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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 1 octobre 2023 54 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileTravail & emploiÉconomie & entreprises

Chahut à l'Assemblée : "Je ne laisserai plus rien passer", promet la présidente Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 54 %Attaque 22 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous du retour de l'article 49.3 dans l'hémicycle ?

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir choisi cette image de réfugiés arméniens ?

  • 4:58OuverteRéponse directe

    L'eurodéputée Nathalie Loiseau dit avoir honte. Partagez-vous ce sentiment ?

  • 5:59OuverteRéponse partielle

    Quelle est votre image de la semaine ?

  • 7:26OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui vous a interpellé cette semaine ?

  • 11:10RelanceRéponse directe

    Vous en avez pensé quoi du recours au 49.3 dès la première semaine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:40Invité politiqueFait
    « le blocus du corridor de la Tchine, il est là pour affaiblir les populations et tout d'un coup, vous allez voir, la route va s'ouvrir et tout le monde va fuir. »
  • 2:52Invité politiqueFait
    « Et cela va conduire à un nettoyage ethnique extrêmement rapide. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Nous avons une mission de l'Union européenne sur la frontière Arménie-Azerbaïdjan. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « Il y a une mission de l'ONU qui va se rendre sur le territoire du Haut-Karabakh. »
  • 4:23Invité politiqueChiffre
    « On a pris des sanctions très fortes contre la Russie. Est-ce qu'à un moment, il ne faudrait pas également prendre des sanctions contre les Azeris compte tenu de la situation ? »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « Il faut continuer ses efforts parce que nous ne pouvons pas laisser cette situation s'envenimer. »
  • 11:34Invité politiqueFait
    « elle constatait qu'elle n'avait pas de majorité pour voter ce texte. »
  • 11:37Invité politiqueFait
    « Ce texte est important pour nos finances publiques. »
  • 11:45Invité politiqueChiffre
    « sur deux ans, c'est ce texte qui conditionne aussi près de 17 milliards d'aides de l'Union européenne à la France »
  • 12:51Invité politiqueChiffre
    « En 2018-2019, le shutdown aux Etats-Unis, c'est 3 milliards de dollars de pertes. »
  • 13:01Invité politiqueChiffre
    « une semaine de shutdown, c'est 0,2 point de PIB en moins. »
  • 14:43Invité politiqueChiffre
    « L'allocation adulte handicapé va entrer en vigueur via la déconjulialisation. Ça va toucher 120 000 personnes. »
  • 14:49Invité politiqueChiffre
    « nous avons adopté à 395 voix pour, 112 voix contre. »
  • 24:11Invité politiqueFait
    « Nous l'avons déjà fait, puisque nous avons proposé un projet de loi qui a été adopté avec des voix du groupe Les Républicains »
  • 24:41Invité politiqueChiffre
    « à horizon 2027, va nous procurer 13 milliards d'économies. »
  • 25:09Invité politiqueChiffre
    « la réforme structurelle des retraites, c'est près de 30 milliards d'économies à horizon 2027. »
  • 38:44Invité politiqueFait
    « Je pense que ce projet de loi tel qu'il a été présenté par le gouvernement est très équilibré sur ces deux, voire trois aspects. »
  • 38:57Invité politiqueFait
    « C'est simplifier les procédures pour faire en sorte d'être beaucoup plus effectif, efficace, c'est les raccourcir et c'est faire en sorte qu'il y ait moins de choses trappent. »
  • 39:15Invité politiqueFait
    « Vous commettez des délits graves importants sur le territoire, vous n'avez pas votre place sur notre territoire et donc on vous reconduit à la frontière. »
  • 39:33Invité politiqueFait
    « Sur les régularisations des travailleurs des personnes qui se sont intégrées qui croient en notre pays qui veulent être en France qui travaillent qui sont 100 et haut pour nous et qui occupent bien souvent des emplois dont nos compatriotes ne veulent pas, ceux-là il faut les régulariser. »
  • 39:58Invité politiqueFait
    « Une circulaire est souvent d'application inégale et donc sur un territoire on note que la circulaire dite valse est appliquée de façon très différenciée et ça moi ça ne me satisfait pas. »
  • 41:51Invité politiqueChiffre
    « 82% de commissions disparitaires conclusives. »
  • 43:40Locuteur non identifiéFait
    « Il avait dit quand je quitterai la politique je ferai du fric. »
  • 45:00Locuteur non identifiéChiffre
    « Une moyenne de 250 000 euros par mois. »
  • 47:10Locuteur non identifiéFait
    « Nicolas Sarkozy il aura 120 ans un cheveu et une dent s'il peut revenir il reviendra. »
  • 48:40Locuteur non identifiéFait
    « Quand il est revenu quand il a fait la primaire de 2016 il y avait à cette époque c'était pas du tout su pas du tout connu. »
  • 50:30Invité politiqueFait
    « Il m'a dit que j'avais de l'avenir. »
  • 51:07Locuteur non identifiéFait
    « Je ne comprends plus rien à la politique. »

Temps de parole

  • Yaël Braun-Pivet57 %
  • Locuteur non identifié11 %
  • Présentateur11 %
  • Locuteur non identifié 210 %
  • Locuteur non identifié 38 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour, ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, diffusée sur France Info, la télé, Canal 27 et en partenariat bien sûr avec le journal Le Monde. Notre invitée ce dimanche connaît depuis le début de la Macronie une trajectoire fulgurante. D'abord présidente de la très influente commission des lois à l'Assemblée, puis éphémère ministre des Outre-mer. Elle est aujourd'hui la première femme à présider l'Assemblée nationale. Alors quelle est sa méthode ? Eh bien elle est toute simple, parler à tout le monde, même aux élus du Rassemblement national. Seulement saura-t-elle en cette rentrée calmer les débordements des députés ?

Que pense-t-elle du retour dès cette semaine de l'article 49.3 dans l'hémicycle ? Faut-il rénover notre constitution, nettoyer nos institutions ? Le macronisme s'y était engagé, est-il en train de reculer ? La présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet, est ce dimanche notre invitée dans Questions politiques en direct. Et jusqu'à 13h.

1:05
Locuteur non identifié

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:12
Présentateur

Bonjour Yael Broun-Pivet. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Pour vous interviewer, j'ai deux complices à vous présenter. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour mesdames. Messieurs. Ça va être compliqué. Et Françoise Fressos. Bonjour Françoise. Bonjour à tous. Du journal Le Monde. On commence, comme chaque dimanche, dans Questions politiques, avec vos images de la semaine à toutes les trois. Yael Broun-Pivet, quelle est celle que vous avez choisie ? Pourquoi ? Et d'abord, si vous voulez bien, nous la décrire, nous la raconter.

1:41
Yaël Braun-Pivet

On la décrire. Alors voilà, c'est une image de l'Arménie, des réfugiés qui quittent le Haut-Karabakh. Et on voit donc sur cette image une longue file de voitures qui, je crois, à elles seules frappent les esprits parce que c'est tellement elle est parlante. Ce sont des gens qui fuient leur maison, leur terre de naissance et qui vont trouver refuge sur le territoire arménien.

2:12
Présentateur

Pourquoi vous avez choisi cette image-là ?

2:14
Yaël Braun-Pivet

Alors j'ai choisi cette image parce qu'elle décrit déjà une détresse humaine folle et elle montre aussi, elle signe notre impuissance. La puissance de qui ? De la France, de l'Europe, de qui ? Notre impuissance collective parce que vous savez, lorsque j'étais en Arménie à la tête d'une délégation au mois de janvier dernier, j'avais échangé avec beaucoup d'interlocuteurs qui m'avaient dit mais vous voyez le blocus du corridor de la Tchine, il est là pour affaiblir les populations et tout d'un coup, vous allez voir, la route va s'ouvrir et tout le monde va fuir. Et cela va conduire à un nettoyage ethnique extrêmement rapide. Et c'est exactement ce que l'on voit aujourd'hui.

C'était une prophétie réalisatrice malheureusement, mais ça signifie que c'était écrit. Et ce qui m'inquiète, c'est ce qu'on peut imaginer de la suite, c'est-à-dire une pression encore plus grande sur l'Arménie, sur le sud de la frontière arménienne. Nous savons qu'il y a un autre corridor dont on ne parle pas, mais qui pourrait permettre une continuité territoriale de l'Azerbaïdjan et qui couperait l'Arménie de sa frontière iranienne. Donc malheureusement, je crains que l'histoire ne soit pas finie. Et donc il faut impérativement que nous nous mobilisions tous. Que nous nous mobilisions tous, alors que nous condamnions et la condamnation est unanime.

