci pour tout ce que vous allez nous dire. Nous sommes impatients.
On parle souvent de l'intelligence artificielle sur des aspects de souveraineté, sur des aspects industriels et pas toujours sur cette partie làà. et vous savez que notre commission est particulièrement engagée et investie sur ces sujets. Alors on a essayé de de cadrer nos questions et en tant que corrapporteur avec mes collègues, je souhaiterais moi vous vous interroger euh sur un sujet que notre commission connaît bien, c'est la dépendance aux métaux et aux matières premières stratégiques.
Monsieur Pitron, vous étiez venu devant nous il y a un peu plus d'un an pour évoquer le rôle central des métaux dans la transition énergétique. Vous aviez alors parlé d'un monde de haute matière et vous nous aviez dit en tout cas ce sont vos mots que nous étions shootés aux matières premières. Ma première question du coup, elle est assez simple et elle vous est adressée, c'est dans quelle mesure le développement de l'intelligence artificielle vient-il aujourd'hui renforcer ce constat ?
Les sorts fulgurants de l'intelligence artificielle s'accompagnent d'une explosion de stockage de données et mécaniquement d'une multiplication des centres de données. Or, ces infrastructures ont une empreinte matérielle considérable. Pouvez-vous nous éclairer sur l'empreinte matière des data center ? contribue-il à accroître notre dépendance au métaégique ?
Et si tel est le cas, quelle politique publique pourrait permettre d'anticiper et de réduire cette vulnérabilité ? Je voudrais également vous entendre sur un métal qui est absolument central pour la transition énergétique. Il s'agit du cuivre.
Dans le cadre du décommissionnement du réseau cuivre, on le sait, nous avons un gisement massif de matière première euh et peut-être faute d'une filière pas encore tout à fait euh organisée en France, on le sait qu'il y a une partie de ces câbles et donc de de ces ressources qui nous échappent, qui partent même bien plus loin que la France pour aller sur sur des continents comme l'Afrique ou l'Asie. Alors que les risques liés à la dépendance aux matières premières font désormais consensus, comment peut-on encore accepter de se dessaisir d'un métal aussi essentiel et aussi fortement lié au développement de l'intelligence artificielle ? Et à l'inverse, quel levier faudrait-il activer pour conserver, recycler et valoriser ce gisement sur notre territoire ?
Puis une dernière question euh qui est liée directement euh à ce que nous avons vécu en France l'année dernière lors du sommet sur l'intelligence artificielle organisé en France où il y a eu plein de belles annonces pour nos filières françaises euh et également un plan de plus de 100 milliards d'euros d'implantation de data center sur le territoire national. Est-ce que vous considérez que ces data center implantés en France, donc euh associé à des modèle industriel normés, peut-être un peu plus exigeant qu'ailleurs. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne chose pour l'intelligence artificielle et son impr de carbone ou que ce n'est pas directement lié ?
Voilà, je vous remercie pour toutes les réponses et tous les éclairages que vous allez nous apporter ce matin. Merci. Je donne la parole à Simonard.
Merci monsieur le président. Merci pour votre présence ce matin. Alors je je vais venir en en complément des questions posé par mes collègues corrapporteurs.
On va pas évidemment faire la liste ici de tous les impacts nombreux sur le plan environnemental de de l'intelligence artificielle mais sur les fameuses GPU dont beaucoup parlent. On le voit bien, il y a la question des métau rares, le fait de voir avec les les composants de plus en plus petit travailler sur la pureté toujours plus grande avec de la toxicité induite sur la durée de vie des produits qui apparaît évidemment très courte, la moitié des puces jeté avant d'être utilisé. sur la consommation électrique, on arrive maintenant à des ordres de grandeur où un data center, ce sera l'équivalent d'un réacteur nucléaire.
Sur la consommation d'eau. Là aussi, les chiffres ont ont été rappelés. Alors, moi, je souhaitais vous faire réagir sur un certain nombre euh de rapports de travaux qui ont pu commencer à à défricher ce sujet.
L'ADEM évoque notamment, et je cite, un juste niveau de technologie au service d'un besoin réel. Je pense que tout le monde sera d'accord sur cette phrase, mais comment la traduisez-vous dans vos activités quotidiennes ? Je voudrais aussi faire référence au rapport du 16 de septembre 2024 et m'attarder sur deux préconisations.
La première sur le fait de porter au niveau international le sujet du bilan environnemental de l'IA, notamment en proposant d'étudier l'impact de l'IA et sa sa cohérence avec les objectifs de développement durable. Avez-vous commencé à à vous engager sur cette voie là ? et puis une autre préconisation euh sur l'évaluation de l'empreinte environnementale de l'IA, de la fabrication à l'utilisation.
Alors, mon collègue Damien Michael faisait référence à l'analyse cycle de vie que Ministral a engagé avec l'ADEM qui est évidemment beaucoup plus sincère que celle qui a pu être fournie notamment par Google et dont on a bien mesuré les biais très nombreux. Mais pour autant des questions demeurent sur la possibilité de disposer de données objectives. Donc pour terminer, moi je souhaitait vous poser quelques questions.
Est-ce que vous avez aujourd'hui des moyens d'évaluation sur le rapport entre l'impact négatif et les bénéfices de l'IA en matière environnementale ? Parce que là aussi le rapport du C le pointe. L'intelligence artificielle nous permet de mieux piloter les réseaux, euh d'identifier euh au mieux les besoins et donc d'être plus efficace.
Est-ce que vous avez pu le le mesurer ? Euh et puis euh sur le rapport de l'autorité de la concurrence qui a été publié en en décembre dernier, là aussi un un point pour nous absolument essentiel, c'est le fait de disposer de données fiables et transparentes. Donc encore une fois, mistral et est plutôt en avance.
Mais on ne peut pas se satisfaire aujourd'hui de la situation telle qu'elle existe. Donc comment aller plus loin en préservant évidemment le secret le secret des affair ? C'est le point que je souhaitais vous poser, la question que je souhaitais vous poser et puis le dernier sujet sur la frugalité parce que on est tous d'accord pour dire que c'est un enjeu.
Est-ce que vous avancez sur le reconditionnement des GPU sur l'obsolescence programmée parce qu'on nous dit que grosso modo l'horizon c'est 5 ans. C'est évidemment très très peu au regard de la consommation de matériaux et d'énergie induite et puis sur d'autres pistes de travail comme le Tiny Machine Learning, l'équivalent des tiny house pour le logement. Mais est-ce que vous travaillez sur ces pistes-là et quels sont les calendriers euh que l'on peut espérer pour voir ces solutions prospérer ?
Je vous remercie. Merci. Donc je vais donner la parole à nos invités.
Euh vous pourz nous faire un propinaire et puis répondre aux questions. Qui veut commencer ? Allez-y.
Et bien merci. Merci monsieur le président. Merci messieurs les les rapporteurs, merci pour l'invitation et puis pour avoir mentionné aussi certains travaux de LAADM.
Vous avez mentionné la loi Renn et je tiens vraiment à souligner le fait que pour nous ça a été extrêmement structurant puisqu'on avait déjà engagé quelques travaux sur le numérique responsable mais grâce à la Loire, on a quand même vraiment changé euh de dimension sur le sujet et euh depuis avec l'ARCEP, nous avons publié plusieurs travaux qui ont permis déjà d'avoir une première photographie de l'impact environnemental du numérique en terme de CO2, hein. En 2022, c'est à peu près 4,4 % des émissions de CO2 en France. Et puis je crois que le le chiffre clé qu'il faut retenir dans ces premiers travaux sur le numérique responsable, c'est que l'impact, elle est répartie entre les terminaux et l'usage.
Et en gros, 80 % de l'impact, c'est sur les terminaux, donc les les téléphones, les ordinateurs, la fabrication de ces terminaux et 20 % les usages. Ça c'était les travaux de 2022 2023. Mais au vu justement de la croissance de l'intelligence artificielle, en fait ce ratio va très fortement bouger.
Et c'est ce que nos travaux plus récent montre, c'est que avec l'intelligence artificielle, c'est la partie usage qui va prendre de plus en plus de place puisque là, c'est la consommation d'énergie, d'électricité qui va prendre le pas sur l'impact environnemental de la fabrication des terminaux. Donc ça c'est c'est ce moment de bascule qu'on est en train euh de d'objectiver dans nos travaux. Vous avez mentionné le niveau international et là aussi donc nous on fait partie d'un réseau d'agences environnementales européens et on s'est rendu compte qu'en fait grâce à la Loire Renn avance par rapport à d'autres pays.
On avait beaucoup de collègues étrangers qui avaient réfléchi à comment utiliser le numérique au service de la transition écologique mais très peu finalement avaient engagé des travaux sur l'impact environnemental du numérique. Et en ce moment, on est en train de créer avec notre homologue allemand UBA, un programme européen qui vise vraiment à voir les les deux volets euh AI for green euh et puis Green AI, hein, donc le le l'IA responsable et puis comment utiliser l'IA pour accélérer la transition écologique. Et ça, je pense que c'est vraiment grâce à cette loi Ren qui nous a positionné à l'avant-garde.
Vous avez mentionné nos travaux sur les data centers. Je vous en remercie parce que a souvent été mal compris ces travaux ont été mal compris. Certains ont parlé de l'ADEM préconise des moratoires sur l'installation de data center.
Ce n'est pas du tout du tout le message de de ces travaux. Ces travaux sont prospectifs et donc explore quatre scénarios possibles en fonction de bah l'évolution de nos usages de de l'IA. Et donc il y a des scénarios où on va aller vers beaucoup de sobriété donc qui demanderont une régulation très forte et d'autres où au contraire on va exploiter à fond les les technologies de l'IA.
Et le message clé de ce rapport c'est que il est sans regret de relocaliser des data center en France puisque l'impact principal de li a c'est les data center et c'est donc le mix électrique d'un pays qui fait le gros de l'impact. Donc en France évidemment avec notre mix décarboné, il est sans regret de relocaliser étant donné qu'on est aujourd'hui très fortement dépendant des data centers qui sont à l'étranger dans des pays où le mix électrique est bien plus carboné. Donc il est sans regret de le faire.
En revanche, si on ne s'intéresse s'intéresse pas quand même à la priorisation des usages, aux notion de sobriété, de frugalité que vous avez mentionné, euh on risque étant donné la croissance des évolutions de jamais rattraper euh le la consommation et donc d'être toujours dépendant de l'extérieur. Donc les messages clés, c'est sans regret de relocaliser. En revanche, faut quand même s'intéresser à la priorisation des usages et à la sobriété, à l'écoconception en fait d'une IA à la française à l'européenne si on ne veut pas rester durablement dépendant de de l'extérieur et donc de data center issu de pays où l'énergie serait moins carbonée.
Maintenant, si je fais un focus plus carboné, si je fais un focus vraiment sur l'impact environnemental de l'IA, donc là pareil, on a regardé l'impact des équipements, donc la fabrication des data centers, des puces et cetera et puis ensuite l'impact de la consommation de ces data centers. Et là, ce qui est clair, c'est que c'est vraiment la consommation des data center qui fait le gros de l'impact. hein.
Donc c'est vraiment la consommation énergétique euh et puis l'utilisation de l'eau aussi hein pour euh pour refroidir les les data centers. Maintenant, il y a un point qu'on a pas regardé, c'est l'évolution de l'IA nous oblige en fait bah à changer tous nos terminaux, changer nos téléphones, changer euh nos ordinateurs pour qu'ils soient ia compatible, là peut-être qu'il y aura aussi un impact supplémentaire à la refabrication de ces terminaux. Et ça, on l'a pas encore regardé précisément. et sur la partie vraiment impact des GPU, ça c'est des travaux en cours, on n' pas encore les les résultats.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a euh enfin le chiffrage est quand même difficile car il y a une très forte opacité du secteur. Alors à l'exception notable de Mistral, vous l'avez mentionné et mais pour l'instant elle fait quand même figure d'exception. C'est aujourd'hui difficile d'aller chercher euh des données et il n'existe aujourd'hui aucune méthode commune pour comparer les évaluations qui pourraient être faites.
Et alors clairement donc avec le la CV de Mistral, on est allé très loin, on a regardé la phase d'entraînement, toutes les tout toutes les phases avec même sur la partie inférence une requête qui qui produit toute une page de de résultats. quand on compare avec Google, ils ne prennent pas en compte dans leur périmètre d'étude la partie entraînement. Il partent il parlent d'une requête moyenne.