Et moi encore, avant hier, je disais ma condamnation à la présidente du Parlement Azeri, que j'ai rencontrée en marge d'une réunion du Conseil de l'Europe à Dublin. Donc condamnation, envoie évidemment d'observateurs. Nous avons une mission de l'Union européenne sur la frontière Arménie-Azerbaïdjan. Il y a une mission de l'ONU qui va se rendre sur le territoire du Haut-Karabakh. Et puis il faut que nous discutions très clairement de la relation de l'Union européenne avec l'Azerbaïdjan.

4:08
Locuteur non identifié

Des importations de gaz d'Azerbaïdjan qui ont grimpé de 20% depuis.

4:12
Yaël Braun-Pivet

Eh bien il faut que nous regardions, que nous adressions collectivement cette situation. Regardez, c'est-à-dire un perdit. Oui, il faut qu'on adresse le sujet et éventuellement le sujet également des sanctions. On a pris des sanctions très fortes contre la Russie. Est-ce qu'à un moment, il ne faudrait pas également prendre des sanctions contre les Azeris compte tenu de la situation ? En tout cas, nous, le rôle de la France, il est majeur. Le rôle de l'Union européenne est majeur également. Il faut ramener la paix et la stabilité dans la région. Le président de la République a à plusieurs reprises réuni les différentes parties azéries et arméniennes pour essayer de parvenir à un plan de paix.

Il faut continuer ses efforts parce que nous ne pouvons pas laisser cette situation s'envenimer.

4:56
Présentateur

Dernière question sur ce sujet. L'eurodéputée Nathalie Loiseau, qui fait partie de votre camp, qui est Reniaux, dit ce matin qu'elle a honte. Est-ce que c'est un sentiment que vous partagez ce midi ?

5:09
Yaël Braun-Pivet

En tout cas, je... Vous avez honte ou pas ? Ce n'est pas de la honte. Pour moi, c'est le sentiment d'impuissance qui domine. C'est-à-dire que face à une histoire qui était écrite depuis des mois, nous n'avons pas réussi à l'empêcher. Et donc, ça doit nous interroger effectivement sur notre capacité d'agir et capacité à peser. On voit que le monde devient de plus en plus instable et nous ne pouvons pas rester les bras ballants. Le président de la République a mené et mène de très nombreuses initiatives. Elles sont appuyées par le Parlement, mais il faut sans doute continuer à aller plus loin parce que pour le moment, elles sont inefficaces.

5:50
Présentateur

Et donc, c'est purement une épuration éthique. C'est ce que vous avez dit au début. Tout à fait. On continue sur les images de la semaine. Je me tourne vers vous, Françoise Fresseuse. Quelle est votre image ?

6:00
Locuteur non identifié

Alors, l'image, ça se passe jeudi. C'est en Corse. Et c'est au sein de l'hémicycle de l'Assemblée de Corse. On voit Emmanuel Macron qui s'adresse à la présidente qui est élue autonomiste de Lille. Et il fait une déclaration qui n'avait jamais été faite par aucun président de la République français. Il propose l'autonomie dans la République, mais pas contre ni sans l'État. Et c'est un moment, à mon avis, important parce que ce n'était pas la position initiale du chef de l'État. C'est une position qui est mûrie par, au fond, la réalité. C'est-à-dire que les autonomistes et les indépendantistes gagnent de plus en plus les élections en Corse.

Qu'il y a un vrai risque de recrudescence de la violence dans l'île si jamais il n'y a pas un signe positif qui est donné. Et au fond, c'est une main tendue en disant que vous avez six mois pour essayer de prouver aux Corses qu'avec un statut reconnaissant, au fond, la spécificité du peuple corse, vous pouvez obtenir des résultats. C'est important pour la Corse. C'est important aussi pour la République. Parce que jusqu'à présent, on a vécu sur l'idée d'une République une et indivisible qui ne pouvait pas donner de parcelles de sa souveraineté.

Et là, j'ai l'impression qu'au fond, depuis quelques années, on a quand même une réflexion sur donner un peu plus de marge de manœuvre, adapter le droit aux spécificités locales. Et si la Corse réussit, ce qui n'est pas du tout établi, il y aura quand même un message aussi adressé sur la diversité possible.

7:26
Présentateur

Et vous, Nathalie, qu'est-ce qui vous a interpellé cette semaine ?

7:28
Locuteur non identifié

Alors, c'est une image qui a frappé tout le monde. Alors, je précise en préambule que je n'ai pas de leçons à donner et que c'est quelque chose qui va peut-être être consensuel. Alors, qu'est-ce qu'on voit ? C'est l'hommage à la petite Lisa qui a été battue à mort avant l'âge de ses 4 ans, par sa mère, par son beau-père, qui était couverte d'hématomes, qui ont fait sur elle des tentatives d'étranglement. Et manifestement, ça n'a ému pas grand monde, dans le village beaucoup, mais dans sa famille très peu, au moment où on a recouvert le corps. Alors, je veux juste dire que s'il y a eu des époques où la lâcheté, la quintessence de la lâcheté, c'était de dénoncer, c'était de...

le mot est très mal vu depuis la guerre, c'est-à-dire dénoncer, on ne voit pas dénoncer. Je voulais juste dire qu'en français, il y avait deux termes. Il y a le terme délation. Alors, la délation, si on prend la définition du dictionnaire, c'est une dénonciation inspirée par des motifs méprisables. Et puis, il y a autre chose, c'est le courage de dénoncer des actes graves. On dit bien dénoncer le harcèlement, dénoncer les conditions d'exploitation des enfants, dénoncer les extations des troupes russes, dénoncer les super-profits, ça c'est noble. Alors, il faudrait aussi passer à dénoncer le martyr des enfants, c'est-à-dire, en gros, ne pas choisir d'avoir la paix.

Parce que quand on commence un chemin qui est de téléphoner à la paix, mis de téléphoner aux autorités, il y a une dame qui dit, j'ai appelé à SOS Enfants, on n'a pas répondu. « Oui, mais il fallait recommencer. Je ne donne pas de leçons. » Mais il n'est pas supportable, dans un pays pareil, qu'on choisisse d'avoir la paix chez soi et qu'on ne se mêle pas pour la bonne cause, alors qu'on se mêle de tout, de la sélection de l'équipe de France. On ne se mêle pas de ce qui se passe dans votre périmètre restreint.

9:00
Yaël Braun-Pivet

J'ai l'impression que ça vous touche particulièrement, Yael Brown-Pivet. Oui, parce que ma mère était une enfant battue par son beau-père. Et effectivement, ce sont des voisins qui lui ont sauvé la vie après une énième nuit où les coups allaient la tuer. Et donc il faut, effectivement, c'est triste parce qu'on ne s'en sort pas. On ne s'en sort pas et on pourrait penser que c'était des affaires d'un autre temps. Et nous devons tous intervenir. Et vous avez raison, il faut en parler, il faut dénoncer, il faut alerter. C'est notre responsabilité d'adultes de protéger ces enfants. Et ces drames ne devraient plus exister aujourd'hui en 2023. Et la société devrait être mobilisée comme jamais.

Parce que c'est intolérable et ces images, elles sont insoutenables. Elles sont insoutenables.

9:53
Locuteur non identifié

Je constate qu'au-delà de la majorité présidentielle, aucun groupe n'est prêt à voter ce texte essentiel pour notre pays. Ce projet de loi a déjà été rejeté en première lecture. Nous avons besoin de cette loi de programmation de nos finances publiques. Nous ne pouvons pas prendre le moindre risque. Aussi, sur le fondement de l'article 49, alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement sur l'ensemble du projet de loi de programmation des finances publiques. Je vous remercie.

10:28
Yaël Braun-Pivet

Merci beaucoup, Madame la Première Ministre. Pas de claquement de plus titre, Monsieur Tanguy.

10:37
Présentateur

Alors ça, c'était mercredi soir, très tard, à l'Assemblée nationale. La Première Ministre, Elisabeth Borne, donc recourt à l'article 49.3. Réaction immédiate du député communiste Nicolas Sansu.

10:47
Locuteur non identifié

Le premier texte qui arrive, on est déjà sur le 49.3. Alors le paillasson a un an de plus, c'est-à-dire les Français et la représentation nationale. Mais ceux qui s'essuient les pieds ont un an de plus aussi et ils sont en train aussi d'user leurs chaussures. Et je peux vous assurer qu'à un moment, il va falloir que ça cesse. Il va falloir que ça cesse, cette manière de brutaliser le Parlement.