Ce qui est sûr, c'est que les géants du secteur Google, Microsoft, ils ont déjà annoncé qu'ils atteindront pas leurs objectifs climatiques. Donc ils sont revenus sur leurs engagements climatiques puis à cause finalement de l'explosion euh des impacts de de l'IA. Euh quand on regarde juste l'explosion des requêtes hein de Chat GPT 1 x 5 en 1 an.
Euh il y a quelques chiffres aussi he la consommation électrique euh là le département de l'énergie américain envisage x 2 ou x 3 d'ici 2028 euh juste lié euh à la consommation énergétique de de l'IA. Il y a des projets de data center de 5 GW. Donc là, c'est cinq tranches nucléaires, c'est quand même gigantesque.
En Irlande aujourd'hui, 21 % de la consommation électrique viennent des data centers. Donc alors en France, on envisage une multiplication par 3 de la consommation électrique liée au data center. Et à un moment donné, il y aura un sujet d'arbitrage sur l'utilisation de l'électricité.
Si on veut décarboner notre industrie et c'est une priorité, on va devoir électrifier massivement. euh on doit électrifier euh massivement les les différents usages euh de la mobilité euh euh du chauffage et cetera. Euh il y aura peut-être un sujet à un moment donné euh de de priorisation.
Euh mais donc j'insiste hein sur le fait euh que c'est le mix électrique qui est déterminant, donc d'où le côté sans regret. Ensuite, ça ne suffit pas pour être souverain hein, puisque évidemment bah les puces aujourd'hui on ne sait pas les fabriquer et euh à part Mistral euh les grands concepteurs euh de modèle di générative, ils sont tous américains. Donc quand bien même on aurait euh rapatrié les data centers, si ensuite on utilise que des concepteurs américains, on ne sera pas plus souverain.
Maintenant, peut-être pour conclure quelques si j'avais juste un point sur le les impacts positifs de l'IA, est-ce qu'on avait commencé à y réfléchir ? On a sorti une étude en début d'année dernière qui était mais alors là qui est plus sur des IA classiques parce qu'il faut bien distinguer he les I génératives avec ses grands modèles de langage et puis les I classiques de machine learning et cetera ou de big data qui permettent des optimisations en particulier dans les systèmes énergétiques. Donc là, on a fait des études de cas sur la mobilité, sur les bâtiments et là clairement il y a des gains à l'utilisation de ces I plus classiques sur le l'impact environnemental.
En revanche, sur la partie IA générative, bon benah aujourd'hui les usages se cherchent aussi un peu. On n' pas identifié à priori des usages qui permettraient d'accélérer la transition écologique mais peut-être qu'ils viendront un jour. Et donc c'est pour ça qu'on fait alors des en terme de de recommandation, il y a un enjeu de transparence, ça on l'a dit.
Donc il faut qu'on rende comparable les les évaluations environnementales de de ces grands modèles de de langage. Il y a un enjeu aussi d'autorégulation dans l'écoconception des data center. Comment on s'assure que bah chaque data data center qu'on relocalise, il augmente son efficacité euh énergétique.
Et puis ensuite les sujets d'IA frugal. Nous, on est convaincu que on a un avantage comparatif à trouver en France et en Europe par rapport aux grands modèles américains sur des plus petits modèles qui se différencieraiit justement par leur impact environnemental plus faible et qui serait surtout ouvert en particulier sur la partie entraînement qui permettrait de mutualiser cette phase d'entraînement qui est la plus gourmande en en énergie et ensuite il pourrait se différencier sur les services qui pourraient être associés aux IA. Voilà mes propos liminaires.
Merci monsieur Pitron. Merci beaucoup madame messieur de m'inviter à évoquer ces enjeux. Oui, le monde est toujours shooté au métau et l'immatériel aggrave l'empreinte matière de de la de la de la France et de l'humanité en général.
J'en ai j'ai beaucoup travaillé sur ces sujets-là en me rendant notamment beaucoup sur les terrains miniers où la la l'impact écologique de l'extraction des matières premières nécessaires infé au aux technologies numériques est évident. Euh d'abord quelques quelques ordres de grandeur. Euh le numérique est fortement consommateur de métaux en particulier, pas que mais notamment des métaux.
Euh à la fois des grands métaux type aluminium, cuivre. Alors, certaines études, les chiffres varient évaluent à entre 7 et 12 % la consommation d'aluminium et de cuivre qui sont directement destinés aux usages numériques. Ça, ce sont pour les grands métaux et puis les petits métaux de spécialité au nom barbar mais latin tels que galium, indium, néodîme, praséodîme, dysprosium qui pour certains d'entre eux font partie de la famille des terres rares dont on parle beaucoup en ce moment et dont une part substantielle de la production mondiale sert directement les usages numériques.
On considère que c'est entre 40 et 90 % de ces petits métaux de spécialité qui sont souvent des sous-produits de l'industrie minière. Donc il sont extraits avec d'autres métaux. Par exemple, le cobalt est un sous-produit du cuivre.
Donc en extrayant du cuivre, en raffinant le cuivre, on se retrouve avec ce qui était à l'époque un rebut et puis ça devient en fait un métal stratégique si jamais on sait le on sait le raffiner, le le le transformer, mais c'est jusqu'à 90 % de la consommation de de ces de ces matières premières qui représentent des petits marchés au combien stratégique qui est capté par le secteur numérique. C'est pour revenir à la question environnementale des matières premières que l'on extrait dans des conditions qui sont globalement assez mauvaises pour l'environnement. Euh on peut bien faire, en tout cas, on peut faire responsable, mais euh je rappelle un des éléments historiques, on a décidé de ne pas se soucier de ce sujet-là à partir des années 80 en laissant la production de ces matières premières, la chaîne de la chaîne de valeur, partir vers des pays qui assureraient qui assumeraient euh de faire finalement le sal travail.
Et donc là où le l'Occident euh c'est-à-dire l'Australie, les États-Unis sur la partie minière et la France sur la partie raffinage des terres rares euh en fait était souverain, et bien nous avons laissé cette production partir totalement vers notamment la Chine, donc vers la les dont la la dont la maturité environnementale à l'époque et encore aujourd'hui était était moindre et reste moindre que la maturité environ. ental de l'Occident sur ces sur ces sujets-là. Ce qui fait que ça a aggravé l'impact l'impact environnemental des mines.
Alors, c'est un impact qui peut s'apprécier sous l'angle des émissions de CO2 évidemment, mais en fait il n'y a pas que le CO2 dans la vie. Et en fait, finalement, nous avons tendance à vouloir résumer la mesure de notre engagement écologique aujourd'hui à l'appréciation de notre efficacité CO2. Or euh une mine, c'est certes une consommation d'électricité. considère que environ 10 % de l'électricité mondiale est capté par la mine en général dans le monde.
Mais ce sont aussi d'autres impacts tels que l'artificialisation des sols, l'impact sur la biodiversité de de de cette de cette artificialisation, la consommation d'eau mais surtout le non traitement de ces eaux usées qui sont directement rejetés dans les écosystèmes, rivières, fleuve en Chine, j'ai vu ça, l'eau des terres est directement rejetée dans les dans les a fréatiques qui elles-mêmes sont relié évidemment au fleuve jaunes. Euh tout cela c'est un impact très lourd. Euh c'est également l'impact sur la bio pardon c'est la raréfaction des matières premières que c'est que ces que ces activités génèrent.
Donc tout cela c'est une c'est un impact environnemental très lourd qui pourra être mitigé en partie par une relocalisation minière mais également par toutes les réglementations actuellement. Alors la France est très en avance sur le sujet et l'Europe avance à petit pas avec la fameuse CS3D. euh mais c'est-à-dire en fait les devoirs, les obligations, les obligations de vigilance qui sont imposés aux entreprises et qui doivent connaître l'origine des produits qu'elles consomme.
Alors c'est très en vogue en ce moment dans l'industrie de la défense, dans l'industrie de l'automobile, mais beaucoup moins dans l'industrie numérique pour une raison très simple, c'est qu'en fait c'est extrêmement complexe de remonter la chaîne de valeur depuis la mine jusqu'au produit fini. C'est une chaîne de valeur qui est d'une complexité inouie avec en fait un saucissonnage des chaînes de valeur, des expertises qui rend en fait concrètement totalement impossible à l'acheteur d'un produit en fin de chaîne de précisément remonter à l'origine du produit. Il faudrait d'abord qu'il commence à à s'adresser à au fournisseur de puce qui lui-même est se trouve à Taïwan qui est une entreprise qui pèse 100 fois son ca son chiffre d'affair et déjà l'information s'arrête là.
Il y a pas de raison pour le sous-traitant qui est un fournisseur plus grand que le consommateur final de lui donner une information sur son sous-traitant à lui. Et on remonte pas à beaucoup plus que N -1 ou N-2 et on va jamais jusqu'à N- 7. Donc il y a une difficulté de traçabilité.
Euh voilà pour ces quelques éléments euh de de préliminaire, je voudrais pas trop prédépasser les 5 minutes, mais nous aurons l'occasion de revenir dans les questions ultérieures plus en amont, plus en plus en détail sur ces sur ces enjeux de soutenabilité et sur les questions que vous avez posé messieurs les rapporteurs sur le décommissionnement du cuivre et également sur les impacts stratégiques de la dépendance au terre. Je donner la parole à madame Boubou. Merci.
Merci beaucoup euh euh de cette invitation. Euh euh merci aussi de vous intéresser à ce sujet. C'est un sujet qui est qui est absolument fondamental, qui a beaucoup évolué, je pense, effectivement depuis la Loiren.
Euh d'une part avec l'arrivée de l'intelligence artificielle bien sûr, mais également avec l'évolution du contexte géopolitique. On on l'a bien vu ces dernières années et d'autant plus depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau président américain. Mais les sujets de souveraineté qui ont été mentionnés et et qui sont importants dans l'absolu deviennent encore plus importants.
Et donc la question qu'on a aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on peut concilier dans ce monde géopolitique et avec ses exigences de souveraineté la transition numérique et la transition écologique sans renier euh ce cette transition qu'on souhaite juste et cette et ses objectifs qu'on s'est donné. Euh c'est donc un sujet qui est éminemment politique et c'est pour ça que c'est c'est très bien que vous le vous le preniez. C'est aussi une attente très claire des citoyens.
Euh le conseil de l'IA et du numérique a mené une consultation citoyenne euh euh avant qui a été lancé en décembre et qui s'est terminé mi-janvier. Euh 58 % des 6000 répondants se disent préoccupés par l'impact environnemental du numérique. Euh c'est euh euh quelque chose qui est d'autant plus marqué chez les jeunes euh sans sans surprise.
Et donc bien sûr le conseil de l'IA et du numérique écoute cela et va se saisir du sujet à la fois en intégrant l'aspect impact environnemental dans les différents travaux que nous menons. Et ensuite en mettant en place une réflexion spécifique sur le sujet cette année en nous préoccupant du fait de ne pas refaire des rapports qui ont déjà été faits au C à LAADEM ou autres mais en réfléchissant à qu'est-ce qu'on peut faire d'utile dans le cadre du conseil de l'IA et du numérique. Et donc bien sûr on sera ravi de de continuer à à travailler avec vous.
Euh après, ça a été euh très clairement dit euh c'est un sujet qui recouvre plein de réalités différentes. Euh euh il y a les métaux, il y a les centres de données, euh il y a les puces et les GPU, euh il y a les le développement des modèles d'intelligence artificielle, on va on va en parler plus. Euh il y a les terminaux parce qu'aujourd'hui euh on utilise, on commence à utiliser de plus en plus euh euh les systèmes d'IA générative sur nos téléphones et donc effectivement euh ça devient une une mise en œuvre euh différente euh et c'est important face à des sujets aussi complexes de regarder ça avec le plus de fait et de sciences possible.
Euh alors ça a aussi été dit, c'est difficile à faire parce que il y a pas beaucoup d'informations, il y a pas beaucoup de données, mais il faut saluer le travail, on l'a dit, celui de Mistral qui a fait cette étude. Je pense qu'il faut aussi saluer le travail de Google. Euh bien sûr, il y a des limites.
Bien sûr euh euh on on peut vouloir euh euh le le euh le le critiquer, le continuer, mais le fait qu'il y ait eu un papier de recherche euh ouverte publié par Google en donnant un certain nombre d'éléments, et ben c'est mieux que ce que font d'autres acteurs du domaine et il faut les encourager et et encourager tous les autres à à également publier des des informations. Donc ce ce côté trouver l'effet euh se mettre collectivement autour de la table pour regarder la réalité de ce qui se passe. C'est extrêmement important.