11:10
Présentateur

Yael Brune-Pivet, vous en avez pensé quoi ? Vous qui êtes la présidente de l'Assemblée nationale, vous qui êtes installée sur le perchoir, vous en avez pensé quoi de ce recours à l'article 49.3 dès la première semaine de débat dans l'hémicycle ?

11:22
Yaël Braun-Pivet

Il était prévisible et moi, j'avais exprimé à la première ministre le fait que j'étais favorable à son utilisation à partir du moment où elle constatait qu'elle n'avait pas de majorité pour voter ce texte. Et ce texte est important pour nos finances publiques. Je précise que sur deux ans, c'est ce texte qui conditionne aussi près de 17 milliards d'aides de l'Union européenne à la France dont nous ne pouvons pas nous passer. Donc la première ministre a pris sa responsabilité, la responsabilité de son gouvernement. Parce qu'on dit aussi 49.3, ça n'est rien, ça n'est pas rien. La première ministre engage la responsabilité de son gouvernement.

Et vendredi soir, à 21h30, cette responsabilité était engagée, elle l'a défendue et il ne s'est pas trouvé de majorité pour renverser le gouvernement. Il n'y a pas aujourd'hui de majorité alternative. Alors peut-être, mais ça dit quoi malgré tout de la crise démocratique dans laquelle on est aujourd'hui ? Elle s'appelle comment cette crise-là ? En fait, cela dit que nous sommes dans un régime où nous avons une majorité relative. Et que dans une majorité relative, pour passer les textes budgétaires, nous avons besoin de l'outil du 49.3.

Regardez, là où il n'existe pas, aux Etats-Unis, en ce moment, on a évité le shutdown, c'est-à-dire le fait qu'il n'y ait pas de vote de budget et donc pas de paiement des 1,5 million de fonctionnaires, de l'aide à l'Ukraine, d'un certain nombre d'éléments extrêmement importants. On l'a évité in extremis. On connaît ça tous les ans. On connaît ça tous les ans. En 2018-2019, le shutdown aux Etats-Unis, c'est 3 milliards de dollars de pertes. On a estimé qu'une semaine de shutdown, c'est 0,2 point de PIB en moins. Alors en attendant, nous, on va parler de la France. La France nous permet d'éviter cela. Mais ça ne permet pas d'éviter la bordélisation.

13:12
Locuteur non identifié

On en parle avec Françoise Frissoz. Françoise, à vous. Est-ce qu'aux yeux, parce que le document budgétaire en question, c'était au fond la loi de programmation des finances publiques jusqu'à la fin du quinquennat, est-ce qu'aux yeux de nos partenaires européens, ce qui se passe en France, c'est-à-dire l'impossibilité de se mettre d'accord sur un texte budgétaire qui désentête le pays, est-ce que c'est grave à vos yeux et c'est le symptôme de quoi ?

13:31
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, pour moi, à chaque fois que j'ai des échanges avec mes homologues des parlements européens, personne ne me parle du 49.3. Personne ne me parle. Vraiment. En toute sincérité. Parce que les Français détestent ça. Ils ne voient plus que ça, les Français de l'Assemblée nationale. C'est malheureux qu'ils ne voient plus que ça, parce que finalement, lorsque l'on regarde, qu'on dézoome un peu sur une année parlementaire, le 49.3 a été utilisé pour adopter trois textes. Il a été utilisé onze fois. Oui, mais parce que nous avons quelque chose que nos compatriotes connaissent. la navette parlementaire. Donc, le 49.3 est utilisé à chaque étape de la lecture d'un texte.

Donc, ça ne signifie pas onze textes, c'est trois textes. Et donc, tout le reste des textes que nous avons examinés à l'Assemblée nationale ont été adoptés avec des majorités que nous avons construites, parfois avec les LR, parfois avec...

14:28
Présentateur

Vous ne pouvez l'utiliser que trois fois.

14:29
Yaël Braun-Pivet

Donc, ne considérons pas que nous ne faisons que ça. Regardez, aujourd'hui, nous sommes le 1er octobre. L'allocation adulte handicapé va entrer en vigueur via la déconjulialisation. Ça va toucher 120 000 personnes. Eh bien, j'ai regardé les chiffres. C'est un texte que nous avons adopté à 395 voix pour, 112 voix contre. Donc, nous avons réussi à trouver une majorité avec le groupe Les Républicains et le groupe Lyot. Donc, nous y arrivons. Évidemment, le 49.3, moi, je comprends qu'il puisse heurter. Mais ne considérons pas qu'il forme un tout de la vie parlementaire.

15:07
Locuteur non identifié

Mais vous êtes quand même... C'est faux. Vous êtes consciente que l'image du Parlement se dégrade, qu'au fond, les Français retiennent qu'il y a de la castagne en permanence. Et ils ont presque une interrogation sur à quoi ça sert. Alors, comment vous, Présidente de l'Assemblée nationale, vous réagissez à ça ? Et est-ce que vous pouvez prendre des initiatives ?

15:23
Yaël Braun-Pivet

Moi, ça me déçoit parce que depuis un an, moi, je consacre toute mon énergie à montrer que l'Assemblée nationale, elle sert à quelque chose et elle a retrouvé pleinement sa place dans notre vie démocratique. Et donc, je n'arrêterai pas de le dire, de dire que l'Assemblée nationale est utile. Je viens de vous donner l'exemple de l'allocation adulte handicapée. C'est des lois sur les violences faites aux femmes. C'est des lois sur le pouvoir d'achat. C'est la hausse de notre budget militaire, de notre budget de sécurité intérieure pour mettre plus de policiers sur le terrain. Ça, c'est des lois qui ont été votées avec des majorités larges que l'on a trouvées.

L'Assemblée nationale, elle est utile. À la place qui est la mienne, je dois favoriser le dialogue entre les groupes et c'est ce que je fais. Et l'Assemblée nationale est stabilisée sur le plan institutionnel. Je ne dois pas tolérer le bazar que l'on voit parce que les Français m'en parlent. Pareil, matin, midi et soir quand je suis dans la rue.

16:19
Présentateur

Mais ce bazar, il peut continuer ou pas ?

16:21
Yaël Braun-Pivet

Est-ce qu'on peut avoir une deuxième année de bazar ? Et est-ce que ça peut durer pendant quatre ans encore ? Évidemment, je ne le souhaite pas. J'en ai parlé lors de la première conférence des présidents, à l'ensemble des présidents de groupe, pour leur dire que nous ne pouvions pas repartir sur une année avec ce chahut parce qu'il choquait nos concitoyens et qu'il égradait l'institution. Et une chose, c'est que moi, depuis le début, je suis intransigeante sur les injures, sur les invectifs, sur le bazar. On dit que je suis celle qui a le plus sanctionné. Et je continuerai, je ne laisserai plus rien passer parce que nos compatriotes ne le supportent pas.

16:58
Locuteur non identifié

Nathalie Sacré. Une question précise, qui est-ce qui met le bazar ? Parce que vous ne pouvez pas globaliser comme ça en considérant que ça va... Tout le monde dit que le RN se tient bien, Rassemblement national, pardon. Est-ce que ce n'est pas LFI ? Est-ce qu'il ne faut pas nommer, mettre des noms sur les choses ?

17:11
Yaël Braun-Pivet

Vous savez, moi, j'ai fait des statistiques...

17:12
Locuteur non identifié

Parce que c'est ce qu'un certain nombre de ministres ou d'intervenants à l'Assemblée disent que ce n'est plus possible.

17:16
Yaël Braun-Pivet

Mais tout le monde, en fait, c'est ça le pire. C'est que tout le monde dit que ça n'est plus possible et que ça n'est plus acceptable. Mais attendez, c'est juste LFI ou pas ? Parce que De Fournasse, il a quand même été sanctionné aussi. Il a été sanctionné à une reprise. Moi, j'ai fait des statistiques de sanctions à plus de 90%. Ce sont des sanctions qui touchent le groupe LFI, oui.

17:35
Locuteur non identifié

D'accord. C'est factuel. Deuxièmement, quand vous dites qu'on ne trouve pas forcément de majorité ou que vous en cherchez parfois, est-ce que vous considérez, c'est parce qu'il y a des postures ? C'est-à-dire que chacun ne fait pas semblant. Chacun fait semblant, plus exactement, de vouloir, d'accord, sur les énergies renouvelables, peut-être sur l'immigration, mais en fait, l'élection présidentielle se profilant, chacun a décidé de faire de la politique politicienne dans ce qu'elle a le pire. Est-ce que vous pensez que c'est de la mauvaise volonté ? Et vous n'êtes pas dupe, j'imagine.