Euh c'est extrêmement important euh aussi bien que ou grâce au fait que justement la France est plutôt bonne élève dans le domaine à la fois du côté de son mix énergétique et donc de sa souveraineté énergétique, le fait que la production d'électricité en France euh soit supérieure aux besoins. C'est quelque chose avec lequel on vit, mais c'est très vrai que dans un certain nombre d'autres pays, le développement des centres de données par exemple peut-être amené à être en concurrence avec des besoins comme ceux des hôpitaux, comme ceux des écoles et de l'industrie. C'est bien sûr quelque chose qui n'est pas acceptable.
Donc il faut d'abord avoir nos propres besoins et ensuite regarder comment pouvoir accueillir en l'occurrence des centres de données en France. Et le fait que notre mix électrique soit très largement décarboné, c'est aussi ce qui permet de mettre en place ces centre de données de manière responsable. C'est aussi ce qui attire des investisseurs étrangers pour venir investir dans des centres de données en France et et ça nous permet donc à la fois en l'occurrence de concilier notre objectif de souveraineté et notre objectif de transition écologique.
Peut-être juste un un un deux mots encore un sur comment est-ce qu'on concilie les deux aspects. le côté impact environnemental de l'IA et qu'est-ce que l'IA permet de faire pour améliorer les choses et puis après un mot de de d'international et de géopolitique. Comment est-ce qu'on peut concilier les deux ?
On est à un moment où les deux choses sont naissantes. On commence à voir l'impact de l'IA générative. On tire des scénarios.
L'Agence internationale de l'énergie, l'ADEM tire ces scénarios mais on sait pas exactement où on va aller. Et sur le côté comment est-ce que l'IA peut aider dans cette transition ? Et bien en fait, on en est plutôt à des pilotes.
Donc on regarde, oui, il y a peut-être quelque chose qui montre que ça peut permettre d'optimiser la consommation d'eau dans un certain nombre de domaines. Oui, on a des travaux sur comment est-ce que ça peut permettre de se préparer à l'arrivée de catastrophes climatiques qui sont favorisées par le réchauffement climatique, mais on n pas encore de choses qui sont à l'échelle. Et donc en fait, on compare des choses qui sont un peu difficilement [rires] comparables, mais il faut continuer à regarder les deux comme c'était indiqué dans les travaux du CE.
Euh un dernier mot sur le côté environnemental. J'ai donc organisé euh l'an dernier le sommet euh euh sur l'IA euh qui a eu lieu au Grand Palais, qui a eu lieu en France avec un premier objectif de mettre la France et l'Europe sur la carte du monde de l'IA, de mettre en valeur Mistral et et tous nos autres acteurs pour pousser notre souveraineté dans le domaine de l'IA et du numérique en en France et en Europe, je le redis. Euh en même temps, bien sûr, la France est le pays des COPES.
La France est un pays qui a passé la Loirème, qui l' citoyens trouvent que c'est ce sujet environnemental est extrêmement important. Donc on a cherché à porter le sujet impact environnemental de l'IA lors de ce sommet. Euh on n'a pas réussi à le mettre dans la déclaration finale euh avec euh l'objection euh notamment enfin pardon, on l'a mis dans la déclaration finale, mais on n'a pas réussi à faire signer cette déclaration par les Américains pour des raisons euh euh très claires.
Mais on a mis ce sujet dans la déclaration finale du sommet et on a lancé une ce qu'on a appelé une coalition pour l'IA durable pour un développement durable de l'intelligence artificielle avec au moment du sommet à peu près 90 partenaires, aujourd'hui plus de 200. Dans ces partenaires, il n'y a pas les États-Unis, mais il y a un certain nombre de pays d'organisations internationales, d'entreprises dont Mistrral mais dont aussi des grandes entreprises américaines. Ce qui montre que dans le côté géopolitique, on peut aussi aller chercher des des alliés côté côté entreprise et puis des centres de recherche. est une coalition qui regarde à la fois comment avoir plus de données pour étudier cet impact environnemental et à la fois comment passer à l'échelle des projets de d'utilisation de l'IA pour la transition écologique.
C'est un sujet que nous continuerons à à porter à délit dans quelques semaines au au sommet sur l'IA qui est organisé en Inde. La France a pris la coprésidence du groupe sur le développement du NIA. responsable et durable et résiliente parce que c'est un sujet qui nous tient à cœur et on on portera ce sujet-là y compris à à ce moment-là.
Voilà, je vais m'arrêter ici et je prendrai avec mes autres copanélistes bien sûr les questions. Merci madame Hervin. Monsieur le président, messieurs les rapporteurs, mesdames, messieurs sénateurs, merci beaucoup de votre invitation.
On est très flatté d'être à cette table aujourd'hui et de voir que la France se saisit de ce sujet. Euh, je vais peut-être brièvement vous vous indiquer où en est Mistral en ce moment. Mistal, c'est une entreprise qui a 2 ans et demi et je pense que ces 2 ans et demi sur un sujet comme celui-là peut vous montrer aussi à quel point c'est un engagement fort et conscient de notre part.
On est une entreprise maintenant globale mais évidemment basée à Paris et créé à Paris et française qui crée des modèles d'intelligence artificielle générative. Donc ce qu'on appelle les les large language model, ces grands modèles de langage. Euh mais on a construit aussi sur ces modèles une couche applicative pour permettre aux entreprises et au secteur public de déployer ces modèles et d'en faire quelque chose.
Et pour s'assurer d'avoir une offre qui soit la plus complète et qui donne le maximum de contrôle à nos partenaires, on a effectivement décider d'investir il y a plus d'un an maintenant et et le premier site va commencer à être opérationnel très vite dans une infrastructure donc dans des centres de puissance de calcul. En France, le premier étant à Brouillard de Glâtel dans les sonnes. Euh et je reviendrai sur ce choix euh au moment où nous avons pris euh cette décision d'investissement dans l'infrastructure qui visait à la fois à assurer notre propre autonomie stratégique dans ce domaine, mais aussi à réfléchir, à avoir en tout cas une manière assez la plus responsable possible de de d'investir sur ce sujet. et c'est des investissements colossaux.
Le le total de d'investissements en matière d'infrastructure s'élève à quasiment 3 milliards d'euros euh pour Mistral. Euh il était fondamental pour nous de choisir euh une électricité, une énergie décarbonée. Euh nous précédent si d'entraînement était aux États-Unis, au Nevada.
Vous comprenez donc le le gain significatif qu'on a pu opérer par ce choix-là. Euh je vous remercie de cette euh du lancement de cette mission parce que on a beaucoup entendu euh dans les précédentes années quand on on parlait d'intelligence artificielle générative et et et d'impact environnemental, on a beaucoup entendu des discours qui consistaient à dire "Ne vous inquiétez pas, de toute façon l'IA va tellement euh résoudre tous les problèmes du monde qu' ça va aussi résoudre le problème du changement climatique et et de l'empreinte carbone. On a choisi chez Misteroral de rejeter assez directement cette manière un peu cavalière de dire passez votre chemin, il y a pas de problème parce qu'en fait on en sait rien.
Donc il faut être assez humble sur les potentiels de cette technologie qui est en est encore à ses débuts. Et puis vous posiez la question à date, non, on ne peut pas dire que il y a un impact significatif sur l'amélioration de la situation. Au contraire, aujourd'hui, si on regarde de manière assez objective l'impact de l'IA, euh elle pollue et je pense qu'il faut le dire très nettement et l'affirmer.
Euh ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'engager dans le développement de cette technologie qui a d'autres atouts et qui va apporter des gains de productivité et des de capacité d'augmenter le progrès technologique. Pour autant, il ne faut pas être naïf euh sur euh l'empreinte carbone de de cette technologie. Et donc effectivement, il y a la consommation énergétique, il y a la question des métaux, il y a la pression sur les ressources en eau.
Donc il y a un nombre de sujets extrêmement importants liés à l'utilisation de l'IA qui engendre aussi des questions sur son acceptabilité et donc sur l'adoption. On a en Europe encore une marche à franchir en matière d'adoption de cette technologie et ça ça a une importance très forte puisqueeffectivement c'est notre compétitivité sur l'AT internationale qui est en jeu. Et pour que cette adoption puisse se faire le plus largement possible, il faut qu'on travaille sur l'acceptabilité de cette technologie et son empreinte carbone, en tout cas son impact environnemental doit en faire partie.
Donc il faut être capable d'apporter des garanties à la fois aux entreprises et aux citoyens. Euh on s'est lancé effectivement il y a quasiment 2 ans, 1 an et demi euh dans l'analyse du cycle de vie de nos modèles. Euh pour vous peindre un peu le le contexte, à l'époque quand on a lancé l'initiative euh on était 70 salariés chez Mistral.
Euh on a eu la chance et vraiment je remercie les équipes et les services de LAADEM parce que ils nous ont guidé, ils nous ont accompagné et ça a été extrêmement précieux pour nous. Euh je ne vous cache pas que lancer l'indice du cycle de vie euh des modèles euh dans un monde où il n'y a pas de méthodologie euh est un cauchemar pour une entreprise de 70 salariés. Et pour autant euh ça a été eu une expérience extrêmement forte et importante pour nous.
D'abord parce qu'on a euh vu à quels endroits de la chaîne de valeur euh il y avait des sujets de d'opacité et là où nous on pouvait euh fournir un certain nombre de données euh et on a fait cet effort hein d'aller au-delà de des questions de secret des affaires et de vraiment euh mettre sur la table le maximum de données, on s'est rendu compte euh à quel point on est dépendant euh de beaucoup d'acteurs pour créer cette technologie et à quel point ces acteurs ne sont pas tous au même niveau de transparente. L'autre point qui a été très intéressant pour nous, ça a été effectivement le fait que cette technologie évolue en permanence et un rythme extrêmement rapide. Et donc on a fini cette étude au printemps dernier et on va effectivement la recommencer, on relance le projet parce qu'en fait tout ça est déjà très obsolète et nécessite effectivement de se remettre à l'ouvrage très vite.
Et puis le dernier point qui a été très intéressant, on est une entreprise de science, on est la la très grande majorité de nos salariés sont des des scientifiques et donc qui ont cette rigueur chevillée au corps. Et et en fait, ce qui a été très intéressant pour nous, ça a été aussi de voir à quel point ce projet-là il a embarqué toute une entreprise euh avec une rigueur scientifique extrêmement forte. On a fait le choix de travailler avec Carbone 4 euh et on a demandé aux équipes de Carbone 4 de venir présenter à l'ensemble de nos salariés euh le le résultat de l'analyse et là on a remis un jeton dans la machine et on est reparti dans 3 mois de travail parce que la moitié de nos chercheurs sont venus contester une partie des algorithmes utilisés, dire que c'était pas assez rigoureux, re travailler sur la méthodologie.
Et ça ça a été très intéressant parce que quand vous lancez des projets de cette envergure qui ont un impact aussi important sur toute la conception et la philosophie de notre entreprise, être capable d'embarquer l'ensemble de nos salariés, je pense que c'était absolument fondamental sur euh je l'ai dit donc le premier sujet c'est le sujet de la transparence. Euh les obstacles effectivement c'est la complexité technique de la chaîne de valeur euh et effectivement euh le le sujet de la sensibilité des données. Et ça c'est un point extrêmement important.
On est dans une industrie qui est extrêmement compétitive euh dans lequel il y a de moins en moins d'acteurs. Aujourd'hui, on a six ou sep acteurs dans le monde qui fabriquent cette technologie. Nous sommes le dernier acteur à fabriquer cette technologie en Europe.
Il y a des acteurs américains et des acteurs chinois. Donc il y a effectivement un vrai sujet euh sur la protection des données et donc de créer des des moyens de pouvoir mettre cette donnée à disposition et en même temps protéger le secret des affaires. Ça c'est un point fondamental.
Le deuxième point sur lequel euh je souhaiterais attirer votre attention, c'est l'enjeu de la standardisation. Notre objectif à nous euh a toujours été celui de poser sur la table une méthodologie qui sans doute est encore imparfaite, mais de commencer avec un référentiel et puis ensuite de pouvoir travailler et d'attirer les autres et d'emmener les autres vers plus de transparence. Et donc euh à terme de standardisation, on appelle vraiment de nos vœux euh le lancement de travaux sur la standardisation sur ce secteur.
D'abord parce que c'est la clé pour pouvoir comparer euh et donc c'est essentiel euh pour les entreprises qui vont nous choisir ou pour les citoyens. Euh et puis ça permettra évidemment euh de mettre euh des de comparer des choses avec euh une certaine euh rigueur. Euh effectivement, il y a de nombreux acteurs qui mettent des données sur la table et c'est bien effectivement de pousser la transparence.
En revanche, euh il faut aussi que ce soit fait de manière sérieuse et rigoureuse. Euh et donc on insiste sur l'importance de développer de la standardisation dans ce domaine. L'autre point euh qui est important, vous en az parlé, c'est la question de la typologie des modèles et donc de la manière dont on crée cette technologie.
Évidemment, on a besoin de très grands modèles vocation généralistes. C'est important pour l'avancement de la science et le progrès technologique. Pour autant, tous les usages n'ont pas besoin de ces gros modèles et et ça c'est un point très important.
Il y a il y a une éducation à faire auprès des utilisateurs et là je parle beaucoup moins du grand public qui utilise un assistant conversationnel mais plutôt des entreprises qui utilisent le il y a un enjeu à éduquer sur le bon choix de modèle pour le bon cas d'usage. Ça c'est très important. Vous avez des modèles de code qui font exclusivement du code.
Bon bah quand vous avez besoin d'un modèle pour un codeur, faut lui mettre un modèle de code. Ça sert à rien de lui mettre un très très grand modèle. Et et ces choix-là, ils sont extrêmement importants parce que ce sont des modèles qui sont plus petits et donc qui vont non seulement avoir une empreinte au moment de l'entraînement qui sera plus faible, mais qui vont aussi avoir une empreinte au niveau de l'enférence qui sera plus faible.
Euh l'autre l'autre point euh sur ce sujet, c'est effectivement aussi de travailler à des techniques d'entraînement qui soient plus frugales. Alors, on est on a notre chance vient de notre contrainte. On a on a démarré plus tard euh dans la compétition et avec des moyens qui sont très importants mais qui restent beaucoup moins importants que nos concurrents.
Donc on a eu accès à moins de puissance de calcul. Donc on a dû réfléchir à trouver des manières d'entraîner qui étaient plus frugales parce que moins cher. Et ça c'est fondamental aussi de cette contrainte est venue effectivement la capacité d'avoir des modèles qui sont plus efficients, qui sont entraînés moins longtemps sur moins de puissance de calcul et donc à la fin qui sont moins consommateurs d'énergie.
Donc, il y a une réflexion à mener sur de nouvelles techniques et de nouvelles architectures de modèles qui peuvent permettre d'atteindre des performances très fortes avec du temps de calcul moindre. Euh le dernier point que que je voudrais soulever euh c'est la question de l'incitation et j'en finirai là. Euh évidemment la création des métriques et donc des standards, c'est important.
Mais il y a aussi un rôle à jouer et une incitation qui peut venaire de la puissance publique qui serait de mettre des critères à minima critères de transparence dans les appels d'offre. La commande publique peut-être un vrai vecteur de changement à minima enjeux de transparence. Euh et nous nous appelons de nos vœux à pouvoir effectivement sans créer des contraintes qui seraient insurmontables pour des entreprises de notre taille créer une incitation à minima à rendre les acteurs plus transparents.
Merci. Je vais donc donner la parole à mes collègues et je donne tout de suite la parole à Alexandre Basquet. Merci monsieur le président.
Je tenais à remercier les intervenants pour cette table ronde qui pèse et pose les enjeux environnementaux et les défis pour demain. Jeis accès mon intervention au-delà de l'intelligence artificielle plutôt de l'accès sur l'intelligence artificielle générative euh ouverte au grand public depuis l'avèement de CHGPT en 2022 et qui demande une puissance de calcul pharaonique parce que derrière des réponses un peu magiques de chat GPT, des vidéos de Sora ou des images synthétiques de Gémini Grock et je vais citer Mistrral évidemment li générative a une empreinte extrêmement réelle et importante sur notre environnement tant distingue par l'intensité de la puissance de calcul qu'elle nécessite pour chaque requête. Et derrière cela, il y a à mon sens une course au gigantisme avec des géants du numérique qui vont investir en 2026 dans les data centers 620 milliards de dollars, soit quatre fois plus qu'en 2023 avec tout euh tout ce qu'on a pu dire, notamment en capacité électrique, en ressources en eau.
Et d'ailleurs, il y a des data centers qui dans le monde sont implantés dans des secteurs pourtant stress cdrique, je pense au Chili, sans compter l'extraction minière, on en a parlé, qui a effectivement des impacts écologiques mais aussi géopolitiques. Et vous comprendrez aisément qu'il y a des inquiétudes fortes et légitimes et notamment celle de dire que nos ressources ne supporteront peut-être pas cette fuite en avant, même pour ce qui concerne l'Afrugal. Dites Frugal parce que les usages explosent. et on parle beaucoup des conséquences environnementales et des modalités pour palier et diminuer ces éventuelles conséquences.
Et j'aimerais plutôt moins évoquer les causes. Et dans les causes, je pense à lier à générative ouverte, je le rappelle au grand public, je parle vraiment des usagers et du grand public qui n'est là que pour produire du contenu euh et parfois d'ailleurs de de qualité médiocre. Je pense au slop, au blendrot qui envahissent nos écrans et je pense qu'il faut qu'on puisse se questionner sur l'utilité, l'efficacité et l'efficience de cette technologie.
Porter la réflexion aussi sur le fait qu'aujourd'hui cette technologie n'est plus forcément là pour répondre à un besoin, mais plus là pour créer un besoin. Là aussi, on est dans une course derrière et je moi je je souscris un peu à ce que porte la coalition Yatus et notamment le moratoire sur l'intelligence artificielle. Rappelez aussi que 1300 scientifiques et c'est pas rien appelle au boycott de l'IA générative.
Alors j'aimerais votre avis, je veux pas apparaître désagréable ou cavalier là n'est pas le sujet mais c'est quand même un sujet de fond sur l'utilité réelle de cette générative pour le grand public. J'insiste vraiment sur cette question du grand public et ne devrions-nous pas nous questionner sur une éventuelle interdiction d'un usage généralisé au regard des défis pour demain et notamment sous la forme d'un principe de précaution. Je vous remercie.
Bien ce que je vais faire, je vais donner la parole à j'ai quatre demandes de parole et puis après vous répondrez hein. Je vais donner la parole à Stéphane de Milli. Merci monsieur le président, chers rapporteurs, chers invités.
On l'a bien compris, l'intelligence artificielle est une grande et véritable révolution. quelques années après à peine elle a bouleversé nos façons de travailler, de produire, de décider et même de voir le monde. Finalement, cette révolution a a un prix et c'est bien sûr l'objet de notre rencontre d'aujourd'hui.
Et ce prix, il est aussi et surtout environnemental. En France, les émissions de gaz à effet de serre liées au numérique ont explosé. Et je sais bien, monsieur Pitron, que ce n'est pas le seul élément de de calcul environnemental, mais de 17 millions de tonnes de CO2 équivalents en 2020, nous sommes passés à près de 30 millions en 2022 et on nous dit qu'elle pourrait doubler d'ici 2050.
Le numérique, c'est déjà 4,4 % de l'empreinte carbone des français et à l'échelle mondiale, l'AIE est tout aussi clair. La consommation d'électricité au numérique pourrait doubler dès 2026 par rapport à 2022, ce qui est assez extraordinaire à cause de l'intelligence artificielle et notamment, comme l'a dit mon collègue à l'instant, surtout de l'IA générative. Cette IA générative repose sur des infrastructures gigantesques, des centres de données massives, des serveurs d'innombrables calcul et donc bien sûr beaucoup d'énergie.
Le cabinet Carbon 4 que vous avez évoqué tout à l'heure a analysé l'IA de méta verdict près de 19600 tonnes de CO2 sur l'ensemble de son cycle de vie dont 8700 tonnes rien que pour l'entraînement du modèle. entraînement du modèle et vous avez évoqué tout à l'heure la frugalité par rapport aux entraînements, c'est un vrai sujet et certains vont encore beaucoup plus loin. Eric Schmidt, ancien PDG de Google affirme que d'ici 2030 une immense partie de l'électricité mondiale jusqu'à 99 % selon lui pourrait être absorbé par une a dite super intelligence. que l'on partage ou non ce chiffre inquiétant, le signal d'alarme est clair et cela va nécessiter des choix comme l'a évoqué tout à l'heure monsieur Faber.
Alors, au regard de la nature de notre commission, je souhaite vous interroger sur la transparence environnementale de l'intelligence artificielle car nous manquons d'indicateurs clairs, standardisés et opposables pour mesurer l'empreinte environnementale réelle des systèmes d'intelligence artificielle. et en particulier de l'IA générative et ce sur l'ensemble du cycle de vie parce que c'est ça qu'il faut bien sûr prendre en considération. J'en viens donc à ma question.
Faut-il selon vous aller vers une forme de bilan carbone obligatoire des modèles d'IA comparable par exemple à ce que nous connaissons pour d'autres activités industrielles et comment éviter que cette transparence ne pénalise l'innovation européenne face à des acteurs extraeuropéens et notamment bien sûr américains beaucoup moins engagés que nous sur le plan environnemental. Merci. Je donne la parole à Martin Deidrac.
Merci président. Merci à tous les intervenants et merci pour vos regards croisés puisque le sujet qui nous réunit ce matin, c'est l'empreinte environnentale de l'intelligence artificielle. Mais au fond, je me pose une question et je crois que c'est madame Herblin Stop qui partageait cela avec nous tout à l'heure quand vous disiez au fond on ne sait pas d'une part véritablement si l'IA parce qu'on dit empreinte environnementale forte mais l'IA va nous aider peut-être aussi à diminuer cette empreinte environnementale forte.
Donc, on euh je je souhaiterais que vous développiez un petit peu peut-être plus cette euh cette notion-là, mais plus largement euh on est d'accord sur l'analyse et le constat. Vous vous émettez tous un certain nombre de précautions notamment sur le la l'acceptabilité à la fois de l'extraction. Je reprends les propos de Guillaume Pitron sur ce que sont ces matières dont on a besoin pour alimenter les IA.
Euh je reprends aussi les paroles sur les impacts environnementals que que madame Bouvreot a rappelé ce matin à monsieur Perry Saintfabert et tous ceux sur quoi vous travaillez, mais je m'interroge aussi sur le leadership aujourd'hui de l'Union européenne et de la France parce que c'est un sujet éminemment crucial et là je reprends les les réflexions de madame Herblin Stop parce que au fond est-ce qu'on pose la bonne question est-ce qu'aujourd'hui notre sujet avec l'IA c'est l'empreinte environnementale ou c'est véritablement la place que l'on souhaite donner à l'intelligence artificielle au sein de nos économies. N'oublions pas que nous sommes en France, nous sommes dans l'Union européenne qui est essentiellement non pas que hein, mais pas forcément une économie de production mais plutôt tertière et voire de consommation si on raisonne par rapport au ménage. Donc d'ailleurs madame Air Blinstop l'a rappelé, vous êtes les seuls européens aujourd'hui dans ce domaineelà.
Qu'est-ce que cela signifie en réalité à la fois dans un horizon proche et dans un horizon plus éloigné ? Est-ce que il faut que l'on s'interroge sur ce que l'on souhaite faire de CIA aujourd'hui en terme bien évidemment d'application que ce soit pour les citoyens mais que ce soit aussi pour nos entreprises et quelle priorité on donne à l'IA aujourd'hui en terme évidemment d'acceptabilité en terme de stratégie parce qu'on est conscient qu'on avance un petit peu à l'aveugle par rapport à l'impact environnemental que cela suppose et que cela va sans doute avoir dans le futur. Donc quelle stratégie ont bâti autour de l'IA à la fois à l'échelle de la France mais aussi à l'échelle de l'Union européenne ?
Quelles sont les réflexions qui sont autour de cela ? Au-delà de l'aspect impact carbone, impact environnemental, acceptabilité des citoyens, on a tous des terminaux aussi, on a tous de toute façon notre impact environnemental, on a tous envie d'utiliser de l'IA. Euh bah oui, mais à un moment donné, ne sommes-nous pas confrontés à une très forte contradiction ?
Et quels sont les éléments de réponse que l'on doit apporter à cela ? Et dernière question, pardon, j'ai été un tout petit peu longue. Qu'attendez-vous vous de vos politiques aujourd'hui et des parlementaires que nous sommes à la fois dans vos différentes actions mais aussi dans les réflexions que l'on doit mener collectivement pour qu'en voilà pour que peut-être on arrive à répondre le mieux à toutes ces questions ?
Je vous remercie. Je vais donner la parole à Herv Gil. Après, je vais demander à nos invités de répondre parce que certains doivent partir et je voudrais qu'il puisse répondre aux questions.
La parole est Hervé Gilet. Oui, merci monsieur le président. La métropole de Bordeaux vient de prendre une délibération de de principes pour implanter donc un ensemble de supercalculateurs et de data center sur un projet qui est estimé à aujourd'hui à 3 milliards d'euros.