18:01
Yaël Braun-Pivet

Je ne suis pas dupe. Alors, de la mauvaise volonté, non, puisqu'on arrive à trouver des majorités sur la très, très grande majorité des textes. Donc, en fait, très concrètement, dans l'hémicycle, on arrive à voter, on arrive à faire avancer le débat. Encore cette semaine, nous étions sur la loi très importante, la loi travail sur le RSA et sur France Travail, pour continuer à faire baisser le chômage dans notre pays. Donc, on arrive à trouver des majorités au jour le jour, au quotidien. Après, là où il peut y avoir des postures... Alors, continuer à faire baisser le chômage ou serrer la vis ?

Et là où il peut y avoir des postures, c'est qu'effectivement, sur le discours politique global, nous n'avons pas de partenaires qui décident de s'engager durablement pour gouverner le pays. Et vous les cherchez vraiment ou pas, ces partenaires ? Écoutez, moi... Élargir la majorité, donc, on est en train de parler de ça. Tous les jours, quand vous êtes aux responsabilités, vous cherchez à rassembler et vous cherchez à convaincre le plus de personnes possible du bien fondé de la politique que vous souhaitez mener. Donc, oui, élargissement de la majorité, il faut toujours batailler pour cela, que ce soit vers la droite ou que ce soit vers la gauche.

19:06
Locuteur non identifié

Alors, pourquoi, fondamentalement, alors que tout le monde reconnaît qu'il n'a pas la majorité, c'est tellement difficile en France de conclure des pactes majoritaires ? C'est quoi le frein très profond ?

19:17
Yaël Braun-Pivet

Moi, je crois qu'avec le système électoral que nous avons et avec notre histoire électorale, j'ai le sentiment, mais je me trompe peut-être, que chaque parti politique ou chaque bloc a toujours cette aspiration de remplacer l'autre et de devenir à lui seul majoritaire. Et donc, ce faisant, il ne souhaite pas s'inscrire dans une logique soit de coalition, soit de partenariat, soit, vous pourrez trouver encore un autre mot, parce qu'il aspire à nous remplacer, en fait. Et donc, il est plus important de marquer sa différence et d'appuyer sur ce qui nous sépare plutôt que de voir objectivement ce qui nous rassemble.

Moi, je crois aujourd'hui qu'il y a beaucoup plus de choses qui nous rassemblent avec les sociodémocrates, avec une grande frange des Républicains, en témoignent, comme je le disais, nos votes, mais en témoignent aussi, par exemple, les accords que nous trouvons avec le Sénat. Je continue dans mes statistiques. Aujourd'hui, vous savez que 82% des textes font l'objet d'un accord avec le Sénat. 82% des textes. C'est un chiffre que nous n'avions jamais atteint.

20:28
Locuteur non identifié

Mais ça veut dire quoi ? Il faut changer le mode de scrutin ? Il faut renoncer au scrutin majoritaire à deux tours ? Pour essayer ça à la proportionnelle, pour effectivement changer la culture ?

20:36
Yaël Braun-Pivet

Je pense qu'il faudrait passer à une large dose de proportionnelle, pas une proportionnelle intégrale, mais à une large dose de proportionnelle, qui aurait un double effet. Effectivement, vous avez raison, un changement de culture, finalement, dans notre pays, qui ferait que nous n'aspirons pas à soi seul à devenir majoritaire. Et parallèlement, une dose de proportionnelle permet d'assurer ce que nous avons aujourd'hui dans l'hémicycle, c'est-à-dire une juste représentation de toutes les tendances politiques de notre pays.

Maintenant, de cela, il faut que nous arrivions à renvoyer, en fait, moi je vous parle beaucoup du fond, la forme aujourd'hui ne va pas à l'Assemblée, et donc moi, là, je m'attaque résolument à la forme.

21:13
Présentateur

Alors, je rebondis sur ça, parce que cette ouverture vraiment globale, on l'entend, et forcément, je pense aux deux vice-présidences de l'Assemblée nationale qui ont été accordées à deux députés Rassemblement national. Est-ce que vous faites une erreur, là, à ce moment-là, de vouloir absolument, là, en cette rentrée, de les garder ?

21:30
Yaël Braun-Pivet

Sur les six vice-présidences, il y en a deux qui sont du Rassemblement national. Le Rassemblement national dans le bureau de l'Assemblée ne constitue pas un signe d'alliance, je vais être très claire. Non, mais vous les notabilisez, est-ce que vous n'allez pas être... Je les comptabilise, parce qu'ils ont un certain nombre de députés, et donc ils représentent une partie de nos compatriotes. Je n'ai pas dit comptabilisés, j'ai dit que vous les aviez notabilisés. Mais je ne le crois pas. Moi, je crois qu'aujourd'hui, mon rôle, à moi, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, c'est d'être dans le strict respect de nos règles institutionnelles.

En France, nous avons cette culture à l'Assemblée nationale qui veut que chaque parti politique puisse être représenté au bureau de l'Assemblée nationale, qui est l'instance la plus élevée. Vous savez, en 1986... Il y a eu un débat, ceci dit. Il y a eu un gros débat dans vos rangs. Mais bien sûr, ça fait débat. Mais c'est normal que ça fasse débat. Mais vous savez, en 1986, lorsque nous étions à la proportionnelle, il y a eu un groupe Rassemblement national, Front national à l'époque, à l'Assemblée nationale, eh bien, ils ont eu des membres de ce groupe qui ont siégé au bureau de l'Assemblée nationale. Oui, c'est juste.

Parce que le bureau de l'Assemblée nationale doit représenter les tendances politiques. Ce n'est pas moi qui ai choisi ces tendances politiques, ce sont les Français.

22:46
Locuteur non identifié

Mais il y a eu un débat au sein de votre groupe où certains disaient qu'il vaut peut-être mieux sortir les troubillons, c'est-à-dire le RN et l'FI, faire l'arc républicain, et ce sera plus clair. Et ça, c'était vraiment pas possible pour vous ?

23:00
Yaël Braun-Pivet

Tout est possible, et c'est pour ça que le débat a eu lieu. Moi, je considérais que ce n'était pas la voie dans laquelle il fallait emprunter. Il fallait respecter nos institutions et donc avoir une juste représentation de chacun. Mais en même temps, moi, je réaffirme très clairement le fait que cela ne signifie pas, d'aucune façon, qu'il y ait une quelconque alliance avec le RN, que je combats matin, midi et soir. Je ne vote pas d'amendement du RN, je ne vote pas de proposition de loi du RN, je ne fais aucune alliance avec le RN, qui reste un adversaire politique majeur pour moi et qui m'aime finalement à fonder mon engagement politique.

23:38
Locuteur non identifié

France Inter, hashtag Question Paul.

23:45
Présentateur

Alors, Yael Broun-Pivet est toujours en direct sur France Inter et sur France Info, la télé dans Questions Politiques, ça se passe jusqu'à 13h. Je voudrais qu'on parle de la proposition d'Éric Ciotti ce matin, à lire dans le journal Le Parisien, aujourd'hui en France. Est-ce qu'il faut réduire les indemnisations chômage, comme il le propose, pour dégager des économies supplémentaires, puisqu'on est entré en plein débat budgétaire ?

24:08
Yaël Braun-Pivet

Alors, nous l'avons déjà fait. Nous l'avons déjà fait, puisque nous avons proposé un projet de loi qui a été adopté avec des voix du groupe Les Républicains, parce que justement, il nous semble que dans une conjoncture dans laquelle nous sommes parvenus à atteindre les 7% de chômeurs, il fallait continuer à être dans une logique de réinciter les gens à retrouver un emploi. Et donc, nous avons fait cette réforme structurelle sur l'assurance chômage qui, à horizon 2027, va nous procurer 13 milliards d'économies. Donc, c'est vrai que... Mais donc, on continue ou pas ? Parce que lui, c'est ça qu'il propose. Il a la conscience de ça. Il dit, on continue. Moi, je trouve.

Et là, je suis alignée avec Éric Ciotti. Et c'est ce que nous avons fait. Le fait, il faut compter sur des réformes structurelles pour pouvoir améliorer nos finances publiques. Et donc, la réforme structurelle de l'assurance chômage, la réforme structurelle des retraites, c'est près de 30 milliards d'économies à horizon 2027. C'est extrêmement massif. Mais la question, c'est est-ce qu'il faut aller au-delà, Nathalie ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Moi, je pense que la loi que nous avons votée est suffisante parce que nous sommes aujourd'hui à 7% de chômage.