Mais quand quand je je cite effectivement ce projet, c'est qu'on voit que dans la conscience collective aujourd'hui, c'est un projet qui est juste émergent. et qui commence déjà à poser des questions. Euh et par rapport à d'abord à vos interventions et à les résonances sur l'actualité législative ou gouvernementale, on s'interroge aujourd'hui sur la planification et la consommation énergétique.
Et du coup, alors que l'on entend une PPE sur l'énergie avec beaucoup d'impatience, on se demande on se demande dans quelle mesure le déploiement aujourd'hui de tous les systèmes d'intelligence artificielle, les data center va s'inscrire aussi dans une stratégie nationale. Et donc ça c'est une question de fond à mon avis et cette question elle est en résonance aussi avec la planification. en a déjà parlé et l'impact que ça peut avoir et également les interactions avec les politiques territoriales notamment à l'échelle des régions qui doivent jouer aussi un rôle majeur en terme de planification.
C'est pourquoi je citais le projet métropolitain sur Bordeaux euh et c'est intéressant aussi d'avoir vos points de vue par rapport à ça parce que dans cette inscription de planification à la fois territoriale et énergétique, il y a un enjeu aussi qui est qui est considérable et j'aimerais bien également avoir votre avis. Et puis madame Audreé Herblin Stop, je vous ai écouté avec attention. vous mettiez en perspective une notion qui était vraiment très pertinente qui est de dire comment on peut adapter en fonction des usages la nature de la réponse pour faire court en terme de modèle économique je j'y souscris tout à fait mais j'ai bien peur qu'on soit d'ors et déjà un peu dépassé dans la course à la puissance et que cette notion de régulation en fonction des usages soit complètement gommée par la course effectivement au projet et à la puissance et on aura beaucoup de mal à adapter la réponse véritable blement technologique, on va dire, en fonction de la nature des usages.
En tout cas, c'est un vrai sujet. Moi, je suis entièrement d'accord avec vous. J'ai souscrit complètement, mais j'ai bien peur qu'on soit dépassé.
Regardez ce qui se passe déjà sur aujourd'hui la montée en puissance du numérique et l'arrivée très tardive de la régulation. La régulation est arrivée très tardivement. Aujourd'hui, on parle d'interdire en terme d'usage euh certains certaines euh enfin, on va dire certains usages numériques, donc au niveau des jeunes, mais ça arrive combien de temps après ?
On a envie de dire que le mal, il est déjà fait et si vous voulez donc la nature même des usages va dépasser à un moment donné la capacité, nos propres capacités de régulation et quelque part d'éthique et déontologique que l'on peut poser par rapport à ça. C'est toute l'inquiétude du moment. Euh véritablement, c'est toute l'inquiétude du moment.
Quelles seront nos capacités à créer les conditions réelles d'une régulation et d'une éthique et déontologie sur cette approche ? Enfin, pour terminer, vous l'avez aussi un peu évoqué par rapport à à vos salariés. En fait, on voit bien que la RSO et la RSE est absolument fondamentale aussi et du moins ça peut être un instrument de la régulation interne au niveau des projets.
C'est de dire les projets doivent avoir aussi une véritable responsabilité sociétale dans la manière dont ils vont effectivement s'implanter et dans la manière dont ils vont être perçus. Comment voyez-vous ça ? Merci.
Merci. Je propose à nos invités de répondre. Qui commence ?
Oui, allez-y, allez-y. Monsieur Pin, merci beaucoup pour toutes ces questions qui sont qui sont très riches. Peut-être le premier point sur la régulation des usages, l'idée même d'aller jusqu'à une interdiction dans l'usage de l'IA génératif pour les publics.
Après, moi moi je m'exprimerai pas là-dessus, c'est c'est la charge des du législateur évidemment de de de regarder ce sujet. Et moi, j'en resterai à ce que vous aviez cité dans nos dans nos rapports hein. C'est la bonne technologie pour le bon cas d'usage, enfin adapté au aux besoins.
C'est c'est vraiment ça qui doit qui doit nous guider. Sachant que et c'est ce que je disais au début hein, c'est sans regret de relocaliser, mais à un moment donné, il y aura quand même besoin d'un arbitrage parce que on a une situation actuelle où la production d'électricité est effectivement supérieure à la à la consommation d'électricité. Mais si on se projette un petit peu, nous notre prospective montre qu'à un moment donné euh avec l'électrification de la mobilité, des bâtiments de l'industrie avec aussi la transformation hein de notre parc euh de production électrique avec les centrales les vieilles centrales nucléaires qui seront affermées, les nouvelles qui vont arriver et à un moment donné cette priorisation d'usage elle va elle va arriver.
C'est pour ça que on ne peut pas concevoir le développement de l'IA sans en même temps une réflexion sur la sobriété et sur l'écoconception de ces data centers. Les pistes sur la régulation, elles sont, je crois qu' on l'a déjà tous un peu mentionné hein, sur cette transparence. Comment on fait en sorte que bah cette norme qu'on est en train de créer sur une analyse de cycle de vie de l'IA, elle devienne la norme adoptée par tous avec une difficulté, c'est qu'aujourd'hui la régulation européenne quand on regarde l'AI act ne traite pas du tout du tout de ces sujets d'impact environnementaux et avec une difficulté supplémentaire c'est que bah on a un seul acteur qui est français en Europe et donc aujourd'hui il y a peu finalement d'intérêt d'autres partenaires européens à réguler puisque eux ils se trouvent, ils sont juste des consommateurs et ils ont pas forcément envie de se priver de la consommation de services fournis par des des champion américains.
Donc là au niveau européen et c'est pour ça que nous on travaille avec nos homologues allemands sur cette dimension là parce qu'on s'est aperçu qu'avec la loi on était en avance et que personne n'avait vraiment ouvert le le dossier. Ensuite, est-ce que faire de la réglementation sur l'impact environnemental ça va brider l'innovation ? Moi je pense qu'au contraire, et ça a bien été rappelé, c'est que la frugalité, ça peut aussi stimuler l'innovation. la contrainte, le fait que on arrive un peu tard dans la course nous force à aller vers des modèles un peu différents, poser la question de façon différente pour aller vers ces modèles plus frugaux qui seront adaptés à des cas d'usage.
Et puis ensuite la transparence sur l'impact environnemental permettra aussi de se différencier par rapport à l'offre de concurrents américains et les engagements des entreprises françaises européennes pour la décarbonation pour la la transition écologique en général. Les appels d'offre aussi publics hein. Aujourd'hui, il y a un critère environnemental obligatoire depuis le 1er janvier 2026 dans la commande publique.
Bah pour différencier une offre d'IA, bah s'il y a l'offre de Mistral qui dit "Bah voilà, moi j'ai tel impact, les autres c'est quoi à Bayarien euh normalement les appels d'offre publique devraient privilégier l'offre qui a rendu transparent son impact environnemental. Et puis enfin dernier mot sur la partie territoriale et planification territoriale. Évidemment euh les l'intelligence artificielle n'est pas immatérielle.
On a ces gros centres euh de data center là qui doivent se s'installer dans les territoires. Il y aura des enjeux euh bah d'arbitrage sur l'artificialisation euh des sols. Donc il y a un vrai besoin de planification.
Les régions auront un rôle à jouer. Euh l'État aussi sans doute dans la stratégie naturale bacarbone, le numérique est encore on dira embryonnaire. Je pense dans le futur ce sujet de la planification territoriale, est-ce qu'il faut aller installer les centres de de les data center au milieu des champs ou est-ce qu'au contraire, il faut réfléchir aussi à l'usage de la chaleur fatale émise par les data center pour des des usages dans des réseaux de chaleur et cetera.
C'est des réflexions qu'on a évidemment à LAADM avec notre fond chaleur euh et et donc là c'est il y a vraiment un gros enjeu de planification territoriale sur la localisation de data center. Madame Herblin. Oui, merci beaucoup.
Je vais essayer de reprendre dans l'ordre euh monsieur sénateur sur la question vous interrogez la question de l'utilité de cette technologie. Vous vous étonnez, il y aura pas de surprise, je vais vous dire qu'elle est utile. Euh cependant, je voudrais rappeler que euh la partie assistant conversationnel euh qui est la partie la plus connue du grand public, c'est un tout petit bout du sommet de l'iceberg, de ce que cette technologie peut faire et de la manière dont elle est utilisée.
Et donc effectivement, on peut s'interroger sur l'utilité ou non de ces usages là. Nous, on a un produit qui s'appelle le chat, mais notre cœur de métier, il est sur des usages euh qui sont plutôt des usages pour les entreprises et le secteur public. Euh et je pense que c'est utile, mais je pense que c'est utile parce queon voit déjà des applications qui sont très concrètes et qui apportent des bénéfices à à l'humanité.
Euh évidemment, il y a des usages qui ont moins de bénéfices, mais aujourd'hui euh l'IA permet euh par exemple dans l'analyse de l'imagerie médicale de détecter des cancers très tôt. Euh vous avez euh des utilisations d'optimisation euh de process et de pilotage. On travaille avec Veolia notamment sur du pilotage.
Là, il y a un vrai impact qui aussi a du bénéfice. On travaille avec le serateur public, on travaille avec France travail pour faire du croisement de demandeur d'emploi et d'offre d'emploi. Ça permet aux agents de France Travail de voir plus de gens.
Donc donc est-ce qu'il y a des cas dans lesquels c'est utile ? J'en suis moi convaincu et sinon je travaillerai pas chez Mistral. Mais voilà, je pense qu'il faut pas mélanger tous les usages et on pense effectivement qu'il y a un bénéfice que cette technologie peut apporter.
Ceci étant dit, nous ne croyons pas chez Mistral au fait que il y aurait à échéance courte une super intelligence qui se développerait. Nous, on construit des outils et on construit des outils qui sont là pour servir les humains. Euh et ça, il faut le rappeler.
Il y a il y a nos chercheurs à nous pensent qu'il n'y a pas de véracité scientifique à dire qu'il va y avoir cette super intelligence. Euh et pour autant euh il faut bien aussi se dire que ça à partir du moment où on croit que c'est un outil qui doit servir les humains, on doit se dire qu'on peut aussi l'organiser d'une manière euh à en faire qu'un outil et donc à limiter euh les infrastructures qu'on met derrière et les usages qu'on met derrière. Euh est-ce qu'il faut créer un bilan carbone obligatoire des modèles d'IA ?
C'est effectivement nous on pousse à plus de transparence, on pousse à plus de normalisation et pour autant je viens ici avec l'expérience d'une entreprise qui a 2 ans et demi et créer une entreprise et faire une entreprise en Europe, c'est pas un chemin dénué d'embûe. Est-ce que rajouter de la documentation et de la norme, c'est ma demande ? Objectivement non.
En revanche, il y a peut-être d'autres moyens d'y parvenir et effectivement la question pour moi des marchés publics et de la commande publique est clé pour effectivement inciter sans pour autant remettre de la pression de documentation et administrative sur nos entreprises. sur la question des infrastructures de manière générale, je suis je suis un peu partagé sur cette question là parce que on a un déficit très fort en Europe en matière d'infrastructure. On est très en retard quand on a annoncé il y a un an le la création de notre data center.
La première chose, c'est que vous imaginez bien qu'une entreprise comme la nôtre au bout d'un an d'existence qui a 70 salariés se dit pas "Oh là là, je vais créer des data center juste comme ça." Si on l'a fait, c'est qu'on avait rien sur le marché pour répondre à nos besoins. Donc déjà le premier point, c'est qu'on éétait même pas équipé pour servir nos propres besoins en Europe.
Donc donc on est très en retard sur la question de l'infrastructure et ce retard il a beaucoup d'impact. Il a un impact fort sur notre capacité à organiser notre autonomie stratégique. Très concrètement si vous une entreprise comme Mistral n'a plus accès à de la puissance de calcul, on peut mettre la clé sous la porte.
Faut faut le dire très clairement. Et donc si l'ensemble de la cuissance de calcul n'est pas situé en Europe, vous comprenez bien dans le contexte géopolitique qui a rappelé Anne dans quelle situation on peut se retrouver. L'autre point aussi, c'est de comment on fait en sorte que les entreprises qui disposent de capacités financières massives ne viennent pas elles prendre l'ensemble de la capacité de calcul ou en tout cas des projets en Europe puisqu'on recrée le même problème et ne viennent pas absorber l'ensemble de la production électrique française qui aujourd'hui est largement exportatrice en matière de d'électricité.
Donc il y a quand même un enjeu euh d'autonomie stratégique dans le fait de pouvoir créer de l'infrastructure qui va pouvoir soutenir en Europe la création de cette technologie et de faire en sorte effectivement que euh on trouve une manière ou une autre euh de favoriser ou en tout cas euh de de permettre cette autonomie en matière d'infrastructure. Ça me semble fondamental et le fait de le faire en France effectivement permet d'avoir une énergie décarbonée. que voilà si il y a il y a encore plein d'autres choses qui peuvent être faites et on peut aller vers le renouvelable mais les pics de charge ne nous permettent pas de faire du 100 % renouvelable sur nos data centers mais en revanche effectivement on pourrait réfléchir à à une manière d'aller vers davantage de renouvelable.
Euh et donc sur cet enjeu euh il faut vous parliez de la question de la régulation. Euh moi je ne crois pas qu'on a tardé sur le sur l'IA. Je je pense que sur l'IA, on est au contraire aller très vite dans la régulation et et en tout cas l'IA générative euh et euh le règlement euh I euh a été euh passé euh au moment où cette technologie était très balbuciante.
Euh il y avait des opportunités dans le texte d'adresser la question environnementale. Il y a des bribes hein. Voilà.
Le code de pratique et on l'avait dit au moment des travaux n'est à notre sens pas allé assez loin. Il est allé très loin sur d'autres sujet. En revanche, sur la question environnementale, il y a effectivement des exigences de transparence sur la consommation énergétique et on avait poussé au moment des débats nous Mistrral pour que ça précipe quel type d'électricité.
Euh si on voyait pas très bien l'intérêt de d'avoir cette information euh si on ne qualifiait pas le type d'électricité, ça n'a pas été le choix euh de la de la commission. Euh donc la régulation, elle est déjà là. Euh elle est euh imparfaite mais elle est gérable.
En revanche, effectivement euh il y aurait pu avoir un petit peu plus de granularité sur la question environnementale dans le cadre de l'ayact. Oui. Euh oui, allez-y.
Puis après, je donner la parole à madame Bourgot. Euh je voudrais réagir sur ce cette question passionnante et au combien complexe sur qui qui enfin la question est la suivante. Cette éthique environnementale euh nous est finalement dommageable sur le plan de la compétitivité.
Je crois que c'était vous monsieur le sénateur qui souligz ce paradoxe et finalement à quoi bon puisque finalement la prime va au moins 10 ans environnemental. Et dans le cadre de mes travaux euh puisque j'ai pu non seulement aller dans les mines mais j'ai également remonter toute la chaîne de valeur sur le terrain depuis la mine jusqu'à l'utilisateur final en passant également par le data center jusqu'en Laponie. J'ai pu me rendre en Lapony ou Facebook au jour du MTA installer certains data centers et en fait ce que j'ai compris c'est que il fallait élargir le spectre de ce qu'on appelle la compétitivité.
Euh il y a évidemment euh pour euh à la fois pour le fournisseur de services mais pour les utilisateurs final d'abord un enjeu financier euh UNIA bien géré avec le bon usage au bon endroit par les bonnes personnes. C'est évidemment un enjeu financier évidemment, mais il faut le rappeler que dans les grands salons sur les data center, la question du power unit efficiency, de l'efficacité énergétique, du stockage de la donnée avec à l'arrivée les gains que ça représente en terme de coût de de management, de gestion de la donnée, euh ce sont des vrais enjeux et on trouve client ou pas client selon selon le le le le la fourchette de prix qu'on va pouvoir proposer en fonction de cette efficacité-là. Euh faut savoir que dans une entreprise euh dans une banque française, un salarié par an peut représenter jusqu'à 10000 € pour l'entreprise en terme de de coût en terme de de de de coût pour toutes les applications numériques, cybersécurité, mais également euh logiciel, hardware, gestion évidemment de la donnée et cetera.
Donc aujourd'hui, une entreprise euh qui se retrouve à ces enjeux de bonne gestion et de et de et d'optimisation va y voir son intérêt sur le plan euh strictement économique. Donc il y a vraiment cet aspect pour l'utilisateur final qui me paraît important. Mais il y a un aspect réputationnel.
Quand les employés d'Amazon signent une pétition par millier pour que Amazon euh ait un impact environnemental de ses activités, notamment Amazon Web Services, qui soit le moins dégradé possible, le plus optimisé possible, c'est un enjeu réputationnel pour Amazon et Amazon bouge sous la pression de ses employés parce que le la la la la responsabilité environnementale, la réputation de l'entreprise sur ce sur ce sujet-là est engagé et du coup par voix de conséquence est un enjeu de ressources ressources humaines. Je ne me rappelle plus exactement les mots de monsieur Son Pishay de Google Alphabet qui clairement dans des déclarations dit "Nous devons, je dis pas que c'est forcément suivi des faits, mais je je trouve que c'est intéressant comme réflexion de se dire si jamais les fournisseurs de services ne sont pas capables de répondre à ces sujets-l en fait ils vont pas tout simplement trouver les meilleurs cerveaux pour les rejoindre." Aujourd'hui, la génération Greta.
Alors, je crois pas au mot génération Greta. Je pense qu'elle est tout à fait ambigue sur ces sujets-là et que euh il y a une ambiguité quant à l'utilisation de ces outils de la part de cette génération là. Mais pour autant, si vous voulez les meilleurs cerveaux euh qui sont des cerveaux qui ont peut-être des enjeux des des des engagements enviremontre forts sur ces sujets-là, ils vont en partie se décider par rapport au discours que vous allez porter vous fournisseur de services ou utilisateur final sur ces sujets-là.
Et je ne peux pas enfin je peux multiplier les exemples d'entreprise mais qui me contactent pour me dire mais est-ce que vous pouvez venir parler de ces sujets-là auprès de nos jeunes parce que nous on vient de lancer la beauté digitale la beauté numérique chez l'Oréal et comment on fait pour le dire que d'un côté on a l'Oréal for the future c'est-à-dire on va mieux sourcer nos matières premières pour faire des crèmes plus écolos mais de l'autre côté on accélère sur la beauté numérique et finalement est-ce qu'il y a un pas yatus ici et donc comment est-ce qu'on parle à ces jeunes-là de façon à tout simplement pouvoir les garder chez nous donc il y a il y a Il y a il y a une compétitivité, je dirais, en terme de ressources humaines. Et puis mon dernier point, c'est la compétitivité de nature sociale. Euh ce n'est pas une découverte que de dire que les tensions s'accumulent à dans le tissu social partout, y compris en France et qu'à un moment une infrastructure mal gérée, c'est une infrastructure qui prend de l'espace sur le plan de l'aménagement du territoire pour être allé à Amsterdam, première ville au monde à avoir en 2019 posé un moratoire sur les data center.
En fait, c'était la ville jumelle de Harlem Smermer. J'ai d'ailleurs rencontré son Édil qui a été la première édal au monde à prendre cette décision de dire stop à l'expansion non maîtrisée des centres de stockage de données sur notre territoire parce qu'en fait on a plus la place. Et donc c'était un enjeu de consommation d'électricité mais c un enjeu d'occupation du territoire et cette edil mariéteuse C2 disait "Mais comment voulez-vous que mes administrés soient satisfaits de vivre dans une ville où en fait ils ont comme voisin finalement des grandes boîtes à chaussures ?" Et qui dit grandes boîtes à chaussures dire les panneaux solaires pour pouvoir fournir en électricité les boîtes à chaussures.
Sachant que nous sommes près de Ripple et qu'on peut pas mettre d'éolien parce que il y a des enjeux de sécurité par rapport au trafic aérien. Donc en fait, il y avait plus de d'espace de vie humaine dans ces endroits-là. Et donc ça, je pense que poser cette question de l'optimisation de du LLM, c'est poser ou du code ou de la GPU, c'est poser l'optim la question d'optimisation du territoire de de l'occupation du territoire dans des territoires qui sont relativement restreints où on peut vouloir concentrer dans certaines zones des des data centers et donc également optimisation des usages d'optimisation de l'eau et de l'électricité.
Je terminerai là-dessus. Alors, d'abord les chiffres. Moi, les chiffres que j'ai, c'était avant l générative mais j'ai creusé là-dessus puisque j'ai écrit un article de recherche de dessus.
Le numérique à l'échelle de la planète, je laisse éventuellement qui que ce soit contredire ce chiffre mais représente 1 % de la consommation d'eau mondiale. Donc à l'échelle de l'humanité c'est faible. Ce qui est intéressant, c'est que ça consomme enfin ce qui est intéressant, c'est que ça peut consommer de l'eau dans des zones spécifiques où il peut y avoir des conflictualités d'usage.
Et donc en fait, c'est pas qu'on va globalement à l'échelle d'humanité manquer d'eau, c'est qu'en fait il va y avoir des zones sur terre où en fait et c'est pareil pour les questions d'électricité, on va pas enfin peut-être qu'on va manquer d'électricité mais j'ai pas entendu à ce stade pour le moment à date aujourd'hui parler globalement d'un manque d'électricité pour nourrir l'IA. Mais effectivement à l'échelle d'un territoire, cela peut créer des conflictualités d'usage dans l'accès à l'eau, dans l'eélectricité avec les tensions sociales que ça représente. Et je remonte et je terminerai par là jusqu'à la mine, c'est qu'en fait qui dit métau enfin et numérique dit métau, mais qui dit métau dit haut.
Or, les grands bassins miniés aujourd'hui sur terre, c'est l'Australie, l'Afrique du Sud, l'Afrique australe et l'Amérique latine, notamment le Chili, qui sont des bassins dans lesquels il y a déjà un fort stress hydrique. Donc en fait, se poser la question de la conflictualité de l'usage remonte oblige à remonter à la mine et à se demander quelle est la conflictualité de l'usage dans l'accès à l'eau qui permet de raffiner les métaux dans des zones où les l'eau est est réduite avec effectivement les tensions sociales que ça peut représenter. Donc je propose, enf je pense qu'il est intéressant de d'élargir le spectre de ce qu'on appelle la compétitivité et de sortir d'une approche qui serait strictement économiste en regardant les autres dimensions de cette compétitivité réputationnelle ressources humaines et sociales.
Madame Bouvre, merci. Je vais je vais prendre trois points en en complément ou sur des sujets qui ont pas été pris sur l'utilité de l'intelligence artificielle générative. Euh donc Audreé à a à a à mentionner les exemples dans le domaine de la santé, dans le domaine des entreprises qui sont des exemples importants.
Euh néanmoins, il y a le côté vraiment votre question était sur l'IA générative pour le grand public euh et là-dessus, on a des usages qui se rapprochent de ceux des réseaux sociaux. Euh je pense que là où c'est vrai qu'on a tardé à réguler, c'est sur les réseaux sociaux. Pour les jeunes, c'est un un retard collectif au niveau mondial. on voit euh les pays qui les uns après les autres se disent "Mais en fait, on a laissé euh euh ces ces ces outils se développer parce qu'on pensait que c'était quelque chose de sympathique et et de d'infensif.
Et puis on s'est rendu compte qu'il y avait un un certain nombre de bénéfices mais aussi un certain nombre de cas avec des usages détrimentaux pour les jeunes notamment pour les jeunes filles et pour tout un tas de personnes. Je pense qu'il faut qu'on fasse attention sur l'IA générative à ne pas laisser se passer un lapse de temps aussi long. Et donc on commence à se préoccuper du sujet aujourd'hui.
Euh et donc euh là au titre du conseil de l'IA et du numérique et et en à la demande de la ministre de l'IA et du numérique, on va lancer un groupe de travail, ce qu'on va appeler, je sais pas encore exactement, mais peut-être IA et et vulnérabilité, enfin IA générative et vulnérabilité avec le l'idée qu'on est tous plus ou moins vulnérables. Ça peut être les enfants, ça peut être la manière dont la mort et peut être commercialisé par des assistants qui peuvent refaire parler des des gens qui sont décédés. Ça peut être les assistants psychologiques qui peuvent apporter énormément d'aide, y compris 24 he/ 24 quand on a une crise d'angoisse, mais qui également peuvent susciter des euh des des cas d'usage qui sont très inquiétants.
Donc ça ça fait partie des choses je pense sur lesquelles spécifiquement sur l'usage grand public il faut regarder et peut-être qu'il faudra légiférer peut-être pas mais mais je pense que ça c'est un sujet dont au conseil de l'IA et du numérique on va se saisir et et on sera prêt à venir vous en parler quand on aura un peu plus de travailler là-dessus. Ça c'était mon premier point. Le deuxième point je voudrais revenir sur le sujet souveraineté et souveraineté et valeur dont on a tous beaucoup parlé.