Si demain, nous continuons à améliorer grandement la trajectoire du chômage, ce que nous faisons à travers la loi France Travail, la réforme du RSA, etc., la formation professionnelle, la dynamisation de nos entreprises, la baisse des impôts de production... Lui, il dit que c'est pour avoir des économistes démontaires. D'accord, mais pour le moment, ce n'est pas le cas. Mais nous l'avons fait quand même. Sur le principe, c'est une voie que nous avons d'ores et déjà empruntée avec le soutien des Républicains. Nathalie Saint-Pierre.

25:54
Locuteur non identifié

Quand vous dites « je suis alignée avec Éric Ciotti », vous incarnant la partie gauche de la Macronie, enfin, c'est ce qu'on dit, est-ce que vous êtes alignée de façon philosophique ? C'est-à-dire, sur le côté, non pas l'assistanat, mais il faut que le travail paye, et il faut de temps en temps être un peu plus dur sur les prestations sociales, réduire la démonisation du chômage, faire en sorte que le RSA soit sous condition de 15 à 20 heures de travail, quand on peut les faire, bien sûr. Est-ce que vous trouvez que c'est ça ? Ou alors c'est un tournant de la Macronie que vous trouvez totalement bienvenu ?

26:29
Yaël Braun-Pivet

Pour être très claire, moi, je crois dans le travail. Donc, il faut faire tout pour faire en sorte que nos compatriotes aient le plus possible un emploi. C'est ce que nous avons fait depuis que nous sommes aux responsabilités. Donc attendez. C'est 2 millions de personnes qui ont retrouvé un emploi.

26:45
Présentateur

Soyons clairs, ça veut dire que le RSA, l'amendement qui a été adopté cette semaine, qui est signé d'ailleurs LR, je crois, Éric Ciotti, sur « il faut travailler 15 heures pour obtenir un RSA », vous êtes d'accord avec ça ?

26:55
Yaël Braun-Pivet

Moi, je suis d'accord pour que l'on fasse tout pour remettre au travail des gens qui sont RSA. Il faut regarder encore les chiffres. 50% des bénéficiaires du RSA le sont depuis 5 ans. Est-ce que c'est un cadeau de laisser des gens durablement éloignés de l'emploi, avec une indemnité qui leur permet difficilement de vivre, mais surtout avec la désocialisation que ça comporte et le sentiment d'inutilité sociale ? Moi, vous savez, j'ai été longtemps dans l'associative. J'ai vu ces gens qui sont au RSA venir au Resto du Coeur. Et en fait, au Resto du Coeur, on déployait des trésors d'imagination pour faire de l'accompagnement, pour qu'ils retrouvent un travail.

Et donc ces personnes-là, dire aujourd'hui, et c'est l'essence du RMI tel que l'a voulu Michel Rocard, dire aujourd'hui, eh bien, c'est pas, on vous donne une indemnité, circuler, il n'y a rien à voir. Mais justement, on vous donne une indemnité parce qu'on ne vous laisse pas tomber. Et en même temps, on ne vous laisse pas tomber, justement. Et donc, on vous accompagne vers de la formation pour passer votre permis de conduire si vous en avez besoin, pour retrouver le sens du travail, le respect des horaires. Parfois, il faut un accompagnement psychologique.

Quand ça fait 10 ans que vous êtes chez vous et que vous n'avez plus cette capacité à être dans un cercle social, eh bien, vous ne pouvez pas retrouver un emploi du jour au lendemain. Donc moi, je suis dans cette logique-là. Il faut les accompagner, il faut les aider à retrouver un emploi. Et donc, ces 15 heures que nous avons votées, elles servent à ça. À accompagner chacun. Et ça va être très compliqué. Et ça va être sur mesure.

28:33
Présentateur

Et Brune Pivet, quand on touche le RSA, souvent, on a un trou énorme dans son CV. Est-ce que les entreprises vont jouer le jeu ? Mais justement, c'est là où il faut...

28:41
Yaël Braun-Pivet

En fait, ça doit être une grande cause nationale. Encore ? Encore une. Encore. Mais quand je dis grande cause nationale, c'est-à-dire qu'on est tous concernés. On est tous concernés. Si l'on veut faire société, on ne peut pas durablement laisser des personnes en dehors de ce cercle-là. Et donc, ça nous concerne tous. Donc, évidemment, les entreprises doivent jouer le jeu. Nous, on doit les aider à jouer le jeu. Mais c'est le sens du contrat, par exemple, que nous avons fait pour nos jeunes. Le contrat engagement jeune, c'est exactement la même chose. C'est ce qu'on a fait avec le territoire zéro chômeur. Et là, évidemment, il faut que les entreprises soient avec nous.

Mais comme elles l'ont été, et moi, je ne suis pas inquiète, elles l'ont été avec nous sur l'apprentissage. Et ça nous a permis d'avoir plus d'un million de contrats d'apprentissage. Ça ne s'était jamais vu. Elles sont avec nous sur les alternances. Il faut qu'elles soient avec nous. Et je peux lancer aussi un appel sur les stages pour nos jeunes de seconde. Lorsqu'on parle de 15 jours de stage, on a besoin des entreprises. Donc voilà, on a besoin de tous. C'est très difficile de trouver un stage. C'est difficile de trouver un emploi. Quand on est très éloigné de l'emploi et quand on a un grand trou sur son CV, on doit tous jouer le jeu. Parce que c'est ça, vous savez.

Demain, on est à 5% de chômeurs en France. Je peux vous dire que pour nos finances publiques, ça nous fera un bien fou. Françoise Fressos.

29:59
Locuteur non identifié

Edouard Philippe parle du logement, de la crise du logement. Il parle de bonde sociale. Est-ce que vous partagez son point de vue et est-ce que le Parlement doit agir tout de suite ou laisser le gouvernement faire préparer une grande loi, peut-être pour l'année prochaine ?

30:13
Yaël Braun-Pivet

Le sujet de logement revient dans tous les échanges que j'ai avec les jeunes, avec les Français quand je me déplace sur les territoires et avec les hommes et femmes politiques qui sont en responsabilité notamment locale. Et donc, qu'est-ce qu'on fait ? Et donc, effectivement, c'est un sujet qu'on doit traiter collectivement. Projet de loi, proposition de loi, c'est parfaitement égal. Mais c'est un sujet qui revient. Et moi, dans les discussions que j'ai pu avoir avec les responsables des différents groupes de la majorité, nous avons le souhait de travailler sur ce sujet rapidement, mais avec quelque chose d'assez global. C'est ça. Donc, ça sera un texte global. Et pas par petits bouts.

Pas par petits bouts. Donc, plutôt un texte global, mais sur lequel, nous, en tant que parlementaires à l'Assemblée nationale, nous pourrions apporter des choses sur des sujets plus ponctuels sur lesquels nous pouvons travailler dans le cadre de missions d'information, etc. Donc, c'est quelque chose qu'on peut construire ensemble. Mais l'idée, c'est d'avoir un texte qui soit assez large pour qu'il puisse avoir un effet.

31:14
Locuteur non identifié

Alors, pour revenir... Par exemple, considérer que les zones de non-artificialisation essayent de desserrer la contrainte et mettre au point une espèce de préatôt zéro. Ça veut dire que vous allez rentrer, vous allez faire vraiment quelque chose de...

31:27
Présentateur

Alors, ça, il faut quand même expliquer.

31:28
Locuteur non identifié

C'est ce que Laurent Wauquiez. C'est une proposition de Laurent Wauquiez qui dit que globalement, comme on n'a pas le droit de construire tant qu'on ne crée pas en échange de cette construction une zone qui remplacerait la construction construite, ça veut dire que ça bloque les constructions de logements de pavillons, de maisons individuelles dans des zones... Par exemple, en Vendée, il y a plein d'emplois... Dans des zones en général très rurales. Et les zones assez rurales n'ont pas le droit de construire. Tu vois, c'est un frein. Est-ce que ça veut dire qu'il faut éventuellement geler quelques mesures et faire...

Ou alors, par exemple, la location des passoires thermiques rendues desserrées un peu. Est-ce qu'il faut faire un effort ?

32:01
Yaël Braun-Pivet

Alors, l'effort a déjà été fait cet été. Nous avons desserré un peu la contrainte sur la loi zéro artificialisation nette. Un texte que nous avons adopté cet été. Et encore un texte pour lequel nous avons trouvé et une large majorité et un accord avec le Sénat. Encore un autre exemple. Mais Laurent Wauquiez dit

32:17
Présentateur

qu'il n'appliquera pas ce texte.