Pourquoi est-ce que c'est important qu'en France et en Europe, on soit dans ce développement de l'IA générative et pas que dans l'adoption de modèles qui viennent en gros des États-Unis et de la Chine parce qu'aujourd'hui à part Mistral tout ça se développe aux États-Unis et en Chine. Je pense que c'est important pour trois raisons. Pour des raisons de démocratie et de valeur, pour des raisons économiques et pour des raisons de sécurité nationale euh pour des raisons de démocratie et de valeur.
Parce qu'aujourd'hui quand on pose des questions par exemple à des modèles à chinoises sur des sujets politiques, on a des réponses complètement corseté. Ça peut être corseté sur n'importe quel modèle. Quand on pose les mêmes questions à des I de type Grock, on a des réponses très idéologiques.
Est-ce qu'on veut complètement dépendre de modèles développés aux États-Unis et en Chine quand on a des sujets aussi délicats ? Je pense que non. Euh et en ce qui concerne l'intégration de nos valeurs justement de de transition euh écologique, c'est quelque chose qui n'est pas important pour les développeurs d'IA américaine.
Euh j'ai encore récemment parlé à un des grands euh patrons de modèle d'IA américaine, je donnerai pas son nom, mais c'est un des très grands, qui m'a dit "Ah Anne, le côté impact environnemental de l'IA, j'y avais pas pensé et et je pense que c'était très sincère malheureusement." Et donc ça fait partie des sujets pour lesquels on veut que ce soit développé en fonction de ces priorités là. Ça c'est le côté démocratie et valeur.
C'est très important pour notre économie parce que en fait l'a-delà des usages grand publics, ça va re programmer, ça va devenir l'infrastructure informatique de toutes nos entreprises et de toutes nos administrations. Alors si c'est fait avec des modèles open source développés par Mistral ou par des d'autres sociétés comme CO au Canada et si ça reste ouvert, tant mieux. Mais si un jour MTA décide de ne plus faire DI open source et qu'on a plus le choix qu'avec des modèles de type black box et bien on aura que le choix d'être client et de payer le prix qu'ils nous demanderont.
Donc ça veut dire qu'il faut bien sûr faire la l'adoption de manière efficace, frugale, pertinente, mais aussi développer des modèles à la pointe de la recherche. Et là le rôle de Mistral mais aussi le rôle de la recherche publique en à à l'échelle européenne est extrêmement important. Et puis j'en terminerai par là, c'est important aussi pour des raisons de sécurité nationale et de défense parce que bien sûr si ces modèles sont aujourd'hui utilisé pour de la défense dans le domaine de la sécurité mais de la cybersécurité mais aussi de l'attaque et également dans le domaine de l'IA de la défense avec un développement de tout un tas d'acteurs, de drones, d'outils innovants, il faut que ces capacités on puisse les avoir à l'échelle européenne et qu'on ne les laisse pas uniquement être développé en Chine et aux États-Unis.
Voilà. Merci. Je vais donner la parole à Audreb.
Merci monsieur le président, messieurs les rapporteurs, chers collègues. Les territoires insulaires comme comme la Réunion sont à la fois en première ligne du changement climatique et soumis à de fortes contraintes énergétiques. Et dans ce contexte, le déploiement de l'IA pose une question centrale finalement, comment intégrer ces technologies sans renfers sans renforcer notre dépendance énergétire ou accroître la pression sur des réseaux déjà fragiles ?
Finalement, quelle stratégie publique permettent de concilier l'innovation numérique, sobriété énergétique et autonomie des territoires insulaires ? Euh l'IA offre également des perspectives euh importantes pour anticiper les risques naturels auxquels nos outremires sont particulièrement exposés, mais cette promesse ne doit pas se faire au prix d'une empreinte écologique excessive. Comment développer des outils IA utiles à la prévention et à la protection des populations tout en garantissant des solutions légères, sobres et adaptées aux contraintes locales ?
Et face à cette urgence climatique, encore une fois, la question n'est plus seulement de savoir si l'IA est performante, mais si elle est responsable et peut-on aujourd'hui définir une IA climatoresable ? dès sa conception pour des territoires exposés, insulaires ou vulnérables intégrant sobriété énergétique, utilité sociale et résilience territoriale. Enfin, les data center sont souvent présentés comme l'infrastructure clé de l'IA, mais ils sont aussi très énergivores.
Dans les territoires ultramarins où l'autonomie énergétique est un objectif stratégique, leur implantation interroge finalement. Peut-on concevoir ces data center compatibles avec les réalités insulaires en matière d'énergie renouvelable, de mutualisation ou de sobriété ou faut-il repenser entièrement leur modèle pour ces territoires ? Et je terminerai en disant que un risque majeur est que l'empreinte écologique de l'IA soit invisible ou alors déplacée vers les territoires les plus vulnérables.
Comment éviter que les coûts environnementaux du numérique soient délocalisés vers les outresemes au bénéfice des centres de décision métropolitains ou internationaux ? Je vous remercie. Bien merci.
Y a-t-il d'autres interventions ? Avant que je redonne la parole au rapporteur s'ils veulent compléter leurs questions, s'ils veulent Vous avez des interventions complémentaires ou pas ? Vous avez le droit visuellement.
Vous avez le droit. [rires] Très rapidement. Merci monsieur le président.
Je voulais revenir sur ce que vous avez dit tout à l'heure, monsieur Pitron, et je je partage complètement l'enjeu de la compétitivité, notamment compétivité carbone. Nous avions produit un rapport avec Laorienne Josand et et Brigitte de Vesza sur le sur le sujet et je crois qu'aujourd'hui, il faut pas voir ça comme un frein mais comme une chance pour le moyen long terme. Je le dis en regardant aussi la la représentante de de ministral.
Euh vous ne m'avez pas répondu sur le reconditionnement des GPU. H y a-t-il la dépiste ? On sait que c'est compliqué mais qui permettrait d'avancer.
Et puis dans les exemples que vous avez donnés d'utilité, on était sur des usages essentiellement professionnels et on le voit bien, ça rejoignait ce que pouvait dire d'autres collègues. Donc sur le grand public, comment est-ce que alors il y a le sujet de la commande publique évidemment parce que à travers les collectivités notamment les pouvoirs publics, c'est donné l'exemple d'un usage maîtrisé de de l'IA. Euh donc euh comment les les accompagner et puis en particulier nos jeunes euh sur le sujet de l'éducation, de la formation.
Euh en vous écoutant, je je me disais mais est-ce qu'on pourrait pas réfléchir euh à moyen terme à une sorte d'écoscore ? Alors non pas à chaque usage individuel de de l'IA générative, mais peut-être enfin j'imagine comme les collègues, on reçoit à la fin de chaque année en fait notre bilan carbone des transports en train. Voilà.
Et je me dis que sur des périodes plus ou moins longues que chacun mesure bien cela parce que vous parliez de la génération, la jeune génération engagé sur les questions climatiques, ils sont aussi les premiers à utiliser ces outils-là et donc à mesurer que ça n'est pas anodin et que contrairement à ce que l'on croit, les outils numériques ne sont pas des des biens communs d'intérêt général qui n'ont aucun impact, mais que tous ces usages là cumulés ont des incidents sur notre environnement. Donc comment le donner avoir sans culpabiliser évidemment à l'excès mais pour permettre la responsabilisation des uns et des autres. Merci.
Je vais redonner la parole à Damien Michael. Merci. Merci président.
D'abord, ce ces premiers allers-retour lors des questions nous ont nous ont éclairé sur pas mal de points. Donc merci euh pour vos différentes interventions. Euh peut-être peut-être plusieurs points.
Le le le premier sur l'usage et bien souvent on parle de l'usage particulier sur cette IA générative qui représente on l'a vu pas grand-chose finalement du modèle industriel mais qui pourrait être réglé sur non pas une réglementation de l'IA. J'en reparlerai juste après mais simplement sur des expositions aux écrans de notre jeunesse. Donc je suis pas complètement persuadé que le sujet soit liat mais plus l'utilisation de de nos mobiles.
Et ça m'amène euh vous l'avez évoqué madame Merblin euh au sujet de réglementation autour de l'IA. Il y en a beaucoup autour du numérique certains qui tardent à arriver d'autres qui devraient arriver. D'ailleurs, on est impatient au Sénat de d'aduiser l'acte euh puisque dans dans ses dans sa première construction dans sa première construction, il y a une forme, on appréhende un petit peu parce qu'on serait quand même en capacité comme bien souvent de surtransposer et d'aller créer une dizaine voire un peu plus de correspondants dans le cadre de l'IAT voire même peut-être peut-être créer une nouvelle agence pour pouvoir encadrer cela.
Donc c'est totalement lunaire et ce serait évidemment probablement castrateur tant côté usage que côté usage industriel bien entendu mais que aussi filière techno. Mais ce qui est vrai par contre c'est qu'effectivement l'IAT n'intègre pas vraiment la chaîne environnementale de l'IA de de l'usage jusqu'à son origine plus matérielle. Ça m'amène euh à réagir sur ce que l'un d'entre vous a pu dire tout à l'heure.
Je crois que c'était en 2023. On avait 80 % du coût entre guillemets dans l'ensemble de la chaîne de la valeur qui était lié au matériel et 20 % à l'usage et qu'avec l'IA, il pourrait y avoir un changement notoire. Et on le voit euh je crois euh enfin j'en suis à peu près sûr euh les 20 plus grandes entreprises dans euh la recherche autour de l'IA, peut-être un peu plus précisément la texte, sont soit euh américaines soit chinoises.
Soit américaine soit chinoise. Et un peu plus bas, peut-être la 21e ou encore un peu plus bas, on a Mistral pépite française et sursaut européen a priori qui vient loin derrière et c'est pas un jugement de valeur, c'est un fait. Et euh on a la possibilité d'accompagner et je rejoins ce que disait mon collègue Simon Usena, d'accompagner Mistral mais peut-être aussi toute la filière en organisant la chaîne d'achat public différemment puisque on le voit le sujet aujourd'hui dans cette filière tant d'un point de vue construction de l'offre mais aussi que d'un point de vue empreinte carbone directement lié passe par une RD lourde des coûts absolument stratosphériques qu'on est absolument pas capable d'accompagner directement par directement, j'entends l'État, mais aussi les investisseurs privés.
Et du coup, la chaîne d'achat public peut être un vrai catalyseur. Peut être un vrai catalyseur. On a au Sénat, on a des collègues sénateurs qui ont déposé une loi pour un peu accompagner cela, mais ma question c'est est-ce que vous pensez que au niveau national et au niveau européen, on doit modifier certaines réglementations pour justement accélérer cet achat et y mettre un peu de souveraineté, mais surtout flécher des fonds publics sur des technos sououveraines pour aller alimenter ce qui demain pourrait peut-être être la différence parce parce que véritablement, on l'a dit, ces fameux LLM, qui soient gros, qui soient petit, qui soient fléchés sur des usages très particuliers, industriels, on est quand même sur des choses un peu alors là ça va être très vexant, un peu préhistorique, c'est-à-dire qu'on est quand même au début de on sait que tout ça va évoluer.
D'ailleurs, ça doit évoluer parce que le modèle économique, il est pas pérenne. Mais pour cela, il faut pouvoir faire cette RD. Donc voilà ma question.
Donc aidez-nous pour vous accompagner et fléch publique. Je vais donner la parole à Jean-Claude Anglard. Merci monsieur le président.
Alors, je me permets d'intervenir parce qu'ici nous sommes en commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Et je voudrais poser une question à madame Herblin Stop, n'est-ce pas, par rapport à son implantation qu'elle nous a dit quelque part dans un coin de campagne française et et je voulais simplement avoir un peu votre votre réflexion aux uns et aux autres sur justement l'implantation de ces futurs data center. Aujourd'hui, la France est concernée par une désindustrialisation massive et aujourd'hui, il y a des territoires où il y a de l'eau, de l'électricité, où il fait bon vivre, où il y a des écosystèmes d'ingénieurs avec d'autres entreprises.
Comment vous intégrez cela dans vos dans vos recherches ? Parce que c'est une réalité. Je vous amènerai en Aviron, je vous amènerai là où il y avait un planté Bosch qui était venu après la guerre pour des raisons stratégiques.
Voilà, c'est juste une question. Comment vous réfléchissez à votre implantation dans de nouveaux lieux ? Merci.
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres prises de parole parce que je souhaiterais que chacun s'exprime parce que nos intervenants vont devoir nous quitter. Le Jura le Jura.
Le Jura après la Veyon le Jura. Merci président. Oui, les deux plus beaux départements de France donc il était bien naturel qu'on qu'on s'exprime sur le sujet.