32:19
Yaël Braun-Pivet

Ça, ça n'est pas possible. Ah, c'est pas possible ? Ça, ça n'est pas possible. Vous ne pouvez pas être un élu de la République et vous soustraire aux lois qui sont votées par le Parlement. Donc, qu'est-ce qu'il va se passer ? Ça n'existe pas. Donc, nous verrons bien. Mais en tout cas, j'ai été assez surprise de la déclaration et des propos de Laurent Wauquiez sur ce point. Maintenant, la question, effectivement, du logement ne doit pas être traitée de façon isolée et en faisant abstraction de notre trajectoire et de notre volonté très claire que nous avons sur la transition énergétique. Il ne faut pas...

En fait, justement, il ne faut pas faire ce que l'on a peut-être pu trop faire dans le passé, faire des allers-retours, sacrifier une politique au profit d'une autre. Et ça, c'est de l'incohérence, en fait. Donc, il faut rester très cohérent dans la politique que nous menons et en même temps, être très attentif à la situation qui est celle que l'on nous décrit et que nous ne pouvons pas laisser de côté. Donc, un travail sur le logement mais sans sacrifier les questions environnementales parce que, vous savez, la construction de logements, elle ne peut pas se faire sans penser aménagement du territoire, sans penser transport.

C'est ce qu'on a fait trop souvent sur le pavillon individuel dans les années 60. On a construit des lotissements à 20, 30, 40 kilomètres des villes en promettant des transports qui viendraient et qui ne sont jamais venus. Jamais arrivés. Jamais arrivés.

33:42
Présentateur

Donc, il faut regarder les choses plus globalement. Alors, on a vu tout à l'heure l'image de Françoise Fressoz et je voudrais maintenant vous faire écouter Emmanuel Macron. C'était jeudi matin, donc, devant l'Assemblée de Corse.

33:54
Locuteur non identifié

Ayons l'audace de bâtir une autonomie à la Corse. Ce ne sera pas une autonomie contre l'État ni une autonomie sans l'État mais une autonomie pour la Corse et dans la République.

34:09
Présentateur

Alors, il y a eu un échange de verres. Tout s'est bien passé sur le plateau. Il n'y a pas d'alcool ni de votre cadre. Politique, oui, voilà. Il y avait un problème d'eau. Il manquait de l'eau à notre invité. Donc, c'est réglé. Il y a Elbon Pivet qui est avec nous sur France Info et France Inter. Jusqu'à 13h. Et en direct, on vient d'entendre le président Macron. Bonne idée ou pas d'accorder à la Corse un statut d'autonomie dans la République ? Vous en pensez quoi ?

34:30
Yaël Braun-Pivet

Est-ce que je trouve intéressant ? Il y a deux choses qui sont intéressantes. Et c'est ce que vous aviez dit tout à l'heure en décrivant votre image. Françoise. Françoise, c'est l'aspect d'avoir quelque chose qui est adapté aux spécificités. Spécificités géographiques, spécificités historiques, culturelles. C'est ce que l'on fait déjà pour nos territoires d'outre-mer avec des statuts particuliers pour la Nouvelle-Calédonie, pour la Polynésie française, entre autres. Et donc, prendre en compte les spécificités, je pense que c'est vers ça qu'il faut tendre aujourd'hui. Maintenant, le Président a été très clair sur une plus large autonomie.

Mais dans la République, il ne s'agit pas de permettre à un territoire de quitter le sein de la République. En revanche, être à l'écoute des élus. Et on sait que c'est une revendication de longue date de nos élus corses et des citoyens corses. Regardons un petit peu comment on peut accompagner cela. Il faut d'abord qu'ils se mettent d'accord dans le cadre que le Président de la République vient de fixer. Ça me semble être une très bonne chose.

35:35
Locuteur non identifié

Vous êtes plutôt optimiste ou pas, sur les chances que ça aboutisse ?

35:38
Yaël Braun-Pivet

Moi, je suis assez optimiste parce que... Parce que Gilles Simeoni,

35:43
Locuteur non identifié

il a volonté d'aboutir ?

35:44
Yaël Braun-Pivet

Parce que les élus de Corse ont cette volonté d'aboutir parce que le Président de la République a ce souhait-là avec le ministre de l'Intérieur. Et donc, la voie qu'il a ouverte au sein de la République vers plus d'autonomie est une voie qui peut être une voie de passage. Maintenant, il faut que tout le monde se mette autour de la table pour très concrètement regarder ce que cela comporte. Mais il n'y a pas que ça. Il y a quand même toutes les régions qui... Il y aura un vote du Parlement à 100 congrès. Il y a quand même toutes les régions. Et Sénat. Donc, nous en discuterons aussi

36:15
Présentateur

entre élus nationaux. Et il y a quand même toutes les régions qui ont immédiatement réagi et qui ont dit très bien, nous aussi, on veut plus des libertés. On leur donne ou pas ?

36:22
Yaël Braun-Pivet

Alors, mais parce que c'est important d'avoir plus... On parle, on en avait parlé lors des entretiens de Saint-Denis avec le président de la République et l'ensemble des partis politiques réunis autour de lui. Nous avions évoqué ce besoin d'avoir une adaptation sur local en fonction de certaines spécificités et d'augmenter le pouvoir dérogatoire, notamment des préfets. Et donc, regardons avec les collectivités comment nous pouvons nous inscrire dans ce chemin. Mais il ne s'agit évidemment pas de créer des régions autonomes, mais plus de... Donc, vous demandez aux Bretons, vous demandez aux Basques, vous demandez aux Savoyards de rester tranquille.

Mais moi, je suis en tout cas très incline à aller vers plus... Alors, on parle de décentralisation, on parle de déconcentration. Regardons comment on habille tout ça, mais ce qu'on nous demande, c'est de ne pas forcément appliquer de façon complètement homogène et de façon aveugle les règles sur tout le territoire. Mais ça, c'est quand même une sacrée évolution. On voit bien les territoires frontaliers, ont des spécificités qui ne sont pas les mêmes que des territoires plus enclavés. Donc, ça ne me semble pas absurde. Mais il faut impérativement que tout cela ne se fasse pas en sacrifiant l'unité de la République et ce qui fait que nous sommes société.

37:42
Locuteur non identifié

Dimanche dernier, nous avons reçu une leçon du pape nous disant qu'il fallait être un peu plus généreux avec les migrants. Nous avons reçu un message de Emmanuel Macron le dimanche soir, nous disant que le cœur de son texte, c'était plutôt le volet répressif qu'il était prêt à des compromis avec un certain nombre de groupes parlementaires et que, en gros, le volet dit positif qui était la régularisation d'un certain nombre de personnes dans les secteurs en tension, finalement, ça pouvait évoluer. Est-ce que vous êtes favorable à cette évolution ? Évoluer, ça veut dire peut-être une circulaire comme la circulaire Valls qui permet au préfet de régulariser quand on a besoin.

et quand il dit je préférerais le premier but c'est que ce soit des Français qui occupent ces emplois. Qu'est-ce que vous pensez de ce tournant ? Est-ce qu'il est pragmatique ? Et est-ce que vous parliez tout à l'heure du Sénat en disant qu'on pouvait discuter avec le Sénat ? Est-ce que c'est pas ce qui se prépare ? Voilà, donc on parle

38:34
Présentateur

du projet de loi sur l'immigration

38:35
Yaël Braun-Pivet

porté par Gérald Darman. Moi, je l'ai déjà exprimé très clairement et je veux bien volontiers le refaire aujourd'hui devant vous, c'est que je pense que ce projet de loi tel qu'il a été présenté par le gouvernement est très équilibré sur ces deux voire trois aspects. Il y a un aspect qui pour moi est essentiel c'est un aspect procédural ça parle pas forcément mais c'est simplifier les procédures pour faire en sorte d'être beaucoup plus effectif, efficace c'est les raccourcir et c'est faire en sorte qu'il y ait moins de choses trappent. Et ça c'est un volet important qui est issu de travail de travaux de sénateurs de François-Noël Buffet notamment. Donc il y a ce volet-là.

Après il y a le volet très clair sur vous commettez des délits graves importants sur le territoire vous n'avez pas votre place sur notre territoire et donc on vous reconduit à la frontière donc plus d'efficacité dans les reconditions Ou alors même

39:25
Locuteur non identifié

vous faites partie de l'immigration économique c'est-à-dire que même sans faire des délits vous n'avez rien à faire ici.

39:30
Yaël Braun-Pivet

Plus d'efficacité et le dernier point c'est effectivement sur les régularisations des travailleurs des personnes qui se sont intégrées qui croient en notre pays qui veulent être en France qui travaillent qui sont 100 et haut pour nous et qui occupent bien souvent des emplois dont nos compatriotes ne veulent pas ceux-là il faut les régulariser Le problème c'est que les LR n'en veulent pas et donc à nous de trouver la voie La voie de la circulaire Je suis moins fan sur la voie de la circulaire Pourquoi ?

Parce qu'une circulaire est souvent d'application inégale et donc sur un territoire on note que la circulaire dite valse est appliquée de façon très différenciée et ça moi ça ne me satisfait pas je voudrais une application égale et le meilleur fonction d'avoir une application égale c'est de passer par la loi

40:17
Locuteur non identifié

Donc l'article 3 qui traite justement de cette régularisation dans les secteurs attention c'est quelque chose qu'on ne peut pas toucher même pour avoir les voix de la droite

40:26
Yaël Braun-Pivet

On peut regarder comment on le rédige parce que de toute façon et là il faut aussi laisser une chance au débat Le débat ne se fait pas sur les plateaux télé ni à Matignon C'est pas derrière et j'ai l'impression que ça progresse en ce moment C'est pas vrai pas que Là on vient de bien de voir à l'Assemblée nationale le débat sur les 15h de RSA c'est fait à l'Assemblée nationale avec l'ensemble des parties prenantes et c'est toute la beauté du Parlement donc ne privons pas le Parlement d'un débat sur ces sujets migratoires et peut-être moi je fais confiance aux parlementaires je fais confiance au dialogue je fais confiance au débat pour réussir à trouver une voie de passage Je pense qu'il est important de trouver une voie de passage

41:03
Locuteur non identifié

Est-ce que vous acceptez que le gouvernement passe par le 49-3 s'il n'y a pas d'accord ?

41:08
Yaël Braun-Pivet

À nouveau moi je suis une optimiste et que j'ai foi dans le Parlement et donc moi je pense

41:13
Locuteur non identifié

qu'on peut trouver une voie de passage au Parlement Parce que là ce que vous dites c'est je veux un texte équilibré mais le Sénat n'en veut pas et le 49-3 vous n'êtes pas très pour Non plus

41:21
Yaël Braun-Pivet

Mais vous savez à nouveau moi il y a des textes tout à l'heure on parlait du texte sur les énergies renouvelables on me disait qu'on ne trouverait jamais de majorité nous en avons trouvé une et nous avons trouvé un accord avec le Sénat donc je ne pars jamais battue d'avance Alors ça veut dire

41:35
Locuteur non identifié

que vous faites le pari que Gérard Larcher qui sera sans doute réélu demain sera dans une posture d'écoute et de dialogue avec vous Et Bruno Retailleau ?

41:44
Yaël Braun-Pivet

Mais Gérard Larcher a toujours été dans une posture d'écoute et de dialogue je travaille très bien avec lui et en témoignent 82% de commissions disparitaires conclusives

41:54
Présentateur

En fait vous avez peur du 49-3 parce que derrière le LR pourrait décider de dégainer la motion de censure dont ils ont déjà parlé

42:02
Yaël Braun-Pivet

Je n'ai jamais peur du 49-3 Mais de la motion de censure des LR par contre Si non ? Mais je pense surtout que moi je ne m'inscris pas dans de la politique fiction et je pense surtout qu'il y a une voie que nous pouvons trouver et cette voie c'est à nous de la construire nous sommes aux responsabilités à nous de rassembler sur le texte que nous avons souhaité présenter aux Français et c'est ce texte-là qui a été présenté en Conseil des ministres et qui prévoit

42:24
Présentateur

ces deux volets Voilà donc vous faites le pari qu'il n'y aura pas de 49-3 Merci Yelbrun Pivet Vous restez avec nous on accueille notre second invité pour le livre de la semaine

42:33
Locuteur non identifié

France Inter Question politique Karine Becker

42:42
Présentateur

Installez-vous tranquillement Bonjour Laurent Valdiguet Vous êtes journaliste grand reporter pour le magazine Marianne et vous publiez avec votre confrère de l'Express Étienne Girard un livre sur Nicolas Sarkozy que vous avez intitulé le parrain Sarko après Sarko l'enquête ça vient de sortir aux éditions du Seuil Laurent Valdiguet première question premier sentiment premier réflexe sincèrement pourquoi encore écrire un livre sur Nicolas Sarkozy est-ce qu'on n'a pas déjà tout dit qu'est-ce que vous avez été chercher en fait qu'est-ce que vous aviez envie de savoir qu'on ne sait pas encore

43:16
Locuteur non identifié

En fait il y a plein de livres sur Nicolas Sarkozy il y a plein de livres politiques sur l'homme politique il y a des livres judiciaires sur les enquêtes judiciaires qui le visent Vous avez tout regroupé Et en fait il n'y a pas de Sarkozy à 360 parce qu'en réalité chez lui tout est lié et puis alors surtout il n'y a rien sur le business de Nicolas Sarkozy c'est-à-dire ses affaires depuis qu'il a quitté la politique il l'avait dit il y a quelques années il avait dit quand je quitterai la politique je ferai du fric et en réalité il est décomplexé par rapport à l'argent et il a trois plaintes il a ce plaintes politique d'influence alors il déteste qu'on lui dise qu'il continue de faire de la politique il dit je fais de l'influence alors ça il en fait de l'influence c'est un défilé rue de Miroménil dans ses locaux tout le monde défile tout le monde vient le voir enfin pas moi mais oui c'est quasiment un plaintes il a un plaintes qui est ce business il est dans plein de sociétés il tire les ficelles il est un peu le roi des médias aujourd'hui puisqu'il conseille Vincent Bolloré il a été à la manœuvre dans tous les derniers regroupements et puis il a un plein temps avec les juges parce qu'en réalité il a déjà celui-là il l'a pas choisi alors celui-là il l'a pas choisi du tout mais alors celui-là il lui prend une énergie folle

44:26
Présentateur

alors je rebondis sur ça est-ce qu'il fait du fric effectivement est-ce que c'est un grand businessman est-ce qu'il gagne de l'argent et est-ce qu'il est influent dans le milieu du business aussi

44:34
Locuteur non identifié

il est un parrain du CAC 40 et oui les enquêteurs de l'affaire libyenne c'est la seule trace qu'on ait parce que c'est vraiment très difficile d'enquêter sur ce volet là c'est son volet le plus privé dit-il et puis comme il est avocat depuis toujours tout passe beaucoup par sa société d'avocats mais les policiers de l'affaire libyenne ont dressé un état des lieux de ses activités entre 2012 et 2019 ils se sont arrêtés en 2019 ça fait quand même une moyenne de 250 000 euros par mois autrement dit il gagne bien sa vie à la fois comme avocat alors à cette époque il faisait beaucoup de conférences qui étaient des conférences quand il avait quitté l'Elysée il faisait beaucoup de conférences rémunérées ça c'est un peu tari mais ce qui a repris le dessus c'est son titre d'advisor comme on dit en anglais au sein de pour des conseils d'administration mais alors on va dire le fait de gagner de l'argent c'est pas quelque chose de mal pas du tout mal 250 000 euros par mois quand même on peut décider dans le nouvel ordre dans une démocratie est-ce que vous considérez comme lui le considère qu'il y a eu souvent de l'acharnement sur lui que les juges ont une dent notamment dans certaines affaires et la décision du conseil constitutionnel d'il y a 3 jours ou 4 jours concernant la QPC qui considère qu'il peut encore aller en appel on a beaucoup parlé de François Fillon moins lui est-ce que vous ne considérez pas c'est un peu la preuve qu'il y avait une haine anti-Sarko dans la magistrature il y a plein d'enquêtes sur lui il a tendance quand il fait ses vous savez

46:01
Présentateur

parlez près du micro excusez-moi de vous couper il fait

46:03
Locuteur non identifié

il est toujours le même Nicolas Sarkozy qu'il soit dans un prétoire il a passé des dizaines d'heures dans les prétoires des dizaines d'heures dans le cabinet de juge d'instruction et à chaque fois qu'il est interrogé sur ses affaires il est exactement pareil et il a tendance à personnaliser pendant longtemps c'était le juge on peut se dire que certains magistrats ont tendance à personnaliser en réalité l'affaire Bismuth par exemple il y a une vingtaine de juges qui se sont penchés sur tous ces sujets et en réalité dans tous ces dossiers il dit qu'il n'y a pas de preuve c'est vrai que dans certains dossiers rien ne l'accable mais tout l'accuse dans les démonstrations judiciaires qui sont faites et donc du coup il se débat avec tout ça souvent dos au mur dans les prétoires donc il n'y a pas d'acharnement il n'y a pas d'acharnement il y a des juges qui enquêtent c'est vrai que l'affaire Big Malion

46:52
Présentateur

vous êtes embêté quand même sur cette question

46:53
Locuteur non identifié

vous ne savez pas non parce que la notion d'acharnement ça veut dire qu'il y a une volonté judiciaire