Dernièrement, j'ai discuté avec un de mes amis président de conseil départemental et ils envisagent pour justement totalement maîtriser leurs données de s'engager dans dans la mise en place de data center. Je suis un peu novice voir innocent sur ces questions, mais je voulais savoir si ce schéma d'aménagement euh pour demain doit être euh accompagné ou doit être limité dans son ambition au regard des problématiques environnementales puis certainement au regard d'autres problématiques que que j'ai pas en tête actuellement mais qui risquent bien de se dessiner. Donc tout ça ça s'explique hein parce que les actuellement euh les les présents de département n'ont pas le sentiment d'avoir une comment dirais-je une sûreté de la de la maîtrise de leur information.
À ce titre-là, il il développe ses services pour eux mais également pour toutes les communes de leur département. Et là, on se trouve dans une appétence de certains maires qui sont dans ma situation aujourd'hui, c'est-à-dire un peu innocents sur la question, mais qui savent que demain elles auront réellement besoin de tous ces équipements. C'est pourquoi je je je m'interroge au niveau national, c'est si nous autres législateurs, on doit encourager finalement une maîtrise de de la donnée de proximité ou si on doit rassurer l'ensemble des intervenants sur ces questions pour leur dire que finalement il y a d'autres moyens pour arriver à ses fins.
Voilà. Merci. Merci.
D'autres prises de parole ? Non, je ne vois pas. Je vais donner la parole à madame Bouvre.
Merci. Et euh il y a beaucoup beaucoup de questions, je peux pas nécessairement répondre à toutes et puis bien sûr mes copanélistes vont répondre à certaines mais il y a beaucoup de questions sur les centres de données et et sur la souveraineté des données. Sur la souveraineté des données comme sur toute la souveraineté en général, je pense qu'il y a besoin de réfléchir à où est-ce qu'on a vraiment besoin d'être souverain et où est-ce qu'on a juste besoin d'avoir le choix et d'être en contrôle de ce qu'on a.
Donc il y a un certain nombre de données critiques sur lesquelles bien sûr on veut les avoir sous notre contrôle. Il faut que les données de santé de nos concitoyens soient protégées. Euh et il y a un certain nombre de données à caractère industriel et et très compétitif, concurrentiel qu'il faut qu'on garde aussi euh et lance et puis d'autres données pour lesquelles c'est moins important et ce qu'il faut c'est juste avoir les bons contrats et et s'assurer que la manière de les traiter soit soit pertinente.
Là-dessus, je pense que c'est important de pouvoir vraiment regarder le champ le plus confidentiel dans le domaine de la défense de la santé. On peut avoir des données localisé en France dans des centres de données nationaux avec un contrôle complet. Dans les autres types de données, avoir accès à du cloud européen si possible, mais même américain avec suffisamment de choix pour pouvoir changer de fournisseur si besoin, ça suffit.
Donc en fait, ça dépend des usages et ça dépend des des cas particuliers, mais il faut ce cette analyse globale de la résilience et sur les centres de données et leur installation géographique sur le territoire, ça dépend bien sûr de toutes les capacités d'accueil des territoires que vous avez mentionnés qui sont extrêmement importants. Ça dépend aussi de est-ce qu'il y a de la connectivité énergétique et électrique. Donc c'est pour ça que la planification de l'énergie et les accès notamment RTE sont extrêmement importants.
Mais on a la chance en France d'avoir une planification. Euh bien sûr, on aimerait sans doute qu'elle soit euh plus précise et qu'on l'ait plus en avance, mais par rapport aux États-Unis notamment, on a une qualité de planification qui est qui est beaucoup plus claire et beaucoup plus lisible euh qui euh permet de se demander où est-ce que c'est pertinent d'installer des centres de données. Et après, il faut regarder effectivement quel est l'impact à la fois sur le terrain, la capacité d'emploi, la capacité à réutiliser la chaleur pour chauffer des logements à côté.
Et et là-dessus, j'entends moi, j'ai beaucoup de questions qui arrivent sur ce sujet centre de données. Je pense qu'on va peut-être proposer aussi au niveau du conseil de l'IA et du numérique de faire un peu de de mise en visibilité de qu'est-ce que ça veut dire. Mais moi, je vous encourage tous à aller visiter des centres de données existants et y compris j'ai récemment visité le super calculateur Janz.
Euh alors ça c'est un super calculateur donc c'est un type de centre de données particulier mais il montre très clairement qu'on peut optimiser l'empreinte à la fois géographique donc quelle taille fait le centre de données en optimisant l'installation des équipements à l'intérieur et qu'on peut également avoir une vraie réflexion d'impact environnemental et notamment sur l'impact en eau. Ils ont beaucoup travaillé. Ils ont du ce qu'on appelle du direct liquid cooling qui est ce qu'on va avoir dans les centres de données I.
Mais ça c'est en circuit fermé et ils réfléchissent à quelle température l'eau entre et l'eau sort pour ne pas avoir à à consommer non plus trop de d'énergie là-dessus. et il consomme à l'année à peu près 3000 m³ d'eau en consommation delta de ce qui consomme, ce qui fait à peu près alors ça dépend la taille d'une piscine olympique mais ça fait à peu près la taille d'une piscine olympique. C'est c'est important de d'essayer d'avoir le plus possible ces cette vision un peu concrète de ce que ça veut dire et ça peut marcher sur certains territoires et ça peut ne pas marcher sur d'autres.
Voilà, j'en resterai là. Oui, allez-y. Oui, il y avait effectivement beaucoup de questions.
Je vais essayer d'en reprendre un grand nombre sur D'abord, je voudrais commencer quand même par on parle beaucoup de Mistral et effectivement on est présent ici. On est beaucoup cité. En revanche, l'écosystème de l'IA français est extrêmement talentueux et il y a pas que Mistral.
Effectivement, il y a la couche modèle, mais LIA, ça n'est pas que la couche modèle et il y a des plein d'applicatifs. Et donc vraiment, je voudrais pas faire de l'ombre à l'ensemble de l'écosystème qui est extrêmement vif, talentueux. Je pense à des entreprises comme Photorom, je pense à Artefact qui fait de l'intégration, je pense à Dust et il y en a plein d'autres, le monde du quantique et Alice et Bob.
Enfin voilà, vraiment je voudrais pas que Mistral euh soit le seul acteur euh présenté comme dans la filière parce que vraiment on a une tech française qui est extrêmement riche et vive. Euh sur la question du des GPU, euh alors c'est un peu tôt pour nous d'aborder cette question là parce que elles viennent d'être livré nos GPU. Donc on n'est pas encore tout à fait dans la la deuxième phase de leur vie, mais effectivement c'est une réflexion qu'on a eu au moment de la commande sur qu'est-ce qu'on comment on anticipe cette obsolescence des GPU.
On a fait le choix de commander des GD300 donc qui est vraiment la dernière technologie d'Nvidia. D'ailleurs, on a changé un les temps de livraison, les délais de livraison sont assez longs en matière de GPU et il y a eu une nouvelle technologie qui a été développée par Nvidia entre le moment où on avait commencé et la livraison et donc on a pivoté déjà. C'était une première réflexion qui était comment en fait on s'assure qu'au moment de la livraison, on aura la technologie la plus optimale.
Et effectivement, il y a une réflexion sur ce qu'on en fait. Après, il y a plusieurs possibilités. il y a la possibilité de la revente parce qu'en fait effectivement même si ces plus de dernières générations seront probablement obsolète et on parle pas de demain, on parle quand même de quelques années pour l'entraînement des derniers grands modèles de langage.
Elles pourront tout à fait être utilisées pour des modèles plus petits et à terme éventuellement aussi pour l'inférence. Donc donc pour le coup, il y a quand même des usages assez long terme et donc on doit pouvoir effectivement penser l'amortissement des GPU. D'ailleurs, je soulève le point qui est un point fiscal de la d'une réflexion à mener sur la question de l'amortissement des GPU.
Euh c'est je vous voilà, je on n' pas pour l'instant nous euh poussé la réflexion, mais ça va devenir une vraie question euh dans l'accès au Crédit impôt recherche. Euh je referme cette petite parenthèse. Euh l'autre point, euh vous parliez de l'éducation euh des publics de manière générale et du et du grand public et peut-être aussi de l'éducation, de l'utilisation de ces modèles aussi dans le cadre de l'éducation et la question de la formation.
Ça fait beaucoup de questions. Le premier point, c'est la nécessité absolue d'anticiper les enjeux de formation de l'ensemble de la populis à l'usage et l'impact de l'IA. Et ça ça me semble un un chantier à lancer euh euh rapidement qui est qu'effectivement cette technologie, elle implique euh des transformations du monde du travail, elle implique des transformations euh de l'éducation euh et donc elle doit faire être accompagnée et elle doit être accompagnée parce que il faut qu'on rappelle et qu'on martelle ce que la technologie peut faire mais aussi ce qu'elle ne peut pas faire.
Euh et ça, je pense que c'est un point euh central aujourd'hui. Euh il ne faut pas se tromper et il ne faut pas penser que cette technologie peut tout. Euh et donc il faut vraiment euh rappeler euh que euh les modèles euh sont des modèles probabilistes, que la réponse qui vous est apportée est une réponse mathématique, probabiliste, que ça n'est pas de la factualité et et un programme d'éducation à l'usage de l'intelligence artificielle permettra aussi d'aider à avoir des usages plus responsables et d'adresser la sujet le sujet de la vulnérabilité.
Donc ça c'est ma première demande. Peut-être vous me disiez quelles sont demandes, c'est d'une réflexion collective et du législateur sur le fait d'inciter à une éducation de grand public sur ce qui est possible et ce qui est pas possible et ce qu'on peut attendre de cette technologie. Équiper autant les les enseignants que les élèves.
Je pense que c'est un point qui que tout le monde soit à égalité. C'est un point important. et puis penser effectivement à la formation.
Euh on a besoin effectivement de former dans les entreprises aux usages de l'IA et puis évidemment euh les formations d'excellence euh scientifique et mathématiqu euh on recrute beaucoup de talent. Aujourd'hui, on a 700 salariés chez Mistral et on en a à peu près 70 % en France. On a continué à recruter.
On a la chance exceptionnelle en France d'avoir des filières d'excellence en mathématiques, en machine learning et dans les sciences en général. Euh il faut absolument euh qu'on continue à euh faire de ces filières parmi les les meilleurs du monde. Euh c'est indispensable et je j'insiste, c'est un une de mes marottes euh comment aussi on fait en sorte que les jeunes filles et les jeunes femmes s'engagent dans ces filières mathématiques euh sur l'achat public. un grand oui.
Euh quand on crée une entreprise, ce qui nous intéresse c'est d'avoir de la commande, c'est d'avoir des clients. Nous ce qu'on souhaite pour se développer, c'est de vendre nos solutions. Donc nous ce qui nous intéresse, c'est effectivement que l'adoption et l'engagement des entreprises pour cette technologie se développe.
Et la commande publique est effectivement un levier très fort dans ce dans ce domaine, à la fois sur l'utilisation de des modèles et des applications qui peuvent se créer sur les modèles, mais aussi sur les infrastructures. Et vous posiez la question, monsieur le sénateur, de quel doit choix doit faire une collectivité locale par rapport à sa donnée. Euh la donnée de nos citoyens, elle doit en tout cas être sécurisée et dans le contrôle de nos autorités.
Euh donc il faut effectivement avoir des choix responsables dans ce domaine. Euh soit ça passe par des infrastructures en propre mais c'est coûteux. Soit effectivement il y a des opportunités d'avoir de la mutualisation d'infrastructures européenne donc non soumise aux régulations américaines hein.
C'est de ça dont on parle ici euh qui va pouvoir vous donner un un niveau de de sécurité euh suffisant. Et donc euh les entreprises privées comme Mistral s'engagent dans des plans de développement d'infrastructure euh qui sont extrêmement coûteux. Effectivement euh la commande publique peut aussi s'engager à prendre une part de la commande euh et à nous aider à développer cette infrastructure par le biais de commande qui peut servir effectivement les collectivités locales, la recherche et le développement en France et cetera et cetera.
Bien. On va conclure nos nos travaux. Je tiens tout d'abord à remercier nos intervenants.
Débat intéressant, hein. Euh il y a encore effectivement beaucoup de pistes à regarder, mais un débat très intéressant. Je vous je vous remercie vraiment pour votre pour votre engagement, pour votre collaboration et pour avoir accepté de venir devant notre commission.
Euh et vous avez pu apercevoir que cette commission est est vraiment euh au cœur de la problématique et euh des enjeux de l'IA. Merci à vous. Merci.
M.
Jean-françois Longeot