46:56
Présentateur

que vous ne reconnaissez pas alors aujourd'hui ce que je voudrais savoir Laurent Valdiguet c'est est-ce que Nicolas Sarkozy préfère le business à la politique

47:04
Locuteur non identifié

alors il y a une phrase de Rachida Dati qui le connait vraiment bien et qui dit Nicolas Sarkozy il aura 120 ans un cheveu et une dent s'il peut revenir il reviendra alors c'est vrai que il y a cette phrase de Talleyrand vous savez quand je m'ausculte je m'inquiète quand je me compare je me rassure et donc c'est vrai que à la fois lui il a un discours consistant à dire c'est vraiment fini c'est vraiment fini arrêtez de croire que je reviendrai à la fois il est toujours là en fait c'est un coureur du peloton qui n'a finalement jamais été lâché y compris dans tout l'école de montagne que soit la politique aujourd'hui François Sressose moi ce qui m'a intéressé dans votre livre qui est très documenté c'est au fond ce mélange des gens c'est à dire je suis ancien président de la république je fais du business j'ai peut-être des affaires et démocratiquement c'est quoi la signification de tout ça parce que on a créé beaucoup de comités d'éctique pour vérifier qu'après la vie politique certaines personnes n'aillent pas dans telle entreprise et là on a quand même l'exemple démontré d'un ancien président de la république qui fait du business mais qui fait aussi de l'influence qui fait de l'influence politique il a fait des conférences en Russie donc moi c'est ce mélange des genres

48:16
Présentateur

c'est bon ou pas

48:16
Locuteur non identifié

pour la démocratie c'est ça ?

c'est ce mélange des genres qui m'interpelle et me dit jusqu'où on peut aller quand on est ancien président de la république dans le business on a vu aussi à quel point Schroeder avait été ennuyé aussi sur ses conférences sur son soutien à la Russie donc voilà cette partie là m'intéresse beaucoup alors pas facile Laurent Valédi ça c'est pas écrit dans votre livre alors si c'est vrai que dans la façon dont les policiers ont enquêté sur son business en 2016 on s'est rendu compte en regardant les dates qu'en réalité quand il est revenu quand il a fait la primaire de 2016 il y avait à cette époque c'était pas du tout su pas du tout connu il s'en vantait pas du tout il n'en a jamais parlé de tout ça mais en réalité s'il avait été élu président de la république il aurait eu à afficher ce rapport décomplexé à l'argent il a un rapport décomplexé à l'argent Nicolas Sarkozy on ne l'interroge jamais là-dessus mais de fait il a ce rapport décomplexé à l'argent et là où il y a mélange c'est qu'il a un rapport singulier avec Emmanuel Macron alors voilà

49:14
Présentateur

attendez je voulais revenir à ça Alain et là j'aimerais qu'on entende Yael Broun-Pivet la relation qui existe aujourd'hui entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy quel regard vous portez sur ça ?

49:25
Yaël Braun-Pivet

aucun parce que je ne la connais pas et je n'ai pas à m'exprimer sur cette relation qui existe entre deux hommes entre deux anciens présidents moi je consulte assez fréquemment les anciens présidents de l'Assemblée nationale parce qu'ils ont un regard qui m'intéresse donc ça ne me choque pas qu'il y ait ce dialogue entre deux présidents mais je ne peux pas vous en dire plus parce que je pense que c'est dans leur intimité de relations de présidents et d'anciens présidents de la République comme moi les relations que je peux avoir avec les anciens présidents de l'Assemblée nationale sont dans l'intimité de mon bureau

49:57
Présentateur

vous n'avez jamais rencontré Nicolas Sarkozy ?

49:59
Yaël Braun-Pivet

je le rencontre aux cérémonies je l'ai rencontré à l'Assemblée nationale je l'ai invité à déjeuner je ne suis pas allée Roménil et c'était extrêmement intéressant en fait moi qui suis une nouvelle venue dans la politique je me nourris beaucoup de l'expérience de personnalités qui ont exercé des responsabilités imminentes et donc c'était un déjeuner absolument passionnant qu'est-ce qui vous a apporté en particulier un conseil qui vous a donné que vous avez gardé il m'a dit que j'avais de l'avenir

50:31
Locuteur non identifié

c'est plus qu'un conseil alors pour choisir les relations de chacun comment vous diriez est-ce que chacun utilise l'autre chacun joue sur l'autre et chacun se croit supérieur à l'autre alors entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy qu'on recolle un peu les choses Nicolas Sarkozy il a dit cette fameuse phrase à Gérald Darmanin qui sort du bureau d'Emmanuel Macron en lui disant qu'il vient d'être nommé ministre du budget et puis Sarkozy lui demande mais qui va être premier ministre et c'est Darmanin qui hésite un peu et Sarkozy se froisse de cette hésitation et donc Darmanin lui dit Edouard Philippe et alors Sarkozy il a cette phrase qui résume tout son état d'esprit par rapport à Emmanuel Macron à ce moment là je ne comprends plus rien à la politique et ils se sont retrouvés en 2018 parce qu'il aurait répété récemment ils se sont trouvés en 2018 dans cette semaine de bascule des gilets jaunes vous savez dans ces 7 jours où il a fallu changer tout le dispositif policier l'acte de triomphe etc parce qu'au fond c'est Nicolas Sarkozy qui a joué un rôle de coach il ne s'en cache pas il aime bien l'expression il a joué un rôle de coach auprès d'Emmanuel Macron des époux Macron à ce moment là quand ça a été un peu tendu à ce moment là les époux Macron ont même envisagé de se trouver un appartement dans Paris au cas où donc en réalité c'est dire si ça a été tendu à ce moment là et puis alors depuis ils sont à la fois inséparables et à la fois comme dit Sarkozy Emmanuel Macron n'écoute rien de ce que je lui dis et c'est vrai qu'il essaye tout le temps de lui proposer des solutions de premier ministre de ceci et cela quand par exemple il lui a appris Emmanuel Macron qui venait de nommer Elisabeth Borne Nicolas Sarkozy il lui a dit ah bon ben bravo je vous félicite vous venez de perdre les législatives

52:10
Présentateur

Yael Brunvivet coaché par un homme qui a quand même été condamné plusieurs fois en première instance il a fait appel c'est un problème ou pas en termes d'exemplarité du personnel politique

52:20
Yaël Braun-Pivet

je ne sais pas s'il faut retenir ce terme de coaché comme je vous disais moi je ne sais pas quelle est leur relation maintenant il est normal et c'est quelque chose qui doit tous nous interroger il est normal lorsque l'on a exercé des responsabilités et qu'on a eu un mandat politique après que la vie ne s'arrête pas et donc la vie doit continuer et si l'on veut ne plus avoir d'hommes et de femmes politiques qui sont hommes et femmes politiques à vie il faut bien avoir une vie avant et il faut bien avoir une vie après moi je vois encore trop d'élus qui sont sur le carreau et donc si après avoir perdu les élections il y a maintenant un an et demi et donc critiquer le retour dans la vie économique active d'un ancien président d'un ancien parlementaire considérer que ça peut faire l'objet de conflits d'intérêts alors qu'il n'est plus élu depuis 12 ans jusqu'à quand en fait on ne doit pas exercer d'activité mais ça nous intéresse parce qu'autrement on n'aura plus personne qui s'engagera en politique si on ne peut pas après retourner soit sa profession soit faire

53:24
Locuteur non identifié

juste le seul sujet c'est le mélange des gens c'est-à-dire en quoi les affaires c'est le mot parrain c'est le mot parrain

53:30
Yaël Braun-Pivet

mais il n'est plus élu il n'est plus élu aujourd'hui

53:33
Locuteur non identifié

oui c'est ce rôle en coulisses qui est à la fois nulle part et à la fois partout

53:36
Présentateur

les Français

53:38
Locuteur non identifié

c'est important pour eux il continue d'être clients regarder à la fois les parrain

53:41
Présentateur

c'est sa femme quand même c'est sa femme

53:44
Locuteur non identifié

dans une interview au courriel qui a dit oui mon mari a un petit côté

53:48
Présentateur

bon merci à tous merci à vous Laurent Veldiguet je rappelle le titre de votre livre donc le parrain Sarko après Sarko l'enquête et c'est au seuil merci évidemment à vous aussi et Elbrun Pivet d'avoir été notre invitée ce dimanche dans Question politique

54:00
Locuteur

merci à tous merci à tous

Chahut à l'Assemblée : "Je ne laisserai plus rien passer", promet la présidente Yaël Braun-Pivet — Yaël Braun-Pivet · Pourquijevote